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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 21:54

Il est le nouveau Commissaire général à l’investissement

 

Louis Gallois* vient de quitter la présidence d’EADS - voir EADS change de direction : retour sur le profil de Louis Gallois (BFMTV, 31 mai 2012) - mais il ne reste pas inactif puisqu’il vient d’être nommé Commissaire général à l’investissement.

Voir Louis Gallois serait pressenti pour le Grand emprunt (L’Usine nouvelle, Barbara Leblanc, 6 juin 2012).

Celui qui vient de passer la main chez EADS remplace René Ricol, suite à la décision prise en conseil des ministres ce 6 juin.

La porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem a annoncé à l'issue du conseil des ministres que Louis Gallois va s'occuper du Grand emprunt. Une annonce qui confirme l'information parue dans le quotidien économique Les Echos. Louis Gallois a donc remporté la manche face à Alain Rousset, président de l'Association des régions de France et chargé des questions industrielles dans l'équipe de campagne de François Hollande. Mais aussi face à Jean-Pierre Jouyet, qui aurait manifesté son intérêt pour le poste au cas où il n'aurait pas la direction de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Son avantage réside notamment dans son expérience industrielle. Un impératif pour la stratégie du gouvernement tournée avant tout vers la réindustrialisation.

Industrie et politique

Louis Gallois a notamment fait sa carrière à la SNCF, puis à l’Aérospatiale et chez EADS. Mais il est aussi passé par la politique en étant  l’ancien directeur de cabinet de Jean-Pierre Chevènement (en 1981 et 1988). "Fidèle à sa réputation de désintéressement, il est en outre parti sans prime ni retraite-chapeau, ce qui a forcément été apprécié de l'Etat en pleine offensive pour moraliser les revenus des grands patrons", précisent Les Echos. Un point pour lui en plein débat sur les rémunérations des patrons.

Louis Gallois est aussi à la tête de la Fabrique de l’Industrie et a été désigné le 5 juin  président de l'Association nationale de la recherche et de la technologie. Le Grand emprunt représente une enveloppe de 35 milliards d’euros. Mais près de 27 milliards ont d’ores et déjà été affectés sur différents projets. Au total ce sont 91 appels à projets qui ont été lancés et 7 guichets ouverts. Désormais c’est notamment le numérique et le développement durable qui devraient bénéficier du reste de la somme.

 

Voir aussi

Louis Gallois : "L'industrie doit avoir toute sa place dans la campagne"  (L’Usine nouvelle, Laurent Guez, 10 octobre 2011)

 

Louis Gallois chargé du grand emprunt (Ouest-France, Paul Burel, 7 juin 2012)

 

Le PDG sortant d’EADS devient Commissaire général à l’investissement. Il aura à gérer une cagnotte de 35 milliards.

Il a réussi à piloter l’ovni européen qu’est le groupe EADS en désamorçant les bisbilles politiques franco-allemandes. Partout où il est passé - Snecma, Aérospatiale, SNCF - les syndicats l’ont considéré comme un PDG de dialogue. Ils l’ont même regretté quand il a quitté la SNCF. Le Medef, lui aussi, se félicite de la promotion d’un « chef d’entreprise de talent » qui fut, par deux fois, directeur de cabinet de Jean-Pierre Chevènement.

Louis Gallois, 68 ans, socialiste revendiqué, mais « d’abord républicain », est un prototype de patron atypique, même s’il est issu du moule de l’ENA comme la plupart des grands PDG français. On aura d’autant plus de mal à le fabriquer en série qu’il est d’un manque de gourmandise salariale hors norme.

Bref, un grand commis de l’Etat comme on n’en fait plus, à un ou deux Spinetta près (Air France), doté d’un solide humour… sauf quand on le crédite de « diplomate ». « Un patron ne doit pas être un diplomate », assène-t-il. Mais un stratège, pourrait-il ajouter. Car cette perle de patron consensuel a su fédérer les forces d’EADS pour en faire un champion du monde à la barbe de Boeing. Comme il avait su, précédemment, décrocher la SNCF de sa culture « grévicultrice » suicidaire et la remettre sur les rails de l’équilibre, ou encore placer sur orbite industrielle l’Aérospatiale, l’ancêtre d’EADS.

Ce moine soldat n’étant pas de nature dilettante, nul doute que ce n’est pas cet été qu’on le verra beaucoup flâner à Belle-Île o ù il possède une maison. Ni dans les tribunes du stade du Moustoir, malgré son « immense admiration » pour Christian Gourcuff, l’entraîneur des footballeurs lorientais.

* Louis Gallois est proche de Jean-Pierre Chevènement depuis longtemps

Je me souviens des interventions de Louis Gallois lors des réunions du CERES autour de Jean-Pierre Chevènement dans les années 1970. Je l’avais remarqué parce qu’il était très clair dans ses explications de l’économie. C’est un excellent pédagogue. C’est lui que Chevènement avait nommé directeur de son cabinet au ministère de la recherche et de la technologie en mai 1981, puis de l’industrie par la suite. En septembre 1982, le ministre le nomme directeur général de l’industrie. Au retour de la droite au gouvernement, en 1986, il a été quelque temps chargé de mission au ministère de l’économie, des finances et de la privatisation. Puis, en mai 1988, Jean-Pierre Chevènement le nomme directeur de son cabinet de ministre de la défense. Voir Louis Gallois (Wikipédia).

A Saint-Berthevin sous un faux nom

Le 15 octobre 1987, il était l’intervenant de la soirée-débat organisée par la section PS de Saint-Berthevin (Mayenne) sous le nom de Louis Vincent sur le thème « L’industrie française : comment redresser la pente ? ». Il avait accepté mon invitation mais il était alors employé par un groupe de chefs d’entreprise et ne souhaitait pas que son nom apparaisse dans la presse.

Mon ami Georges Garel, qui était alors le secrétaire de la section, avait enregistré (magnétophone) l’ensemble de la soirée et m’en avait transmis une copie, que j’ai conservée. J’avais fait un compte rendu écrit de la soirée-débat et j’en reprendrai des extraits dans un prochain article.

Cet article est le 23ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités et célébrations

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 17:14

Toujours avoir en mémoire le programme du CNR

 

En ce 29 mai 2012, sept ans après le Référendum français sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe, et le NON du peuple français à la ratification du traité européen, faisons un retour sur les Résistants qui étaient rassemblés le 27 mai, comme chaque année, sur le Plateau des Glières (Haute-Savoie).

Voir Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui).

 

En mai 2007, le premier rassemblement avait été initié en réaction à ce qui avait été perçu comme une volonté de récupération des mouvements de la Résistance par le candidat à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy.

Voir Plateau des Glières : Parole de Résistant (Contre Info, 18 mai 2007) et la déclaration de Walter Bassan le 13 mai 2007 (vidéo), rappelant ce qu’avait été le programme du CNR.

Le Programme du Conseil National de la Résistance

Le CNR a été créé à l’initiative du Général De Gaulle, et rassemblait l’ensemble des mouvements de résistance, quelque soient leurs obédiences politiques. Son premier président fut Jean Moulin. Longuement discuté dans la clandestinité, puis adopté à l’unanimité le 15 mars 1944, le programme défini par le CNR a jeté les bases du « Modèle Social français ». Parmi les principales mesures, il prescrivait :

  la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ; la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères

  l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie

  le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques

  un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État

Dans les faits, son application a donné lieu aux mesures suivantes :

En 1944 (dés la libération) :
  Vote des femmes,

En 1945 :
  Création des Comités d’entreprise,
  Création de la Sécurité Sociale
  Nationalisation des crédits,
  Accords de Bretton Woods (donnant FMI, Banque mondiale, Gatt puis OMC)

En 1946 :
  Semaine de 40 heures,
  Nationalisation du gaz et de l’électricité,
  Augmentation de +18% des salaires.

En 1947 :
  Création du SMIG,
  Prélèvement exceptionnel des hauts revenus.

            Voir aussi (Wikipédia) : Programme du Conseil national de la Résistance

 

En 2012, la résistance continue sur le plateau des Glières.

Aux Glières aussi, "l'air devient plus respirable" (l’Humanité, 27 mai 2012)

Après une journée de forums, samedi, à Thorens-Glières, près de 3.000 personnes ont participé ce dimanche matin, sous le soleil, au rassemblement organisé sur le plateau des Glières (Haute-Savoie) par l'association Citoyens résistants d'hier et d'aujourd'hui (CRHA) depuis 2007.

Charles Palant aux Glières : "Soyons fiers d'être des hommes !" (vidéo) . C'est Charles Palant qui a, cette année, prononcé le discours de clôture du rassemblement annuel des résistants d'hier et d'aujourd'hui, sur le plateau des Glières. Il revient sur son parcours, son histoire et nous dit son émotion d'être là où s'étaient exprimés Raymond Aubrac et Stéphane Hessel avant lui. Voir et lire son remarquable discours en intégralité (l’Humanité, 28 mai 2012).

Cet article est le 22ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités et célébrations

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 21:46

Le message du ministre et les mots de Sylvine Thomassin

 

StB-ceremonie-8-mai-080512-002-T.jpgCe matin, avait lieu au monument aux morts de ma ville, Saint-Berthevin, la cérémonie commémorative du 67ème anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945.

 

J’ai écouté le maire Lire (voir ci-après) le message du secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants :

 

Nous sommes aujourd'hui réunis pour commémorer le 67ème anniversaire de la victoire remportée par les armées françaises et alliées sur la barbarie nazie.

Après plus de cinq longues années de guerre, le nazisme est anéanti. C'est la fin du cauchemar que l'Europe a enfanté, qu'elle a traversé, qu'elle a vaincu. A l'Ouest, les démocraties sont victorieuses. La liberté l'a emporté.

L'hitlérisme ne menace plus l'Europe et le reste du monde. Si l'humanité découvre l'enfer des camps de concentration et d'extermination, leur oeuvre de destruction monstrueuse a enfin cessé.

Tout au long de ce conflit, les Français ont vécu, ou survécu, entre crainte et espoir. En 1942, dont nous commémorons cette année le 70ème anniversaire, ces deux sentiments sont mêlés comme jamais.

1942, c'est en effet le temps de la honte, avec la mise en oeuvre de la Shoah, le port de l'Etoile jaune, les grandes rafles, les premiers convois vers Auschwitz. C'est le temps de la faim, de la peur, du mépris, celui des fusillades d'otages, de la Relève, de la conscription obligatoire – avant le S.T.0. – pour aller travailler en Allemagne.

Mais 1942, c'est aussi le temps des espérances : les premières ripostes alliées, l'arrêt de la pénétration allemande sur le front russe, et la lueur d'espoir qui naît dans le désert libyen quand, à Bir Hakeim, des soldats de la France libre enrayent l'avance ennemie ; c'est aussi le débarquement allié en Afrique du Nord, prélude à la reconstitution de l'armée d'Afrique. C'est enfin l'année où, dans l'ombre, se multiplient les contacts entre mouvements et réseaux clandestins qui vont renforcer la

Résistance intérieure.

Le 8 mai 1945, c'est la fin de ce temps de la crainte, l'aboutissement de ce temps de l'espoir, la Victoire.

En France, cette victoire est le fruit de l'effort, du courage, du sacrifice de toutes celles et de tous ceux qui n'ont jamais désespéré. A l'instar du Général de Gaulle, tous ont eu foi en notre pays, en sa capacité à mener le juste combat contre tout ce que le XXème siècle connaissait de plus absurde et de plus monstrueux.

Grâce à ces hommes et à ces femmes, différents par leurs origines, leurs histoires, leurs cultures, mais réunis par un idéal commun, la France a pu, après la guerre, retrouver pleinement son rang dans le concert des Nations.

Leur exemple a toujours valeur d'actualité. Car ils nous ont prouvé ce qu'une Nation riche de son histoire, portée par une même aspiration, unissant ses forces, est capable de réaliser pour surmonter l'insurmontable.

 

En complément, voici les mots adressés ce 8 mai 2012 à ses concitoyens par Sylvine Thomassin, maire de Bondy, conseillère générale de Seine-Saint-Denis, lors de la cérémonie. Voir 8 mai 1945 

 

8 mai 1945...Ce travail de mémoire que nous avons le devoir de transmettre...

Je suis heureuse de pouvoir commémorer aujourd’hui avec vous toutes et tous la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale.

En 1981, François Mitterrand, alors nouveau président de la République, avait pris une double décision : il rétablit la commémoration du 8 mai 1945 et en fit un jour férié, ce qui n'était plus le cas depuis 1959, à l'exception de l'année 1965. Depuis la loi du 23 septembre 1988, le 8 mai est un jour férié célébrant la commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le 8 mai…C’était il y a 67 ans, c’était hier… Grâce à l’union des Forces Françaises Libres, des mouvements de Résistance intérieurs, de l’Armée d’Afrique et avec le concours ô combien précieux des armées alliées, l’Europe obtenait la capitulation de l’Allemagne signée à Berlin et se libérait du joug nazi.

55 millions de victimes, 3 millions de disparus, 1,5 millions de personnes tuées lors des bombardements aériens, 30 millions de civils tués, 6 millions de juifs traqués, pourchassés, lâchement assassinés.

A cause d’une idéologie barbare, folle, destructrice, fondée sur la soi-disant supériorité d’une race, la race aryenne, et qui engendra la Shoah, entraîna l’Europe dans une spirale de l’horreur, où nos valeurs furent piétinées sauvagement.

Ce travail de mémoire que nous avons le devoir de transmettre, doit s’exercer au nom de toutes ces victimes, il doit également intégrer les raisons pour lesquelles le monde en est arrivé là. La misère sociale qui a asphyxié l’Allemagne dans l’entre deux guerres, la folie des possédants qui ont soutenu l’arrivée au pouvoir des nazis pour préserver et accroître leur richesse – ne disait-on pas « plutôt Hitler que le Front Populaire », la lâcheté des puissances européennes qui n’ont pas voulu, quand il était encore temps, choisir clairement l’opposition à cette dictature, ont également entraîné le monde dans ce cataclysme.

C’est aussi un immense espoir qui est né des idéaux de la résistance, matérialisé par le programme élaboré par le conseil national de la résistance, à l’origine de nos nombreux acquis sociaux, menacés jusqu’à présent et qu’il nous faut aujourd’hui défendre avec détermination, pour que les sacrifices de nos aînés ne soient pas balayés au simple profit des plus puissants.

Il faut le dire, peu nombreux étaient ceux au début qui entendirent le 18 juin et les jours suivants les paroles d’un général de brigade quasiment inconnu, du nom de De Gaulle.

Il y eut ceux qui entrèrent dans la milice, collaborant sans honte avec l’ennemi, pourchassant et tuant les résistants, traquant et déportant les juifs. Et puis il y eut ceux qui refusèrent d’aller en Allemagne, réfractaires au Service du Travail Obligatoire; ceux qui organisèrent des réseaux pour créer de faux papiers ; ceux qui cachèrent des enfants, des femmes, des hommes, parfois des familles entières de compatriotes pourchassés parce que nés juifs, et qu’on appelle du beau nom de « Justes ».

C’est à cette France combattante, cette France qui ne renonça pas, cette France résistante que nous rendons hommage. Je veux rappeler en cette occasion que rien n’est jamais définitif. Il suffit de peu de mots, de quelques phrases ou d’actes assassins pour que le poison du nationalisme, du négationnisme et de l’antisémitisme s’insinue. A nous tous d’être unis et vigilants pour condamner tout agissement contraire à nos valeurs.

Enfin, je ne pouvais pas terminer ce discours sans rendre hommage à Raymond Aubrac* qui nous a quitté le 10 avril dernier, ce grand homme, ce grand résistant. Raymond Aubrac soulignait dans ses mémoires que sa rencontre avec Lucie Aubrac avait été une étape décisive dans son itinéraire. Cette « union fut — et est toujours restée — heureuse et fondée sur une profonde connivence : il n'est pas de décision qui n'ait été prise en commun », disait-il…

Je veux donc lui rendre hommage en citant celle qui a partagé sa vie et qui a prononcé cette belle phrase pleine de sens et de vérité : « Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent. » Souvenons-nous toujours de ces idéaux portés et défendus par la Résistance, car ils sont le fondement et le ciment de notre République.

 Vive la Paix ! Vive la République ! Vive la France !

* Voir Raymond Aubrac, résistant, patriote républicain, est décédé à 97 ans -  11 avril 2012  

 Cet article est le 21ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités et célébrations

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 18:45

Proche de Chevènement, il avait appelé à voter Hollande

 

Un grand témoin n’est plus. Raymond Aubrac faisait cause commune avec Lucie, décédée il y a cinq ans.

Comme l’écrit Jean-Pierre Chevènement*, Avec Raymond Aubrac, disparaît la dernière grande figure d’une Résistance héroïque grâce à laquelle le fil de notre Histoire ne s’est pas rompu. Raymond Aubrac, Lucie sa femme, Serge Ravanel et quelques autres ont sauvé pour nous, derrière bien sûr la grande figure tutélaire du général de Gaulle et de ses compagnons de la France Libre, la fierté d’être Français. Ma première pensée va à ses enfants et petits-enfants.
Il me paraît juste de rappeler qu’à côté du patriotisme, l’engagement politique de Raymond Aubrac a été aussi pour quelque chose dans son choix de la Résistance.
Raymond Aubrac, depuis plus de trente ans, était devenu pour moi un ami. Je n’oublierai jamais la confidence qu’il m’a faite lors de l’un de nos derniers entretiens : « L’exigence des jeunes est le reflet exact du niveau d’ambition de la nation ».
Elle vaut rappel pour nous tous : soyons ambitieux pour la France : ce sera la meilleure manière de rendre durablement hommage à Raymond Aubrac.

* Raymond et Lucie Aubrac étaient présidents d’honneur de son comité de soutien, lors de l’élection présidentielle 2002.

 

Deux initiatives, récentes et remarquables, de Raymond Aubrac :

-          La Republique doit resister (tribune publiée par le quotidien Le Monde les 1er et 2 avril 2012). Le Contrat Social après guerre est aujourd'hui remis en cause. Seul l'engagement citoyen permettra de le sauver.

-          Dans une tribune publiée par le quotidien Libération, mercredi 14 mars, Raymond Aubrac et Stéphane Hessel lançaient un "appel des résistants à un vote d'espoir".

 

Jacques Auxiette, sur son blog de président de la Région des Pays de la Loire, rend un Hommage à Raymond Aubrac et se souvient d’avoir participé (en juin 2008 en Mayenne), aux côtés de Guillaume Garot, à l’inauguration de la résidence sociale des Deux Rives, à Laval, à la réalisation de laquelle le Conseil Régional a contribué financièrement. « J’ai eu l’honneur d’y rencontrer Raymond Aubrac, qui a accepté de donner son nom et celui de son épouse, Lucie, à cette résidence. Raymond Aubrac nous a, à cette occasion, donné une grande leçon d’intelligence, de solidarité et d’optimisme : citant Léon Blum  - « toute société qui prétend assurer aux hommes la liberté doit commencer par leur garantir l’existence » - il nous a encouragé à réaliser des opérations collectives comme cette résidence sociale, car elles permettent d’assurer la sécurité et la dignité indispensables à la vie humaine. Il a ainsi comparé ces initiatives (toutes proportions gardées bien évidemment) aux actions de la Résistance lors de la seconde Guerre Mondiale. Son intervention a été un moment très riche en émotions pour toutes celles et tous ceux qui étaient présents, de toutes générations ».

 

Voir le blog de Jacques Auxiette - 9 juin 2008 : Aux côtés des initiatives et projets des acteurs locaux de la Mayenne

 

Cet article est le 20ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 23:52

Le témoignage critique d’un élu local, ardent citoyen

 

Je signale avec plaisir un livre intitulé« Itinéraire d’un gamin de la cité Noire » concernant un remarquable militant, qui se distingue par sa force de conviction et sa sincérité. Voir Jacques Declosmenil dédicace son livre (Ouest-France, 14 octobre 2011).

 

Voici les « Notes de lecture » parues dans le Journal RESO n° 100 - Janvier 2012 (CiViQ adhère à REsistance SOciale).

 

« Itinéraire d’un gamin de la cité Noire »Par Jacques DECLOSMENIL

Préface de Michèle LEMAUX

 

MRC-BN-Tribehou--J-Duclosmenil-171009-008-T.jpgJacques Declosmenil c’est plus de 40 années de militantisme syndical, associatif et politique.

 

 Photo : 17 octobre 2009 à Tribehou (Manche), lors d'une session de formation des élus. Voir Séminaire de formation du comité régional MRC de Basse-Normandie - 2 novembre 2009

 

Le petit Jacques est né en 1946 à Saint-Lô, alors capitale des ruines. De la cité en baraques jusqu’à la ville reconstruite, préfecture de la Manche vivant derrière ses vrais faux remparts, il a grandi avec elle et ne l’a jamais quittée. Venu du monde ouvrier, son regard est celui « d’un chrétien sans église et d’un communiste sans parti ». Ces pages, dont la sincérité émeut, racontent la vie d’un homme de conviction viscéralement attaché à la justice sociale. Admiré ou abhorré, Jacques Declosmenil ne laisse personne indifférent, ses combats méritent d’être connus. A l’heure où beaucoup s’interrogent sur l’avenir du militantisme, celui du quotidien dont on ne parle guère, cet ouvrage restitue plus de quarante ans de vie d’un citoyen exceptionnel, et révèle le positionnement des principaux acteurs de la vie locale. Dans l’histoire de Saint-Lô, ce livre-document restera un événement. Il laissera une trace car d’un ton jusque-là inconnu de la part d’un homme qui, comme responsable syndical, militant du Mrap, comme élu, est une pièce-clé de l’histoire sociale et politique du pays saint-lois. Ce livre surprendra tous ceux dont Jacques Declosmenil parle avec cordialité ou rudesse, tous ceux qui s’interrogent sur les vestiges sur lesquels le Saint-Lô d’aujourd’hui s’est bâti ; récit authentique sur le comportement des personnages de la province. Sans nul doute, il fera réagir. C’est l’histoire d’un homme qui porte témoignage.

 

Pour commander le livre, s’adresser à la SARL Declosmenil 151, rue Louis Armand Zone  Industrielle de La Chevalerie à Saint-Lô (Tel. 02 33 05 34 97) ou à Planet R 2, rue Maréchal Leclerc à Saint-Lô (Tel. 02 33 77 17 77).

 

Cet article est le 19ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 19:50

Mamie aime lire, recevoir et regarder la télévision

 

Lors de ma promenade, hier, je suis passé chez Mamie (voir Marie Ranc à Saint-Berthevin : une longévité et des amis, un exemple), ayant su qu’elle avait été vue à la télévision. Je voulais en savoir plus.

 

Elle reçoit des visiteurs, depuis l’article dans Ouest-France et le reportage de TF1 (journal de 13h). Voir la vidéo Marie, une grand-mère extraordinaire de 105 ans. TF1 est allé au restaurant où elle fêtait son anniversaire avec ses amis. Sobrement (elle ne boit que de l’eau) mais avec plaisir. Cela se voit.

 

Sa voisine proche, qui passe chaque jour, est très appréciée de Mamie car cela lui permet d’avoir des conversations agréables. Jeudi soir, elle a regardé jusqu’au bout l’émission de France2 avec Jean-Luc Mélenchon. Ce qui l’a intéressée, ce sont les passes d’armes entre Mélenchon et les journalistes qui lui étaient opposés. Les mimiques, le mouvement, le spectacle. Les idées politiques, non. Elle ne commente pas mais je crois bien qu’elle a sa petite idée mais elle ne veut pas en parler.

 

Marie Ranc 105 ans StB 90112 001 TJ’en sais un peu plus sur sa vie professionnelle, au Prisunic Le Raincy (93), dont elle garde un si bon souvenir. Elle exerçait une fonction de direction, remplaçant la directrice en son absence. Elle était auprès des vendeuses pour régler les problèmes et contribuer à la satisfaction de la clientèle.

 

Rappel : Marie Ranc à Saint-Berthevin : une longévité et des amis, un exemple - 10 janvier 2012

 

Cet article est le 18ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 18:22

Une femme active, discrète et autonome, née en 1907

 

Qui était à l’origine de l’article paru dans Ouest-France le 5 janvier en page interrégionale, avec une photo en 1ère page du journal et le titre « Marie fêtera ses 105 ans mardi chez elle à Saint-Berthevin » - Voir Marie, 105 ans, toujours 100 % autonome (Ouest-France, 5 janvier 2012) ?

 

Cela m’a intrigué, d’autant plus que je ne connaissais pas cette dame, et j’ignorais dans quel quartier elle habitait depuis 1968. Alors, ayant su son adresse par une voisine, je suis allé lui rendre visite hier, la veille de son anniversaire. Je voulais savoir, dans son cas, quels sont les ingrédients qui rendent possible une très longue vie dans de bonnes conditions d’autonomie.

 

Née à Loiron, commune limitrophe de Saint-Berthevin, au centre-ouest de la Mayenne, aînée d’une famille de trois enfants, dont le père meurt en 1918, elle va s’occuper des cinq enfants d’une autre famille, alors qu’elle a à peine 12 ans.

 

Jeune fille douée pour le travail, dotée d’un caractère solide et positif, elle a choisi d’aller à Paris, à 20 ans, pour y travailler. Elle a fait carrière au Prisunic (fonction de direction en fin de carrière) de la sous-préfecture de La Seine-Saint-Denis, Le Raincy, avant de rejoindre Laval et son Prisunic en 1968 jusqu’à la retraite à 65 ans.

 

Elle avait environ 40 ans quand elle s’est mariée avec André, qui était d’origine lyonnaise. Le couple, qui n’a pas eu d’enfants, s’est installé à Saint-Berthevin en 1968, parce qu’il y avait des parcelles disponibles dans les premiers lotissements du quartier « La Forêt ». André est décédé dix ans plus tard. Cela fait plus de trente ans que Marie vit seule dans son pavillon.

 

Le secret de la longévité ? Marie n’en a pas. C’est une femme robuste qui n’est jamais malade, dispose d’une très bonne mémoire. Sa vie professionnelle lui a apporté un véritable épanouissement personnel. Elle se nourrit bien, ne boit que de l’eau du robinet (sur le conseil de son médecin quand elle était à Le Raincy). Elle a une vie très régulière et autonome, même si elle bénéficie de l’aide précieuse de sa voisine, qui lui fait les courses.

 

C’est une personne qui est accueillante. Elle aime recevoir mais elle dit être trop timide pour aller vers les autres. Elle préfère rester chez elle, où elle se sent bien, en étant active. Elle n’explique pas pourquoi elle est encore en bonne forme à 105 ans. Je risque une explication : c’est quelqu’un qui a un état d’esprit positif et une vie sobre et régulière. Elle s’est épanouie dans ses activités au contact des autres, que ce soit dans sa jeunesse, au travail dans l’entreprise ou durant sa longue retraite.

 

Marie a vu Saint-Berthevin évoluer favorablement en population et en équipements collectifs depuis 1968. Elle ne s’est jamais intéressée à la politique, mais elle suit les informations et est à l’écoute de ce qui se passe autour d’elle et par la télévision.

 

C’est à sa grande surprise qu’elle a reçu la visite d’un journaliste de Ouest-France il y a une semaine. Elle ne souhaite pas être prise en photo et paraître dans la presse. Selon sa voisine, elle n’était pas contente de n’avoir pas été prévenue. Mais, maintenant, elle n’est pas mécontente de l’article. Elle a reçu une lettre émouvante de Bretagne pour la féliciter.    

  

Marie-Ranc-105-ans-StB-90112-002-T.jpgLa personne qui a écrit à Ouest-France est Jean-Pierre Simon, domicilié dans la Nièvre avec son épouse. Il a connu Marie il y a très longtemps quand il habitait Villemomble, ville voisine de Le Raincy.

 

Je bénéficie de la présence de ce couple, arrivé juste au moment où j’allais prendre congé. Marie accepte quand même la photo, non sans réticence, mais elle est avec ses amis, qui sont ravis.

 

Evidemment, cet article de presse a perturbé sa tranquillité habituelle, mais elle prend cela avec philosophie, sachant que ces perturbations ne dureront pas…

 

Cet article est le 17ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 22:45

Justice sociale, éducation, progrès de la conscience humaine

 

Le 31 juillet 1914, la vie s’arrêtait pour cet homme qui avait tant marqué politiquement son temps.

Jean Jaurès est à la base du rassemblement des socialistes, mais il est beaucoup plus que cela.

Rappel de la Biographie Jean Jaurès

L’Assassinat de Jean Jaurès a précédé la déclaration de la Première Guerre mondiale.

Voir aussi Le 31 juillet 1914, Jean-Jaurès était assassiné

 

Rappel : Université d'été MRC à Toulouse : Jaurès, Cohen, même combat ! - 9 septembre 2009

 

(…) Dans un numéro spécial du magazine d’informations de la ville qui nous a été remis, Pierre Cohen souligne que « Toulouse entretient une histoire particulière avec Jean Jaurès. C’est ici qu’il s’est confronté au réel, en participant à la gestion de la ville en tant que maire-adjoint à l’instruction publique, contribuant notamment à la construction de l’université, au développement des moyens de l’éducation publique, de la diffusion culturelle. A Toulouse, Jean Jaurès a forgé sa philosophie, où dominent les idées de justice sociale, d’éducation et de progrès de la conscience humaine ».

 

La pensée de Jaurès, sa philosophie politique, socialiste et humaniste, 150 ans après sa naissance, devrait amener les socialistes, les communistes, les radicaux et les républicains de gauche, à se rassembler pour construire l’alternative progressiste dont la France a besoin.

 

Voir aussi Jean Bouveri, mineur, syndicaliste, socialiste SFIO, ami de Jean Jaurès - 31 juillet 2011

 

Cet article est le 16ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

 

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 17:56

Premier maire issu d’une liste socialiste en France

 

Je ne connaissais pas cette figure historique du socialisme, proche de Jean Jaurès, qu’est Jean Bouveri, ancien maire de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), mineur, l’un des premiers syndicalistes, le premier maire issu d'une liste socialiste en France, longtemps député, puis sénateur.

C’est son arrière-petite-fille, Valérie Bouveri, très fière de son aïeul, qui m’a incité à partir à la découverte de ce personnage historique, particulièrement sympathique.

Merci à Valérie - d’origine charentaise et provençale, polyglotte (italien, espagnol, anglais), professeur dans un lycée public d'enseignement professionnel après avoir travaillé dans le commerce international, secrétaire du syndicat SNUEP (FSU) pour l'Académie de Versailles - d’avoir accepté mon amitié.

 

Chronologie Montceau-les-Mines

 

1899 : Grève pour la reconnaissance du syndicat. Création du syndicat des mineurs.

1900 : Election du premier conseil municipal socialiste, Jean Bouveri est élu maire.

1901 : Grève de 108 jours. 28 799 habitants.

 

Anciens sénateurs IIIème République : BOUVERI Jean

 

BOUVERI (JEAN), né le 18 juillet 1865 à Charolles (Saône-et-Loire), mort le 3 juillet 1927 à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire). Député de Saône-et-Loire de 1901 à 1919. Sénateur de Saône-et-Loire de 1920 à 1924. Député de Saône-et-Loire de 1924 à 1927.

Fils de mineur, longtemps mineur lui-même à Blanzy et à Montceau-les-Mines, Jean Bouveri, militant socialiste de la première heure, fut un des fondateurs du syndicat des mineurs avant le vote de la loi de 1884. Secrétaire de son propre syndicat, il participa à toutes les luttes du début du siècle pour la conquête et l'extension des droits syndicaux. Il fut appelé ainsi à contrôler de près et dans le détail de son fonctionnement, la législation du travail des mineurs qui servit longtemps de modèle et d'exemple à l'ensemble des travailleurs français.

La popularité et le renom qu'il s'était acquis au sein des classes laborieuses, lui valut d'être élu conseiller municipal puis maire de Montceau-les-Mines en 1900, pour être toujours réélu depuis. Il veilla notamment à l'application des lois d'assistance, fit construire de nouvelles écoles, etc.

Il se présenta à une élection législative partielle, le 4 août 1901, dans la 1re circonscription de Chalon-sur-Saône, en remplacement de M. Boysset décédé le 22 mai. Il emporta le siège au deuxième tour de scrutin, par 11.818 voix contre 9.192 à M. Pinetti.

Inscrit au groupe socialiste, il fit preuve dès son entrée à la Chambre d'une grande activité, principalement orientée vers les conquêtes sociales. C'est ainsi que pendant cette législature qui devait se terminer l'année suivante, il eut l'occasion de se faire entendre sur : le salaire minimum des ouvriers et employés mineurs (1901), la limitation à huit heures de la journée de travail dans les mines (1902), l'amnistie (1902), l'ouverture d'un crédit en faveur des ouvriers victimes du chômage (1902).

Il fut aisément réélu aux élections générales du 27 avril 1902, au premier tour de scrutin, par 13.904 voix contre 4.286 à M. Cioucard dit Choucary. Il entra à la Commission d'enquête sur les mines et à la Commission du travail. Il participa à de nombreuses discussions sur : les grèves (1902) ; l'octroi de la , Médaille du travail, les garde-pêche, les éclusiers, la suppression des périodes d'exercices militaires des 28 et 13 jours, la suppression des frais de cultes aux obsèques des militaires, les bouilleurs de cru, les retraites des ouvriers mineurs, l'envoi de troupes sur les lieux de grèves (1902) ; les appels de l'armée territoriale en 1903, la redevance des mines, la laïcisation des écoles préparatoires militaires (1903) ; le recrutement de l'armée (1904); les retraites des anciens ouvriers mineurs, le tarif des transports des houilles, les fraudes sur le vin, la journée de travail dans les mines, la séparation des Eglises et de l'Etat (1905) ; l'admission des indigents aux stations d'eaux thermales, les préposés forestiers, l'insaisissabilité des pensions de retraites ouvrières, les caisses de retraites des mineurs, le secret et la liberté du vote, la catastrophe des mines de Courrières (1906).

Réélu aux élections générales du 6 mai 1906, au premier tour de scrutin, par 11.839 voix contre 6.407 à M. Ninot, il resta membre de la Commission des mines et prit part aux débats sur : la grève des mineurs du Pas-de-Calais, les budgets des P.T.T., de la guerre, des travaux publics et la loi de finances de l'exercice 1907 (1906) ; le mouillage des vins et l'abus du sucrage, les budgets de l'instruction publique, de l'agriculture, des travaux publics, de la guerre, et la loi de finances de l'exercice 1908 (1907) ; les budgets de la justice, de l'agriculture, de la guerre, des travaux publics de l'exercice 1909, l'impôt sur le revenu (1909) ; les budgets de l'intérieur, de l'agriculture, de la justice de l'exercice 1910 (1909).

Ses électeurs lui restèrent fidèles aux élections générales du 24 avril 1910, au premier tour de scrutin, par 13.921 voix contre 6.061 à M. Bauzou. Il retrouva son siège à la Commission des mines et se fit entendre sur : la violation du droit de grève, les budgets des travaux publics, de l'agriculture, de l'intérieur, du travail, de l'instruction publique, de la guerre et la loi de finances de l'exercice 1911, les budgets des travaux publics, du commerce et de l'industrie, de l'instruction publique, de l'agriculture, de la guerre, de l'intérieur, et la loi de finances de l'exercice 1912 (1911) ; la durée du travail dans les mines, les budgets de la justice, de la guerre, du travail, du commerce et de l'industrie, de l'agriculture et la loi de finances de l'exercice 1913, les retraites des ouvriers mineurs (1912) ; la fréquentation scolaire et la défense de l'école laïque, l'amnistie, la durée du service militaire, la taxe sur les mines de houille, la durée du travail dans les mines, la responsabilité des communes (1913) ; le budget du travail et la loi de finances de l'exercice 1914, l'enseignement professionnel agricole, les femmes en couches, les besoins de la défense nationale (1914). Il retrouva son siège aux élections générales du 26 avril 1914, au premier tour de scrutin, par 12.280 voix contre 4.364 à M. Lagaudre. Il entra à la Commission des comptes définitifs et des économies et devint vice-président de la Commission des mines. Il siégea en outre au comité consultatif des mines. On l'entendit sur : le budget de la guerre et la loi de finances de l'exercice 1914 (1914) ; l'ouverture de nouveaux débits de boissons, le recensement de la classe 1917, la saisie-arrêt sur les salaires et les petits traitements (1915) ; la vente et la taxation des charbons, les baux et les loyers pendant la guerre, la réquisition des vins (1916) ; la visite des exemptés et des réformés, les productions de guerre, le ravitaillement, le droit à pension d'infirmité (1917) ; les permissions sur les fronts français et d'Orient, le monopole de l'alcool, le relèvement temporaire des tarifs de transports, l'appel de la classe 1920, le taux des allocations, la libération des vieilles classes, la durée des concessions sur les mines, l'appel de la classe 1919 (1918) ; les dommages de guerre, l'indemnité de démobilisation, la journée de huit heures, la durée du travail dans les mines, le conflit minier, les pensions militaires, les retraites des ouvriers des établissements industriels de l'Etat, les chambres d'agriculture, les petits commerçants, industriels et artisans démobilisés (1919). Aux élections générales du 16 novembre 1919, il prit la tête de la liste socialiste qui fut battue par celle de concentration républicaine. Il n'obtint personnellement que 38.307 voix sur 118.603 suffrages exprimés.

Mais il fut élu sénateur quelques semaines plus tard au renouvellement du 11 janvier 1920, au deuxième tour de scrutin, par 664 voix sur 1.238 votants. Siégeant sur les bancs socialistes, il participa à de nombreuses discussions sur : la réquisition provisoire des transports par voie navigable, les retraites des ouvriers mineurs, les habitations à bon marché, la propagande bolcheviste, les mutilés du travail, les nouvelles ressources fiscales, la préparation militaire obligatoire, les accidents du travail, l'amnistie, la propriété commerciale, les locataires de bonne foi (1920), la Croix de guerre, les pupilles de la nation, le nouveau régime des chemins de fer, les allocations temporaires, le sursis à l'expulsion des locataires (1921) ; le régime des loyers, les emplois réservés, les fusillés de Vingré, la taxe sur le chiffre d'affaires, la fréquentation scolaire (1922) ; le recrutement de l'armée, les familles nombreuses, le fonds de chômage, la hausse illicite des loyers, le régime des pensions (1923) ; les ressources fiscales, les baux commerciaux ou industriels (1924).

Aux élections générales législatives du 11 mai 1924, il prit la tête de la liste socialiste. Réélu député avec trois de ses colistiers, par 69.524 voix sur 132.530 votants, il se démit de son mandat de sénateur le 30 juillet suivant.

Il retrouva son ancien siège à la Commission des mines et intervint au cours de plusieurs débats notamment sur : les loyers, l'amnistie, les budgets de l'agriculture, de la guerre, du travail, de l'instruction publique et la loi de finances de l'exercice 1925 (1924) ; la politique du blé, les pensions des retraites de l'Etat, les budgets des pensions, de la guerre, et du travail de l'exercice 1926 (1925) ; les loyers d'habitation, les nouvelles ressources fiscales (1926).

La mort vint mettre fin brutalement à cette prodigieuse activité, le 3 juillet 1927, à Montceau-les-Mines, sa ville. Le Président Fernand Bouisson en fit part à la Chambre à la séance du 5 juillet. Prononçant son éloge funèbre, il retraça la longue et fructueuse carrière du disparu : « Une autorité naturelle, se dégageait de sa personne et de sa parole, qu'on n'eut pas songé à contester... son activité fut inlassable et incessante, orientée vers la défense de ses camarades de la mine. »

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Jean Jolly (1960/1977)

 

[PDF] t' i t - La Mère En Gueule

 

La Gazette du Centenaire 1899-1901a présenté une biographie de Jean Bouveri (journal de l’association La Mère en Gueule septembre 1997 n°2). Eric Commeau, qui était vice-président de l’association et adjoint au maire de Montceau-les-Mines, a écrit cet édito (extraits) :

 

La Mère en Gueule, ce personnage du fonds du puits, terreur des enfants du Bassin Minier, retrouve aujourd’hui une nouvelle jeunesse. Et ses lettres de noblesse ! (…)

Montceau-les-Mines est née du charbon et du travail des hommes : un travail dur qui a forgé les caractères, les relations sociales et créé un état d’esprit particulier en même temps qu’il modelait les paysages et l’organisation spatiale de nos communes (…).

Le pari de La Mère en Gueule, c’est de faire resurgir cette mémoire des oubliettes (…). Résolument tournée vers l’avenir, La Mère en Gueule est en voie de réussir la première mission qu’elle s’était fixée : rassembler sur le Bassin Minier toutes les énergies associatives, les volontés individuelles et obtenir le soutien des collectivités locales (…).

 

Biographie de Jean Bouveri par Roger Marchandeau, juin 1997 (extraits)

 

« Secrétaire adjoint du syndicat, Jean Bouveri est très actif dans la grève victorieuse de 1899. Il noue ainsi des liens étroits avec les chefs socialistes, Jaurès, Chauvière et Vaillant, et se trouve poussé devant la scène politique. En septembre 1899, ses pairs l’envoient siéger au congrès national des mineurs de France à Denain. L’année suivante, c’est lui qui accueille à Montceau-les-Mines les délégués des mineurs.

Le 1er mai 1900, aux élections municipales, Jean Bouveri conduit à une victoire totale la liste des 27 candidats socialistes. Les hommes de la Compagnie abandonnent l’hôtel de ville. Elu maire le 20 mai, il le restera jusqu’à sa mort. Populaire, intelligent, rusé, « Not’Jean », le « Vercingétorix bourguignon » est devenu la figure de proue du mouvement ouvrier montcellien. Attachant, habile, il sait plaire. « De taille moyenne, à peine voûté, la longue moustache blonde tombant de chaque côté de la bouche, l’œil voilé par un ptôsis de la paupière », il séduit les montcelliens qui aiment son langage rapide, aisé, abondant, qu’il trouve « dans son bon sens st son bon cœur » (…).

 

Dès son arrivée à la mairie, il a fait porter ses efforts sur la construction d’écoles et l’ouverture de nouvelles classes. Neuf groupes scolaires ont été mis en chantier. Pendant toute sa vie, il défendra passionnément l’école laïque qui « m’a donné, dit-il, le peu de connaissances que j’ai ». Il s’attache encore aux réalisations post-scolaires, assurant fournitures gratuites et cantines. Jean Bouveri ne négligera jamais les œuvres d’assistance, il crée un bureau de placement et un bureau de renseignement. Il se flatte d’accueillir à la maison commune tous les Montcelliens : « Riches et pauvres, réactionnaires et socialistes, tous sont reçus avec affabilité. On ne mêle pas l’administration à la politique : notre seul souci est d’administrer honnêtement et impartialement pour tous dans l’intérêt général » (…).

 

Cet article est le 15ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 20:41

L’argent et le pouvoir ne permettent pas tout dans la vie  

L’actualité DSK s’est déportée de New York vers Paris, la jonction étant désormais faite entre les deux enquêtes - voir Le procureur de New York devrait convoquer Banon (Le Monde, 20 juillet). Selon "Le Figaro", Cyrus Vance va convoquer Tristane Banon pour témoigner dans la procédure ouverte aux Etats-Unis contre DSK.  

L'affaire DSK met en exergue l'homme de pouvoir imposant sa force dans les rapports humains. Je le combattais politiquement depuis la sortie de son livre "La flamme et la cendre" avant les élections de 2002 (mépris vis-à-vis des classes populaires) - voir Présidentielle : la gauche va dans le mur sans les classes populaires - 17 mai 2011 - et je le détestais depuis son débat télévisé avec Chevènement après 2002 (arrogance, volonté d’humilier). 

 

Il est salutaire que ses comportements à l’égard des femmes soient sanctionnés, ce qui le ramènera sur terre. Voir Affaire DSK : un choc d'une extrême violence ressenti par les Français - 20 mai 2011.  

Il est bon qu’il comprenne que le fric et le pouvoir politique ne permettent pas tout dans la vie. Peut-être a-t-il besoin de soins, tout simplement, comme le commun des mortels. Il aurait pu s’en rendre compte lui-même, mais il semble bien que le goût du pouvoir ait amoindri sa lucidité.

 

Anne Mansouret, mère de Tristane Banon, a témoigné. Elle décrit DSK comme un prédateur qui cherche non pas à plaire mais à prendre, se comportant avec « l’obscénité d’un soudard ». D’après elle, le besoin sexuel déclenche un processus de domination.

Voir l’article paru dans L’Express le 18 juillet  Affaire Banon-DSK: les secrets d'Anne Mansouret

 

Comment un directeur général du Fonds Monétaire International (FMI) pouvait-il aussi mal se comporter dans les avions à l’égard des hôtesses ? Voir DSK giflé par une hôtesse de l'air (Extraits de l'émission Carrément Brunet sur RMC en date du 16 mai 2011).

 

Cet article est le 14ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

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