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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 19:45

Proche de Chevènement, il avait appelé à voter Hollande

 

Un grand témoin n’est plus. Raymond Aubrac faisait cause commune avec Lucie, décédée il y a cinq ans.

Comme l’écrit Jean-Pierre Chevènement*, Avec Raymond Aubrac, disparaît la dernière grande figure d’une Résistance héroïque grâce à laquelle le fil de notre Histoire ne s’est pas rompu. Raymond Aubrac, Lucie sa femme, Serge Ravanel et quelques autres ont sauvé pour nous, derrière bien sûr la grande figure tutélaire du général de Gaulle et de ses compagnons de la France Libre, la fierté d’être Français. Ma première pensée va à ses enfants et petits-enfants.
Il me paraît juste de rappeler qu’à côté du patriotisme, l’engagement politique de Raymond Aubrac a été aussi pour quelque chose dans son choix de la Résistance.
Raymond Aubrac, depuis plus de trente ans, était devenu pour moi un ami. Je n’oublierai jamais la confidence qu’il m’a faite lors de l’un de nos derniers entretiens : « L’exigence des jeunes est le reflet exact du niveau d’ambition de la nation ».
Elle vaut rappel pour nous tous : soyons ambitieux pour la France : ce sera la meilleure manière de rendre durablement hommage à Raymond Aubrac.

* Raymond et Lucie Aubrac étaient présidents d’honneur de son comité de soutien, lors de l’élection présidentielle 2002.

 

Deux initiatives, récentes et remarquables, de Raymond Aubrac :

-          La Republique doit resister (tribune publiée par le quotidien Le Monde les 1er et 2 avril 2012). Le Contrat Social après guerre est aujourd'hui remis en cause. Seul l'engagement citoyen permettra de le sauver.

-          Dans une tribune publiée par le quotidien Libération, mercredi 14 mars, Raymond Aubrac et Stéphane Hessel lançaient un "appel des résistants à un vote d'espoir".

 

Jacques Auxiette, sur son blog de président de la Région des Pays de la Loire, rend un Hommage à Raymond Aubrac et se souvient d’avoir participé (en juin 2008 en Mayenne), aux côtés de Guillaume Garot, à l’inauguration de la résidence sociale des Deux Rives, à Laval, à la réalisation de laquelle le Conseil Régional a contribué financièrement. « J’ai eu l’honneur d’y rencontrer Raymond Aubrac, qui a accepté de donner son nom et celui de son épouse, Lucie, à cette résidence. Raymond Aubrac nous a, à cette occasion, donné une grande leçon d’intelligence, de solidarité et d’optimisme : citant Léon Blum  - « toute société qui prétend assurer aux hommes la liberté doit commencer par leur garantir l’existence » - il nous a encouragé à réaliser des opérations collectives comme cette résidence sociale, car elles permettent d’assurer la sécurité et la dignité indispensables à la vie humaine. Il a ainsi comparé ces initiatives (toutes proportions gardées bien évidemment) aux actions de la Résistance lors de la seconde Guerre Mondiale. Son intervention a été un moment très riche en émotions pour toutes celles et tous ceux qui étaient présents, de toutes générations ».

 

Voir le blog de Jacques Auxiette - 9 juin 2008 : Aux côtés des initiatives et projets des acteurs locaux de la Mayenne

 

Cet article est le 20ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 23:52

Le témoignage critique d’un élu local, ardent citoyen

 

Je signale avec plaisir un livre intitulé« Itinéraire d’un gamin de la cité Noire » concernant un remarquable militant, qui se distingue par sa force de conviction et sa sincérité. Voir Jacques Declosmenil dédicace son livre (Ouest-France, 14 octobre 2011).

 

Voici les « Notes de lecture » parues dans le Journal RESO n° 100 - Janvier 2012 (CiViQ adhère à REsistance SOciale).

 

« Itinéraire d’un gamin de la cité Noire »Par Jacques DECLOSMENIL

Préface de Michèle LEMAUX

 

MRC-BN-Tribehou--J-Duclosmenil-171009-008-T.jpgJacques Declosmenil c’est plus de 40 années de militantisme syndical, associatif et politique.

 

 Photo : 17 octobre 2009 à Tribehou (Manche), lors d'une session de formation des élus. Voir Séminaire de formation du comité régional MRC de Basse-Normandie - 2 novembre 2009

 

Le petit Jacques est né en 1946 à Saint-Lô, alors capitale des ruines. De la cité en baraques jusqu’à la ville reconstruite, préfecture de la Manche vivant derrière ses vrais faux remparts, il a grandi avec elle et ne l’a jamais quittée. Venu du monde ouvrier, son regard est celui « d’un chrétien sans église et d’un communiste sans parti ». Ces pages, dont la sincérité émeut, racontent la vie d’un homme de conviction viscéralement attaché à la justice sociale. Admiré ou abhorré, Jacques Declosmenil ne laisse personne indifférent, ses combats méritent d’être connus. A l’heure où beaucoup s’interrogent sur l’avenir du militantisme, celui du quotidien dont on ne parle guère, cet ouvrage restitue plus de quarante ans de vie d’un citoyen exceptionnel, et révèle le positionnement des principaux acteurs de la vie locale. Dans l’histoire de Saint-Lô, ce livre-document restera un événement. Il laissera une trace car d’un ton jusque-là inconnu de la part d’un homme qui, comme responsable syndical, militant du Mrap, comme élu, est une pièce-clé de l’histoire sociale et politique du pays saint-lois. Ce livre surprendra tous ceux dont Jacques Declosmenil parle avec cordialité ou rudesse, tous ceux qui s’interrogent sur les vestiges sur lesquels le Saint-Lô d’aujourd’hui s’est bâti ; récit authentique sur le comportement des personnages de la province. Sans nul doute, il fera réagir. C’est l’histoire d’un homme qui porte témoignage.

 

Pour commander le livre, s’adresser à la SARL Declosmenil 151, rue Louis Armand Zone  Industrielle de La Chevalerie à Saint-Lô (Tel. 02 33 05 34 97) ou à Planet R 2, rue Maréchal Leclerc à Saint-Lô (Tel. 02 33 77 17 77).

 

Cet article est le 19ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 19:50

Mamie aime lire, recevoir et regarder la télévision

 

Lors de ma promenade, hier, je suis passé chez Mamie (voir Marie Ranc à Saint-Berthevin : une longévité et des amis, un exemple), ayant su qu’elle avait été vue à la télévision. Je voulais en savoir plus.

 

Elle reçoit des visiteurs, depuis l’article dans Ouest-France et le reportage de TF1 (journal de 13h). Voir la vidéo Marie, une grand-mère extraordinaire de 105 ans. TF1 est allé au restaurant où elle fêtait son anniversaire avec ses amis. Sobrement (elle ne boit que de l’eau) mais avec plaisir. Cela se voit.

 

Sa voisine proche, qui passe chaque jour, est très appréciée de Mamie car cela lui permet d’avoir des conversations agréables. Jeudi soir, elle a regardé jusqu’au bout l’émission de France2 avec Jean-Luc Mélenchon. Ce qui l’a intéressée, ce sont les passes d’armes entre Mélenchon et les journalistes qui lui étaient opposés. Les mimiques, le mouvement, le spectacle. Les idées politiques, non. Elle ne commente pas mais je crois bien qu’elle a sa petite idée mais elle ne veut pas en parler.

 

Marie Ranc 105 ans StB 90112 001 TJ’en sais un peu plus sur sa vie professionnelle, au Prisunic Le Raincy (93), dont elle garde un si bon souvenir. Elle exerçait une fonction de direction, remplaçant la directrice en son absence. Elle était auprès des vendeuses pour régler les problèmes et contribuer à la satisfaction de la clientèle.

 

Rappel : Marie Ranc à Saint-Berthevin : une longévité et des amis, un exemple - 10 janvier 2012

 

Cet article est le 18ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 18:22

Une femme active, discrète et autonome, née en 1907

 

Qui était à l’origine de l’article paru dans Ouest-France le 5 janvier en page interrégionale, avec une photo en 1ère page du journal et le titre « Marie fêtera ses 105 ans mardi chez elle à Saint-Berthevin » - Voir Marie, 105 ans, toujours 100 % autonome (Ouest-France, 5 janvier 2012) ?

 

Cela m’a intrigué, d’autant plus que je ne connaissais pas cette dame, et j’ignorais dans quel quartier elle habitait depuis 1968. Alors, ayant su son adresse par une voisine, je suis allé lui rendre visite hier, la veille de son anniversaire. Je voulais savoir, dans son cas, quels sont les ingrédients qui rendent possible une très longue vie dans de bonnes conditions d’autonomie.

 

Née à Loiron, commune limitrophe de Saint-Berthevin, au centre-ouest de la Mayenne, aînée d’une famille de trois enfants, dont le père meurt en 1918, elle va s’occuper des cinq enfants d’une autre famille, alors qu’elle a à peine 12 ans.

 

Jeune fille douée pour le travail, dotée d’un caractère solide et positif, elle a choisi d’aller à Paris, à 20 ans, pour y travailler. Elle a fait carrière au Prisunic (fonction de direction en fin de carrière) de la sous-préfecture de La Seine-Saint-Denis, Le Raincy, avant de rejoindre Laval et son Prisunic en 1968 jusqu’à la retraite à 65 ans.

 

Elle avait environ 40 ans quand elle s’est mariée avec André, qui était d’origine lyonnaise. Le couple, qui n’a pas eu d’enfants, s’est installé à Saint-Berthevin en 1968, parce qu’il y avait des parcelles disponibles dans les premiers lotissements du quartier « La Forêt ». André est décédé dix ans plus tard. Cela fait plus de trente ans que Marie vit seule dans son pavillon.

 

Le secret de la longévité ? Marie n’en a pas. C’est une femme robuste qui n’est jamais malade, dispose d’une très bonne mémoire. Sa vie professionnelle lui a apporté un véritable épanouissement personnel. Elle se nourrit bien, ne boit que de l’eau du robinet (sur le conseil de son médecin quand elle était à Le Raincy). Elle a une vie très régulière et autonome, même si elle bénéficie de l’aide précieuse de sa voisine, qui lui fait les courses.

 

C’est une personne qui est accueillante. Elle aime recevoir mais elle dit être trop timide pour aller vers les autres. Elle préfère rester chez elle, où elle se sent bien, en étant active. Elle n’explique pas pourquoi elle est encore en bonne forme à 105 ans. Je risque une explication : c’est quelqu’un qui a un état d’esprit positif et une vie sobre et régulière. Elle s’est épanouie dans ses activités au contact des autres, que ce soit dans sa jeunesse, au travail dans l’entreprise ou durant sa longue retraite.

 

Marie a vu Saint-Berthevin évoluer favorablement en population et en équipements collectifs depuis 1968. Elle ne s’est jamais intéressée à la politique, mais elle suit les informations et est à l’écoute de ce qui se passe autour d’elle et par la télévision.

 

C’est à sa grande surprise qu’elle a reçu la visite d’un journaliste de Ouest-France il y a une semaine. Elle ne souhaite pas être prise en photo et paraître dans la presse. Selon sa voisine, elle n’était pas contente de n’avoir pas été prévenue. Mais, maintenant, elle n’est pas mécontente de l’article. Elle a reçu une lettre émouvante de Bretagne pour la féliciter.    

  

Marie-Ranc-105-ans-StB-90112-002-T.jpgLa personne qui a écrit à Ouest-France est Jean-Pierre Simon, domicilié dans la Nièvre avec son épouse. Il a connu Marie il y a très longtemps quand il habitait Villemomble, ville voisine de Le Raincy.

 

Je bénéficie de la présence de ce couple, arrivé juste au moment où j’allais prendre congé. Marie accepte quand même la photo, non sans réticence, mais elle est avec ses amis, qui sont ravis.

 

Evidemment, cet article de presse a perturbé sa tranquillité habituelle, mais elle prend cela avec philosophie, sachant que ces perturbations ne dureront pas…

 

Cet article est le 17ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 23:45

Justice sociale, éducation, progrès de la conscience humaine

 

Le 31 juillet 1914, la vie s’arrêtait pour cet homme qui avait tant marqué politiquement son temps.

Jean Jaurès est à la base du rassemblement des socialistes, mais il est beaucoup plus que cela.

Rappel de la Biographie Jean Jaurès

L’Assassinat de Jean Jaurès a précédé la déclaration de la Première Guerre mondiale.

Voir aussi Le 31 juillet 1914, Jean-Jaurès était assassiné

 

Rappel : Université d'été MRC à Toulouse : Jaurès, Cohen, même combat ! - 9 septembre 2009

 

(…) Dans un numéro spécial du magazine d’informations de la ville qui nous a été remis, Pierre Cohen souligne que « Toulouse entretient une histoire particulière avec Jean Jaurès. C’est ici qu’il s’est confronté au réel, en participant à la gestion de la ville en tant que maire-adjoint à l’instruction publique, contribuant notamment à la construction de l’université, au développement des moyens de l’éducation publique, de la diffusion culturelle. A Toulouse, Jean Jaurès a forgé sa philosophie, où dominent les idées de justice sociale, d’éducation et de progrès de la conscience humaine ».

 

La pensée de Jaurès, sa philosophie politique, socialiste et humaniste, 150 ans après sa naissance, devrait amener les socialistes, les communistes, les radicaux et les républicains de gauche, à se rassembler pour construire l’alternative progressiste dont la France a besoin.

 

Voir aussi Jean Bouveri, mineur, syndicaliste, socialiste SFIO, ami de Jean Jaurès - 31 juillet 2011

 

Cet article est le 16ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

 

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 18:56

Premier maire issu d’une liste socialiste en France

 

Je ne connaissais pas cette figure historique du socialisme, proche de Jean Jaurès, qu’est Jean Bouveri, ancien maire de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), mineur, l’un des premiers syndicalistes, le premier maire issu d'une liste socialiste en France, longtemps député, puis sénateur.

C’est son arrière-petite-fille, Valérie Bouveri, très fière de son aïeul, qui m’a incité à partir à la découverte de ce personnage historique, particulièrement sympathique.

Merci à Valérie - d’origine charentaise et provençale, polyglotte (italien, espagnol, anglais), professeur dans un lycée public d'enseignement professionnel après avoir travaillé dans le commerce international, secrétaire du syndicat SNUEP (FSU) pour l'Académie de Versailles - d’avoir accepté mon amitié.

 

Chronologie Montceau-les-Mines

 

1899 : Grève pour la reconnaissance du syndicat. Création du syndicat des mineurs.

1900 : Election du premier conseil municipal socialiste, Jean Bouveri est élu maire.

1901 : Grève de 108 jours. 28 799 habitants.

 

Anciens sénateurs IIIème République : BOUVERI Jean

 

BOUVERI (JEAN), né le 18 juillet 1865 à Charolles (Saône-et-Loire), mort le 3 juillet 1927 à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire). Député de Saône-et-Loire de 1901 à 1919. Sénateur de Saône-et-Loire de 1920 à 1924. Député de Saône-et-Loire de 1924 à 1927.

Fils de mineur, longtemps mineur lui-même à Blanzy et à Montceau-les-Mines, Jean Bouveri, militant socialiste de la première heure, fut un des fondateurs du syndicat des mineurs avant le vote de la loi de 1884. Secrétaire de son propre syndicat, il participa à toutes les luttes du début du siècle pour la conquête et l'extension des droits syndicaux. Il fut appelé ainsi à contrôler de près et dans le détail de son fonctionnement, la législation du travail des mineurs qui servit longtemps de modèle et d'exemple à l'ensemble des travailleurs français.

La popularité et le renom qu'il s'était acquis au sein des classes laborieuses, lui valut d'être élu conseiller municipal puis maire de Montceau-les-Mines en 1900, pour être toujours réélu depuis. Il veilla notamment à l'application des lois d'assistance, fit construire de nouvelles écoles, etc.

Il se présenta à une élection législative partielle, le 4 août 1901, dans la 1re circonscription de Chalon-sur-Saône, en remplacement de M. Boysset décédé le 22 mai. Il emporta le siège au deuxième tour de scrutin, par 11.818 voix contre 9.192 à M. Pinetti.

Inscrit au groupe socialiste, il fit preuve dès son entrée à la Chambre d'une grande activité, principalement orientée vers les conquêtes sociales. C'est ainsi que pendant cette législature qui devait se terminer l'année suivante, il eut l'occasion de se faire entendre sur : le salaire minimum des ouvriers et employés mineurs (1901), la limitation à huit heures de la journée de travail dans les mines (1902), l'amnistie (1902), l'ouverture d'un crédit en faveur des ouvriers victimes du chômage (1902).

Il fut aisément réélu aux élections générales du 27 avril 1902, au premier tour de scrutin, par 13.904 voix contre 4.286 à M. Cioucard dit Choucary. Il entra à la Commission d'enquête sur les mines et à la Commission du travail. Il participa à de nombreuses discussions sur : les grèves (1902) ; l'octroi de la , Médaille du travail, les garde-pêche, les éclusiers, la suppression des périodes d'exercices militaires des 28 et 13 jours, la suppression des frais de cultes aux obsèques des militaires, les bouilleurs de cru, les retraites des ouvriers mineurs, l'envoi de troupes sur les lieux de grèves (1902) ; les appels de l'armée territoriale en 1903, la redevance des mines, la laïcisation des écoles préparatoires militaires (1903) ; le recrutement de l'armée (1904); les retraites des anciens ouvriers mineurs, le tarif des transports des houilles, les fraudes sur le vin, la journée de travail dans les mines, la séparation des Eglises et de l'Etat (1905) ; l'admission des indigents aux stations d'eaux thermales, les préposés forestiers, l'insaisissabilité des pensions de retraites ouvrières, les caisses de retraites des mineurs, le secret et la liberté du vote, la catastrophe des mines de Courrières (1906).

Réélu aux élections générales du 6 mai 1906, au premier tour de scrutin, par 11.839 voix contre 6.407 à M. Ninot, il resta membre de la Commission des mines et prit part aux débats sur : la grève des mineurs du Pas-de-Calais, les budgets des P.T.T., de la guerre, des travaux publics et la loi de finances de l'exercice 1907 (1906) ; le mouillage des vins et l'abus du sucrage, les budgets de l'instruction publique, de l'agriculture, des travaux publics, de la guerre, et la loi de finances de l'exercice 1908 (1907) ; les budgets de la justice, de l'agriculture, de la guerre, des travaux publics de l'exercice 1909, l'impôt sur le revenu (1909) ; les budgets de l'intérieur, de l'agriculture, de la justice de l'exercice 1910 (1909).

Ses électeurs lui restèrent fidèles aux élections générales du 24 avril 1910, au premier tour de scrutin, par 13.921 voix contre 6.061 à M. Bauzou. Il retrouva son siège à la Commission des mines et se fit entendre sur : la violation du droit de grève, les budgets des travaux publics, de l'agriculture, de l'intérieur, du travail, de l'instruction publique, de la guerre et la loi de finances de l'exercice 1911, les budgets des travaux publics, du commerce et de l'industrie, de l'instruction publique, de l'agriculture, de la guerre, de l'intérieur, et la loi de finances de l'exercice 1912 (1911) ; la durée du travail dans les mines, les budgets de la justice, de la guerre, du travail, du commerce et de l'industrie, de l'agriculture et la loi de finances de l'exercice 1913, les retraites des ouvriers mineurs (1912) ; la fréquentation scolaire et la défense de l'école laïque, l'amnistie, la durée du service militaire, la taxe sur les mines de houille, la durée du travail dans les mines, la responsabilité des communes (1913) ; le budget du travail et la loi de finances de l'exercice 1914, l'enseignement professionnel agricole, les femmes en couches, les besoins de la défense nationale (1914). Il retrouva son siège aux élections générales du 26 avril 1914, au premier tour de scrutin, par 12.280 voix contre 4.364 à M. Lagaudre. Il entra à la Commission des comptes définitifs et des économies et devint vice-président de la Commission des mines. Il siégea en outre au comité consultatif des mines. On l'entendit sur : le budget de la guerre et la loi de finances de l'exercice 1914 (1914) ; l'ouverture de nouveaux débits de boissons, le recensement de la classe 1917, la saisie-arrêt sur les salaires et les petits traitements (1915) ; la vente et la taxation des charbons, les baux et les loyers pendant la guerre, la réquisition des vins (1916) ; la visite des exemptés et des réformés, les productions de guerre, le ravitaillement, le droit à pension d'infirmité (1917) ; les permissions sur les fronts français et d'Orient, le monopole de l'alcool, le relèvement temporaire des tarifs de transports, l'appel de la classe 1920, le taux des allocations, la libération des vieilles classes, la durée des concessions sur les mines, l'appel de la classe 1919 (1918) ; les dommages de guerre, l'indemnité de démobilisation, la journée de huit heures, la durée du travail dans les mines, le conflit minier, les pensions militaires, les retraites des ouvriers des établissements industriels de l'Etat, les chambres d'agriculture, les petits commerçants, industriels et artisans démobilisés (1919). Aux élections générales du 16 novembre 1919, il prit la tête de la liste socialiste qui fut battue par celle de concentration républicaine. Il n'obtint personnellement que 38.307 voix sur 118.603 suffrages exprimés.

Mais il fut élu sénateur quelques semaines plus tard au renouvellement du 11 janvier 1920, au deuxième tour de scrutin, par 664 voix sur 1.238 votants. Siégeant sur les bancs socialistes, il participa à de nombreuses discussions sur : la réquisition provisoire des transports par voie navigable, les retraites des ouvriers mineurs, les habitations à bon marché, la propagande bolcheviste, les mutilés du travail, les nouvelles ressources fiscales, la préparation militaire obligatoire, les accidents du travail, l'amnistie, la propriété commerciale, les locataires de bonne foi (1920), la Croix de guerre, les pupilles de la nation, le nouveau régime des chemins de fer, les allocations temporaires, le sursis à l'expulsion des locataires (1921) ; le régime des loyers, les emplois réservés, les fusillés de Vingré, la taxe sur le chiffre d'affaires, la fréquentation scolaire (1922) ; le recrutement de l'armée, les familles nombreuses, le fonds de chômage, la hausse illicite des loyers, le régime des pensions (1923) ; les ressources fiscales, les baux commerciaux ou industriels (1924).

Aux élections générales législatives du 11 mai 1924, il prit la tête de la liste socialiste. Réélu député avec trois de ses colistiers, par 69.524 voix sur 132.530 votants, il se démit de son mandat de sénateur le 30 juillet suivant.

Il retrouva son ancien siège à la Commission des mines et intervint au cours de plusieurs débats notamment sur : les loyers, l'amnistie, les budgets de l'agriculture, de la guerre, du travail, de l'instruction publique et la loi de finances de l'exercice 1925 (1924) ; la politique du blé, les pensions des retraites de l'Etat, les budgets des pensions, de la guerre, et du travail de l'exercice 1926 (1925) ; les loyers d'habitation, les nouvelles ressources fiscales (1926).

La mort vint mettre fin brutalement à cette prodigieuse activité, le 3 juillet 1927, à Montceau-les-Mines, sa ville. Le Président Fernand Bouisson en fit part à la Chambre à la séance du 5 juillet. Prononçant son éloge funèbre, il retraça la longue et fructueuse carrière du disparu : « Une autorité naturelle, se dégageait de sa personne et de sa parole, qu'on n'eut pas songé à contester... son activité fut inlassable et incessante, orientée vers la défense de ses camarades de la mine. »

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Jean Jolly (1960/1977)

 

[PDF] t' i t - La Mère En Gueule

 

La Gazette du Centenaire 1899-1901a présenté une biographie de Jean Bouveri (journal de l’association La Mère en Gueule septembre 1997 n°2). Eric Commeau, qui était vice-président de l’association et adjoint au maire de Montceau-les-Mines, a écrit cet édito (extraits) :

 

La Mère en Gueule, ce personnage du fonds du puits, terreur des enfants du Bassin Minier, retrouve aujourd’hui une nouvelle jeunesse. Et ses lettres de noblesse ! (…)

Montceau-les-Mines est née du charbon et du travail des hommes : un travail dur qui a forgé les caractères, les relations sociales et créé un état d’esprit particulier en même temps qu’il modelait les paysages et l’organisation spatiale de nos communes (…).

Le pari de La Mère en Gueule, c’est de faire resurgir cette mémoire des oubliettes (…). Résolument tournée vers l’avenir, La Mère en Gueule est en voie de réussir la première mission qu’elle s’était fixée : rassembler sur le Bassin Minier toutes les énergies associatives, les volontés individuelles et obtenir le soutien des collectivités locales (…).

 

Biographie de Jean Bouveri par Roger Marchandeau, juin 1997 (extraits)

 

« Secrétaire adjoint du syndicat, Jean Bouveri est très actif dans la grève victorieuse de 1899. Il noue ainsi des liens étroits avec les chefs socialistes, Jaurès, Chauvière et Vaillant, et se trouve poussé devant la scène politique. En septembre 1899, ses pairs l’envoient siéger au congrès national des mineurs de France à Denain. L’année suivante, c’est lui qui accueille à Montceau-les-Mines les délégués des mineurs.

Le 1er mai 1900, aux élections municipales, Jean Bouveri conduit à une victoire totale la liste des 27 candidats socialistes. Les hommes de la Compagnie abandonnent l’hôtel de ville. Elu maire le 20 mai, il le restera jusqu’à sa mort. Populaire, intelligent, rusé, « Not’Jean », le « Vercingétorix bourguignon » est devenu la figure de proue du mouvement ouvrier montcellien. Attachant, habile, il sait plaire. « De taille moyenne, à peine voûté, la longue moustache blonde tombant de chaque côté de la bouche, l’œil voilé par un ptôsis de la paupière », il séduit les montcelliens qui aiment son langage rapide, aisé, abondant, qu’il trouve « dans son bon sens st son bon cœur » (…).

 

Dès son arrivée à la mairie, il a fait porter ses efforts sur la construction d’écoles et l’ouverture de nouvelles classes. Neuf groupes scolaires ont été mis en chantier. Pendant toute sa vie, il défendra passionnément l’école laïque qui « m’a donné, dit-il, le peu de connaissances que j’ai ». Il s’attache encore aux réalisations post-scolaires, assurant fournitures gratuites et cantines. Jean Bouveri ne négligera jamais les œuvres d’assistance, il crée un bureau de placement et un bureau de renseignement. Il se flatte d’accueillir à la maison commune tous les Montcelliens : « Riches et pauvres, réactionnaires et socialistes, tous sont reçus avec affabilité. On ne mêle pas l’administration à la politique : notre seul souci est d’administrer honnêtement et impartialement pour tous dans l’intérêt général » (…).

 

Cet article est le 15ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 21:41

L’argent et le pouvoir ne permettent pas tout dans la vie  

L’actualité DSK s’est déportée de New York vers Paris, la jonction étant désormais faite entre les deux enquêtes - voir Le procureur de New York devrait convoquer Banon (Le Monde, 20 juillet). Selon "Le Figaro", Cyrus Vance va convoquer Tristane Banon pour témoigner dans la procédure ouverte aux Etats-Unis contre DSK.  

L'affaire DSK met en exergue l'homme de pouvoir imposant sa force dans les rapports humains. Je le combattais politiquement depuis la sortie de son livre "La flamme et la cendre" avant les élections de 2002 (mépris vis-à-vis des classes populaires) - voir Présidentielle : la gauche va dans le mur sans les classes populaires - 17 mai 2011 - et je le détestais depuis son débat télévisé avec Chevènement après 2002 (arrogance, volonté d’humilier). 

 

Il est salutaire que ses comportements à l’égard des femmes soient sanctionnés, ce qui le ramènera sur terre. Voir Affaire DSK : un choc d'une extrême violence ressenti par les Français - 20 mai 2011.  

Il est bon qu’il comprenne que le fric et le pouvoir politique ne permettent pas tout dans la vie. Peut-être a-t-il besoin de soins, tout simplement, comme le commun des mortels. Il aurait pu s’en rendre compte lui-même, mais il semble bien que le goût du pouvoir ait amoindri sa lucidité.

 

Anne Mansouret, mère de Tristane Banon, a témoigné. Elle décrit DSK comme un prédateur qui cherche non pas à plaire mais à prendre, se comportant avec « l’obscénité d’un soudard ». D’après elle, le besoin sexuel déclenche un processus de domination.

Voir l’article paru dans L’Express le 18 juillet  Affaire Banon-DSK: les secrets d'Anne Mansouret

 

Comment un directeur général du Fonds Monétaire International (FMI) pouvait-il aussi mal se comporter dans les avions à l’égard des hôtesses ? Voir DSK giflé par une hôtesse de l'air (Extraits de l'émission Carrément Brunet sur RMC en date du 16 mai 2011).

 

Cet article est le 14ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 23:51

Violence des images, effondrement d’un homme de pouvoir

 

Ce pourrait être le scénario d’un film. Ce le sera peut-être, mais la réalité dépasse la fiction. Toute la France est sous le choc des images montrant le directeur du Fonds Monétaire International (FMI), les mains menottées dans le dos, encadré par des policiers dans une mise en scène réservée aux « personnes très importantes », les « stars » qui, aux yeux du système répressif en vigueur aux USA, ont commis une faute grave.

C’est à New-York. Pas de présomption d’innocence en attente du jugement. Dans un premier temps, tout est fait pour protéger la victime et accabler l’auteur présumé de l’acte criminel, en l’occurrence une agression sexuelle sur une femme de ménage dont on ne sait rien. On sait tout, par contre, sur les faits dénoncés par la victime, lors de la plainte qu’elle a déposée en accord avec son employeur, l’hôtel qui a appelé la police.

 

Les Français sont sidérés, accablés, par ce spectacle dégradant pour la personnalité qui, quelques heures auparavant, occupait le sommet de la hiérarchie sociale mondiale. Majoritairement, ils imaginent un complot, visant à faire tomber un futur candidat à la présidence de la République française, favori des sondages. Ils ne veulent pas y croire, se méfiant de ce qui vient des USA. Comment traiter ainsi en Amérique un homme si bien traité en France par les médias, la droite et la gauche réunies ?

Voir Beau système en vérité ! (Jean-Pierre Chevènement, 16 mai)

Je connais Dominique Strauss-Kahn depuis trente ans. Sur beaucoup de sujets, je n'ai pas été et je ne suis toujours pas d'accord avec lui. Mais le coeur ne peut que se serrer devant ces images humiliantes et poignantes qu'on donne de lui. Un effroyable lynchage planétaire ! Et si c'était une monstrueuse injustice ?
Un homme politique est toujours exposé à la provocation. C'est la première réflexion qui m'est venue à l'esprit : Dominique Strauss-Kahn est inculpé sur le témoignage d'une femme de chambre, un unique témoignage forcément fragile. Et, dans le système accusatoire américain, il doit faire la preuve de son innocence ! Beau système en vérité, que le président de la République, en voulant supprimer il y a deux ans, le juge d'instruction, rêvait sans doute d'importer en France. Certains avocats assurément y auraient trouvé leur compte ! Mais la présomption d'innocence là-dedans ?

Le 19 mai, le même Jean-Pierre Chevènement sur le plateau de « Parlons-en » sur LCP : Affaire DSK: "Je n'exclus aucune hypothèse. Mais dans le moment présent, il faut avoir un principe clair, celui de la présomption d'innocence"

 

Sur ce point, je comprends le point de vue de l’homme d’Etat, celui qui fut dans les gouvernements avec Dominique Strauss-Kahn et qui exprime sa méfiance vis-à-vis de la violence du système répressif américain.

Mais je voudrais exprimer la sensibilité de l’homme que je suis dans cette affaire, car je suis un homme avant toute autre considération, un homme qui perçoit la sensibilité des femmes dans une situation comme celle-là. Ce qui caractérise le mieux une société, c’est la qualité et l’égalité des rapports entre les hommes et les femmes.

Cette femme de ménage de l’hôtel Sofitel de New-York compte autant que l’homme de pouvoir du FMI. Si elle a porté plainte pour tentative de viol et si la direction de l’hôtel a appelé la police, je n’ai pas de raison de ne pas la croire. Je la crois d’autant plus que l’homme de pouvoir mis en cause traîne une réputation sulfureuse. Je renvoie à Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles (UE) : Les médias français et le tabou de la "vie privée" des politiques (Jean Quatremer, 20 mai).

D’autre part, je dispose de témoignages, dont celui-ci. Voir Exclusif : « Je regrette d'avoir dissuadé ma fille de porter plainte ».

 

Il est temps que cessent des pratiques d’un autre âge. Cet évènement malheureux doit conduire à une prise de conscience des hommes, mais aussi des femmes pour qu’elles ne craignent pas de réagir quand l’occasion se présente, en portant plainte s’il le faut. 

 

C’est une leçon aussi pour les communicants. Voir L’inquiétant pouvoir des communicants (Le Monde, tribune de Nicolas Beau, 20 mai). A force de fermer les yeux, "la presse française aura joué un très mauvais tour à DSK", écrit le journaliste Nicolas Beau dans un point de vue au "Monde".

 

Voir aussi les enseignements que le PS aurait le plus grand intérêt à tirer : "Le PS peut enfin tourner la page Strauss-Kahn" (Le Monde, tribune de Philippe Marlière, 19 mai).

 

Cet article est le 13ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

 

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 22:39

Ne pas jouer le droit individuel contre le droit collectif

 

Comme l’an passé, j’ai reçu les vœux de mon ami Jean Rivon, accompagnés d’un texte de réflexion sur nos relations avec la société. Ces pensées pour 2011 sont, comme en 2010, « un encouragement au réalisme et au dynamisme » qui caractérise ce blog, selon Jean qui le lit attentivement, notamment les questions liées à l’agriculture et l’environnement.

Il faut dire que nous nous connaissons depuis notre entrée à l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Rennes, en 1967 (aujourd’hui AGROCAMPUS OUEST). Nous étions quelques-uns (Jean, Madeleine, François et moi) qui, pendant les évènements de mai et juin 1968, voulaient que cela change concrètement l’enseignement magistral qui nous était dispensé.

 

Spécialiste du droit et des comptes dans sa carrière professionnelle (auprès des coopératives agricoles), il constate que la place croissante de l’individu dans notre société se fait au détriment de l’organisation collective, alors que les deux doivent aller de pair. Voici son texte.

 

Vœux 2011

 

Dans mes voeux pour 2010 (voir Jean Rivon a écrit pour 2010 des voeux originaux qui méritent réflexion - 24 janvier 2010), j’évoquais le début de réalisation d’une utopie que beaucoup ne voient pas encore, affolés par les bouleversements économiques actuels de nos sociétés. Qu’en est-il début 2011 ? Cette réalisation me semble aller bon train malgré le matraquage de nos marchands d’émotions qui nous bombardent de titres effrayants. Pour 1,5 € je reçois de mon quotidien préféré ma ration d’« alertes à Malibu » qui devraient me faire me précipiter toutes affaires cessantes avec ma petite bouée vers les drames qui se nouent.

 

Dernier en date : les français sont le peuple le plus pessimiste de la Terre ! Vite ! Que puis-je faire pour mon peuple ? Derrière le titre-sirène, l’article : une enquête mondiale révèle que 70% des français sont inquiets pour leur emploi alors que 20% seulement des vietnamiens le sont.

Catastrophe ? Voyons un peu !

- chaque matin 70% des français vont au travail en se disant qu’il faut se démener pour être plus efficaces et sauver leur emploi alors que 80% des vietnamiens se mettent au boulot en sifflotant naïvement, est-ce une si mauvaise nouvelle ?

- si nous sommes si nombreux à être conscients qu’il faut se bouger pour préparer l’avenir alors que nos concurrents pensent que tout va bien, nous devrions bien vite être capables de réduire l’écart de nos coûts, pour peu que nos managers nous montrent la voie et nous donnent les moyens, en veillant à préserver notre équilibre mental que les marchands d’émotions ont bousculé.

 

Suis-je trop optimiste en réagissant ainsi ? L’optimisme et le pessimisme n’ont plus rien à faire dans nos comportements. Nous savons qu’ils ne sont que des leurres que nous fabriquons pour échapper à l’effort de compréhension de notre monde ; c’est le contraire de la contemplation. Les spéculateurs nous ont beaucoup amusés, puis gravement abusés, encore récemment en maniant ces leurres maquillés de scientisme, de même que le faisaient les charlatans d’autrefois avec des moyens plus rudimentaires. Ils savent bien que leurs prédictions seront vérifiées un jour ou l’autre, il suffit d’attendre que le balancier des équilibres naturels revienne dans leur sens, peu importe quand.

 

Les véritables investisseurs au contraire ne font pas de prédictions ; ils travaillent constamment pour réduire les risques de notre existence : catastrophes naturelles, crises économiques, faillites d’entreprises, maladies et handicaps…

Ils élaborent patiemment les précautions qui éviteront :

- de nous trouver sans préparation face aux intempéries,

- de laisser la panique s’emparer des acteurs économiques,

- de produire des biens dont les consommateurs ne veulent plus,

- de rester démunis face aux déséquilibres de notre organisme…

 

L’incertitude, les risques, la volatilité, qui nous font si peur, ont toujours existé mais nous avions essayé de les ignorer, les cacher, les masquer derrière des croyances, des dieux, la Nature, le pur libéralisme, qui ne nous aidaient en rien à les réduire.

Nous pouvons nous réjouir de ce que nous, et nos responsables, les voyons de plus en plus en face tels qu’ils sont, que nous allons donc nous y attaquer de plus en plus efficacement et donc bénéficier de conditions de vie moins risquées, moins aléatoires et moins volatiles. Bien sûr tout ne va pas aussi vite que certains le voudraient… sans faire grand chose pour que cela avance.

 

Cessons de faire comme si nos sociétés devenues si compliquées et d’une complexité démultipliée par la mondialisation, il n’y avait plus rien à y comprendre et que chacun n’avait qu’à se débrouiller pour survivre, s’enrichir et s’éclater sans vergogne, sans s’embarrasser de considérations de justice sociale, de redistributions qui ne feraient qu’embrouiller l’évolution inéluctable du monde.

 

En fait de très nombreux auteurs, de plus en plus facilement accessibles (Internet), ont, sur tous ces sujets, dégagé des notions claires, peu contestables même si elles sont perfectibles. Il est vrai que ces notions sont spécialisées sur une petite parcelle de notre univers du fait du travail approfondi qu’elles exigent pour être fiables. Mais il existe aussi des auteurs qui rassemblent ces notions et avec la même rigueur les articulent entre elles pour faire un état des lieux assez clair pour que chacun puisse trier entre ce qui est suffisamment abouti pour agir et ce qui doit être laissé pour l’instant à l’approfondissement des experts.

 

Sur ces bases solides, chacun peut se donner une ligne de conduite de ses pratiques personnelles permettant à notre société et aux autres sociétés, toutes liées maintenant, d’exprimer leurs potentialités et d’améliorer les conditions d’existence de tous.

Le fil conducteur est d’agir en ayant conscience que nos besoins individuels ne peuvent être satisfaits que dans une organisation collective ; trop nombreux sont ceux qui, bénéficiant indirectement des structures collectives patiemment accumulées par nos états-nations, ont le sentiment qu’ils n’ont pas besoin de ces structures et que leur financement est trop lourd (pour exemple la tentation du déni qui fait rage actuellement chez les conservateurs américains).

Le moins de pouvoir social possible pour le plus de liberté personnelle possible est une illusion qui conduit à plus de pouvoir pour chacun mais, pour finir, à aucun pouvoir de tous.

 

Sachant que nous portons tous des lunettes subjectives, nous pouvons ajuster notre regard en prenant en compte nos tendances et tentations. Cet effort d’élucidation n’a rien de désagréable car il nous allège et fait tomber des monceaux de fureurs, d’indignations et d’incompréhensions bien inutiles et bien fatigantes. Depuis que les droits de l’homme sont devenus les fondements incontournables de la plupart des sociétés, cet effort d’élucidation n’a plus grand-chose d’héroïque et ne nous expose plus au rejet de notre famille, de nos amis ou collègues.

 

Nous pouvons donc contribuer à rendre cette élucidation plus complète, plus claire et aider à concrétiser les structures qui en résultent. Et si le champ à labourer est infini, cela ne justifie pas de ne pas y travailler ; parmi les urgences, repérer et dénoncer les extorsions économiques qui se pratiquent au nom du droit, de la procédure ou de la norme (voir les détournements des petits dictateurs de la planète ou les accaparements de grands banquiers).

 

Jouer le droit de l’individu contre le droit du collectif ne peut conduire qu’à la destruction du droit qui n’aurait alors plus aucun fondement. Cette tentation a pollué nos lois et un gros travail d’évaluation puis d’épuration nous attend.

Des difficultés, certes, nous attendent et 2010 nous a beaucoup appris. Deux exemples :

·         Aux USA, le verbe d’OBAMA ne s’est pas fait chair dans tous ses propos, et c’est tant mieux car le chiendent du nouveau messie qui rôde dans nos neurones pour nous faire croire qu’un homme providentiel peut tout résoudre sans que nous n’ayons rien à faire, est toujours prêt à repousser. Ce qui aurait relégué dans les oubliettes les efforts patients de ceux qui s’attachent à comprendre et à résoudre les monstrueux déséquilibres de ce grand pays.

·         En Europe, nous avons déjà réussi une coexistence pacifique après s’être tant fait la guerre, grâce à la reconnaissance de nos similitudes et de notre communauté d’idéaux. Inutile donc de chercher dans nos différences historiques ce qui s’opposerait à une vie commune future. Nous cherchons la même chose par des moyens historiquement différents, donc nous pouvons harmoniser nos efforts vers l’atteinte des mêmes buts. Les hésitations actuelles, parfois bien longues, de nos responsables européens ne sont que le temps nécessaire à cette harmonisation et brûler les étapes ne nous rapprocherait pas du but. Reconnaissons que l’Europe essaie pour la première fois dans l’histoire de répondre à la question : « Comment des communautés qui se gouvernent elles-mêmes se gouvernent-elles ensemble ?».Ce que le reste du Monde observe avec grand intérêt.

 

En espérant avoir contribué à conforter votre réalisme et votre dynamisme habituels pour faire de 2011 une bonne année.

 

Cet article est le 12ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 23:54

Robert Goualard, exécuté comme otage le 21 février 1942

 

Rolande Goualard, âgée de 90 ans, est décédée à Chaumont (Haute Marne) où elle vivait auprès de sa fille Paule. Ses cendres ont été déposées mardi dans le caveau familial au cimetière de Saint-Berthevin, où repose son mari Robert. Un hommage a été rendu par le PCF et la CGT.

Dans son édition des 30 et 31 octobre, Ouest-France (page Laval) rappelle ce que fut la vie de Rolande, « une femme fidèle à la mémoire de son époux, fidèle à ses idéaux », comme le dit Guy Morin.

 

Goualard-005-T.jpgEn novembre 1941, elle fut arrêtée par les Allemands en même temps que son mari, Paulo. Tous deux distribuaient des tracts. Rolande fut relâchée car elle était enceinte de trois mois. La veille de son exécution, son époux lui avait écrit une lettre bouleversante (voir plus loin).

Employée aux PTT, syndicaliste, communiste, Rolande Goualard a témoigné très tôt de sa vie et de celle de son époux. Elle organisa des expositions sur la déportation à Craon, Renazé, Château-Gontier, participa aux cérémonies de Châteaubriant en commémoration du massacre des 27 otages de 1941, aux cérémonies du 8 mai à Laval.

 

Photo Alain Viot : Rolande Goualard assiste en avril 2004 à la soirée où Jean Chauvin (à sa gauche) présente le n° 58 de L'Oribus intitulé "Lettres d'un héros ordinaire" rédigées par son père, Auguste Chauvin, résistant nantais.

 

 

A la retraite, elle est élue conseillère municipale* à Saint-Berthevin, sur une liste d’union de la gauche, de 1983 à 1989. 

Dans l’Oribus n° 62 (voir L'Oribus - La Mayenne, histoire et société), qui lui consacrait un dossier réalisé par Alain Viot en mars 2005, elle confiait « Il faut rester vigilant ; ce qui s’est passé peut se reproduire. Il ne faut pas hésiter à dire ce qu’on pense, à prendre position ».

 

Dernière lettre de Robert Goualard à sa femme, le 21 février 1942, le jour de son exécution, à Fontevrault (L’Oribus 62, Alain Viot) :

 

Ma chère petite Rolande,

Quand tu vas recevoir cette lettre, je ne serai plus du nombre des vivants, mais il faut ma chère petite Rolande que tu saches que je meurs avec calme et regarde ceux qui me suppriment en face. Je suis, vois-tu, pris comme otage. Eh bien, je veux faire voir qu’un communiste Français dans la lutte comme dans la préparation à la mort, il sait qu’il doit être digne du grand parti et de la grande Nation qui a formé tant de héros à l’Histoire. Que cette lettre, qui sera la dernière que tu liras de moi, te soit un symbole pour les jours qui vont venir.

Je sais bien ma Rolande que j’aime jusqu’à la dernière minute de toutes mes forces que dans la position où tu te trouves cela peut te faire bien du mal, écoute-moi une dernière fois, sois forte pour que notre enfant « qui ne connaîtra pas son père » vienne normalement et sans tare.

Je te disais qu’il fallait avoir confiance dans le parti de l’avenir. Lorsque les réformes seront faites, tu verras que les hommes n’iront pas se tuer tels des fauves déchaînés. Je n’ai pas la joie de voir ce grand jour et je ne l’aurai hélas ! pas mais il faut que tu saches que ce monde pour lequel j’avais travaillé avec tout mon cœur sera j’en suis sûr celui qui habitera notre terre. Plus de guerre, plus de guerre tous les hommes travaillant dans la paix pour la condition matérielle de tous.

Ne pleure pas, ne pleure pas. Le coup est brutal et irrémédiable, mais on ne tuera pas toujours impunément. Gare aux responsables, qu’ils tremblent je t’assure car si je ne peux continuer le grand combat de libération d’autres seront encore là.

Autre chose, ma chère petite Rolande, si tu savais le plaisir que j’ai éprouvé hier de te voir, et maman et ma deuxième maman qui a été si gentille, et mon grand frangin que je n’avais pas revu depuis un an ? Je ne pensais pas vraiment que ce serait la dernière fois.

Que veux-tu, le capital argent supprime l’individu avec une désinvolture sans pareille.

Je pense à maman, la pauvre maman 2 gars en Allemagne et le 3ème supprimé par la fusillade, c’est dur, très dur. Papa, lui, je ne l’ai pas revu…

Maintenant, ma petite Rolande, je te recommande d’élever notre enfant dans le même esprit que moi.

Et les livres tous tu les conserveras pour lui sauf un que tu donneras à Georges, à Kléber et à Bernard. Tu leur diras que c’est le dernier cadeau fait quelques instants avant de tomber pour le bel idéal commun.

Oui, ma Rolande chérie je te prie de tout mon cœur d’être forte. Je sais que les amis ne manqueront pas de te réconforter. A tous sans distinction toute mon amitié fraternelle. Quant à vous papa, je vous dis adieu en vous remerciant d’avoir toujours été bon pour moi, je compte sur vous pour consoler Rolande et maman ainsi que toi mon vieux Robert ! Adieu Robert dis-toi que la mort n’a jamais pu arrêter le progrès. J’ai confiance dans l’avenir que vous vivrez vous les jeunes et surtout n’oubliez jamais que d’autres ont fait le maximum pour que plus jamais cette guerre mot malheureux soit.

Quant à vous chère maman grosse joie hier et aujourd’hui quel deuil dans les familles. Adieu aussi et que tout mon cœur s’épanche vers vous et Rolande pour les soins que vous avez eus pour moi. Je compte sur vous pour que Rolande soit réconfortée et soutenue. Petite Rolande chérie ces lignes sont les dernières, courage pour celui qui portera mon nom le fruit de notre amour réel et que la bestialité vient à tout jamais supprimer. Merci de ta bonté, de la compréhension que tu as eue pour moi. Adieu, adieu, adieu, courage, confiance car je sais que si je ne suis plus, d’autres termineront l’œuvre vous vivrez heureux dans un monde juste et où il n’y aura plus d’égoïsme. Papa, maman, Robert que ces baisers qui seront les derniers vous donnent ainsi qu’à Rolande elle en qui je disais une fois sorti comme l’ère sera heureuse. Au revoir Rolande et de tout mon cœur, reçois la bise la plus forte que tu n’aies jamais eue.

Paulo

 

Le 13 mars 1942, soit trois semaines après l’exécution de Robert, Rolande Goualard reçoit cette dernière lettre écrite le 21 février.  

Le 26 mai 1942, Rolande a donné naissance à une petite fille prénommée Paule, qui ne connaîtra jamais son père ! C’est son grand-père, Edouard Bézier, qui a déclaré le lendemain la naissance de l’enfant à la mairie de Saint-Berthevin.

Après la fin de la guerre, Rolande a fait des démarches pour rapatrier le corps de son mari à Saint-Berthevin. Le 8 octobre 1948, ont lieu les obsèques « du résistant Goualard en présence d’une foule nombreuse » (Ouest-France, 11 octobre 1948).

 

Goualard-StB-T1.jpg« Il y avait énormément de monde au cimetière, témoignage de sa personnalité et de son action », disait Rolande à Alain Viot en 2005 dans sa petite maison (photo), 29 rue de la Résistance à Saint-Berthevin, là où Robert Goualard a été arrêté le 14 novembre 1941.

Elle pensait que Robert avait mené une action formidable. Il voulait dénoncer l’occupation allemande et mettre les Allemands hors de France. Et elle ajoutait « il faut rester vigilant ; ce qui s’est passé peut se reproduire. Il ne faut donc pas hésiter à dire ce qu’on pense à prendre position. C’est ce que les jeunes ne font pas assez ; ils ne sont pas assez engagés alors que des problèmes importants existent, et d’abord celui de trouver du travail. Il faut s’engager pour que les gens aient de meilleures conditions d’existence et soient plus heureux. Et Rolande de conclure : « Robert aurait aujourd’hui le même sentiment »

 

 

* Rolande avait été élue sur la liste que j’avais présentée aux élections municipales de 1983. Nous avions cinq élus de gauche, ce qui était nouveau à Saint-Berthevin, grâce à l’application du mode de scrutin proportionnel (avec prime à la liste arrivée en tête) que nous connaissons aujourd’hui.

 

Cet article est le 11ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

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