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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 22:51

Violence des images, effondrement d’un homme de pouvoir

 

Ce pourrait être le scénario d’un film. Ce le sera peut-être, mais la réalité dépasse la fiction. Toute la France est sous le choc des images montrant le directeur du Fonds Monétaire International (FMI), les mains menottées dans le dos, encadré par des policiers dans une mise en scène réservée aux « personnes très importantes », les « stars » qui, aux yeux du système répressif en vigueur aux USA, ont commis une faute grave.

C’est à New-York. Pas de présomption d’innocence en attente du jugement. Dans un premier temps, tout est fait pour protéger la victime et accabler l’auteur présumé de l’acte criminel, en l’occurrence une agression sexuelle sur une femme de ménage dont on ne sait rien. On sait tout, par contre, sur les faits dénoncés par la victime, lors de la plainte qu’elle a déposée en accord avec son employeur, l’hôtel qui a appelé la police.

 

Les Français sont sidérés, accablés, par ce spectacle dégradant pour la personnalité qui, quelques heures auparavant, occupait le sommet de la hiérarchie sociale mondiale. Majoritairement, ils imaginent un complot, visant à faire tomber un futur candidat à la présidence de la République française, favori des sondages. Ils ne veulent pas y croire, se méfiant de ce qui vient des USA. Comment traiter ainsi en Amérique un homme si bien traité en France par les médias, la droite et la gauche réunies ?

Voir Beau système en vérité ! (Jean-Pierre Chevènement, 16 mai)

Je connais Dominique Strauss-Kahn depuis trente ans. Sur beaucoup de sujets, je n'ai pas été et je ne suis toujours pas d'accord avec lui. Mais le coeur ne peut que se serrer devant ces images humiliantes et poignantes qu'on donne de lui. Un effroyable lynchage planétaire ! Et si c'était une monstrueuse injustice ?
Un homme politique est toujours exposé à la provocation. C'est la première réflexion qui m'est venue à l'esprit : Dominique Strauss-Kahn est inculpé sur le témoignage d'une femme de chambre, un unique témoignage forcément fragile. Et, dans le système accusatoire américain, il doit faire la preuve de son innocence ! Beau système en vérité, que le président de la République, en voulant supprimer il y a deux ans, le juge d'instruction, rêvait sans doute d'importer en France. Certains avocats assurément y auraient trouvé leur compte ! Mais la présomption d'innocence là-dedans ?

Le 19 mai, le même Jean-Pierre Chevènement sur le plateau de « Parlons-en » sur LCP : Affaire DSK: "Je n'exclus aucune hypothèse. Mais dans le moment présent, il faut avoir un principe clair, celui de la présomption d'innocence"

 

Sur ce point, je comprends le point de vue de l’homme d’Etat, celui qui fut dans les gouvernements avec Dominique Strauss-Kahn et qui exprime sa méfiance vis-à-vis de la violence du système répressif américain.

Mais je voudrais exprimer la sensibilité de l’homme que je suis dans cette affaire, car je suis un homme avant toute autre considération, un homme qui perçoit la sensibilité des femmes dans une situation comme celle-là. Ce qui caractérise le mieux une société, c’est la qualité et l’égalité des rapports entre les hommes et les femmes.

Cette femme de ménage de l’hôtel Sofitel de New-York compte autant que l’homme de pouvoir du FMI. Si elle a porté plainte pour tentative de viol et si la direction de l’hôtel a appelé la police, je n’ai pas de raison de ne pas la croire. Je la crois d’autant plus que l’homme de pouvoir mis en cause traîne une réputation sulfureuse. Je renvoie à Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles (UE) : Les médias français et le tabou de la "vie privée" des politiques (Jean Quatremer, 20 mai).

D’autre part, je dispose de témoignages, dont celui-ci. Voir Exclusif : « Je regrette d'avoir dissuadé ma fille de porter plainte ».

 

Il est temps que cessent des pratiques d’un autre âge. Cet évènement malheureux doit conduire à une prise de conscience des hommes, mais aussi des femmes pour qu’elles ne craignent pas de réagir quand l’occasion se présente, en portant plainte s’il le faut. 

 

C’est une leçon aussi pour les communicants. Voir L’inquiétant pouvoir des communicants (Le Monde, tribune de Nicolas Beau, 20 mai). A force de fermer les yeux, "la presse française aura joué un très mauvais tour à DSK", écrit le journaliste Nicolas Beau dans un point de vue au "Monde".

 

Voir aussi les enseignements que le PS aurait le plus grand intérêt à tirer : "Le PS peut enfin tourner la page Strauss-Kahn" (Le Monde, tribune de Philippe Marlière, 19 mai).

 

Cet article est le 13ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

 

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 22:39

Ne pas jouer le droit individuel contre le droit collectif

 

Comme l’an passé, j’ai reçu les vœux de mon ami Jean Rivon, accompagnés d’un texte de réflexion sur nos relations avec la société. Ces pensées pour 2011 sont, comme en 2010, « un encouragement au réalisme et au dynamisme » qui caractérise ce blog, selon Jean qui le lit attentivement, notamment les questions liées à l’agriculture et l’environnement.

Il faut dire que nous nous connaissons depuis notre entrée à l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Rennes, en 1967 (aujourd’hui AGROCAMPUS OUEST). Nous étions quelques-uns (Jean, Madeleine, François et moi) qui, pendant les évènements de mai et juin 1968, voulaient que cela change concrètement l’enseignement magistral qui nous était dispensé.

 

Spécialiste du droit et des comptes dans sa carrière professionnelle (auprès des coopératives agricoles), il constate que la place croissante de l’individu dans notre société se fait au détriment de l’organisation collective, alors que les deux doivent aller de pair. Voici son texte.

 

Vœux 2011

 

Dans mes voeux pour 2010 (voir Jean Rivon a écrit pour 2010 des voeux originaux qui méritent réflexion - 24 janvier 2010), j’évoquais le début de réalisation d’une utopie que beaucoup ne voient pas encore, affolés par les bouleversements économiques actuels de nos sociétés. Qu’en est-il début 2011 ? Cette réalisation me semble aller bon train malgré le matraquage de nos marchands d’émotions qui nous bombardent de titres effrayants. Pour 1,5 € je reçois de mon quotidien préféré ma ration d’« alertes à Malibu » qui devraient me faire me précipiter toutes affaires cessantes avec ma petite bouée vers les drames qui se nouent.

 

Dernier en date : les français sont le peuple le plus pessimiste de la Terre ! Vite ! Que puis-je faire pour mon peuple ? Derrière le titre-sirène, l’article : une enquête mondiale révèle que 70% des français sont inquiets pour leur emploi alors que 20% seulement des vietnamiens le sont.

Catastrophe ? Voyons un peu !

- chaque matin 70% des français vont au travail en se disant qu’il faut se démener pour être plus efficaces et sauver leur emploi alors que 80% des vietnamiens se mettent au boulot en sifflotant naïvement, est-ce une si mauvaise nouvelle ?

- si nous sommes si nombreux à être conscients qu’il faut se bouger pour préparer l’avenir alors que nos concurrents pensent que tout va bien, nous devrions bien vite être capables de réduire l’écart de nos coûts, pour peu que nos managers nous montrent la voie et nous donnent les moyens, en veillant à préserver notre équilibre mental que les marchands d’émotions ont bousculé.

 

Suis-je trop optimiste en réagissant ainsi ? L’optimisme et le pessimisme n’ont plus rien à faire dans nos comportements. Nous savons qu’ils ne sont que des leurres que nous fabriquons pour échapper à l’effort de compréhension de notre monde ; c’est le contraire de la contemplation. Les spéculateurs nous ont beaucoup amusés, puis gravement abusés, encore récemment en maniant ces leurres maquillés de scientisme, de même que le faisaient les charlatans d’autrefois avec des moyens plus rudimentaires. Ils savent bien que leurs prédictions seront vérifiées un jour ou l’autre, il suffit d’attendre que le balancier des équilibres naturels revienne dans leur sens, peu importe quand.

 

Les véritables investisseurs au contraire ne font pas de prédictions ; ils travaillent constamment pour réduire les risques de notre existence : catastrophes naturelles, crises économiques, faillites d’entreprises, maladies et handicaps…

Ils élaborent patiemment les précautions qui éviteront :

- de nous trouver sans préparation face aux intempéries,

- de laisser la panique s’emparer des acteurs économiques,

- de produire des biens dont les consommateurs ne veulent plus,

- de rester démunis face aux déséquilibres de notre organisme…

 

L’incertitude, les risques, la volatilité, qui nous font si peur, ont toujours existé mais nous avions essayé de les ignorer, les cacher, les masquer derrière des croyances, des dieux, la Nature, le pur libéralisme, qui ne nous aidaient en rien à les réduire.

Nous pouvons nous réjouir de ce que nous, et nos responsables, les voyons de plus en plus en face tels qu’ils sont, que nous allons donc nous y attaquer de plus en plus efficacement et donc bénéficier de conditions de vie moins risquées, moins aléatoires et moins volatiles. Bien sûr tout ne va pas aussi vite que certains le voudraient… sans faire grand chose pour que cela avance.

 

Cessons de faire comme si nos sociétés devenues si compliquées et d’une complexité démultipliée par la mondialisation, il n’y avait plus rien à y comprendre et que chacun n’avait qu’à se débrouiller pour survivre, s’enrichir et s’éclater sans vergogne, sans s’embarrasser de considérations de justice sociale, de redistributions qui ne feraient qu’embrouiller l’évolution inéluctable du monde.

 

En fait de très nombreux auteurs, de plus en plus facilement accessibles (Internet), ont, sur tous ces sujets, dégagé des notions claires, peu contestables même si elles sont perfectibles. Il est vrai que ces notions sont spécialisées sur une petite parcelle de notre univers du fait du travail approfondi qu’elles exigent pour être fiables. Mais il existe aussi des auteurs qui rassemblent ces notions et avec la même rigueur les articulent entre elles pour faire un état des lieux assez clair pour que chacun puisse trier entre ce qui est suffisamment abouti pour agir et ce qui doit être laissé pour l’instant à l’approfondissement des experts.

 

Sur ces bases solides, chacun peut se donner une ligne de conduite de ses pratiques personnelles permettant à notre société et aux autres sociétés, toutes liées maintenant, d’exprimer leurs potentialités et d’améliorer les conditions d’existence de tous.

Le fil conducteur est d’agir en ayant conscience que nos besoins individuels ne peuvent être satisfaits que dans une organisation collective ; trop nombreux sont ceux qui, bénéficiant indirectement des structures collectives patiemment accumulées par nos états-nations, ont le sentiment qu’ils n’ont pas besoin de ces structures et que leur financement est trop lourd (pour exemple la tentation du déni qui fait rage actuellement chez les conservateurs américains).

Le moins de pouvoir social possible pour le plus de liberté personnelle possible est une illusion qui conduit à plus de pouvoir pour chacun mais, pour finir, à aucun pouvoir de tous.

 

Sachant que nous portons tous des lunettes subjectives, nous pouvons ajuster notre regard en prenant en compte nos tendances et tentations. Cet effort d’élucidation n’a rien de désagréable car il nous allège et fait tomber des monceaux de fureurs, d’indignations et d’incompréhensions bien inutiles et bien fatigantes. Depuis que les droits de l’homme sont devenus les fondements incontournables de la plupart des sociétés, cet effort d’élucidation n’a plus grand-chose d’héroïque et ne nous expose plus au rejet de notre famille, de nos amis ou collègues.

 

Nous pouvons donc contribuer à rendre cette élucidation plus complète, plus claire et aider à concrétiser les structures qui en résultent. Et si le champ à labourer est infini, cela ne justifie pas de ne pas y travailler ; parmi les urgences, repérer et dénoncer les extorsions économiques qui se pratiquent au nom du droit, de la procédure ou de la norme (voir les détournements des petits dictateurs de la planète ou les accaparements de grands banquiers).

 

Jouer le droit de l’individu contre le droit du collectif ne peut conduire qu’à la destruction du droit qui n’aurait alors plus aucun fondement. Cette tentation a pollué nos lois et un gros travail d’évaluation puis d’épuration nous attend.

Des difficultés, certes, nous attendent et 2010 nous a beaucoup appris. Deux exemples :

·         Aux USA, le verbe d’OBAMA ne s’est pas fait chair dans tous ses propos, et c’est tant mieux car le chiendent du nouveau messie qui rôde dans nos neurones pour nous faire croire qu’un homme providentiel peut tout résoudre sans que nous n’ayons rien à faire, est toujours prêt à repousser. Ce qui aurait relégué dans les oubliettes les efforts patients de ceux qui s’attachent à comprendre et à résoudre les monstrueux déséquilibres de ce grand pays.

·         En Europe, nous avons déjà réussi une coexistence pacifique après s’être tant fait la guerre, grâce à la reconnaissance de nos similitudes et de notre communauté d’idéaux. Inutile donc de chercher dans nos différences historiques ce qui s’opposerait à une vie commune future. Nous cherchons la même chose par des moyens historiquement différents, donc nous pouvons harmoniser nos efforts vers l’atteinte des mêmes buts. Les hésitations actuelles, parfois bien longues, de nos responsables européens ne sont que le temps nécessaire à cette harmonisation et brûler les étapes ne nous rapprocherait pas du but. Reconnaissons que l’Europe essaie pour la première fois dans l’histoire de répondre à la question : « Comment des communautés qui se gouvernent elles-mêmes se gouvernent-elles ensemble ?».Ce que le reste du Monde observe avec grand intérêt.

 

En espérant avoir contribué à conforter votre réalisme et votre dynamisme habituels pour faire de 2011 une bonne année.

 

Cet article est le 12ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 23:54

Robert Goualard, exécuté comme otage le 21 février 1942

 

Rolande Goualard, âgée de 90 ans, est décédée à Chaumont (Haute Marne) où elle vivait auprès de sa fille Paule. Ses cendres ont été déposées mardi dans le caveau familial au cimetière de Saint-Berthevin, où repose son mari Robert. Un hommage a été rendu par le PCF et la CGT.

Dans son édition des 30 et 31 octobre, Ouest-France (page Laval) rappelle ce que fut la vie de Rolande, « une femme fidèle à la mémoire de son époux, fidèle à ses idéaux », comme le dit Guy Morin.

 

Goualard-005-T.jpgEn novembre 1941, elle fut arrêtée par les Allemands en même temps que son mari, Paulo. Tous deux distribuaient des tracts. Rolande fut relâchée car elle était enceinte de trois mois. La veille de son exécution, son époux lui avait écrit une lettre bouleversante (voir plus loin).

Employée aux PTT, syndicaliste, communiste, Rolande Goualard a témoigné très tôt de sa vie et de celle de son époux. Elle organisa des expositions sur la déportation à Craon, Renazé, Château-Gontier, participa aux cérémonies de Châteaubriant en commémoration du massacre des 27 otages de 1941, aux cérémonies du 8 mai à Laval.

 

Photo Alain Viot : Rolande Goualard assiste en avril 2004 à la soirée où Jean Chauvin (à sa gauche) présente le n° 58 de L'Oribus intitulé "Lettres d'un héros ordinaire" rédigées par son père, Auguste Chauvin, résistant nantais.

 

 

A la retraite, elle est élue conseillère municipale* à Saint-Berthevin, sur une liste d’union de la gauche, de 1983 à 1989. 

Dans l’Oribus n° 62 (voir L'Oribus - La Mayenne, histoire et société), qui lui consacrait un dossier réalisé par Alain Viot en mars 2005, elle confiait « Il faut rester vigilant ; ce qui s’est passé peut se reproduire. Il ne faut pas hésiter à dire ce qu’on pense, à prendre position ».

 

Dernière lettre de Robert Goualard à sa femme, le 21 février 1942, le jour de son exécution, à Fontevrault (L’Oribus 62, Alain Viot) :

 

Ma chère petite Rolande,

Quand tu vas recevoir cette lettre, je ne serai plus du nombre des vivants, mais il faut ma chère petite Rolande que tu saches que je meurs avec calme et regarde ceux qui me suppriment en face. Je suis, vois-tu, pris comme otage. Eh bien, je veux faire voir qu’un communiste Français dans la lutte comme dans la préparation à la mort, il sait qu’il doit être digne du grand parti et de la grande Nation qui a formé tant de héros à l’Histoire. Que cette lettre, qui sera la dernière que tu liras de moi, te soit un symbole pour les jours qui vont venir.

Je sais bien ma Rolande que j’aime jusqu’à la dernière minute de toutes mes forces que dans la position où tu te trouves cela peut te faire bien du mal, écoute-moi une dernière fois, sois forte pour que notre enfant « qui ne connaîtra pas son père » vienne normalement et sans tare.

Je te disais qu’il fallait avoir confiance dans le parti de l’avenir. Lorsque les réformes seront faites, tu verras que les hommes n’iront pas se tuer tels des fauves déchaînés. Je n’ai pas la joie de voir ce grand jour et je ne l’aurai hélas ! pas mais il faut que tu saches que ce monde pour lequel j’avais travaillé avec tout mon cœur sera j’en suis sûr celui qui habitera notre terre. Plus de guerre, plus de guerre tous les hommes travaillant dans la paix pour la condition matérielle de tous.

Ne pleure pas, ne pleure pas. Le coup est brutal et irrémédiable, mais on ne tuera pas toujours impunément. Gare aux responsables, qu’ils tremblent je t’assure car si je ne peux continuer le grand combat de libération d’autres seront encore là.

Autre chose, ma chère petite Rolande, si tu savais le plaisir que j’ai éprouvé hier de te voir, et maman et ma deuxième maman qui a été si gentille, et mon grand frangin que je n’avais pas revu depuis un an ? Je ne pensais pas vraiment que ce serait la dernière fois.

Que veux-tu, le capital argent supprime l’individu avec une désinvolture sans pareille.

Je pense à maman, la pauvre maman 2 gars en Allemagne et le 3ème supprimé par la fusillade, c’est dur, très dur. Papa, lui, je ne l’ai pas revu…

Maintenant, ma petite Rolande, je te recommande d’élever notre enfant dans le même esprit que moi.

Et les livres tous tu les conserveras pour lui sauf un que tu donneras à Georges, à Kléber et à Bernard. Tu leur diras que c’est le dernier cadeau fait quelques instants avant de tomber pour le bel idéal commun.

Oui, ma Rolande chérie je te prie de tout mon cœur d’être forte. Je sais que les amis ne manqueront pas de te réconforter. A tous sans distinction toute mon amitié fraternelle. Quant à vous papa, je vous dis adieu en vous remerciant d’avoir toujours été bon pour moi, je compte sur vous pour consoler Rolande et maman ainsi que toi mon vieux Robert ! Adieu Robert dis-toi que la mort n’a jamais pu arrêter le progrès. J’ai confiance dans l’avenir que vous vivrez vous les jeunes et surtout n’oubliez jamais que d’autres ont fait le maximum pour que plus jamais cette guerre mot malheureux soit.

Quant à vous chère maman grosse joie hier et aujourd’hui quel deuil dans les familles. Adieu aussi et que tout mon cœur s’épanche vers vous et Rolande pour les soins que vous avez eus pour moi. Je compte sur vous pour que Rolande soit réconfortée et soutenue. Petite Rolande chérie ces lignes sont les dernières, courage pour celui qui portera mon nom le fruit de notre amour réel et que la bestialité vient à tout jamais supprimer. Merci de ta bonté, de la compréhension que tu as eue pour moi. Adieu, adieu, adieu, courage, confiance car je sais que si je ne suis plus, d’autres termineront l’œuvre vous vivrez heureux dans un monde juste et où il n’y aura plus d’égoïsme. Papa, maman, Robert que ces baisers qui seront les derniers vous donnent ainsi qu’à Rolande elle en qui je disais une fois sorti comme l’ère sera heureuse. Au revoir Rolande et de tout mon cœur, reçois la bise la plus forte que tu n’aies jamais eue.

Paulo

 

Le 13 mars 1942, soit trois semaines après l’exécution de Robert, Rolande Goualard reçoit cette dernière lettre écrite le 21 février.  

Le 26 mai 1942, Rolande a donné naissance à une petite fille prénommée Paule, qui ne connaîtra jamais son père ! C’est son grand-père, Edouard Bézier, qui a déclaré le lendemain la naissance de l’enfant à la mairie de Saint-Berthevin.

Après la fin de la guerre, Rolande a fait des démarches pour rapatrier le corps de son mari à Saint-Berthevin. Le 8 octobre 1948, ont lieu les obsèques « du résistant Goualard en présence d’une foule nombreuse » (Ouest-France, 11 octobre 1948).

 

Goualard-StB-T1.jpg« Il y avait énormément de monde au cimetière, témoignage de sa personnalité et de son action », disait Rolande à Alain Viot en 2005 dans sa petite maison (photo), 29 rue de la Résistance à Saint-Berthevin, là où Robert Goualard a été arrêté le 14 novembre 1941.

Elle pensait que Robert avait mené une action formidable. Il voulait dénoncer l’occupation allemande et mettre les Allemands hors de France. Et elle ajoutait « il faut rester vigilant ; ce qui s’est passé peut se reproduire. Il ne faut donc pas hésiter à dire ce qu’on pense à prendre position. C’est ce que les jeunes ne font pas assez ; ils ne sont pas assez engagés alors que des problèmes importants existent, et d’abord celui de trouver du travail. Il faut s’engager pour que les gens aient de meilleures conditions d’existence et soient plus heureux. Et Rolande de conclure : « Robert aurait aujourd’hui le même sentiment »

 

 

* Rolande avait été élue sur la liste que j’avais présentée aux élections municipales de 1983. Nous avions cinq élus de gauche, ce qui était nouveau à Saint-Berthevin, grâce à l’application du mode de scrutin proportionnel (avec prime à la liste arrivée en tête) que nous connaissons aujourd’hui.

 

Cet article est le 11ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 19:03

Pour tous, une référence sur les plans humain et politique

 

F1000010Il y a deux ans, nous n’avions pu fêter le 10ème anniversaire du jumelage entre Ceuti (Espagne) et Saint-Berthevin en raison de la maladie de José Ramon Jara, qui était le président du comité de jumelage à Ceuti. José décédait le 18 décembre 2008, âgé de 45 ans.

 

Lors d'une visite commune (Ceuti et St-Berthevin) à Bruxelles en 2000, José Ramon entre les deux maires Manuel Hurtado et Michel Sorin

  

Un hommage lui a été rendu par son homologue de Saint-Berthevin, Jean Chauvin.

Voir Jumelage St-Berthevin-Ceuti : l'hommage de J Chauvin à José Ramon - 8 avril 2010.

Extrait.

Son message à la jeunesse socialiste

Le 25 novembre 2007, pour le 30e anniversaire de la Jeunesse Socialiste de Ceuti, il adressait aux jeunes le message suivant, qui illustre bien l’idée qu’il se faisait de la politique :

-  Aimez la politique.

- Ne croyez pas les  politiques professionnels, ni ceux qui se croient indispensables.

 Personne  ne l'est. La seule chose indispensable est d’agir avec générosité.

-  Ne confondez pas la défense de vos opinions avec la lutte pour le pouvoir.

- Méfiez-vous des sauveurs, des leaders et de ceux qui ne cherchent que la notoriété, de ceux qui n’aspirent pas à servir, mais à être servis.

- Vivez la politique avec intensité, mais soyez toujours disposés à  laisser votre place à n'importe quel moment. Elle ne vous appartient pas.

Vivez la politique comme un don aux autres.

-  Et amusez-vous beaucoup. Faites-vous de vrais amis : ils le seront pour toute la vie. 

F1000003.JPG
José Ramon, à Ceuti, en 1998, lors du jumelage entre Ceuti et Saint-Berthevin  
 
Un autre hommage, en provenance des jeunes socialistes de la région de Murcie, est à voir sur le blog de Maria Gonzalez Veracruz (27 octobre 2009).
La vidéo retrace la vie politique de José Ramon. La dernière image montre sa femme Susi et leur fille Laura, sous les applaudissements de la salle, après avoir visionné les 4 minutes résumant son parcours politique, vraiment remarquable, malheureusement interrompu par la maladie.

Este sábado, en Ceutí, celebramos un acto de homenaje a Jose Ramón Jara Vera. Un acto sincero y sentido.

Hace un año que nos enteramos de su enfermedad y unos meses más tarde se fue. Jose Ramón era para todos una referencia, un ejemplo humano y político. Esto no lo pienso desde hace un año, es pasión lo que le tengo desde que nos encontramos en el camino.

Jose Ramón es de las personas que no se pueden olvidar, está en nuestro día a día. Le recordamos en las risas de las comidas de los miércoles, en los momentos duros y, también, en la soledad que a veces tiene la política. Echo de menos su cercanía, su cariño, su capacidad de ilusionar… Sigue ahí ese vacío que nos dejaste.

No quiero que este sea un post triste, porque como decía Susi (su mujer) hemos tenido el lujo, el orgullo de tener cerca a una persona de ese enorme tamaño humano. Como os dije cuando nos dejó, su recuerdo nos tiene que servir de guía para vivir intensamente, como él, para practicar el buen socialismo en el que él creía y que practicó. Os recomiendo que leáis los consejos que nos daba a los jóvenes socialistas en el aniversario de las juventudes socialistas de Ceutí (podéis leerlos pinchando encima).
Mientras el recuerdo exista, no mueren las personas que se van.

 

Cet article est le 10ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 16:22

Une vision de l’économie mondiale non libre-échangiste

 

ATT00005-Allais.jpgCet homme avait raison, mais il n’a pas été écouté par les responsables politiques. Il a été délaissé des médias, parce qu’il n’était pas d’accord avec la mondialisation qui ne profite qu’aux multinationales.

L’idéologie que j’appelle « libre-échangiste mondialiste » a déjà fait d’innombrables victimes dans le monde entier. Pour une raison simple, empiriquement vérifiée : la mondialisation généralisée des échanges, entre des pays caractérisés par des niveaux de salaires très différents, entraîne finalement partout, dans les pays développés comme dans les pays sous-développés, chômage, réduction de la croissance, inégalités, misères de toutes sortes. Or, cette mondialisation n’est ni inévitable, ni nécessaire, ni souhaitable (Fakir N°40, mars 2009).
(…) Les grands dirigeants de la planète montrent une nouvelle fois leur ignorance de l
'économie qui les conduit à confondre deux sortes de protectionnismes : il en existe certains de néfastes, tandis que d'autres sont entièrement justifiés. Dans la première catégorie se trouve le protectionnisme entre pays à salaires comparables, qui n'est pas souhaitable en général. Par contre, le protectionnisme entre pays de niveaux de vie très différents est non seulement justifié, mais absolument nécessaire (…) - « Contre les tabous indiscutés  » par Maurice Allais le 05/12/2009 – Marianne.

 

Marianne a publié le 12 octobre les entretiens que Maurice Allais lui avait accordés, ainsi qu’à Fakir.

Le testament de Maurice Allais  

Le point de vue que j'exprime est celui d'un théoricien à la fois libéral et socialiste. Les deux notions sont indissociables dans mon esprit, car leur opposition m'apparaît fausse, artificielle. L'idéal socialiste consiste à s'intéresser à l'équité de la redistribution des richesses, tandis que les libéraux véritables se préoccupent de l'efficacité de la production de cette même richesse. Ils constituent à mes yeux deux aspects complémentaires d'une même doctrine. Et c'est précisément à ce titre de libéral que je m'autorise à critiquer les positions répétées des grandes instances internationales en faveur d'un libre-échangisme appliqué aveuglément.
Le fondement de la crise : l
'organisation du commerce mondial
La récente réunion du G20 a de nouveau proclamé sa dénonciation du " protectionnisme ", dénonciation absurde à chaque fois qu
'elle se voit exprimée sans nuance, comme cela vient d'être le cas. Nous sommes confrontés à ce que j'ai par le passé nommé " des tabous indiscutés dont les effets pervers se sont multipliés et renforcés au cours des années " (1). Car tout libéraliser, on vient de le vérifier, amène les pires désordres. Inversement, parmi les multiples vérités qui ne sont pas abordées se trouve le fondement réel de l'actuelle crise : l'organisation du commerce mondial, qu'il faut réformer profondément, et prioritairement à l'autre grande réforme également indispensable que sera celle du système bancaire (…).

Il faut délocaliser Pascal Lamy !
Mon analyse étant que le chômage actuel est dû à cette libéralisation totale du commerce, la voie prise par le G20 m
'apparaît par conséquent nuisible. Elle va se révéler un facteur d'aggravation de la situation sociale. A ce titre, elle constitue une sottise majeure, à partir d'un contresens incroyable. Tout comme le fait d'attribuer la crise de 1929 à des causes protectionnistes constitue un contresens historique. Sa véritable origine se trouvait déjà dans le développement inconsidéré du crédit durant les années qui l'ont précédée (…).

Quand DSK rendait hommage à Maurice Allais

Il y a 22 ans, Dominique Strauss-Kahn, qui avait eu Maurice Allais comme professeur d’économie, apportait son concours à l’Expansion (voir l’article publié le 11 octobre par ce magazine, en cliquant sur le titre). Au mois de novembre 1988, après l'attribution du Prix Nobel d'économie à Maurice Allais, Dominique Strauss-Kahn prenait sa plume pour L'Expansion, et dressait un portrait de l'économiste (...). 

Cet article est le 9ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 22:37

 

Un gaulliste, Nicolas Sarkozy ? Vous voulez rire !...

 

Le 70ème anniversaire de l’Appel du 18 juin a été célébré de diverses façons. France Info a fait œuvre pédagogique avec la série de 15 épisodes, diffusée depuis le 31 mai. Voir Les Français parlent aux Français (résumé, ci-après).

 

Du 31 mai au 18 juin, France Info et France Bleu diffusent une série composée de quinze épisodes et racontée par Lorànt Deutsch : “Les Français parlent aux Français”.

Proposée et écrite par Jacques Pessis, produite par les Ateliers de Création de France Bleu, la série “Les français parlent aux Français” (issue de l’ouvrage éponyme dirigé par Jacques Pessis) retrace 70 ans après, la campagne de résistance engagée par l’Appel du Général de Gaulle le 18 juin 1940. Cette série rend hommage aux résistants, ces “soldats du micro”, mais aussi à la radio elle-même, devenue une arme de résistance. “Ici Londres, les Français parlent aux Français”, “Radio Paris ment, Radio Paris ment, Radio Paris est allemand…” : dans la mémoire collective, ces annonces symbolisent la guerre des ondes menée, entre juin 1940 et octobre 1944 par ces “Français qui ont parlé aux Français”. Chaque soir, depuis les studios de la BBC, à Londres, des “voix de la liberté”, célèbres ou anonymes, se sont relayées pour transmettre des informations, des messages de combat et d’espoir.

L’Appel du 18 Juin n’a pas été enregistré, mais il en existe des copies. Voici ce texte.

Discours du Général de Gaulle prononcé à la radio de Londres le 18 juin 1940.

 « Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat. Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.
Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.
Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis.

Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.
Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres. »

Voir aussi (site du Nouvel observateur, 18 juin) : L'appel du 18 juin de Charles de Gaulle.

 

Le président de la République s’est déplacé à Londres pour fêter l’évènement (Le Monde, 18 juin) :

18-Juin : Sarkozy célèbre De Gaulle et Churchill.

 

Le président de la Fondation Charles de Gaulle, Pierre Mazeaud (Le Monde, 18 juin) a rappelé que

"De Gaulle appartient à toutes et à tous".

Pour les 70 ans de l’appel du 18 juin, Public Sénat a demandé à plusieurs hommes politiques ce que représente le gaullisme pour eux, ce qu’il en reste et si on le retrouve chez Nicolas Sarkozy. Voir Le gaullisme selon Hollande, Raffarin, Chevènement, Pasqua, Paillé, Dupont-Aignan

Voici deux extraits (Chevènement et Dupont-Aignan) :

Jean-Pierre Chevènement : « Il reste l’esprit de de Gaulle, qui est l’esprit de la République »

« Pour moi le général de Gaulle signifie quelque chose mais le gaullisme rien du tout. Il y a eu des gaullismes très différents. Celui de la France libre n’est pas celui de la libération, ni celui de la Ve République commençante. Et aujourd’hui, le gaullisme n’est pas dans l’UMP ». 4165664365 83c901fb6f s[1]

« En 2010, il reste le souci de l’indépendance nationale et de la démocratie. C’est l’esprit de la République, il est toujours vivant. Il reste l’esprit de de Gaulle, qui est l’esprit de la République ».

Nicolas Sarkozy ? « Sans vouloir enlever les qualités qui sont les siennes, il restera comme celui qui a fait revenir la France dans le commandement intégré de l’Otan, a permis le traité de Lisbonne. Je pense que ces deux décisions, le général de Gaulle ne les aurait pas prises. »

 

Nicolas Dupont-Aignan : « Sarkozy n’a pas seulement rien de gaulliste, sa politique est anti-gaulliste »

« Le gaullisme c’est l’indépendance de la France au service d’un humanisme, c’est l’esprit de résistance, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. C’est l’intérêt supérieur du pays. »

« En 2010, il n’en reste pas grand-chose. A mesure qu’on le glorifie, on abandonne tous ses principes. On est dans l’imposture la plus complète : on parle du retour dans l’Otan, l’acceptation de la suspension des droits de vote au sein de l’Union européenne pour un pays qui ne respecte pas le dictat de la commission, le Président chef de parti… Ou encore la soumission de la politique économique aux poids des intérêts, le déni de référendum avec le résultat de 2005 bafoué. »

« Nicolas Sarkozy n’a pas seulement rien de gaulliste. Il mène une politique anti-gaulliste par essence. »  

Cet article est le 8ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

 

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 23:53

 

Du rapport de forces vers la coopération généralisée

 

Je connais Jean Rivon depuis nos années étudiantes à l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Rennes (1967-70). En mai 1968, nous étions parmi les étudiants de l’ENSAR en pointe dans la réforme de la pédagogie de nos enseignements. Je l’ai revu à Rennes, au siège des Coopératives de l’ouest de la France, où il exerçait ses talents dans l’expertise comptable des Coopératives agricoles.

 

Depuis quelques mois, jeune retraité, il continue de mettre ses connaissances au service de la collectivité (voir cet article de Ouest-France, daté du 26 novembre 2009 Des entretiens d'embauche à la prison de Fontenay). Par ailleurs, il s’intéresse aux initiatives de Bruno Parmentier et de Michel Griffon pour faire face aux défis de l’agriculture du 21ème siècle (j’y reviendrai).

 

Ses vœux 2010 étaient accompagnés d’un texte de réflexion sur l’évolution de notre monde. C’est court mais c’est dense. A lire avec attention.


Début 2009, nous pouvions croire à l’effondrement de notre monde. Pourtant les philosophes grecs nous ont appris à vivre ces moments forts de l’évolution de l’humanité.

Après l’effroi de la première apparition du Nouveau, que nous avons baptisé la Grande Crise, d’abord financière, puis économique, puis sociale ; et demain de civilisation,…

           Nous, prisonniers de notre monde, avons cru voir un fantôme :

                        - Ce n’est pas celui d’un passé qui reviendrait avec ses modes de vie ancestraux,

                        - Ce n’est pas celui d’un capitalisme dont nous subirions l’un des soubresauts,

- Ce n’est pas la voix d’un nouveau chef qui résoudrait tout (Obamania déclinée ailleurs en Lulamania, Jintaomania et bien d’autres),

- C’est la perception fugace de la lumière d’une utopie qui se réalise mais que nous ne voyons pas encore.

            Cette utopie est un chemin encore caché pour le plus grand nombre. Il pouvait déjà être découvert derrière la beauté déroutante des œuvres de nos artistes contemporains dont la fonction éternelle est de masquer le Terrible du Nouveau, avant que nous soyons capables de le supporter.

            Inutile de nous lamenter sur notre manque de savoir-faire à changer nos comportements. Nous les changerons ! L’ « Ecosophie » peut nous y aider, qui est la recherche consciente du changement que nous vivons sans nous en rendre vraiment compte.

            Certains s’inquiètent comme toujours devant les incertitudes, les accidents et les conflits du parcours : « L’humanité ira-t-elle vers la pesanteur ou la grâce ? » Ont-ils oublié que la recherche d’un « monde meilleur » se heurte inévitablement à « l’épaisseur du monde » ?

            D’autres mesurent le défi des fronts climatiques, démographiques, énergétiques et agricoles qui convergent  à grande vitesse vers l’impasse anxiogène située vers 2030 : « Dans un monde fini la croissance ne peut pas être infinie ! » ; « Aurons-nous le temps pour que les  progrès scientifiques nous permettent d’accéder à l’énergie propre et inépuisable venant des étoiles ? »

            L’humanité assiste, et ce n’est pas la première fois, à une révolution copernicienne, un renversement de notre manière de voir les choses, du rapport de forces vers la coopération généralisée. La vraie nouveauté est que la conquête de nouveaux espaces n’est plus une solution.

Les signes de cette révolution sont de plus en plus fréquents, de plus en plus significatifs et démentent les pessimistes de profession :

                        ► la mise en place rapide d’un G20 associant toutes les grandes puissances à la nécessité d’une régulation financière mondiale,

                        ► l’affirmation par tous, à Copenhague, de s’engager à réduire les émissions de gaz à effet de serre, premier pas vers la nécessaire gouvernance climatique,

                        ► la floraison accélérée des ONG et le poids croissant des institutions internationales dans tous les domaines.

            Le village mondial s’organise sous nos yeux et nous, occidentaux, commençons à comprendre que nous ne pouvons pas en être les maîtres en faisant l’aumône aux autres peuples à notre service ; le métissage de nos savoirs, de nos cultures, et même de nos valeurs, avance à pas de géants grâce à la diffusion de l’information qui a déjà presque aboli les distances. Les résistances suicidaires des intégristes des religions et des idéologies prouvent a contrario que ce changement est puissant et inéluctable.

            Ce qui soutient cette évolution collective, malgré tous les égoïsmes nationaux ou individuels :

                        ● l’allongement de la durée de la vie qui est la seule consolation temporelle possible contre la mort terrifiante,

                        ● la bonne santé pendant toute cette vie qui ne sera plus nécessairement « une vallée de larmes »,

                        ● de meilleures conditions de travail, qui évoluent avec la régression des aliénations  autoritaires qui perdent peu à peu de leur efficacité : « Quand l’organisation défaille, mieux vaut miser sur les relations humaines ! »

                        ● la diffusion de la connaissance par de nouveaux moyens accessibles partout et qui repoussent l’ennui de l’école traditionnelle.

            Tant de résultats concrets portent cette nouvelle espérance qui, mieux que la foi, peut « soulever des montagnes ». Occupons-nous donc tous ensemble de nos montagnes de problèmes et pour le reste « qui vivra verra » ce que 2010 nous apportera !

 

                                                        Meilleurs vœux pour 2010   

                                                       Jean RIVON

   
Cet article est le 7ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 23:12

Un homme d’Etat républicain qui savait dire non

 

Séguin et Chevènement sont d’une trempe au-dessus des autres, parmi ceux qui sont capables de rassembler au-delà des clivages politiques. Chacun dans son camp aurait mérité un destin présidentiel. Mais ils ont eu le tort, c’est-à-dire le courage, de dire non à cette Europe imposée aux peuples, cette construction singulière qui n’a pas le soutien populaire.

 

Un destin présidentiel ? C’est encore possible pour le président du MRC - près duquel j’étais assis, hier soir. Il est en pleine activité, au point de ne pouvoir accepter de déplacement dans les régions, car il prépare son rapport sénatorial sur la dissémination des armes nucléaires dans le monde et d’importants colloques de la Fondation Res Publica. Une des similitudes avec Séguin : il rédige lui-même ses textes.

 

Lire sur son blog Chevènement : Séguin était "un républicain et un patriote"

 

J’apprends avec beaucoup de peine le décès de Philippe Séguin. C’était un homme politique de grand talent, un orateur hors pair, un républicain et un patriote.

Il a symbolisé au moment du traité de Maastricht un projet et un destin républicains dans lequel la France aurait mieux trouvé son compte. Son mérite est d’avoir essayé. J’avais voté l’exception d’irrecevabilité qu’il avait présentée devant l’Assemblée nationale. Je regrette que rien n’ait été possible entre les républicains des deux rives.

 

Le regret perce dans ses déclarations : Chevènement, après la mort de Séguin : "Dommage que nos chemins n’aient fait que se croiser"

 

Philippe Séguin avait renoncé à ses mandats politiques lorsque le Rassemblement pour la République (RPR) avait été dissous par Jacques Chirac lors de la création de l’UMP, qui est un rassemblement des droites sous l’égide du président de la République, Chirac, puis Sarkozy.

 

Contraste entre Séguin et Sarkozy ! Par contre, complicité entre Fillon et Séguin (voir la vidéo sur le site du Figaro Les larmes de Fillon).

J’ai été témoin de cette amitié lors de cette soirée, le 15 mai 1999, dans une loge du Stade de France à l’occasion de la finale de la Coupe de France gagnée par Nantes face à Sedan. Le président de la Région des Pays de la Loire avait invité les conseillers régionaux de différents groupes et, aussi, son ami Philippe Séguin, grand spécialiste du football.

           

On retrouve, sur le blog de Nicolas Dupont-Aignan (Mort d'un géant), cette référence au football :

(…) Lui qui aimait tant le foot me disait souvent : « la vie politique d’aujourd’hui, c’est comme un match de foot où les deux équipes jouent mais où le ballon a disparu, détenu par les autres puissances, celles de l’argent, qui gouvernent en cachette. » Beaucoup de ceux qui se pressent aujourd’hui pour lui rendre hommage ressemblent à ces joueurs qui font semblant, qui font comme s’ils n’avaient pas entendu les accents prophétiques d’un certain « Discours pour la France »*, lequel reste pourtant, près de 18 ans après avoir été prononcé, la meilleure grille de lecture de leurs propres errements et de leur propre impuissance à vraiment redresser le pays (…).

* Lire en entier sur le site de Marianne  «L'Europe, mais debout!» Quel discours !


Sur son blog, Christine Tasin, qui a quitté le MRC pour rejoindre Debout La République, demande « 3 minutes de silence pour Philippe Seguin ».
S'il est un homme politique qui les mérite, c'est bien toi. Je ne te connaissais pas personnellement, mais, comme Prévert, je dis "tu " à ceux que j'aime. Pour lire la suite cliquez ici.


A lire dans la presse
, ce 7 janvier :

Les grands combats de Philippe Séguin (Le Monde)

Décès de Séguin : des larmes de Fillon à l'indifférence de LO (Rue89)

Philippe Séguin : il n'aimerait pas son éloge funèbre (Marianne2)

"Séguin a renforcé l'indépendance de la Cour des comptes" (Le Monde)

 

Cet article est le 6ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 17:02

Jean-Louis avait animé le MRC 44 de 2003 à 2008

 

« Jean-Louis Le Bouëdec a été victime d'un malaise, cet après-midi, alors qu'il participait à une rencontre entre des victimes des bombardements de Nantes et des lycéens de Michelet, à l'espace Cosmopolis, rue Scribe à Nantes.

L'élu nantais délégué à la gestion urbaine de proximité, aux affaires militaires et aux cérémonies patriotiques, participait à cette manifestation dans le cadre du 66e anniversaire des bombardements de Nantes. Il prononçait son discours lorsqu'il s'est brusquement effondré.

Les témoins ont prodigué un massage cardiaque pendant plusieurs minutes en attendant les secours. Jean-Louis Le Bouëdec a ensuite été pris en charge par les sapeurs-pompiers.

Agé de 55 ans, conducteur de travaux, Jean-Louis Le Bouëdec, ancien président de la Jeanne-d'Arc Basket, militant MRC, a été élu conseiller municipal en mars 2008 sur la liste de Jean-Marc Ayrault ».

 

C’est en ces termes que l’information a été communiquée hier sur le site de Presse Océan (voir PresseOcean.fr - Un élu nantais victime d'un malaise à Cosmopolis).

 

Sur le site de la ville de Nantes, Jean-Marc Ayrault, Député-maire de Nantes, exprime sa profonde tristesse suite à la disparition de Jean-Louis Le Bouëdec, conseiller municipal de la Ville de Nantes, survenue mercredi 16 septembre 2009 (voir Ville de Nantes : Disparition de M. Le Bouedec, conseiller ...).

« C’est avec une très grande tristesse que Jean-Marc Ayrault, Député-Maire de la Ville de Nantes, vient d’apprendre le décès brutal de Jean-Louis Le Bouëdec dans l’exercice de ses fonctions de Conseiller municipal de la Ville de Nantes en charge de la Gestion urbaine de proximité, des Affaires militaires et des Cérémonies patriotiques.

Il adresse ses plus sincères condoléances à sa femme, Annie, à sa famille, à ses proches, ainsi qu’au Mouvement Républicain et Citoyen, vers qui ses pensées se tournent en cet instant douloureux.

"Acteur engagé de la vie publique, il aimait avant tout servir l’intérêt général, tant dans le domaine associatif et sportif que dans le cadre de son mandat qu’il occupait depuis mars 2008 avec une grande ferveur et un total dévouement. Son sens du devoir, sa droiture, étaient appréciés par tous".

Sa disparition provoque un profond désarroi alors même qu’il s’apprêtait à rendre visite à son fils aîné au Japon.

Au nom du Conseil municipal et de tous les Nantais, Jean-Marc Ayrault salue la mémoire d’un vrai militant de la vie publique. Un hommage solennel lui sera rendu lors du prochain Conseil municipal, vendredi 16 octobre 2009
 ».

Bruno Chevalier, qui lui a succédé à la tête du Mouvement Républicain et Citoyen en Loire-Atlantique, a, aussitôt, fait part de son émotion :

 

« C'est avec une immense tristesse que nous avons appris le décès de notre camarade et ami Jean-Louis Le Bouëdec, qui a succombé à un malaise cardiaque cette après midi alors qu'il faisait un discours aux lycéens lors des commémorations des bombardements de Nantes du 16 septembre 1943.

 

Nous perdons un ami et un fidèle militant du MRC. Jean-Louis nous avait rejoint en 2001 et par sa disponibilité, son enthousiasme et sa bonne humeur était devenu rapidement un animateur. Il était devenu premier secrétaire de notre parti jusqu'à son élection comme conseiller municipal en mars 2008 sur la liste de Jean Marc Ayrault.

 

C'est dans l'accomplissement de son devoir d'élu qu'il est décédé. Homme de dialogue, homme de terrain, il aimait à entretenir le débat d'idées. Il restera dans nos coeurs et dans nos esprits

 

Nos voeux de condoléances et de sympathie vont plus particulièrement à son épouse et ses proches. Nous vous tiendrons informés de la date et du lieu de la cérémonie d'inhumation ».

 

Loïc Bureau a relayé l’information sur le site du MRC 44 (cliquez ici).

 

Pour ma part, parmi les nombreuses occasions que nous avons eues de nous rencontrer, à Nantes, à Paris ou ailleurs, je retiens d’abord les premières rencontres du Grand-Ouest, en 2004, qui avaient lieu dans son vaste garage, à son domicile, dans une ambiance conviviale étonnante.

 

Ensuite, il y eut les Assises de la gauche le 16 décembre 2005, à Nantes, que nous avions co-organisées (voir, sur ce blog, Assises régionales Ouest Nantes - 16 décembre 2005 - Bilan et texte d'invitation - 27 juillet 2006).

 

Et, plus récemment, Jean-Louis nous avait accueillis dans son bureau de l’hôtel de ville de Nantes, le 29 mai 2008, avant de déjeuner dans un restaurant de la ville.

 

A la famille de Jean-Louis, à Christine Meyer, sa collègue MRC au Conseil municipal, à Bruno Chevalier et aux camarades du MRC 44, au nom de ses amis du MRC du Grand Ouest, je renouvelle l’assurance de ma sympathie et de mon amitié.

 

Cet article est le 5ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 22:53

Un franc-tireur atypique très sollicité par les médias

 

Pour l’auteur de « La démocratie contre elle-même » (Gallimard, 2002), la démocratie va mal. Ce livre a fait partie de mes réflexions en 2002, après l’échec de la gauche. De Marcel Gauchet, j’ai lu ensuite « La condition historique » (Stock, 2003). Je me sens proche de cet homme de mon âge, né dans le bocage bas-normand, d’un père cantonnier et d’une mère couturière, qui se considère comme « un miraculé de l’école républicaine » et a participé à l’aventure de Mai 1968.

 

Marcel Gauchet - Wikipédia impressionne, car c’est un maître à penser, au point que certains le considèrent comme l’un des penseurs les plus importants de sa génération, l’historien de la révolution démocratique.

Penseur de l’histoire, de la religion, de la démocratie, celui qui a écrit « Le désenchantement du monde » en 1985 est l’un des philosophes les plus originaux de notre époque. C’est ce qui peut expliquer pourquoi  il est autant sollicité par les médias.

 

Le Blog consacré à Marcel Gauchet reproduit des articles de presse dans lesquels il répond à des questions fort diverses, de façon originale. Je me limite ici à en reprendre les titres.

 

Le PS reste le seul parti de l'alternance (Le Point, n°1924, 30 juillet 2009).


Recomposition. Le PS ne mourra pas, car la nature politique a horreur du vide, estime le philosophe, qui parachève en 2010 une somme sur la démocratie.


Nous sommes sous le coup d'une anesthésie
(La Tribune, 27 juillet 2009).


Dans sa série d'été "Visions de l'après-crise", le journal économique La Tribune a interrogé Marcel Gauchet. Il estime que nous ne sommes qu'à l'entrée d'un grand tunnel de remise en cause.

 

Le spectre qui hante l’Europe, c’est la décadence (Marianne, 15 juillet).


Sur son blog, l'intellectuel Marcel Gauchet propose la recension d'une interview accordée au quotidien suisse Le Temps. L'auteur du désenchantement du monde revient sur la conversion de Nicolas Sarkozy au modèle français et analyse l'effondrement intellectuel en Europe.

 

Marcel Gauchet: L'Etat a été pris en otage par les banques (L’Expansion, 1er mai 2009)


Selon le philosophe, la crise risque de prospérer sur l'incapacité des experts et des politiques à se défaire d'une vision purement économiste du système mondial.

Pourquoi le néolibéralisme a-t-il débouché sur une crise économique et financière sans précédent ? C'est l'une des questions sur lesquelles travaille le philosophe Marcel Gauchet, auteur notamment de La Crise du libéralisme (Gallimard, 2007), ouvrage inscrit dans une série de quatre livres consacrés à l'avènement de la démocratie. Il revient ici sur les « mystères » de la crise actuelle.


Cet article est le 4ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités.

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