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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 20:50

Un jeune, ambitieux pour lui-même et pour la France

 

François Mitterrand ne laisse pas indifférent. J’ai pu le vérifier mardi 22 avril en regardant le documentaire-fiction* de Serge Moati, diffusé sur France 2.

« Mitterrand à Vichy » prend appui sur le livre de Pierre Péan « Une jeunesse française » qui relatait la période peu connue de la vie de François Mitterrand, sous l’Occupation. J’ai bien aimé ce film. Mitterrand** a toujours excellé dans « le double jeu », par tempérament et par souci de se laisser une marge de manœuvre pour agir à sa façon.

 

Xavier Dumoulin, proche de Danielle Mitterrand, a rédigé, hier, sur son blog http://sr07.unblog.fr un commentaire sur ce point : Retour sur le passé de Résistant de François Mitterrand.

 

Alain Duhamel a signé un article, paru le 24 avril sur www.liberation.fr (voir, ci-après), qui décrit bien la réalité et la complexité du Mitterrand de cette époque.

 

« Mitterrand, Vichy et la Résistance »

 

Avec François Mitterrand, rien n’est jamais simple, rien n’est jamais banal. C’est, bien sûr, particulièrement vrai de la période de l’Occupation et de la façon dont il l’a traversée : contradictoirement, dangereusement, courageusement, par glissements successifs du maréchalisme engagé à la Résistance la plus active.

 

La grande qualité du Mitterrand à Vichy, de Serge Moati et Christophe Barbier, est de l’avoir compris. Dans leur docu-fiction, diffusé sur France 2, ils ont ainsi évité, sinon toutes les facilités, du moins les pièges ordinaires de l’anachronisme.

Pour tenter d’approcher la part de vérité, certes plus spiralée que rectiligne, du Mitterrand de cette époque, il faut garder à l’esprit qu’il n’a cessé, durant ces années terribles, d’appartenir à cette toute petite minorité de Français qui, de l’Armistice à la Libération, ont pris des risques.

Ceux qui jugent aujourd’hui péremptoirement, à partir de ce qu’ils savent un demi-siècle plus tard des acteurs, des trajectoires et des circonstances, et non de ce que l’on savait alors, peuvent décider aisément du bien et du mal : plus facile devant son poste de télévision en 2008 que devant les uniformes allemands à l’époque.

François Mitterrand a commencé par s’évader plusieurs fois de son camp de prisonniers : peu ont eu cette hardiesse périlleuse. Il a cherché ensuite à faire carrière à Vichy. Il l’a fait à un moment où, pour la plupart des Français, le maréchal Pétain apparaissait encore comme une bouée de sauvetage, plutôt que comme le naufrageur moral et politique qu’il allait inéluctablement devenir.

Le Mitterrand de l’époque, jeune bourgeois littéraire, désargenté et patriote, proche de l’extrême droite et avide de trouver un destin, pense d’abord à lui-même et aux prisonniers du Stalag dont il vient de s’échapper. Dans ces camps, la vénération du maréchal était méticuleusement entretenue et, à Vichy, les plus pétainistes étaient encore parfois sincèrement germanophobes, rêvant de préparer la revanche.

Mitterrand respectait le maréchal, détestait le IIIe Reich et voyait en Vichy une «pétaudière», pour reprendre son expression favorite, où l’on pouvait faire son chemin sans perdre son âme. Il se passionnait pour les filières d’évasion des prisonniers de guerre, il ne voulait pas voir le statut des juifs. Ce qui paraît aujourd’hui inconcevable était à l’époque une cécité fort répandue qui, chez lui, ne cachait au moins aucun antisémitisme.

De même un peu plus tard, la phase étrange durant laquelle, à Vichy, il était, le jour, un jeune responsable gominé et zélé et, le soir, un patriote ébauchant des réseaux de résistance, tentant d’établir des contacts avec Londres. Il pouvait déjeuner avec un hiérarque maréchaliste et passer des nuits fiévreuses à inventer des formes de contestation, se compromettant le matin, s’émancipant l’après-midi, s’engageant ardemment la nuit tombée, ambigu et résolu, inquiétant et édifiant, énergique et atypique : d’où des amitiés choquantes et des camaraderies éclatantes.

Ce qui est sûr en revanche, c’est qu’à partir de 1943 il joue un rôle de plus en plus marquant au sein de la Résistance, qu’il est recherché par la Gestapo et qu’il démontre, outre des qualités de chef qui impressionnent et irritent, un courage physique, une intrépidité, une témérité que ses ennemis les plus jurés ne pourront lui disputer. Le jeune homme trop pressé de faire jouer des relations familiales qui l’invitaient à Vichy est devenu un dirigeant national de la Résistance.

Les amateurs d’histoire en blanc et noir n’accepteront jamais de comprendre ces glissements obliques du maréchalisme à l’engagement contre l’Allemagne nazie. De même les âmes manichéennes discernent mal d’où venait l’aversion instinctive, immédiate, baroque de ce jeune bourgeois de droite, courageux, pour le général de Gaulle ou encore comment il a pu regarder du côté du général Giraud, homme de guerre valeureux mais politique pitoyable.

Après tout, entre de Gaulle, le souverain insoumis, et François Mitterrand, le Julien Sorel charismatique, on aurait pu imaginer quelque attraction, d’autant plus que leurs origines et leurs cultures les rapprochaient. C’est l’inverse qui s’est instantanément produit, des deux côtés. A la Libération cela n’a pas empêché le général de faire de François Mitterrand l’un des quinze premiers hiérarques provisoires de la France libérée.

Entre-temps, si leur rencontre avait été glaciale, si leurs rapports s’imprégnaient de méfiance, l’un incarnait et dirigeait d’une main inflexible la France renaissante, l’autre s’était imposé au premier rang de l’armée des ombres, avec une autorité immédiate et une audace incroyable, allant jusqu’à porter la contradiction à une réunion publique de collaborationnistes acharnés, comme s’il cherchait la mort.

Une réputation qui explique peut être pourquoi le général n’a pas écarté implacablement ce jeune ambitieux indiscipliné et réfractaire au prestige du Libérateur".



* Je n’ai pas vu la seconde partie de l’émission, ayant opté à la même heure pour l’émission sur Direct8 « Politiquement parlant » avec Jean-Pierre Chevènement, que chacun peut voir sur son blog

  Jean-Pierre Chevènement invité de Politiquement parlant sur Direct8 mardi 22 avril à 22h30

 

** J’ai connu personnellement François Mitterrand en participant au congrès PS de Grenoble en 1973. Par la suite, j’ai organisé sa venue en Mayenne en 1980 en tant que responsable PS (Fête de la Rose au bois de L’Huisserie à Laval) et en 1981 (visite dans une ferme à Méral et réunion publique à Cossé-le-Vivien, dans le cadre de la campagne présidentielle, sur le thème de l’agriculture pour l’ouest de la France). Il avait une grande capacité d’écoute et une énorme mémoire.

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28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 19:16

Scientifique, militante républicaine exemplaire  

 

Depuis la fin février, je ne recevais plus de courriels d’informations* en provenance de Nicole et je me demandais pourquoi. Mercredi, j’ai su. Loïc Bureau (MRC 44) avait mis sur son blog http://mrc44.over-blog.com l’information suivante :

« Nicole Morichaud ne nous informera plus ».

Mes amis,

 
J'ai la très grande douleur de vous annoncer le décès de Nicole Touquoy-Morichaud.

 
Notre si chère Nicole s'est battue avec une immense dignité contre la maladie jusqu'au bout mais, pour une fois, elle a trouvé plus fort qu'elle.

 
Elle était au sens strict du mot l'incarnation de la militante républicaine. Nous aurons tous l'occasion  et l'envie d'en dire ou d'en écrire davantage. Pour l'heure notre tristesse est infinie.

 
Nicole a souhaite que ses obsèques aient lieu dans l'intimité familiale. Nous ne pouvons que nous y soumettre. Le groupe MRC vous informera de l’hommage que nous lui rendrons.

 
Nos pensées sont à elle et notre sympathie à tous les siens

 
Guillaume VUILLETET

Président du groupe MRC de la Région Ile de France

 

Nicole avait été ma première interlocutrice au MRC en 2003, en sa qualité de secrétaire nationale aux fédérations. Elle m’avait proposé de prendre en charge la délégation à l’agriculture, ce qui fut fait lors du congrès en novembre 2004, à la demande de Marinette Bache, qui lui avait succédé, et de Georges Sarre, qui avait succédé à Jean-Luc Laurent.

 

Au Conseil régional d’Ile-de-France, le président Jean-Paul Huchon lui avait confié la délégation à l’agriculture et à l’agroalimentaire. Elle m’avait transmis son rapport en avril 2007, intitulé « Agriculture, Agro-ressources et Agroalimentaire : des secteurs économiques d’avenir pour l’Ile-de-France ». Par ailleurs, elle avait été membre du Comité des Régions de l’Union européenne, participait à la fondation Res Publica de Jean-Pierre Chevènement. Elle était aussi militante du collectif « Sauvons le climat ». De formation scientifique, elle était retraitée du CNRS.

 

* Par l’un de ses derniers messages, elle me signalait l’article paru le 26 février sur le site de Marianne www.marianne2.fr suite à l’intervention de Liêm Hoang-Ngoc la veille sur France-Inter. Ce texte nous fera penser à Nicole, encore plus fort.

 
« Les dividendes d'aujourd'hui empêchent la croissance de demain »

Avec France Inter, la chronique de Liêm Hoang-Ngoc, Maître de conférences à l'Université de Paris I, qui remplace cette semaine Bernard Maris. Les profits français, plutôt que d'être réinvestis, servent aux actionnaires. Inutile de chercher ailleurs le point de croissance qui nous manque...

 

La question du jour : Le capitalisme est-il devenu sans foi ni loi, comme l'a déclaré jeudi dernier le président de la République ?
C'est, en tout cas, un excellent sujet d'examen. Pour le traiter, citons le théorème, prononcé le 3 novembre 1974 par le chancelier social-démocrate allemand de l'époque, Helmut Schmidt : « Les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain ». On reproche souvent à la France de ne pas être moderne, pour ne pas s'inspirer des exemples étrangers et particulièrement de l'exemple allemand. Eh bien, les gens le savent-ils ? Au cours du quart de siècle passé, la France est le pays qui a tenté d'appliquer à la lettre le théorème de Schmidt. Elle est, de tous les pays développés, celui où le partage des richesses entre salaires et profits a été le plus favorable au capital. La part des profits dans la valeur ajoutée était de 25% en 1983. Elle est aujourd'hui de 35%.

Les entreprises consacrent-elles ces profits à l'investissement, comme le prédisait le théorème Schmidt ?
Les entreprises du CAC 40 n'en consacrent qu'une petite partie, insuffisante pour redresser notre courbe des taux d'investissement, orientée à la baisse depuis vingt ans, si bien que la France se désindustrialise. En 1970, 26% des bénéfices étaient versés aux actionnaires sous forme de dividendes. Les actionnaires reçoivent aujourd'hui 65% des profits.
Vous me direz que ces sommes ne sont pas perdues pour la croissance, puisqu'elles alimentent la consommation des détenteurs de titres. Ceci explique que la croissance française est presque exclusivement tirée par la consommation des classes aisées, qui sont aussi celles qui peuvent épargner.
Mais ceci est bien insuffisant pour aller chercher le point de croissance qui nous manque, même avec les dents, car les ménages à hauts revenus sont aussi ceux dont la propension à consommer est la plus faible. Lorsque vous gagnez plus de 20 fois le SMIC, vous consommez tout au plus la moitié de votre revenu, sauf si vous collectionnez les belles italiennes (les voitures de sport, bien entendu…). Le reste est consacré aux placements boursiers et à la spéculation immobilière.

Les profits d'hier n'ont donc pas été les investissements d'aujourd'hui ?
Pas assez ! Nos entreprises perdent donc en compétitivité. Le commerce extérieur est dans le rouge.
De plus, les profits des uns ont pour corollaire la baisse du pouvoir d'achat de la majorité des salariés.
Les écologistes ne le savent pas, mais nous sommes déjà en décroissance. Comme ils peuvent l'observer, même en décroissance, l'économie n'est pas forcément moins polluante. Son développement, loin d'être durable, est en tout cas tributaire de la consommation des classes riches, dont la propension à rouler en 4x4 dans l'Ouest parisien est immodérée…

Le dicton du jour :
Il est de l'économiste Keynes, qui écrivait en 1936 : « Les deux vices marquants du monde dans lequel nous vivons sont que le plein-emploi n'est pas assuré et que la répartition des revenus manque d'équité. »

Retrouvez « Les idées reçues de l'économie » de Liêm Hoang-Ngoc, en direct sur France Inter, du lundi au vendredi à 6h49.

 

Un autre militant nous a quittés récemment, en pleine campagne électorale.

 

Il s’agit de Vladimir Gestkoff, qui venait de rejoindre le MRC (journaliste, militant PS jusqu’en 2008). Il était proche de Gilles Leproust, nouveau maire d’Allonnes, près du Mans (voir sur ce blog, en catégorie « Municipales 2008 » l’article paru le 16 février 2008).

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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 18:04

Proche de Robert Buron, de Coluche et de Maria Nowak


C'est une personnalité de grande envergure qui s'est éteinte à l'âge de 87 ans, le 7 septembre 2007 à Paris et dont les obsèques se sont déroulées le 13 septembre à St-Berthevin. 

Cet évènement a fait l'objet ce jour d'un article dans le quotidien "Le Monde" (page Disparitions, 20 septembre) sous la signature de Maria Nowak, présidente de l'Association pour le droit à l'initiative économique (ADIE) et d'un autre dans "le Courrier de la Mayenne" (page Mayenne, 20 septembre). 

A mon tour d'évoquer Francis en reprenant l'essentiel de ces deux articles de presse et en ajoutant mon témoignage personnel. Car nos chemins se sont croisés à partir de 1973 à St-Berthevin. 

Francis Bour était marié à Denise Boisseau du Rocher, fille de l'ancien maire de St-Berthevin (dont le successeur a été Bernard Le Godais en 1965). Il avait créé le verger des Vallonnières et construit une belle maison près d'un petit bois au lieu-dit le Petit Gravier à St-Berthevin.

Francis, né à Paris le 22 avril 1920, était diplômé de Polytechnique, spécialisé en télécommunications. Il a participé à des cabinets ministériels avant de s'engager dans des organismes de coopération et de développement en Afrique (au Burkina, à Madagascar, au Sénégal, partout en mettant son énergie au service de l'agriculture africaine et des petits paysans). 

Retraité en 1985, il s'est engagé dans l'action sociale fondant, aux côtés de Coluche, les Restaurants du coeur. Il a fortement contribué à structurer l'organisation aux niveaux régional et départemental puis orienté les Restos vers les actions d'insertion (logement, travail, lutte contre l'illettrisme). "Le grand dessein de Francis était de permettre aux personnes accueillies de s'extraire durablement de leur détresse" (témoignage d'un responsable des Restos à l'issue de la cérémonie religieuse).

Maria Nowak est bien placée pour témoigner de son engagement dans le microcrédit. Il est cofondateur et trésorier de l'ADIE. "Grande figure du bénévolat, il savait combiner engagement et efficacité, autorité et modestie, pour agir concrètement au service des autres". 

Pour ma part, j'ai croisé le chemin de Francis Bour en 1973, au moment de mon adhésion au PS. Attiré à St-Berthevin par Michelle Legay, conseillère municipale et épouse de mon collègue professionnel et ami Daniel Legay, j'ai fait la connaissance de Francis, qui avait suivi Robert Buron en 1971 en adhérant au PS (ils s'étaient connus au MRP). Nous avons créé, tous les trois, la section PS de St-Berthevin, qui rassemblait alors une dizaine de membres.

Au-delà de nos différences d'approche politique, je me souviens que Francis aimait le débat, n'hésitant pas à provoquer l'interlocuteur, tout en respectant ses positions, même s'il est vrai qu'il aimait bien avoir raison, mais il n'était pas le seul dans ce cas...

Il s'était éloigné ensuite du PS. Je le revoyais de temps en temps, notamment après mon élection en tant que maire de St-Berthevin en 1990. Il m'avait toujours apporté son soutien au moment des élections et prenait plaisir à évoquer la situation locale.

C'était un homme de coeur, dans la ligne de Robert Buron, qui misait sur la capacité humaine de progresser, de s'amender, même quand les conditions sont difficiles.
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