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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 23:50

Déjà en 1992, il proposait trois réorientations majeures

 

Faire bouger les lignes, pour Jean-Pierre Chevènement, c’est amener François Hollande à se dégager du tropisme européen traditionnel du PS qui conduit à s’aligner sur les politiques européennes de récession avec, au bout du chemin, l’échec de la gauche.

 

Les déclarations d’intention ne suffisent pas. Que fera François Hollande, président, si l’Allemagne campe sur sa politique économique actuelle ? Saura-t-il s’engager dans une politique différente, contraire aux traités européens ?

Certes, il a un peu bougé, évoquant la surévaluation de l’euro et le maintien de la dissuasion nucléaire. Mais, c’est peu, au regard des difficultés qui attendent un futur président de gauche, dans le contexte de crise de l’euro et de l’Europe. Avec une industrie qui ne cesse de perdre de la substance.

 

Le 23 décembre 2011, j’écrivais ceci (voir Présidentielle : les conditions du soutien de Chevènement à Hollande) :

Le dialogue, cordial, entre les deux hommes remonte à loin. Voir Université d'été MRC à Valence : le dialogue Chevènement-Hollande. Il y a une volonté, de part et d’autre, de s’entendre. Jean-Pierre Chevènement ne cache pas qu’il est candidat par devoir et pour faire bouger les lignes, c’est-à-dire l’orientation de celui qui représentera la gauche au second tour de l’élection présidentielle.

 

Deux semaines plus tard, Jean-Pierre Chevènement semble se montrer plus pessimiste. Il constate que François Hollande ne prend pas les moyens de son autonomie par rapport aux orientations du PS et des accords PS-EELV. Il n’impose pas sa volonté et il est clair que, s’il n’est pas capable de s’affirmer vis-à-vis de Martine Aubry aujourd’hui, il sera bien incapable d’imposer ses vues quand il sera face à Angela Merkel demain.

 

L’Europe est dominée par les choix allemands, fondés sur les traumatismes du passé. C’est une politique à courte vue, qui ne convient pas à la France.

Nous sommes comme le renard pris dans un piège, qui s’étrangle de plus en plus. Cette situation exige de prendre des mesures de nature à restaurer un peu de capacité de décision au niveau français.

François Hollande doit se hisser au niveau qui devra être le sien, s’il est élu président de la République. Son parcours jusqu’à présent ne plaide pas en sa faveur, ayant baigné longtemps dans l’idéologie européiste de Jacques Delors, puis ayant soutenu tous les traité européens, de Maastricht en 1992 au traité constitutionnel européen en 2005, puis au traité de Lisbonne en 2008.

Son parcours est à l’opposé de celui de Jean-Pierre Chevènement. Voir "En 2002, mon projet était en avance sur la crise". Chevènement était l'invité de Bourdin 2012 sur BFM TV et RMC mercredi 28 décembre 2011, répondant aux questions de Christophe Jakubyszyn.  

Université d'été MRC 2010 003 TJean-Pierre Chevènement était en avance en 2002. Il l'était déjà au moment de ratifier le traité de Maastricht. J'ai sous les yeux un article du Monde daté du 9 juillet 1992, intitulé "Inventer une autre Europe". Il annonce les crises qui suivront l'application du traité de Maastricht. Et il préconise trois réorientations :

1)       Simultanément revoir l'union monétaire et lancer une initiative européenne de croissance

2)       Affirmer clairement la vocation confédérale de l'Europe

3)       La construction européenne doit se faire avec la démocratie et non pas à ses dépens.

 

1)     Simultanément revoir l'union monétaire et lancer une initiative européenne de croissance

 

a) Revoir l’union monétaire.

Les critères de Maastricht, imposés par la Bundesbank, tournent le dos au bon sens. De combien de millions de chômeurs supplémentaires faudra-t-il payer l’aveuglement de technocrates asservis aux exigences du capital financier ? (…)

Mieux vaut concevoir un système de parités fixes et ajustables, sorte de Bretton-Woods européen, destiné à agréger progressivement les monnaies des pays qui auraient acquis la capacité d’en faire partie. L’écu serait la monnaie commune. Il entrerait dans la composition des réserves des banques centrales. Un mécanisme de compensation, inspiré de l’Union européenne des paiements, qui rendit jadis tant de servicesdans la reconstruction de l’Europe occidentale, faciliterait l’intégration de l’Europe de l’Est et du Maghreb dans le marché européen (…).

 

b) Une initiative européenne de croissance s’impose, en effet, aussi bien pour faire reculer le chômage à l’Ouest que pour stabiliser les démocraties nouvelles à l’Est et au Sud. Elle servirait aussi de locomotive à une reprise de l’activité économique mondiale.

Une telle initiative devrait favoriser un nouveau modèle d edéveloppement et reposer sur des projets concrets : réseaux TGV, sécurité nucléaire, environnement, réhabilitation des chemins de fer et des villes en Europe de l’Est, dépollution de la Méditerranée, politique industrielle dans les secteurs sensibles (automobile, électronique, aéronautique), préservation d’une industrie de défense européenne, projets spatiaux, aménagement du territoire (zones de conversion, régions périphériques, espace rural), politique sociale, tendant à réorganiser le procès de travail, à en aménager le temps, à mieux utiliser les compétences aujourd’hui négligées, bref, à faire intelligemment reculer le chômage. Enfin, politique commerciale, permettant de préserver nos équilibres sociaux et de gérer, de manière équilibrée, nos relations avec le Japon et les Etats-Unis.

Parce qu’une relance par l’investissement implique des financements considérables (de l’ordre de plusieurs centaines de milliards de francs par an), elle devrait reposer sur des politiques budgétaires coordonnées. Une telle politique d’inspiration clairement keynésienne, appuyée sur de grands projets de développement ou de mise à niveau, implique bien évidemment une rupture avec les critères de Maastricht et avec les modes de pensée monétaristes : soumission aux marchés financiers et sélection de projets en fonction de la seule rentabilité à court et à moyen terme (…).

 

2) Affirmer clairement la vocation confédérale de l'Europe (…)

 

3) La construction européenne doit se faire avec la démocratie et non pas à ses dépens.

 

Il est nécessaire de définir restrictivement les compétences des institutions européennes et le cadre dans lequel elles sont habilitées à intervenir.

 

Il faut rétablir le rôle des Parlements nationaux, non seulement à l’élaboration des textes dits communautaires, mais en soumettant à leur ratification les actes essentiels. Parce que les Parlements nationaux expriment pour l’essentiel la légitimité populaire, il faut privilégier la coopération des exécutifs et des législatifs nationaux sur la délégation systématique à des instances technocratiques, soustraites au contrôle des assemblées élues et qui rendent leurs décisions dans l’opacité et l’arbitraire.

 

Sur les seules décisions qui seront déléguées à l’échelon communautaire, sur la base de règles clairement définies, il faudra organiser un contrôle public et démocratique. La légitimité du Parlement européen n’a pas aujourd’hui de réalité. Je serais partisan, une fois redéfinies les compétences des institutions européennes d’élire les députés européens dans des circonscriptions, chaque pays disposant d’une représentation proportionnelle à sa population. Au moins les députés européens auraient-ils des comptes à rendre aux citoyens.

 

La dérive accélérée des institutions européennes vers une démocratie purement juridique et jurisprudentielle n’est pas acceptable. La démocratie citoyenne, celle de la volonté générale, est trop ancrée dans notre tradition pour que le peuple français, mais aussi beaucoup d’autres peuples européens, acceptent sans réagir de se voir dépossédés de leurs droits civiques, et leurs élus réduits au rôle de potiches.

 

Sinon l’arrogance des technocrates ne connaîtrait plus de bornes. L’inégalité devant la justice – a fortiori européenne – consacrerait le règne des oligarchies. Le citoyen garderait certes son bulletin de vote, mais la contrainte dite « européenne » ayant pris le visage de la fatalité antique, son vote serait privé d’effet. Le rideau du surnaturel tomberait sur la scène désormais désertée de la démocratie.

 

Revenons sur terre. L’Europe de Maastricht repose sur la croyance à un au-delà des nations. L’idéologie post-nationale fleurit chez nous, alors même qu’elle est passée de mode là où elle était née, de l’autre côté du Rhin après 1945.

Au fidéisme maastrichtien et à la croyance aux miracles, opposons la méthode expérimentale : partons des réalités, c’est-à-dire des nations, briques de base de la démocratie, pour donner corps et vie à l’idée européenne et l’identifier aux yeux des peuples à des projets et à des valeurs dignes d’inspirer l’enthousiasme.

 

Une Europe « européenne », démocratique et sociale, implique une France consciente d’elle-même.

Les valeurs de citoyenneté, de laïcité, d’antiracisme, font corps avec l’héritage de la République. La France est en Europe une puissance de mesure et d’équilibre. Elle est, par sa position géographique, une charnière essentielle entre le Nord et le Sud, qu’une fracture toujours plus profonde tend à séparer. Sur son rôle propre, repose, en priorité, l’avenir de la francophonie.

 

C’est parce que je crois en la France que je ne me résigne pas à l’Europe de Maastricht.

Et quelque chose me dit que le peuple français, tout assommé qu’il soit, comme aux plus beaux jours du Golfe, d’une propagande à sens unique, a envie, lui aussi, d’inventer une autre Europe.

 

Cet article est le 31ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 20:35

Avoir une vision plus réaliste et plus souple sur l'Europe

 

Quatre mois avant le premier tour de l’élection présidentielle, posons-nous la question : que faut-il pour qu’un candidat de gauche soit en position de rassembler une majorité du peuple français le 6 mai sur la base d’un projet alternatif crédible pour la France et pour l’Europe ?

A l’issue d’un entretien publié par Mediapart le 21 décembre (voir Chevènement: pourquoi je suis encore candidat, Jean-Pierre Chevènement  a répondu à la question « A quelles conditions pourriez-vous retirer cette candidature ? » (en faveur de François Hollande) :

Il faut qu'on s'entende mieux sur ce que pourrait être la croissance à l'échelle européenne. Comment l'organiser? Comment peser sur l'Allemagne et sur sa psychorigidité en matière monétaire? Nous devons être plus fermes sur la souveraineté de la France et sur l'avenir de la dissuasion nucléaire, sur notre indépendance à la fois militaire et diplomatique. Nous devons avoir une vision plus réaliste et plus souple sur l'Europe. Bien évidemment, l'accord PS-Verts ne nous engagera jamais. Et nous souhaitons que le candidat se souvienne qu'il est candidat à la présidence de la République et non dans une négociation type gauche plurielle. Cette combinaison politicienne ne conduit nulle part.

 

Le dialogue, cordial, entre les deux hommes remonte à loin. Voir Université d'été MRC à Valence : le dialogue Chevènement-Hollande. Il y a une volonté, de part et d’autre, de s’entendre. Jean-Pierre Chevènement ne cache pas qu’il est candidat par devoir et pour faire bouger les lignes, c’est-à-dire l’orientation de celui qui représentera la gauche au second tour de l’élection présidentielle.

Selon le JDD (21 décembre), François Hollande lance également un appel à Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) et candidat déclaré à la présidentielle. Selon lui, il "sera plus utile avec nous dans la poursuite de sa propre démarche". "Je suis pour cet élargissement", conclut le socialiste.

Selon Jean-Dominique Merchet (Marianne, 23 décembre), l’une des conditions posées par Chevènement est en bonne voie d’être acceptée : « dans un texte paru cette semaine dans le Nouvel Observateur (que l'on peut lire ici ), François Hollande se prononce très nettement en faveur de la dissuasion nucléaire, expliquant que "dans un monde désormais multipolaire et face à une menace multiforme, vouloir la paix ne saurait s’envisager par un désarmement unilatéral. Un responsable politique ne peut ignorer que l’histoire est tragique". " Nous disposons de moyens proportionnés et suffisants, que j’entends maintenir".

MRC national 005 TMais l’essentiel concerne l’Europe et l’euro. L’Europe, d’abord. Claude Nicolet (MRC Nord, voir Le blog de Claude Nicolet) le dit bien, dans un texte publié par Mediapart le 19 décembre : François Hollande ne peut pas ignorer le «non»

 

François Hollande, pour être élu, peut-il n'être que le candidat des partisans du «oui» à l'Europe? Cette question mérite d'être posée. L'idéal serait même que François Hollande y réponde. Après le dernier «sommet» européen, il a en effet déclaré qu'il renégocierait le traité prôné par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. C'est déjà ça. Mais ce n'est «que ça».

La situation actuelle n'est que le résultat d'un long processus. Celui qui de la fin des années 70 à aujourd'hui a tout fait pour déréguler, abaisser les droits de douanes, déséquilibrer les rapports de forces entre monnaies. L'euro n'est pas responsable de tout cela. Il n'a été que l'instrument efficace d'une idéologie, un outil parmi d'autres, dans la boite des néo-libéraux.

Or les contradictions sont aujourd'hui d'une telle puissance qu'elles finiront par l'emporter. La réaffirmation de la souveraineté allemande, éclatante suite à la décision du tribunal constitutionnel de Karlsruhe du 30 juin 2009, pose une question existentielle à la construction européenne, si cette dernière est conçue comme un projet politique à vocation fédérale. Sauf à dire et à refuser de voir ce qui crève les oreilles et les yeux: ce fédéralisme-là ne peut se faire qu'aux conditions de l'Allemagne et de ses intérêts. Dans cette perspective, ce qui est à craindre n'est pas la force de l'Allemagne, mais la faiblesse de la France. Il s'agira d'une hégémonie douce. Aucun conflit militaire n'est à craindre entre nos deux pays et c'est heureux, mais tous les discours sur la «germanophobie» des uns ou des autres sont ridicules et en réalité démagogiques. Leur seule fonction est classique: nous empêcher d'évoquer l'essentiel.
L'essentiel, c'est la disparition de la liberté des peuples et de la démocratie. C'est la mise en place de l'austérité, de la rigueur et de la mise en coupe réglée de l'héritage issu des luttes sociales et de la Seconde guerre mondiale au profit du marché.

Il faut reconnaître qu'à la fin des années 80, suite à l'effondrement du Mur de Berlin, on nous a vendu l'Europe au nom de l'amitié, de la paix perpétuelle et de la fraternité entre les peuples, alors qu'en réalité on achetait le néo-libéralisme des néo-conservateurs. Il y a eu tromperie sur la marchandise. On se souvient de la phrase de François Mitterrand: «La France est notre patrie, l'Europe est notre avenir.» Qu'en reste t-il aujourd'hui? François Hollande peut-il se faire l'héritier de cet effondrement?

Peut-il être élu sans tenir compte des arguments des partisans du «non» à Maastricht et au Traité constitutionnel européen? Peut-il être élu dans quelques mois sans s'adresser aux Français qui ont voté «non» à 55% le 29 mai 2005? Date historique, alors que tout a été fait pour en effacer l'importance. Je comprends la difficulté politique et intellectuelle dans laquelle François Hollande se trouve. Il doit en quelque sorte faire une révolution copernicienne. Pourquoi la désindustrialisation? Pourquoi la fuite de l'électorat populaire et ouvrier? Pourquoi cette profonde crise nationale? Pourquoi ce rejet des «élites»? Ignorer le «non» sera se condamner à la défaite politique et condamner la France aux dangereuses aventures.

 

Universite-d-ete-MRC-2011-029-T-copie-1.jpgEt cela concerne aussi et surtout l’euro. Christian Hutin, député MRC du Nord (voir Le blog de Christian Hutin), le dit bien dans une Tribune publiée sur le site Atlantico le 19 décembre : Resserrer la zone euro, c'est construire un nouveau mur de Berlin

 

De jour en jour, de semaine en semaine, de réunions internationales en sommets divers et variés, le feuilleton de la crise de la zone euro se déroule sous nos yeux. Rien n’y fait, l’euro se meurt tel le roi de Ionesco. L’absurdité le disputera bientôt à la tragédie.

Il ne faut pas se tromper d’analyse. Ce qui est en train de se jouer c’est l’avenir de la démocratie. Après la chute du mur de Berlin en 1989 qui résultait du rapport de force international issu de la seconde guerre mondiale, le continent européen s’apprête éventuellement à connaître une nouvelle division. Un nouveau mur de Berlin est en cours de construction avec un « noyau dur » monétaire qui regrouperait neuf pays de l’actuelle zone euro.

Il s’agit là d’un constat d’échec retentissant. L’euro aura profondément fractionné l’Europe. Les tensions entre les économies se sont accrues et avec elles les inégalités et la « tiers mondisation » de territoires entiers. Où en est la devise (dans tous les sens du terme) de l’Union européenne. « In varietate concordia ». Que l’on traduit par « Unie dans la diversité ». Divers nous le sommes de plus en plus et l’unité quant à elle s’éloigne. En outre le terme concordia renvoie aussi à l’idée de paix, d’entente harmonieuse…

Le recul démocratique est considérable puisque tout cela n’est conçu que par le durcissement de l’application des règles budgétaires et veut accélérer l’intégration fiscale européenne. L’erreur intellectuelle fondamentale est de considérer que ce qui échoue en ce moment pour les 17 États de la zone euro, réussira pour 9. L’effet sera exactement inverse et ne fera qu’accélérer le phénomène tel une gigantesque centrifugeuse.

Que deviendront alors les huit autres ? Livrés à leur sort ? Nous créerions alors au cœur même du continent une zone périphérique qui se viderait de sa substance. A-t-on pensé aux conséquences possibles ? Peut-on laisser l’Europe centrale et balkanique à la marge d’un système qui la mettra sous tension, coincée entre le monde germanique qui se retranchera au cœur de sa fragile forteresse budgétaire et industrielle et l’influence turque renaissante qui caracole sur un taux de croissance à faire pâlir d’envie ? Nul doute que la Russie ne pourrait se désintéresser de ce nouvel espace politique d’influence stratégique traditionnelle. Mesure-t-on ce que cela représente et peut signifier ?

Nous sommes et nous resterons différents dans nos structures économiques et sociales. Ce n’est pas un drame, c’est une réalité. Voilà des années qu’avec Jean-Pierre Chevènement, nous dénonçons le fonctionnement de l’euro. Dès le traité de Maastricht, nous avions démontré le vice fondamental qui ronge la monnaie unique. Il ne faut donc pas mettre en place un « camp monétaire et fiscal disciplinaire » mais un système qui permettra de mettre de la souplesse entre les États membres. Pour ce faire le passage de la monnaie unique à la monnaie commune doit être absolument pris en compte.

 Cet article est le 30ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

 

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 19:21

Notre démocratie est en état de décomposition avancée

 

 Jean-Pierre Chevènement, accueilli par Hervé et Sylvie Delogé sur leur exploitation

 

Chevènement Commer 301111 012 T1J’avais rendu compte des échanges entre Jean-Pierre Chevènement et les agriculteurs le 30 novembre en Mayenne (voir Chevènement très à l'aise avec les agriculteurs à Commer en Mayenne - 30 novembre 2011).

J’ai complété ce compte rendu par les articles de presse :  Chevènement bat campagne en Mayenne(Ouest-France, Alan Le Bloa, 1er décembre); « Jean-Pierre Chevènement dans l’intimité d’une ferme » (L’avenir agricole, Frédéric Gérard, 2 décembre) - voir Les arguments agricoles de Chevènement, bien reçus par les éleveurs - 2 décembre;

Après la visite de la ferme en Mayenne, communiqué de Chevènement - 4 décembre.

 

A noter que France Bleu Mayenne, qui fut l’une des premières radios publiques locales en France (Radio Mayenne en 1980), en a rendu compte dans ses journaux du 30 novembre et du 1er décembre.

 

Il restait l’hebdomadaire Le Courrier de la Mayenne, dans son édition du 8 décembre. Voici le texte signé Françoise Nouar : Jean-Pierre Chevènement en campagne

 

Il faut prolonger les quotas jusqu'en 2016

 

« Je suis soucieux de vos problèmes et de la manière dont on va faire évoluer la PAC. La base de notre pays c'est notre agriculture qui était la première d'Europe avant d'être devancée par l'Allemagne et les Pays-Bas. Il faut mettre en garde contre l'OMC ».

 

Mercredi (30 novembre) à Commer, le candidat à l'élection présidentielle, Jean-Pierre Chevènement, a discuté pendant deux heures avec des agriculteurs d'horizons divers.

Olivier Chemin, le président de la Coordination rurale de la Mayenne, des représentants de l'APLI et de la Confédération paysanne, lui ont exposé en détails la crise du lait depuis 2009 et leur espoir de mettre en place l'office du lait.

 

Hervé Delogé, qui précise que l'Apli est un mouvement asyndical,  ne peut taire son angoisse : «Vous vous rendez compte alors que nous sommes 65 000 producteurs de lait, ils ont prévu que l'on ne serait plus que 20 000 en 2020. C'est inquiétant !».

«Savez-vous que c'est la France, qui en s'abstenant (…), a mis fin aux quotas ?» leur demande l'ancien ministre qui poursuit «le jour où l'on aura perdu nos agriculteurs, on ne les retrouvera plus ! On est pris dans la mécanique bruxelloise. Quand nos ministres vont à Bruxelles, ils sont paralysés, ils n'ont aucune envie de réformer la PAC de manière sensée mais de s'adapter aux décisions de l'OMC. Tout est bureaucratique. On est  dans une logique absurde et n'y a pas de conscience politique pour remettre tout cela en ordre».

 

Le sénateur demande alors à la vingtaine d'agriculteurs quelles sont les solutions qu'ils préconisent.

«Depuis 2009, on n'est plus représentés par la FNPL. Nous ce que l'on veut c'est que le prix du lait soit fixé par cinq collèges représentant les producteurs, l'Etat, les industriels, les distributeurs et les consommateurs. Notre lait a une qualité irréprochable, il a un prix».

 

Et comment fonctionnera votre office du lait, s'enquiert l'homme politique. «Il y en aura un dans chaque pays dont le rôle sera d'adapter l'offre à la demande. Il est hors de question de surproduire, cela ne mène qu'à la ruine des pays émergents. Les industriels ont des aides pour stocker et après, lorsque le marché est saturé, les prix s'effondrent. C'est le beurre poudre qui fait notre malheur. Il faut en finir avec ce système. Au Canada, la production laitière s'adapte tous les mois à la demande et cela fonctionne très bien depuis 30 ans».

 

« Le problème, c'est la souveraineté alimentaire de la France, expose doucement une jeune femme blonde représentante de l'Apli dans la Manche, on est peut-être les derniers producteurs de lait et après, tout notre savoir-faire sera perdu. Nos élus s'exposent à une crise encore plus grave que la crise bancaire».

 

«Personne ne fait l'effort de repenser la politique agricole commune. C'est à désespérer de la politique, s'exclame l'homme politique qui s'afflige de la médiocrité des politiques et des journalistes avant de poursuivre L'objectif est d'assurer la souveraineté alimentaire et de maintenir le savoir-faire. Pour la filière lait, il faut revenir à un système de quotas assurant les besoins de l'Europe. Bien évidemment les produits agricoles doivent être retirés des négociations de l'OMC. Il ne faut plus que les industriels gèrent la production» déclare d'évidence l'homme du "non" à Maastricht avant de conclure désabusé

«Je ne sais pas si les élections servent encore à quelque chose, notre démocratie est dans un état de décomposition avancée, mais à un moment les peuples vont réagir. Il faut prolonger les quotas jusqu'en 2016 et se donner le temps de repenser la PAC. C'est une question vitale pour la France, il faut préserver les agriculteurs».



Cet article est le 29ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 23:54

Prix et revenus agricoles régulés, aides pour l’emploi

 

Chevenement-Commer-301111-012-T1.jpgDans la voiture qui le ramenait à la gare de Laval, le 30 novembre, après avoir visité la ferme de Hervé et Sylvie Delogé à Commer (53)*, Jean-Pierre Chevènement dictait par téléphone à son assistante ce texte, communiqué ensuite à l’AFP (qui ne l’a pas publié).

 

Monsieur Jean-Pierre Chevènement, candidat à l’élection présidentielle, a visité aujourd’hui 30 novembre une exploitation agricole d’une trentaine de vaches laitières à Commer (Mayenne).

 

Après la visite de la ferme sous la conduite des deux exploitants, Hervé et Sylvie Delogé, une table ronde  autour du candidat a réuni les représentants de l’APLI (Association des producteurs de lait indépendants), de la Confédération Paysanne, de la Coordination rurale et d’exploitants des environs.

 

Les échanges ont fait ressortir la nécessité de mieux réguler le revenu des producteurs en mettant en place une politique des prix rémunérateurs qui leur permette d’obtenir un revenu décent qui ne dépendra pas principalement des subventions.

 

Dans l’optique de la souveraineté alimentaire de l’Europe, Jean-Pierre Chevènement s’est prononcé pour la prolongation du système des quotas laitiers au-delà de 2015. Les aides directes de l’Europe pourraient mieux cibler l’emploi agricole qui doit cesser de baisser ainsi que des objectifs environnementaux. Le rôle directeur des prix permettrait aussi de faire financer la politique agricole autrement que par le canal budgétaire. Les agriculteurs, comme les finances publiques, trouveraient leur compte dans la révision devenue urgente d’une politique agricole commune qui, pour avoir trop déconnecté les revenus des prix, a sombré dans l’incohérence.

 

* Chevènement très à l'aise avec les agriculteurs à Commer en Mayenne - 30 novembre 2011

 Les arguments agricoles de Chevènement, bien reçus par les éleveurs - 2 décembre 2011

 

Cet article est le 28ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

 

 

 

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 22:45

Prolonger les quotas, sortir les produits agricoles de l’OMC

 

J’avais rendu compte des échanges entre Jean-Pierre Chevènement et les agriculteurs le 30 novembre en Mayenne (voir Chevènement très à l'aise avec les agriculteurs à Commer en Mayenne - 30 novembre 2011). 

 

Chevenement-Commer-301111-031-T.jpgVoici deux articles de presse, suite aux échanges dans la ferme de Hervé et Sylvie Delogé.

 

Chevènement bat campagne en Mayenne (Ouest-France, Alan Le Bloa, 1er décembre)

 

(…) Jean-Pierre Chevènement redit qu'il place sa campagne « au contact des forces productives ». Il prône le revenu, pas l'assistanat. « Le seul moyen d'assurer le revenu des producteurs, c'est de contrôler l'offre. Il faut rendre au prix son rôle directeur. » Opposant au traité de Maastricht en 1992, puis au traité constitutionnel européen en 2005, Jean-Pierre Chevènement critique encore et toujours « l'Europe libérale » et sa « monnaie unique » qu'il oppose à une « monnaie commune » à construire. Il défend la « souveraineté populaire », budgétaire et fiscale (…).

« Jean-Pierre Chevènement dans l’intimité d’une ferme » (L’avenir agricole, Frédéric Gérard, 2 décembre)

 

Mercredi après-midi, Jean-Pierre Chevènement s’est rendu chez Sylvie et Hervé Delogé, à Commer. Des engraisseurs de porcs (intégration) et des éleveurs laitiers engagés dans l’Apli. Il ne faut pas voir là une prise de position du sénateur du Territoire de Belfort : Michel Sorin, le relais du MRC (Mouvement républicain et citoyen) en Mayenne a suivi l’association des producteurs de lait indépendants depuis le début.

 

« Je suis là pour comprendre »

 

Le but de cette rencontre ne porte aucun enjeu électoral, assure-t-on : « Je suis venu enrichir ma perception de l’agriculture [au-delà de celle de la FNSEA, indiquera-t-il] pour la répercuter auprès des citoyens », explique ainsi lui-même le candidat à l’élection présidentielle de 2012. Son programme électoral est principalement axé sur la réindustrialisation du pays. Mais « les travailleurs de la terre sont utiles », et l’ancien ministre cherche à comprendre « pourquoi la première agriculture européenne est passée derrière celle de l’Allemagne, voire celle des Pays-Bas ».

 

Des membres de l’Apli mais aussi de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne sont là pour livrer leur analyse : le moins que l’on puisse dire, c’est que Jean-Pierre Chevènement a des arguments qui y font écho. « Il faut se donner plus de temps pour repenser la réforme de la PAC, une politique qui a perdu le sens qu’on lui avait donné autrefois. C’est devenu uniquement une chose très administrative, sans vue générale. On doit mettre en priorité la souveraineté alimentaire. Encadrer l’offre de production. Assurer des prix garantis. Plafonner des aides directes qui doivent avant tout servir l’installation et l’emploi ».

Au-delà de la politique communautaire, « il faut sortir les produits agricoles de l’OMC : les y placer a été une erreur monstrueuse ».

 

Face à des agriculteurs qui témoignent de résultats comptables tendus, et se privent de vacances, Jean-Pierre Chevènement pointe du doigt des dirigeants politiques « perdus face à la complexité de la mécanique bruxelloise ». Plus largement, le candidat du MRC appelle à être « pragmatique avec la construction de l’Europe : le modèle allemand ne peut être apposé à des pays structurés différemment. Qu’y souscrivent ceux qui veulent, et que les autres suivent plus ou moins, selon leur volonté ». En bref, que chacun avance à son rythme en Europe, avec des quotas agricoles pour tous ?

 

Cet article est le 27ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 23:57

Qui fera l’effort de repenser complètement la PAC ?

 

Arrivé à Laval ce midi par le train, Jean-Pierre Chevènement avait une courte conversation devant la gare avec Gérard Beillard, militant MRC 53, puis se dirigeait vers le restaurant où l’attendaient Stéphanie Denevault (France Bleu Mayenne) et Alan Le Bloa (Ouest-France, chef de la rédaction de Laval). La rédaction du Courrier de la Mayenne n’a pu être présente, en raison du bouclage de l’hebdomadaire (parution jeudi). Georges Minzière, militant MRC 53, déjeunait avec nous.

 

Comme indiqué sur le programme Chevènement en Mayenne le 30 novembre sur le thème de l'agriculture - 25 novembre 2011, le candidat à l’élection présidentielle était attendu en début d’après-midi sur la ferme de Hervé et Sylvie Delogé, le Bas du Buis à Commer, producteurs de lait.

 

Chevenement-Commer-301111-015-T.jpgStéphanie Denevault et Alan Le Bloa nous avaient suivis. Ils étaient rejoints par Frédéric Gérard, rédacteur de l’hebdomadaire L’avenir agricole et par Françoise Nouar d'un autre hebdo, Le Courrier de la Mayenne.

 

Les responsables des organisations agricoles fédérées dans l’Office du lait étaient présents, aux côtés de Hervé Delogé, membre du bureau 53 de l’Association des producteurs de lait indépendants (Apli), notamment Sébastien Bellier, président Apli 53, Pierre Bougeard et Maryline Chesnel, responsables Apli 50 (Manche), Olivier Chemin, président de la Coordination rurale 53, Patrick Lemétayer, président de l’OPL 53 (branche laitière de la Coordination rurale), ainsi que deux représentants de la Confédération paysanne 53, Gilbert Brizard et Maurice Epiard.

Le maire de Commer, Jean-Claude Font, était présent pour la visite (Michel Angot, maire de Mayenne et conseiller général était excusé).

Daniel Salé, responsable MRC 49, avait fait le déplacement. D’autres personnes étaient aussi présentes, tout l’après-midi.

 

Hervé et Sylvie Delogé ont d’abord présenté leur exploitation (statut juridique EARL avec eux deux) : 105 hectares (65 ha en prairies permanentes, 20 ha en maïs, 20 ha en blé, chaque année), en partie en propriété, en partie en location (le noyau central étant propriété familiale); 32 vaches laitières; 20 vaches allaitantes; 600 places de porcs en engraissement. Puis, ils ont proposé une visite rapide du corps de ferme.

 

Ensuite, place au débat dans une salle confortable, remarquablement aménagée. Jean-Pierre Chevènement demande aux responsables présents de présenter leurs réflexions sur la filière laitière.

 

Sébastien Bellier fait l’historique de l’Apli, association de producteurs de lait créée fin 2008 à l’initiative de Pascal Massol, en dehors des syndicats, afin de lutter pour des prix rémunérateurs (c’était la crise laitière, les prix étant alors très bas) et une régulation intelligente tenant compte des besoins des consommateurs (actuellement, les prix sont liés à la valorisation industrielle des produits mis sur le marché mondial (beurre et poudre de lait).

 

Maryline Chesnel précise : la volonté de l’Apli était que le mouvement de grève des livraisons lancé en septembre 2009 soit porté par l’ensemble des organisations syndicales. Mais la FNSEA a refusé de se joindre au mouvement.

 

Patrick Lemétayer est étonné que la gravité de la crise laitière n’ait pas davantage mobilisé les responsables politiques. Attendent-ils que la France en soit arrivé au catastrophique bilan du système danois (concentration des élevages, endettement démesuré) ?

 

Jean-Pierre Chevènement souligne que la suppression des quotas laitiers a été obtenue grâce à la France qui s’est abstenue. Les responsables politiques n’ont aucune volonté de réformer le système bureaucratique inefficace de Bruxelles.

 

Sébastien Bellier et Patrick Lemétayer insistent sur l’élément nouveau qu’a été la création de l’EMB (European Milk Board, formé par les organisations nationales adhérentes (Apli, OPL pour la France). L’EMB, pendant la crise, a rencontré les élus politiques au niveau européen, jouant son rôle de lobby, ce que ne faisait pas la FNPL à Bruxelles.

 

Pierre Bougeard évoque les insuffisances de l’interprofession laitière (CNIEL, composé des industriels, privés et coopératives, et des producteurs représentés exclusivement par la FNPL, branche laitière de la FNSEA) et ses ambiguïtés (la FNPL comprend des producteurs qui sont à la fois présidents de coopératives et représentants des producteurs).

Il est proposé un Office du lait dans chaque pays, afin de réguler le prix du lait, la coordination se faisant au sein de l’Agence de régulation européenne, qui regroupe les Offices du lait nationaux. L’objectif est de produire pour le marché européen, en adaptant l’offre à la demande. Il est tout à fait possible de nourrir les 9 milliards d’humains en 2050. Il suffit de faire preuve de réactivité.

Le Canada, sous l’impulsion des agriculteurs du Québec, ont mis en place, il y a plus de trente ans, un système de contingentement qui fonctionne à la satisfaction de tous, sans rien coûter aux contribuables.

Les producteurs de lait font face à des contraintes importantes que n’ont pas les céréaliers, par exemple. Pierre, à partir de son témoignage personnel (il est installé depuis 22 ans), constate le découragement de ses collègues. On va vers une crise plus grave.

Si la souveraineté alimentaire n’est pas prise en compte, si la politique libérale continue, les 65 000 producteurs actuels seront bientôt 20 000, tous localisés dans l’ouest de la France. Ancien adhérent de la FNSEA, il a vu que cela ne fonctionne pas. Il veut faire connaître le projet d’office du lait.

 

Jean-Pierre Chevènement constate que personne n’a fait l’effort de repenser la PAC. Il n’y a pas eu de prise de conscience politique. Le système est parti dans une logique absurde et folle. Comment la Commission européenne pourrait-elle porter l’intérêt général ? Elle en est bien incapable. Le système a été mal conçu. La PAC est bien loin de ses concepts d’origine. Il manque la vision large, la prise en compte de la sécurité alimentaire, la maîtrise de l’offre, la limitation des aides à six actifs par exploitation. Il faut revenir à un système de quotas.

 

Pierre Bougeard considère que l’agriculture ne devrait pas être dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Pascal Lamy ne doit pas imposer la loi de l’OMC en agriculture. Au Canada, en réduisant volontairement la production de 3%, ils ont contourné la loi qui oblige chaque pays à un minimum de 3% d’importation de lait. Chez eux, contrairement à l’Europe, ce ne sont pas les industriels qui gèrent les quotas. Par ailleurs, il est cocasse qu’au moment où l’Europe supprime les quotas, les USA les remettent en place.

 

Jean-Pierre Chevènement rappelle qu’il y aura des élections. La démocratie est dans un état de décomposition avancée. L’information est traitée superficiellement dans les grands médias. Or, c’est là que se forme l’esprit public. Les peuples doivent réagir.

Contrairement à ce qui est souvent dit, je ne suis pas antieuropéen. Je suis pour une autre politique au niveau européen. Il faut proroger le système de quotas laitiers jusqu’en 2017, ce qui laisse le temps nécessaire de la réflexion pour modifier le système et repenser la PAC. Son budget doit être réorienté au service de l’emploi. Il faut prendre en considération les contraintes de la production. Les vaches laitières, c’est un sacerdoce.

 

Olivier Chemin signale que, partout où le lait disparaît (dans les exploitations), il ne revient pas. Ce n’est pas par hasard.

 

Jean-Pierre Chevènement note qu’il y a beaucoup à repenser. Il faut rémunérer correctement ceux qui produisent et dont les conditions de production sont difficiles. Il y a des problèmes de revenus. Il faut revenir aux principes de la PAC.

 

Cet article est le 26ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012  

 

  

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 17:24

La crise de l’euro renforce la crédibilité du candidat

 

Une nouvelle étape vient d’être franchie avec la mise en ligne du site de campagne Chevènement 2012 comme l’a annoncé Julien Landfried ce 28 novembre : Chevenement2012.fr: c'est parti !

Le site de campagne présidentielle de Jean-Pierre Chevènement vient d'ouvrir ses portes : rendez-vous dès à présent sur www.chevenement2012.fr pour suivre en direct les coulisses de la campagne.

Vous y retrouverez le programme de Jean-Pierre Chevènement, ses dernières actualités et, surtout, les différentes manières dont vous pouvez contribuer à sa campagne. Que vous souhaitiez faire un don, rejoindre l'équipe des volontaires ou afficher votre soutien en ligne, toutes ces actions sont possibles en quelques clics.

Vous retrouverez également, très bientôt, le blog Chevènement : Vrai/Faux qui répondra par les faits aux diverses informations qui circulent sur Jean-Pierre Chevènement. Enfin, toutes les semaines, les abonnés à cette lettre recevront Le fil de la campagne, un point régulier sur la progression de sa campagne.

Pour diffuser les idées de Jean-Pierre Chevènement, n'hésitez pas à faire connaître ce site autour de vous, par mail ou sur les réseaux sociaux.

Julien @Landfried, responsable de la campagne en ligne

Le programme de Jean-Pierre Chevènement : Un résumé clair et concis du programme de Jean-Pierre Chevènement pour redresser la France.

Euro, industrie, sécurité, éducation, énergie, banques... En 10 points, Jean-Pierre Chevènement propose des idées claires pour redresser la France, avec des objectifs concrets à atteindre.
> A partager, pour faire bouger les lignes
10 propositions pour sortir la France de l'impasse :

A noter également :    Chevènement Le Mans 280111 002 T   Jean-Pierre Chevènement, parcours d'un homme d'Etat

 

« MES SOUTIENS POLITIQUES » : Le blog de Michel Sorin  en fait partie.

 

« AGENDA DE CAMPAGNE » - Mercredi 30 Novembre - Voir, à ce sujet : Chevènement en Mayenne le 30 novembre sur le thème de l'agriculture - 25 novembre 2011

Dans la presse

L'émission du 27 novembre 2011 "RTL 2012" accueille Jean-Pierre Chevènement

Bernard Poirette : Bonjour, Monsieur Jean Pierre Chevènement. Vous êtes candidat à la présidentielle depuis le 5 novembre, et vous avez dit, que c'était pour faire bouger les lignes à gauche. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire mettre la gauche, et la France à la hauteur des défis. Vous savez nous sommes dans une crise majeure, comme il n'y en a pas eu depuis la Deuxième Guerre mondiale, la monnaie unique est entrain de s'écrouler, où un pays comme l'Italie avec Super Mario, il emprunte encore à plus de 7%, c'est intenable quand il lui faut lever 300 milliards de dettes. Donc la situation est extrêmement grave, extrêmement préoccupante, et je veux marquer dans l'esprit des Français, quelques repères, une monnaie moins chère pour permettre la ré-industrialisation, la croissance, plutôt que la récession, la préservation de notre souveraineté, et enfin une Europe réaliste de type confédéral.

Alors justement, on va parler de l'Europe dans un instant, mais tout d'abord, si par extraordinaire, vous n'êtes pas au second tour, Monsieur Chevènement, est ce que vous appellerez à voter Hollande,  Hollande qui selon vous "s'est mis à la solde d'une secte fanatique" en signant avec les écologistes, ce pacte sur le nucléaire.

Écoutez, ma réaction, a peut-être été un peu vive, mais je venais de lire l'accord PS/Verts, qui non seulement sur le nucléaire, mais sur beaucoup d'autres sujets, le siège de la France au Conseil de sécurité de Nations Unies, la charte des langues minoritaires et régionales qui introduirait la co-officialité c'est à dire l'utilisation sur 70 idiomes sur le territoire national, qui serait  pour la conclusion d'actes de mariage, civils, notaires.
Tout ceci me parait extrêmement mal pensé. Ce n'est pas François Hollande qui a négocié ce texte, c'est le parti socialiste. Et comme disait Monsieur Cochet, Madame Aubry a été victime du syndrome de Stockholm pour avoir trop fréquenté Madame Cécile Duflot. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Monsieur Cochet dans les colonnes du Monde. Alors, je pense que François Hollande, ne peut pas être tenu par un accord si contraire aux intérêts de la France.

Mais si les socialistes renient ce pacte, au moins sur le volet nucléaire, est ce que vous retirez votre candidature, ou pas, vous irez  jusqu'au bout.

Et bien ce serait pour moi un élément très important, oui je suis prêt à faire bouger les lignes , je suis candidat pour faire bouger les lignes, pour faire passer un message par rapport à nos concitoyens et si François Hollande évolue, dans l'intérêt du pays, dans l'intérêt national, je ne fais pas de chantage, mais je pense que sur des points essentiels, à ce moment là, il est possible, je ne l'exclus pas, que je puisse, le moment venu retirer ma candidature.

Monsieur Chevènement,  dans la presse on évoque ce matin, on évoque le fait que Nicolas Sarkozy, dans quelques jours à Toulon, va défendre une réforme des traités européens pour tenter de sauver l'Euro... mais que ce sauvetage aura un prix extrêmement lourd, une perte de souveraineté nationale, et plus de pouvoir à la Commission de Bruxelles. Ça doit vous hérisser le poil non ?

Écoutez, donner un pouvoir d'intrusion budgétaire à la Commission Européenne, composée de 27 hauts fonctionnaires, qui n'ont aucune légitimité, dont personne ne connaît le nom c'est, je dirais, porter une grave atteinte à la démocratie, aux droits du Parlement. Le Parlement, il est né de l'idée qu'il fallait consentir à l'impôt, et le peuple y consent à travers ses représentants. Donc donner le pouvoir budgétaire à Bruxelles, ça aura des conséquences. Par exemple, notre posture militaire, croyez vous que la dissuasion nucléaire française restera à l'abri de tous ceux qui veulent absolument la voir disparaître. Ils sont très nombreux en Europe. Je ne parle pas seulement des Allemands, mais beaucoup d'autres, à la fois pacifistes et atlantistes. C'est un exemple que je prends, mais tous nos régimes sociaux vont se trouver en quelque sorte contrôlés à travers la Commission. Autant nommer Monsieur Trichet, premier ministre. Ça me parait aberrant, voilà à quoi ont conduit les institutions de la 5ème République qui étaient faites pour préserver l'indépendance nationale, et on va remettre la souveraineté monétaire, et sous prétexte de sauver la monnaie unique qui nous fait beaucoup de mal, parce qu'elle est surévaluée, et bien on va abandonner notre souveraineté budgétaire, fiscale et par conséquence notre indépendance diplomatique et militaire, c'est très grave.

Monsieur Chevènement, encore une question : pourquoi allez vous poursuivre en justice, la ville de paris de Paris en ce qui concerne la polémique sur votre logement, je rappelle aux auditeurs que vous occupez depuis 83, un logement de 120 m² près du Panthéon, 1.500 euros par mois, c'est un tarif miraculeux ..

Non, non, non j'occupe un logement à loyer libre, dont le prix est fixé par le  bailleur, la RIVP. Je suis locataire depuis 28 ans, par conséquent, la dernière revalorisation qu'a faite le bailleur, c'est 48%, je l'ai acceptée. Et bien, je ne peux pas supporter que le même bailleur distille dans la presse des rumeurs, une campagne de désinformation, trois jours après que je me sois déclaré candidat à l'élection présidentielle. Cette campagne est destinée à me faire taire, à brouiller mon message, donc j'ai demandé à mon avocat de saisir la justice.

Cet article est le 25ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012 

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 23:51

Echange d’idées entre le candidat et des agriculteurs

 

Voici le programme que j’ai adressé à la presse à l’occasion de la venue en Mayenne de Jean-Pierre Chevènement, candidat à l’élection présidentielle, qui souhaite écouter les propos d’agriculteurs qui étaient en colère il y a deux ans lors des grèves de livraisons de lait. Il dira ce qu’il en pense et comment il voit l’évolution de l’agriculture et de la Politique Agricole Commune (PAC).

 

Jean-Pierre Chevènement en Mayenne

sur le thème de l’agriculture - 30 novembre 2011

 

Voici le programme du déplacement en Mayenne, mercredi 30 novembre, de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d’honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), président de la Fondation Res Publica, ministre de la République sous les présidences de François Mitterrand et de Jacques Chirac, candidat à l’élection présidentielle 2012.

 

Rencontre avec la presse pendant le déjeuner, A La Bonne Auberge 170, rue de Bretagne à Laval, de 13h à 14h30 (il est demandé de s’inscrire).

 

Mayenne-Apli-180110-003-T.jpgAccueil à 15h à la ferme de Hervé et Sylvie Delogé, le Bas du Buis à Commer* (près de Mayenne). Photo : Hervé, à gauche, près d'un producteur de lait québécois, le 18 janvier 2010 à Mayenne.

 

Présentation de l’exploitation agricole, l’évolution de ses activités. Les difficultés de la production laitière. Grève des livraisons en septembre 2009 à l’initiative de l’Apli (Association des producteurs de lait indépendants).

 

Projet de réorganisation de la filière laitière en France et en Europe, présenté par Pierre Bougeard, jeune agriculteur près de la baie du Mont-St-Michel, président Apli 50.

 

Intervention de Jean-Pierre Chevènement.

 

Débat avec les agriculteurs présents et réponse aux représentants de la presse.

 

Au cours de ce déplacement en Mayenne, Jean-Pierre Chevènement, qui est candidat depuis le 6 novembre et progresse dans les sondages (voir Chevènement s'installe dans les débats et les sondages présidentiels - 23 novembre 2011), aura l’occasion de parler de l’agriculture, élément essentiel de l’économie productive du pays.

 

Voir La France doit reconstruire sa base productive (industrie, agriculture) - 16 novembre 2011

Chevènement, Res Publica et la dimension stratégique de l'agriculture - 10 novembre 2011

 

Le sénateur Jean-Pierre Chevènement a eu l’occasion d’intervenir sur la question agricole

 

Voir Négociations OMC, volet agricole : au Sénat, Chevènement propose - 26 juin 2009.

 

Il préconise une concurrence équitable dans les échanges internationaux et la réorientation de la Politique Agricole Commune sur la base de la sécurité alimentaire, qui peut être résumée ainsi

- autosuffisance agricole et alimentaire, au niveau européen et par grandes régions dans le monde ;

- soutien aux revenus et orientation des productions par le biais des marchés et des prix, en rompant avec les aides directes ;

- objectif de régulation souple (par le stockage, notamment), en y associant les producteurs et en recherchant un bon équilibre entre le système européen et les pays tiers.

 

* Commer est entre Laval et Mayenne, près de la RN 162 (route à droite en venant de Laval, 6 km après Martigné-sur-Mayenne). Au pied de l’église de Commer, prendre la direction de La Bazoge-Montpinçon et suivre l’indication « rue de la gare ». La ferme se situe dans le prolongement (3km), sur la gauche. 

 

Cet article est le 24ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 22:00

Pour mettre la gauche et la France à la hauteur des défis

« J'observe que tout est bon pour fuir le débat de fond. Insinuations odieuses, ou tout simplement ridicules comme celles de Mme Voynet. La monnaie unique peut nous quitter demain. C'est un étourdissant concert de tous les Maastrichtiens pour faire oublier les responsabilités qui sont les leurs et qui les empêche de voir les solutions qui, demain, seraient praticables pour permettre à la France de s'en sortir à moindres frais » (Jean-Pierre Chevènement, 18 novembre, Surtout fuir le débat de fond).

Le débat de fond finira par s’imposer, vu que notre pays s’approche d’une panne totale de financement, qui risque de déboucher sur une crise qui ébranlera les fondations de la République.

 

Simone Wapler, La Chronique Agora, 18 novembre :

(…) Certes, nous ne savons pas encore quand la France sera en cessation exacte de paiement. Mais ce que nous pouvons surveiller, c'est le taux auquel nos créditeurs acceptent de nous prêter de l'argent -- c'est-à-dire l'évolution des rendements de nos obligations souveraines. Dès qu'ils dépassent les 6%, un pays bascule dans l'insolvabilité. C'est ce qui s'est produit en Irlande, en Grèce, au Portugal, en Italie... et qui risque de se passer en France. A l'heure où j'écris ces lignes, ce taux est à 3,51%. Autrement dit, nous n'avons pas une grande marge de sécurité avant les 6%... Et je pense que tout pourrait aller très vite : sans croissance et sans accroissement des recettes fiscales, nous n'avons aucune solution pour combler nos déficits et rassurer nos créanciers. Et à quelques mois de l'échéance électorale de 2012, quel politicien aura assez de tripes pour regarder la situation en face ? Prédire la crise, annoncer des mesures d'austérité, inciter la population à se serrer la ceinture... comment se faire élire sur un tel programme ?

Il faudrait une volonté politique considérable pour renverser la situation ; au lieu de cela, l'élection présidentielle de 2012 ne servira sans doute qu'à révéler nos faiblesses (…).

 

Congr-s-MRC-2008-036.jpgNous connaissons un homme d’Etat, capable de mener le pays dans la tempête. C’est Chevènement. Voir Les 10 propositions de Chevènement pour sortir la France de l'impasse.

Téléchargez et distribuez le numéro de Citoyens Militants de décembre 2011, dont le texte, ci-après, à relire avec attention, car l’essentiel y est.

 

Chevènement : déclaration de candidature

 

1. Tout au long de cette année, j’ai beaucoup réfléchi et écouté. J’ai décidé d’être candidat à la présidence de la République en 2012, comme je l’avais annoncé, « pour faire bouger les lignes ». Pour mettre la gauche et la France à la hauteur des défis qui sont devant elles.

2. Nous sommes en effet à la veille de très fortes secousses. Avec la crise de l’euro, l’Europe se trouve dans l’oeil du cyclone.

3. Ceux qui nous dirigent ou qui aspirent à le faire, pas plus que nos gouvernants de 1940, ne se sont préparés à y faire face. Or, dans cette période de tempêtes, il faudra maintenir le cap des intérêts de la France et de la République, qu’ils ont souvent perdu de vue depuis longtemps (cf.8). C’est pourquoi je suis candidat, pour aider à trouver un chemin.

4. La crise de la monnaie unique a, en effet, sa cause dans la monnaie unique elle-même, que nos dirigeants ont soutenue tous ensemble, à Maastricht, il y a vingt ans. L’erreur du traité que j’ai combattu a consisté à vouloir transférer à un aréopage de banquiers irresponsables la souveraineté moné­taire de dix-sept pays très différents par leurs structures économiques, leurs langues, leurs cultures et leurs options politiques. Or, au lieu de converger, leurs économies ont divergé. L’écart s’est creusé entre l’Allemagne industrielle et excédentaire au Nord et les pays du Sud de l’Europe déficitaires et en voie de désindustrialisation rapide. La monnaie unique était censée unir. Elle divise. Les politiques de rigueur conjuguées conduisent à une récession généralisée.

5. Le sommet de Bruxelles n’a rien réglé. Il n’a posé que des rustines. Les res­sources disponibles du Fonds européen de solidarité financière sont insuffi­santes : 250 milliards face aux 3 400 milliards de dettes des cinq pays « sous tension ». Cette insuffisance ouvre la voie à l’ingérence extérieure. Après la Grèce, qui renâcle devant sa mise en tutelle, c’est le tour de l’Italie d’être attaquée et mise sous le contrôle du FMI. La rigueur s’impose par diktat. Au sommet du G20, à Cannes, la crise de l’euro a occulté le reste : la réforme du système monétaire international n’a pas progressé.

6. Il y a pourtant des solutions pour réconcilier l’Europe avec le progrès et avec la démocratie, essentiellement deux :

a) Pour sauver la monnaie unique, adosser le Fonds européen de solidarité financière aux ressources de la Banque Centrale européenne, comme l’avait proposé initialement le gouvernement français, afin de casser la spéculation. Donner à la Banque Centrale européenne les mêmes prérogatives que la Banque Centrale américaine qui détient 2 000 milliards de bons du Trésor américain et soutient la croissance aux Etats-Unis.

b) A défaut d’un accord du gouvernement allemand sur cette première solution, le compte à rebours de la dissociation de la zone euro est enclenché. Mais il est encore possible de limiter les dégâts :

- il faudrait organiser de manière négociée la mutation de la monnaie unique en monnaie commune, projet raisonnable, soutenu il y a une vingtaine d’années par M. Bérégovoy et par M. Balladur ;

- il faudrait pour cela négocier un système de parités stables et ajustables pour corriger les écarts de com­pétitivité entre les différents pays tout en préservant l’euro comme « toit européen commun ». Cet euro pourrait être utilisé dans les échanges extérieurs, les monnaies nationales étant réservées aux transac­tions internes. Il n’est pas déshonorant de rectifier une erreur et de revenir à un système monétaire moins rigide et plus souple.

 

7. Malheureusement les dirigeants de l’Europe ne sont pas capables de faire des choix viables et cohérents, soit pour sauver la monnaie unique en réformant son architecture, ce que j’ai toujours proposé, soit pour revenir à une monnaie commune, plus robuste. Ils manquent du plus élémentaire réalisme pour sortir de l’impasse à moindres frais.

 

8. Face aux secousses inévitables, il faut garder le cap des intérêts supérieurs de la France et de la République. Ceux qui nous dirigent ou aspirent à le faire, l’ont le plus souvent perdu de vue. Or, il n’est pas de cap pour qui ne connaît pas le port. Quels sont ces intérêts majeurs que dans les années à venir il faudra conserver à l’esprit ? J’en vois quatre :

a) D’abord une monnaie moins chère que l’euro actuel surévalué de 25 %. Une monnaie moins chère pour permettre la réindustrialisation. Notre base industrielle a rétréci de moitié depuis trente ans. Or, sans base productive solide, pas de protection sociale efficace ! Voilà trente ans que je le répète : une industrie moderne c’est la condition de tout le reste : exportations, recherche, emploi, y compris dans les services, avenir de la jeunesse.

b) Deuxièmement, il faut organiser une Europe de la croissance, avec politique monétaire active, une monnaie non surévaluée, un commerce ouvert aux concurrences loyales, un plan d’inves­tissements dans les secteurs d’avenir (transition énergétique, transports et villes durables, etc.). Il n’est pas normal que l’Europe soit le seul continent voué à la stagnation économique.

c) Troisièmement il faut préserver, avec la démocratie et les droits du Parlement, notre souveraine­té budgétaire et fiscale, sauvegarder notre indépendance en matière énergétique, de défense et de politique extérieure. Pas question de brader l’atout nucléaire de la France. Nos centrales nous donnent une électricité 40 % moins chère que celle qu’il faudrait produire en substitut. Pas question de laisser partir en fumée des centaines de milliards investis depuis un demi-siècle ! Pas question de sacrifier sur l’autel de la règle d’airain budgétaire, la dissuasion nucléaire qui garantit notre sécurité à long terme. Pas question de sacrifier non plus notre siège de membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU ou notre réseau diplomatique, le deuxième du monde.

d) Il faut enfin redresser l’Europe : construire une Europe européenne qui soit un pôle dans le monde multipolaire de demain. Une Europe non pas fédérale – ce n’est pas mûr – mais confédérale, appuyée sur ses nations et sur la démocratie qui vit en chacune d’elle, une Eu­rope à géométrie variable, avec une monnaie non pas unique mais commune. Pour construire cette « Europe européenne » une France forte est nécessaire.

9. Ces quatre grands repères ne sont guère présents à l’esprit de ceux qui nous dirigent ou aspirent à nous diriger.

a) Selon Nicolas Sarkozy, « si l’euro explose, l’Europe disparaît ». Cela n’a pas de sens. La Grande- Bretagne n’est pas dans l’euro mais elle est dans l’Europe. Celle-ci existait avant l’euro. Elle existera après. Nicolas Sarkozy nous dit qu’il faut coller à l’Allemagne. Il faut certes dialoguer avec elle mais en s’appuyant sur nos propres atouts. Nos modèles sont différents et nos intérêts peuvent l’être temporairement. Trouvons avec l’Allemagne les compromis nécessaires. Nicolas Sarkozy nous fixe l’horizon du « triple A ». Ce n’est pas un projet républicain dans lequel le peuple puisse se reconnaître. C’est transférer la souveraineté populaire aux agences de nota­tion ! Au total, Nicolas Sarkozy ne nous offre à travers la règle d’or – en fait d’airain – que l’horizon d’une austérité à perpétuité.

b) François Hollande refuse, lui, d’inscrire la règle d’or dans la Constitution mais il l’appliquerait, en réduisant dès 2013 le déficit budgétaire à 3 % du PIB. Je ne discerne pas la logique alternative qu’il propose. Il évoque les eurobonds mais l’Allemagne n’est pas prête à mutualiser sa dette avec celle des autres. Tout au plus accepterait-elle peut-être un emprunt européen pour finan­cer quelques travaux d’infrastructures…

c) Les invocations au fédéralisme qui se font entendre à gauche et à droite dissimulent le fait que ce fédéralisme ne peut être que coercitif et déboucher sur un espace disciplinaire.

Les Français ont besoin de repères clairs, sur l’Ecole, la sécurité, l’intégration, mais d’abord sur l’Europe car c’est par là que la maison brûle. Il faut donc une vision et d’abord pour remettre l’Europe sur ses pieds.

La France, depuis trop longtemps, minée par le doute, doit retrouver confiance en elle-même : les se­cousses sont inévitables et l’effort le sera aussi. Mais cet effort doit avoir un sens, et la justice être au rendez-vous.

Il faut enfin parler le langage de la vérité, y compris sur les moyens que nous prendrons. C’est le seul moyen d’éviter les déceptions après 2012. Nous ferons ainsi barrage à l’extrême droite.

Il faut remettre d’aplomb la République et refaire des citoyens. C’est pour cela que j’ai choisi de faire entendre ma voix.

 

Cet article est le 23ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 20:46

Les choix à faire pour une politique de redressement

 

Après avoir écrit un gros livre « La France est-elle finie ? » (prix du livre politique 2011), puis un autre, plus directement tourné vers l’élection présidentielle, « Sortir la France de l’impasse », voici 10 propositions avec lesquelles Jean-Pierre Chevènement veut lancer le débat présidentiel avec les français.

 

Chevènement Le Mans 280111 002 TRappel : Présidentielle 2012 : la candidature Chevènement est à double détente - 7 novembre 2011 ;  "Je veux redresser la France" - Entretien de Jean-Pierre Chevènement à L'Est républicain, 14 novembre 2011;  "Une France sans usines, c'est la fin de la France: il nous faut un euro moins cher!" - Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Radio France Politique, 13 octobre 2011. Il répondait aux questions de Jean-François Achilli, Marie-Eve Malouines, Hubert Huertas et Benoît Bouscarel.

 

10 PROPOSITIONS

 

POUR SORTIR LA FRANCE DE L’IMPASSE

 

 

Un plan A et un plan B pour l’euro

Plan A : Une Banque centrale européenne réformée, incluant dans ses statuts le soutien à la crois­sance et à l’emploi, ainsi qu’une politique de change. Gouvernement économique de la zone euro démocratiquement contrôlé. Politique de monétisation de la dette publique.

Plan B : Organiser la mutation de l’euro de monnaie unique en monnaie commune. L’euro-franc vaudrait 1 euro. Les monnaies nationales verraient leurs parités fixées dans une bande de fluctuation négociée pour tenir compte de la compétitivité relative des différents pays. Au sein de ce nouveau Système monétaire européen, l’euro constituerait un « toit commun européen ». Il serait utilisé dans les relations internationales.

Objectif : relancer la croissance en France et en Europe par une monnaie moins surévaluée et rendre possible la réindustrialisation de nos économies.

 

Une politique industrielle capable de sauver la protection sociale

Développer à nouveau une base industrielle, et ce, sur l’ensemble de la chaîne de valeur (recherche, conception, production, assemblage, marketing). L’Etat doit intervenir par une Banque Publique d’investissement, une politique de recherche et d’innovation, la mobilisation des élites des grandes écoles, les partenariats entre grandes entreprises et ETI/PME. Condition sine qua non d’une telle politique : un taux de change de l’euro ou de l’euro-franc compétitif.

Objectif : reconstituer une base productive à forte intensité technologique, capable de fournir des emplois nombreux et bien payés, un financement solide à la Sécurité sociale et un avenir à notre jeunesse.

 

Un secteur bancaire et financier remis sous contrôle

Par la nationalisation ou la mise sous tutelle des banques de dépôt, la séparation des activités com­merciales et de marché, la réglementation et l’interdiction de certaines pratiques bancaires.

Objectif : garantir l’épargne des français et le crédit aux entreprises ; mettre fin à la dictature des agences de notation et des marchés financiers ; réduire le poids de la finance dans l’économie.

 

Une politique de reprise en main de la dette publique et du déficit

Par la souscription directe de titres de dette par les particuliers ; par la consolidation des recettes fiscales par une politique de croissance et la mise à contribution des grandes entreprises.

Objectif : « nationaliser » la dette publique à moyen terme et la soustraire à la spéculation ; évi­ter des politiques d’austérité qui, tuant la croissance, augmenteraient encore le déficit et la dette ; renouer avec une contribution fiscale « normale » des grands groupes.

 

Un système social et fiscal orienté vers la reconstruction d’une base productive

Par un « retour à la normale » de la contribution des grands groupes (taxe forfaitaire sur le CA), le basculement des cotisations familiales et maladies vers des impôts à assiette large (TVA, CSG), la mise en place de droits antidumping social ou environnemental aux frontières de l’UE, ou à défaut, de celles de la France. Les Français les plus riches doivent participer à l’effort national par une taxa­tion accrue du patrimoine immobilier au-delà d’un certain seuil.

Objectif : accompagner la politique industrielle par une politique fiscale active favorable à l’industrie et à l’emploi, et construire un système fiscal robuste dans la mondialisation. Lutter contre les injus­tices par un partage plus juste de l’effort.

 

Une politique énergétique combinant indépendance, sécurité, technologie et réduction des gaz à effet de serre

Par la modernisation et la consolidation de la filière nucléaire, comme atout technologique de la France contrôlé par l’État et source d’élecricité bon marché, par l’investissement dans les énergies renouvelables (notamment l’énergie hydraulique et le solaire thermique), la recherche progressive d’économies d’énergie.

Objectif : assurer des prix stables et raisonnables aux Français, avec une énergie sûre et indépen­dante du contexte international

 

Un nouveau souffle pour l’école de la République

Par la priorité donnée à la lutte contre l’échec scolaire à l’école maternelle et primaire et à la for­mation de jeunes diplômés de niveau bac+3.

Objectif : réduire de 4 à 1 l’échec scolaire en maternelle primaire et porter à 50% le nombre de jeunes poursuivant leurs études jusqu’au niveau de la licence (bac + 3). Cette élévation du niveau d’éducation des jeunes sera par ailleurs un facteur décisif de la compétitivité de l’économie fran­çaise.

 

Une immigration maîtrisée, une intégration républicaine solide

Par l’ouverture de la naturalisation à tous ceux qui remplissent de simples critères d’intégration, à commencer par l’acquisition de la langue française, système préférable au droit de vote des étran­gers aux élections locales. Par un effort considérable de l’école pour les jeunes issus de l’immigra­tion.

Objectif : lutter contre la tendance à la communautarisation de la société française, affirmer le socle de valeurs républicaines qui fait du peuple français un peuple de citoyens.

 

Une sécurité renforcée, une justice plus efficace

Par une action tenace, qui ne s’accommode pas de virages incessants et de réformes mal préparées : prévenir autant que possible en resserant les liens entre la police et la population, dissuader en tout état de cause, et réprimer autant que nécessaire. La justice devra recevoir de nouveaux moyens et travailler plus étroitement avec les forces de police et de gendarmerie.

Objectif : réduire les violences faites aux personnes dans des proportions significatives (20%), traiter avec fermeté la question de la délinquance juvénile qui est un problème central pour de nom­breux quartiers.

 

Une France force d’équilibre entre les pôles de demain

Maintenir notre indépendance stratégique et faire de la France le principal vecteur d’une « Europe européenne », capable de maîtriser son destin et d’être elle-même un pôle dans le monde multipo­laire de demain.

Par un jeu assumé des atouts de la France, des coopérations européennes à géométrie variable, avec les pays qui le souhaitent, un renforcement de la coopération de la France avec le monde euro-médi­terranéen.

Objectif : Faire émerger une Confédération européenne démocratique et appuyée sur les nations. Placer la France au coeur des relations entre les pays développés, les pays émergents et les pays pauvres, notamment en Afrique.

 

Retrouvez la campagne en ligne de Jean-Pierre Chevènement sur : www.chevenement2012.fr

 

Cet article est le 22ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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