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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 12:05

Le candidat qui propose des solutions face à la crise

 

La preuve que la candidature Chevènement dérange ? Les propos de Michel Rocard, ce matin sur France Inter, clairvoyants sur l’énergie nucléaire mais inappropriés vis-à-vis de son éternel adversaire au sein du PS des années 1970-80. Rappel : Présidentielle 2012 : Chevènement candidat pour que la France gagne - 6 novembre 2011. 

Université d'été MRC 2011 063 TJean-Pierre Chevènement a toujours été indépendant, ne craignant pas les polémiques. Il a trouvé ce 7 novembre en Philippe Cohen, dans Marianne, un commentateur avisé de sa candidature. En effet, celle-ci est à double détente : d'abord en direction de François Hollande et, si le candidat PS ne montre pas suffisamment d'intérêt pour le programme de salut public, Chevènement se tournera vers l'ensemble des français.

 

Chevènement candidat, la balle est dans le camp d'Hollande

Personne n'y croyait et pourtant le sénateur de Belfort a annoncé samedi soir sur France 2 sa candidature à l'élection  présidentielle de 2012. Un remake de la catastrophe de 2002 ? Pas si sûr. Analyse.

Histoire ne se répète pas, elle bégaie. Beaucoup de commentateurs seront tentés d’interpréter la candidature de Jean-Pierre Chevènement comme une inutile répétition de la douloureuse expérience de 2002 : avec Jean-Luc Mélenchon, Éva Joly et à présent Jean-Pierre Chevènement, il ne manque plus qu'un candidat des radicaux de gauche, une nouvelle Christiane Taubira, pour réitérer la configuration de premier tour qui n’avait pas permis à Lionel Jospin de se qualifier pour le second en avril 2002. Et encore : à l’époque, en novembre 2001, Jean-Marie Le Pen était bien moins haut dans les sondages que sa fille aujourd’hui.

Pourtant, on aurait tort de décalquer purement et simplement la présidentielle de 2002 sur celle qui se prépare. La crise financière, et la forme particulière qu’elle revêt en Europe avec les dettes publiques, bouleverse tous les calculs pré-électoraux. On voit bien que la campagne de 2012 sera une campagne de temps de crise et que les événements viendront sans cesse percuter son bon déroulement. En outre, la cuvée Chevènement 2012 n’a pas grand-chose à voir avec celle de 2002. À l’époque, l'ex-maire de Belfort avait l’ambition de « turbuler » le système et de devenir ainsi le troisième homme de la campagne, ce qu’il fut un court moment, en janvier 2002
Cette foi-ci, l’ambition est autre. Il s’agit d’une candidature d’idées. Depuis sa semi-retraite politique, Chevènement s’est plongé dans le monde des idées. L’essentiel de ses activités s’est recentré autour de sa fondation fondation, Res publica. On y trouvera des textes et des débats sur les sujets à la fois essentiels et évités par la plupart des hommes et des femmes politiques : la géopolitique, les ambitions des grandes puissances (Chine, Allemagne), le Printemps arabe, l’industrie, la défense, etc.

Autre différence de taille, il n’y a pas, entre François Hollande et Jean-Pierre Chevènement, l’antagonisme qui existait entre ce dernier et Lionel Jospin. « Je ne suis pas candidat contre François Hollande » , a déclaré Chevènement au Parisien.
Les deux hommes dialoguent. Le candidat du PS respecte Chevènement, et il aurait tort de traiter sa décision avec mépris, comme seront tentés de lui suggérer certains de ses soutiens. François Hollande a montré, pendant et après les primaires, son extrême habileté politique. Il a soigneusement évité toute polémique avec ses concurrents, les ménageant même quand ils ne le ménageaient point. Nul doute qu’il cherchera à faire une place à Chevènement.

Autre chose est de savoir comment il le fera. 


Jean-Pierre Chevènement décevrait s’il se contentait de solder sa tentative, autrement dit de renoncer, contre quelques « circonscriptions » aux législatives, des «circos» comme on dit à présent dans les appareils de la gauche. Il est trop intelligent et aussi trop fier pour finir sa carrière dans des négociations d’appareil telles qu’elles sont en train de s’opérer entre le PS et Europe-Écologie-les-Verts. Pour François Hollande, la candidature Chevènement peut même s’avérer utile pour rééquilibrer le rapport des forces au sein de la gauche dans lequel, jusqu’alors, les Verts et le Modem – dont on ne connaît pas encore la trajectoire – semblent plus forts que le Front de gauche et la gauche républicaine.

En réalité, la candidature Chevènement – que ce dernier a décidé voici trois semaines, non sans hésitations, peu après les primaires PS – n’a de sens que si elle se situe par rapport à l’incroyable crise économique dans laquelle nous sommes installés. Chevènement a une vision singulière de la situation et propose une stratégie différente pour la France au moment où Nicolas Sarkozy, lui, continue de se raccrocher à Angela Merkel comme si le pays n’avait aucune marge de manœuvre. Chevènement propose une alternative articulée autour de quelques grands points :


1)  une nouvelle négociation avec l’Allemagne : soit notre partenaire accepte de modifier les statuts de la Banque centrale européenne (BCE) pour lui permettre d’élever un mur d’argent contre les attaques des marchés ; soit la France met en place un plan B et nous passons de la monnaie unique à la monnaie commune, permettant à chaque pays de retrouver les voies de la croissance.


2)  La nationalisation de la dette française par une souscription auprès des citoyens résidents.


3)  La reconstruction de l’industrie ravagée par un euro trop fort et l’absence de stratégie de l’État.


4)  La mise sous tutelle des banques par un plan comparable à celui que mit en place Roosevelt après la crise de 1929.

Pour imposer ses idées dans la campagne, Chevènement ne dispose que de peu de moyens en argent et en hommes. Sa campagne sera surtout médiatique. Il n’a obtenu pour l’heure que 250 promesses de signatures, toutes glanées à gauche, précise son staff. Le camp hollandiste, qui a déjà ignoré les prétentions du Che au Sénat, sous l'influence de Jean-Pierre Bel -  peut être tenté d’ignorer sa tentative en espérant qu’il n’ira pas au bout, ou encore qu’il ne dépasserait pas les 2% dans les intentions de vote.

Une phrase de Jean-Pierre Chevènement n’a sûrement pas échappé au candidat du PS, lorsqu’il a indiqué que l’on « pouvait aider François Hollande à se mettre à la hauteur »... Phrase qui peut certes paraître méprisante, mais qui peut aussi être interprétée comme une main tendue si, comme le suggère Arnaud Montebourg, le candidat du PS consent à écouter son message.

 

Cet article est le 21ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 18:16

Et si, cette fois-ci, c’était lui l’homme de la Nation ?

 

A six mois du second tour de l’élection présidentielle, le 6 mai 2012, le sénateur Chevènement s’est lancé avec une grande détermination dans la compétition électorale. Sans être sûr d’être candidat jusqu’au bout, mais en pensant que cette troisième tentative (en 2006, c’était un faux départ) pourrait être la bonne, qui sait ? Ce monde est si surprenant que tout peut arriver, y compris ce qui n’est pas prévu. N’oublions pas que les favoris à cette élection si particulière sont rarement les élus.

 

Ce qui me met sur la voie d’une surprise possible, ce sont deux indices : la gravité de la crise, comparable à celle des années 1930, d’une part et la petite forme du candidat sortant, qui sera présent dans la compétition, n’en doutons pas, d’autre part.

                                      

Université d'été MRC 2010 044 TJean-Pierre Chevènement est un des rares hommes d’Etat capables de transcender les clivages politiques. Il peut attirer des électorats qui, aujourd’hui, se prononcent pour les trois candidats les plus en vue ou se déclarent actuellement abstentionnistes.

 

Sa présence au second tour, dans le contexte de crise accentuée, est une possibilité, même si ce n’est pas le plus probable, j’en conviens… A défaut, il pourra influer sur les orientations du candidat de la gauche.  Il y a matière, comme on peut le constater au vu de ses déclarations de candidature.

 

Photo : Voir Université d'été MRC à Valence : le dialogue Chevènement-Hollande - 9 septembre 2010

"J'ai beaucoup réfléchi et j'ai décidé de me porter candidat". Jean-Pierre Chevènement a annoncé officiellement sa candidature à l’élection présidentielle de 2012 lors du 20h de France 2, samedi 5 novembre 2011. Il répondait aux questions de Laurent Delahousse.

A propos de la crise : Je suis un de ceux, avec le regretté Philippe Seguin, qui ont combattu le traité de Maastricht, la monnaie unique. Le vice est dans la monnaie unique car elle a juxtaposé 17 pays très différents par leurs structures économiques, leur langue, leur culture, leurs options politiques. Les écarts se sont creusés : l'Allemagne excédentaire, industrielle au nord et les pays d'Europe du sud, déficitaires, en voie de désindustrialisation. Il y a des courants républicains très différents qui, sans se dire ouvertement chevènementistes, défendent des idées proches de miennes et je salue le progrès des idées d'Arnaud Montebourg au sein du PS.

A propos de sa non-participation aux primaires socialistes : je me serais mis à la merci du résultat donc d'une ligne politique qui n'est pas la mienne.

Je pense qu'il y a deux solutions à la crise actuelle : soit on renforce la Banque centrale européenne et alors on peut garder la monnaie unique, soit on ne peut pas car l'Allemagne s'y refuse et il faut envisager la mutation de la monnaie unique en une monnaie commune.

J'ai beaucoup réfléchi et j'ai décidé de me porter candidat pour faire bouger les lignes c'est à dire pour mettre la gauche et la France à la hauteur des défis. Nous sommes dans l’œil du cyclone.

A propos de sa responsabilité dans le 21 avril 2002 : le problème est de savoir ce qu'ont dit les candidats. J'ai mis en garde contre l'omnipotence des marchés financiers, j'ai proposé de redresser l'Europe, de la réindustrialiser, de fixer des repères clairs en termes de sécurité, d'école. En 2002 j'avais le tort d'avoir raison avant tout le monde. Je n'accepte pas que ceux qui font le lit du Front national en se ralliant au néolibéralisme puissent me transformer en bouc émissaire.

A propos de François Hollande : c'est un homme intelligent. On peut l'aider à se mettre à la hauteur.

Je développerai quatre repères fondamentaux* dans la période troublée qui est devant nous : une monnaie moins chère pour permettre la réindustrialisation, la croissance plutôt que la récession, la souveraineté de la France, les droits du parlement c'est-à-dire souveraineté budgétaire et fiscale et enfin une Europe redressée, confédérale, démocratique. Je veux mettre d'aplomb la République.

* Quatre repères d’intérêt vital pour la France et la République

"Je veux avoir un débat franc, ouvert, devant tous les Français" - Entretien de Jean-Pierre Chevènement à BFM TV, 6 novembre 2011. Il répondait aux questions de Stéphanie de Muru et Rachid M’Barki.

 

Cet article est le 20ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 22:52

Maintenant, il faut un projet de redressement national

 

François Hollande a obtenu un résultat conforme aux prévisions* après le 1er tour. Il devance largement Martine Aubry, ce qui est logique, dans la mesure où il a une démarche de rassemblement des Français quand sa concurrente se place sur le terrain, plus technique, de la gestion gouvernementale. Mais l’essentiel de ce qui les différencie n’a pas été dit. Voir Primaire PS : le clivage Aubry-Hollande cache 2 stratégies différentes - 14 octobre 2011.  

Ainsi se clôt la primaire qui était une innovation du parti socialiste. Entre 2,5 et 3 millions d’électrices et d’électeurs ont participé aux deux tours de scrutin qui a abouti au choix du candidat à l’élection présidentielle. C’est une satisfaction. Mais on a pu constater que les candidats, en dehors de Montebourg, n’ont pas posé les vrais problèmes politiques, que sont l’euro et les moyens de sortir de la crise. Hollande va devoir s’exprimer davantage s’il veut rassembler au-delà de son parti. 

J’ai eu plaisir à rencontrer François Hollande récemment, à Marciac (Gers), le 4 août 2011, où s’achevaient les deux journées d’étude sur la Politique Agricole Commune (PAC), dans le cadre des Controverses de Marciac. Le candidat était venu serrer des mains des visiteurs du festival de jazz de Marciac, alors qu’il était en vacances en Aquitaine.

Mais, ce qui est plus significatif, j’avais pu lui parler en tête à tête à la fin de l’université d’été du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) le 6 septembre 2010 à Valence(Drôme) - je précise que François Hollande était le responsable national du PS quand j’en étais responsable en Mayenne, de 1997 à 2001, et que nous avions de bonnes relations. 

Université d'été MRC 2010 042 TA Valence, le candidat était déjà très affûté. Il avait présenté ses cinq orientations essentielles avant de débattre avec Jean-Pierre Chevènement dans des conditions de haut niveau.

 

Voir Université d'été MRC à Valence : le dialogue Chevènement-Hollande - 9 septembre 2010

Après avoir fait la liste des interrogations concernant la France de 2010, François Hollande précise les cinq défis à relever en 2012 :

-     La place de la France dans la mondialisation. Depuis dix ans, la France a reculé. Il faut retrouver un chemin productif. Il faut proposer au pays un pacte productif, et aux entreprises une logique coopérative tournée vers l’investissement.

-         La mutation écologique. La tendance est à renouveler les énergies, garder le nucléaire, moderniser sans catastrophisme. Les questions à régler : le coût lié à la taxe carbone, les déchets, le coût lié à l’augmentation du carburant.

-         La cohésion sociale et la redistribution. Les disparités se sont accrues entre les 2% les plus favorisés et le reste de la population. Il faudra une réforme fiscale transparente et réduire les déficits. Il n’est pas acceptable que 60% de l’endettement soit entre les mains de non résidents et que la charge de remboursement des emprunts soit le 2ème poste du budget.

-         La cohésion républicaine. Il s’agit de traduire les principes dans le quotidien : autorité, égalité, solidarité républicaines, fermeté face à la délinquance.

-         La jeunesse. Elle est sacrifiée (chômage, logement, sécurité, égalité…). Elle est électoralement minoritaire.  

Il faut rassembler la nation autour d’objectifs qui nous dépassent. Le rassemblement de la gauche est nécessaire au premier tour de l’élection présidentielle, ou au second. Le rêve français dans le récit national (en écho au rêve américain d’Obama), c’est l’égalité réelle, le progrès maîtrisé, les droits de l’Homme et du Citoyen (…).

 

Voir Présidentielle 2012 : vers un axe Montebourg Chevènement Hollande- 11 octobre 2011

François Hollande répond à Jean-Pierre Chevènement. Il commence par saluer ce qui est agréable et plaisant chez Jean-Pierre Chevènement, qui consiste à s’inscrire dans l’histoire longue ; nous sommes des acteurs d’un moment, continuateurs de ce qui a été fait avant nous. C’est le rêve du récit national. Actuellement, nous constatons la liquidation de l’esprit républicain. Jean-Pierre a raison d’aborder la politique planétaire, pas seulement hexagonale, avec le réalisme nécessaire.

Puis il revient sur les deux points mis en avant par Marie-Françoise Bechtel, animatrice du débat.

-          La crise n’est pas finie, les causes demeurent. Pas de régulation, sauf aux USA. Certains pays ont mis des taxes (Royaume-Uni, Allemagne). Il ne s’agit pas de moraliser ce qui n’a pas vocation à l’être. La spéculation sur les dettes souveraines n’est pas finie. La compétition entre Etats et marchés continue. En 2012, il y aura des déficits considérables, une croissance faible, une régulation à mettre en place.

-          L’Europe. En 2005, à propos du traité constitutionnel européen (TCE), il y a eu une grande controverse entre le oui, en faveur d’une autorité politique européenne, et le non.

Le traité de Lisbonne, avatar du TCE, n’a pas permis de disposer d’une force politique, face à la crise. Le refus du TCE n’a pas empêché l’Europe de dériver. Les traités ont été bousculés, sans que la croissance revienne. Il faut dépasser ce qui nous a, un moment, séparés. L’Europe à 27 n’a plus de sens, c’est un espace de droit et de vie commune. Il y avait une part d’utopie à vouloir faire une Europe fédérale, à dix, douze, pays, ce qui était l’idée initiale.

On revient à l’idée de Mitterrand : une confédération européenne. Avec quelques pays qui s’engagent (un noyau, monnaie unique, politiques coordonnées, pacte). Ce ne sera pas l’Europe d’avant, mais c’est une Europe nécessairement avec les Allemands.

En 2012, il faudra une gouvernance commune de l’euro. Entre Sarkozy (gouvernance à 16) et Merkel (à 27), c’est celle-ci qui a gagné. Le modèle allemand est tributaire du commerce mondial. Les excédents allemands sur la zone euro ne sont pas coopératifs. Le peuple allemand est traversé par des contradictions (baisse démographique et baisse de la demande intérieure). La gauche allemande est actuellement majoritaire.

Nous avons un devoir de cohésion sur la question européenne. Les citoyens s’étant mobilisés en 2005, il faut une clarification en 2012. La question de la valeur de l’euro nous a séparés. Entre 1997 et 2002, l’euro s’est déprécié de 20% par rapport aux autres monnaies. Depuis 2003, la valeur de l’euro a augmenté de 40% jusqu’en 2010. Les autres monnaies ont repris de la valeur en 2010 par rapport à l’euro. La Chine est un vrai problème, car sa monnaie est déstabilisatrice. La vocation de l’euro est la stabilité.

La donne ayant changé, nous devons donner des réponses communes à cette question de l’euro. Il n’est pas possible de se séparer sur la question européenne, sinon la gauche n’y arrivera pas.

Relancé par l’animatrice du débat, François Hollande  ajoute qu’il faut, à la fois, de la souplesse et de la force dans la gouvernance européenne. La plupart des pays européens font confiance en l’OTAN en matière de défense. L’idée européenne perd du terrain. Certes, l’idée d’un Etat européen n’est pas réaliste, même si c’est sympathique et utopique. Mais on se fait dépasser par les pays émergents. L’Europe est nécessaire, sinon les populismes s’imposeront. Un traité n’est plus possible. Le problème de l’Union, c’est de faire des enfants !

 

Université d'été MRC 2010 044 TJean-Pierre Chevènement constate que l’Europe avance en ordre dispersé. Le Secrétaire d’Etat américain, Kissinger, dans les années 1970, demandait le numéro de téléphone de l’Europe. En 2010, le président Obama ne pose pas cette question. Il téléphone à Merkel pour qu’elle soutienne le plan de financement à la Grèce, puis à Sarkozy. Celui-ci dit oui, aussitôt. Celle-là finit par s’y résigner. Obama n’a pas appelé Van Rompuy, Barroso ou Zapatero (l’Espagne avait la présidence tournante).

Il faut rompre avec « l’irreal » politique, selon l’expression d’Hubert Védrine. Il faut une volonté française et aller vers une Europe, république des peuples, en prenant appui sur la France et l’Allemagne. L’Europe de la non harmonisation fiscale a produit l’hypertrophie bancaire au Luxembourg.

Quant à l’euro, c’est clair, il ne faut pas accepter de sacrifier les intérêts français. Le Rhin, qui sépare la France et l’Allemagne, est beaucoup plus large qu’il n’y paraît.

Le sénateur du Territoire de Belfort se rend très souvent en Allemagne (3/4 d’heure par la route). Le nom Chevènement vient de la partie allemande de Fribourg en Suisse.

Non à l’au-delà des nations. Le PS, avec ses nuances et ses courants, lui semble compliqué. Il faudrait simplifier, clarifier, en vue de 2012.  

* Georges Sarre félicite François Hollande et l'invite à porter un projet politique alternatif en 2012

 

Cet article est le 19ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

 

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 22:54

2011 pourrait marquer la fin de la dérive libérale du PS

La primaire du PS s’achève dans des conditions moins fraternelles qu’elle n’avait commencé : Aubry qualifie Hollande de "candidat du système" (Le Monde, 14 octobre).

Des craintes se font jour. Ainsi Laurent Joffrin, dans le Nouvel Observateur, ce 14 octobre PRIMAIRE PS. Aubry cogne Hollande au risque de blesser la gauche.

La décision de Montebourg*, à titre personnel Arnaud Montebourg : "Je voterai pour Hollande" (Le Monde, 14 octobre) vient s’ajouter aux décisions des autres non finalistes, Royal, Valls et Baylet, isolant davantage Aubry.

Les chances de Hollande de l’emporter assez largement dimanche soir (55%) sont bien réelles. On voit des écologistes, qui voteront Joly au 1er tour, se porter au secours d’Aubry. Voir (Marianne, 14 octobre) Primaires PS : Des élus EE-LV appellent à voter Aubry.

 

Alors que les deux finalistes ont donné l’impression d’être très proches sur le fond de leurs orientations politiques, le clivage en train de se faire entre eux pourrait bien être historique, marquant la fin d’un PS enfermé dans une idéologie libérale, dont le point de départ date de 1983 (décision de Mitterrand d’ouvrir l’Europe au néolibéralisme anglo-saxon).

Cela fait penser à l’impuissance des socialistes avec Guy Mollet, vaincue par l’alliance surprenante entre Mauroy, Defferre, Chevènement et Mitterrand en 1971. Ceux qui étaient avec Guy Mollet étaient à la gauche de la SFIO. Leur stratégie les confinait à l’impuissance.
Aujourd’hui, c’est la stratégie qui sépare les deux protagonistes de la finale de la primaire, le 16 octobre. Il me semble que, derrière le clivage entre ces deux candidats, on va voir apparaître deux stratégies différentes en ce qui concerne la conquête du pouvoir. Celle d'Aubry prolonge ce que nous avons vu depuis dix ans : une gauche libérale-libertaire alliée aux écologistes, qui mènent la danse. Celle de Hollande est un retour à la République.

Nous vivons une période historique, qu’on se le dise !…

 

* Primaire PS : le vote Montebourg est un vote républicain et socialiste - 13 octobre 2011 

 

Cet article est le 18ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 22:52

La gauche en passe de fermer la parenthèse libérale ?

 

Le débat télévisé a attiré près de 6 millions de personnes, hier soir, sans que l'un ou l’autre des deux candidats, Martine Aubry ou François Hollande, ne fasse la différence (voir Primaire PS : Aubry et Hollande sont bien les deux enfants de Delors - 12 octobre 2011). 

 

Maintenant, il s’agit de faire un choix. Le mien serait conforme à ce que nous avons vu dans le débat : François a le profil rassembleur, plus présidentiel, et Martine est plus technique, comme le serait un premier ministre, après avoir dirigé la campagne à la tête du PS (je ne vote pas, mais je peux donner mon avis !)

 

Les deux se montrent disposés à prendre en compte les demandes d’Arnaud Montebourg (Nouvel Observateur, 13 octobre). 

Voir Aubry et Hollande ont répondu à Montebourg : l'heure du choix

 PRIMAIRE  et PS. Aubry, à gauche toute !

 

La droite s’en prend à Montebourg, sans bien comprendre ce qu’il veut et ce qu’il représente vraiment. Les réponses de Gaël Brustier à Rue89 sont très instructives. Voir Montebourg populiste ? « L'appel au peuple n'est pas dégueulasse ! » (Rue89, Mathieu Deslandes, 12 octobre).

 

Cet article est le 17ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 22:47

François Hollande continue de faire la course en tête

 

Après le débat télévisé, ce soir, Montebourg va peiner à faire son choix, qu’il devrait annoncer demain jeudi. Les deux candidats arrivés en tête de la primaire (voir Primaire PS 9 octobre : Montebourg fait souffler un vent rafraîchissant - 10 octobre 2011) ont débattu sur France 2 courtoisement, sans se distinguer beaucoup sur le fond et sans faire preuve de faiblesses, montrant qu’ils sont bien rôdés par la campagne électorale. 

François Aubry ou Martine Hollande, il faudra bien choisir ! (Gérald Andrieu et Philippe Cohen, Marianne, 12 octobre). Deux heures de débat d'une grande courtoisie - économie, social, mondialisation, Europe, institutions - n'ont pas vraiment permis de situer ce qui, au niveau des options et de la stratégie, permet de distinguer nettement les deux compétiteurs (…).

Dans l’après-midi, Ségolène Royal avait fait connaître sa décision de rallier François Hollande.

PRIMAIRE PS. Hollande-Royal : le mariage de raison (Nouvel Observateur, Serge Raffy, 12 octobre). Au-delà des motifs privés, le ralliement de la candidate malheureuse à son ex-compagnon se révèle être une revanche politique (…).

 

Les additions de voix du premier tour sont favorables à François Hollande (reports Royal, Valls et Baylet), ce qui fait plus de 50% avant la décision de Montebourg. On peut pressentir que le report des voix Montebourg sera partagé en trois tiers (Aubry, Hollande, abstention). La participation électorale pourrait bien diminuer dimanche sauf si des électeurs décidaient d’aller voter pour l’un ou pour l’autre, après être restés chez eux au premier tour - ce qui est probable.

En conclusion, l’avance de Hollande, acquise au premier tour (près de 9%) sera suffisante pour une large victoire au second tour. Certains, d’ailleurs, auront envie de conforter son avance afin de le renforcer face à la droite en vue du vrai scrutin du printemps prochain.

 

Cet article est le 16ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 18:08

Un programme réaliste pour rassembler la Nation

Il y a des informations très intéressantes dans l’article de Mathieu Deslandes, publié hier 10 octobre sur le site Rue89 sous le titre inapproprié Le chevènementiste, passé par Montebourg, ira chez Hollande.
C’est l’histoire de jeunes militants de Génération République, qui soutenaient Jean-Pierre Chevènement en 2002. Ils sont restés en relation amicale, en étant dispersés entre ceux qui sont restés avec Chevènement (Julien Landfried) et ceux qui sont partis au PS, avec Montebourg (Gaël Brustier et John Palacin), Hollande (Olivier Jouis) ou Valls (Sébastien Gros), sans compter celles et ceux qui sont allés ailleurs.

Cela m’a donné l’idée de rapprocher les interventions de Montebourg, Hollande et Chevènement, lors des trois dernières universités d’été du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC).

On constate que Montebourg voulait depuis 2002 sortir le PS du formol et que Hollande avait, en septembre 2010, les idées claires sur ce qu’il allait faire dans la perspective de l’élection présidentielle 2012. Quant à Chevènement, il a donné dans son livre « Sortir la France de l’impasse » ses propositions de solutions. Voir Pour "sortir la France de l'impasse", il faut une politique alternative (Julien Landfried, 10 octobre).

N’en déduisons pas trop vite que ces trois hommes vont se mettre ensemble dès maintenant en vue de l’élection présidentielle. Il me semble qu’il y a place pour une candidature Chevènement à côté de celle qui sortira de la primaire PS, avec désistement mutuel au second tour. Le président d’honneur du MRC en décidera prochainement, probablement avant la fin octobre.

Colloque mondialisation AM JPC 300811 014 TArnaud Montebourg (Toulouse, septembre 2009)

 

 Arnaud Montebourg veut rassembler la gauche sur de nouvelles bases - 20 novembre 2010 (résumé de son intervention lors de l’université d’été du MRC en septembre 2009 à Toulouse). 

Après le 21 avril 2002, il fallait reconstruire le socialisme, le monolithisme de la pensée du PS devenant dangereux. Il y eut le débat sur la position à prendre au référendum européen le 29 mai 2005. Au Parlement européen, les élus socialistes français s’alignaient sur le Parti Socialiste Européen (PSE), favorable dans tous les pays à la dérégulation.

Le PS présentait comme positif tout ce qui, dans les décisions internationales, allait dans ce sens. Pendant dix ans, il a été impossible de faire bouger le PS sur le libre-échange. La défaite de 2007 a eu un coût énorme pour la gauche.

Sarkozy a pu réconcilier la droite avec les couches populaires. Nous avons une société extrémiste, barbare. Que faut-il faire ? On ne le sait pas encore. Mais, dans les composantes de la gauche, il y a les éléments de renouvellement de l’offre politique. Il manque celui qui tiendra la plume. Comme Jean-François Kahn, je rends hommage à Jean-Pierre Chevènement (…).

Par le rassemblement de la gauche, il faut viser à transformer le système productif et la manière de vivre, en réunifiant les couches sociales sur la base de l’intérêt général et en mettant à contribution les multinationales. La mondialisation, qui est une dérégulation, spolie nos intérêts industriels, avec des conséquences sur les couches populaires, qui s’éloignent de nous.

Il faut aller vers des reconstructions originales, prenant appui sur l’internationalisme des travailleurs. La question européenne est centrale. Ce n’est plus seulement la question du oui ou du non de 2005. Je suis contre l’élargissement à la Turquie et à d’autres pays. Ce qu’il faudrait, c’est un gouvernement mendésiste qui s’appuie sur les citoyens. La France a des ressources politiques. Elle se relèvera par la démocratie. Comment sortir de ce bourbier ? L’euro survivra-t-il ? L’européen que je suis est inquiet (…).

 

Universite-d-ete-MRC-2010-042-T-copie-1.jpgFrançois Hollande (Valence, septembre 2010)

 

Université d'été MRC à Valence : le dialogue Chevènement-Hollande - 9 septembre 2010 

 

Après avoir fait la liste des interrogations concernant la France de 2010, François Hollande précise les cinq défis à relever en 2012 :

-     La place de la France dans la mondialisation. Depuis dix ans, la France a reculé. Il faut retrouver un chemin productif. Il faut proposer au pays un pacte productif, et aux entreprises une logique coopérative tournée vers l’investissement.

-         La mutation écologique. La tendance est à renouveler les énergies, garder le nucléaire, moderniser sans catastrophisme. Les questions à régler : le coût lié à la taxe carbone, les déchets, le coût lié à l’augmentation du carburant.

-         La cohésion sociale et la redistribution. Les disparités se sont accrues entre les 2% les plus favorisés et le reste de la population. Il faudra une réforme fiscale transparente et réduire les déficits. Il n’est pas acceptable que 60% de l’endettement soit entre les mains de non résidents et que la charge de remboursement des emprunts soit le 2ème poste du budget.

-         La cohésion républicaine. Il s’agit de traduire les principes dans le quotidien : autorité, égalité, solidarité républicaines, fermeté face à la délinquance.

-         La jeunesse. Elle est sacrifiée (chômage, logement, sécurité, égalité…). Elle est électoralement minoritaire.  

Il faut rassembler la nation autour d’objectifs qui nous dépassent. Le rassemblement de la gauche est nécessaire au premier tour de l’élection présidentielle, ou au second. Le rêve français dans le récit national (en écho au rêve américain d’Obama), c’est l’égalité réelle, le progrès maîtrisé, les droits de l’Homme et du Citoyen (…).

 

Jean-Pierre Chevènement (Carros, septembre 2011)

 

"Pour sortir la France de l’impasse, il nous faut armer les consciences, élever le niveau du débat, faire bouger les lignes".

(…) Chers camarades, je voudrais développer deux points :

L’impasse d’abord dans laquelle se trouve la France, une tragique impasse dont, je crois, l’opinion n’a pas encore pris totalement conscience malgré ce que nous a dit Philippe Guibert. « Un avenir friable à court terme pour chacun » ce n’est pas tout à fait la même chose que l’impasse historique au fond de laquelle nous nous trouvons désormais mais ça y ressemble. Ce sera mon premier point.
Et mon deuxième point, naturellement, c’est que nous devons
sortir la France de l’impasse et nous allons offrir un projet au peuple français. Nous allons faire surgir un recours. Ce sera difficile mais il y a un chemin.

D’abord la France se trouve dans une tragique impasse. Qui a pris le pouvoir ? Ce sont ces masses de capitaux qui, désormais libres à l’échelle du monde, sans aucune réglementation, comme si le monde était une cuvette, peuvent se déplacer d’un bout à l’autre de la planète avec la vitesse de la lumière, avec des mouvements d’amplification qui démentent tout ce qu’on a pu dire sur l’efficience des marchés. Vous vous souvenez de l’école de Chicago, Milton Friedman : on a dérégulé, on a déréglementé, on a supprimé tout ce qui permettait de mettre un peu de viscosité et on a prêté. D’immenses pyramides de dettes se sont édifiées, des sommes colossales de capitaux sont en circulation assoiffés de rentabilité et avides « d’effets de levier », mais des capitaux qui ne reposent que sur une confiance qui, aujourd’hui, s’étiole. Le montant des CDS - c’est un produit dérivé, plus exactement un produit d’assurance - représente quelque chose comme dix fois le PNB mondial. Il y a une totale déconnexion qui s’est opérée entre la sphère financière et l’économie réelle. Ces masses de capitaux qui ont pris le pouvoir, car une décision d’implantation a pour contrepartie une décision de fermeture, ces masses de capitaux assoiffés d’une rentabilité à 15 %, quelquefois même davantage, détruisent l’entreprise où les actionnaires ont pris le pas sur les salariés. Qui possède aujourd’hui Novartis demandais-je à un haut fonctionnaire? Qui détient son capital ? Réponse : On ne sait pas … Ce ne sont pas des Suisses … des anglo-Américains oui, au conseil d’administration. Mais on ne sait pas très bien quels fonds de placement ils représentent vraiment. C’est un univers mouvant.

Comment en est-on arrivé là ? Tout cela s’est fait en quatre temps : Dans le monde anglo-saxon : Thatcher-Reagan ; en Europe continentale : l’Acte Unique dont on ne dira jamais assez que c’est l’acte de dérégulation duquel ont procédé trois cents directives dont la plus connue est la libération des mouvements de capitaux, non seulement en Europe mais également vis-à-vis des pays tiers sans exception, y compris les paradis fiscaux, a ouvert la voie au capitalisme financier dont on voit aujourd’hui le naufrage. Puis vint la fin de l’URSS ; le ralliement de la Chine à l’économie de marché, puis son entrée à l’OMC, en 2001, sans que les problèmes de fond soient posés. La Chine c’est le modèle des petits dragons mais à l’échelle d’un pays de 1400 millions d’habitants avec un modèle de croissance qui est fondé essentiellement sur l’exportation et sur l’accueil d’entreprises délocalisées.

Nous sommes en présence, à travers le capitalisme financier globalisé, d’un nouveau Frankenstein, le monstre qui se retourne contre ses créateurs et qui s’attaque aujourd’hui aux Etats. Les Etats sont venus au secours des banques au moment de la crise des liquidités en 2008. Ils sont venus également à la rescousse quand nous étions confrontés à la récession de 2009. Mais aujourd’hui les marchés financiers dans lesquels il y a quand même les banques et leurs salles de marché, se retournent contre les Etats.
Il y a un conflit politique entre deux légitimités, la légitimité du capital et la légitimité démocratique qui s’exprime à travers les nations et les Etats quand ils sont évidemment des Etats démocratiques, quand ils sont des Etats républicains (…).

Rappel : Primaire PS 9 octobre : Montebourg fait souffler un vent rafraîchissant - 10 octobre 2011

Primaire PS : Montebourg emprunte une voie nouvelle, porteuse d'avenir - 9 octobre 2011

Pour sortir la France de l'impasse, Chevènement sera candidat en 2012 - 9 octobre 2011 

Cet article est le 15ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 22:40

2ème tour : François Hollande a les faveurs du pronostic

 

La procédure choisie par le PS pour désigner son candidat ou sa candidate à l’élection présidentielle a bien fonctionné jusqu’à ce jour, avec plus de deux millions de participants au premier tour, hier, au niveau national. La surprise de la journée est venue de la percée de Montebourg (17%), ce qui constitue un évènement porteur d’avenir, en raison de sa personnalité et des thèmes qu’il a développés pendant cette campagne s’adressant à l’électorat ayant vocation à voter pour le vainqueur, lors de l’élection présidentielle, les 22 avril et 6 mai 2012.

 

Le duel du second tour opposera un homme et une femme, un ancien premier secrétaire national du PS et celle qui l’a remplacé, l’ancien disciple de Jacques Delors et la fille du même Delors. L’avantage est à François Hollande (39%), qui devance Martine Aubry de 8% (31%). Les trois autres candidats se partagent les 13% restants : Ségolène Royal, très déçue (7%), Manuel Valls, satisfait de sa campagne (6%) et Jean-Michel Baylet (1%), heureux d’en finir avec une compétition qui n’était pas vraiment faite pour lui.

 

Éric Dupin, dans un article paru ce 10 octobre sur le site Rue89, a montré les contrastes géographiques entre les votes des candidats. Voir Géographie d'un vote : Martine des villes et François des champs

- Hollande solide dans l'Ouest de la France

- Martine cartonne dans les villes

- Montebourg, champion du rural et néorural

- Royal ne capte plus le « vote populaire »

- Valls plaît aux favorisés

Jean-Pierre Chevènement (MRC) a réagi très positivement à l’annonce du résultat :

Le vent se lève : Le score d'Arnaud Montebourg traduit l'existence forte à gauche des idées que nous portons visant à remettre en cause la mondialisation libérale. Les gens comprennent les conditions biaisées qui sont faites à l'économie française par la concurrence des pays à bas coûts et la surévaluation de l'euro, d'où découlent la désindustrialisation et le chômage qui frappe d'abord la jeunesse.
Ce score manifeste l
'exigence d'un redressement par rapport au social-libéralisme.
Nous avons besoin de règles, de protections, d
'un Etat stratège, d'une Europe de la croissance.
A l
'occasion du débat des primaires, la question de l'euro n'a pas été évoquée. Il serait temps de revoir les règles de l'euro, et notamment le rôle de la Banque centrale, sujet que Mme Merkel et M. Sarkozy se refusent à aborder.
Plus que jamais, il faut sortir la France de l
'impasse.

"Le succès d'Arnaud Montebourg m'a fait plutôt plaisir car il porte des idées que je crois justes" Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Laurent Ruquier et de son équipe pour l’émission "On va s'gêner" sur Europe 1, lundi 10 octobre 2011. Le succès d'Arnaud Montebourg m'a fait plutôt plaisir car il porte des idées que je crois justes. Cette mondialisation biaisée au profit de pays à très bas coûts, avec une euro surévalué par rapport au dollar et au yuan, aboutit à la désindustrialisation de la France, à un chômage de masse.

 Et maintenant ?

Colloque-mondialisation-Montebourg-JPC-300811-017-T.jpgEn vue du second tour, les regards sont tournés vers Arnaud Montebourg qui a précisé, ce soir, sur France 2, sa position. Voir Montebourg demande des engagements aux finalistes (Le Monde, 10 octobre). Le débat sur France 2 entre Aubry et Hollande aura lieu mercredi soir 12 octobre.

Mon avis : François Hollande est favori, car il est arrivé en tête (8% d’avance, ce n’est pas rien) et dispose d’une plus grande capacité de rassemblement de l’électorat. Il va bouger cette semaine alors que, la semaine dernière, il avait une attitude excessivement prudente, sur la défensive. En fait, pour des raisons diverses, tous les candidats écartés du second tour penchent plutôt du côté Hollande, qui est considéré comme étant le plus capable de gagner l’élection présidentielle.

Cet article est le 14ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 17:11

Comment l’Union européenne peut-elle relever les défis ?

 

Colloque avec Jean-Pierre Chevènement et Arnaud Montebourg: "L'Europe dans la mondialisation: que faire ?"

 

 

Universitéd'étéMRC2009 067 TMardi 30 Août 2011 - 19:00 - 22:00 H (accueil à 18h30)

101 rue de l'Université 75007 Paris

 

Présentation du colloque :

Forum de négociation comprenant désormais 27 pays, l’Union européenne fait face à de nombreux défis. L’enjeu de cette rencontre est de faire émerger des pistes concrètes pour permettre d’affronter la crise de l’euro qui se mue en crise de l’Europe.

Permettre à l’Europe de peser sur la marche du monde, de renforcer son autonomie, d’agir, tel est le but des réflexions de ce colloque.

19H00 : « PROTECTIONNISME, EURO & DEMOCRATIE »

Que peut l’Europe dans la mondialisation ? Comment agir ? Comment convaincre nos partenaires d’une réorientation des politiques économiques sur notre continent ? La place de l’Europe dans la mondialisation est au cœur des solutions politiques à apporter. L’urgence d’agir est désormais évidente face à la crise de l’euro.
Avec :
-
Jacques Sapir, économiste, auteur de « La Démondialisation », Le Seuil 2011

- Emmanuel Todd, démographe

- Olivier Ferrand, Président de Terra Nova

- Pascal Bruckner, philosophe, essayiste

20H30 : Arnaud Montebourg et  Jean-Pierre Chevènement échangeront sur leurs visions respectives de l’avenir de l’Europe.


Loin de confondre internationalisme et supranationalité mais attachés à l’idée européenne et au projet de la voir s’ériger en acteur indépendant face au G2, Arnaud Montebourg et Jean-Pierre Chevènement s’attacheront à définir leur vision de l’Europe, du rôle de la France dans celle-ci et du rapport au monde que peut entretenir notre continent…

Pour assister à ce colloque, envoyer un mél à l'adresse suivante en spécifiant votre nom et votre prénom : inscription.colloque30aout@gmail.com

http://www.desideesetdesreves.fr/content/l-europe-dans-la-mondialisation-que-faire

 

Cet article est le 13ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 16:22

La France doit se libérer des thèses néolibérales

 

L’empêchement de Strauss-Kahn pourrait être une opportunité pour la gauche en vue de l’élection présidentielle 2012. A condition qu’elle ose se passer de ses idées, aujourd’hui portées par le « think tank » Terra Nova, hier décrites dans le livre « La flamme et la cendre », paru en mars 2002, qui avait inspiré la campagne présidentielle de Jospin.

 

Deux citations de Jean-Pierre Chevènement :

 

1- Les classes populaires existent toujours autant. La classe ouvrière a pris des formes différentes : dans les emplois de services, dispersée géographiquement ; elle habite dans les grandes périphéries urbaines beaucoup plus que dans les banlieues "sensibles". Quantitativement, les ouvriers et employés pèsent autant que dans les années 1980. Oublier ces couches sociales sous prétexte qu'on pourrait additionner les minorités revendicatives, les communautés, emprunter à une catégorie qui n'est pas politique - la jeunesse - tout cela est une erreur !

(Présidentielle 2012 : la campagne de Chevènement se met en place - 14 mai 2011) 

 

2- Concernant le rapport de Terra Nova* : C'est le social-libéralisme dans sa pureté de cristal. C'est une gauche qui oublie le peuple. C'est une stratégie qui a échoué partout, celle qui consiste à additionner les minorités pour qu'elles se substituent aux ouvriers et employés, qui existent toujours et habitent dans les grandes périphéries urbaines, et qui sont effectivement des classes populaires différentes de celles qu'elles étaient dans les années 1960, mais qui n'en existent pas moins. Il faut leur redonner un horizon d'espérance et de promotion.

 (Chevènement s'est imposé à la table des candidats à la présidentielle - 11 mai 2011)

* Quand la gauche dit « adieu » aux ouvriers et employés (Hervé Nathan, Marianne2, 10 mai)

Terra Nova a écrit une note ravageuse intitulée « gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ? », qui dresse un constat de divorce entre la classe ouvrière et la social-démocratie. Le think tank imagine une nouvelle coalition centrée sur « les valeurs », rassemblant femmes, jeunes, minorités, diplômés.

 

L’avis d’un spécialiste, Gaël Brustier, coauteur du livre «Recherche peuple désespérément » :

 

Terra nova: le risque de l’impasse stratégique pour la gauche (tribune Marianne2, 16 mai). Gaël Brustier revient sur la note de Terra nova dont il détaille les erreurs, notamment dans la définition des classes sociales et le postulat de classes populaires fermées. Le think tank se trompe également pour lui dans l'analyse du passage au FN des voix anciennement communistes et dans la perception des stratégies électorales américaines.

 

Le rappel du livre de Strauss-Kahn « La flamme et la cendre », commenté par Serge Halimi (Le Monde Diplomatique, mars 2002)


Flamme bourgeoise, cendre prolétarienne

D’un discours de Jean Jaurès - « C’est nous qui sommes les vrais héritiers du foyer des aïeux ; nous en avons pris la flamme, vous n’en avez gardé que la cendre. » -, M. Dominique Strauss-Kahn a emprunté deux mots. Ils servent de titre à son dernier essai. Mais, une fois passée la page de garde, les rémanences politiques du tribun socialiste assassiné en 1914 sont particulièrement rares. Sur ce plan, on accordera volontiers à l’ancien ministre des finances de M. Lionel Jospin le crédit d’une certaine franchise. Car son propos théorise la rupture du Parti socialiste à la fois avec son histoire et avec ce qui constitua longtemps une fraction significative de sa base sociale. Depuis vingt ans, la gauche de gouvernement a appliqué des politiques favorables aux hauts revenus, y compris ceux du capital. Peut-être était-il temps pour cette gauche, pas très à gauche, de passer enfin par pertes et profits les exploités, après avoir sacrifié leurs intérêts en accomplissant le « sale boulot de la droite ».
Ce n’est donc pas entièrement par hasard que M. Strauss-Kahn raille ceux de ses camarades qui auraient « toujours eu peur de ne pas être assez à gauche ». Son ambition - « bâtir une société pacifiée et harmonieuse » - lui impose en effet de débarrasser son parti de la « caricature » présentant ses militants comme « les ennemis absolus de l’entreprise ». Ici, l’un des termes choisis dévoile utilement un paysage idéologique « moderne » en diable : « l’entreprise » de M. Strauss-Kahn semble mêler indistinctement ouvriers, employés, cadres et patrons. Et c’est précisément lorsqu’il s’agit d’évoquer l’harmonie sociale à laquelle il aspire que l’ancien ministre se montre le plus intéressant. Partant d’un discours ultra convenu sur l’« inadéquation » de la vieille définition « marxiste » des classes sociales, qu’il juge exagérément binaire du fait de la « possession par les salariés - ou du moins par une partie d’entre eux - d’une fraction de plus en plus importante du capital - acquise grâce à leur épargne », M. Strauss-Kahn en vient au fond de l’affaire. C’est ce « groupe intermédiaire », ce « corps central prolétaire mais héritier » (sic) qui doit, selon lui, faire l’objet de toutes les attentions. Il y a un quart de siècle, M. Valéry Giscard d’Estaing faisait carillonner la même antienne dans son livre Démocratie française.
Trois raisons justifieraient autant d’égards. D’abord, ce « groupe intermédiaire », défini par M. Strauss-Kahn avec une imprécision stupéfiante, serait celui que « les évolutions de nos sociétés malmènent le plus. Cela ne signifie pas évidemment qu’il appartienne au groupe le plus malheureux ». On le voit, le distinguo est subtil entre ceux que l’évolution économique déstabilise et ceux qui ont le malheur pour état permanent. Pourquoi faudrait-il privilégier les premiers ?
On en vient ici au second motif des inclinations du dirigeant socialiste : « Cette partie de la population, dont le sentiment profond est qu’elle mène une existence toujours plus dure et toujours plus complexe, est le socle même sur lequel repose notre démocratie. » Fondée sur un désir prioritaire de « stabilité » sociale, l’analyse rappelle alors, volens nolens, les justifications du suffrage censitaire entendues au cours du XIXe siècle ; elle fait presque écho aux craintes que les élans populaires suscitaient chez des penseurs libéraux comme Tocqueville. De fait, pour M. Strauss-Kahn, « ce sont les membres du groupe intermédiaire, constitué en immense partie de salariés, avisés, informés et éduqués, qui forment l’armature de notre société. Ils en assurent la stabilité, en raison même des objectifs intergénérationnels qu’ils poursuivent. Ces objectifs reposent sur la transmission à leurs enfants d’un patrimoine culturel et éducatif, d’une part, d’un patrimoine immobilier et quelquefois financier d’autre part, qui sont les signes de leur attachement à l’“économie de marché” ».
Un tel « attachement » semble donc devenu le garant du caractère raisonnable de ce groupe intermédiaire. Il est également décisif sur le plan politique : « Les couches sociales regroupées dans le terme générique d’“exclus” ne votent pas pour (la gauche), pour cette raison simple que, le plus souvent, elles ne votent pas du tout. Au risque de l’impuissance, (la gauche) se voit dans l’obligation de trouver à l’intérieur d’autres catégories sociales le soutien suffisant à sa politique. » On comprend mieux alors que, face à la présidente du Rassemblement pour la République, Mme Michèle Alliot-Marie, M. Strauss-Kahn ait expliqué en janvier dernier : « Vous avez raison de dire que le souci que nous devons avoir pour les dix ans qui viennent, c’est de nous occuper de façon très prioritaire de ce qui se passe dans les couches moyennes de notre pays. »
Restent les défavorisés, les vrais prolétaires, désormais évacués sous le vocable d’« exclus ». Jean Jaurès s’en souciait ; aucun des partis « de gouvernement » n’en veut plus. Dans le fil de son ouvrage, M. Strauss-Kahn admet même la méfiance quasiment aristocratique que ces pauvres lui inspirent, eux qui n’ont à transmettre ni patrimoine immobilier, ni actifs financiers, ni « attachement à l’économie de marché » : « Du groupe le plus défavorisé, on ne peut malheureusement pas toujours attendre une participation sereine à une démocratie parlementaire. Non pas qu’il se désintéresse de l’Histoire, mais ses irruptions s’y manifestent parfois dans la violence. » Les gueux inspireront toujours de la méfiance.

 

Cet article est le 12ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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