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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 23:48

Israël refoule une française mariée à un palestinien

 

Les ministres des affaires étrangères de l’Union européenne, réunis le 7 décembre, ont réagi à la politique israélienne de judaïsation de Jérusalem-Est. Ceci est à mettre au crédit de la présidence suédoise.

D'un côté la montée de la colère des colons juifs, ulcérés par l'annonce d'un moratoire partiel des constructions en Cisjordanie ; de l'autre, une dénonciation de plus en plus vive des Européens de la politique visant à judaïser Jérusalem-Est, dont les Palestiniens veulent faire la capitale de leur futur Etat indépendant : Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien, est aujourd'hui soumis à de fortes pressions croisées, tant sur le plan intérieur qu'international.

Lire la suite de cet article paru le 3 décembre sur le site du Monde Jérusalem-Est pèse sur les relations entre Israël et les Européens.


Voici la formulation finalement retenue par les Vingt-Sept :

“Le Conseil est profondément préoccupé par la situation à Jérusalem Est. Compte tenu des récents incidents, il appelle toutes les parties à s’abstenir de toute provocation. Le Conseil rappelle qu’il n’a jamais reconnu l’annexion de Jérusalem-Est [par Israël]. S’il doit y avoir une paix authentique [entre les deux parties], une voie doit être trouvée pour résoudre par la négociation le statut de Jérusalem comme future capitale de deux Etats. Le Conseil appelle à la réouverture des institutions palestiniennes à Jérusalem en conformément à la Feuille de route. Il invite également le gouvernement israélien à cesser toutes les formes de discriminations des Palestiniens à Jérusalem Est“.

Dans son point 2, les Européens précisent que “l’Union européenne ne reconnaîtra aucune modification aux frontières d’avant 1967, y compris en ce qui concerne Jérusalem, autres que celles convenues par les parties.”


Les Israéliens peuvent se satisfaire d’une formule moins radicale que la première mais qui porte pourtant en elle le principe de la division de la ville et qui critique assez franchement la politique israélienne.


Lire l’article du Monde paru le 8 décembre
 Les Européens appellent à une négociation sur le statut de Jérusalem

Le site Rue89 a publié, le 1er décembre, ce témoignage d’une française, Véronique Bontemps, chercheuse, sous le titre : J'ai été expulsée d'Israël parce que mariée à un Palestinien

Dimanche 22 novembre 2009 à 5h00 du matin, j'ai été expulsée du territoire israélien. Anthropologue, Française, je devais intervenir à une conférence à Jérusalem à l'invitation du Consulat général de France. Le problème pour les Israéliens, c'est que je suis mariée avec un Palestinien.

Je viens d'achever une thèse sur le patrimoine et l'identité locale à Naplouse, en Cisjordanie. Depuis 2004, j'y ai effectué des séjours de plusieurs mois, puis je revenais en France où je donne des cours à l'université.

Comme il est impossible de se rendre dans les Territoires occupés sans passer par Israël, qui en contrôle toutes les frontières, aériennes (l'aéroport Ben Gourion) ou terrestres (le pont Allenby), c'est auprès de l'Etat israélien qu'il me fallait solliciter un visa de tourisme de trois mois pour aller à Naplouse poursuivre mes recherches et rejoindre mon mari.

Depuis 2006, à chacun de mes passages, j'indiquais que je suis mariée avec un Palestinien, fournissant à la demande de la police son numéro de carte d'identité. J'ai souvent attendu des heures ; mais j'ai toujours obtenu un visa.

« Pourquoi est-ce que vous entrez et sortez tout le temps ? »

Samedi 21 novembre 2009, j'arrive par l'aéroport Ben Gourion de Tel Aviv vers 15 heures. En réponse à la question : « Quel est le motif de votre séjour en Israël ? », je présente ma lettre de mission. Quelques minutes plus tard, une policière arrive.

Elle prend mon passeport et m'intime de me rendre au centre de police, où je m'assieds face à une autre policière. Celle-ci tient à la main un feuillet qui comporte les dates de mes entrées et sorties du territoire israélien depuis 2005. « Pourquoi est-ce que vous entrez et sortez tout le temps ? », me demande-t-elle sèchement.

J'explique que je poursuis des recherches universitaires sur la région de Naplouse et que, par ailleurs, je suis mariée avec un Palestinien qui y habite. J'ajoute que ma visite a cette fois-ci des raisons professionnelles, même si je vais bien sûr voir mon mari.

Je tends une nouvelle fois ma lettre de mission. Oui, j'ai le numéro de téléphone de l'attaché culturel, oui, j'ai le numéro de carte d'identité de mon mari, oui, je reprends l'avion cinq jours plus tard, voilà le billet.

Ils me traitent comme ils traitent les Palestiniens

La policière m'annonce qu'on va vérifier mes dires. 20 minutes plus tard, elle revient me voir :

« Comme vous êtes mariée avec un Palestinien, pour la sécurité d'Israël, nous ne pouvons vous laisser entrer. Vous devez faire demi-tour et revenir par le pont Allenby [la frontière terrestre avec la Jordanie]. Nous allons vous renvoyer en France. Vous prendrez l'avion à 5 h du matin. »

Je reste sans voix. Je suis venue en mission pour le Consulat français. Tous mes collègues sont entrés. Sauf moi, parce que je suis mariée avec un Palestinien. Les Palestiniens n'ont pas le droit de passer par l'aéroport ni d'entrer en Israël. On me traite donc comme un Palestinien. C'est-à-dire comme un citoyen de deuxième catégorie (…).

A noter un article publié par le site Le Grand Soir, reprenant une intervention de Julien Salingue lors d’un colloque à Dijon, les 19-20 novembre 2009 : Les dynamiques économiques palestiniennes (1967-2009)


Voir, à ce sujet, l’article paru sur ce blog
L'histoire de la Palestine le 10 octobre à Laval avec Julien Salingue - 7 novembre 2009.

  

L’AFPS Mayenne s’associe à la Marche internationale vers Gaza du 27/12/2009 au 01/01/2010. Un rassemblement est prévu à Laval le 29 décembre à 18h (à confirmer et préciser).


Cet article est le 23ème paru sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.

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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 21:20

Première rencontre de formation
AFPS 53 très réussie

 

L’association France Palestine Solidarité 53 (voir Laval : l'association de solidarité France Palestine Mayenne, relancée - 2 avril 2009) a organisé à Laval une rencontre de formation, sur un après-midi (voir Conférence et film sur l'histoire de la Palestine - Laval, le 10 octobre - 6 octobre 2009).  

La présence (voir photo, ci-contre) de Julien Salingre, professeur, spécialiste de la Palestine, a été un atout pour cette réunion, de même que le témoignage de Jean-Luc Bansard, qui revenait d’une tournée théâtrale en Palestine.

Voici le compte rendu qu’en a fait Morgan Legay, l’un des membres du bureau de l’association.

 

Compte rendu de la réunion du 10 octobre

 

Samedi 10 octobre 2009, l'Association France Palestine Solidarité en Mayenne (AFPS 53) et le CRIDES-Les 3 Mondes organisaient leur première rencontre de formation sur le thème de l'Histoire de la Palestine.

 

L'après-midi était animé par Jean Luc Bansard -qui revient tout juste d'une tournée théâtrale en Palestine1- et par Julien Salingue, doctorant spécialiste de la Palestine et professeur de Science Politique à Paris VIII - http://juliensalingue.over-blog.com.

 

Au cours de cet après-midi de formation, un public d'une trentaine de personnes a pu  visionner le film documentaire en 2 parties de Simone BITTON, HISTOIRE D'UNE TERRE. Porte d'entrée très pédagogique, ce film éclaire la situation actuelle d'occupation israélienne et en particulier la situation de blocus (culturel, militaire, économique) de la Palestine, produit d'une Histoire longue et mouvementée remontant à la fin du XIXème siècle.

 

En évoquant la fin de la période ottomane, la période du mandat britannique (1917-1947), période assez méconnue de l'Histoire de la Palestine, puis la période récente (de l'expulsion des Palestiniens et de la création de l'Etat d'Israël en 1948 à la conférence de Madrid de 1991), le film de Simone BITTON a fourni la base d'une discussion nourrie entre le public et Julien Salingue. Puis il a pu avec Jean Luc Bansard mieux expliquer la situation de la Palestine occupée d'aujourd'hui et les conséquences historiques de la mise en place des Accords d'Oslo en 1993.

 

Malgré les Accords d'Oslo, il apparaît aujourd'hui que les territoires palestiniens (Gaza et Cisjordanie) sont véritablement mis en coupe réglée. Fournissant chaque jour une main d'œuvre peu chère à Israël, les Palestiniens sont quotidiennement aux prises avec l'occupant : multiplication des contrôles aux « checkpoints », fait accompli de la colonisation israélienne qui s'accroît, construction du mur de séparation et répression militaire brutale sont le lot quotidien des Palestiniens.

 

Sans pouvoir véritable, l'Autorité Palestinienne (AP) ne gouverne seulement que la police et l'administration de 8 % des territoires palestiniens. Vassalisés de fait par l'Etat d'Israël depuis la mort de Yasser Arafat en 2004, ses dirigeants sont de plus en plus distants et ont de moins en moins de prises avec les réalités quotidiennes des Palestiniens confrontés à de nombreuses restrictions. Pour éviter la contestation, l'AP a favorisé la corruption au sein de la société palestinienne et encouragé le retour à la régulation sociale par les grandes familles sur des bases coutumières et religieuses.

 

De fait, l'AP apparaît en survie : elle est en conflit permanent avec la population palestinienne qui l'accuse de corruption et de collaboration -économique et policière- avec Israël et a été éliminée de Gaza par le Hamas en 2007. Jamais la fragmentation territoriale, politique et sociale de la Palestine, et les contradictions internes de la société palestinienne n'ont été aussi profondes.

 

Malgré tout, la guerre sale et brutale menée par Israël à Gaza l'hiver dernier a contribué à ressouder la population palestinienne. Même si elle apparaît de plus en plus épuisée par l'occupation et la répression.

 

Pour aider à son émancipation collective, le peuple palestinien a besoin de « solidarité » et non pas de charité. La solidarité se comprenant comme émancipatrice, elle doit se faire avec des interlocuteurs choisis et non corrompus. Ainsi, sur le plan éducatif, l'AFPS-53 s'associe aux démarches de la « société des amis d'Al Rowwad» qui vise à aider et développer les pratiques culturelles et l'éducation à ces pratiques culturelles dans le camp d'Aida3.

 

1 Pendant 10 jours à l'invitation de la compagnie palestinienne ALKAWATTI le théâtre du Tiroir et la compagnie Rire du Miroir ont bravé le blocus culturel dans 3 villes de Palestine occupée

2 http://www.amis-alrowwad.org/spip.php?rubrique46

3  Camp situé en Cisjordanie qui regroupe  les familles de 41 villages rasés en 1948 par les occupants. Les habitants de ce camp géré par l'UNRWA (agence de l'ONU chargée des réfugiés palestiniens) vivent dans des conditions de vie misérables et ont besoin d'une aide culturelle et économique


 

Aux premiers plans, Yvon Mohammad et Martine Libot

Pour en savoir plus, concernant l’histoire de la Palestine
, voir le blog de Julien Salingre, notamment les articles suivants : 

Un siècle de conflit entre le Sionisme et les Palestiniens - 27 04 09
«Les négociations au Proche-Orient n'aboutiront pas»
- Libération 18 septembre 2009  

Abbas s'en va, quel avenir pour le Fatah? – Libération, 6 novembre 2009

 

Projection du film Rachel de Simone Bitton

 

Par ailleurs, Jean-Luc Bansard avait annoncé la projection du film Rachel de Simone Bitton au Cinéville de Laval, à l’initiative d’Atmosphère 53 (voir Le film Rachel de Simone Bitton, fin novembre au Cinéville de Laval -  14 octobre 2009).

Cette projection aura lieu, en sa présence, mardi 1er décembre à 21h.

 

Marche de la liberté à Gaza 

 

L’AFPS s’associe à l’initiative « Marche de la Liberté à Gaza », le 1er janvier 2010 à Gaza, une initiative pacifique à laquelle sont appelés les citoyens du monde entier auprès des Palestiniens pour exiger la levée du blocus israélien illégal et inhumain. Nous ne pouvons pas laisser mourir Gaza. La situation qui prévaut au Proche-Orient, les violations des droits humains et nationaux du peuple palestinien, ne peuvent plus durer. Voir Gaza, marche de la Liberté, 1er janvier 2010.


L’AFPS 53 étudie de quelle façon elle pourrait s’impliquer à son niveau dans cette initiative internationale.
L'idée d'un rassemblement à Laval le 29 décembre à 18h est retenue. L'AFPS 53 et le collectif Palestine pourraient se réunir, à ce sujet, le 2 décembre à 20h (ou un autre jour de cette première semaine de décembre).

 

Cet article est le 22ème paru sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 10:13

La réalisatrice a présenté son film à Ramallah (Cisjordanie)

 

L’association mayennaise de solidarité pour la Palestine (AFPS 53) a organisé une Conférence et film sur l'histoire de la Palestine - Laval, le 10 octobre. J’y reviendrai.

 

Dans l’immédiat, Jean-Luc Bansard fait savoir que le film Rachel de Simone Bitton est programmé au Cinéville de Laval, dans la semaine du 25 novembre. N’étant pas disponible, il a lancé un appel à candidature pour le remplacer ce soir-là (animation du débat qui suivra la projection).

La réalisatrice Simone Bitton définit son film comme une "enquête cinématographique sur la mort d'une jeune fille, écrasée par un engin militaire dans un pays malade". "Cette jeune fille était américaine, l'engin était un bulldozer israélien, et le pays, c'est la Palestine et Israël, confie la cinéaste. Un lieu dont je ne cesse, film après film, de documenter le malheur et parfois la beauté. Mon enquête est rigoureuse. Comme l'affaire n'a jamais été jugée, je joue un peu le rôle d'un juge d'instruction, je " cuisine " les témoins, je relis les dépositions, j'examine les pièces à conviction, etc. Je détricote une montagne de versions et je laisse la vérité affleurer d'elle-même, sans commentaire. Cette rigueur est essentielle, car elle me permet d'aller plus loin, de transcender le sujet. Au cinéma, le résultat de l'enquête compte moins que le fait même d'enquêter. Il s'agit de filmer et d'observer des lieux, des gens, des objets ; de recueillir des paroles, des gestes et des silences. De faire jaillir l'émotion des matières les plus froides et les plus dures, comme les images d'une caméra de surveillance ou le métal lisse d'une table d'autopsie."

Ce travail d'enquête a duré environ trois ans et a représenté pour la réalisatrice de nombreux allers-retours entre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et Israël. Simone Bitton a notamment dû se montrer très opiniâtre avec les services de presse de l'armée israélienne. "Ces militaires sont serviables et efficaces, lorsque vous vous intéressez à quelque chose dont ils veulent parler, mais lorsque vous arrivez avec un sujet qui leur déplaît ils sont très forts pour vous mettre des bâtons dans les roues, confie la cinéaste. Je les ai tellement harcelés que finalement, pour se débarrasser de moi, ils m'ont accordé trente minutes d'entretien avec le Major Avital Leibovitch, qui est la propagandiste en chef de l'armée israélienne pour la presse étrangère."


Présentation de Simone Bitton


Née au Maroc en 1955 dans une famille juive traditionnelle, Simone Bitton a vécu en Israël à partir de l’âge de onze ans, puis elle a suivi des études de cinéma en France où elle s’est installée. Elle aime d’ailleurs dire que l’appartenance à ces trois cultures est une richesse et un privilège (elle a la double nationalité, israélienne et française).


Le site Rue89 a reproduit, récemment, les articles parus sur le blog de la réalisatrice.

Voir Simone Bitton | Rue89

 

Cet article est le 21ème paru sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.

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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 23:37

JL Bansard de retour d’une tournée théâtrale en Palestine

 

L’association mayennaise France Palestine Solidarité (voir sur ce blog Laval : l'association de solidarité France Palestine Mayenne, relancée - 2 avril 2009) et le CRIDES-Les 3 Mondes proposent leur première rencontre cinématographique, ouverte à tous :

 

Samedi 10 octobre 2009, de 14h à 18h,

Salle du Théâtre du Tiroir, 8 rue Jean Macé à Laval.

 

Le thème : l’histoire de la Palestine

 

Animateurs : Jean-Luc Bansard et Yvon Mohammad

 

Présentation d’un film documentaire de Simone Bitton*, "HISTOIRE d’une TERRE"

Commentaires de Julien Salingue, historien, spécialiste de la Palestine.

 


Message de Jean-Luc Bansard, de retour de Palestine :

 

Bonjour,

 

De retour d'une tournée théâtrale de 10 jours en Palestine occupée, je serai heureux de vous faire part de nos impressions quant à la situation que vivent les palestiniens sous l'occupation et en particulier  la manière dont ils résistent aux multiples blocus (culturel, militaire, économique) que leur impose l'armée d'occupation israélienne.

 

Une information que nous aimerions faire connaître :

 

CE SAMEDI 10 OCTOBRE, au théâtre du Tiroir, 8 rue jean Macé, se déroulera, ouverte à tous, une conférence, formation sur l'HISTOIRE DE LA PALESTINE.

De 14 h à 18h, le public pourra comprendre comment on en est arrivé à la situation actuelle grâce au film documentaire de SIMONE BITTON* , " HISTOIRE D'UNE TERRE"  et par les commentaires de Julien Salingue, historien, spécialiste de la Palestine, professeur à Sciences-Po

 

Le 29 septembre 2009, malgré l'interdiction faite aux palestiniens de fêter JÉRUSALEM CAPITALE CULTURELLE DU MONDE ARABE, le théâtre du Tiroir  a bravé le blocus culturel en présentant à la porte de Damas dans la vieille ville de Jérusalem son spectacle "PIÈCE DE COEUR". 

 

Les soldats de l'occupation, inquiets de la présence " terroriste" de ces masques blancs ont fait appel à l'autorité militaire pour connaître la conduite à tenir : mettre en prison ces personnages porteurs de rêves ou bien laisser faire. Les spectateurs palestiniens ont eux mêmes organisés le service d'ordre autour des trois comédiens français et le spectacle a pu avoir lieu. Il a conquis les passants aussi étonnés que les militaires.

 

Le théâtre du Tiroir et la compagnie Rire du Miroir ont ainsi répondu à l'invitation de la compagnie palestinienne ALKAWATTI qui a osé organiser contre le blocus culturel des militaires de l'occupation un événement intitulé "Jérusalem dans tous ses états".

 

Le spectacle a été joué 5 fois dans trois villes : JÉRUSALEM, BETHLÉEM, BEIT OMAR.

 

À Bethléem, dans le camp de réfugiés de AIDA, j'ai eu l'occasion d'encadrer un stage de formation au théâtre masqué pour des comédiens venant de Ramallah, Jérusalem et Bethléem à l'invitation de la ligue nationale de théâtre palestinienne et du Centre Culturel Alrowwad.

 " PIÈCE DE COEUR", le spectacle interprété par le Théâtre du Tiroir et la compagnie du Rire du miroir  s'est joué sous le mur de l'apartheid dans un théâtre de plein-air construit par le comité populaire du Camp de Aida.

 

Le camp de Aida regroupe  les familles de 41 villages de la Palestine historique, 41 villages qui ont été rasés en 1948 par les occupants.

 

Durant notre séjour, j'ai recueilli les témoignages des 2 vieilles femmes qui nous ont raconté leur exil d'il y a 61 ans et depuis lors leurs conditions de vie misérables à l'intérieur  du camp. Le représentant de l'association des prisonniers, qui a passé lui même 12 ans dans les prisons israéliennes, nous a raconté son calvaire au travers des 9 prisons dans lesquelles il a été emmuré.

 

Je suis à votre disposition pour vous faire part de cette aventure.

 

Merci de faire connaître l'initiative de la formation à l'Histoire de ce pays, organisée par l'ASSOCIATION FRANçAISE DE SOLIDARITÉ PALESTINE DE LA MAYENNE, conjointement avec le centre des Trois mondes.

 

Bien amicalement, 

jean luc bansard



Yvon Mohammad
(voir Gaza : rassemblement le 16 janvier à Laval pour l'arrêt des combats - 16 janvier 2009)


* Voir le blog de Simone Bitton (Rue89, 6 octobre) : L'émotion de présenter mon film devant un public mixte à Haïfa
 

Cet article est le 20ème paru sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 23:57

Un Fatah pour discuter avec le Hamas et avec Israël

 

Le congrès du Fatah, qui vient d’avoir lieu à Bethléem, en Cisjordanie, est, en soi, un évènement, puisque le précédent date de 1989, à Tunis. Mieux : ce congrès de la formation historique du mouvement palestinien est porteur d’espoir de paix, même s’il convient d’écrire cela avec beaucoup de précaution.

 

Les nouveaux membres de la direction ont combattu sur le territoire palestinien et plaident pour une profonde réforme interne du mouvement, la corruption et le népotisme ayant été pour beaucoup dans la déroute du Fatah, évincé de Gaza par le Hamas en juin 2007 (voir Le Monde, édito, 12 août, La mue du Fatah).

 

Un homme, Marwan Barghouti, détenu en Israël depuis sept ans pour « terrorisme » (il a été condamné à cinq peines de prison à perpétuité, en raison de son action pendant l’Intifada), a été élu au comité central. Sa libération est souvent évoquée, y compris par des ministres israéliens (voir l’article ce 12 août sur le site du Monde Les ministres israéliens divisés sur la libération de Marwan Barghouti).

 

Sur le site de l’Humanité, ce 12 août, Pierre Barbancey donne sa version du congrès (voir Mahmoud Abbas impose sa direction au Fatah).


Pierre Haski, sur Rue89, le 11 août, résumait la situation 
Israël : un ministre veut libérer Barghouti le « terroriste »


Sur ce même site, Ambroise Bouleis, le 4 août, avait résumé Palestine : d'Arafat à Abbas, 50 ans de combats du Fatah.

 

Le résultat de ce congrès semble plus positif que ne le prévoyait un observateur averti comme Gilles Paris (voir son article paru le 3 août sur le site du Monde Les Palestiniens en mal de représentation et de stratégie, par Gilles Paris).

 

Qui représente les Palestiniens ? Soixante ans après la création clandestine du Fatah (acronyme inversé du Mouvement de libération de la Palestine) au Koweït, la question n'est plus un argument israélien utilisé pour éviter d'entrer dans un processus de négociations jugé a priori trop coûteux. Le mouvement national palestinien, longtemps incarné par le seul Fatah, apparaît aujourd'hui pour ce qu'il est : en panne, perclus de divisions et de fractures. A tel point qu'il est peu probable que son congrès prévu le mardi 4 août à Bethléem après avoir été retardé pendant deux décennies, suffise à remettre ce mouvement en ordre de marche.

 

On peut dater le début de ses ratés avec le processus de paix d'Oslo, lancé en 1993, et qui promettait pourtant de traduire l'aspiration nationale palestinienne dans le cadre de la solution des deux Etats, une Palestine fondée en Cisjordanie et à Gaza. Le retour triomphal de l'OLP et de son chef, Yasser Arafat, dans l'étroite bande de terre, en 1994, précipita en effet une cassure historique avec la diaspora éparpillée dans les camps de réfugiés créés à partir de 1948. La création du Fatah et la "repalestinisation" d'une cause longtemps instrumentalisée pour leur seul profit par les Etats arabes de la périphérie, étaient en effet des produits des camps et étaient dirigés contre une élite palestinienne accusée d'avoir échoué face au projet sioniste. Cet éloignement contribua à "geler" la mobilisation de la diaspora. Les cadres du Fatah et de l'OLP y perdirent en puissance en donnant l'impression de privilégier désormais les Palestiniens "de l'intérieur" (…).

 

Sur le site de l’Humanité, il est rappelé que Salah Hamouri, jeune franco-palestinien, est détenu dans les geôles israéliennes depuis 1500 jours pour un délit imaginaire.

Voir aussi les informations sur ce qui est fait en Mayenne par l’ASFP : Laval : l'association de solidarité France Palestine Mayenne, relancée - 2 avril 2009.

 

Cet article est le 19ème paru sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.

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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 21:15

Les Iraniens veulent une société ouverte sur le monde

 

Ce qui se passe en Iran fait penser à l’Europe de l’est avant la chute du mur de Berlin. La jeunesse et la société aspirent à s’ouvrir sur le monde. Le pouvoir est divisé entre ceux qui veulent réformer le régime mis en place en 1979 et ceux qui veulent, par tous les moyens, empêcher la démocratisation du régime.

 

Avant 1989, en Europe de l’est, les régimes politiques avaient été imposés par le parti communiste de l’URSS. On pourra, peut-être, dire : avant 2009, le régime iranien avait été imposé par le guide suprême de la révolution islamique.

 

Dans les deux cas, les peuples, très éduqués, ont envie de vivre dans des démocraties à l’occidentale. De nombreux dirigeants sont persuadés que le régime en place n’est plus crédible.

 

Les conditions sont réunies en Iran pour un écroulement de la faction au pouvoir qui refuse un avenir démocratique et, à cette fin, n’a pas hésité à procéder à des manipulations électorales de haute volée (voir, sur ce blog, Iran : le fondamentalisme du régime, incompatible avec la démocratie - 18 juin 2009).

 

Et, maintenant, ce pouvoir utilise répression et procès contre les manifestants (voir, ce 8 août, sur le site du quotidien Le Monde Iran : Clotilde Reiss demande "pardon" à ses juges).

 

Le cas de cette universitaire française mérite le détour (voir Pourquoi le régime iranien a-t-il arrêté Clotilde Reiss ?, Le Monde, 9 juillet).

 

La fracture démocratique s’est introduite au sein de la classe dirigeante, religieuse et politique (le régime est, depuis 1979, une combinaison des deux).

 

Le guide suprême religieux, Ali Khamenei, qui coiffe le pouvoir politique du président Mahmoud Ahmadinejad, est, lui-même, remis en cause par les religieux les plus influents.

 

La Révolution de 1979 était religieuse et démocratique. Le pouvoir en place est menacé, car il a rompu avec la démocratie et ne répond plus aux attentes des religieux. C’est pourquoi tout est possible dans les mois qui viennent dans ce pays pas comme les autres.

 

Sur le site du Monde, le 5 août :

Chronologie : trois mois de contestation en Iran

Mahmoud Ahmadinejad a prêté serment devant le Parlement


Ahmadinejad, un président au pouvoir limité
(Hélène Bekmezian)

 

Depuis le 12 juin, le mouvement de protestation ne faiblit pas en Iran. La rue, emmenée par le leader de l'opposition, Mir Hossein Moussavi, réclame l'annulation du scrutin qui a de nouveau porté Mahmoud Ahmadinejad à la présidence.

 

Pourtant, après avoir été confirmé dans ses fonctions lundi par le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, M. Ahmadinejad a prêté serment, mercredi 5 août au matin, pour un nouveau mandat de quatre ans. De son côté, M. Moussavi a promis que l'opposition ne faiblirait pas pour autant. Dans quel sens se dirige désormais cette crise iranienne et y a-t-il un espoir qu'elle se résolve ? La chercheuse Fariba Adelkhah, spécialiste de l'Iran et de l'Asie mineure au Centre d'études et de recherches internationales, apporte son éclairage.

 

Le Parlement. "L'Iran est une République, le Parlement a un véritable pouvoir d'opposition qu'il peut utiliser et qu'il a déjà utilisé dans le passé", explique Mme Adelkhah. M. Ahmadinejad a encore devant lui deux semaines pour présenter les membres de son nouveau gouvernement aux députés pour obtenir un vote de confiance. 290 membres composent le Parlement, dont 80 issus de groupes minoritaires réformateurs et indépendants. "Le Parlement n'est pas acquis à M. Ahmadinejad. S'il n'accepte pas la composition du gouvernement que le président lui propose, il a le pouvoir de le destituer", précise Mme Adelkhah. Le Parlement avait été le premier à s'opposer à la nomination de Esfandiar Rahim Mashaie comme vice-président. Il a fini par démissionner, le 26 juillet.

 

Une crise constitutionnelle. Si l'ayatollah Khamenei, guide de la révolution, a confirmé l'élection de Mahmoud Ahmadinejad, ce n'est pas parce que les deux hommes sont particulièrement proches, explique Fariba Adelkhah. L'ayatollah Khamenei a surtout joué son rôle de gardien de la République, en faisant valoir les lois. "Remettre en cause le résultat de l'élection équivaudrait à reconnaître que le système est en panne, qu'aucune autre élection ne pourra plus jamais être organisée sans être contestée, à moins d'une réforme profonde de la Constitution". De plus, "la République tient sur un équilibre qui est le tandem Ali Khamenei-Hachemi Rafsandjani [président du Conseil de discernement d'Iran, un organe très puissant]. Or, cet équilibre n'est plus. Rafsandjani n'a pas assisté à la prestation de serment d'Ahmadinejad et s'est clairement opposé à l'ayatollah Khamenei. Il y a véritablement une crise, qui, je pense, ne peut que s'installer", estime Mme Adelkhah.

 

Une crise particulière et paradoxale. Mais pourtant, et c'est là l'originalité de cette crise, à aucun moment le régime du pays n'a été remis en question. "Jusqu'à présent, la République a toujours bien résisté aux crises qu'a traversées le pays. Mais, dans ce cas, les choses se compliquent car les protestataires n'ont rien contre la République. Au contraire, ceux qui protestent [Moussavi, Mohsen Rezaï, Mehdi Karoubi] sont des ténors de la République, ce sont ceux qui ont contribué à son évolution depuis le premier jour, ceux qui ont installé le système et qui veulent maintenant le réformer."

 

Mahmoud Ahmadinejad et ceux de son camp sont, eux, issus de la nouvelle génération. Ce sont des "self-made men" et des experts politiques pragmatiques, qui n'appartiennent pas à des clans politiques comme peuvent l'être les jeunes énarques en France. "C'est d'ailleurs là tout le paradoxe de cette crise, reprend Mme Adelkhah. La jeunesse iranienne soutient les anciens ténors, en place depuis des dizaines d'années, alors que le guide de la révolution soutient, lui, les acteurs du renouvellement de la classe politique". Ce qui tendrait à montrer que le peuple ne milite pas tant pour un projet politique que pour un changement de forme, pour obtenir une plus grande aura sur la scène internationale, avec une orientation plus occidentale.

 

Un président impuissant. "Ahmadinejad a épuisé son crédit parlementaire, au terme d'un mandat qui n'a pas été un franc succès", rappelle Fariba Adelkhah. Il vient aussi, avec cette crise, de perdre son crédit populaire et beaucoup de soutiens chez les conservateurs qui, notamment, n'ont pas approuvé la nomination de Rahim Mashaie comme vice-président. "C'est clairement une victoire à la Pyrrhus. Même s'il reste président, Ahmadinejad sera un élu auquel on ne laissera pas le pouvoir", conclut-elle.

 

Cet article est le 18ème paru sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.

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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 23:29

La société iranienne aspire à une ouverture sur le monde

 

Le pouvoir iranien a eu peur de la contagion démocratique et de la perspective de discuter avec Obama. Peur d’être amené à des concessions qui incitent le peuple à prendre toujours plus d’initiatives, mettant en cause les fondements du régime religieux, conservateur et dictatorial.

 

C’est pourquoi il s’est permis d’inventer un résultat des élections qui ne correspond en rien à celui des urnes.
Voir Iran : le fondamentalisme du régime, incompatible avec la démocratie - 18 juin 2009
et l’article paru sur le site du quotidien Le Monde le 15 juin sous le titre
Iran : la "troisième révolution" ?.

 

Pour l’heure, le régime a repris le contrôle des rues, par la force et en laissant faire suffisamment de violence pour que les manifestants restent chez eux. Mais la résistance est très vive au sein même du régime, attisée par la certitude partagée de la manipulation électorale. Au point que le président, prétendument réélu, n’est pas sûr de pouvoir former un gouvernement en respectant les formes légales.

 

Les plus grands dignitaires religieux refusent la tricherie et soutiennent la contestation. Les femmes étaient en première ligne avec les jeunes hommes dans les manifestations (voir Iran : les femmes en première ligne de la contestation, Le Monde, 26 juin).


La sévérité de la répression était mise en évidence, hier, par Jean-Pierre Perrin sur le site de Libération : Iran, la peur gagne du terrain.


Pour Obama : la légitimité de l'élection en Iran "pose question" (Le Monde, 23 juin). Le président des USA a réaffirmé, ce soir, qu’il n’entend pas changer de méthode. Il continuera de rechercher le dialogue avec tous les pays du Proche et du Moyen Orient.


Mais il admet que le comportement du pouvoir iranien avec son peuple aura des répercussions sur le contenu des propositions américaines (voir l’article paru ce 26 juin sur le site du Nouvel Observateur : Obama : la diplomatie avec l'Iran sera affectée).

A ce sujet, Riposte Laïque, qui a publié le livre « Les dessous du voile », refuse les intimidations de ceux qui soutiennent la dictature en Iran (voir l’article de Cyrano ce 26 juin dans Riposte Laique).

 
Cet article est le 17ème paru sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.

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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 23:37

Fuite en arrière, face aux aspirations de la jeunesse

 

Ce n’est pas de la fraude électorale. C’est un plan, préparé depuis longtemps, pour éviter la défaite électorale. Le président Ahmadinejad savait que le résultat des urnes lui serait défavorable. Il a persuadé le Guide suprême Khamenei (qui détient le pouvoir religieux, au-dessus du pouvoir politique en Iran) qu’il n’y avait pas d’autre solution que la fraude massive pour préserver son pouvoir.

 

Ainsi, pour éviter une « révolution de velours à la tchèque », les deux dirigeants ont opté pour une révolution de type autoritaire, une sorte de fuite en arrière, dont les conséquences sont imprévisibles.

 

Ces informations sont tirées de l’article paru le 16 juin sous la signature de Jean-Pierre Perrin dans Libération (cliquer sur le titre) :

Les dessous d’une élection fabriquée 

L’organisation de la fraude était d’abord destinée à sauver le pouvoir absolu du Guide suprême. Trois jours après le scrutin, le camp réformiste reste toujours aussi déterminé. Peut-il sortir vainqueur de cet affrontement ?


           Y a-t-il vraiment eu une fraude et de quelle ampleur?


Il semble que la fraude ait été préparée bien avant les élections
. Depuis les scrutins de décembre 2006 (municipales et Assemblée des experts, l’une des principales institutions de la République islamique), qui avaient été très défavorables à ses partisans, Ahmadinejad était sur la défensive. Il s’attendait, semble-t-il, à perdre cette présidentielle. A l’exception d’un sondage américain le donnant largement vainqueur, les autres enquêtes d’opinion, cette fois iraniennes, le donnaient battu.


D’après des informations glanées au ministère de l’Intérieur, des
bassidji («volontaires» des milices islamiques) sont venus, le jour du scrutin, remplacer certains fonctionnaires chargés de collecter les résultats. «Cette fraude est la conséquence d’un plan très sophistiqué, machiavélique, préparé de longue date, avec une feuille de route», souligne le chercheur Michel Makinsky.


Selon des fuites obtenues auprès d’experts dans ce même ministère, les vrais scores des candidats sont radicalement différents de ceux annoncés officiellement : le réformateur Mir Hussein Moussavi serait ainsi arrivé en tête avec 19 millions de voix (sur 42 millions de votants), devant le second candidat réformateur, Mehdi Karoubi, qui a recueilli 13 millions de suffrages, Ahmadinejad n’arrivant qu’en troisième position avec 5,7 millions. Dès lors, un second tour aurait dû avoir lieu sans la présence du candidat ultraradical.


Quel a été le rôle du Guide Ali Khamenei ?


Il semble qu’il était prêt à accepter la victoire de Moussavi. Ce serait Ahmadinejad qui l’aurait convaincu d’entériner la fraude et de le déclarer vainqueur avec les chiffres qu’il avait lui-même fabriqués. Le président sortant aurait emporté la décision du Guide en lui expliquant que les deux candidats arrivés en tête souhaitaient limiter son pouvoir absolu.


Est-on en train d’assister à une révolution ?


Avant les élections, Yadollah Javani, le chef des Gardiens de la révolution avait mis en garde contre les risques d’une «révolution de velours» semblable à celle qui avait triomphé du communisme en Tchécoslovaquie. Mais, pour le moment, le camp réformateur exige uniquement que le verdict des urnes soit respecté. A aucun moment, il n’a remis en cause la légitimité du régime islamique.


Après le scrutin qui les donnait perdants, les deux candidats réformateurs ont d’ailleurs voulu rencontrer immédiatement le Guide. Mais si les leaders réformateurs fédèrent tous les opposants à Ahmadinejad, une large partie des jeunes veulent aller plus loin et remettent en cause les valeurs islamiques, désirant une vie plus libre, plus à l’occidentale, moins corsetée par les interdits. Principal handicap de cette avant-garde, elle ne dispose d’aucune organisation, même clandestine. La mouvance réformatrice, elle-même très divisée, n’a pas non plus de véritables partis pour la représenter, hormis un syndicat étudiant. Les partisans de Mahmoud Ahmadinejad sont, eux, mieux structurés.


Que peut faire le pouvoir ?


A l’évidence, il y a aujourd’hui deux camps en Iran. La défaite d’Ahmadinejad ne signifie pas qu’il soit dépourvu d’une base électorale, d’autant plus qu’il a distribué avant le scrutin une manne financière extraordinaire et qu’une partie des Iraniens sont sensibles à ses slogans nationalistes. Il a aussi derrière lui les
bassidji, soit environ deux millions d’éléments paramilitaires. La direction du camp réformateur est d’ailleurs très soucieuse d’éviter toute radicalisation du conflit. En revanche, elle a désormais un véritable leader, Bir Hossein Moussavi, bon tacticien, déterminé et opiniâtre.


Khamenei, le Guide suprême
, a demandé à Moussavi de calmer la rue. Sans succès. Après la proclamation des résultats, le régime s’attendait à des manifestations, mais sans doute pas de cette ampleur.

On peut noter en revanche que les Gardiens de la révolution, qui, comptent 170 000 hommes et 350 000 appelés ne sont pas intervenus en renfort. Est-ce parce qu’ils laissent les basses besognes aux bassidji et aux policiers des renseignements ? Ou parce qu’ils sont eux-mêmes divisés, une partie des officiers étant proche de Moussavi qui fut Premier ministre pendant la longue guerre Iran-Irak ?


Que font les religieux ?


Ils gardent le silence et discutent, notamment au sein de l’Assemblée des experts et des séminaires de la ville sainte de Qom. Car, en toile de fond, c’est le rôle du Guide qui se joue. Durant la campagne, la question de la limitation de son pouvoir absolu avait été posée par les candidats réformateurs, notamment lors des débats télévisés. Là est sans doute le véritable enjeu des élections. Inacceptable pour lui.
 

Voir aussi :

 

-          l’analyse de Marie-Claude Decamps (Le Monde, 15 juin) : Iran : la "troisième révolution" ?

-          les commentaires, ce 18 juin, de Zineb Dryef sur le site de Rue89 : Iran : les accusations de fraude électorale se précisent

 

Pour en savoir plus sur l’Iran :

 

Iran (Présentation du pays et données proposées par l'université canadienne de Laval).

Iran - Wikipédia

 

Cet article est le 16ème paru sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 23:02

Jean-Luc Bansard, animateur de l’AFPS 53

 

Les manifestations de solidarité avec Gaza, en janvier 2009 (voir, sur ce blog, Palestine : rencontre avec un palestinien le 24 janvier à 14h à Laval - 22 janvier 2009), ont eu pour effet positif en Mayenne de relancer l’association départementale France Palestine Solidarité.

 

Yvon Mohammad, qui en était le président (voir Gaza : rassemblement le 16 janvier à Laval pour l'arrêt des combats - 16 janvier 2009), a souhaité que Jean-Luc Bansard apporte ses connaissances et son dynamisme à l’association.

Voici la composition du nouveau Bureau de l’association. Présidente : Sylvie Barbé. Trésorier : Yvon Mohammad. Secrétaire : Nicole Lefresne. Secrétaire adjoint : Jean-Luc Bansard. Martine Libot est présidente de la commission de jumelage.

 

Voici le texte que Jean-Luc Bansard a préparé pour le journal « Les 3 mondes ».

 

UNE ASSOCIATION DE SOLIDARITÉ FRANCE PALESTINE existe EN MAYENNE 

 

Créée en 2003, l’association a retrouvé de la vigueur avec les manifestations contre les massacres à Gaza en janvier 2009. L’association mayennaise est affiliée à l’association loi 1901 nationale, AFPS, Association France Palestine Solidarité.


Celle-ci développe ses activités dans quatre domaines :

-          Information et action politique: conférences et débats publics, interventions citoyennes auprès des pouvoirs publics et des élus, campagnes de mobilisation auprès de l’opinion publique...

-          Soutien matériel en faveur des populations palestiniennes en particulier les réfugiés dans les camps: aides d’urgence grâce à la collecte SOS Palestine, parrainages d’enfants en collaboration avec des associations palestiniennes de Cisjordanie, de Gaza et du Liban...

-          Coopération et aide au développement en partenariat avec des organisations de la société civile palestinienne, dans les domaines de la santé,de l’éducation,de l’agriculture (huile d’olive) ou des droits de la personne...

-          Connaissance et échanges mutuels : Expositions, rencontres, cycle de formation sur les réalités du peuple palestinien.


L’AFPS est un rassemblement de personnes physiques attachées au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à la défense des droits humains. L’AFPS est organisée en groupes locaux. Il en existe actuellement plus de 70 en France, dont un en Mayenne. Chaque groupe local fonctionne librement dans le cadre de la charte et des statuts nationaux. L’AFPS a pour vocation le soutien au peuple palestinien notamment dans sa lutte pour la réalisation de ses droits nationaux.


L’AFPS agit pour une paix réelle et durable fondée sur l’application du droit international en lien avec le peuple palestinien et ses représentants légitimes.


L’AFPS agit également avec des militants israéliens opposés à l’occupation.

Pour atteindre ce but, l’AFPS exige : la fin de l’occupation de tous les territoires envahis en 1967 et le démantèlement de toutes les colonies ; la création d’un Etat palestinien indépendant souverain et viable avec Jérusalem-Est pour capitale ; la reconnaissance du droit au retour des réfugiés conformément à la résolution 194 votée par l’Assemblée générale de l’ONU. la protection internationale du peuple palestinien et des sanctions contre Israël, dont le gel de l’accord d’association Union Européenne-Israël.


En France
, l’AFPS est membre actif de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine qui regroupe 39 associations (organisations de solidarité internationale, de défense des droits de la personne, comités divers...) et encourage ses adhérents à participer aux collectifs de soutien au peuple palestinien.


L’AFPS fait partie du Collectif National pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens
et encourage ses groupes locaux à participer aux collectifs de soutien au peuple palestinien.

Sur le plan européen, l’AFPS est un membre actif du Comité Européen de Coordination pour la Palestine dont le siège est à Bruxelles et qui intervient auprès des instances de l’Union Européenne.

En Palestine et en Israël, l’AFPS coopère avec les associations dont l’objectif clairement exprimé est le soutien aux droits nationaux du peuple palestinien, notamment en organisant avec elles les missions en Palestine.


L'association mayennaise, dans une lettre ouverte a écrit aux cinq députés et Sénateurs mayennais pour leur demander d'intervenir activement auprès du gouvernement français pour exiger
: La mise en place d’une commission d’enquête internationale concernant « l’opération Plomb durci » à Gaza. La fin de l’embargo et du blocus de Gaza. L’abolition des entraves à la libre circulation du peuple palestinien (Barrages, check-point). Le démantèlement du mur dit « de protection » qui enferme les Palestiniens dans des sortes de « bantoustans ». Le remplacement par un navire hôpital de la frégate française « Germinal » envoyée le 23 janvier devant Gaza. L’envoi sur place d’une force d’interposition internationale chargée de maintenir la paix et de protéger les peuples. La mise en œuvre de négociations visant à la création d’un Etat palestinien indépendant et viable, au côté de l’Etat israélien, dans le respect de toutes les résolutions de l’ONU." La suspension du processus de « rehaussement » des relations Israël-UE, l’arrêt de toute forme de coopération militaire et stratégique avec Israël. L’inscription du respect des droits humains et du droit humanitaire dans toute forme de partenariat avec Israël.


Les prochaines manifestations du groupe mayennais :

- au Lycée agricole, soutien à l’organisation par des lycéens de deux soirées Palestine : le 23 avril cinéma palestinien et débat ; le 29 avril Contes et Poésies de Palestine et débat,

- intervention auprès du conseil municipal de Laval pour faire nommer citoyen d’honneur de la ville, le jeune franco palestinien de 24 ans SALAH HAMOURI, détenu illégalement en Israël depuis 2005 et condamné sans preuve ni procès à 7 ans de prison.

- élaborer un pré-projet de jumelage avec un camp de réfugiés ou une ville palestinienne pour tisser à long terme des liens avec ce peuple frère.

- organisation d’une journée de formation intitulée « CINÉMA ET HISTOIRE DU CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN » à partir de films documentaires réalisés par l’israélienne Simone Bitton. Cette formation organisée conjointement avec les 3 mondes aura lieu le samedi 20 juin de 14h à 18h30 au petit théâtre jean macé.


Au programme :
de 14h à 16h la période de 1895 à 1967 à partir du décriptage du film documentaire  « Histoire d’une terre » de Simone Bitton. 16h à 16h30 pause puis de 16h30 à 18h30 étude de la période de 1967 à nos jours à partir de documents d’archives. Inscription au stage auprès des 3 MONDES.


Pour contacter l’association Mayennaise de Solidarité Palestine
 : Par électronique afps53@yahoo.fr. Adresse postale : AFPS 53 Maison de quartier des Fourches, place Pasteur 53000 LAVAL.

 

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22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 18:53

Pour une paix juste et durable en Palestine

 

L’armée israélienne a quitté la Bande de Gaza afin de se mettre dans des dispositions qui ne fâchent pas le nouveau président des USA, Barack Obama. Car les dirigeants politiques d’Israël savent qu’ils sont obligés de se conformer à la volonté de leur principal protecteur.

 

Et le président américain affiche sa volonté de reconnaître le président Mahmoud Abbas, de l’Autorité palestinienne, comme le premier interlocuteur autour duquel doit s’organiser un projet de création d’un Etat devant aller à son terme. Il n’a pas dit comment y parvenir, mais il a montré le chemin à prendre par tous, celui de la négociation.

 

Le correspondant du quotidien Le Monde, Michel Bôle-Richard, dans un article paru le 19 janvier sur le site, a fait le bilan de l’opération militaire, si mal nommée Opération "Plomb durci" : quelle "victoire" pour Israël ?

 

Toujours sur le même site, le rédacteur en chef adjoint du service International du Monde livre son analyse dans cet article paru le 20 janvier L'OLP, victime de la guerre de Gaza, par Gilles Paris.

 

Frédéric Encel a fait de même dans un autre article du même journal le 21 janvier (rubrique Opinions) : Le défi de l'après-Gaza, par Frédéric Encel.

 

En Mayenne

 

Après le rassemblement, place du Jet d’eau, à Laval, le 16 janvier (voir Gaza : rassemblement le 16 janvier à Laval pour l'arrêt des combats - 16 janvier 2009), le collectif Palestine 53 s’est réuni le 19 janvier au siège du PCF 53.

 

Nous avons échangé sur la situation à Gaza au moment où l’armée israélienne se replie après avoir détruit 1300 vies humaines, des hôpitaux, des écoles et d’innombrables maisons d’habitations. Puis Jacques Omnès a proposé un texte de soutien aux palestiniens, qui a été discuté et amendé, puis adopté (voir plus loin).

 

L’association Les 3 Mondes a signalé à Jacques qu’elle est à l’origine de l’organisation d’un spectacle intitulé « Les Contes de Palestine » présenté par Le Théâtre du Tiroir samedi 24 janvier à Laval, au Palindrome.

 

Un contact avec Jean-Luc Bansard, et l’accord de celui-ci, lui permettent de proposer au collectif de rencontrer samedi à 14h, avant le spectacle, un palestinien qui dirige Al-Rowwad (les pionniers), un centre culturel pour adolescents du camp de réfugiés d’Aïda, à Bethléem (Cisjordanie).

 

Le centre est sous la responsabilité d’une association indépendante, présidée par Abdelfattah Abusrour (voir http://www.amis-alrowwad.org), l’homme qui présentera son témoignage samedi.

A noter, sur ce site, la Lettre ouverte au Président Abbas de Abdelfattah Abusrour.

Voici le texte du tract qui sera distribué samedi matin sur les deux marchés lavallois par des militants des associations signataires.

SAMEDI 24 JANVIER DE 14 H à 15 H Salle n° 3 du Palindrome de Laval (Centre Multi-Activités, ex-Leclerc), RENCONTRE-TEMOIGNAGE Avec AbdelFattah Abu-Srour sur le thème Vivre et survivre en Palestine

Le Docteur AbdelFattah Abu-Srour dirige le centre Al-Rowwad ("les pionniers") pour la culture du camp de réfugiés d'Aïda à Bethléem (Cisjordanie). Cette institution indépendante, non gouvernementale, affiliée à aucun parti politique et à aucune organisation confessionnelle, propose aux enfants des deux sexes de 10 à 15 ans des activités de théâtre et d'arts plastiques, mais aussi une formation sur ordinateur et une petite librairie.

L'objectif principal est de créer pour les enfants un environnement qui les aide à surmonter le stress engendré par la violence des agressions israéliennes et où ils puissent vivre une "vie normalement humaine".


A 15h, après cette rencontre, les personnes qui le souhaitent pourront assister au spectacle gratuit, présenté à l’initiative des 3 Mondes par le Théâtre du Tiroir.


POUR UNE PAIX JUSTE ET DURABLE EN PALESTINE

 

Après trois semaines de massacres, Israël a décrété un cessez-le-feu unilatéral dans la bande de Gaza. Le Hamas, a, de son côté, décidé également une trêve. L'armée israélienne a commencé à retirer partiellement ses troupes, laissant derrière elle des infrastructures détruites, des habitations pillées ou rasées et un nombre très élevé de victimes palestiniennes (1400 morts et des milliers de blessés, dont de très nombreux civils, notamment des femmes et des enfants).

 

Nous nous réjouissons que les armes se soient enfin tues, mais nous restons inquiets et vigilants, car :

 

● Tzipi Livni, ministre israélienne des affaires étrangères, a averti : "Nous allons garder le doigt sur la gâchette et le Hamas le sait. Si les islamistes relèvent la tête, nous agirons avec force."

 

● le cabinet israélien n'a toujours pas accepté la levée totale du blocus et il affirmait encore récemment sa volonté de maintenir des troupes dans la bande de Gaza aussi longtemps qu'Israël n'aurait pas de garanties contre le réarmement du Hamas.

 

Par conséquent, un seul incident, une seule provocation, et un déluge de feu peut s'abattre de nouveau sur la population civile de Gaza.

La mobilisation pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens doit se poursuivre et se renforcer pour exiger :

 

● un cessez-le-feu définitif ;

 

● le retrait immédiat et total des troupes israéliennes de la bande de Gaza ;

 

● la levée immédiate et totale du blocus israélien et l'entrée sans entraves de l'aide médicale et humanitaire ;

 

● garantie de la libre circulation des Palestiniens sur leur territoire ;

 

● création d'un fonds international d'urgence pour la reconstruction ;

 

● des sanctions immédiates contre l'Etat israélien, notamment la suspension des accords d'assocation entre l'Union européenne et Israël, tant que cet Etat ne respectera pas les conventions de Genève et les résolutions de l'ONU ;

 

● une enquête sur les crimes de guerre israéliens et la condamnation des coupables.

 

Et surtout, il faut mettre fin définitivement à ce qui, depuis 1967, est à l'origine du conflit : l'occupation par Israël de territoires palestiniens (Cisjordanie et bande de Gaza) au mépris de toutes les résolutions de l'ONU et des différents plans de paix. La France, l'Europe, les USA, la communauté internationale doivent exercer sur Israël toutes les pressions nécessaires pour que l'Etat israélien cesse de bafouer le droit international et accepte enfin la création d'un Etat palestinien libre, indépendant et viable en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. C'est l'intérêt du peuple palestinien, c'est l'intérêt des peuples du monde entier, c'est l'intérêt, enfin, du peuple israélien lui-même.

 

Organisations signataires : France-Palestine Solidarité, Femmes Solidaires, Appel des Cent pour la Paix, Mouvement de la Paix,Les 3 Mondes, Alter Egaux, CGT, Solidaires, FSU, LCR, MRC, NPA, PCF, Parti de Gauche, PRG, Les Verts, MJCF, ADECR.

 

 

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