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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 21:43

Pour un Etat palestinien libre, indépendant et viable


Un rassemblement
d’une centaine de personnes a eu lieu ce soir à Laval, à l’initiative de nombreuses organisations (voir Palestine : le comité pour un cessez-le-feu à Gaza s'est réuni à Laval - 13 janvier et JP Chevènement au Sénat : il faut pour Gaza une France juste et libre - 15 janvier 2009).

 

C’est Yvon Mohammad, militant de France Palestine Solidarité Mayenne, qui s’est exprimé au nom du collectif organisateur (France Palestine Solidarité, ADECR, Alter Egaux, Appel des Cent pour la Paix, Femmes solidaires, FSU, Mouvement de la Paix, Les 3 Mondes, CGT, Solidaires, LCR, Les Verts, MJCF, MRC, NPA, Parti de Gauche, PCF, PRG).

 

 



Yvon Mohammad m’a remis le texte de son intervention.

Voici plus de 20 jours que l’armée israélienne a commencé son offensive militaire dans la bande de Gaza. Défiant toute les résolutions de l’ONU, elle utilise les armes les plus sophistiquées (des bombardiers f16, des hélicoptères) et plus de 12 000 hommes avec des chars contre une population palestinienne dépourvue de tous moyens de défense.

Des atrocités et des massacres sont commis par l’armée contre les habitants civils palestiniens et, d’après le témoignage des journalistes sur place, le chiffre des martyrs dépasse les 1000 victimes, en majorité femmes et enfants, et plus de 4000 blessés. Ce sont des chiffres confirmés par la Croix rouge et le Croissant rouge palestinien. Le décompte macabre ne cesse d’augmenter d’heure en heure.

La situation à Gaza est insupportable. En effet, après des mois et des mois d’embargo cruel et sauvage, pendant lequel l’armée israélienne a empêché tout passage de nourriture, d’électricité, ainsi que des médicaments à plus de un million et demi de personnes, elle continue, sous le regard du monde entier, à bombarder des quartiers et des villes de Gaza en utilisant des armes interdites par les conventions internationales : bombes à fragmentation et bombes à phosphore blanc, qui provoquent des brûlures atroces, qui nécessitent parfois l’amputation des membres. Ceci est la preuve même que l’armée israélienne cherche à causer le maximum de victimes.

Des quartiers et des familles entières ont disparu. Alors comment appeler tout cela si ce n’est des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité? Israël affirme que cette guerre est imputable au Hamas, ainsi qu’aux tirs de roquettes, que nous condamnons, mais qui ont causé un nombre de victimes du côté israélien sans commune mesure avec les pertes civiles dans la population palestinienne

Et en Cisjordanie, là ou les Palestiniens ne possèdent aucun missile et ne pratiquent aucun acte de résistance armée contre les Israéliens, la vie reste insupportable à cause de la répression de l’armée israélienne. Effectivement, il y a plus de 650 barrages militaires israéliens en Cisjordanie, qui empêchent la population de circuler librement d’un village à l’autre ou d’une ville à l’autre, paralysant complètement l’économie palestinienne.

De plus, le mur de séparation qui emprisonne plus de 2 millions de Palestiniens du reste du monde, et qui encercle la Cisjordanie est un désastre pour l’économie palestinienne. Mais il y a aussi des milliers de prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes. Les colonies israélienne qui ne cessent de se multiplier partout en Cisjordanie, n’est-ce pas de l’apartheid ? Comment peut on appeler cela autrement ? Je vous laisse face à votre conscience pour juger par vous-mêmes. Mais, pour moi, c’est de la punition collective que pratique Israël contre le peuple palestinien.

Alors quel est notre rôle ici et peut-on agir pour changer cette situation ? Oui, vous le pouvez. Vous pouvez par exemple demander à vos élus responsables, maires, députés, parlementaires européens, syndicats, associations et partis politiques et, bien entendu, au gouvernement français, de faire pression sur le parlement européen pour prendre des mesures immédiates :

1/ tout d’abord l’arrêt immédiat de l’offensive de l’armée Israélienne à Gaza, et le retrait de ses forces militaires ;

2/ l’ouverture de tous les passages pour faire entrer l’aide humanitaire et les médicament en urgence à Gaza et l’arrêt de l’embargo ;

3/ la suspension des accords d’association entre l’Union européenne et l’Etat d’Israël ;

4/ vous pouvez aussi agir pour la création d’un Etat palestinien libre, indépendant et viable, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, avec Jérusalem comme capitale, et pour le droit au retour des réfugiés palestiniens.

Voilà ce que demande et ce qui est le rêve du peuple palestinien. La paix entre les deux peuples ne peut être établie au Proche-Orient sans un Etat palestinien libre et indépendant, en établissant des routes et des ponts entre les deux peuples, et pas des murs et des chars.

Mais, dans l'immédiat, il y a une urgence absolue : l'arrêt de l'agression israélienne ! Plus un enfant, plus une femme, plus un être humain ne doit périr sous les bombes et les obus israéliens à Gaza. Tant que cet objectif ne sera pas atteint nous resterons mobilisés !


Pour mieux comprendre le conflit israélo-palestinien
, lire Les 20 dates-clefs du conflit ... et, sur le site du Nouvel Observateur, Conflit à Gaza (l’actualité).

La situation sur le terrain est toujours aussi tragique (voir Un médecin hollandais raconte "une véritable tragédie", Le Monde, 16 janvier). L’Etat israélien laisse entendre qu’un cessez-le-feu unilatéral pourrait être décidé dans les prochains jours (voir Gaza : possible cessez-le-feu, mais Tsahal ne se retirera pas, Le Monde, 16 janvier).

 

Cet article est le 13ème sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.

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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 23:19

Le conflit du Proche Orient est un problème mondial

 

Un nouveau rassemblement est programmé à Laval, place du Jet d’eau, vendredi 16 janvier à 17h30. C’est le représentant de France Palestine Solidarité qui s’exprimera publiquement au nom des organisations politiques, syndicales et associatives qui appellent à ce rassemblement (voir sur ce blog Palestine : le comité pour un cessez-le-feu à Gaza s'est réuni à Laval - 13 janvier 2009).

Dans l'immédiat, il y a une urgence absolue : l'arrêt de l'agression israélienne ! Plus un enfant, plus une femme, plus un être humain ne doit périr sous les bombes et les obus israéliens à Gaza. Tant que cet objectif ne sera pas atteint nous resterons mobilisés !

 

Dans Rue89, 14 janvier, Pierre Haski se demande Gaza : une guerre à finir avant l'arrivée d'Obama ?

 

Lors du débat sur la situation au Proche Orient, organisé par le Sénat, Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, a dit ceci (cliquer sur le titre) :

 

Gaza : l'exigence d'une parole juste et libre

 

Le sens de l'urgence que vous appliquez à une trêve des combats à Gaza est sans doute bienvenu, mais il risque d'occulter les responsabilités de longue durée à l'origine du conflit. La lucidité dont vous vous prévalez est, en ce sens, à courte vue.

 

Le Hamas, dont les positions sont ce qu'elles sont et qu'il n'est pas besoin de partager, a tout de même gagné les élections de 2006 au Conseil législatif palestinien, élections démocratiques et internationalement contrôlées. Il n'a pas été tenu compte du verdict des urnes, même pour tenter de responsabiliser le Hamas. Récusé par Israël et la communauté internationale, il n'est pas considéré autrement que comme une organisation terroriste.

 

Les experts considèrent pourtant que ses positions peuvent évoluer et n'ont pas le caractère caricatural que leur attribue la presse. Le programme électoral et les déclarations politiques de M. Haniyeh, qui fut un temps Premier ministre, en témoignent. Vous-même ne voulez pas de contact direct avec le Hamas, sinon par le canal d'autres États. Ce n'est pas courageux. On ne peut attendre que l'adversaire se conforme à vos vues pour négocier. Vous appliquez, en somme, le boycott voulu par Israël et les États-Unis.

Mais l'absence de contact n'est pas seule en cause. La victoire du Hamas n'est pas arrivée comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu. Elle est le fruit d'un long pourrissement. La conférence de Madrid, en 1992, a soustrait le problème israélo-palestinien à la compétence de l'ONU. Le processus d'Oslo, de même. Il n'a plus été question, depuis seize ans, d'aucune conférence internationale sous l'égide du Conseil de sécurité.

Le processus d'Oslo a été conçu comme un processus progressif, étiré sur de longues années et plus encore au fil du temps, après l'assassinat d'Itzhak Rabin puis la victoire de M. Netanyahu, en 1996, suivis par la médiation trop tardive, en fin de mandat, du président Clinton, entre l'été 2000 et le début de 2001.

Après l'éclatement de la deuxième Intifada, le président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, a été diabolisé. Son successeur, Mahmoud Abbas, pourtant animé d'intentions pacifiques, a été décrédibilisé par la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie, où les implantations ont été multipliées par trois ou quatre depuis les accords d'Oslo. La conférence d'Annapolis a été un échec, la mission du Quartet une farce.

 

Tout s'est passé comme si manquait la volonté d'appliquer les accords dans l'esprit de la résolution de l'ONU, qui prévoit la création d'un État palestinien viable. Je ne dis pas que certains n'étaient pas sincères, mais tous ne l'étaient pas.

Naturellement, l'envoi de missiles, même rustiques, sur Israël, constitue une agression susceptible de frapper des innocents et une violation du droit international. Mais le blocus de Gaza, comme le refus d'Israël d'appliquer l'accord de cessez-le-feu, est parfaitement illégal. Et que dire de l'offensive lancée sur un million et demi de réfugiés regroupés sur 362 kilomètres carrés, pas plus de la moitié du territoire de Belfort ? Elle a fait plus de 1 000 morts et pas moins de 4 000 blessés.

Le Président de la République a bien fait, dans l'immédiat, de rechercher une trêve par le canal de l'Égypte pour sécuriser la frontière. Mais la France doit voir plus loin et garder sa parole libre et franche pour créer les conditions d'une réconciliation entre les Palestiniens, préalable à une négociation loyale visant à créer un État palestinien viable.

Il appartient à la France d'exercer son influence pour amener le président Obama à inverser l'ordre des priorités qu'il a énoncées pour le Proche et le Moyen-Orient et qu'il mette en tête de son ordre du jour l'enclenchement d'une négociation palestino-israélienne plutôt que le renforcement des troupes de l'Otan en Afghanistan.

 

Le problème de Gaza est, comme l'a dit le Président de la République, un problème mondial. Il faut faire tomber la pression dans l'ensemble du monde arabo-musulman. C'est ainsi qu'on asséchera le terreau du terrorisme et qu'on créera les conditions d'une normalisation avec l'Iran, d'un retrait pacifique des troupes américaines d'Irak et d'une solution politique du problème afghan.

Le problème palestino-israélien est devenu « la matrice des relations internationales », selon l'expression de Dominique Moïsi. Il faut le comprendre avant qu'il ne soit trop tard. La négociation avec l'ensemble des parties, c'est l'intérêt de tous les peuples, y compris d'Israël dont la sécurité à long terme est commandée par la normalisation de ses relations avec ses voisins. C'est l'intérêt de la paix et c'est l'intérêt de la France dont le projet d'Union pour la Méditerranée ne peut réussir qu'à cette condition.

Ce que nous attendons du gouvernement français ? Moins de faux-fuyants, moins d'expressions biaisées, une parole plus franche, une parole de justice. Vous avez déclaré la semaine dernière : « Le Hamas représente quelque chose dans le peuple palestinien. Il est donc indispensable que certains aient des contacts avec eux » Pourquoi pas nous ?

La liberté de parole et d'action de la France sera le plus sûr moyen de faire reculer la tentation d'importer sur notre sol le conflit du Proche-Orient et les haines fanatiques qu'il suscite. La République est une exigence dans l'ordre intérieur, mais aussi dans l'ordre extérieur. C'est l'exigence d'une parole juste et libre !

 

 

A voir ou à lire : Jean-Pierre Chevènement invité de France 24 mercredi 14 janvier à 14h10

 

Le verbatim de l'entretien peut être consulté sur le site Internet de France 24.

 

 

Cet article est le 12ème sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.

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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 23:44

Nouveau rassemblement vendredi 16 janvier à 17h30

 

Le comité d’organisation de la manifestation du 10 janvier à Laval s’est réuni ce soir, afin d’en faire le bilan et décider de la suite à y donner (voir sur ce blog Manifestation le 10 janvier à Laval pour un cessez-le-feu en Palestine - 9 janvier 2009).

 

Le tour de table a donné l’occasion à chacun de s’exprimer. Le 10 janvier, il y avait deux manifestations qui s’étaient donné rendez-vous au même endroit, avec un manque de coordination entre les deux.

 

Rassemblement vendredi 16 janvier à 17h30, place du Jet d’eau, à Laval

 

Il n’en sera pas de même la prochaine fois. C’est l’association France Palestine Solidarité Mayenne qui en sera le porte-parole. Et c’est le comité d’organisation, réuni ce 13 janvier, qui en assurera la coordination, avec les associations signataires du texte adopté lors de la réunion du 7 janvier :

 

GAZA : arrêtons le massacre du peuple palestinien !

 

L’occupation par Israël de territoires palestiniens depuis 60 ans, contraire aux résolutions de l’ONU, est intolérable car c’est l’origine du conflit qui aujourd’hui connaît un paroxysme dans la bande de Gaza.

 

1 million et demi de personnes assiégées, affamées, bombardées depuis 18 mois c’est une punition collective et donc un crime de guerre aux termes de la 4ème convention de Genève art.33bis.

 

1 million et demi de personnes qui subissent une agression d’une violence sans précédent de l’armée israélienne depuis deux semaines, c’est encore un crime de guerre !

 

Nous condamnons toutes les attaques contre les civils. La riposte aux tirs de roquettes du Hamas que nous condamnons ne saurait justifier les crimes de guerre.

 

Nous,  organisations mayennaises pour une paix juste et durable entre palestiniens et israéliens, signataires de cet appel, exigeons :

 

Le retrait des troupes israéliennes de Gaza et de Cisjordanie

Un cessez le feu  et l’arrêt immédiat des combats

La levée immédiate, totale du blocus et l’entrée immédiate de l’aide humanitaire

La suspension immédiate des accords d’association entre l’Europe et Israël, jusqu’au respect par l’Etat israélien des conventions de Genève et des résolutions de l’ONU

Des sanctions immédiates contre l’état israélien.

 

France Palestine Solidarité, ADECR, Alter Egaux, Appel des Cent pour la Paix, Femmes solidaires, FSU, Mouvement de la Paix, Les 3 Mondes, CGT, Solidaires, LCR, Les Verts, MJCF, MRC, NPA , Parti de Gauche, PCF, PRG.  


Le président du MRC s’est exprimé ce jour sur Radio Classique, d’abord sur le conflit israélo-palestinien, puis sur la crise. Ecouter l’émission en cliquant sur Jean-Pierre Chevènement invité de Radio Classique mardi 13 janvier à 8h30


Cet article est le 11ème sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.


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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 19:12

Pas d’Etat palestinien sans volonté politique

 

Le MRC 53 s’est associé à l’appel initié par le PCF de la Mayenne en faveur de l’arrêt des combats armés en Palestine. Cela n’implique pas un accord avec tous les termes de l’appel signé par les nombreuses organisations pour une manifestation demain à Laval (voir plus loin).

 

Mais il n’est pas possible d’être neutre au vu des évènements qui se déroulent sur la Bande de Gaza (voir sur le site de Rue89, ce 9 janvier, l’article de Pierre Haski  Gaza : nouveau massacre malgré l'appel de l'ONU au cessez-le-feu).

 

Sans approuver les méthodes et les objectifs du Hamas, il faut reconnaître que ce mouvement islamo-nationaliste a obtenu le droit, en 2006, de représenter démocratiquement (74 sièges de députés sur 132) la population de ce territoire surpeuplé (1,5 million d’habitants sur 362 km², taux de fécondité 5 enfants par femme), qui a des taux de pauvreté - 70% - et de chômage - 49% - particulièrement élevés (Le Monde daté du 9 janvier - dossier spécial Gaza).

 

Jean-Pierre Chevènement a exprimé la position du Mouvement Républicain et Citoyen dans un entretien avec Le Parisien (voir sur ce blog Palestine : Chevènement critique l'offensive israélienne sur Gaza - 5 janvier 2009) puis à la télévision (voir la vidéo de  Jean-Pierre Chevènement invité de Karl Zéro sur BFM TV mercredi 7 janvier à 22h15).

 

Je vais résumer ses propos, à partir de mes notes lors de notre réunion du secrétariat national du MRC, le 7 janvier. Sa position prend en compte la longue durée.

 

Le fait principal est que le Hamas a gagné les élections en 2006, puis il a été récusé par Israël, les USA et l’Union européenne, notamment.

 

Depuis les accords d’Oslo, en 1993, si l’on excepte le premier ministre Rabin, qui a été assassiné, il n’y a pas eu du côté israélien la volonté politique de créer un Etat palestinien, à côté d’Israël. Les implantations de colons sur le territoire palestinien (en nombre et en superficie) ont augmenté de 400%. Voir les actes du colloque du 16 juin 2008 Où va la société israélienne ?, organisé par la Fondation Res Publica.

 

Malgré la qualité de certains intellectuels de haut niveau, la société palestinienne a glissé de plus en plus sur la pente du pourrissement de la situation. Voir les actes du colloque du 26 mai 2008 de la Fondation Res Publica Où va la société palestinienne ?.

L’issue probable est un cessez-le-feu avant le 20 janvier (entrée en fonction du président Obama), qui sera fondé sur le colmatage de la frontière entre Gaza et l’Egypte et la reconnaissance du Hamas. Celui-ci devra constituer avec le Fatah un cabinet d’union nationale, condition de l’existence d’un Etat palestinien.

 

Voici le texte adopté lors de la réunion le 7 janvier, au siège et à l’invitation du PCF 53.

 

GAZA : arrêtons le massacre du peuple palestinien !

 

L’occupation par Israël de territoires palestiniens depuis 60 ans, contraire aux résolutions de l’ONU, est intolérable car c’est l’origine du conflit qui aujourd’hui connaît un paroxysme dans la bande de Gaza.

1 million et demi de personnes assiégées, affamées, bombardées depuis 18 mois c’est une punition collective et donc un crime de guerre aux termes de la 4ème convention de Genève art.33bis.

1 million et demi de personnes qui subissent une agression d’une violence sans précédent de l’armée israélienne depuis deux semaines, c’est encore un crime de guerre !

 

Nous condamnons toutes les attaques contre les civils. La riposte aux tirs de roquettes du Hamas que nous condamnons ne saurait justifier les crimes de guerre.

 

Nous,  organisations mayennaises pour une paix juste et durable entre palestiniens et israéliens, signataires de cet appel, exigeons :

 

Le retrait des troupes israéliennes de Gaza et de Cisjordanie

Un cessez le feu  et l’arrêt immédiat des combats

La levée immédiate, totale du blocus et l’entrée immédiate de l’aide humanitaire

La suspension immédiate des accords d’association entre l’Europe et Israël, jusqu’au respect par l’Etat israélien des conventions de Genève et des résolutions de l’ONU

Des sanctions immédiates contre l’état israélien

 

Nous appelons à une manifestation samedi 10 janvier à 14 h 00 place du jet d’eau à Laval

 

Signataires au 7 janvier 2009 : Femmes solidaires, appel des cents pour la Paix, le mouvement de la Paix, Les 3 Mondes, Alter-égaux, le Miqpi, la CGT, solidaires, la LCR, le PCF, Mouvement Jeunes Communistes, Les Verts, le Parti de Gauche, le NPA.  

 

Le MRC 53, représenté par Gérard Beillard, ainsi que le PS, n’avaient pas donné leur accord à l’issue de la réunion. J’ai transmis l’accord du MRC 53 hier, en début d’après-midi.

 

Le PS 53 a fait savoir par un communiqué de presse, ce 9 janvier, qu’il ne s’associait pas aux autres signataires.

 

Si le Parti Socialiste était bien présent à une réunion d'associations et de partis de Gauche mercredi dernier 7 janvier, il ne s'est pas retrouvé sur le contenu du texte proposé. Il ne s'associe donc pas en tant que tel au rassemblement de ce samedi place du jet d'eau à Laval.

 

Le Parti socialiste a toujours poursuivi une politique pour une paix durable au Proche-Orient fondée sur la création d’un Etat palestinien viable et l’assurance de la sécurité pour l’Etat d’Israël, deux Etats qui coexistent et se reconnaissent mutuellement.

C’est au regard de cet objectif que le Parti Socialiste considère qu’il n’existe pas de solution militaire à cette situation mais seulement une solution politique. Il condamne aujourd’hui fermement l’intervention terrestre israélienne en réponse aux tirs de roquettes du Hamas sur le Sud d’Israël qu’il a toujours condamnés.

Aujourd’hui, l’offensive militaire continue et fait des centaines de morts et de blessés dans la population civile à Gaza, qui connaît une situation humanitaire effroyable.

Cette escalade de violence met en danger toute la région, et, au-delà, peut avoir des répercussions jusque dans notre pays.

Le Parti socialiste exige un cessez-le-feu immédiat, un couloir humanitaire, le retrait des troupes israéliennes hors de Gaza, l’arrêt des tirs de roquette sur Israël et l’installation d’une force internationale de protection. Les socialistes demandent au Président de la République et au gouvernement français de porter au Conseil de Sécurité de l’ONU de manière coordonnée avec l’Europe, l’exigence d’une résolution contraignante pour les deux parties sous peine de sanctions.

Le Parti socialiste considère que c’est toute la communauté internationale qui doit se mobiliser pour aider les protagonistes à trouver une solution de paix durable dans la région.

Au-delà, le Parti Socialiste souhaite que l’action diplomatique de la France puisse se développer dans le cadre européen et travailler avec à la nouvelle administration américaine pour trouver ensemble une solution internationale pérenne au Proche-Orient.

Le Parti Socialiste propose une réunion exceptionnelle du Parti socialiste européen (PSE) pour aboutir à une position commune des socialistes dans toute l’Europe."

   

Cet article est le 10ème sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.

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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 20:06

Il n’y a de solution que par la négociation

 

Les israéliens avaient un authentique interlocuteur en la personne de Marwan Barghouti, chef du Fatah. Il a été mis en prison à perpétuité. En fait, les dirigeants de l’Etat juif ne cessent de se tromper, avec l’aide de leur protecteur principal, les USA.

 

Ces erreurs, dont la plus récente et la plus grave est cette offensive militaire contre le Hamas, ont pour conséquence de menacer leur existence même. En croyant défendre leur sécurité, ils la compromettent par des actions militaires hasardeuses.

 

Je viens de voir Jean-Pierre Chevènement invité de Public Sénat mardi 6 janvier à 18h. Il a dit l’essentiel. Cette émission peut être vue sur son site ou celui de l’émission.

 

Hier, j’avais repris sur ce blog le texte de l’entretien réalisé avec le Parisien (voir Palestine : Chevènement critique l'offensive israélienne sur Gaza - 5 janvier 2009).

 

Ce matin, l’un des abonnés à ce blog m’a rappelé que, parmi « les positions dignes d’intérêt », il y a celle prise par Stéphane Hessel*, ambassadeur de France. J’avais évoqué, sur ce blog, son action en faveur des droits de l’homme - Les droits de l'homme célébrés à la Maison de l'Europe en Mayenne - 5 décembre 2008.

 

J’ai entendu, le 1er janvier, Stéphane Hessel, humaniste et citoyen du monde s’exprimer avec beaucoup de talent sur les ondes de France Inter. On retrouve ce qu’il a dit dans l’article paru le 31 décembre dans Libération (propos recueillis par Béatrice Vallaeys). En voici un extrait concernant Israël.

 

La multiplicité de mes indignations

(…) Mais c’est Israël surtout qui me préoccupe. Il est incroyable d’entendre l’ambassadeur d’Israël en France dire, comme il l’a fait hier sur France Inter, que 500 000 Israéliens vivent sous la terreur depuis six ans. Que nous ayons laissé sans sanction internationale le gouvernement israélien ces cinq dernières années et encore tout récemment, constitue également un crime contre les droits de l’homme. En tant que porte-parole de la Déclaration universelle, je suis personnellement scandalisé par cette impunité. Si la communauté internationale doit intervenir en Israël c’est parce qu’elle est liée par les résolutions du Conseil de sécurité, et parce qu’on a promis à Annapolis. Or elle ne fait absolument pas face à ses obligations internationales.

Pourquoi est-elle quasi silencieuse ? Parce qu’elle est intimidée par Israël, elle redoute de se faire traiter d’antisémite, elle craint qu’on ne fasse pas toute sa place à ce peuple qui a été tellement martyrisé. Cela va à l’encontre même des valeurs du judaïsme qui sont des valeurs d’ouverture, de liberté et de réconciliation des religions : autant de mérites niés par le gouvernement israélien depuis la fin de la guerre des Six jours.

La politique israélienne a combattu ceux qui militaient pour la paix (l’OLP, Oslo) et favorisé les partisans de la violence, plus crédibles, selon elle, à l’égard de la population. Si la communauté internationale n’intervient pas, on court à la catastrophe - déjà présente et meurtrière pour les Palestiniens - et à plus long terme pour Israël : car tant qu’Israël ne trouvera pas la voie vers deux Etats partenaires, il aura lui-même miné sa possibilité de survie dans le Proche-Orient.

Et il est faux de prétendre que le Hamas ne veut pas discuter. Comme l’a rappelé Marek Halter dans le Figaro d’hier, le Hamas a déjà clairement laissé entendre qu’à condition de s’en tenir à l’intérieur des frontières définies en 1967, il était prêt à reconnaître l’existence de l’Etat d’Israël.

Il ne faut pas avoir peur de la multiplicité de ses indignations. Ma génération qui a connu la Shoah et qui en a été affectée parmi ses proches et ses amis ne peut pas rester insensible, elle ne peut pas accepter, elle doit protester contre tout ce qui met en cause l’horreur de cette période.

* Stéphane Hessel, né à Berlin le 20 octobre 1917, est un ancien résistant rescapé des camps d’extermination de Buchenwald et de Dora. Il a assisté à l’élaboration de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Dernier ouvrage : Citoyen sans frontières, entretien avec Jean-Michel Helvig, Fayard, 2008.

Voir aussi sur ce blog Israël et les Palestiniens : des visiteurs crient leur angoisse - 22 juillet 2008

 Deux autres articles de presse méritent le détour :

 

- Israël a manqué un rendez-vous avec l’histoire, par Uri Avnery (Vendredi, 6 janvier). Voir Uri Avnery - Wikipédia

 

Contreinfo.info d’après Gush Shalom « Cette guerre l’écrit en lettres capitales : Israël a manqué une chance historique de faire la paix avec le nationalisme arabe laïque. Demain, il pourra être confronté à un monde arabe uniformément fondamentaliste, un Hamas multiplié par mille. » Avnery retrace la séquence qui a conduit à la guerre de Gaza. Ayant tablé sur la faiblesse d’Abbas, se contentant d’un simulacre de négociation, Israël n’a pas compris que le Hamas l’emporterait contre une Autorité Palestinienne discréditée. Voir le sujet d'origine

- Gaza, au risque de l’anarchie (Libération, 5 janvier), par Jean-Baptiste Gallopin étudiant en master «Monde arabe» à l’université Georgetown à Washington, ancien élève de l’IEP de Lyon.

Alors qu’Israël a commencé une offensive terrestre d’envergure sur Gaza, il semble que son gouvernement est plus que jamais déterminé à «faire tomber le Hamas». L’opération militaire israélienne dans la bande de Gaza répond à deux objectifs. D’une part, démontrer à l’opinion publique israélienne sa détermination à combattre le Hamas, dans un contexte préélectoral marqué par une surenchère à droite. D’autre part, réaffirmer la stratégie de dissuasion d’Israël, qui était apparue décrédibilisée après la guerre contre le Hezbollah de 2006. Forme extrême et laïcisée de la loi du talion, la stratégie militaire israélienne consiste moins à réduire le danger pour les citoyens israéliens qu’à faire payer «un lourd tribut» au Hamas, selon les mots du ministre de la Défense Ehud Barak.

Les conséquences pourraient s’avérer redoutables. Le choix israélien de cibler non pas seulement les infrastructures militaires du Hamas, mais aussi tous les organes de gouvernement et d’administration civils de la bande de Gaza, tels que les forces de police, risque de plonger ce territoire dans un chaos qui se prolongerait une fois l’opération militaire terminée. Une situation d’anarchie à Gaza ne ferait que dégrader encore les conditions de vie, déjà catastrophiques, de la population, ainsi que les perspectives d’une paix à moyen terme. Le blocus sévère imposé par Israël depuis la prise du pouvoir du Hamas en juin 2007 a en effet plongé la population de Gaza dans une pauvreté extrême, la rendant à plus de 75 % dépendante de l’aide humanitaire extérieure. La société et l’économie de Gaza ont été dévastées (…).

Sur le conflit israélo-palestinien, voir Deux colloques de la Fondation Res Publica sur Israël et la Palestine

 

Cet article est le 9ème sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.

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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 20:24

Obama devra avancer sur la voie d’un Etat palestinien

 

L’initiative belliciste de l’Etat d’Israël, en réaction aux attaques du Hamas, est une voie sans issue, comme l’est son embargo sur le territoire de Gaza. Elle répond à des motivations politiques et psychologiques, sans rapport avec la solution du problème palestinien (voir Palestine : revenir au droit, en faire une priorité politique absolue - 3 janvier 2009, sur ce blog).

 

Avant de présenter la position de Jean-Pierre Chevènement, je propose des articles de presse (Le Monde, 5 janvier), qui apportent des éclairages sur le conflit :

 

- Tsahal veut effacer les ratés de la guerre au Liban en 2006

 

- Editorial : Le naufrage de Gaza

 

- "Les islamistes devraient émerger de l'attaque"

 

- Début de malaise perceptible aux Etats-Unis

 

Ce 5 janvier, le président du MRC répond aux questions de Philippe Martinat, dans Le Parisien :

 

Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Parisien : «Une offensive vouée à l’échec»

 

Président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), Jean-Pierre Chevènement avait démissionné en janvier 1991 de son poste de ministre de la Défense pour protester contre l’engagement de la France dans la première guerre du Golfe.

 

Le Parisien : Cette nouvelle guerre entre Israéliens et Palestiniens était-elle prévisible ?


Jean-Pierre Chevènement :
Elle était en tout cas évitable. On ne peut comprendre ce qui se passe à Gaza -territoire transformé par le blocus israélien en véritable prison à ciel ouvert- que si on revient aux élections de 2006 remportées par le Hamas. Israël et la communauté internationale ont refusé que cette victoire se traduise au niveau du gouvernement de l’Autorité palestinienne. Comme si on préférait voir se désintégrer ce qui lui reste d’autorité et la société palestinienne elle-même.

Le Hamas est-il, comme l’affirme Israël, un mouvement terroriste ?


Il faut éviter les amalgames. Le Hamas est un mouvement très complexe qui a une aile religieuse fondamentaliste et une autre aile nationaliste, souvent composée de jeunes militants venus du Fatah (NDLR : le parti de Yasser Arafat et de Mahmoud Abbas). Lorsqu’on a refusé le verdict des urnes en 2006, cette attitude d’Israël et de la communauté internationale a été contre-productive. Je suis très attaché à la sécurité à long terme d’Israël et je pense qu’elle est indissociable de la modernisation des sociétés musulmanes. Quand on parle de terrorisme, il faut distinguer d’un côté Al-Qaïda, les partisans d’une sorte d’empire musulman à l’échelle mondiale et, d’autre part, des mouvements nationalistes qui combattent pour des objectifs limités, en l’occurrence la création d’un Etat palestinien libre et indépendant.

 

En bombardant les villes israéliennes, le Hamas ne porte-t-il pas une responsabilité évidente ?


Les responsabilités à court terme sont comme toujours multiples : il y a les tirs de roquettes du Hamas, mais aussi le blocus de Gaza par Israël. Il faut se placer du point de vue du processus politique lui-même, tel qu’il est conduit depuis les conférences de Madrid en 1992 et le processus d’Oslo. En seize ans, on n’a pas avancé, au contraire, sur la voie de la création d’un Etat palestinien. Le crédit de l’Autorité palestinienne est profondément atteint et l’attaque israélienne ne peut que la ruiner davantage. Lorsqu’on regarde les choses sur la longue durée, on ne peut qu’être frappé par l’absence de volonté politique et la prééminence du deux poids deux mesures.

Barack Obama peut-il changer la donne ?


Barack Obama va être confronté à des choix très importants. Le nouveau président américain, qui a prévu de retirer ses troupes d’Irak tout en renforçant la présence militaire américaine en Afghanistan -je l’espère pour laisser aux Afghans eux-mêmes le soin de faire la paix-, va se voir imposer en tête de son agenda le problème palestinien. Pour Obama, le problème sera de faire baisser la tension dans l’ensemble du monde musulman. Et pour cela, il faut avancer sur la voie d’un Etat palestinien. C’est la non-réalisation de cet objectif qui a entraîné le pourrissement de la situation et le développement du Hamas.

L’armée israélienne va-t-elle remporter une victoire ?


Il est évident que l’offensive terrestre de l’armée israélienne n’aboutira à aucun résultat tangible. Elle est vouée à l’échec. Une armée ne peut pas l’emporter sur une concentration de 1,5 million de réfugiés massés sur quelques centaines de kilomètres carrés. Ce qu’on peut craindre, ce sont les ripostes terroristes non seulement au Proche-Orient, mais dans le monde entier. Nous ne sommes pas nous-mêmes à l’abri : Al-Qaïda au Maghreb est une menace pour la France. Nous devons prendre conscience que nous sommes face à un problème mondial ! Ce n’est pas seulement le problème de Gaza.

La médiation de Sarkozy peut-elle réussir ?


Je ne suis pas sûr que c’est en affirmant, comme il l’a fait voici quelques jours, sa compréhension d’Israël au moment où celui-ci bombardait Gaza, que Nicolas Sarkozy peut arriver à se faire réellement entendre. Il sait être pragmatique, on l’a vu dans l’affaire du Caucase, mais ce qu’il faut aujourd’hui, c’est une forte volonté politique, notamment pour peser sur la politique d’Obama, parce que ce sont les Américains qui ont la clé.

Sur le conflit israélo-palestinien, voir Deux colloques de la Fondation Res Publica sur Israël et la Palestine

 

Cet article est le 8ème sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.

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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 22:00

Gaza : non aux extrémismes d’Israël et du Hamas

 

Le conflit israélo-palestinien est lourd de menaces pour la civilisation humaine. Le Hamas est une organisation islamiste, dont les buts et les moyens sont condamnables. Mais, comment qualifier l’agression militaire de l’Etat juif, qui défie le droit international en prétendant détruire un adversaire qui a obtenu par les urnes la confiance de la population du territoire de Gaza ?

 

En vérité, les dirigeants d’Israël et du Hamas transgressent tout autant le droit international et le respect dû aux populations qui vivent dans cette prison à ciel ouvert. Hélas, on ne peut rien attendre de ce que certains appellent, à tort, la communauté internationale.

Les Etats-Unis d’Amérique ont le rôle principal. L’administration Bush a soutenu Israël sans conditions. On ne sait rien de ce que fera le président élu le 4 novembre (voir l’analyse de Gilles Paris dans Le Monde, ce 3 janvier, Barack Obama, Israël et la Palestine, par Gilles Paris).

L’Union européenne a décidé récemment de rehausser son alliance, ce qui a incité les dirigeants israéliens à lancer leur offensive contre le Hamas. Ils en ont besoin pour ramener la confiance de la population envers l’armée et, aussi, pour faire remonter leur cote de popularité à quelques semaines des élections nationales (voir l’article de Michel Bôle-Richard dans Le Monde, ce 3 janvier Consensus des partis israéliens sur l'offensive militaire contre Gaza).

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) a publié ce jour le communiqué suivant :

 

Conflit israélo-palestinien : la France doit clairement condamner la violation de la loi internationale

 

Les bombardements israéliens sur Gaza, comme l’embargo mis en place contre la population civile palestinienne, sont une réponse disproportionnée violant le droit international, aux tirs de roquettes du Hamas, eux-mêmes défiant ce même droit. Ils font le jeu des franges les plus dures dans les deux camps. Ce conflit est le principal foyer de déstabilisation de toute la région. Il doit être résolu prioritairement pour éviter l’émergence d’une guerre de civilisations. La France doit clairement condamner la violation de la loi internationale. Elle doit apporter son soutien aux populations civiles victimes de ces bombardements. C’est la seule manière de préserver les chances d’une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens.

 

Je renvoie aux articles parus sur ce blog, notamment, le plus récent L'Etat israélien lance la guerre de reconquête de la bande de Gaza - 29 décembre 2008.

 

Des manifestations avaient lieu ce 3 janvier dans de nombreuses villes de France. Parmi d’autres, voici le texte de l’appel lancé, hier, par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).

Depuis plusieurs jours, l’offensive militaire israélienne à Gaza intitulée « plomb durci » a causé des centaines de morts et de blessés. Elle vient s’ajouter au blocus inacceptable subi depuis des mois par le peuple palestinien.

Avec les autres forces progressistes, le M’PEP appelle à l’arrêt immédiat de tous les actes de violence dans les territoires du Moyen-Orient. Il exige des dirigeants politiques concernés en France et dans l’Union européenne, qu’ils prennent des mesures effectives pour que cessent les décomptes morbides. Il considère que les décisions, positions, hypocrisies, mises en attente, confusions, qui permettent là-bas que jour après jour les morts, blessés, blocus, offensives militaires, violences, se perpétuent dans la discrétion voire l’indifférence froide et bureaucratique des institutions et des responsables au pouvoir, doivent cesser ici.

Dans de nombreuses villes françaises, comme dans un grand nombre de pays sur la planète, les jours qui viennent seront marqués par des manifestations pour la paix en Palestine.

Pour lire la suite, cliquez ici.

J’ai relevé deux prises de position dignes d’intérêt, provenant de personnes engagées, l’une en faveur d’Israël, l’autre en faveur de la Palestine.

- D’abord, le point de vue publié par Le Monde, le 2 janvier, d’un historien du Moyen Orient, professeur en Israël (à l’université Ben Gourion) : Israël a le sentiment que l'étau se resserre, par Benny Morris.

- Ensuite, le texte de notre collègue au secrétariat national du MRC, Claude Nicolet, en sa qualité de président du Réseau de Coopération Décentralisée pour la Palestine - Cités Unies France (extrait).

 

Proche-Orient : et si nous cessions d’être hypocrites ?

 

La situation au Proche Orient une fois de plus, fait la une de l’actualité. Au-delà de l’horreur de la situation faite aux hommes, aux femmes et aux enfants, essayons d’analyser la situation dans laquelle nous sommes. Les puissances occidentales et, en particulier les Européens, ne feront rien. Ou plutôt si, ils soutiendront Israël jusqu’au bout. Peut-être que certains d’entre eux auront des hauts le cœur, diront qu’il faut cesser les combats, mais l’ensemble des dirigeants actuellement au pouvoir, pour des raisons historiques, politiques, religieuses, culturelles, économiques, militaires, stratégiques, énergétiques, sociologiques, psychologiques et idéologiques, ne peuvent envisager de s’opposer sérieusement à l’Etat d’Israël.

 

La récente décision du Conseil des ministres des Affaires étrangères de procéder au « rehaussement » des relations entre l’UE et Israël, contre le Parlement européen qui lui, avait décidé de repousser sa décision, en est l’illustration la plus évidente. D’ailleurs, sur la scène mondiale, qui veut réellement d’un Etat palestinien ? Il faut cesser d’être naïf et oser regarder les choses en face. Une poignée d’homme et de femmes ont fait l’analyse que le monde d’aujourd’hui et a fortiori de demain ne pouvait plus fonctionner avec les règles d’hier, car ces règles ne leurs conviennent plus. Le pouvoir serait une chose trop sérieuse pour le laisser entre les mains des peuples, pour paraphraser Clémenceau.

 

On voit bien à quel point le fonctionnement démocratique « normal » procédant de la souveraineté populaire est de plus en plus considéré comme un obstacle à l’élaboration de grandes structures politiques et technocratiques. L’exemple européen en est l’illustration. Le suffrage universel quand il s’exprime différemment du résultat attendu n’est plus considéré comme étant la source de la souveraineté mais comme le résultat d’un malentendu, d’une erreur, d’une mauvaise communication institutionnelle, voire de la bêtise de l’électeur. Le résultat du vote n’est en réalité pas accepté et on le contourne ou on fait revoter. Il faut se souvenir de la première élection de GW Bush, des référendums danois, français, néerlandais ou irlandais. Ces situations sont maintenant trop nombreuses pour relever simplement du hasard. Nous sommes maintenant dans le signifiant.

 

En réalité, la volonté farouche du peuple palestinien d’exister sur la scène internationale à égalité avec tous dans le concert des nations apparaît comme une incongruité. Sa volonté de voir reconnus ses droits historiques sur la Palestine comme un archaïsme. D’ailleurs l’Union européenne a-t-elle hésité un instant à ne pas reconnaître le résultat des élections législatives dont elle avait elle-même exigé la tenue via la « feuille de route » ? Au motif que le Hamas n’est pas fréquentable. Il fallait le dire alors et refuser de cautionner des élections auxquelles on savait qu’il participait.

Il est aisé d’imaginer l’incompréhension des Palestiniens devant un tel comportement, sauf que l’UE est en fait déjà dans un « ailleurs post démocratique » (…).

 

Ce n’est pas pour rien que Jean-Pierre Chevènement considère depuis longtemps que le dossier israélo-palestinien est à placer en priorité absolue de la politique internationale (voir Les voeux de Jean-Pierre Chevènement pour l'année 2009).

 

Ce n’est pas par hasard que la Fondation Res Publica | République, mondialisation, dialogue des ... a organisé deux colloques en 2008 sur l’évolution des sociétés israélienne et palestinienne

Voir Deux colloques de la Fondation Res Publica sur Israël et la Palestine

 

 

Cet article est le 7ème sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.

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29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 15:37

Israël ne connaît d’autre stratégie que la force

 

Les dirigeants israéliens ont pris leurs ennemis du Hamas par surprise. Maintenant, ils vont aller jusqu’au bout pour atteindre leur but : reprendre le contrôle de Gaza. C’est, du moins, ce qu’on peut comprendre en lisant l’article du quotidien Le Monde, ce 29 décembre : A Gaza, une offensive soigneusement préparée aux objectifs multiples.

 

Cette offensive était prévisible (voir l’article paru sur ce blog le 25 décembre : Noël en Palestine : l'impasse politique du conflit israélo-palestinien).

 

Faute de mieux, ne détenant pas la clé de la solution du conflit, ma contribution se limite à l’information. Le quotidien Libération a fait un effort de pédagogie en livrant, ce 29 décembre, Cinq questions clés sur un nouvel embrasement.

 

Une fois de plus, Pierre Haski, sur son site Rue89, se distingue par sa pertinence et sa capacité à aller à l’essentiel. Voici ce qu’il écrivait hier, 28 décembre (cliquer sur le titre) :

 

Israël-Hamas : il existe d'autres voies que la violence

Il est de bon ton, pour les diplomates, d'appeler Israéliens et Palestiniens à la "retenue", et de condamner dans le même souffle les raids aériens d'Israël et les lancers de roquettes du Hamas. N'étant pas diplomate, je peux essayer d'aller un peu plus loin.

D'abord un constat: la journée du 27 décembre a été la plus meurtrière, entre Israéliens et Palestiniens, depuis 1967, c'est-à-dire depuis l'occupation par Israël des territoires palestiniens de Cisjordanie et de Gaza. C'est dire qu'il ne s'agit pas d'une péripétie de plus dans la longue et sanglante histoire entre ces deux peuples.

Il s'agit d'un choix stratégique décidé par un drôle d'attelage: un premier ministre démissionnaire (Ehud Olmert) en attente de procès pour corruption; une ministre des Affaires étrangères (Tzipi Livni) qui part battue aux élections législatives de février et doit montrer qu'elle "en a"; un ministre de la défense (Ehud Barak) qui a raté sa chance historique de conclure la paix, et qui se retrouve à ce poste par hasard, en raison de l'implosion en vol de son prédécesseur lors de l'invasion du Liban en 2006.

Pour ces raisons d'immense fragilité interne, Israël aurait pu s'éviter de tomber dans le piège de Gaza, de s'infliger et d'infliger aux Palestiniens cette guerre dont pas un seul stratège israélien ne se fait la moindre illusion sur ses chances de succès - si par succès on entend l'objectif d'éliminer ou au moins de saper l'influence et la capacité de nuisance du Hamas.

Certes, il y avait ces foutues roquettes sur Israël, régulièrement meurtrières, qui rendaient la trêve impossible à reconduire, et imposaient une réaction avant les élections de février. Mais n'ont-elles pas simplement servi d'appât pour attirer Israël dans une bataille dont les islamistes sauront tirer profit?

Avec le Hamas, Israël a eu tout faux

Si on prend un peu de recul, on peut se demander pourquoi les Israéliens et les pays qui les soutiennent ont eu tout faux avec le mouvement islamiste palestinien.

L'histoire n'a pas commencé avec les roquettes du Hamas. Les Israéliens, initialement, ont vu d'un bon oeil l'émergence du Hamas, pour concurrencer l'OLP de Yasser Arafat. Avant de réaliser qu'il s'agissait d'un ennemi implacable, très structuré, gagnant en influence par la double action de ses oeuvres sociales et de ses kamikazes. Une paix équitable aurait sans doute permis de cantonner le Hamas dans le rôle d'opposition marginale. Celle-ci s'est révélée impossible.

A la mort de Yasser Arafat, le Hamas était plus fort que jamais, renforcé par l'échec de la paix d'Oslo, la corruption de l'Autorité palestinienne, et les revers répétés d'Israël face au Hezbollah libanais. En l'absence de toute solution politique prévisible, le Hamas a naturellement remporté les élections palestiniennes de janvier 2007, prenant tout le monde par surprise.

Depuis, l'engrenage de la confrontation a été enclenché. Les Occidentaux et Israël ont isolé le Hamas, et transformé Gaza en un enfer sur terre, soumettant ses habitants à ce qu'il fait bien appeler une punition collective pour avoir mal voté. Une stratégie à courte vue qui a eu pour effet de renforcer l'emprise du Hamas sur les malheureux habitants de Gaza.

La violence... et les autres voies

L'équation se résume-t-elle à une confrontation à mort entre deux ennemis implacables? Pas si simple... Certains tentent de sortir de l'impasse par d'autres voies qu'une violence seulement génératrice de haine pour les générations à venir.

On a ainsi vu l'ancien président américain Jimmy Carter braver les condamnations et se rendre à Damas courant 2008, pour finir par amener le Hamas à signer un texte en rupture avec la posture idéologique du mouvement. Et un émisssaire officieux français, le diplomate à la retraite Yves Aubin de la Messuzière a entamé un dialogue discret avec le Hamas à Gaza, afin de tester les évolutions du mouvement, d'abord encouragé, puis désavoué par la diplomatie française.

Le 16 décembre, Yves Aubin de la Messuzière publiait une tribune dans Le Monde, dans laquelle il qualifiait la direction du Hamas de "pragmatique", et appelait à un "dialogue sans complaisance" avec lui. Il plaidait pour une action internationale rapide, à l'approche de la fin de la trêve et, disait-il avec raison, des risques de surenchère de la période électorale israélienne comme d'ailleurs, de la fin prochaine du mandat de Mahmoud Abbas, le faible président de l'Autorité palestinienne.

Le reste du monde aux abonnés absents

Il n'a pas eu l'écho espéré, particulièrement à Paris où le tandem Sarkozy-Kouchner a donné une tonalité plus nettement pro-israélienne à la politique Française. Une initiative diplomatique de haut niveau aurait peut-être permis de désamorcer la crise qui vient d'éclater. Mais qui aurait pris le risque de déplaire à Israël ? Pas Paris, ni Washington en pleine transition... Ni l'Onu durablement effacé. Le monde était aux abonnés absents quand le feu couvait.

La nouvelle déferlante de violence éloigne pour un temps toute perspective de médiation. Lorsque le fracas des armes aura cessé, laissant le problème entier, voire aggravé, il faudra bien se parler. Le dossier du Proche-Orient vient de monter de plusieurs crans dans la liste déjà longue des priorités qui attendent Barack Obama après le 20 janvier. Saura-t-il se montrer innovant ?

La France, qui préside le Conseil européen, est singulièrement absente en cette fin d’année. Il est vrai que les deux têtes de l’exécutif sont en vacances à l’étranger, comme si elles n’avaient pu s’entendre pour que l’une des deux reste en France durant cette période (voir, à ce sujet, l’article de Nicolas Dupont-Aignan sur son blog, le 26 décembre : Je persiste et je signe).

 

Mais la discrétion présidentielle a une autre raison : son alignement sur la politique des USA, plus nettement en faveur d’Israël. De Gaulle s’est éloigné de la présidence en 1969, cela se voit !

 

Cet article est le 6ème sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 23:11

Un Etat, deux Etats, quelle solution possible ?

 

De nombreux articles de presse ont été écrits à l’occasion du soixantième anniversaire de la création de l’Etat d’Israël le 14 mai 1948.

 

Le quotidien Le Monde titrait dans son édition du 14 mai 2008 « Société israélienne : soixante ans, trois ruptures » :

-          l’immigration est en baisse constante,

-          l’économie est passée du kibboutz collectif au libéralisme,

-          l’idéal de « nouvelle frontière » n’est plus.

 

Dans un autre article du même journal, daté des 18 et 19 mai 2008, un correspondant à Jérusalem observe que « l’impasse du processus de paix ravive chez certains Palestiniens l’intérêt pour un Etat binational ».

 

Tout récemment, un autre titre du Monde, signé Michel Bôle-Richard , dans l’édition du 20 juillet, attirait mon attention :

« Des militants anti-apartheid juifs sud-africains « choqués » par leur visite en Cisjordanie occupée ».

(…) « Avec un groupe de 22 Sud-Africains, défenseurs des droits de l'homme, membres de l'ANC, magistrats, journalistes, syndicalistes, écrivains, blancs, noirs, indiens, une dizaine de juifs, Andrew Feinstein a, pendant cinq jours, du 6 au 10 juillet, sillonné les territoires occupés de Hébron à Naplouse, en passant par Jérusalem et la "barrière de sécurité", rencontré des organisations de défense des droits de l'homme, visité Tel Aviv, tenté d'appréhender le conflit israélo-palestinien. Il ne s'agissait pas de trouver des solutions, ni de juger, encore moins de faire des comparaisons avec le régime de l'apartheid que tous ont connu et subi ».

 "Il n'est pas question de dénier à Israël le droit d'exister, mais je dois avouer que je suis choqué par ce que j'ai vu", déplore Geoff Budlender, lui aussi juif. Ce juriste a été frappé par l'extension de la colonisation, par "la façon de traiter un peuple comme s'il était de seconde classe, par les pesanteurs de l'occupation militaire et le contrôle de tous les aspects de la vie quotidienne des Palestiniens, par la séparation de plus en plus marquée de deux communautés" (…).

« Ce qui a frappé ces vétérans de la lutte anti-apartheid est le poids de l'occupation, l'importance des restrictions et la volonté d'établir une séparation complète ».

 

Le 30 avril 2008, j’avais été alerté par un article paru ce jour-là sur le site de Libération www.liberation.fr, sous la signature de Stéphane Hessel*. Je le reproduis ici dans son intégralité.

 

« Les Israéliens trahis par leur Etat »

 

Au retour d’un nouveau séjour en Palestine et en Israël en avril 2008, j’éprouve une angoisse qu’il me faut partager d’urgence avec mes lecteurs juifs et non-juifs.

Par son interdépendance croissante qui implique un haut degré de solidarité entre ses parties, la société internationale du vingt-et-unième siècle impose aux gouvernements de chacun des Etats qui la composent une constante recherche de légitimité. Ses postulats sont la conformité avec un certain nombre de principes inscrits depuis le milieu du siècle précédent dans les textes fondamentaux du droit international, initialement en 1945 dans la Charte des Nations Unies, puis de décennie en décennie dans des pactes, traités, conventions, statuts de tribunaux internationaux.

Pour un Etat, si fort soit-il militairement ou économiquement, perdre cette légitimité c’est mettre inévitablement en péril son avenir et en danger la sécurité de ses habitants.

Or, depuis quarante ans Israël a perdu cette légitimité en bafouant jusqu’ici impunément ses principes, valeurs et accords qu’elle est censée respecter en tant que membre de l’organisation qui lui a donné naissance.

Bénéficiant de la sympathie que lui vaut le souvenir de la Shoah et du soutien que lui accorde pour l’instant le plus puissant des Etats membres (lui-même en perte de légitimité en Irak), Israël assure sa survie par l’écrasante supériorité de ses armes.

Les gouvernements israéliens successifs ont assumé l’illégitimité en poursuivant l’occupation militaire de territoires qui ne lui sont pas reconnus, en y multipliant l’implantation de colonies, en traitant leur population par l’oppression, le harcèlement et le mépris au rebours du droit humanitaire et en restant sourds aux résolutions adoptées par l’instance chargée, au plan mondial, du maintien de la paix et au règlement des conflits.

Quarante ans après la fin de la guerre des Six jours, Israël n’a pas trouvé un gouvernement capable d’entamer sérieusement la nécessaire négociation avec les Palestiniens qui serait en mesure de lui rendre sa légitimité, de garantir sa sécurité véritable et de lui donner un avenir.

Il s’agit d’un échec dont ma visite sur place me permet de mesurer la gravité.

En effet, la solution jusqu’ici préconisée officiellement par les partenaires d’Israël occidentaux et arabes de deux Etats souverains sur des espaces viables avec leurs deux capitales à Jérusalem n’est plus réaliste, puisque ces espaces ne sont plus disponibles.

Celle d’un Etat démocratique commun aux deux peuples est encore plus chimérique. Il reste un Etat sans légitimité avec un peuplement scindé, comportant des juifs maîtres et des Palestiniens voués à un régime de non-droit, enfermés comme à Gaza et demain en Cisjordanie dans des bantoustans, une situation comparable à l’apartheid.

A terme - et je dirais à très court terme -, cette situation ne peut que conduire à une explosion, à des risques majeurs dont on peut imaginer l’ampleur en voyant l’état de la jeunesse palestinienne. Elle n’a connu jusqu’ici qu’oppression et violence, ne connaît d’Israël que son armée et ne se sent pas d’avenir en paix. Elle sait aussi que son nombre constitue à terme sa force que rien ne pourra arrêter et que personne ne pourra les blâmer de combattre pour la liberté.

Pour les juifs qui ont fait confiance à un Etat pour assurer leur avenir, quand se réveilleront-ils de leur sommeil pour s’apercevoir qu’ils ont été trahis ?

Dernier ouvrage paru : Citoyen sans frontières. Conversations avec Jean-Michel Helvig. (Fayard, 2008).

* Stéphane Hessel - Wikipédia, ambassadeur de France.

 

La Fondation Res Publica (Site web de la Fondation), présidée par Jean-Pierre Chevènement, a organisé un colloque le 16 juin 2008 sur le thème Où va la société israélienne ? après celui du 26 mai Où va la société palestinienne ?

 

Voir aussi les articles parus sur ce blog Proche Moyen Orient

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25 décembre 2007 2 25 /12 /décembre /2007 21:01

Organiser la coexistence avec courage et volonté

 

Il y a un an, le jour de Noël, j’avais titré « Palestine - Israël : des petits pas dans la direction de la paix : Mahmoud Abbas et Ehud Olmert se parlent enfin ! ». J’entendais ce matin à la radio qu’à Bethléem, le commerce est beaucoup plus actif que l’an dernier à Noël, ce qui est un bon indicateur de détente entre les communautés.

 

Pourtant, il y aurait de quoi être pessimiste en lisant les articles de journaux. Par exemple, celui-ci, paru le 23 décembre sur www.lemonde.fr  

 

« Israël prévoit la construction de 750 logements en 2008 dans deux colonies »

 

« Israël a dégagé dans son budget pour 2008 des sommes pour la construction de 740 logements dans deux colonies en Cisjordanie, a révélé, dimanche 23 décembre, le porte-parole du mouvement israélien La Paix Maintenant. L'information a été confirmée par le ministère des constructions israélien et dénoncée par l'Autorité palestinienne, qui réclame un arrêt total des constructions dans les colonies juives de Cisjordanie ».

 

En fait, ce n’est pas encore une décision, puisque le budget de l’Etat israélien sera voté cette semaine par la Knesset, le parlement. Mais ce projet semble contradictoire avec la démarche proclamée des dirigeants israéliens en faveur de la paix.

« DES NÉGOCIATIONS DE PAIX MISES À MAL »

Pour les Palestiniens, cette poursuite des colonisations menace les pourparlers de paix. "La prochaine séance de négociations se tiendra lundi et jusqu'à présent nous attendons une réponse claire d'Israël concernant le gel de la colonisation", a déclaré, samedi, à l'AFP, Yasser Abed Rabbo, membre de l'équipe de négociateurs palestiniens.

« Israéliens et Palestiniens ont tenu, le 12 décembre, une première séance de discussions, conformément aux décisions de la conférence de paix du 27 novembre à Annapolis (Etats-Unis). Ils s'étaient alors engagés à relancer les négociations en panne depuis 7 ans pour résoudre leur conflit en 2008. Ces négociations sont basées sur la "Feuille de route", un plan de paix international par étapes qui prévoit dans sa première phase un gel de la colonisation et un arrêt des violences ».

 

Dans un autre article du journal « Le Monde », publié le 12 décembre 2007, Michel Bôle-Richard  écrit (extrait) :

 

« Les Arabes israéliens sont confrontés à un racisme croissant »

 

Le racisme entre juifs et Arabes d'Israël n'a jamais été aussi fort, dénonce l'Association pour les droits de l'homme en Israël (ACRI), dans son rapport annuel. Publié samedi 8 décembre, ce rapport de 70 pages estime que les incidents racistes envers les Arabes ont augmenté de 26 % en 2006. « Nous sommes une société qui vit dans un régime démocratique mais dont les institutions sont minées et dans laquelle les résidents ont un statut différent », indique Sami Michaël, le président de l'ACRI, qui note l'accroissement des remarques racistes, des politiques discriminatoires et des violences policières.

 

Sur www.lemonde.fr en date du 22 décembre dernier, nous avions un autre indice de l’ambiguïté de la politique d’Israël envers ses minorités, le correspondant du Monde, Michel Bôle-Richard se faisant l’écho d’une enquête de l’armée israélienne, elle-même.

 

« Vexations, violences, lot quotidien des Palestiniens aux barrages israéliens »

 

Nous ne voulons pas que l'image d'Israël, dans l'esprit des Palestiniens, soit un soldat à un barrage. Nous n'avons pas le désir de contrôler la vie des Palestiniens", a expliqué, à Paris, le 17 décembre, à l'occasion de la conférence des donateurs, Tzipi Livni, la ministre israélienne des affaires étrangères.

Chaque jour pourtant, les Palestiniens sont confrontés à des barrages et à des check-points (563 fixes, plus 74 "volants" au mois de novembre selon OCHA, l'Agence des Nations unies pour les affaires humanitaires), qui limitent considérablement leur liberté de déplacement. Ils sont soumis au bon vouloir des soldats et doivent affronter d'interminables files d'attente, subir des vexations, des humiliations, voire des violences verbales ou physiques.

C'est à la suite d'un incident particulièrement significatif survenu il y a quelques mois près d'Hébron que l'armée a décidé d'ordonner une enquête. Un officier et cinq soldats avaient "braqué" un taxi, ligoté son chauffeur, s'étaient emparés du véhicule et, peu après, avaient tiré sur un Palestinien et l'avaient laissé blessé sur le bord de la route sans s'occuper de son sort.

A la suite de cet incident, qualifié d'"exceptionnel", le général Gadi Shamni, qui commande la région centre d'Israël, a donc décidé d'en savoir plus sur le comportement de ses soldats et a ordonné une enquête auprès de mille d'entre eux. Les conclusions ont surpris l'état-major.

Il ressort de cette investigation qu'un soldat sur quatre a été témoin actif ou passif de violences exercées à l'encontre de Palestiniens (…).

"Il ne fait aucun doute que les soldats opérant dans les territoires occupés ont le sentiment de jouir d'une immunité, ce qui mène inévitablement à une augmentation du nombre et de la gravité des infractions commises", explique Michael Sfard, avocat de Yesh Din.

Dans son rapport, cette organisation constate que le nombre des poursuites contre les soldats pour des faits liés à la drogue en 2006 est "sept fois supérieur au total des poursuites concernant des atteintes physiques ou aux propriétés des Palestiniens pendant presque sept ans". 

En ce 25 décembre, restons optimistes et rappelons les perspectives définies par Jean-Pierre Chevènement le 13 novembre 2006 devant la presse.

  

« Faire de l’Europe un facteur de paix dans le monde »

 

« Au Proche et au Moyen-Orient l’intérêt de l’Europe c’est aussi une paix qui reconnaisse à chaque peuple ses droits : il ne saurait y avoir un droit international à plusieurs vitesses : droit au développement – c’est le cas de l’Iran -, droit à disposer d’un Etat viable – c’est le cas du peuple palestinien – droit à la sécurité, ce qui est particulièrement vrai pour Israël, droit sur lequel il doit être clair que nous ne saurions transiger. Rien ne saurait justifier à ce sujet les propos du président Ahmedinejad. L’avenir du monde n’est pas dans la confrontation mais dans le dialogue des cultures et des civilisations ».

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Published by SORIN Michel - dans Proche Moyen Orient
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