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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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25 décembre 2006 1 25 /12 /décembre /2006 23:51

 

 

Mahmoud Abbas et Ehud Olmert se parlent enfin !

 En ce jour de Noël, je veux croire que les informations en provenance du Proche Orient sont annonciatrices de paix.

 « Israël ordonne "un allégement immédiat des restrictions" frappant les Palestiniens », titre Le Monde.fr

Libération.fr n’est pas en reste :

 « Reçu à Jérusalem, le chef de l'Autorité palestinienne s'est vu promettre 100 millions de dollars d'«aide humanitaire» et des «progrès dans le processus de paix ».

 Il faut noter aussi la rencontre entre le président palestinien et le premier ministre jordanien.

Il est vrai que la situation est, à ce point, désespérée dans les territoires palestiniens qu’une prise de conscience pourrait enfin conduire à des décisions positives.

 La menace iranienne, le fiasco israélien et les déchirements communautaires au Liban, l’affaiblissement des dirigeants palestiniens et israéliens, le rééquilibrage de la politique des USA après les succès démocrates, sont des réalités qui créent les conditions d’un rapprochement israélo-palestinien.

  On mesure mieux, dans cette perspective, l’intérêt du voyage que Ségolène Royal a effectué début décembre au Proche Orient.

Quant à Jean-Pierre Chevènement, je rappelle ici que, lors de son intervention du 13 novembre dernier devant la presse, il a présenté ses vingt chantiers prioritaires, dont le quatrième :

 « Faire de l’Europe un facteur de paix dans le monde ».

 "Au Proche et au Moyen-Orient l’intérêt de l’Europe c’est aussi une paix qui reconnaisse à chaque peuple ses droits : il ne saurait y avoir un droit international à plusieurs vitesses : droit au développement – c’est le cas de l’Iran -, droit à disposer d’un Etat viable – c’est le cas du peuple palestinien – droit à la sécurité, ce qui est particulièrement vrai pour Israël, droit sur lequel il doit être clair que nous ne saurions transiger. Rien ne saurait justifier à ce sujet les propos du président Ahmadinenejad. L’avenir du monde n’est pas dans la confrontation mais dans le dialogue des cultures et des civilisations".

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Published by SORIN Michel - dans Proche Moyen Orient
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16 août 2006 3 16 /08 /août /2006 17:30

 

Résumé de cinq articles lus dans le Figaro entre le 5 et le 12 août 2006

 

 La rubrique « Opinions » du Figaro vient de produire une série de textes de fond concernant le Liban et Israël, l’implication de la Syrie et de l’Iran en arrière-plan et, plus généralement, le Proche et Moyen Orient.

 Dans l’ordre chronologique, j’ai retenu cinq articles qui apportent des informations historiques et stratégiques permettant de mieux comprendre la réalité dans sa complexité :

 « Liban, la guerre qui lève les tabous » par Antoine Sfeir (5 août),

 « Déconstruire la nation libanaise fragilisée, pour mieux la reconstruire » par Fadi Assaf (8 août),

 « Une révolution stratégique au Moyen-Orient » par Pierre Lellouche (9 août),

 « Le transfert d’hostilité occidental sur les Palestiniens et les Libanais » par Georges Corm (11 août),

 « Moyen-Orient : empêcher la jonction des forces radicales et extrémistes » par Olivier Roy (12 août).

 

Antoine Sfeir, directeur de la rédaction des Cahiers de l’Orient, met en avant les motivations de chacun des protagonistes : Israël, le Hezbollah, mais aussi l’Iran qui a bénéficié de l’accès au pouvoir en Irak de la communauté chiite, ce qui a servi son ambition de devenir une puissance régionale dont l’influence s’étend en Irak, en Syrie (les Alaouites au pouvoir sont issus d’une dissidence chiite) et au Liban (par l’intermédiaire du Hezbollah qui représente une partie influente des chiites libanais).

 D’autres pays producteurs de pétrole de la péninsule arabique ont de fortes minorités chiites (Arabie saoudite, Emirats arabes unis), voire une majorité chiite (Bahrein), qui sont très liées à l’Iran. Par ailleurs, ce pays est engagé dans des négociations qui le conduiront à posséder l’arme nucléaire. L’Iran est donc l’acteur principal aujourd’hui. Le président Ahmadinejad ne reflète pas la position de la majorité des dirigeants iraniens, laquelle est plus près des positions traditionnelles des Perses, ennemis des Arabes, et proche des intérêts stratégiques d’Israël et des USA.

 Vu sous cet angle, le conflit israélo-libanais contient les germes de la résolution de tabous dont on ose enfin parler :

 - La partition du Liban en 4 grandes communautés (chrétiens, sunnites, druzes et chiites), ce qui risque de se passer aussi en Irak.

 - Le Hezbollah n’est plus à l’abri de toute critique. Il est désormais fortement interpellé sur son aventurisme.

 - Comme en Irak, il y a risque d’une guerre fratricide entre les sunnites et les chiites, ce qui sonnerait le glas de la nation libanaise. Or, la guerre a démontré la vitalité de celle-ci dans sa diversité, soudée dans l’adversité. Mais elle a aussi mis en évidence l’absence totale d’un Etat libanais, d’autant plus regrettable dans cette région menacée par les extrémismes.

 Il est des constantes au Proche-Orient aussi têtues que l’histoire mouvementée de cette région : le droit sans la force a toujours été impuissant (le Liban devrait s’en souvenir), mais la force sans le droit n’a jamais été juste (les Israéliens ne doivent pas l’oublier).

 

Fadi Assaf, analyste au Centre d’Etudes et de Recherches Stratégiques, porte son regard sur les rapports entre les diverses communautés et ethnies qui forment l’Etat libanais. La crise actuelle est un nouvel épisode de l’histoire mouvementée du Liban.

 Enfermés dans leur logique communautariste, les Libanais ont souvent choisi de voir ce qui les séparait et non ce qu’ils avaient en commun. Les chrétiens maronites et les musulmans sunnites ont emprunté dans le passé la voie contestataire que le Hezbollah chiite utilise aujourd’hui : elle consiste à s’appuyer sur l’étranger pour renforcer sa propre assise politique au détriment, parfois, de l’intérêt national.

 Inversement, les périodes de stabilité que le Liban a connues ont été celles que garantissait un réel équilibre entre les différentes composantes libanaises.

La résolution 1559 votée par l’ONU a été perçue par la communauté chiite libanaise comme hostile, car remettant en question ses droits acquis face à Israël et arrachés aux maronites et sunnites.

 A l’issue de cet engagement contre l’armée israélienne, le conflit opposant les deux branches de l’islam prend une tournure ouvertement favorable aux chiites, le Hezbollah ayant désormais la sympathie des populations arabo-musulmanes, y compris sunnites. Son leader incontesté, Hassan Nasrallah, est en passe de succéder à Nasser dans les cœurs des populations, ce qui l’incitera à revendiquer à l’intérieur du Liban davantage de pouvoir pour les chiites face aux sunnites, les maronites étant eux-mêmes sur la défensive et tentés de passer des compromis avec les plus forts (voir la position du général Aoun).

 Le résultat inattendu de la guerre entre le Hezbollah et Israël pourrait être de jeter les bases d’une coexistence sociopolitique viable entre les trois communautés libanaises, devenues minoritaires dans le contexte actuel. Déconstruire pour mieux reconstruire…

 

Pierre Lellouche, délégué général de l’UMP et président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, met en évidence trois facteurs stratégiques essentiels pour l’avenir du Moyen-Orient.

 - Le premier est l’émergence de l’Iran comme superpuissance à vocation régionale, brandissant la bannière de l’Islam chiite radical et, grâce au Hezbollah, en prise directe sur Israël.

 C’est une véritable révolution stratégique car cette guerre du Liban pourrait être une répétition générale d’un conflit demain entre deux puissances nucléaires, Israël et l’Iran.

 - Le second fait majeur est l’accumulation d’erreurs stratégiques à mettre au débit du gouvernement israélien depuis le début de cette crise. La riposte israélienne n’était pas seulement « disproportionnée », elle était fondamentalement erronée. Résultat : Israël, bien qu’agressé, a perdu la guerre des images et le Hezbollah sort renforcé.

 - Le troisième facteur dominant est la marginalisation des USA au Proche-Orient.

 Après l’immense gâchis de cette guerre, il importe de faire en sorte que le Liban soit pleinement souverain, ce qui passe par un accord global sur le statut du Liban, avec la participation de la Syrie et de l’Iran.

 La tâche qui attend, notamment, l’Europe et la France est immense. Se contenter de faux-semblants, c’est se condamner à des conséquences encore plus graves.

 

Georges Corm, économiste et historien, ancien ministre libanais des Finances, intervient sur le registre historique et psychologique pour tenter de comprendre la réalité actuelle du Proche-Orient.

 Il évoque d’abord l’anesthésie de beaucoup de consciences face au drame du Liban et au non-respect des règles du droit humanitaire, en notant que ce n’est pas la première fois.

 Face à ce chaos sanglant, l’Europe, qui se félicite d’être enfin en paix, ne réalise pas que le vent de folie meurtrière (Afghanistan, Irak, Palestine, Liban…) n’est, en grande partie, que le sous-produit de sa propre histoire, la convulsion la plus spectaculaire de cette histoire tragique, due à l’horreur causée par le génocide des communautés juives d’Europe sous le 3ème Reich.

Ce génocide est un point culminant d’un antisémitisme de nature raciste qui a sévi durant tout le 19ème siècle, prenant le relais de l’antijudaïsme de nature théologique prêché durant des siècles par les catholiques et les protestants.

 Rappelant le silence consternant qui a entouré l’entreprise démoniaque hitlérienne et la réintégration de l’Allemagne au sein des nations démocratiques à la fin de la guerre, l’auteur fait référence à Raul Hilberg, spécialiste de l’histoire de l’Holocauste, qui a expliqué le « transfert d’hostilité » opéré par les Juifs sur d’autres que leurs bourreaux allemands, d’abord sur l’Angleterre mandataire de la Palestine, accusée de retarder la création de l’Etat d’Israël, puis sur les Arabes, une fois l’Etat créé et reconnu.

Ce mécanisme de transfert d’hostilité aurait pu servir aussi de défouloir à la culpabilité éprouvée par l’Europe du fait de ses traditions antijudaïques et antisémites. C’est ce qui expliquerait pour une part l’attitude bienveillante de l’Europe vis-à-vis d’Israël  (et de ses représailles à l’encontre des populations civiles de Palestine et du Liban).

 La doctrine de l’ennemi unique de l’Occident que serait le terrorisme islamique pourrait relever de ce transfert d’hostilité, après l’ancien ennemi qu’était la subversion communiste. En réalité, le terreau sur lequel s’est développé le Hezbollah est l’occupation d’une large partie du Liban sud par l’armée israélienne entre 1978 et 2002. En faisant de l’Etat d’Israël un Etat hors norme du droit international, n’a-t-on pas introduit une nouvelle forme de racisme inversé, perverse et dangereuse pour l’avenir ?

 Le Proche-Orient continue de payer les dettes morales des guerres et violences survenues au sein de l’Europe. Celle-ci peut-elle ouvrir, enfin, la voie à la paix et à la réconciliation avec son Orient proche ? La Méditerranée pourra-t-elle, enfin, devenir notre mer commune, sans ingérence venant d’outre-Atlantique ?

 

 Olivier Roy, islamologue, spécialiste du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, montre que deux logiques profondes sont à l’œuvre au Moyen-Orient : un front du refus anti-israélien, cette fois sous l’égide de l’Iran, d’une part, un clivage croissant entre chiites et sunnites, surtout en Irak, qui menace de s’étendre à toute la zone, d’autre part.

 Ces deux tendances ne sont pas nouvelles. Mais ce qui est nouveau, c’est l’intervention américaine en Irak. La montée en puissance des chiites, dans ce qui constitue l’essentiel des zones pétrolières, inspire une vive inquiétude aux régimes arabes conservateurs de la région. L’obsession iranienne a toujours été de contourner le front arabo-sunnite pour se positionner en champion de la cause arabo-musulmane au Moyen-Orient, tout en influençant fortement les réseaux chiites.

 La seule cause qui permet à l’Iran de connecter les deux est la Palestine. Plus précisément, toute conjonction entre le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais permet à l’Iran d’articuler ses deux stratégies. La brutale connexion entre les deux conflits israélo-palestinien et israélo-libanais a permis à l’Iran, conduit par Ahmedinejad, de fusionner Front du refus et arc chiite, et de gagner sur tous les tableaux.

 Les milieux arabo-musulmans traditionnels en ont tiré les conséquences. Ils s’alignent sur la rue arabe.

 Les Européens ont continué leur diplomatie cloisonnée, sans faire de lien entre le programme nucléaire de l’Iran et son soutien au Hezbollah dans la crise libanaise (alors que l’Iran joue la crise au Proche-Orient pour pouvoir continuer son programme nucléaire).

 Quant à Israël, en bombardant tout le Liban, il a réunifié chiites, sunnites et chrétiens !

 Il n’existe pas de solution militaire durable. Seul un accord politique de long terme peut stabiliser la région.

 Mais, pour cela, il faut traiter différemment le Hamas et le Hezbollah, retrouver la spécificité de chaque conflit, au lieu de se gargariser de « guerre au terrorisme » ou de « fascisme islamique ».

 

    Communiqué de Georges SARRE (MRC) le 17 juillet 2006 

 Proche Orient : la France doit agir à tous les niveaux pour stopper la guerre

 Le MRC approuve la position prise au nom de la France par le Président de la République Jacques CHIRAC, qui a demandé le désarmement de toutes les milices, notamment du Hezbollah, et jugé « disproportionnée » la riposte d’Israël.

 Mais on ne peut s’en tenir à cette pétition de principes. Il faut une initiative diplomatique forte pour intercéder auprès de toutes les parties en faveur d’un cessez-le-feu immédiat. La France ne peut pas se borner à constater le blocage de l’ONU et l’impuissance de l’Union Européenne. Le déplacement à Beyrouth du Premier Ministre est un symbole positif fort mais insuffisant. Bien entendu, ce voyage doit contribuer à évaluer et renforcer les moyens nécessaires au rapatriement des Français et de tous ceux qui veulent quitter momentanément le Liban.

 Le MRC s’inquiète du sort des populations civiles libanaise et israélienne, qui font l’une comme l’autre les frais d’une escalade ravageuse dans les attaques mutuelles.

Sans une mobilisation puissante de la France et de la communauté internationale, il y a fort à craindre que le conflit s’étende au Proche Orient et se durcisse durablement.

Dans ce conflit grave et particulièrement dangereux, la France, qui a des liens étroits tant avec Israël qu’avec le Liban, doit s’appuyer sur sa liberté pour faire prévaloir le droit et la paix.    

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