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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 22:01

 

Maîtriser la consommation, diversifier les énergies (2)

 Cette réunion publique était organisée par l’association CIVIQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne) présidée par Michel Sorin. Le thème : le climat et les énergies. Deux invités Gérard Pierre* et Michel Lemosquet**, exprimant leurs positions respectives sur le sujet. Un débat entre les participants (une trentaine de personnes) et les intervenants 

 

   - Gérard PIERRE , professeur émérite de physique à l’université de Bourgogne à Dijon, représentant le président du collectif « Sauvons le climat », association dont l’ambition est : « informer nos concitoyens, de manière indépendante de tout groupe de pression ou parti politique, sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le ralentir ».

 - Michel LEMOSQUET , agriculteur à Champgénéteux (Mayenne) et militant en faveur des énergies renouvelables, responsable de l’association « COEDRA Maine » créée en 2000 en opposition au projet de laboratoire de stockage (enfouissement) des déchets radioactifs sur le canton de Bais (53 - massif granitique d’Izé), aujourd’hui opposée à la création d’une ligne à très haute tension (THT Cotentin-Maine) qui relierait Flamanville (50), site du futur (en projet) réacteur nucléaire EPR, au nord-ouest du Maine.

 Michel Sorin rappelle que cette rencontre-débat doit permettre aux citoyens présents de se faire une opinion sur le sujet traité, à l’issue des exposés des deux intervenants et du débat qui suit.

 « CIVIQ ne prend pas position. Ce n’est pas un parti politique. Son rôle est d’aider les citoyens à exercer leurs responsabilités dans la vie publique démocratique ».

 L’intérêt de cette réunion est la confrontation sereine de points de vue différents sur un thème très controversé, celui de l’énergie nucléaire, qui divise dès qu’on aborde les solutions permettant de diminuer l’émission des gaz à effet de serre, qui sont principalement à l’origine du réchauffement climatique. Gérard Pierre est favorable à l’énergie nucléaire et Michel Lemosquet y est opposé.

 L’exposé de Gérard Pierre a été présenté dans un article précédent (paru le 21 avril 2007).

 L’exposé de Michel Lemosquet

 Michel Lemosquet commence par préciser qu’il était agriculteur dans la Manche avant de s’installer en Mayenne. Il s’est donc intéressé à l’énergie nucléaire, La Hague et Flamanville étant situés dans ce département. En fait, les questions énergétiques le passionnent depuis longtemps, notamment l’électricité. Il ne partage pas certains points de l’intervention de Gérard Pierre, qu’il juge trop favorables à l’énergie nucléaire.

 NUCLEAIRE OU RENOUVELABLES : IL FAUT CHOISIR

Le projet de ligne THT, consécutif à la décision de construire un E.P.R. à Flamanville, ne laisse pas les Mayennais indifférents. Il pose la question du choix entre la poursuite du « tout nucléaire » et «  le développement des énergies renouvelables », accompagné d’une maîtrise des dépenses, visant la meilleure efficacité énergétique possible.

 Déjà mobilisée, pour s’opposer au projet de laboratoire d’enfouissement des déchets radioactifs dans le Massif granitique d’Izé, en 2000, la population, et de nombreux élus, continuent de s’informer et de débattre de l’électricité, mais aussi, plus globalement, de l’énergie. Ici comme ailleurs, ils ont compris que l’énergie sera l’un des enjeux décisifs des prochaines décennies, sur le plan économique, social et environnemental. De nombreuses initiatives voient le jour, sur le terrain, pour le développement des énergies renouvelables, et la mise en œuvre des économies d’énergie.
C’est un débat, à la fois local et national, car l’énergie est aussi une affaire de citoyens.

A QUELLES DONNEES DEVONS- NOUS FAIRE FACE ?

- Plus personne, aujourd’hui, ne conteste le réchauffement climatique, dû aux émissions de gaz à effet de serre, Halocarbures (CFC), CO2, Méthane, Protoxyde d’Azote.

 - Dans le même temps, nous percevons les limites des ressources fossiles et fissiles et leur épuisement : pétrole, gaz, charbon. Mais ce qu’on oublie souvent de dire, c’est que les réserves d’uranium (combustible des réacteurs nucléaires), n’excèdent pas 70 années, au rythme des consommations actuelles.

 - Troisième problématique : les déchets nucléaires pour lesquels on n’a pas de solution. La loi Bataille de 1991 (qui proposait trois voies de recherche : la séparation - transmutation des éléments, l’entreposage en surface et l’enfouissement profond) est en révision pour aboutir à un nouveau projet de loi actuellement en étude au Parlement.

 - Quatrième problématique : l’augmentation des consommations.

QUELS SONT NOS ENGAGEMENTS ?

Le protocole de Kyoto est ratifié, La France se doit de maintenir son taux d’émission de GES tel qu’il était en 1990.
Dans le prolongement de ces accords et dans le cadre du développement durable, la France a signé la directive européenne, visant à passer de 16 à 21% la part d’Energies Renouvelables consacrée à l’électricité en 2010. Tous les spécialistes s’accordent à dire que nous n’y parviendrons pas, avec la politique qui est menée aujourd’hui.
En 2005, notre pourcentage d’Energies Renouvelables est descendu de 16 à 14 %. Passer de 14 à 21 % exigerait un développement massif des énergies renouvelables, c’est-à-dire, pour prendre l’exemple de l’éolien, une puissance d’au moins 12 000 MW, alors que nous ne sommes qu’à 800 MW, pendant que l’Espagne atteint les 10 000 MW et que l’Allemagne arrive à 18 000 MW installés.

ETAT DES SOURCES D’ENERGIE ELECTRIQUE AUJOURD’HUI EN FRANCE

Le nucléaire représente 75 %, l’hydraulique 14 %, le charbon 6 %, le pétrole 2 %, le gaz 1 %, le solaire et l’éolien … 1%. Sans l’hydraulique, constituée par les grands barrages, notre part d’énergie renouvelable est insignifiante.
La France est le seul pays de la planète, à avoir tout misé sur le nucléaire et rien que sur le nucléaire, depuis 30 ans (95 % du budget de recherche sur l’énergie est consacré au nucléaire, 2% seulement aux renouvelables).
Avec ses 58 réacteurs, la France exporte 15 % de sa production électrique à bas prix mais garde les déchets. En revanche, elle importe 2 à 3 % à prix fort, lors des pics de consommation que le nucléaire ne sait pas gérer. Pour exemple : le 22 février 2005, jour le plus froid de l’année, la France a eu besoin de 86 000 MW et a dû acheter 3 % de son électricité.

 Deux mois plus tard, il faisait très beau, il n’y a eu besoin que de 35 000 MW et plusieurs centrales ont dû être mises à l’arrêt. La consommation moyenne étant de 65 000 MW, il paraît urgent de lisser les pics, plutôt que de poursuivre la fuite en avant en construisant l’E.P.R.

NUCLEAIRE ET EFFET DE SERRE

Au niveau mondial, le nucléaire ne représente que 6% de l’énergie globale. Pour voir la quantité de gaz à effet de serre diminuer de façon significative, il faudrait multiplier le nombre de centrales par quatre (passer de 450 réacteurs à 1800). 

C’est à l’évidence impossible puisque les réserves d’uranium se trouveraient épuisées, la gestion des déchets, particulièrement dans les pays où la démocratie est fragile ou absente, deviendrait incontrôlable et poserait très vite des problèmes sanitaires irréversibles, le passage du nucléaire civil au nucléaire militaire entraînerait une prolifération des armes atomiques. L’Iran est là pour nous le rappeler. Au niveau national, le nucléaire ne représente que 15% de l’énergie consommée. C’est dans le transport, principal secteur émetteur de Co2 en croissance permanente, qu’il faut agir en priorité, ainsi que dans le résidentiel tertiaire. Les produits pétroliers représentent plus de la moitié de la consommation énergétique française et sont dominants dans ces secteurs.

E.P.R. ET COÛTS

L’E.P.R. est évalué à 3 milliards d’Euros l’unité, par commande de 10. Il est très coûteux pour sa construction, mais aussi pour son exploitation et, dans le futur, pour son démantèlement. Si le prix du kilowatt nucléaire semble compétitif, c’est qu’il ne prend pas en compte ses coûts réels.
De nombreux coûts ne sont pas intégrés dans le calcul du kwh nucléaire :
- investissement énorme de la mise en place,
- coût futur du démantèlement,
- coût total de la gestion à long terme des déchets,
- coût de la protection des centrales,
- assurances pour lesquelles le nucléaire bénéfice d’un régime exceptionnel dérogatoire,
- coût éventuel d’un accident grave.
Tous ces coûts sont et seront pris en charge par les contribuables, ce qui fausse la concurrence au détriment des autres énergies.
La Cour des Comptes, par la voix de
Philippe Seguin, a signifié ses inquiétudes sur le coût explosif des déchets et l’avenir de la filière ; elle souligne,aussi, le manque de provisions pour le démantèlement des réacteurs, opération qui coûtera beaucoup plus cher que prévu. Jamais dans l’histoire, et dans le monde, une énergie n’a reçu autant de fonds publics que le nucléaire français.

E.P.R. NUCLEAIRE ET RISQUES

 Les risques liés au nucléaire ne sont, en aucun cas, comparables à d’autres risques industriels. L’accident, toujours possible, les risques terroristes, déclencheraient une catastrophe dont personne ne peut maîtriser les effets. Les conséquences de Tchernobyl doivent faire réfléchir. Le nucléaire, de ce fait, n’est pas assuré, car il n’est pas assurable. Est-il raisonnable de prendre autant de risques lorsque d’autres choix sont possibles ?

D’AUTRES CHOIX SONT POSSIBLES

Le projet E.P.R. engage l’avenir énergétique de la France. D’autres choix sont possibles.
La maîtrise de l’énergie d’une part, les énergies renouvelables d’autre part, fournissent ensemble une alternative urgente et incontournable.
Le nucléaire, c’est la culture de l’offre, aboutissant à un gaspillage, c’est aussi une dépendance, à cause des importations d’uranium. Au contraire, les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique procurent une indépendance. Par ailleurs elles permettent d’avoir une production décentralisée répondant mieux à la demande, avec moins de nuisances, causées par le transport de l’énergie sur le territoire.
Ce choix est le plus convenable pour l’environnement et la santé, car il n’émet ni gaz à effet de serre, ni déchets radioactifs. Mais aussi, plus convenable, des points de vue social et économique, puisqu’il développe l’emploi d’une manière durable.

SCENARIOS ALTERNATIFS

Il existe des scénarios alternatifs de maîtrise de l’énergie et de développement des énergies renouvelables :
- Scénario Négawatt,
- L’analyse réalisée par le bureau d’étude « Les 7 Vents du Cotentin » à la demande du Réseau « Sortir du nucléaire » sur la région Grand Ouest (Haute et Basse-Normandie, Bretagne et Pays de Loire) : avec 3 Milliards d’Euros (Coût de l’E.P.R.) que peut-on faire dans le grand ouest en électricité ou Comment sortir du modèle énergétique français au profit d’une approche en devenir ?                                                                                                                                    
1- Avec la même somme (3 milliards d’euros) que celle consacrée à la seule production d’électricité, on obtient une capacité de réponse aux besoins électriques, deux fois supérieure à celle de l’E.P.R., en ajoutant la production d’électricité à celle qui est évitée.
2- Le nombre d’emplois pérennes dépasse les 10 000. Le projet EPR, quant à lui, comptera jusqu’à 2 300 personnes en phase de construction. Sur quinze ans, la moyenne cumulée est de 600 emplois créés. L’effectif permanent sera de 250 à 300 emplois.

Ces actions, si elles se concrétisent, engageront le Grand Ouest sur la voie de la productivité énergétique. Plus compétitives, à la pointe de l’innovation, les régions feraient un pas décisif en matière de performances économiques et d’amélioration des conditions sociales et de respect de l’environnement.
Véritable tournant en France, amorce vers une politique de décroissance, les évolutions en matière de consommation et de production électriques rendront obsolètes les projets d’EPR et de ligne THT.

Le projet ITER, très coûteux, a peu de chances de réussir. La problématique énergétique se pose bien avant cent ans. A noter que l’ambassadeur ITER pour la France est François d’Aubert, maire de Laval, ancien ministre.

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Published by SORIN Michel - dans Rencontres CIVIQ
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21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 18:55

 

Maîtriser la consommation, diversifier les énergies

 Cette réunion publique était organisée par l’association CIVIQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne) présidée par Michel Sorin. Le thème : le climat et les énergies. Deux invités Gérard Pierre* et Michel Lemosquet**, exprimant leurs positions respectives sur le sujet. Un débat entre les participants (une trentaine de personnes) et les intervenants.

 - * Gérard PIERRE , professeur émérite de physique à l’université de Bourgogne à Dijon, représentant le président du collectif « Sauvons le climat », association dont l’ambition est : « informer nos concitoyens, de manière indépendante de tout groupe de pression ou parti politique, sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le ralentir ».

 - ** Michel LEMOSQUET , agriculteur à Champgénéteux (Mayenne) et militant en faveur des énergies renouvelables, responsable de l’association « COEDRA Maine » créée en 2000 en opposition au projet de laboratoire de stockage (enfouissement) des déchets radioactifs sur le canton de Bais (53 - massif granitique d’Izé), aujourd’hui opposée à la création d’une ligne à très haute tension (THT Cotentin-Maine) qui relierait Flamanville (50), site du futur (en projet) réacteur nucléaire EPR, au nord-ouest du Maine.

 Michel Sorin rappelle que cette rencontre-débat doit permettre aux citoyens présents de se faire une opinion sur le sujet traité, à l’issue des exposés des deux intervenants et du débat qui suit.

 « CIVIQ ne prend pas position. Ce n’est pas un parti politique. Son rôle est d’aider les citoyens à exercer leurs responsabilités dans la vie publique démocratique ».

 L’intérêt de cette réunion est la confrontation sereine de points de vue différents sur un thème très controversé, celui de l’énergie nucléaire, qui divise dès qu’on aborde les solutions permettant de diminuer l’émission des gaz à effet de serre, qui sont principalement à l’origine du réchauffement climatique.

 L’exposé de Gérard Pierre

 Gérard Pierre commence son exposé en précisant que « Sauvons le climat » a été fondé en 2004 afin d’exercer une vigilance citoyenne sur les problèmes liés au réchauffement climatique, pour l’essentiel dû à l’exploitation des énergies fossiles.

 L’énergie se présente sous la forme d’une réaction chimique, qui conduit à une perte de masse. C‘est Albert Einstein qui est l’inventeur de la célèbre équation E = mc² (l’énergie d’une particule E est fonction de sa masse m et du carré de la vitesse de la lumière c).

 La vitesse de la lumière c étant très grande, une petite quantité de matière m peut produire une grande quantité d’énergie E.

 Les deux problèmes énergétiques majeurs sont le réchauffement climatique et la raréfaction du pétrole et, à plus long terme, du gaz.

 Le réchauffement climatique

 Le réchauffement climatique est essentiellement dû à l’émission de gaz à effet de serre (GES), dont le principal est le gaz carbonique (dioxyde de carbone CO²) et la principale source d’émission du CO² est liée aux activités humaines : industries, moyens de transport terrestres et aériens, centrales thermiques utilisant des combustibles fossiles, feux de biomasse, chauffages domestiques, et, plus généralement, toute activité impliquant une combustion.

 Les autres GES présents dans notre atmosphère sont le méthane provenant surtout des activités d’élevage de ruminants et de fermentations dans les rizières, et de gaz présents dans l’atmosphère en très faible quantité, issus d’activités industrielles et de transports.

 Une précision : la présence de GES dans l’atmosphère est nécessaire. La température moyenne annuelle du globe est actuellement 15°C. Sans GES, elle serait -18°C ! La planète serait recouverte de glaciers. Ainsi, l’effet de serre, dû à la présence naturelle de vapeur d’eau et de gaz carbonique, permet d’avoir un climat tempéré favorable à la vie. C’est la modification rapide de la composition atmosphérique par les activités humaines qui, en introduisant des quantités croissantes de GES divers, pose de graves problèmes pour l’avenir.

 (*Ces informations ont été extraites du livre « La physique : du laboratoire au quotidien » dont l’auteur coordonnateur est Gérard Pierre, éditions universitaires de Dijon, 2006).

 Quels sont les pays qui produisent le plus de CO² (en tonnes de carbone par habitant) ?

 Le Qatar est en tête avec 18 tonnes, l’Australie est en seconde position. Les USA sont 6ème (6,6 t), l’France en 27ème position (3,2 t), la France 54ème (2,3 t), la Chine 97ème (1,1 t) et l’Inde 140ème  (0,5 t). La population de ces deux derniers pays et leur taux de croissance économique en fait des cas particuliers. La Chine utilise surtout le charbon et l’Inde aussi mais elle investit dans l’énergie nucléaire. Le charbon et le pétrole sont la solution la plus simple actuellement pour faire face aux besoins croissants de consommation énergétique.

 La raréfaction du pétrole

 La consommation d’énergie mondiale est en augmentation de plus de 2 à 3 % par an et, en conséquence, doublera en une trentaine d’années.

 Actuellement cette consommation se répartit de la façon suivante : 80 % de consommation d’énergie fossile et les 20 % restants se  répartissent entre biomasse (6%), nucléaire (6%), hydraulique (6%) et dans une moindre mesure (2%) de type solaire ou éolien.

 Les scientifiques spécialisés dans l’étude du climat et de ses changements climatiques nous proposent un scénario de réduction des émanations de CO² de moitié en 30 ans afin de tenter de maintenir l’augmentation de la température dans des limites plus raisonnables.

 Soit, si nous consommons 100 aujourd’hui, nous consommerons le double en 2035 soit 200, mais il faudrait au niveau mondial diminuer par 2 notre consommation d’énergie fossile ; nous en consommons aujourd’hui 80, il faudra en consommer seulement 40.

 Pour aller de 40 à 200, il faut faire passer les consommations de biomasse, d’hydraulique, de renouvelables et de nucléaire de 20 à 160 (200 – 40). Autant dire qu’au niveau mondial, le défi sera très difficile à relever.

 L’hydraulique n’est pas extensible à l’infini et son développement est limité aux possibilités hydrauliques du lieu ; il en est de même, mais dans une moindre mesure, de la biomasse.

 Il faut faire des biocarburants, mais remplacer le pétrole fossile par du pétrole vert n’est pas généralisable partout et, par exemple, demanderait à la France plus de surface qu’elle n’en possède. Quant au nucléaire, le risque de prolifération des armes qui peuvent être créées à partir du combustible des réacteurs est tel qu’il est difficile actuellement d’envisager de généraliser cette production au niveau mondial.

 Niveau des réserves énergétiques

 Les réserves énergétiques sont réparties en trois catégories : fossile, nucléaire, renouvelable.

 Le pétrole 

 La raréfaction des ressources pétrolières, dans un système libéral mondialisé, entraîne automatiquement l’augmentation du prix du baril de brut quand la demande devient supérieure à l’offre (c’est la tendance actuelle).

 Dans les années qui viennent, ce qui risque de changer durablement la vie des Français au-delà des choix politiques qu’ils seront amenés à faire cette année, est le pic de Hubbert pour le pétrole, prévu par les experts dans un avenir proche et qui aura pour conséquence la fin des énergies bon marché telles que nous les connaissons actuellement. En effet, ce pic (moment où la production mondiale de pétrole sera amenée à diminuer) est prévu à la fin de la première décennie du 21ème siècle (2010 – 2015).

 En tout cas, une chose est certaine : depuis plus d’un an, la demande augmente et l’offre stagne. C’est la cause essentielle de l’augmentation du prix du baril. Ce n’est pas une  cause conjoncturelle comme précédemment, mais la pénurie à venir est appelée à se prolonger, même s’il peut y avoir des fluctuations passagères conjoncturelles.

 Certains pensent que les découvertes de nouveaux gisements vont résoudre ce problème, mais depuis une dizaine d’années, les quantités découvertes sont inférieures à la consommation. On comprend aisément que les réserves ne peuvent que diminuer très rapidement.

 Le gaz naturel

 Les réserves de gaz sont plus imprécises que celles du pétrole. Le pic serait différé d’une quinzaine d’années par rapport au pétrole, soit vers 2025 – 2030. Le gaz est plus difficile à transporter et, surtout, à stocker. Il ne peut être une alternative au pétrole.

 Le charbon

 Les réserves de charbon sont très importantes. En Chine et en Inde, notamment, mais aussi aux USA, qui produisent 60% de leur électricité à l’aide du charbon et continueront à le faire longtemps. L’Allemagne respectera difficilement ses engagements de Kyoto à cause du charbon. Le Danemark est très efficace en écologie mais produit beaucoup de CO² à cause du charbon.

 Si l’avantage du charbon est son abondance, son stockage et sa relative simplicité de transport, ses inconvénients majeurs sont la production de CO² que son utilisation entraîne, ainsi que son extraction complexe et, souvent, coûteuse.

 L’énergie nucléaire

 Il existe deux façons de récupérer de l’énergie des noyaux : la fission (en les cassant, les neutrons provoquant une réaction en chaîne), ou la fusion (en les associant).

 La France possède la technologie et la capacité de développer son potentiel nucléaire civil. Son industrie nucléaire est la première dans le monde. Près de 80% de l’électricité est produite par des réacteurs nucléaires. La Finlande développe également cette filière mais les autres pays européens sont plus en retrait.

 Toutefois la quantité d’uranium que l’on peut récupérer sur terre à moindre coût est, comme les énergies fossiles, limité à environ 70 ans avec la consommation actuelle.

 Il faut donc imaginer la suite de cette filière. Le scénario prévu pour la France par EDF et le CEA est de construire, dans un proche avenir, des nouvelles centrales appelées EPR (Réacteur à Eau Pressurisée) dites de 3ème génération (Finlande, Flamanville).

 Ces réacteurs sont appelés à remplacer ceux construits dans les années 1970 en attendant le développement des réacteurs de 4ième génération (fusion nucléaire).

 Les réacteurs de 3ème génération (surgénérateurs) fonctionneront avec du plutonium qui n’est pas présent à l’état naturel, mais est produit en petite quantité dans les centrales fonctionnant actuellement.

 Le plutonium, qui peut être considéré comme un déchet produit par les actuels réacteurs, deviendra de ce fait un combustible. La production et l’utilisation du plutonium dans ces futurs réacteurs permettront de multiplier les réserves de combustible nucléaire par un facteur de l’ordre de 70 à 100.

 Avec la consommation actuelle, c’est donc plus de 5000 ans de réserves énergétiques que l’humanité aurait devant elle. Même si l’augmentation de la consommation doit réduire cette période, elle est suffisamment grande pour permettre le développement de la fusion contrôlée.

 La fusion contrôlée est le second projet mondial d’énergie nucléaire (ITER). Les recherches seront développées à Cadarache dans le cadre d’une coopération internationale. Elles seront longues et coûteuses, mais les sommes investies sont et seront très inférieures à celles qui sont investies encore actuellement pour les énergies fossiles. Le développement de cette dernière filière est toutefois extrêmement prometteur. Contrairement à la fusion, elle ne produit pas de déchets de façon directe et les réserves sont quasiment sans limites.

 Deux accidents nucléaires majeurs (Tchernobyl  et Three Miles Island) ont eu lieu jusqu’à présent. Le premier, à la suite d’une explosion, a contaminé le continent européen. Le second a eu des conséquences graves (un mort) mais plus limitées. Des accidents comme celui de Tchernobyl (en Ukraine, tout près de la frontière biélorusse) sont possibles en Europe orientale, compte tenu de la nature des centrales. Des financements permettraient aux Etats concernés de réduire les risques. Les centrales françaises sont plus sûres, plus proches de la technologie Three Miles Island (USA).

 La plaie de la filière nucléaire, ce n’est pas le risque d’accident. Ce sont les déchets radioactifs. La loi Bataille prévoit le traitement de ce problème sur une durée de quinze ans, en fonction des résultats de la recherche et en séparant les déchets, élément par élément. L’expérience de la transmutation des déchets radioactifs à longue durée de vie a été acquise par Superphénix.

 Les déchets « conditionnés » sont entreposés en surface. La quantité de déchets ultimes produits par les centrales françaises est de 500 kg par an. Ils sont stockés de manière réversible dans des verres, dont la durée de vie est aussi longue que celle des déchets. Au Gabon, il existe une zone contaminée limitée de déchets disséminés depuis deux millions d’années (réacteurs naturels).

   Les énergies renouvelables n’ont pas été présentées lors de l’exposé de Gérard Pierre, faute de temps. Elles le sont dans son livre  « La physique : du laboratoire au quotidien ». En voici l’essentiel.

L’énergie hydraulique est à l’origine de 20% de l’électricité produite en France. Elle est fabriquée par gravitation (il faut de grands débits et de grandes chutes d’eau pour produire de grandes quantités d’électricité). Elle ne produit pas de gaz à effet de serre et son coût est faible, mais les possibilités de développement sont limitées.

 L’énergie éolienne s’est développée depuis cinq ans en Europe, principalement en Allemagne et aussi au Danemark et en Espagne. Son inconvénient majeur est le caractère intermittent de sa production d’électricité (taux de disponibilité de 25% dans un site bien adapté). Et son coût d’installation  est élevé. En France, si la décision était prise d’installer des éoliennes dans tous les sites possibles, cette filière ne pourrait produire que 4% de l’électricité actuellement consommée. Des parcs éoliens en mer sont envisageables.

 L’énergie solaire procède de deux filières, thermique et électrique. Les chauffe-eau solaires sont intéressants pour économiser l’électricité consommée à chauffer l’eau. Le solaire photovoltaïque a l’inconvénient d’avoir un faible rendement.

 La géothermie utilise la chaleur naturelle de la terre. Il existe trois types : basse, moyenne et haute température. A basse température, il faut compléter par des pompes à chaleur qui utilisent l’électricité, ce qui en réduit l’avantage. A moyenne température, il faut effectuer des forages. A haute température, cela devient une centrale de production gratuite de vapeur sèche.

 La biomasse, qui est l’ensemble des végétaux, réalise le captage et le stockage de l’énergie solaire. Elle devrait jouer un rôle important à l’avenir, à partir des forêts et des industries liées au bois, mais aussi des pailles ou des déchets de produits d’emballage (carton, papier). A terme, cette énergie pourrait être la principale énergie renouvelable en France (potentiel d’environ 15% de la consommation d’énergie primaire). Le biogaz et les biocarburants pourraient être utilisés par le monde agricole, mais il convient de prendre en compte la part de l’énergie dépensée par rapport à l’énergie produite.

 L’ancien professeur de physique a donné un aperçu des différentes façons de produire de l’énergie, soit par interaction forte et faible (nucléaire), qui est un million de fois plus intense que l’interaction électromagnétique (combustion de l’énergie fossile - charbon, gaz, pétrole), soit par interaction gravitationnelle (eau d’un barrage), dont l’intensité est entre les deux (un million de fois plus faible que l’interaction nucléaire la plus forte).

 En conclusion, Gérard Pierre précise qu’il connaît l’énergie nucléaire et s’intéresse aux problèmes énergétiques seulement depuis sa retraite. Il préconise de développer les énergies renouvelables, améliorer l’efficacité énergétique et, surtout, économiser l’énergie. Mais il insiste sur la nécessité de continuer le nucléaire, mettre en place l’EPR et préparer la suite, les surgénérateurs et la 4ème génération.

 Il existe trois options énergétiques :

 La première est de continuer à consommer les énergies fossiles, c’est un choix de développement, mais un choix non-durable à cause des réserves d’une part et de l’incidence sur le climat d’autre part. Les réserves sont d’environ 40 ans pour le pétrole, 70 ans pour le gaz, mais encore de 200 ans pour le charbon. Les pénuries de gaz et de pétrole sont pour bientôt et l’effet de serre et ses incidences sur le changement climatique nous imposent de diminuer notre consommation de charbon.

 La seconde consiste à n’utiliser que les énergies renouvelables, c’est le choix du non-développement qui, lui, risque d’être durable.

 La troisième, la plus raisonnable, consiste à ne rien négliger ni le durable, ni la maîtrise  des énergies, ni le nucléaire. Ce dernier choix, pourrait être appelé à tort un choix de développement de croissance durable, mais il ne le sera peut-être pas autant qu’espéré. Même ainsi, la crise est devant nous et elle sera décuplée avec un choix différent. En plus du développement des énergies durables et nucléaires, il nous faut maîtriser notre consommation pour que l’absence de croissance suffisante soit supportable. C’est la seule voie possible. Le remplacement du pétrole ne pourra pas se faire avec une seule voie énergétique. Si la gauche veut garder une vocation sociale, elle ne pourra pas se passer du nucléaire.

 Gérard Pierre termine en citant des références bibliographiques, qui sont dans son livre* :

 *Gérard Pierre « La physique : du laboratoire au quotidien », Editions Universitaires de Dijon,

 Georges Charpak « De Tchernobyl en Tchernobyls », Odile Jacob,

 Hervé Nifenecker (président de Sauvons le climat) « L’énergie de demain », EDP (collection Grenoble Sciences),

 Jean-Luc Wingert « La vie après le pétrole » Autrement (collection Frontière),

 Yves Cochet  « Pétrole apocalypse », Fayard,

 René Ducroux « L’effet de serre », CNRS édition (qui s’adresse aux enfants),

 Hervé Le Treut  « L’effet de serre. Allons-nous changer le climat ? », Flammarion,

 Jean-Marc Jancovici « L’avenir climatique. Quel temps ferons-nous demain ? » Le Seuil. 

Dans un autre article, l’exposé de Michel Lemosquet.

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Published by SORIN Michel - dans Rencontres CIVIQ
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27 octobre 2006 5 27 /10 /octobre /2006 22:55

 

Les énergies passées au peigne fin, un débat passionnant, une soirée instructive !

  

 

Une trentaine de personnes avaient pris place jeudi soir autour des tables de la salle Primevère du Centre de Rencontres de Saint-Berthevin. Chacun en a eu pour son argent avec des informations claires de la part des deux conférenciers, mais aussi des participants dans la salle, les uns et les autres s’exprimant en tant que citoyens sur un thème très présent dans l’actualité : le réchauffement climatique et les mesures à prendre dans le choix des énergies afin d’en limiter l’ampleur.

 Le ton et la clarté des exposés préliminaires ont grandement contribué à la qualité du débat. Il faut en remercier les conférenciers :

 Gérard Pierre, membre du collectif « Sauvons le climat », professeur émérite de physique à l’université de Bourgogne, spécialiste scientifique des énergies et favorable au développement des diverses énergies durables qui ne contribuent pas à l’effet de serre,

 Michel Lemosquet, agriculteur mayennais, responsable d’une association, la Coedra Maine, qui milite en faveur de la promotion des énergies renouvelables et s’oppose au développement de l’énergie nucléaire et des énergies fossiles à l’origine des émissions de gaz à effet de serre.

 Points communs et divergences ont été mis en évidence afin d’éclairer le débat, en évitant soigneusement la polémique.

 L’énergie nucléaire avait un brillant défenseur mais l’opposition était tout aussi argumentée et déterminée. Peut-être était-ce la première fois en Mayenne, dans ce département très marqué par les luttes anti-nucléaires (le projet de laboratoire d’étude de l’enfouissement en grande profondeur des déchets radioactifs en 2000, puis le projet de ligne à très haute tension Cotentin - Maine, actuellement), qu’un débat argumenté sur l’énergie nucléaire pouvait se dérouler dans un climat de respect mutuel.

 Nous en ferons le compte rendu, afin d’en faire bénéficier le plus grand nombre.

 L’association CIVIQ, après cette soirée réussie, ne peut qu’être incitée à organiser d’autres rencontres sur le même modèle, dans le but d’aider les citoyens à s’approprier leur avenir.    

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20 octobre 2006 5 20 /10 /octobre /2006 22:21

 

Les défis de l’économie française en six séances 

Avec Philippe BARRIEU, professeur au Lycée Ambroise Paré de Laval

 J’ai participé à la première des six séances de conférences d’économie politique organisées par l’Association Famille Loisirs et Culture de Saint-Berthevin, dans un but d’éducation populaire.

 Cette association n’en est pas à son coup d’essai puisqu’elle a déjà organisé de nombreuses conférences sur des thèmes divers. J’étais présent en novembre et décembre 2003 lors des conférences avec Philippe BARRIEU sur les thèmes « Comment sont formées nos élites ? » et « Travaillons-nous trop peu ? ».

 Le texte qui suit a été rédigé à partir de mes notes, prises le 9 octobre. Il peut y avoir des erreurs. Cela n’engage ni le conférencier ni les organisateurs.

 Première séance le 9 octobre 2006 :  Où en est l’économie française ?

 Il est fait, en deux heures, un tour d’horizon des principaux résultats économiques et commerciaux de la France (croissance, emploi, finances publiques, échanges commerciaux), comparés à ceux des autres pays d’Europe et du monde.

 Croissance économique (en 2005) :

 Le PIB (Produit intérieur brut) est la capacité de créer des richesses chaque année. C’est la somme des valeurs ajoutées des entreprises et des administrations (pour celles-ci, exprimées par leurs coûts de fonctionnement).

 La France était 6ème avec 1 710 milliards €, devancée par le Royaume-Uni (1 780), la Chine (1 866), l’Allemagne (2 189), le Japon (3 772) et les USA (9 960).

 La Chine est passée devant la France en 2005, comme l’avait fait le Royaume-Uni il y a 5-6 ans. Le revenu / habitant en France est passé de la 6ème à la 17ème place.

 Croissances comparées 1995 – 2005 en volumes (donc, hors hausse des prix) dans les pays industrialisés :

La France se situe dans la moyenne : + 23%.

 Les USA et l’Espagne sont au plus haut, l’Allemagne, l’Italie et le Japon au plus bas.

 Prévisions 2006 de croissance.

 La France serait à + 2,3% (1,4% en 2005), ce qui correspond à la moyenne des pays de la zone euro. Les USA sont à 3,6% (3,5% en 2005). La Chine à 9,7% (9,9% en 2005).

 Taux de chômage :

 En août 2006 : 9% des actifs (après avoir dépassé 10% pendant plusieurs années) en France.

 Ce sont les chiffres officiels : demandeurs d’emploi de catégorie 1 (temps plein, durée indéterminée, moins de 72 heures de travail le mois précédent). En fait, le nombre d’inscrits à l’ANPE est beaucoup plus élevé et beaucoup de gens cherchent du travail par leurs propres moyens.

 Le nombre de personnes privées d’emploi serait, en réalité, entre 5 et 6 millions.

 Le taux de chômage baisse sous l’effet des radiations des listes et des aides publiques à l’emploi, mais le nombre d’emplois n’augmente pas.

 Le taux de chômage s’élève à 21,6% chez les jeunes. Le taux de jeunes ayant un emploi (une profession rémunérée) est le plus faible de tous les pays occidentaux (autour de 25% en France, environ 75% au nord de l’Europe).

 Evolution de la dette publique :

 Elle est passée de 90,8 milliards € en 1980 (environ 20% / PIB) à 992 M² € en 2003 (hors inflation), dépassant les seuils autorisés par le traité de Maastricht (60% de dette / PIB).

 En 2004, la dette publique s’élevait à 1 000 M² € (64,4% / PIB), soit 16 000 € par français.

 L’augmentation la plus forte date de 1992 – 1993 et le seuil de Maastricht a été atteint à la fin des années 1990.

 La charge des intérêts est passée de 6% en 1984 à 15% du budget national en 2004.

 A noter que le patrimoine de l’Etat (890 M² €) est actuellement inférieur à la dette. Mais cela n’a aucun sens, le patrimoine de l’Etat n’ayant pas de valeur marchande.

 Evolution de la dette publique en % du PIB : 58,2% (2002), 62,4% (2003), 64,4% (2004), 66,6% (2005), 64,6% (2006) et prévision de 63,6% en 2007.

 Dette publique : place de la France (en 2003) dans l’Union européenne.

 La France, l’Allemagne et le Portugal avaient un taux entre 60 et 64% (en augmentation). Par contre, l’Italie, la Grèce et la Belgique avaient un taux compris entre 100 et 106% (en baisse).

 Les pays de l’Europe du Nord et l’Espagne avaient un taux relativement faible.

 Le Royaume-Uni (40%) aussi mais sans que les besoins sociaux soient satisfaits (hôpitaux, services publics). L’Irlande et, surtout le Luxembourg (5%), avaient les taux les plus faibles.

 Dans le monde, le Japon est le pays le plus endetté (169%), le Canada (100%) réussit à réduire son endettement.

Les USA (63,4%) sont au même niveau que la France en % mais cela fait 7 000 M² € !

Les pays baltes, la République tchèque, sont des pays très peu endettés.

 Répartition de la dette publique française (en 2003) :

 Etat (18%), Organismes divers de l’Administration centrale (33%), Administrations locales (19%), Sécurité sociale (33%) - ce qui fait un peu plus de 100%...

 Charge budgétaire de la dette de l’Etat :

 Cette charge à rembourser chaque année s’élève à 40 M² € (15% du budget, second poste après l’éducation).

 Or, le solde budgétaire primaire (avant remboursement de la dette), qui devrait être au moins 40 M² €, est en fait proche de 0. En conséquence, l’Etat doit emprunter les 40 M² € ! Ce qui génère des charges nouvelles. Cela s’appelle, en droit privé, « faire de la cavalerie ».

Cette dette est inutile (et un ménage aurait des difficultés dans une telle situation) et injuste. Elle favorise les créanciers qui perçoivent des intérêts. C’est une ponction sur les pauvres vers les plus riches. Et cela pénalise les générations futures.

 La charge de la dette ne baisse pas. Par contre, le déficit public est contenu dans les limites de 3% (seuil de Maastricht) : -3,2% (2002), -4,2% (2003), -3,7% (2004), -2,9% (2005), -2,7% (2006) et prévision de -2,5% en 2007. La Suède, elle, n’a pas de déficit.

 Déficit budgétaire :

Il y a de gros progrès dans la réalisation du budget depuis quelques années. On peut penser que de tels écarts en 2002-2003 sont liés à la valse des ministres de l’économie et des finances…

 Loi de finances (réalisé / initial) : -193,3 M² € (2002), -12,4 M² € (2003), +11,8 M² € (2004), +1,7 M² € (2005), + 4, 2 M² € (2006) pour partie grâce à la vente des autoroutes.

 Recettes fiscales en % du PIB (prélèvements obligatoires) :

 La France est dans le peloton de tête de l’UE (autour de 46%). Le Royaume-Uni est à 37%,  la Suède à 51%.

 Dépenses des administrations publiques en 2004 :

 France : 14 245 € /habitant, Allemagne : 12 517, Espagne : 7 615, Suède : 17 706, Danemark : 20 270. Ce pays a refusé d’adopter l’euro pour ne pas avoir à remettre en cause son modèle social (il n’est pas tenu de respecter les critères du traité de Maastricht).

 Par ailleurs, il n’a pas été constaté de corrélation entre les dépenses publiques par habitant et le taux de chômage.

 Place de la France dans les échanges mondiaux (en 2005) :

On constate que les dix plus grands importateurs et les dix plus grands exportateurs sont à peu près les mêmes pays. Les acteurs de la mondialisation ne sont, en fait, qu’une vingtaine de pays.

 Importateurs                                                   Exportateurs

             1- USA (1 733 M² dollars)                              1- Allemagne (971)

             2- Allemagne (774)                                        2- USA (904)

             3- Chine (660)                                                3- Chine (762)

             4- Japon (587)                                                4- Japon (516)

             5- Royaume-Uni (501)                                    5- France (459)

             6- France (496)                                              6- Royaume-Uni (378)

 Les USA importent deux fois plus qu’ils exportent. Le déficit commercial, ajouté au déficit budgétaire, atteint 1 200 M² dollars / an. Les USA sont la finance aspirante mondiale.

 La France, dont les échanges se font pour 2/3 avec les pays de l’UE, avait un excédent commercial qui s’est transformé en déficit depuis deux ou trois ans.

 En dehors de la Chine (qui est la seule à disposer d’un matelas de devises), le coût de la main-d’œuvre n’est pas déterminant dans les échanges commerciaux. Ce qui compte, ce n’est pas le prix des produits mais leur qualité et leur positionnement sur des marchés porteurs (Asie).

 Le problème de la France, c’est sa capacité d’exportation dans des secteurs stratégiques. 

 Solde des transactions courantes (valeurs brutes) de la France :

 Il était fortement excédentaire à la fin des années 1990, début 2000.

 Depuis 2003-2004, il est déficitaire (de 4 à 9 M² € par trimestre), ce qui est préoccupant.

 Les handicaps de la France :

 son secteur énergétique (dépendance au pétrole),

 son mauvais positionnement sur les marchés porteurs, c’est-à-dire les pays en forte croissance (Asie) où l’Allemagne est beaucoup plus présente,

 ses produits trop peu nombreux à l’exportation, en dehors de l’industrie agroalimentaire, l’automobile et le ferroviaire. Faiblesse en électronique.

L’Allemagne exporte des machines-outils dans les pays en croissance, donc qui s’équipent.  La France est trop peu présente sur ces marchés. 

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15 octobre 2006 7 15 /10 /octobre /2006 20:25

 

CIVIQ organise une soirée-débat le 26 octobre à Saint-Berthevin (53) sur le thème :                            

 Les enjeux climatiques et énergétiques en France et dans le monde.

L'association Réseau CIVIQ* s'est donné pour but de permettre aux citoyens de se faire leur propre idée sur les questions de société, afin d'exercer au mieux leurs responsabilités dans la vie publique démocratique.

* CIVIQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne), association d’éducation citoyenne, n’est pas un mouvement politique. Elle ne prend pas de position politique, son rôle étant de favoriser la promotion de la citoyenneté.

  Notre prochaine rencontre aura lieu sur le thème du climat et des ressources énergétiques :

 Jeudi 26 octobre 2006 à 20h30

 Centre de Rencontres de St-Berthevin (salle Primevère), face à l'église.

 Avec deux intervenants de sensibilité différente : un universitaire bourguignon et un agriculteur mayennais. Leurs exposés seront suivis d'un débat.

 Monsieur Gérard Pierre est professeur émérite de physique à l'université de Bourgogne à Dijon. Il est membre du collectif "Sauvons le climat", spécialiste des questions liées à l'énergie, notamment l'énergie nucléaire.

 Monsieur Michel Lemosquet est agriculteur à Champgénéteux (Mayenne) et responsable du Coedra Maine, le collectif créé en opposition à l'enfouissement des déchets radioactifs, auteur de propositions alternatives à l'énergie nucléaire.

 La question du réchauffement climatique lié à l'effet de serre est au coeur de l'actualité. Nous avons besoin, en tant que citoyens, de disposer d'informations claires et fiables sur ce problème qui concerne l'avenir de notre planète.

 Par ailleurs, l'énergie nucléaire fait débat en Europe, en France, plus particulièrement en Mayenne, département concerné par le projet de ligne à très haute tension Cotentin-Maine dans le cadre du projet de réalisation par EDF d'un réacteur EPR à Flamanville (Manche).

 Cette réunion est, bien sûr, ouverte à tous. Il sera demandé une participation volontaire (1€) pour les frais d'organisation.

 Michel Sorin      

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17 juillet 2006 1 17 /07 /juillet /2006 19:11
L'intervention de Bernard TEPER, lors de la rencontre CIVIQ, le 20 avril 2006 à Laval

 

Bernard Teper présente l’UFAL, mouvement d’éducation populaire laïque et féministe.

Lui-même est membre d’ATTAC (il y représente l’UFAL) et, au sein d’ATTAC, il est membre du Conseil scientifique et coordonnateur national de la commission santé et sécurité sociale.

  

S’adressant aux jeunes qui se sont exprimés auparavant, il considère que le mouvement anti-CPE a été le plus grand mouvement de jeunesse de l’histoire de France. C’est un début de dissidence culturelle. L’union syndicale n’a fonctionné qu’en raison de l’importance de ce mouvement, dans lequel étaient engagés les enfants des responsables syndicaux.

  Que faire ? D’abord, une bonne analyse de la situation, puis proposer des pistes alternatives.

 L’analyse de la situation :

 

Le gouvernement n’est pas isolé. Il met en œuvre la même politique que celle des autres pays, celle qui est préconisée au niveau planétaire. C’est conforme à ce qu’est le capitalisme actuellement, qui exige la suppression des droits sociaux et la « marchandisation » des activités humaines. C’est différent d’il y a vingt ans.

  

Depuis 1945, nous avons observé trois phases dans le capitalisme :

 Les trente glorieuses, jusqu’en 1975,

 

La mondialisation néo-libérale et le consensus de Washington, dans les années 1980 – 90.

Le turbo-capitalisme actuel, caractérisé par :

o       la marchandisation et la privatisation de toutes les activités humaines,

o       la baisse des droits sociaux afin de réduire le coût du travail pour les employeurs (extension du CPE et CNE à tous les salariés) et de résister à la concurrence de la Chine et de l’Inde,

o       la diminution de la part des salaires et cotisations sociales dans la richesse produite chaque année. Cette baisse est environ 10% depuis les années 1970 (155 milliards € par an en moins pour le travail et autant en plus pour les revenus du capital).

A noter que le déficit annuel de la sécurité sociale est évalué à 13 M² €.

 

Dans le même temps, les besoins sociaux ne cessent d’augmenter.

Les dirigeants du monde veulent remplacer le principe de solidarité à l’œuvre dans les services publics par la charité à l’œuvre dans les services rendus par les communautés ethniques et religieuses.

  Face à l’alliance entre le néo-libéralisme et le néo-communautarisme,

 nous préconisons l’articulation entre le combat social et le combat laïque,  comme, déjà, Jean Jaurès il y a cent ans.

3

 En dehors de cette réponse, il n’y a que deux modèles qui sont les deux pièces d’une même médaille : le modèle communiste soviétique et le modèle social-démocrate. L’un a failli et l’autre est entre les mains des partis social-libéraux.

 

  Pour ne pas céder au fatalisme, il reste le modèle républicain de Jaurès à actualiser,

 afin de répondre à la question : quel modèle alternatif au néo-libéralisme ?

 On nous dit : vous n’acceptez pas les délocalisations, mais que proposez-vous ?

 

 

  Avec ATTAC, nous faisons le lien entre la vie quotidienne, les délocalisations et les caractéristiques du capitalisme actuel. Nous préconisons de rompre avec le dogme du libre-échange. C’est le même problème qui s’est posé il y a cent ans pour l’éducation : il a fallu rompre avec l’Eglise.

 Il est évident qu’un même produit, s’il est fabriqué en Chine ou en Inde, coûtera beaucoup moins cher que s’il est fabriqué en France.

 

La seule solution, celle du sursaut, c’est de rompre avec les dogmes de l’adversaire : le néo-libéralisme et le libre-échange. C’est de construire l’Europe sur d’autres bases.

Est-il possible de combattre le néo-libéralisme et de maintenir l’Union européenne telle qu’elle est ? Non, il faut combattre les dogmes financiers qui sont dans les traités européens.

   

Comme dans la lutte contre le CPE, une alliance du plus grand nombre est nécessaire pour lutter contre tous les dogmes qu’on nous impose : néo-libéralisme et communautarisme d’une part, libre-échange d’autre part.

 Et proposer quoi ? La 6ème République ? Oui, c’est intéressant, en articulant luttes partielles et lutte contre les dogmes.

 

  Mais en ayant quels modèles en perspective ? Quelle organisation du service public ?

Pour re-nationaliser EDF-GDF comme avant ? Mais les bourses sont mondiales. En faire une entreprise capitaliste d’Etat ? Il faut innover.

    

Comment organiser la sécurité sociale ?

Elle a été mise en place par les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 sur proposition du Conseil National de la Résistance. Elle a été gérée par les représentants élus des assurés sociaux de 1945 à 1967. C’est d’ailleurs de Gaulle qui a lancé le dispositif et qui y a mis fin. C’était une structure non étatisée, avec des avancées en matière de santé.

  

 Comment les citoyens peuvent peser sur la politique énergétique française ?

 

En 1981, les dirigeants d’EDF-GDF décidaient de la politique énergétique. Les citoyens devraient avoir leur mot à dire. Quel modèle alternatif ? Il ne suffit pas de critiquer. Critiquer, oui, mais en proposant des systèmes alternatifs.

    

L’enjeu est d’articuler les luttes thématiques et le modèle alternatif.

C’est là qu’est la difficulté. Exemple : le 29 mai, le NON de gauche était uni. Nous devons rester unis, mais nous nous divisons quand il s’agit de proposer des alternatives :

·         Croissance-décroissance,

·         Nucléaire- non au nucléaire,

·         Laïcité ou non…

 

 Ayons le courage de dire : voici ce que nous proposons, débattons-en.

 S’il le faut, la décision sera prise par le suffrage universel.  Il faut s’y mettre tous, notamment les jeunes.

 

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17 juillet 2006 1 17 /07 /juillet /2006 18:36
L'intervention de Didier MINOT le 20 avril 2006, lors de la rencontre CIVIQ

Evoquant les manifestations contre le CPE, il a observé trois faits importants :

 ·         la maturité des participants et leur diversité (toutes les classes sociales et tous les âges, y compris les jeunes des banlieues),

 ·         la revendication de tous à  la dignité,

 ·         la quête d’un avenir (« dessine-moi un avenir »).

 Comment en est-on arrivé là ? Il retient quatre raisons principales :

 §         Un gouvernement au service direct du patronat.

 §         Une Europe libérale qui, depuis vingt ans, ne poursuit qu’un seul but : le libre-échange (sans développer les autres dimensions, sociale, culturelle, démocratique) avec le consentement des gouvernements en place (exemples : libéralisation des services publics et réforme des retraites, décidées par les Conseils européens de Lisbonne et de Barcelone). Les lobbies, représentation des forces économiques dominantes, sont plus puissants que le Parlement européen.

 §         Une mondialisation au service des marchés financiers, gouvernée par le droit du plus fort.

 §         Des évolutions technologiques mises au service de l’argent.

 Cela fonctionne avec l’appui de la télévision, de la publicité et des moyens de communication, qui modèlent les imaginaires et l’inconscient des gens, les préparant à accepter les atteintes aux libertés. Mais la résistance à cet asservissement est forte, comme en témoignent la multitude des actions porteuses de solidarité et d'humanité sur le terrain, et les désaveux infligés aux forces dominantes.

 Le NON du 29 mai et le retrait du CPE sont les premiers coups d’arrêt depuis dix ans à cette évolution.

Que pouvons-nous faire nous-mêmes ?

 RECit a réfléchi aux évènements de novembre 2005 - violences urbaines - dans les banlieues.

 Derrière la volonté du gouvernement de durcir l’action policière et de faire voter des lois répressives, il y a un risque grave de mise en cause des libertés publiques, voire d’un retour à la barbarie. L’observation historique des reculs démocratiques dans des pays comme l’Allemagne en 1932, l’Argentine des généraux, la Turquie du début du 20ème siècle vis-à-vis des Arméniens, le Rwanda contemporain, a conduit un auteur américain à mettre en évidence les caractéristiques communes s’appliquant à ces sociétés (Les racines du mal, Ervin Staub).

 12 critères de risque de glissement vers la barbarie, selon Staub :

 1 - des changements sociaux trop rapides, des changements dans les moeurs qui entraînaient une impression de chaos, de désordre et de désintégration d’un monde familier,

 2 - le rêve du retour à un passé plus glorieux ou plus sécurisant,

 3 - un nationalisme qui résulte d’une combinaison entre un sentiment de supériorité et un sentiment de doute sur soi-même,

 4 - une idéologie et des leaders qui répondent à un besoin de valoriser et de protéger le groupe d’appartenance traditionnel,

 5 - l’existence d’un groupe minoritaire à l’intérieur de la société, qui est dévalorisé et paraît menaçant,

 6 -  un contentieux avec le groupe minoritaire qui repose sur des bases historiques,

 7 - des divisions sociales trop importantes : richesse et pauvreté voyantes, difficultés économiques nouvelles,

 8 - une démocratie discréditée et un manque de confiance dans les institutions,

 9 - des personnes actives et militantes dans la haine et des spectateurs passifs et complices, prêts à laisser faire, 10 - un système social qui ne favorise pas l’expression et la coopération,                                                           

 11 - des événements traumatisants,

 12 - une organisation technique et administrative prête à fonctionner au service de la violence.                                       

 

    En France, le risque de basculer dans la barbarie ne peut pas être ignoré. Et nous savons que c’est au départ qu’il faut désamorcer ce type d’évolution, rendu possible par notre passivité. 

C'est pourquoi des initiatives comme CIVIQ sont importantes afin d’exercer une vigilance citoyenne, réfléchir à nos pratiques et nos aspirations, changer nos habitudes personnelles.

 Il faut mesurer la richesse davantage selon des critères de progrès humain, sachant qu’il y a des différences à la source des richesses et que des moyens doivent être pris pour favoriser les convergences au sein d’un pays ou d’un territoire.

Les valeurs communes, actuellement sous-développées, sont le long terme et l’épanouissement des personnes, la solidarité, la responsabilité et la réciprocité, la cohérence entre le dire et le faire.

 

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17 juillet 2006 1 17 /07 /juillet /2006 18:25

Bernard TEPER est l'un des deux conférenciers de la rencontre CIVIQ le 20 avril 2006 à Laval

Bernard TEPER, 58 ans, consultant en stratégie de communication, président national de l'UFAL.

Co-animateur des Etats généraux de la santé et de l'assurance-maladie (EGSAM), coordonnateur national d'ATTAC pour la santé et la sécurité sociale.

Ancien maire-adjoint d'une ville de 85000 habitants, chargé de l'Urbanisme et des travaux.

 L'UFAL : un mouvement d'éducation populaire laïque et familial, tourné vers l'action.

 

 

 :L’UFAL (Union des Familles Laïques) est une association qui rassemble dans toute la France tous ceux qui lient la nécessité du combat laïque et du combat social. Elle mène des campagnes thématiques dans différents domaines : laïcité, féminisme et laïcité, santé et protection sociale, services publics, solidarité, consommation, intégration dans la société du handicap, lutte contre les inégalités sociales, etc.

L’UFAL est membre du Collège des fondateurs d'ATTAC, adhérente à l'UNAF, travaille à engager des solidarités avec les mouvements laïques et féministes sur toute la planète.

est membre du Collège des fondateurs d'ATTAC, adhérente à l'UNAF, travaille à engager des solidarités avec les mouvements laïques et féministes sur toute la planète.

Elle est régulièrement auditionnée par les pouvoirs publics (Conférence de la famille, commissions parlementaires, etc...).

Elle est à l'initiative de la campagne pour la loi contre les signes religieux à l'école, du 15 mars 2004, lancée par une tribune dans Libération le 6 mai 2003 et d'une façon générale porte en elle dans ses actions des réponses laïques et républicaines aux questions posées par les mouvements sociaux.

 Son objectif est de constituer des équipes d'éducation populaire laïque dans toutes les sous-préfectures et préfectures de France dans les 100 départements français d'ici la fin de la décennie. C'est bien parti pour cela !

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17 juillet 2006 1 17 /07 /juillet /2006 18:08

Didier MINOT, l'un des deux conférenciers de la rencontre CIVIQ 

le 20 avril 2006 à Laval

Didier MINOT, ingénieur agronome de formation, a été chargé de mission à la DATAR de 1983 à 1996 et membre de plusieurs cabinets ministériels (agriculture, aménagement du territoire, collectivités locales) dans les années 80. Il a été responsable de l'équipe européenne de la DATAR, directeur du CRIDEL (centre de rencontres et d'initiatives pour le développement local), et de 1996 à 2003 de l'école des territoires (formation au développement local). Il est depuis 2002 président de RECIT, réseau des écoles de citoyens, membre du groupe national formation d'ATTAC et de nombreuses associations citoyennes (MRAP, GREP, etc..)  

RECit, un réseau d’acteurs et de lieux porteurs d’éducation citoyenne.

 RECit (réseau des écoles de citoyens) est né en octobre 2002 d'une prise de conscience : la transmission de la citoyenneté aux nouvelles générations ne se fait plus que très partiellement.

Une contre éducation permanente est développée par l'éducation, la publicité, la marchandisation de toutes choses. Celles-ci font l'apologie de l'intérêt individuel, de la violence et de la compétition et préparent de très graves problèmes pour l'avenir de la démocratie.

 

La question fondatrice de RECit a été : " Comment répondre aux enjeux qui nous attendent et construire un monde à finalité humaine ? Comment chacun peut-il être acteur de sa propre vie et citoyen d'un monde solidaire ? "

Après les deuxièmes rencontres de l'éducation citoyenne, en septembre dernier à Toulouse, RECit rassemble aujourd'hui 230 organisations et 150 expériences porteuses d'une démarche émancipatrice, avec une quinzaine de groupes locaux. Ces initiatives se révèlent largement convergentes dans l'esquisse d'une société plus solidaire.

RECit constitue un réseau d'échanges, de recherche et d'actions commune, largement informel, qui permet à chacun de sortir de son isolement et de se situer dans un mouvement d'ensemble.

Une réflexion transversale y est menée pour mieux mettre en accord les pratiques avec les principes d'actions et les valeurs communes.

 

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17 juillet 2006 1 17 /07 /juillet /2006 14:08

 

CIVIQ : des conférences-débats et des groupes de réflexion autonomes

Des conférences-débats ou rencontres CIVIQ (publiques), organisées sur un thème précis, avec intervenants extérieurs, préparées en concertation avec les associations et autres organismes, présents sur le terrain et concernés par ce thème.

Les groupes de réflexion CIVIQ, autonomes dans l’organisation de leur action interne, en liaison avec l’association quand ils interviennent dans le champ public.

 

    CIVIQ  -  Citoyenneté et Vie Quotidienne

 Le réseau associatif de l’éducation citoyenne pour tous !

            Président : Michel Sorin

         Trésorier : Georges Minzière  

 

 

  ---------------------------Coupon à découper et retourner à Michel Sorin -----------------------

 CIVIQ : j’adhère, je cotise (8 € par an), ou je demande un complément d’informations.

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Published by SORIN Michel - dans Rencontres CIVIQ
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