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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 16:50

Les trois députés MRC siègent parmi les apparentés SRC

 

La nouvelle Assemblée nationale s’installe. Comme le Sénat (voir Sénat : Jean-Pierre Bel (PS), président rassembleur, élu dès le 1er tour - 1 octobre 2011), le président, Claude Bartolone, est socialiste (voir Élection de Claude Bartolone à la présidence de l'Assemblée nationale). 

 

Six groupes ont été constitués - Voir les déclarations politiques des groupes et leur composition

Le Groupe Socialiste, Républicain et Citoyen (SRC) est majoritaire à lui seul mais la majorité présidentielle est aussi présente dans trois autres groupes : Groupe Écologiste ; Groupe Radical, Républicain, Démocrate et Progressiste (RRDP) ; Groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine (GDR)

Comme au Sénat, il y aura un groupe centriste (centre droit) : Groupe "Union des Démocrates et Indépendants" (UDI), au côté du Groupe de l'Union pour un Mouvement Populaire (UMP).

Le groupe du PS et du MRC

 

Le Groupe Socialiste, Républicain et Citoyen (SRC) est composé de 279 membres et de 16 apparentés (au sens de l’article 19 du Règlement de l'Assemblée nationale), soit 295 membres, alors que la majorité absolue est 289. Son président est Bruno Le Roux, député de Seine-Saint-Denis.

 

Les 16 apparentés SRC sont : Mme Sylvie Andrieux, M. Dominique Baert, M. Serge Bardy, Mme Marie-Françoise Bechtel, Mme Chantal Berthelot, M. Jean-Luc Bleunven, M. Guy-Michel Chauveau, M. Yves Goasdoué, Mme Edith Gueugneau, M. Christian Hutin, M. Jean-Luc Laurent, Mme Annie Le Houérou, M. Serge Letchimy, Mme Gabrielle Louis- Carabin, M. Hervé Pellois, M. Boinali Said.

 

Les trois députés MRC* (Marie-Françoise Bechtel, Christian Hutin et Jean-Luc Laurent) en font partie, ainsi que des députés qui se sont présentés aux élections législatives sous l’étiquette Divers Gauche, sans l’accord du PS au 1er tour, mais avec son soutien au 2ème tour (voir Législatives 2012 : de nombreux dissidents PS en bonne position - 14 juin 2012).

 

·         Jean-Luc Laurent a été élu secrétaire de l’Assemblée Nationale, il siègera au bureau de l’Assemblée qui compte 22 membres et qui règle avec le président le fonctionnement de l’assemblée. Il siège à la Commission des Affaires Economiques.

·         Marie-Françoise Bechtel, députée de l'Aisne, a été élue vice-présidente de la Commission des lois.

·         Christian Hutin, député du Nord, a été élu vice-président de la Commission des Affaires Sociales dans laquelle il était déjà investi dans la précédente législature.

Voir Des responsabilités dans la nouvelle assemblée pour les députés du Mouvement Républicain et Citoyen

* A noter le recours en annulation déposé par Julien Landfried, candidat MRC (avec soutien PS) qui avait obtenu 49,82 % dans les Hauts-de-Seine face au député sortant Patrick Devedjian. Le Conseil constitutionnel est saisi et pourrait annuler cette élection, la faute étant grossière (suppléant déjà remplaçant au Sénat, ce qui est interdit)

Voir Julien Landfried, candidat PS-MRC aux législatives 

Législatives : Patrick Devedjian sur un siège éjectable ? Rue89, 19 juin 2012)

 

Les députés PRG et Front de gauche ont chacun leur groupe

 

Les députés radicaux de gauche (PRG, 12 élus) ont créé le Groupe Radical, Républicain, Démocrate et Progressiste (RRDP) avec le député du Mouvement unitaire progressiste (MUP), le dissident PS de Charente-Maritime (qui n’a pas été accepté dans le groupe SRC) et un député Modem.

Le Front de Gauche a conservé le nom du Groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine (GDR) désormais composé de 6 députés PCF, d’un Parti de Gauche et de 2 Fase (Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique), de 5 députés d’Outre-Mer et d’un ancien du MUP (Mouvement unitaire progressiste).

  C                        Cet article est le 38ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.
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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 23:42

Où trouver de l’argent ? Là où il y en a en masse !

 

La Lettre du Lundi, parue le 30 octobre 2011, faisait la comparaison entre 1789 et aujourd’hui. Le point commun est le manque d’argent dans les caisses de l’Etat. Qu’ont-ils fait en 1789 ? Ils ont nationalisé les biens du clergé. En 2012, il faudra taxer lourdement les très hauts revenus et les grandes fortunes.

En 1789, Talleyrand propose de nationaliser les biens du clergé pour résoudre la « crise financière ». Quels sont les biens du clergé du XXIe siècle ? Comment les taxer ? Pourquoi les taxer ?

 

Les biens du clergé

 

1789 : les impôts ne rentrent plus, les épargnants (le « marché financier » de l’époque) refusent de prêter de l’argent à l’État. La faillite menace le royaume de France.
Pour trouver une solution à cette « crise financière », Louis XVI réunit les États Généraux au mois de mai, avec en tête un seul objectif : trouver de l’argent.
Passons sur les événements et péripéties qui jalonnent les premiers mois des États et arrivons-en au cœur de notre sujet : la résolution de la crise financière.

Au mois d’octobre, un jeune ambitieux de 35 ans, Talleyrand, évêque d’Autun, propose une solution radicale : nationaliser les biens du clergé, dont la valeur représente environ dix fois le montant du budget annuel de la France.
Âprement discuté, le principal argument pour soutenir cette proposition est le suivant : l’immense fortune du clergé s’est constituée à l’aide des dons de l’ensemble des fidèles, c’est-à-dire de toute la Nation. Les biens du clergé doivent donc, en toute logique, revenir à la Nation.
En moins d’un mois, l’affaire est pliée et, le 2 novembre 1789, les biens de l’Église deviennent propriété de l’État.
  
2011 : la croissance économique s’est arrêtée, le chômage progresse, la République croule sous les dettes – plus de 1 800 milliards d’euros – et dépense chaque année une centaine de milliards d’euros de plus qu’elle n’engrange en recettes.
Nicolas Sarkozy, auquel l’Histoire décernera sans doute le titre de plus mauvais Président de la Cinquième République, a multiplié les cadeaux fiscaux à ses amis et obligés depuis le début de son mandat, réduisant d’autant les recettes de l’État. Soudainement paniqué et atteint dans son orgueil de Narcisse à l’idée que la France perde son « triple A » qui rassure ses créanciers, il multiplie les effets de manche et, d’un hebdomadaire « sommet de la dernière chance » aux conciliabules journaliers, il s’agite aussi inutilement que dangereusement.
Comme en 1789, la question reste la même : où trouver de l’argent ? À part augmenter la TVA, raboter quelques niches fiscales et dégrader encore un peu plus le service public, le Président du Fouquet’s ne sait trop que faire. Comme un enfant qui a cassé son jouet, il jure que « c’est pas de sa faute, c’est la faute à la crise ».  

2012 : comme en 1789, il faut désormais envisager des mesures radicales. Mais quels sont, aujourd’hui, les biens du clergé à nationaliser ?
Avant de poursuivre la lecture de ce billet, nous vous invitons au préalable à lire ou relire celui consacré à notre « troisième proposition pour 2012 » : la répartition des richesses.
Dans ce billet, nous avancions deux mesures pour parvenir à une meilleure répartition des richesses dans notre pays. La première consistait à taxer très lourdement, 90 % par exemple, tous les revenus supérieurs à 330 000 € par an. La seconde concernait le capital : dans le cadre d’un impôt imposant toute fortune supérieure à un million d’euros, nous proposions de taxer très fortement tout patrimoine supérieur à 100 millions d’euros.
Aujourd’hui, nous allons plus loin : imposons à 90 % toute fortune supérieure à 100 millions d’euros, réalisant de facto une nouvelle nationalisation des biens du clergé, version XXIe siècle.
  
Quelques chiffres
  
Selon le magazine Challenges, en 2010, en France, 377 personnes ou groupes familiaux détenaient un patrimoine égal ou supérieur à 100 millions d’euros, depuis Bernard Arnault jusqu’au propriétaire de Pixmania ou des vins Chapoutier (voir liste intégrale ici).
Le total de ces 377 fortunes ? Un peu plus de 270 milliards d’euros, soit, à une quinzaine de milliards près, le montant total des dépenses de l’État français en 2011.
  
Nous n’aborderons pas ici la question du « comment employer cet argent », dont la ou plutôt les réponses pourraient remplir plusieurs volumes d’une bibliothèque et susciter des polémiques sans fin. Notre objectif est plus simple : souligner les écarts de richesses ahurissants qui existent dans notre pays et montrer pourquoi, si nous voulons « sauver la République », nous devons réduire ces écarts de façon spectaculaire.
Compte tenu de la hausse vertigineuse des prix de l’immobilier ces dernières années, le patrimoine de l’ensemble des Français est aujourd’hui estimé à 10 000 milliards d’euros. Quand au patrimoine médian, il est de moins de 100 000 , ce qui signifie que 50 % des Français ont un patrimoine inférieur à ce chiffre.
À l’inverse, 377 personnes ou groupes familiaux, qui doivent représenter un total d’environ 1 200 individus, se partagent 270 milliards, soit environ 716 millions par « personne ou groupe familial » ou 225 millions par individu : selon le mode de calcul choisi, un écart de 1 à 7 160 ou de 1 à 2 250 par rapport au patrimoine d’un « Français moyen »
Imposer une taxation à 90 % au-delà de 100 millions d’euros reviendrait à ramener de 1 à 1 000 l’écart de fortune entre les plus riches et le « Français moyen ». La proposition est donc infiniment plus modérée qu’il n’y paraît de prime abord : nous restons à des années-lumière d’une « société égalitaire ». Et pourtant…
  
« Vous êtes dingue ! »
  
« Taxer à 90 % la fraction du patrimoine supérieure à 100 millions d’euros ? Vous êtes dingue ! C’est une blague ? C’est du collectivisme, tout cet argent est le fruit d’une vie de travail. Pourquoi spolier ces (pauvres) gens ? »
Voilà peu ou prou le type d’objection que l’on entendrait si cette proposition était avancée par un homme – ou une femme – politique d’envergure, un(e) candidat(e) à la présidentielle, par exemple. Pour y répondre, prenons un peu de hauteur.
Nous ne citerons pas ici les nombreux billets qui, sous une forme ou sous une autre, ont abordé et analysé depuis trois ans cette question centrale : la concentration des richesses nous mène droit à la fin de la démocratie.
- D’une part, le véritable pouvoir est déjà entre les mains d’un « réseau » d’environ 2 000 personnes, dont les « 377 » font partie, faisant de notre République une oligarchie, ou plutôt une ploutocratie.
- D’autre part, face à des inégalités de plus en plus criantes, il n’y a déjà plus qu’une solution, ou plutôt trois, pour maintenir l’ordre social : « bourrer les crânes » en abêtissant la populace (laissons crever l’école publique) et en contrôlant la communication (TV, presse…) ; réprimer (la presse encore indépendante, les syndicats, les juges… tous les contre-pouvoirs qui « osent l’ouvrir ») ; diviser, dresser les individus les uns contre les autres (salariés du privé contre « fainéants de fonctionnaires », parents d’élèves contre professeurs, blancs contre noirs et arabes, etc.).
  
Réduire violemment et irrémédiablement (une fois que l’argent est pris, on ne le rend pas !) le gouffre social et financier qui s’est creusé en France est, en définitive, indispensable si l’on veut sauver la démocratie et éviter de poursuivre le chemin déjà entamé vers une république impériale, oligarchique et ploutocratique (pardonnez la pédanterie et la longueur de l’expression). Cette nécessité n’est ni de droite ni de gauche, elle est tout simplement républicaine.

 

Qui rédige La Lettre du Lundi ? Pour le savoir, Cliquer ici

 

Cet article est le 37ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 23:47

Maintenant, la gauche doit s’ouvrir au mouvement social

 

C'est la première fois dans l'histoire de la Ve République que la Haute assemblée, représentante des collectivités territoriales, bascule à gauche, la fin de « l'anomalie » dénoncée par Lionel Jospin (voir l’article de Sophie Verney-Caillat, ce 1er octobre, Rue89, Jean-Pierre Bel, président du Sénat, rêve d'« un autre monde »).

 

Le sénateur de l’Ariège a aussitôt déclaré après sa brillante élection (Le monde, 1er octobre) "Je ne serai jamais là pour servir un clan". C’est, en effet, important pour le bon fonctionnement de la démocratie.

 

Le changement de majorité sénatoriale va redonner de l’air à notre République, qui en a bien besoin. Il faut admettre que le président Sarkozy n’y est pas pour rien. Sa politique a des effets tels que les élus locaux sont bien obligés de constater le mécontentement des électeurs. C’est ce qui explique le vote des élus ruraux en faveur de la gauche. Car la surprise (dixit Larcher) est venue des départements qui ne votaient pas à la proportionnelle (de 1 à 3 sénateurs à élire), donc des plus ruraux. Par exemple, le Morbihan, qui a offert ses 3 sénateurs à la gauche, alors que c’est un département qui vote habituellement à droite.

 

Voici le point de vue de l’animateur de ReSPUBLICA, Bernard Teper : Pourquoi la gauche est-elle devenue majoritaire au Sénat ? Que faire de cette majorité ?

La victoire de la gauche au Sénat est la conséquence des mutations sociologiques et politiques profondes qui travaillent la France. Elles sont les véritables causes du fait que la gauche est pour la première fois et sera sans doute pour longtemps majoritaire au Sénat.

La droite a pourtant tout fait pour façonner les institutions de manière à construire un Sénat qui ne pouvait pas lui échapper. En effet, le Sénat n’est pas représentatif des citoyens français, mais de ses territoires. Et traditionnellement, la majorité du Sénat était donnée par les zones rurales qui représentent 70 % du territoire et deux tiers des communes. Dans ces zones, la droite catholique et conservatrice régnait en maître et donc le tour était joué. De plus, la gauche de gouvernement, chaque fois qu’elle a accédé au pouvoir n’a pas remis en cause la domination de la droite : la gauche communautariste et ordo-libérale et l’extrême gauche communautariste ont préféré organiser des compromis bien connus avec la droite catholique et conservatrice. Ce n’est donc pas la gauche ou l’extrême gauche consciente et mobilisée qui sont la cause de cette majorité du Sénat. Alors, quelles en sont les causes ? (…)

Est-ce que la vraie gauche doit s’en réjouir ?

Bien sûr, car tout ce qui précipite le mouvement historique est susceptible d’ouvrir de nouvelles marges de manoeuvre pour une gauche d’alternative. Nous pourrons mettre la gauche de gouvernement au pied du mur. Maintenant qu’ils ont la majorité au Sénat, forçons-les à ne plus accepter les compromis ordolibéraux qui ont désespéré les classes populaires. Et faisons ensemble que la gauche d’alternative soit capable de comprendre le pourquoi des choses, ce qui n’est pas totalement gagné! Voilà pourquoi une campagne d’éducation populaire tournée vers l’action sur l’analyse de la triple crise du capitalisme et sur l’alternative du modèle laïque de la République sociale est nécessaire.

Voilà pourquoi nous devons saisir toutes les possibilités du mouvement social et politique pour intervenir sur les sujets de conflits sociaux et politiques : la protection sociale, les retraites, la santé, la dépendance-autonomie, les médicaments, l’hôpital, l’école, les services publics, l’Europe, les politiques d’immigration et de la nationalité, l’analyse du monde et de la gouvernance mondiale, la crise énergétique et écologique, la crise démocratique, la crise laïque, etc.

Cet article est le 36ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 23:18

Surprenantes élections sénatoriales en Mayenne

 

Les élections sénatoriales, qui ont eu lieu hier, ont été marquées par un renversement de majorité, la gauche ayant désormais 177 élus au Sénat sur un total de 348 sénateurs.

Voir Sénat : le (la) candidat(e) PS, pas sûr(e) d'être président(e) samedi - 26 septembre 2011.

 

L’un des lecteurs assidus de ce blog m’a transmis ses réflexions, fort pertinentes, concernant les résultats de ces élections en Mayenne. J’observe que ses prévisions étaient tout aussi excellentes (voir Sénat : le 25 septembre, peut-être une date historique pour la gauche - 25 septembre 2011).

 

Voici les commentaires de Jean-Yves Delort, journaliste, ancien rédacteur en chef du Courrier de la Mayenne.

 

Surprenantes élections sénatoriales en Mayenne

 

Si l’on ne considère que les résultats, les élections sénatoriales en Mayenne semblent très classiques. Les deux sénateurs sortants, Jean Arthuis et François Zocchetto, sont largement réélus avec près de 60% des suffrages ; les deux candidats de gauche sont loin derrière : 40% pour Michel Angot et 28% pour Jean-Christophe Boyer. Si la France a basculé à gauche, la Mayenne a joué la carte de la stabilité comme ce blog MRC 53 l’avait prévu dans un article précédent. 

 

Et pourtant, ce résultat est beaucoup plus surprenant qu’il ne le laisse transparaître.

 

-          d’abord les deux sénateurs centristes sortants ont été mis en ballottage ; François Zocchetto l’avait déjà été pour sa première élection il y a dix ans.

Mais c’est surtout la première fois depuis 1983 que Jean Arthuis est mis en ballottage. Il avait atteint 77% des suffrages en 1992. Il en obtient cette fois-ci 49%. Faut-il y voir une “usure du pouvoir” ? Sans doute. Il est même devancé de 22 voix au second tour par François Zocchetto. Jean Arthuis entame à presque 67 ans un mandat de six ans qui sera sans doute le dernier.

 

-          deuxième surprise, François Zocchetto que l’on prédisait battu réalise même un score étonnant :

Il a progressé d’une centaine de voix au premier tour par rapport à la dernière élection. Il est brillamment élu.

 

-          troisième surprise c’est le bon score de la gauche surtout de Michel Angot à Mayenne. Il double pratiquement les voix obtenues par Michel Sorin en 2001.

Plusieurs éléments ont joué en sa faveur : la poussée générale à gauche, son étiquette politique large (divers gauche), sa proximité avec les élus (il a fait toute sa carrière professionnelle dans une mairie), son poste important comme maire de la deuxième ville du département, une certaine convivialité que lui reconnaissent même ses adversaires. D’un tour à l’autre, il progresse de 50 voix et récupère presque toutes les voix de gauche du premier tour. 

 

-          Encore une autre surprise, le deuxième candidat de gauche, Jean-Christophe Boyer est à plus de 100 voix derrière Michel Angot.

Aussi bien au premier tour qu’au second. Il y a dix ans, seulement une vingtaine de voix séparaient Michel Sorin et Nadine Menn. Les électeurs mayennais ont voté dimanche autant pour les hommes que pour des étiquettes politiques ; Jean-Christophe Boyer était moins bien connu, notamment dans le nord Mayenne. Il se dit même que des électeurs de gauche de l’agglomération lavalloise n’ont pas voté pour lui. 

 

-          Autre surprise importante : la défaite de Norbert Bouvet. Certains voyaient déjà élu le président de l’association des maires et adjoints de la Mayenne. Il est le grand perdant de cette élection. Il recueille moins de voix qu’il y a dix ans. Ni son positionnement apolitique (il avait refusé l’étiquette UMP, ce qui a paru très tactique) ni son insistance à vouloir que les sénateurs soient forcément des maires n’ont convaincu.

Sagement il a renoncé au deuxième tour. Battu aux législatives en 2002 et deux fois aux sénatoriales, Norbert Bouvet a peu de chances de devenir un jour élu national. Dans un choix majorité-opposition, les grands électeurs n’ont pas voulu se laisser troubler par d’autres candidatures. Ce qui explique aussi les scores réduits de la verte Françoise Marchand (7%), du communiste Jacques Poirier (2%), ou du Front national Paul Le Morvan (1%), au premier tour. 

 

Et maintenant que va t-il se passer ? Les deux sénateurs centristes mayennais vont se retrouver dans l’opposition. Jean Arthuis ne retrouvera sans doute pas la présidence de la prestigieuse commission des finances. Ni la présidence du Sénat un moment envisagée.

 

On aurait tort de mettre en parallèle cette élection sénatoriale avec la présidentielle qui aura lieu dans sept mois. Certes, la gauche connaît une phase ascendante. Mais seule la moitié des sénateurs ont été élus dimanche. L’élection présidentielle se jouera sur des programmes, sur des personnes. Tout dépendra des candidats, aussi bien à gauche qu’au centre. Il ne faut pas non plus oublier l’importance des autres formations politiques ; Marine Le Pen, Jean-Pierre Chevènement, Jean-Luc Mélenchon et bien d’autres peuvent venir animer ou perturber la campagne électorale. 

Les élections sénatoriales sont comme un sondage. Elles donnent un indice mais pas le résultat d’une élection qui aura lieu dans sept mois... 

 

Cet article est le 35ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 20:57

La Haute Assemblée, laboratoire du changement ?

 

C’est confirmé. Après la victoire de la gauche au Sénat dimanche, avec 177 sièges (sur 348), soit deux de plus que la majorité absolue, c'est la présidence de la Haute Assemblée, actuellement détenue par Gérard Larcher (UMP), qui va se jouer samedi (…). Le sénateur (UMP) de la Vienne, Jean-Pierre Raffarin, a lui "trouvé les socialistes bien triomphants, car pour gouverner le Sénat, il faut plus d'avance que cela". "Aujourd'hui, on ne peut dire que l'élection de M. Bel est acquise (Le Monde, 26 septembre).

 

Il faut comprendre, en effet, que, contrairement à l’Assemblée nationale, au Sénat il ne suffit pas de disposer de la majorité absolue pour obtenir la présidence. Le candidat qui sera élu mardi par le groupe PS (probablement Jean-Pierre Bel, sénateur de l’Arriège, mais Catherine Tasca sera également candidate) devra se battre pour convaincre les sénateurs des autres groupes de gauche de voter pour lui (vote à bulletins secrets). Avec une incertitude accrue pour le groupe du Rassemblement démocratique social européen (RDSE), qui comprend les radicaux et les républicains de gauche (et aussi de droite, mais ceux-là ne font pas partie de la majorité). Jean-Pierre Chevènement est vice-président de ce groupe (voir CHEVÈNEMENT Jean-Pierre - Sénat).

 .

Jean-Pierre Chevènement : "L'impensable s'est produit. L'alternance est désormais possible au sein du Sénat. Cette occasion doit être saisie pour faire accéder aux postes de responsabilités des femmes et des hommes de valeur largement représentatifs de toutes les sensibilités", écrit dans un communiqué le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC).
Répondant à un journaliste de l’Agence France Presse, il a précisé qu’il n’est pas candidat à la présidence "Je reste fidèle à l
'aphorisme d'Edgar Faure : ne jamais être candidat quand on ne vous le propose pas officiellement et ne jamais dire qu'on ne sera jamais candidat". En fait, tout porte à croire qu’il aimerait bien que lui soit proposée la présidence de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense, dont il est, depuis son élection en septembre 2008, un vice-président fort compétent. Sans renoncer à être candidat à l’élection présidentielle, car il se réserve « toutes les possibilités »…

 

Dans le contexte actuel, le Sénat pourrait être un laboratoire d’idées nouvelles, préparant au changement de majorité à l’Assemblée nationale en 2012.

 

Revue de presse

 

Le Sénat bascule à gauche, pour la première fois de son histoire - Le scrutin sénatorial de dimanche 25 septembre a fait basculer le Sénat à gauche, pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, une victoire historique en forme de sévère avertissement pour le camp de Nicolas Sarkozy à sept mois de la présidentielle (Le Courrier des Maires, 26 septembre).

 

La gauche a la majorité absolue au Sénat (Ouest-France, 26 septembre).

Ces dossiers qui ont agacé les élus locaux (Le Monde, 26 septembre)

Coup d'arrêt à la féminisation du Sénat (Arnaud Bihel, Les Nouvelles News, 26 septembre)

 

Sénat : "Un véritable avertissement pour Sarkozy" (L'intégralité du débat avec Gérard Courtois, directeur éditorial du "Monde", 26 septembre). (…) Par ailleurs, selon toute vraisemblance, le candidat socialiste à la présidence, Jean-Pierre Bel, actuel président du groupe socialiste au Sénat, va devoir, pour l'emporter, mener avec succès une double négociation. D'une part, avec les autres composantes de la majorité de gauche, c'est-à-dire les 21 communistes et apparentés, les 10 Verts, les 10 Radicaux de gauche et les 13 Divers gauche ; chacun voudra sa part de poste de responsabilité dans l'organisation à venir du Sénat. D'autre part, une négociation avec la droite, car sa courte victoire ne permet pas au Parti socialiste de revendiquer pour lui seul et la gauche une gouvernance exclusive. Il va donc y avoir une discussion avec la droite sur la répartition des présidences de commissions. Rien ne dit que cette double négociation délicate aboutira. Quant au poids, dans la vie politique, du président du Sénat, il est évidemment de premier plan en cas de décès ou de démission du président puisqu'il assure alors l'intérim, comme ce fut le cas, en 1969 et en 1974. Autrement, il a un rôle moins éminent mais tout de même important, puisqu'il préside la deuxième chambre du Parlement et est donc en mesure de faciliter ou au contraire de compliquer l'action du gouvernement (…).

 

 Rappel : Sénatoriales : la gauche serait majoritaire en sièges, c'est historique - 25 septembre 2011 

 

Cet article est le 34ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 22:47

Les élus locaux ont voté avec les pieds de leurs électeurs

 

Ce que l’on pressentait s’est produit ce 25 septembre : le Sénat passe à gauche ! C’est un évènement qui aura des répercussions dans la préparation de l’élection présidentielle, sans aucun doute.

 

(Rappel : Sénat : le 25 septembre, peut-être une date historique pour la gauche - 25 septembre 2011) 

 

Voir Sénatoriales. Victoire historique de la gauche (Ouest-France, 25 septembre).

L’analyse de Michel Urvoy, du service politique de Ouest-France.

La droite ne l’avait pas prévu, le PS n’osait pas trop y croire : à sept mois de la présidentielle, le basculement du Sénat à gauche est un coup de tonnerre politique. C’est à la fois un désaveu de la politique territoriale de Nicolas Sarkozy, la conséquence des divisions de l’UMP et la suite logique des victoires de la gauche dans les élections locales. Cet échec de la droite va avoir des conséquences politiques importantes : le travail parlementaire va s’en trouver beaucoup plus conflictuel ; il n’y aura pas de réunion du Congrès pour modifier la Constitution et voter la « règle d’or » anti-déficit ; et surtout l’UMP prend un coup au moral à un moment où l’actualité place l’exécutif dans la tourmente.

La gauche remporte une victoire historique aux sénatoriales (Public-Sénat, 25 septembre)

Le Sénat vire à gauche pour la première fois (Le Monde, 25 septembre)

En Mayenne, les deux sénateurs centristes réélus

Pas de surprise aux élections sénatoriales en Mayenne : les deux sénateurs sortants Jean Arthuis (Alliance centriste) et François Zocchetto (Alliance centriste) sont réélus, au deuxième tour de scrutin. François Zocchetto arrive en première position avec 61,18 % des suffrages exprimés (517 voix). Il devance Jean Arthuis, reconduit avec 58,58 % des suffrages (495 voix). Michel Angot (divers gauche) obtient 40,36 % des voix et Jean-Christophe Boyer (PS), 28,52 %.

Arthuis  (UC maj)          421       49,41%             495       58,58%

Zocchetto (UC maj)       418       49,06%             517       61,18%

Bouvet  (UMP)              182       21,36%

Angot   (app PS)           292       34,27%             341       40,36%

Boyer   (PS)                 190       22,30%             241       28,52%

Marchand (VEC)             60        7,04%

Poirier   (PCF)                21        2,46%

Le Morvan (FN)                9        1,06%

Commentaire : les deux sortants s’en sortent bien parce qu’ils ont des positions critiques vis-à-vis du gouvernement, tout en ayant voté presque tout ce qu’il propose. Ils veulent jouer un rôle clé entre la gauche et la droite et rassembler les centres, leur objectif étant la présidence pour Arthuis. On verra.

A gauche, en Mayenne, le score de Michel Angot (divers gauche, proche du PS) est tout à fait remarquable. La progression est énorme par rapport au précédent scrutin, où nous étions réduits à des candidatures de témoignage, Nadine Menn et moi. Le maire de Mayenne a supplanté Norbert Bouvet (UMP) à la 3ème place, mais il est vrai que, au niveau national, l’UMP et le président Sarkozy, lui-même, préféraient jouer la réélection des centristes dans le but d’obtenir leur bienveillance à l’élection présidentielle.

 Cet article est le 33ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 18:30

Les groupes charnière seront décisifs pour la présidence

 

Le suspense est bien réel. Qui peut savoir ce que sera le nouvel équilibre du Sénat après les élections de ce 25 septembre dans 38 départements de la métropole, 4 départements et 2 collectivités d’outre-mer, sans oublier la moitié des 12 sièges représentant les Français résidant à l’étranger ? En tout, 170 sièges à pourvoir, dans des conditions bien particulières - voir Les sénatoriales mode d'emploi (Le Monde, 19 septembre). 26 départements éliront leurs sénateurs au scrutin majoritaire et 18 à la proportionnelle, à partir de 4 sièges à pourvoir.

Les départements concernés aujourd’hui vont du 37 (Indre-et-Loire) au 66 (Pyrénées Orientales) en y incluant les 8 départements d’Ile-de-France. La Mayenne est concernée. Son cas sera examiné à la loupe par mes propres yeux d’ancien candidat et par ceux de l’ancien journaliste, Jean-Yves Delort.

 

En France - voir (Wikipédia) Élections sénatoriales françaises de 2011  

 

Sénatoriales. La gauche tente de prendre le Sénat aujourd’hui (Ouest-France, 25 septembre)

Le Sénat basculera-t-il à gauche pour la première fois dans l’histoire de la Ve République ? Premiers éléments de réponse dès ce soir, à l’issue du renouvellement partiel qui concerne quarante-quatre départements, dont six dans l’Ouest. Parmi les 170 sièges qui sont en jeu, 90 sont détenus par la droite, 73 par la gauche. Deux sièges sont vacants et les cinq autres ont été nouvellement créés pour tenir compte de l’évolution démographique de certains départements.

La gauche n’a jamais été aussi près de l’emporter. Elle compte actuellement 152 élus sur un effectif de 343 sénateurs. L’effectif du Sénat passant à 348 à l’occasion de ce renouvellement, la gauche devra franchir le cap des 175 sénateurs pour être majoritaire. Il lui faut donc gagner vingt-trois sièges. Pas impossible, compte tenu de sa percée depuis les municipales de 2008… et de la division de la droite (…).

Sénat : l’hypothèse de la Chambre rose (Libération, 23 septembre). Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, la Haute Assemblée pourrait basculer à gauche, dimanche. Mais les logiques locales rendent toute prévision impossible…

Future présidence du Sénat : en l’absence de majorité claire, les groupes charnière valorisés

Le plus probable est une avancée de la gauche, mais insuffisante pour que celle-ci est une majorité claire de sénateurs. Dans ce cas, il y a deux groupes qui pourraient jouer un rôle majeur au moment de l’élection à la présidence (ne parlons pas d’élection présidentielle… même si le président du Sénat est le n° 2 dans l’ordre protocolaire de l’Etat, après le président de la République).

Le groupe dont on parle beaucoup est l’union centriste, actuellement présidé par François Zocchetto, dont le vrai leader est Jean Arthuis, président de la prestigieuse Commission des Finances du Sénat. Ces deux hommes occupent les deux sièges de sénateurs de la Mayenne. François Zocchetto n’est pas sûr d’être réélu. Le groupe de l’union centriste au Sénat, dans lequel sont des centristes de différents courants (Alliance centriste de Jean Arthuis, Nouveau Centre de Hervé Morin, Modem de François Bayrou, pour l’essentiel), cherche à affirmer son autonomie à l’égard de l’exécutif, mais il est, de fait, associé à la majorité de droite. Jean Arthuis pense depuis longtemps à la présidence du Sénat. Ce sera peut-être son heure, si la majorité de droite est très étriquée.

Le groupe du Rassemblement démocratique social européen est un groupe charnière composé principalement de radicaux de gauche et aussi de droite, ainsi que des personnalités, comme Jean-Pierre Chevènement (MRC). La majorité de ses membres vote à gauche. En cas de légère majorité de gauche, Jean-Michel Baylet pourrait être l’homme de la situation. Si aucune majorité ne se dégage, l’ami Chevènement est un présidentiable crédible… pour le Sénat !

En Mayenne (voir Élections sénatoriales de 2011 en Mayenne), il y a 8 candidats :

 

Jean Arthuis et François Zocchetto (sortants, Union centriste) avec le soutien de l’UMP ;

Norbert Bouvet, président de l’association des maires et adjoints de la Mayenne (individuel UMP, n’a pas demandé l’investiture UMP) ;

Michel Angot (divers gauche, maire de Mayenne, soutenu par le PS) et Jean-Christophe Boyer (PS, adjoint au maire de Laval) ;

Françoise Marchand (EELV, adjointe au maire de Laval) ;

Jacques Poirier (PCF) ;

Paul Le Morvan (FN).

 

Les résultats de 2001 : (2 sièges à pourvoir, scrutin majoritaire). Sortants: 1 UDF, (le siège de René Ballayer (UDF), décédé, était vacant). Inscrits: 858. Votants: 856. Exprimés: 843
Jacques Poirier (PCF) 23 - 2.73%
Nadine Menn (PS) 136 - 16.13%
Michel Sorin (PS) 158 - 18.74%
Jean Arthuis (UDF) 444 - 52.67% - Réélu
François Zocchetto (UDF) 322 - 38.20%
Norbert Bouvet (DVD) 243 - 28.83%
Claude Lefeuvre (DVD) 125 - 14.83%
Michel Nicolas (RPR) 165 - 19.57%
Paul Le Morvan (FN) 5 - 0.59%
Christian Olivo (MNR) 1 - 0.12%
Alain Pellacani (Div.) 2 - 0.24%
Geneviève Morinière (Div.) 2 - 0.24%

Au second tour : Inscrits: 858. Votants: 854. Exprimés: 832
Norbert Bouvet (DVD) 315 - 37.86%
Alain Pellacani (Div.) 1 - 0.12%
Michel Sorin (PS) 127 - 15.26%
François Zocchetto (UDF) 389 - 46.75% - Elu

Dimanche, les sénatoriales

 

Le pronostic de Jean-Yves Delort, journaliste, ancien rédacteur en chef du Courrier de la Mayenne.         

(…) Les deux sortants ont de bonnes chances d’être réélus. Jean Arthuis devrait passer dès le premier tour. C'est moins évident pour François Zocchetto. Norbert Bouvet n’avait été battu que de 74 voix par François Zocchetto en 2001 ; et il est devenu le président de l'association des maires et adjoints, des élus qu'il connaît bien. Mais en dix ans, François Zocchetto s’est fait connaître au Palais du Luxembourg et a arpenté les communes mayennaises. Et il fait un tandem avec Jean Arthuis.  La candidature de Norbert Bouvet peut faire du tort à François Zocchetto ; mais la position ambiguë du maire de Villiers-Charlemagne vis à vis de l’UMP risque de le desservir. Il a refusé l’étiquette du parti de la majorité... qui du coup a été attribuée à François Zocchetto. On voit difficilement une défaite des deux sénateurs sortants. Le Centre détient les deux postes de sénateurs en Mayenne depuis 1965 !!            

  La gauche peut-elle avoir un élu ? Depuis dix ans, elle a gagné quelques municipalités, notamment celle de Laval. Et Michel Angot connaît bien le monde des élus puisqu'il a passé toute sa vie dans une mairie. Il est aussi assez consensuel. Mais il n’est maire de Mayenne que depuis 2007 ; le conseiller général Jean-Christophe Boyer reste peu connu des élus mayennais à l'exception de l'agglomération lavalloise. Les autres candidatures sont davantage militantes. On peut penser que la stabilité l’emportera. 

 

 Cet article est le 32ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 23:23

Veut-elle un monde sans Nation, dominé par l’argent ?

 

Dans un article paru le 14 juillet, j’ai rappelé la signification historique de la Fête nationale (voir 14 juillet : en ces temps perturbés, une seule règle d'or, la République !).

 

Ce 19 juillet, c’est sur le Blog de Patrick TRANNOY que l’on peut lire un point de vue bien argumenté (à retrouver aussi sur le site de Marianne2) en réponse à la proposition de la candidate écologiste de supprimer le Défilé militaire du 14 Juillet.

 

Tout le monde il est bon, tout le monde il est Joly !

 

Voir dans la sortie d’Eva Joly contre le défilé militaire du 14 juillet le résultat de sa bi-nationalité relève de la xénophobie désormais habituelle d’une droite et d’une extrême droite qui ne comprennent pas ce qu’est la Nation citoyenne : l’adhésion à un projet national, et non le produit d’on ne sait quels « gènes » ou « souches ». Du reste, avec ou sans Eva Joly, « Europe Ecologie Les Verts » fustigent depuis un certain temps ce défilé, sous des prétextes plus ou moins liés à son bilan carbone…

Faut-il alourdir encore le bilan carbone des saillies de madame Joly pour mobiliser son électorat, qui ont déjà fait couler beaucoup d’encre inutile et de salive mal employée ?  On peut considérer que le « coup de com’ » de la candidate aux lunettes rouges, qui tombe à point nommé pour tourner la page de ses querelles avec son rival éconduit, l’écologiste cathodique, ne mérite pas de s’y appesantir. Mais il faut dissiper les interrogations que ne peut pas ne pas susciter cette proposition, qu’aucun courant de pensée républicain n’a osé formuler depuis que Pétain a, quant à lui, effectivement supprimé le défilé militaire du 14 juillet, en même temps qu’il a congédié la République et la France… La question doit être posée calmement - surtout entre partenaires d’une future majorité de gauche, condamnés à s’entendre. Au-delà du questionnement, il faut aider nos amis écologistes à ne pas tomber dans le piège d’une mondialisation libérale dont par ailleurs ils combattent avec justesse une part importante des méfaits.

Rappelons d’abord à « Europe Ecologie Les Verts » que l’armée peut servir à ce qu’on ne s’en serve pas, autrement dit que la puissance militaire peut être un instrument de la paix. La puissance militaire offre en effet une assise à la puissance diplomatique, directement, et par le truchement de la puissance économique qu’elle stimule. Le « hard power » militaire peut donc être une source de « soft power », au service des intérêts et des valeurs de notre Nation, sans passer par la guerre.

Gageons que nos amis écologistes n’en disconviennent pas nécessairement, et que ce n’est pas parce qu’ils n’aiment pas la guerre qu’ils ne veulent pas voir défiler l’armée. Ce serait une position trop simpliste pour être portée par une candidate à la magistrature suprême…  Il faut donc admettre que, au-delà de la guerre, c’est parce qu’ils n’aiment pas la puissance des Nations, et singulièrement la puissance de la Nation française, que les écologistes ne veulent pas en voir défiler le symbole…

Les écologistes portent le rêve d’un grand village global régi par la magie d’une fraternité humaine bien comprise par chacune de ses tribus. Dans ce village, foin des démonstrations de puissance, puisque rien n’est rapport de forces, mais qu’au contraire tout est « naturellement » ordre et beauté, calme et volupté. Dans ce village, tout le monde il est bon, tout le monde il est Joly ! Les Nations, leurs histoires, leurs intérêts, leurs puissances, ne sont que des sources d’antagonismes et des graines de violences.

On peut donc se demander si, au-delà du défilé militaire du 14 juillet, Mme Joly ne serait pas encline à supprimer la fête nationale tout entière, mais encore le drapeau tricolore, la Marseillaise, et, surtout, les frontières, les lois… finalement la France en tant que telle (en conservant toutefois le Roquefort, bien que José Bové ait soutenu Nicolas Hulot).

 

Aidons dès lors Madame Joly et ses camarades à ouvrir les yeux sur le monde. Des siècles au moins, des millénaires parfois, d’histoires nationales et internationales, nous lèguent une humanité constituée de peuples, peu ou prou organisés en Nations, le plus souvent adossées à un Etat ou aspirant à l’être. La conscience des intérêts communs de l’humanité n’a jamais spontanément débouché sur une organisation mondiale à eux conforme ; en revanche, les rapports de forces que certaines Nations ont su créer ont fini par déboucher, au prix des larmes et du sang, sur l’équilibre précaire et imparfait dans lequel nous vivons aujourd’hui, qu’il faut préserver des nouvelles menaces et faire encore progresser.  Singulièrement, c’est le rôle de messager de l’universalisme républicain que les authentiques patriotes français se sont efforcés de donner à notre pays depuis la bataille fondatrice de Valmy.

A contrario, les Etats-Nations n’ont cessé, depuis quarante ans, d’être petit à petit contournés, dépossédés de leurs prérogatives, et à travers eux les peuples souverains dessaisis de leurs destins, par la puissance croissante du capitalisme financier transnational, celui dont Madame Joly sait parfois dénoncer avec intelligence les ressorts, lorsqu’elle se bat par exemple, à bon escient, contre les paradis fiscaux.

Cet appétit de profits qui enjambe les frontières se moque des histoires, des cultures, des langues et des Etats. Il lui faut même les broyer, casser les règles, et standardiser l’homme, pour en faire le consommateur-moyen-prêt-à-acheter qui sied aux économies d’échelle et à la nouvelle division internationale du travail, et la matière malléable prête à prendre la place qu’on lui assigne dans les niches du marketing post-moderne.

Ce capitalisme financier transnational convoque parfois les armées des Nations pour se battre, y compris contre leurs intérêts, en faveur des siens : qu’on songe aux guerres pétrolières des Etats-Unis en Irak, en 1991 et en 2003. C’est l’honneur de la France de n’avoir pas rampé derrière eux, du moins la seconde fois. Elle a pu le faire avec l’éclat international qu’on connaît, parce qu’elle avait une armée et un siège de membre permanent au Conseil de Sécurité de l’O.N.U.. De la puissance utilisée à bon escient…

En souhaitant la suppression du défilé militaire du 14 juillet, face émergée d’une volonté de démilitarisation de la France, et plus profondément d’un fantasme de Nations impuissantes, donc d’un monde sans Nation, immanquablement gouverné dès lors par la puissance dominante de l’argent, Madame Joly s’est trompée de combat. Elle aurait pu porter haut, plutôt, à l’occasion du défilé militaire du 14 juillet, l’exigence d’une armée française qui reste aux mains du peuple ; d’une puissance française jalousement préservée, par les citoyens, de l’abaissement comme de  l’instrumentalisation que veut lui réserver le capitalisme financier transnational…

 

Le combat que doit mener la gauche, c’est le combat pour la puissance française, militaire, diplomatique, culturelle, industrielle, agricole, commerciale : une puissance aux mains du peuple, qui serve à défendre, directement ou indirectement, nos intérêts de Nation, notamment ceux des classes populaires, et notre vision du monde, cette vision internationaliste qui reconnaît à tous les peuples le droit à disposer d’eux-mêmes, et qui d’un même élan les presse d’organiser la paix et le respect des droits imprescriptibles de l’humanité...

 

Cet article est le 31ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 21:06

La Marseillaise est un appel à la fraternité

 

Pour beaucoup, le 14 juillet, on fête la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789. Ce n’est pas exact, la Fête nationale française commémore la Fête de la fédération, le 14 juillet 1790, car c’est une date plus rassembleuse, moins sanguinaire.

C’est ce qui a été décidé par la République française en 1880 (voir 14 juillet, fête nationale de la République française depuis 1880 - 14 juillet 2008).

 

Xavier Dumoulin (MRC 40), sur son Blog citoyen, socialiste et républicain pour 2012, a rappelé la signification historique du drapeau français et de la Marseillaise. Voir aussi Les paroles de La Marseillaise sont à resituer dans leur contexte historique - 28 juillet 2007.

 

La Marseillaise* est un appel à la fraternité, au-delà de la guerre. C’est ce qu’a exprimé Serge Maupouet (MRC 17) dans son commentaire :

La Marseille n'est pas seulement chant de guerre. C'est encore un chant patriotique, bien sûr. Mais c'est aussi un appel à la Fraternité, au-delà de la guerre :
"Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Epargnez ces tristes victimes,
A regret s’armant contre nous
."
Le message est clair. La guerre est une circonstance tragique, qui empêche la Fraternité universelle. Mais même dans la guerre, il ne faut pas oublier que les soldats, en face, n'ont pas choisi de faire cette guerre. Ils sont contraints de s'y livrer car ils sont soumis à des tyrans. Il faut donc épargner les adversaires, sur le terrain, autant que possible.
La Marseillaise est un chant défensif et non pas offensif. Il s'agit de défendre sa patrie, sa famille, la liberté et de renverser des tyrans ("Tremblez, tyrans"). Il ne s'agit pas de faire la guerre aux autres peuples. Il faut soutenir une guerre que les nécessités ont imposée.
Voir uniquement le côté guerrier de la Marseillaise est réducteur.

 

* Les paroles de La Marseillaise et le lien vers des chants révolutionnaires 

1er couplet 

Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L’étendard sanglant est levé, (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Egorger vos fils et vos compagnes !

 Refrain 

Aux armes, citoyens,
Formez vos bataillons,
Marchons, marchons !
Qu’un sang impur
Abreuve nos sillons !

 2

Que veut cette horde d’esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
Français, pour nous, ah ! quel outrage
Quels transports il doit exciter !
C’est nous qu’on ose méditer
De rendre à l’antique esclavage !

 3

Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !

 4

Tremblez, tyrans et vous perfides
L’opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)
Tout est soldat pour vous combattre,
S’ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux,
Contre vous tout prêts à se battre !

 5

Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Epargnez ces tristes victimes,
A regret s’armant contre nous. (bis)
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé**,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !

 6

Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !

 7

Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n’y seront plus,
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus (bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre

 

** Voir François Claude de Bouillé

Sur son blog, Xavier Dumoulin commente le 14 juillet 2011 - voir L’imposture érigée en règle d’or !

Cet article est le 30ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 23:08

Refonder le système fiscal pour le rendre juste

 

La France, comme l’Allemagne et les autres pays européens, met en œuvre les recommandations de la Commission de Bruxelles (Le Monde, 13 mai : Europe, la course à la rigueur). Le président Sarkozy s’aligne sur la Chancelière afin de maintenir la fiction de l’unité franco-allemande (Marianne2, 18 juin : Comment Sarkozy est redevenu le petit Nicolas face à Angela).

 

Ce qui est cocasse et lourdement symbolique, c’est la façon de s’adresser aux financiers par le canal du quotidien économique britannique, le Financial Times, ce 21 juin (Le Monde : Guéant annonce la rigueur à la presse anglo-saxonne).

Le président de la République, tétanisé par les agences de notation, n’explique pas sa politique de rigueur aux citoyens en France. Il se sert de l’organe de la finance mondialisée pour présenter les mesures d’austérité qui seront prises, en espérant convaincre les marchés financiers.

 

Pourtant, il pourrait tenir compte de l’avis d’un expert (Le Monde, 22 mai) :

Joseph Stiglitz : "L'austérité mène au désastre").

Joseph Stiglitz, 67 ans, Prix Nobel d'économie en 2001, ex-conseiller économique du président Bill Clinton (1995-1997) et ex-chef économiste de la Banque mondiale (1997-2000), est connu pour ses positions critiques sur les grandes institutions financières internationales, la pensée unique sur la mondialisation et le monétarisme. Il livre au Monde son analyse de la crise de l'euro.

 

Il est vrai que tous les économistes américains ne partagent pas cet avis (Le Monde, 7 juin) :

Nouriel Roubini : "Nous sommes dans une zone dangereuse"

Nouriel Roubini, professeur à l'université de New York, est l'un des rares économistes à avoir vu venir la tempête financière de 2008. Invité de la conférence de Zermatt (Suisse) sur le thème "Humaniser la mondialisation", il livre son analyse sur la crise actuelle de l'euro (…).

 

Certains économistes français sont de l’avis de Stiglitz.

 

Mathieu Plane : « l'Europe fait de la surenchère dans l'austérité » (Les Echos, 20 mai).

L'Europe ne parvient pas à agir sur la croissance, et mise sur la réduction des dépenses, estime l'économiste de l'OFCE. L'inscription dans la constitution de la réduction des déficits publics n'est pas en soi gage de bonne gestion, prévient-il (…).

Comment sortir du piège de la dette ? (Bertrand Groslambert, doyen de la recherche à la Skema Business School, Le monde, 21 juin)

Vouloir y répondre par la rigueur est un contresens économique dramatique. Les seules options restantes sont l'augmentation ciblée des recettes fiscales et la croissance nominale du PIB.

Partout dans les médias c'est le même discours : les Etats doivent impérativement se serrer la ceinture. A les écouter, il n'y a pas d'autres alternatives : il faut à tout prix rembourser les dettes, sans quoi, les marchés sans pitié se chargeront de nous ruiner. C'est une erreur majeure (…).

Les travaux de Muriel Pucci et Bruno Tinel* (voir Réductions d’impôts et dette publique : un lien à ne pas occulter, CES, mai 2010 - voir aussi budget et fiscalité) méritent notre attention. Leur point de vue est présenté sur le site du quotidien Le Monde, ce 21 juin.

 

Pourquoi et comment faut-il réduire la dette publique ?

 

Seule une augmentation des recettes fiscales peut permettre de réduire le poids de la dette, tout en maintenant un service public de qualité et en soutenant l'économie par les dépenses publiques.

 

Que l'on parle de rigueur ou d'assainissement des finances publiques, la contraction des dépenses publiques est partout brandie comme le remède à la dette. Ainsi, alors que l'Allemagne annonce un plan de rigueur exceptionnel, en France le premier ministre vient d'annoncer une forte réduction des dépenses et envisage l'inscription du déficit "zéro" dans la constitution.

 

L'argument repose sur une assimilation entre les comptes publics et le budget des ménages : lorsqu'on est trop endetté, il faut réduire son train de vie au risque de léguer une dette à ses enfants. Or, en 2008, les administrations publiques françaises sont endettées à hauteur de 1 685 milliards d'euros tandis que leur patrimoine financier s'élève à 822 milliards et leur patrimoine non financier à 1 450 milliards (dont 624 milliards de terrains, logements et équipements). Ce n'est donc pas une dette qu'elles lèguent aux générations futures mais un patrimoine net de 587 milliards, qui s'ajoute à la richesse humaine accumulée en particulier en éducation et en santé.

 

Le pacte de stabilité et de croissance postule que l'endettement est excessif quand la part de la dette dans le revenu national (PIB) dépasse le seuil arbitraire de 60 %. Or cette part, qui était d'à peine 21 % en 1980 et de 35,2 % en 1990, a atteint 55,5 % en 1995, 67,5% en 2008, et 78 % en 2009. De notre point de vue, s'il est crucial de réduire l'endettement public, c'est en raison de ses effets redistributifs des pauvres vers les riches. En effet, une part des impôts prélevés sur l'ensemble des contribuables servent en partie à payer la charge de la dette (39 milliards d'euros en 2009), alors qu'ils auraient pu être affectés à d'autres usages tels que la santé ou l'éducation, tandis que ces intérêts sont versés en partie aux contribuables rentiers qui détiennent 35 % de la dette publique. Les finances publiques servent donc d'intermédiaire à un transfert de revenu vers les ménages les plus aisés.

 

Pour trouver des remèdes à l'endettement excessif des administrations publiques, il faut chercher les causes profondes de l'augmentation continue du poids de la dette, avant même les effets récents de la crise. Certains avancent que c'est l'explosion des dépenses publiques qui est en cause, mais les chiffres démentent ce diagnostic : la part des dépenses publiques dans le PIB est relativement stable depuis 25 ans, passant de 52 % en 1985, à 54 % en 1995, et 53 % en 2008. En fait, la hausse de la part de la dette publique dans le PIB s'explique d'abord par le manque de croissance économique et les crises économiques de 1993 et 2008.

 

Ensuite, les taux d'intérêts très élevés que nous avons connus jusqu'au début des années 2000 ont gonflé le coût de la dette et provoqué un effet boule de neige, les administrations publiques devant s'endetter pour rembourser les intérêts de la dette.

 

Enfin, les réformes fiscales ont contribué à accroître le poids de la dette. La part des recettes de l'Etat dans le PIB n'a cessé de diminuer, passant de plus de 22 % en 1981 à 17 % en 2008. En parallèle, la structure des prélèvements a changé. Les nombreuses niches fiscales, les changements de barèmes de l'impôt sur le revenu et les défiscalisations de revenus du capital ont principalement bénéficié aux ménages aisés, tandis que la montée en charge de la CSG était supportée par l'ensemble des ménages. Ces évolutions de la fiscalité, en partie responsables de l'accroissement des déficits, n'ont pas eu les effets attendus sur l'emploi et la croissance. Les avantages fiscaux accordés aux ménages aisés leur ont permis d'épargner davantage, stimulant finalement assez peu la demande intérieure.

 

On peut donc s'inquiéter de l'opportunité des mesures de contraction des dépenses publiques annoncées. La crise n'est en effet pas terminée et cela risque d'affaiblir davantage la croissance. Il serait plus raisonnable de refonder le système fiscal de manière à ce que les ménages aisés, qui ont vu leurs revenus augmenter à la fois par les baisses d'impôt et par les intérêts de la dette, contribuent à nouveau au financement des administrations publiques par l'impôt plutôt que par leur épargne. Seule une augmentation des recettes fiscales peut en effet permettre de réduire le poids de la dette tout en maintenant un service public de qualité et en soutenant l'économie par les dépenses publiques.

 

* Muriel Pucci et Bruno Tinel, maîtres de conférences en économie à l'université Paris-I - Panthéon-Sorbonne

 

Cet article est le 64ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.

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