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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 14:18

La République est asphyxiée par le néolibéralisme

 

Jean-François Kahn est un journaliste qui a 46 ans de pratique et des expériences professionnelles réussies. Chaque jour, sur son blog Tourner la page, il commente l’actualité. Ce 16 juin, il hume un parfum de 1930 et préconise de donner corps aux convergences républicaines, dont il parle depuis quelques années.

Voici ce qu’il a écrit ce 16 juin sur son blog, qui est reproduit sur le site Marianne2.

 

Sans convergences républicaines tout est possible

 

Si l’on examine les différents sondages préélectoraux (c’est-à-dire hors de toute dynamique de campagne électorale qui peut absolument tout changer comme on l’a souvent vu dans le passé), on constate :


1 - Que, certes, Nicolas Sarkozy est très faible, puisqu’il obtiendrait 27 % des suffrages au premier tour contre 31 % en 2007, alors que les ralliements dont il a bénéficié et son statut de président en titre devrait le mettre à environ 40 %. Recul spectaculaire. Autrement dit, il n’a rien récupéré à gauche ou au centre et a perdu à droite. Comme il a tout intégré à son propre camp, a priori il n’a plus de réserves.


2 - Mais que la gauche, toutes tendances confondues, malgré la crise, malgré l’annonce d’un plan de rigueur, malgré le net déficit de popularité présidentielle, n’est pas majoritaire. Son score se situe entre 40 et 44 %, moins que l’addition droite, extrême droite, centre droit. En conséquence, la ligne de repli sur les « fondamentaux » (comme ils disent à droite) et de rejet de toute alliance se heurte à cette dure réalité : sans un minimum d’élargissement, donc d’ouverture, son succès est loin d’être assuré.


3 - Si on additionne les intentions de votes, Bayrou, Villepin, Europe Ecologie, on retrouve, en gros, les 19 % d’électeurs qui cherchent à s’exprimer hors d’une structure strictement bipolaire. Ou, plus exactement, qui se placent dans l’opposition sans pour autant vouloir s’ancrer à gauche. Cet électorat, Nicolas Sarkozy en a absolument besoin. Mais la gauche aussi. Sauf que Sarkozy, lui, l’a compris.


4 - Une candidature Mélenchon triplerait au moins – je dis bien au moins – le score de Marie-George Buffet en 2007.


5 - Le plus important : avec 13 %, Marine Le Pen réalise le meilleur sondage obtenu par le Front National deux ans avant une élection présidentielle.

Cette poussée de l’extrême droite, il faut être sourd et aveugle pour ne pas la ressentir sur le terrain. La montée des insécurités (rappelons que l’on a dû truquer les dernières statistiques concernant la délinquance en y retirant les escroqueries aux Cartes Bleues par Internet) ; la permanence de forts flux migratoires qu’on a, en réalité, encouragés par « l’émigration travail », mais dont on exploite, ensuite, les conséquences sociales et sociologiques ; l’incapacité apparente de la gauche à affronter ces deux questions (par autocensure) ; les effets de ce qu’on appelle le « terrorisme de la bien-pensance » et qui revient à criminaliser toute forme d’expression incorrecte ; mais aussi la crise sociale, tout cela se conjugue pour gonfler les voiles de l’extrême droite.
C’est en ce sens que les élections récentes aux Pays-Bas, en Hongrie, en Autriche, en Italie et en Flandres, ou demain en Norvège, résonnent comme autant d’alertes.
Je le répète, puisque nous humons comme un parfum de 1930, ne commettons pas les mêmes erreurs : les convergences démocratiques et républicaines s’imposent.

 

Cet article est le 29ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

 

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 23:53

 

Une association de défense de la République par l’action

 

Il faut saluer la création de l’association Résistance républicaine par Christine Tasin avec l’appui de Riposte Laique. Elle ne manque pas de panache, Christine, que j’ai connue quand elle était adhérente du MRC à Saintes, en Charente-Maritime.

Après avoir participé au congrès 2008 - nous avions déjeuné ensemble au Kremlin-Bicêtre après avoir posé pour cette photo, prise par Francine Bachelier (MRC 86), aux côtés de Pierre Rousseau (MRC 86) et de Gérard Beillard (MRC 53), le 21 juin 2008 - elle avait répondu positivement aux sollicitations de Debout La République aux élections européennes 2009 (seconde place sur la liste dans le Grand Ouest). Congres-MRC-2008-010.jpg

 

En fait, Christine était, d’abord, rédactrice du journal en ligne Riposte Laïque au côté de Pierre Cassen et son adhésion au parti présidé par Nicolas Dupont-Aignan a été interrompue par le lancement de Résistance Républicaine, le 2 juin 2010, car elle veut être indépendante et libre, ce qu’elle est en toutes circonstances, comme nous avions pu l’observer au MRC.

 

Dans un entretien à Médias Libres, le 31 mai, elle expliquait ce qui l’avait conduite à créer Résistance Républicaine.

Christine Tasin à Médias Libres

 

Médias Libres : Vous êtes rédactrice du journal en ligne Riposte Laïque qui a annoncé, dans son numéro 146, la sortie de son troisième livre, "Résistance Républicaine". Pourquoi ce livre ?

Christine Tasin : Le modèle français, républicain, issu des Lumières et de 1789 est en danger : nos principes sont remis en cause ; peut-on encore parler d’égalité homme-femme quand on voit fleurir les voiles, islamiques ou pas, dans nos rues ? La liberté existe-t-elle encore quand la moindre critique de l’islam déchaîne manifestations et plaintes, voire menaces de mort ?

La fraternité existe-t-elle encore quand les Français voient fondre leurs avantages acquis par les luttes de leurs pères, pour faire de la place à des populations venues en toute illégalité en France qui réclament les mêmes avantages et mettent  en péril notre système social en cette période de chômage ?

J’ajouterai que de nombreuses lois sont bafouées, celle de 1905 qui instaure la séparation des Eglises et de l’Etat notamment, celles qui interdisent violences, trafics de drogue et sont censées protéger la propriété privée, puisque de véritables zones de non-droit où forces de l’ordre et pompiers ne peuvent plus se rendre sans se faire attaquer fleurissent au nez et à la barbe des autorités.

Que dire par ailleurs des bandes qui font régner leur loi dans les transports en commun ou dans la rue et du communautarisme qui se développe, imposant de fait un précepte religieux moyenâgeux, la viande halal, à tous les habitants d’un quartier ou à des espaces de restauration rapide ?

Notre livre, à travers l’analyse des débats qui ont eu lieu sur la burka et l’identité nationale, montre bien que tout est lié, que tout ce qui nous choque est une véritable atteinte à nos valeurs, et en arrive à cette constatation : puisque nos politiques ne font rien, pour ne pas dire qu’ils encouragent cet état de déréliction de la République, la Résistance doit s’organiser.  Les citoyens doivent agir, au nom de la République, pour la République.

 

Vous avez annoncé, dans le supplément 146, votre départ de "Debout la République", et votre volonté de vous investir dans une association nationale, indépendante de Riposte Laïque, mais aux objectifs voisins. Pouvez-vous nous en dire davantage ?


Christine Tasin : le but de cette association, qui sera parallèle de Riposte Laïque, qui demeure un journal d’information, sera de passer à l’action, ou, autrement dit, de donner une forme concrète à la résistance républicaine.

J’ai considéré que cette association devait être apolitique pour rassembler largement des citoyens de tous bords et si j’étais demeurée à DLR, elle aurait été marquée ; de plus je trouve depuis quelques mois que Nicolas Dupont-Aignan, malgré son courage, son honnêteté et son discours sans langue de bois n’est pas suffisamment virulent sur la place que  l’islam prend dans la société.

En ne ciblant principalement que l'islam, ne risquez-vous pas de vous éloigner des objectifs laïques dont vous vous réclamez ?


Christine Tasin : l’islam n’est pas la seule cible, bien évidemment, et vous pouvez vous en rendre compte dans l’énumération des dysfonctionnements que j’ai relevés pour répondre à votre première question, mais c’est, effectivement, un combat prioritaire parce que les fondateurs de notre association, comme les rédacteurs de Riposte Laïque ont le sentiment que le péril le plus grave et le plus urgent pour nous et nos enfants, ce n’est ni le réchauffement climatique ni le libéralisme.

Je prends à dessein deux éléments considérés par le commun des mortels, à tort ou à raison, comme essentiels pour l’homme et sa planète pour vous faire comprendre notre peur, notre révolte, et notre sentiment d’urgence :  ce qui nous menace le plus gravement aujourd’hui c’est le fascisme islamique qui s’infiltre partout dans le monde et qui gangrène peu à peu le mode de vie de tous, pour tenter d’imposer la charia.

Or la charia, c’est le délit de blasphème et la fin de la liberté de croire ou de ne pas croire  et de s’exprimer, c’est la soumission des femmes, c’est les homosexuels et les femmes adultères condamnés à mort, c’est l’interdiction de l’alcool et du porc avec la disparition d’éléments fondamentaux du plaisir de vivre à la française, sans parler des métiers et donc emplois liés…    

 

Lors d'une récente émission, à Arrêts sur Images, deux de vos amis, Pierre Cassen et Anne Zelensky, se sont vu accuser par l'animateur, et par deux contradicteurs laïques, de basculer vers l'extrême droite, par haine de l'islam. Que répondez-vous à de telles accusations ?

Christine Tasin : l’accusation est stupide à deux titres. D’abord, si l’extrême droite haïssait l’islam, ça se saurait, Jean-Marie Le Pen ne ferait pas ami-ami avec le fasciste islamiste iranien Ahmadinejad et Alain Soral ne manifesterait pas avec La Hamas et le Hezbollah, les deux trouvant charmant que des femmes se voilent !

Alors, vous en conviendrez, le rapprochement est spécieux pour ne pas dire crétin. Par ailleurs, on nous reproche de dire la même chose que Marine Le Pen sur l’islam, cela fait-il de nous des proches de Marine le Pen ?

J’invite nos détracteurs à lire les articles que nous lui avons consacré sur Riposte Laïque, Roger Heurtebise et moi et j’ajouterai que ce procès d’intention trouve simplement ses limites dans le bon sens. Nul ne sait actuellement si Marine le Pen est ou pas d’extrême droite car ses propos sont très loin de la rhétorique habituelle de ce courant politique ; néanmoins, même en admettant qu’elle le soit, qu’est-ce que cela prouverait ? J’ai une peur/haine  absolue des complices de l’islam, les anti-républicains Mamère, Besancenot et compagnie.

Pourtant il m’arrive de dire sur le libéralisme et le capitalisme des choses qui ressemblent étrangement à celles que dit Besancenot, cela fait-il de moi une militante du NPA que je déteste ? Je trouve que les textes écrits par Aragon sur l’amour sont de purs diamants, cela fait-il de moi une stalinienne comme lui ? Qu’est-ce que c’est que cette vision intégriste des gens et des opinions politiques ?

 

Pouvez-vous nous dire comment s'appellera votre association, et quelles sont ses prochaines échéances ?

Christine Tasin : le dernier livre de Riposte Laïque et mes réponses vous donnent la clé, elle s’appellera RESISTANCE REPUBLICAINE, tout un programme ! Les statuts sont enregistrés en Préfecture, nous mettons au point le règlement intérieur et, après une dernière réunion des fondateurs et de leurs éventuels relais en province début juin pour nous mettre d’accord sur les objectifs, les moyens d’action, le règlement intérieur et même une éventuelle modification de statuts, nous  la présenterons et nous proposerons les bulletins d’adhésion le 7 juin sur Riposte Laïque, il faut que nous soyons nombreux pour travailler en réseau, agir physiquement, manifester, écrire, occuper l’espace face aux atteintes que subit quotidiennement la République.  

 

Cet article est le 28ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 18:24

 

L’identité de la France, c’est la République

 

Le thème de l’identité nationale a été abordé sur ce blog le 6 novembre 2009 : Le président Sarkozy met en cause l'identité républicaine de la France.

 

Marie Noëlle Lienemann et Paul Quilès, anciens ministres, animateurs du club Gauche Avenir, militants PS, ont participé aux universités d’été du MRC - la première, le 6 septembre 2008 à Belfort (à gauche sur la photo) et le second, le 6 septembre 2009 à Toulouse (à droite sur la photo).
Ils ont des positions qui les rapprochent de celles du Mouvement Républicain et Citoyen. 

 

 

Ils ont signé un texte qui a été publié le 18 novembre par le site Mediapart et qu’on peut lire sur le site de Paul Quilès (voir Identité nationale : que doit dire la gauche ?) et aussi - c’est là que je l’ai découvert - sur le blog citoyen de Xavier Dumoulin.

 

Identité nationale : que doit dire la gauche ?

 

Tout a été dit sur la grossièreté de la manœuvre : le moment choisi pour parler de ce sujet sérieux et complexe -à quelques mois d'élections difficiles pour la droite- ; la problématique -des thèmes sélectionnés pour plaire à l'électorat d'extrême droite- ; la méthode -une fausse consultation, ignorant le Parlement, à partir d'un questionnement faussé et tendancieux- ; son maître d'œuvre - un renégat socialiste, ancien pourfendeur du sarkozysme et de ses inquiétantes dérives... Bref, tout concourt à disqualifier l'opération, dont la finalité électoraliste ne fait aucun doute.


    La gauche a raison de ne pas se prêter au jeu politicien qui consiste à organiser des réunions dont le caractère superficiel et la finalité ne font aucun doute. Pour autant, elle ne doit pas se contenter de dénoncer la manœuvre, car elle peut la retourner contre ses auteurs, en requalifiant les enjeux et en refusant de se placer sur le terrain erroné et dangereux choisi par le « ministre de l
'identité nationale et de l'immigration ». Héritière des conceptions universalistes et progressistes de notre histoire, elle doit répondre aux incertitudes nationales et démontrer que la politique du gouvernement est fondée sur l'exaltation des différences, la compétition entre groupes et communautés, le creusement des inégalités. La devise de la République, liberté, égalité, fraternité est vidée de sa force propulsive.

 

Une crise d'identité ? Plutôt un manque de perspective d'avenir


    Nos concitoyens voient bien que cette opération est un dérivatif pour éviter le débat sur les sujets brûlants : le chômage, les difficultés sociales, la désindustrialisation, les inégalités croissantes, la fiscalité et l
'endettement, la remise en cause des services publics, la montée de la violence... Ils veulent des solutions concrètes à leurs problèmes, mais ils s'inquiètent de l'avenir de leur pays et de leurs enfants,  ils regrettent la perte de cohésion de la société et l'affaiblissement de la transmission des valeurs républicaines -auxquelles ils adhèrent très majoritairement- et ils aspirent à un projet commun qui porte une vision d'avenir, une perspective de progrès.


    Car ils savent que l
'identité nationale -si ce concept a réellement un sens- est d'abord la construction d'un espace politique autour de principes partagés, qui évoluent au cours du temps en s'enrichissant et autour d'une langue commune. Quand ce pacte n'est plus explicite, quand les promesses de progrès s'éloignent et que se creuse un fossé entre les principes et la réalité, le pays connaît un lourd malaise et, d'une certaine façon, une crise d'identité.

 
La mondialisation libérale et la politique de Sarkozy menacent plus l'identité nationale que l'immigration

    Expliquer ce malaise et cette crise à partir de la question de l'immigration est inacceptable et erroné. En réalité, c'est plutôt la mondialisation libérale qui tend à contester et à remettre en cause les principes républicains, fondateurs de notre identité nationale. Ceux-ci se sont forgés au cours de l'histoire, se développant et s'élargissant, souvent grâce à l'apport décisif de la gauche.

Ces éléments majeurs du pacte républicain, qui constituent l'identité française aujourd'hui, s'appellent :
- la devise de la République: liberté, égalité, fraternité ;

- les droits de l'homme et du citoyen ;
- l
'Etat, qui incarne l'intérêt général, garantit la cohésion nationale, prépare et garantit l'avenir du pays ;
- le peuple souverain, qui entend maîtriser son destin ;
- la délibération collective, contre le pouvoir personnel ;
- le droit du sol;
- la laïcité ;
- l
'école publique et l'attention au développement et aux droits de l'enfant
- la protection et la sécurité sociale ;
- les services publics, acteurs essentiels de l
'égalité et garants des biens communs, en particulier des ressources naturelles

    Qui ne voit que ces conceptions ont été mises à mal par la montée du libéralisme économique et la domination des conceptions anglo-saxonnes ?
    
    Nicolas Sarkozy avait d
'ailleurs clairement annoncé, au cours de sa campagne présidentielle, qu'il fallait rompre avec le modèle social français. Il s'est fait depuis le chantre de ces thèses, en sapant d'autres piliers de cette identité ou en prétendant la rénover : remise en cause de la laïcité (discours de Latran, Loi Carle, accord Kouchner/Vatican ...) ; discrimination positive (tentative d'inscrire dans la constitution la reconnaissance des diversités !) ; accroissement de la dérive monarchique du pouvoir ; utilisation fréquente de propos « provocateurs », qui mettent à mal la vision humaniste que devrait promouvoir le chef de l'Etat. La Présidence de Nicolas Sarkozy est donc bien une menace pour l'identité française.

L'identité de la France, c'est la République

    Plus largement, le problème vient surtout du fait que nos valeurs républicaines s'incarnent de moins en moins dans le réel et ne semblent plus orienter l'évolution de la société française. Comment convaincre que la devise inscrite sur nos frontons est notre ambition commune, quand les inégalités sociales s'accroissent, le racisme s'installe, la promotion sociale est stoppée, certains quartiers dérivent en ghettos, quand se développent les privilèges pour certains et se multiplient les handicaps pour les autres, quand l'héritage et la fortune transmise comptent plus que le travail et le talent de chacun, quand le mauvais exemple vient du haut et que la République est sans cesse convoquée pour imposer des contraintes, des limitations et de moins en moins  pour favoriser l'émancipation de tous ! Certains enragent, d'autres se résignent. Le pays est désorienté.

    Il est évident que l
'intégration des populations immigrées est plus difficile, si le pays doute de lui-même, perd ses repères  et ne se donne pas les moyens de la réussir.

La France n'est ni un territoire unique, ni une nation ethnique

    Le choix du terme « identité » est contestable, car il privilégie une vision intemporelle et statique de la nation : approche partagée par ceux qui nient l'apport permanent des immigrés à notre pays et ceux qui valorisent la référence à la terre « éternelle ». Tenter de rattacher cette identité à la terre est d'ailleurs assez cocasse. De quelle terre parle-t-on ? Celle de Philippe Auguste? De Louis XIV, qui lui ajouta quelques provinces étrangères comme l'Artois ou le Roussillon? De Napoléon Bonaparte, qui crut pouvoir l'étendre à toute l'Europe? Des colonies, de l'Algérie d'avant 1962?....Cela n'a pas de sens. La France n'a jamais été une réalité achevée, une donnée figée de la nature et de l'histoire. Ni territoire ni « esprit d'un peuple », la France est, comme l'a rappelé Fernand Braudel, un résidu, un amalgame, des additions, des mélanges.


    Géographiquement, la France hexagonale est un carrefour entre des mondes  - continental, océanique, méditerranéen- fait de centaines de micro-milieux, d
'une mosaïque de paysages marqués par l'homme, lui-même contraint par la diversité des milieux. Il n'existe pas une France naturelle, mais des France géographiquement différentes. C'est encore plus vrai aujourd'hui, avec l'apport de l'outre mer.

    La réalité démographique et ethnologique est, elle aussi, complexe et artificielle, faisant cohabiter les trois principaux mondes de l'Europe occidentale: germanique, celte et méditerranéen. La population française est - sur notre continent - celle qui a le plus précocement et le plus complètement brassé les ethnies.
    Le pacte républicain est devenu le fondement déterminant de notre destin commun et le socle de l
'unité de notre nation. C'est le 14 juillet 1790, au Champ de Mars, à Paris, que les représentants des provinces décidèrent de créer ce que Renan définissait comme "cette grande agrégation d'hommes, saine d'esprit et chaude de cœur, qui crée une conscience morale qui s'appelle une nation".

La gauche a une responsabilité historique

    La France naît à chaque instant d'un contrat collectif et d'un combat permanent qui, s'il s'interrompait, ferait tout s'écrouler. Peut être cette «  fragilité » apparente inquiète-t-elle nos concitoyens, surtout lorsque personne n'éclaire plus l'avenir. Là est la tâche de la gauche.


    Elle a imposé l
'égalité dans notre devise, alors que la droite l'a toujours contestée, en tentant, récemment encore, de lui substituer l'équité. Elle a promu la fraternité, en alliant reconnaissance des droits individuels, des droits fondamentaux avec l'indispensable solidarité, la mutualisation des risques, le brassage social. Elle a porté en permanence l'élargissement de l'idéal républicain à l'ensemble des champs de la vie collective et singulièrement dans l'économie et le social.


Elle a toujours occupé une place déterminante dans les combats pour la liberté, dont certains reprennent, hélas, une singulière acuité, comme celui pour la laïcité, l
'humanisme ou le développement des libertés publiques.

Quant à l'internationalisme, c'est un des grands apports de la gauche, qui n'a jamais confondu la nation et le nationalisme, l'amour de la patrie et le repli sur soi ou le rejet des autres. Elle sait que, lorsque le nationalisme s'installe dans notre pays, il s'affaiblit, il recule et les problèmes intérieurs, les difficultés sociales s'accroissent. Elle sait aussi que la citoyenneté française n'exclut en rien la revendication de participer à une citoyenneté européenne et même l'espérance d'une citoyenneté mondiale.


    L
'épopée républicaine de notre pays n'est pas achevée. Elle constitue toujours un moteur  puissant pour nos concitoyens et elle conserve une force d'attraction indéniable dans le monde. On le voit bien, la crise et les bouleversements actuels requalifient  le modèle français, que le cycle ultralibéral a tant malmené. Y a- t- il dans notre pays une volonté politique suffisante pour engager cette reconquête ? Aurons-nous l'audace et le courage d'affronter le grand défi de l'égalité ?  Sans progrès vers l'égalité, le doute prendra le pas sur l'espoir. La gauche a, là, une responsabilité majeure et doit porter cette vision mobilisatrice de l'avenir. L'identité nationale a moins besoin de débat que d'action.

 

Cet article est le 27ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 23:32

 

Le débat sur la Nation, c’est le peuple qui doit le mener


Le ministère qui conduit le débat sur l’identité nationale a une malformation de naissance, dont est responsable le chef de l’Etat. Amalgamer l’identité nationale et l’immigration relève d’une conception de la France qui n’a rien de républicaine (voir le texte de Patrick Weil sur ce blog : Patrick Weil et le ministère associant l'immigration et l'identité nationale - 19 mai 2007).

 

Le président de la République a voulu ce débat, qui ne repose pas sur des bases incontestables. Il pourrait bien le regretter quand les Français lui demanderont des comptes sur ce qu’il fait de l’héritage républicain de la France. C’est ce qu’écrivait, hier, le Mouvement Républicain et Citoyen :

Pour le MRC, l’identité nationale, c’est d’abord l’identité républicaine

Le MRC a décidé de ne pas participer aux débats sur l’« identité nationale » organisés dans les préfectures à l’initiative du Président de la République avant l’échéance des élections régionales.

Nul plus que nous n’est convaincu de l’importance d’affirmer, dans un monde en perte de repères, l’identité républicaine de la France, fondée sur un message universel. C’était le projet de la Révolution française.

 

Aujourd’hui, même si la France n’a évidemment pas commencé en 1789, et se définit surtout à travers sa langue, le français, c’est bien le message de la République qui mérite d’être entendu haut et fort. L’identité de la France c’est celle de ce message universel qui se décline dans les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité.

Mais nous n’acceptons pas l’instrumentalisation de l’identité républicaine de la France, qui, dans les mains du ministre à la fois chargé de l’immigration et de l’identité nationale, se charge d’un sens défensif.

 

L’heure est à la compréhension du monde qui vient, celui du XXIè siècle, avec les repères solides fournis par l’héritage des Lumières. Elle n’est pas au repli identitaire sur un idéal national frileux qui tournerait le dos à la tradition dont nous nous réclamons, celle d’une patrie civique, généreuse et intégratrice.

 

Tenus peu avant les élections régionales, ces débats en préfecture sentent de loin l’opération politicienne visant à ramener les brebis perdues de l’extrême-droite dans le bercail de l’UMP.

Quant au débat ouvert dès aujourd’hui sur Internet, il peut être l’occasion de quelques rappels salutaires mais plutôt à l’adresse de nos gouvernants.

 

La force de notre pacte républicain vient de ce que les Français s’y reconnaissent massivement. Ce dont ils doutent, ce serait plutôt de la volonté du président de la République de continuer à leur assurer une assise solide.

 

Liberté ? Voyez du côté de la réforme de la justice, faite pour remettre celle-ci dans la main du pouvoir. Regardez les transferts massifs de pouvoir opérés au profit d’institutions européennes déconnectées du suffrage universel, au détriment du parlement.

Egalité ? Voyez du côté de la panne de l’ascenseur social - sauf à Neuilly.

Fraternité ? Voyez du côté du copinage des banquiers, des grands medias et des partis politiques assoiffés de « rupture » avec la protection sociale.
Laïcité ? Voyez les appels du Président de la République aux autorités religieuses pour leur demander d’investir l’espace public et les accords passés avec le Vatican pour la reconnaissance des diplômes délivrés par l’enseignement confessionnel.


Nous ferons quant à nous valoir notre point de vue, comme nous l’avons toujours fait, chaque fois que cela nous semblera utile et notamment quand le gouvernement s’attaquera aux valeurs républicaines. Mais de grâce, n’inversons pas les vrais défis. Ce n’est pas aux autorités nationales de demander aux Français confirmation de leur livret de naissance.

 

C’est à nous, Français, d’interpeller les autorités nationales en leur demandant compte de ce qu’elles font de l’héritage républicain de la France.

 

Revue de presse :

 

Il y a aussi du rouge dans le drapeau tricolore (Libération, Laurent Joffrin, 17 octobre)

 

(…) Encore faut-il rappeler les valeurs communes de la nation, au moment où une partie des citoyens voient leurs droits niés ou dépréciés par la relégation sociale. Elles ne sont ni ethniques, ni religieuses ni culturelles. Il n’y a pas d’essence nationale. Il y a une adhésion volontaire à des principes, qui sont ceux de la République et des droits de l’homme, comme le préconisait déjà Renan.

C’est la volonté de vivre ensemble dans la coopération et la liberté qui définit la nation, et non un soi-disant fait de nature ou d’histoire, intangible et fermé. A condition, bien entendu, que ces principes deviennent réalité et que l’égalité des droits entre dans les faits pour les minorités victimes de discrimination. Renan disait aussi que la nation repose sur une histoire et une culture communes, établies par le temps (…).

 

"Il n'y a pas d'identité française" (Le Monde, 6 novembre)

Dans un entretien au Monde.fr, Jean-François Bayart, directeur de recherche au CNRS, revient sur les dangers de soulever la question de l'identité nationale.

 

Aux racines de l'identité nationale (Le Monde, Thomas Wieder, 6 novembre)

L'expression est née dans les années 1980, au moment où la France se sentait vulnérable et se cherchait un refuge identitaire.

(…) C'est une conférence d'Ernest Renan, prononcée en 1882 à la Sorbonne, qui est souvent citée comme fondatrice de la seconde. A la question "Qu'est-ce qu'une nation ?", l'historien répondait que celle-ci ne se définissait ni par la race, ni par la langue, ni par la religion, ni par la géographie, ni même par une communauté d'intérêts. Pour lui, la nation était une "grande solidarité", constituée par "les sacrifices que l'on a faits et ceux que l'on est disposé à faire encore". Si "elle suppose un passé", elle ne se conçoit pas sans "le désir clairement exprimé de continuer la vie commune". Une formule a fait florès : "L'existence d'une nation est (...) un plébiscite de tous les jours comme l'existence de l'individu est une affirmation perpétuelle de vie." Cette définition volontariste de la nation - Renan parle du "désir de vivre ensemble" - repose sur l'adhésion à un certain nombre de valeurs communes (...).

 

Nicolas Sarkozy veut gêner la gauche ; en réalité, il ébranle la cohésion nationale, par Guillaume Bachelay (Le Monde, 6 novembre)


Cet article est le 26ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 23:33

 

Pourquoi pas une circonscription avec Laval et les cantons proches ?

 

La délicate question du redécoupage des circonscriptions législatives a été traitée récemment sur ce blog (voir Redécoupage controversé des circonscriptions électorales législatives - 30 juillet 2009).

J’y reviens avec les réflexions que m’a adressées Jean-Yves Delort, ex-rédacteur en chef du Courrier de la Mayenne. 
Auparavant, il faut rappeler les règles. On les trouve dans deux articles de Vie publique.fr :

 

Le redécoupage électoral . FAQ - Actualités - Vie-publique.fr (15 avril 2009)

 

Découpage électoral : carte électorale, circonscriptions ... (4 août 2009).

Quelles sont les règles de délimitation des circonscriptions législatives ?

L’Assemblée nationale compte 577 députés, élus dans des circonscriptions tracées pour les seuls besoins de leur élection, en fonction de la population. La répartition des sièges entre les 577 circonscriptions se fonde sur une méthode de répartition par tranches de population.


Le
découpage électoral. issu de la loi du 24 novembre 1986 reposait, pour la définition des 577 circonscriptions, sur un double principe : chaque département devait avoir au moins 2 députés, un député supplémentaire était attribué pour chaque tranche supplémentaire de 108 000 habitants.


En 2009, la règle retenue est la suivante : la répartition des sièges entre les départements est effectuée à partir de leur population municipale depuis les résultats du recensement glissant de 2004. La répartition est toujours fondée une méthode de répartition par tranches de population mais le montant est dorénavant fixé à 125 000 habitants (un député supplémentaire est attribué pour chaque tranche supplémentaire de 125 000 habitants).

Lire + sur "Quelles sont les règles de délimitation des circonscriptions législatives ?"


Le Conseil constitutionnel tient à limiter les exceptions à la règle fondamentale selon laquelle l’Assemblée Nationale doit être élue sur des bases essentiellement démographiques
. C’est pourquoi la Lozère (77 000 habitants) et la Creuse (122 000 habitants) ne feront plus exception. Elles n’auront plus qu’un député pour tout le département.


Dans la Lettre du Courrier des Maires, en date du 3 août 2009 (voir Le nouveau découpage de la carte électorale empêchera-t-il l'alternance ?), il est répondu aux objections de favoritisme politique.


La Commission consultative du
découpage électoral, présidée par l’ancien président du Conseil constitutionnel, Yves Guéna, n’a pas souhaité repartir sur de nouvelles bases, avec des règles claires applicables partout. Elle s’est limitée à des échanges de cantons limitrophes. On peut le regretter, car cela ne résout pas les incohérences constatées.


La Mayenne, avec ses 300 000 habitants, conservera ses trois circonscriptions
, mais il sera procédé à un remodelage des limites entre elles, de manière à réduire les écarts démographiques. Voici la pensée de Jean-Yves Delort sur ce point (texte écrit le 3 août).

 

Modifier les circonscriptions électorales en Mayenne : un projet impossible

 

            Tripatouillage, charcutage : des qualificatifs souvent peu favorables ont accompagné les projets de réforme de circonscription électorale décidé par le gouvernement. Le précédent remodelage lancé par Charles Pasqua avait aussi été sérieusement critiqué. Mais pourquoi tous ces projets de réforme sont ils toujours mal accueillis ?

            La raison est simple : chacun souhaite que les circonscriptions électorales (c'est à dire le territoire que représente le député à l'Assemblée nationale) soient à la fois toutes égales en population et en superficie. Or c'est véritablement impossible.

            Dans le système électoral que nous connaissons sous la Cinquième République depuis 1958 (à l'exception d'une brève tentative de rétablissement du scrutin proportionnel par François Mitterrand en 1986), chaque député représente un territoire. En Mayenne, il y a trois circonscriptions et donc trois députés. Pendant longtemps, il y eut un député du nord Mayenne, un du centre et un du sud Mayenne, ces trois territoires à peu près égaux correspondant aux arrondissements administratifs.

            Le problème, c'est que la démographie de ces trois circonscriptions électorale a évolué ; la région lavalloise a connu une forte croissance. Comme dans de nombreux autres départements français, ce déséquilibre a inquiété. Et l'on s'est mis en France à juger les députés au poids du nombre d'électeurs : tel député représentait une zone de 100 000 habitants et tel autre une zone de la moitié. Si aujourd'hui les circonscriptions électorales mayennaises respectaient les arrondissements, Guillaume Garot représenterait 140 000 électeurs, Yannick Favennec 90 000 et Marc Bernier 60 000. Impossible à envisager.

            On tenta alors de corriger ce déséquilibre en retirant des cantons aux circonscriptions démographiquement les plus importantes et en les attribuant aux circonscriptions plus modestes. C'est ainsi que les cantons de Chailland et surtout de Laval nord-est ont été attribués à la troisième circonscription (nord Mayenne) tandis que ceux de Pré-en-Pail ou de Villaines-la-Juhel étaient associés à Laval. De même les cantons de Meslay, Loiron, Ste Suzanne, furent rattachés à la circonscription de Château-Gontier. C'est la situation en 2009.

            On aboutit alors à des circonscriptions qui ont des formes particulièrement bizarres. Et l'électeur y perd son latin. Le député de Pré-en-Pail, c'est Guillaume Garot, le maire de Laval, et non Yannick Favennec. Pour y tenir une permanence, il doit faire 140 kilomètres. Et l'on peut dire qu'il existe deux députés de Laval : Guillaume Garot, certes mais aussi Yannick Favennec qui a été élu par les électeurs  des Pommeraies et du quartier de la gare. 

 

La quadrature du cercle

            On arrive donc ici à la quadrature du cercle : donner aux trois députés mayennais des territoires démographiquement égaux et à peu près semblables en superficie. Le récent projet examiné par le conseil des ministres pour les élections législatives de 2012 établit un redécoupage à la hache : le canton de Loiron passe du sud au Nord Mayenne, celui de Saint-Berthevin passe dans le sud Mayenne ; le canton de Laval nord-est (gare, Changé...) repasse dans l'escarcelle du député de Laval mais ce dernier perd le canton de Laval nord-ouest (Hilard, Grenoux).

On aboutit donc toujours à des circonscriptions aux formes bizarroïdes : demain, Guillaume Garot s'il est réélu sera toujours le député de Pré en Pail et Marc Bernier (ou plutôt son successeur puisqu'il a indiqué qu'il comptait arrêter en 2012) sera le député d'une partie de Laval.

 

Et si Guillaume Garot n'était le député que de Laval Agglo ?

            Il y aurait bien une solution pour arriver à trois circonscriptions égales sur le plan démographique. La Mayenne compte environ 300 000 habitants. On limiterait la première circonscription (celle de Guillaume Garot) à l'agglomération lavalloise qui compte 100 000 habitants, les deux autres députés se partageant tout le reste du département. (Nord et sud).
            On voit tout de suite les limites d'un tel découpage : tandis que le député de Laval serait l'élu d'un territoire restreint, les députés du Nord et du sud Mayenne auraient certes des territoires de la même importance (100 000 habitants) mais ils devraient parcourir un très vaste territoire pour rencontrer leurs électeurs, assister aux réunions et manifestations, remettre des coupes ; de l'agenda de député ils passeraient à un agenda de ministre ! A moins de faire largement appel à leur suppléant (ce qui ne serait pas forcément une mauvaise chose). Notons quand même que leur territoire serait quand même moins grand que celui des sénateurs, des conseillers régionaux ou bien sur des députés européens.

 

            Avec le régime électoral que nous connaissons (scrutin majoritaire à deux tours), on n’arrivera jamais à un bon système garantissant pour la Mayenne trois circonscriptions démographiquement égales et homogènes quant à leur superficie. Et toute tentative de modification du territoire sera forcément accusée de «charcutage» par l'opposition (de droite ou de gauche). On peut soit se satisfaire de cet état de fait, soit rêver à un autre système comme le système proportionnel. Sans doute ce système peut paraître plus juste (en fait seule une proportionnelle nationale serait vraiment juste) mais il éloigne l'électeur de son député. Et l'on a bien vu, lors des dernières élections européennes, que lorsque le représentant du peuple est trop loin de l'électeur, l'électeur a tendance à s'abstenir.

 

Cet article est le 25ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 23:45

Sortir de la crise du capitalisme
ou du capitalisme en crise ?

 

Sortir des sentiers battus de la politique est une nécessité dans la période actuelle. Si c’était possible, il y aurait une majorité de citoyens à vouloir reconstruire le monde sur des bases nouvelles. Mais il y a aussi la peur de tout ce qui est nouveau et révolutionnaire.

 

Autrement dit, faut-il sortir de la crise du capitalisme ou du capitalisme en crise ? (Samir Amin, Tribune sur le site de Marianne, 25 juillet : «Marx n’a jamais été aussi utile»).

 

Comparer les privilèges dans la société de l’Ancien Régime et ceux imposés par le capitalisme d’aujourd’hui est pertinent (voir, sur ce blog, L'aveuglement des élites de la finance, comparé à la situation en 1789 - 9 juillet 2009).

 

Le quotidien Le Monde, hier, a donné une large place à la nuit du 4 au 5 août 1789, à commencer par l’édito. « Trois semaines après la révolte parisienne et la prise de la Bastille, l'Assemblée constituante met à bas l'édifice multiséculaire de l'Ancien Régime. En quelques heures de transe collective, ce sont tous les privilèges de l'aristocratie, de l'Eglise et des provinces qui sont abolis. Et remplacés par le principe - révolutionnaire, au sens strict du terme - de l'égalité de tous devant la loi ». Lire 1789-2009.

 

D’autres articles (Le Monde, 3 août) apportent un éclairage intéressant :

 

"Notre société est aussi sclérosée qu'à la fin de l'Ancien Régime"

 

Professeur de philosophie à l'université de Poitiers, Patrick Savidan est également président de l'Observatoire des inégalités et directeur de la rédaction de la revue Raison publique. Il est l'auteur de Repenser l'égalité des chances (Grasset, 2007). Propos recueillis par Thomas Wieder.

« En 1789 déjà, certains faisaient valoir que l'aristocratie ne représentait qu'à peine 1 % de la population, et qu'il ne fallait pas aiguiser la jalousie du peuple à l'égard de ses élites naturelles. L'exigence d'égalité et de justice fiscale était pourtant nécessaire, incontournable. Elle l'est toujours aujourd'hui."

Le premier des "grands soirs"

« C'est l'une des scènes fondatrices sur lesquelles s'est construite l'identité de la France contemporaine. Dans la nuit du 4 au 5 août 1789, l'Assemblée constituante renversait une organisation sociale plusieurs fois centenaire, bâtie sur un enchevêtrement de coutumes et de statuts, pour lui substituer un ordre nouveau, régi par le principe de l'égalité de tous devant la loi.

Cette nuit-là, rappellent les manuels scolaires, "les privilèges ont été abolis". Trois semaines après la prise de la Bastille, l'Ancien Régime s'effondrait. Moment inouï qui, deux cent vingt ans plus tard, imprègne encore profondément l'imaginaire politique des Français (…) » Jérôme Gautheret et Thomas Wieder.

 

"Une nouvelle nuit du 4 août est nécessaire"


Thomas Piketty
, professeur à l'Ecole d'économie de Paris, a publié "Les Hauts revenus en France au XXe siècle : inégalités et redistribution" (Hachette, "Pluriel", 2006). Entretien.

« "Comme en 1789, la question des "privilèges" se pose avec une gravité particulière dans le domaine fiscal. La nuit du 4 août, en effet, a débouché sur une révolution fiscale fondée sur le principe de l'universalité de l'impôt (…) ».


Cet article est le 24ème paru sur ce blog dans la catégorie
République Parlement.

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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 22:32

 

Les ciseaux de Pasqua ont été réutilisés par le pouvoir

 

Le porteur des ciseaux a déjà sévi en 1986, lors du précédent redécoupage réalisé sous la responsabilité de Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur. Cette fois-ci, Alain Marleix a fait le travail en tant que secrétaire d’Etat à l’Intérieur. Si l’on en juge par les réactions des partis de gauche, notamment du PS, ce spécialiste des élections a été efficace, dans le sens des intérêts de l’UMP.

 

Encore faut-il relativiser, car ce sont les électeurs qui décident de leur vote, même quand le ministre a donné un coup de pouce en faveur de son camp. Ce qui est sûr, c’est que ce redécoupage s’imposait en raison de l’évolution démographique des circonscriptions électorales. Répond-il à des critères objectifs d’impartialité politique et de bon sens ? C’est beaucoup moins sûr, comme on peut le voir dans l’article, ci-après, concernant la Mayenne (Ouest-France, Arnaud Bélier, 30 juillet).

 

Je suis concerné directement, étant électeur à Saint-Berthevin et ayant été candidat à chaque fois depuis 1993 dans la première circonscription de la Mayenne, celle de Laval*. Le canton de Saint-Berthevin est transféré dans la 2ème circonscription, celle de Château-Gontier (Sud Mayenne), et, plus surprenant, le canton Laval Nord-Ouest aussi.

 

C’est Robert Buron qui était à l’origine du curieux découpage de la 1ère circonscription (rattachement de Villaines-la-Juhel, dont il était maire, à Laval, le chef-lieu - dont il sera d’ailleurs le maire, à la fin de sa vie, de 1971 à 1973).

Le redécoupage électoral favorise l'UMP à Laval

Les électeurs de quatre cantons voteront dans une autre circonscription aux législatives de 2012.

Quoi de neuf ?

Le redécoupage de la carte électorale a été présenté hier en conseil des ministres. Un grand chambardement en vue des élections législatives de 2012 : 67 départements gagnent ou perdent un député. La Mayenne conserve ses trois députés. Rien de nouveau a priori.


Oui mais...

Quatre cantons déménagent tout de même. Loiron (15 communes) passe de la deuxième à la troisième circonscription ; Saint-Berthevin (7 communes) de la première à la deuxième circonscription ; Laval Nord-Est de la troisième à la première circonscription ; et Laval Nord-Ouest de la première à la deuxième circonscription.


Et alors ?

Le dernier coup de ciseau électoral datait de 1986. Charles Pasqua avait dessiné cette curiosité : une première circonscription qui court de Laval à Pré-en-Pail. L'objectif était d'intégrer des électeurs ruraux, censés voter à droite, pour empêcher Laval, de basculer à gauche. On avait alors parlé de tripatouillage électoral. Guillaume Garot, le député-maire socialiste de Laval, entonne à nouveau le refrain : « Ce redécoupage n'est pas respectueux des citoyens. Il n'est pas digne de notre démocratie. »


Que disent les chiffres ?

Si manoeuvre électorale il y a, elle ne saute guère aux yeux en ce qui concerne le transfert du canton de Loiron, de la deuxième à la troisième circonscription, les deux étant tenues par l'UMP. Idem pour celui de Saint-Berthevin de la première à la deuxième circonscription. Au deuxième tour des législatives de 2007, François d'Aubert (UMP) était arrivé en tête dans les sept communes du canton. On ne voit guère l'intérêt pour l'UMP, qui cherche à reconquérir la première circonscription, de se priver de ces électeurs.


Et à Laval ?

Au deuxième tour des législatives de 2007, Guillaume Garot était arrivé en tête dans cinq des sept bureaux du canton de Laval Nord-Ouest (Hilard, Grenoux, Bernard Lepecq). Autant d'électeurs dont il sera privé lors du prochain scrutin. À l'inverse, l'UMP Yannick Favennec, élu au premier tour dans la troisième circonscription, l'avait emporté dans trois bureaux sur quatre du canton de Laval Nord-Est... (…)


Revue de presse


Libération
, 29 juillet : Découpage électoral: les ciseaux de la discorde et «Un projet de découpage déséquilibré et partisan»

 

Le Monde, 29 juillet : Le PS dénonce les "manipulations" de la carte électorale

 

Le Figaro, 29 juillet : La nouvelle carte électorale prévue pour 2012


Nouvel Observateur
, 30 juillet : Redécoupage électoral : le PS va saisir les Sages

 

* Législatives 2007 - Mayenne (53)

 

Cet article est le 23ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 19:15

 

La souveraineté reste nationale, qu’on se le dise à Bruxelles !

 

Notre République paie le prix de glissements non démocratiques, qui ont abouti en 50 ans à la dissolution de la France dans une Europe dont le but était l’effacement des nations dans un ensemble supranational, volontairement mal défini, car destiné à être soumis au leadership américain et à la domination du marché mondial.

 

Ce cycle était lié au social libéralisme, qui a imprégné les gouvernants pendant trente ans, de la fin des années 1970 à 2007, année de la crise du capitalisme financier. Celle-ci a eu pour conséquence de redonner de l’oxygène aux Etats, les seuls en mesure de prendre des décisions face à la faillite du système financier mondialisé.

 

Pour le président des USA, « la souveraineté des Etats est la "clé de voûte" de l'ordre international » (voir La diplomatie Obama, entre moralisme et réalisme, Le Monde, 13 juillet).

 

En Europe, quand ils ont été consultés par référendum (France, Pays-Bas, Irlande), les citoyens n’ont pas accepté de ratifier les traités européens qui organisent juridiquement les transferts de souveraineté au bénéfice des institutions européennes.

 

Mais les chefs d’Etat et de gouvernement ont décidé de ne pas en tenir compte, en faisant voter la ratification du traité de Lisbonne par la voie parlementaire, et en commandant un second référendum en Irlande. Toutefois, la plus haute juridiction de la République fédérale d’Allemagne a clairement fait savoir que le traité de Lisbonne, tel qu’il a été adopté, va à l’encontre des principes démocratiques (voir Traité de Lisbonne : la leçon allemande de démocratie européenne - 4 juillet 2009).

 

Ce 14 juillet, jour chômé en France (fête nationale), le Parlement européen n’a pas hésité à réunir ses instances à Strasbourg, alors que le 21 juillet, jour chômé en Belgique (fête nationale), il cessera toute activité (voir Le PE boude le 14 juillet, Jean Quatremer). Le symbole vaut son pesant d’euros !

 

Cela ne doit pas gâcher notre plaisir de célébrer la fête de la Nation française (voir Tout savoir sur le 14 juillet - La fête nationale).

 

Voir aussi 14 juillet sur le blog de Xavier Dumoulin et l’article le plus lu sur ce blog : L'origine des trois couleurs du drapeau français, selon Xavier Dumoulin - 30 mars 2007.

 

Les paroles de La Marseillaise et le lien vers des chants révolutionnaires 

1er couplet 

Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L’étendard sanglant est levé, (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Egorger vos fils et vos compagnes !

 Refrain 

Aux armes, citoyens,
Formez vos bataillons,
Marchons, marchons !
Qu’un sang impur
Abreuve nos sillons !

 2

Que veut cette horde d’esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
Français, pour nous, ah ! quel outrage
Quels transports il doit exciter !
C’est nous qu’on ose méditer
De rendre à l’antique esclavage !

 3

Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !

 4

Tremblez, tyrans et vous perfides
L’opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)
Tout est soldat pour vous combattre,
S’ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux,
Contre vous tout prêts à se battre !

 5

Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Epargnez ces tristes victimes,
A regret s’armant contre nous. (bis)
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !

 6

Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !

 7

Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n’y seront plus,
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus (bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre

 

Lire le blog citoyen, socialiste et républicain de Xavier Dumoulin http://sr07.unblog.fr

 

 

Cet article est le 22ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 22:37

 

Une situation complexe par l’histoire et la géographie

 

Ce petit territoire de l’Océan indien, mais situé entre Madagascar et le Mozambique, faisait partie des îles comoriennes (la Grande Comore, Anjouan, Moheli et Mayotte) jusqu’en 1974. A cette date, le référendum d’autodétermination organisé dans l’archipel, sous la présidence de Giscard d’Estaing, donne un résultat baroque : Mayotte opte pour la France et les trois autres îles pour l’indépendance.

 

On apprend beaucoup en lisant l’article paru le 29 mars sur le site Rue89, sous la plume avisée de Pierre Haski (cliquer sur le titre).

 

Pourquoi faire de Mayotte le 101e département français ?

 

Voici la 3ème partie, qui vient après les deux précédentes, intitulées : le poids de l’histoire et le fossé avec les autres îles des Comores.

 

La départementalisation, solution miracle ?

Pourquoi cette départementalisation de Mayotte ? Pour tenir une promesse faite aux Mahorais, répond le gouvernement. Et, de fait, on voit bien que l'ensemble des acteurs politiques de l'île y sont favorables, pour des raisons évidentes : entre la misère et l'incohérence politique des Comores, et la prospérité relative et les institutions républicaines, il n'y a pas photo.

Mais comment gérer les conséquences de cette décision ?

Elle coule dans le bronze le choix contesté de 1975 de séparer l'archipel des Comores, et accentue le décalage régional entre les départements français de La Réunion et de Mayotte, et une région qui se débat dans d'inextricables problèmes de développement et de stabilité politique, comme viennent de le montrer les derniers développements à Madagascar.

Rendre Mayotte aux Comores serait arbitraire et antidémocratique

Aucun homme politique, Mahorais ou métropolitain, n'a de réponse à cette question. Tous savent pourtant qu'elle ne disparaîtra pas comme par enchantement vu le décalage croissant qui va découler de la départementalisation, conduisant à d'inévitables drames et à des politiques de contrôle de moins en moins humaines.

L'alternative, qui serait de « rendre » Mayotte aux Comores contre la volonté des Mahorais serait tout aussi arbitraire et antidémocratique.

Le piège créé par Giscard en 1974 se referme aujourd'hui. Seule une politique régionale cohérente, qui permettrait de codévelopper la région en harmonie et pas en érigeant des murs de Berlin impossibles en haute mer, serait de nature à éviter les tragédies qui s'annoncent. Mais elle n'est pas sur la table, pas même réaliste en l'état.

Au coeur de la crise économique et sociale, il est clair que l'enjeu est minime vu de métropole. On a cependant bien vu récemment avec la Guadeloupe que les « confettis de l'empire », pour reprendre la formule de Jean-Claude Guillebaud, savent se rappeler au bon souvenir de leurs « maîtres » de temps en temps...

En attendant, en l'absence de vrai débat, comme le soulignait Jean-Louis Le Moing, membre d'une mission du PCF revenue très critique d'un voyage à Mayotte : « Les Français vont découvrir que la France s'agrandit lors du JT de 20 heures »... Le sens de l'histoire, décidément, ne sait plus où il en est.

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

 

Départementalisation de Mayotte : les frontières coloniales renforcées ?

Mayotte : les relents néocolonialistes de la départementalisation

La presse de l'Océan indien se déchaîne sur le sort de Mayotte

A Mayotte, dérapages face aux "sans-papiers" comoriens

Tous les articles de Rue89 sur Mayotte

 

 

Pour compléter ces informations :

 

-          L’article de Jérôme Manouchian, paru ce 31 mars (ReSPUBLICA) : 

Mayotte a voté à oui 95,2 % pour devenir le 5ème DOM et le 101ème département français.

C'est un enjeu important pour un territoire qui a un PIB 3 fois inférieur à l'Ile de la réunion, mais 9 fois supérieur au reste des Comores. Ces derniers s'enfoncent dans la misère et la pauvreté en ayant suivi les indépendantistes qui n'ont aucun plan d'avenir en dehors de l'indépendance et de l'obscurantisme.

C'est une bonne nouvelle pour Mayotte qui va leur faire bénéficier de la solidarité nationale. Mais pourquoi avoir prévu un délai de 20 ans pour faire les rattrapages institutionnels et sociaux? Dommage! Tout ce qui peut contribuer à développer les territoires du Sud par des décisions démocratiques est bon à prendre.

Il est à noter également que la départementalisation évitera la mise en place de dispositifs anti-républicains comme la remise en cause du droit du sol pour Mayotte souhaitée par François Baroin, ministre français de l’Outre-mer, en 2005.

 

-          Les articles de Christine Tasin, parus le 29 et le 30 mars, sur son blog :

 

Mayotte 101° département français ? Avec un texte de Gérard Couvert Mayotte, un revers de l’Histoire ?

C'est quoi être Français pour un Mahorais ?



Cet article est le 21ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement
.

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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 17:33

 

Fabius et Emmanuelli parlent de crise politique

 

Quel contraste entre les USA et la France, hier 20 janvier ! La concorde nationale à Washington (voir, sur ce blog Barack Obama, un président qui ouvre aux USA de nouveaux horizons), la discorde parlementaire à Paris.

 

Une situation prérévolutionnaire en France, les députés de gauche ayant osé chanter la Marseillaise à l’Assemblée nationale, ce qui ne s’était jamais vu depuis 1947 ! Il faut dire que les amis du président de la République, de façon plus ou moins habile, sont les vecteurs d’une politique de plus en plus contraignante pour les libertés publiques et démocratiques, ce que notre pays n’avait pas connu depuis 1945.

 

Il est clair que la nouvelle direction du PS est plus combative que l’ancienne. Pour contrer l’offensive de la droite, la gauche a mis en avant ses hommes d’expérience : Jean-Marc Ayrault, président du groupe Socialiste, Radical et Citoyen (SRC) et les deux anciens présidents de l’Assemblée nationale, Laurent Fabius et Henri Emmanuelli (voir la vidéo du Figaro, ce 21 janvier).

 

Le droit d’amendement est protégé par la Constitution de la République française. Le projet de loi organique, qui est présenté au Parlement à la suite de l’adoption (à deux voix de majorité, dont les radicaux de gauche, qui s’en mordent les doigts maintenant) de la réforme constitutionnelle contient dans son article 13 une remise en cause de ce droit d’amendement.   

 

Le souci de compromis de Jean-Marc Ayrault ayant été repoussé sans ménagement par le président de l’Assemblée nationale, les députés de gauche ont quitté l’hémicycle, en chantant La Marseillaise.

 

Voir l’article paru ce jour sur le site de Rue89 (Pascal Riché) :

 

La Marseillaise dans l'hémicycle : où est le scandale ?


Pendant qu'aux Etats-Unis Barack et Michelle Omaba dansaient dans une ambiance de concorde nationale, en France, les députés socialistes exprimaient leur colère en annonçant le boycott des questions d'actualité de mercredi et en chantant La Marseillaise à l'intérieur de l'hémicycle.


A l'intérieur de l'hémicycle ? Les radios, ce mercredi matin, exprimaient un choc: "Du jamais vu depuis 1947 !" "On a atteint les limites de l'inacceptable", fulminait le secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, qui parlait de "scandale". Et le chroniqueur d'Europe 1, Claude Askolovitch, accusait Arnaud Montebourg, ce nouveau Robespierre, d'"outrance" pour avoir dénoncé une "poutinisation" du pouvoir sarkozyste.


Cet incident de séance était-il scandaleux ? Qu'on en juge: mardi soir, sans crier gare, le président de la commission des Lois, l'UMP Jean-Luc Warsmann, propose d'abréger l'examen d'un article capital du texte qui encadre le droit d'amendement (l'article 13 qui limite le temps de parole, par groupe parlementaire, pour chaque débat important). Or tous les élus PS inscrits ne se sont pas encore exprimés.


Le débat est pourtant d'importance: la majorité entend lutter contre l'obstruction parlementaire, mais le PS s'oppose à la fixation d'un "temps guillotine". Le sujet, touchant à l'un des rouages de la démocratie, ne vaut-il pas une discussion approfondie? Il vaudrait mieux encore: un consensus gauche-droite.


Plusieurs élus socialistes se regroupent alors au pied du perchoir et crient : "Démocratie ! Démocratie!" Ils entonnent La Marseillaise et demandent la démission du président UMP de l'Assemblée, Bernard Accoyer. Jean-Marc Ayrault annonce que le groupe socialiste, qu'il préside, ne participera pas à la séance des questions au gouvernement du lendemain.
(Voir la vidéo publiée par le groupe socialiste)


Le contraste avec ce qui se passe au même moment de l'autre côté de l'Atlantique ne peut être plus grand. Mais qu'on imagine une situation symétrique au Congrès américain: un des deux partis essaierait, une fois le jour tombé, de boucler abruptement une réforme portant sur des droits de l'opposition... Personne ne se scandaliserait si cette dernière se mettait à ruer dans les brancards.

Les "scandaleux" chanteurs de mardi n'étaient pas des factieux: ce qu'ils exprimaient, par leur coup de sang, c'est avant tout leur attachement à la démocratie.


La Marseillaise à l'Assemblée, c'est certes "du jamais vu" depuis 1947. Mais le fait que l'opposition socialiste se réveille et se montre plus combative peut aussi être considéré comme une évolution plutôt rassurante pour la vie politique, à l'heure où Nicolas Sarkozy affirme qu'il
"écoute sans tenir compte" et qu'il diabolise avec gourmandise l'extrême gauche pour mieux éclipser son opposition parlementaire.

 

Cet article est le 20ème sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

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