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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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14 mai 2007 1 14 /05 /mai /2007 19:16

 

« Nous avons reconquis le vote populaire »

 « Je dirai simplement quelques mots pour dire aussi que tous ces applaudissements sont destinés aussi à tous les militants, les citoyens qui se sont formidablement mobilisés au cours de cette belle campagne.

Vous dire aussi la fierté d’avoir conduit cette campagne, désignée par 60 % des militants socialistes, je voudrais souligner la très forte mobilisation dans les fédérations, la mobilisation des militants, bien sûr, mais aussi celles des partis alliés qui nous ont rejoints, qui nous ont soutenus dans cette campagne, tous les élus qui ont également été en première ligne de ce combat. Nous avons vu des salles pleines à craquer, des citoyens enthousiastes, des citoyens mobilisés, et aujourd’hui c’est une force qui s’est levée, même si le combat ne s’est pas terminé comme nous l’aurions souhaité. C’est une force qui s’est levée de 17 millions de voix.

Et je pense, je le vois, vous le voyez aussi sur vos territoires, ce vote contient des perspectives d’avenir, ce vote contient un élan. On sent, à la fois bien sûr une tristesse, et j’y reviendrai, même parfois plus, et en particulier dans les quartiers populaires, mais on sent également une fierté très forte et une volonté de continuer. Il n’y a pas d’abattement, il y a une fierté dans ce qui a été réalisé, dans ce qui a été dit, dans ce qui a été porté au cours de cette campagne, dans ce qui a été réalisé, à l’exemple de ces images de meetings extraordinaires, dans ces images de Charléty par exemple, mais aussi partout dans les régions dans lesquelles vous êtes et dans lesquelles vous êtes mobilisés.

Moi, je veux aujourd’hui surtout retenir cette fierté-là parce que c’est sur ce socle-là que nous allons pouvoir construire le mouvement des élections législatives.

 Les valeurs fondamentales étaient là, les problèmes étaient bien identifiés, la question de la vie chère et des bas salaires, la question du chômage et des délocalisations, notamment le chômage des jeunes, la question de la précarité qui était au centre de notre campagne, les questions aussi liées à la sécurité, aux sécurités au sens large, avec le besoin que ressentent les Français d’avoir une clarification des règles du jeu, ce que j’ai appelé l’ordre juste. La question du refus de l’assistanat pour les tout petit salariés, pour les travailleurs pauvres. Et, cette question aussi, nous devons continuer à y travailler, les peurs aussi, les peurs des délocalisations, les peurs des personnes âgées face au déficit de tous les régimes de retraite et de santé.

 Bref, les questions sont là, les questions aussi que nous avons abordées sur la République, sur la nation, sur l’identité. Nous l’avions fait il y a déjà deux ans, donc ces questions-là qui ont parfois été recaptées, raptées parfois par la droite en étant déformées, nous devons continuer à y travailler et à les clarifier.
Je pense aussi à la question de la valeur travail, dont j’ai été une des premières à la mettre en avant dans ce débat. Tous ces sujets continuent à tarauder les Français, ils vont donc à nouveau émerger au cours de la campagne des élections législatives. Et tout ce travail qui a été accompli par le Parti socialiste, par le mouvement aussi de rassemblement au cours des échéances de la campagne présidentielle devra rapidement déboucher et être clarifié. Et c’est le rôle aussi de ce Conseil national et des présentations qui seront faites tout à l’heure.

Je voudrais ici dire très simplement que j’entends ici ou là des interprétations de la défaite, certaines justes, bien sûr, d’autres dérisoires, et d’autres inutilement blessantes, mais je crois qu’aujourd’hui le temps n’est pas aux polémiques. Je dirai pour ma part ce que j’en pense après les élections législatives.

 Car je crois que, d’ici là, nous devons rester unis et nous avons entre les mains ce talisman que j’évoquais tout à l’heure de la fierté et de la volonté de 17 millions d’électeurs qui attendent de nous que nous redéclenchions, pour les élections législatives, un mouvement d’unité, de fraternité, de solidarité, un élan qui nous permettra d’envoyer à l’Assemblée nationale le plus grand nombre possible de parlementaires ; parce que c’est le fonctionnement de la démocratie qui est en jeu, c’est l’émergence d’un contrepouvoir par rapport à une droite dure qui a fait la jonction avec l’extrême droite, donc il y a une attente extrêmement forte à notre égard.

 Et, pour ma part, ce que je crois, c’est que nous devons mobiliser les énergies positives qui ont émergé au cours de cette campagne, et nous devons les transformer positivement au cours de cet élan des élections législatives. La campagne sera conduite par le Premier secrétaire. J’y prendrai bien évidemment toute ma place en tant que candidate à l’élection présidentielle, je suis disponible pour venir faire des réunions sur le territoire, d’autant plus que je ne suis pas candidate.

 Je ne suis pas candidate parce que je m’applique à moi-même une des règles du pacte présidentiel du non-cumul des mandats, mais je conçois que cette règle ne soit pas suivie par tous puisque la loi ne l’impose pas aujourd’hui, donc je ne l’impose pas comme modèle, mais il me semble élémentaire, par rapport à ce que j’ai dit en tant que candidate à l’élection présidentielle, et portant une rénovation sur ce que nous avons appelé ensemble la république nouvelle, la VIe République, la modification des formes de l’exercice de la politique et en particulier la réforme des institutions au sein de laquelle nous avions inscrit ensemble, dans le projet socialiste, le non-cumul des mandats, il me semble que la politique par la preuve, qui m’est chère, est que le non-écart entre le discours et les actes soit appliqué.

Pour la suite, je ne sais pas si, ce qui compte, c’est de savoir s’il faut être plus ou moins à gauche. Vaut mieux être à gauche de toute façon, mais je crois que la question, et je pense qu’il ne faudrait pas qu’il y ait des conflits, de débats inutiles sur cette question-là, qui pourraient entraîner des difficultés ou freiner le mouvement positif, essentiel, indispensable, pour gagner le plus grand nombre de circonscriptions.

Je crois que la question, pour nous socialistes, c’est d’être vrais et de réaliser, d’incarner le socialisme du réel, c’est ensuite d’être cohérents, et j’allais dire disciplinés, même si ce n’est pas un mot fréquemment utilisé parmi les socialistes.

 Et je pense que pour l’avenir, sans anticiper les échéances, il est clair qu’il faudra réformer notre calendrier. D’abord, que le projet pour l’élection présidentielle ne soit pas fait avant, mais après la désignation de notre candidat ou de notre candidate pour qu’il y ait une cohérence.

 Ensuite, il faudra que le processus de désignation interne ne soit pas situé aussi près du combat principal et ne pas laisser un certain nombre de séquelles ou d’utilisations du combat interne utilisées par la droite. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler, et d’en reparler sereinement, y compris dans la part que j’ai prise dans ce résultat qui n’est pas à la hauteur de ce que nous espérions.

 L’heure est maintenant à la mobilisation. Et je voudrais simplement souligner aussi un autre élément de fierté : nous avons reconquis le vote populaire, et notamment le vote ouvrier, 54 %. Nous avons fait venir vers la citoyenneté des jeunes, des jeunes très nombreux qui sont venus s’inscrire et qui ont voté pour nous, et notamment les jeunes des quartiers. Il y a des résultats qui sont sans appel, sans commentaire : Vaulx-en-Velin : 63 %, La Paillade : 65 %, Le Mirail à Toulouse : 70 %, les quartiers Nord de Marseille : 70 %, Aubervilliers : 61 %, Saint-Denis : 67 %, Trappes : 70 %, Bobigny : 66 %. Merci à ces jeunes, à leur élan citoyen, et nous savons aussi leur déception, leur désarroi, leur profonde tristesse.

Je pense que l’une de nos responsabilités, pour que ces jeunes continuent à venir voter, et continuent à s’inscrire dans cet élan citoyen, notre responsabilité, c’est de leur offrir des perspectives, c’est sans doute de repenser les formes de militantisme dans les quartiers, c’est d’y conduire avec eux, et non pas à leur place, des actions concrètes. Et nous pouvons le faire avec les collectivités territoriales, je pense en particulier aux emplois tremplins, je pense à toutes les formes de soutien, de solidarité, d’aide scolaire que nous devons aujourd’hui relayer et mettre en place, et prolonger par rapport à ce que nous avons dit dans le pacte présidentiel au niveau des Régions, des Départements, des communes.

 Je vois ici ou là déjà des élus qui se mobilisent et qui se demandent comment nous allons répondre à cette immense attente de citoyenneté et d’engagement des jeunes dans les quartiers, qui nous ont fait confiance et qui constituent une partie, non pas un problème comme je l’ai dit souvent dans cette campagne, mais une grande partie de la solution aux problèmes qui se posent aujourd’hui en France, et en particulier au regard de la consolidation du pacte républicain.

Et donc cette mobilisation-là, je crois que c’est le cœur de notre réflexion. Les catégories précaires, les milieux populaires, mais aussi les classes moyennes, qui attendent de nous que nous restions debout, que nous restions fiers, que nous restions imaginatifs, que nous restions forts sur nos valeurs qui finiront par l’emporter.

Merci de votre engagement ».

 A lire sur http://www.desirsdavenir.org/index.php

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11 mai 2007 5 11 /05 /mai /2007 17:12

 

La gauche écartée durablement  du pouvoir d’Etat

 En lisant les commentaires à l’article de Jean-Pierre Chevènement sur son blog hier, j’ai relevé le message d’un internaute conseillant de prendre connaissance de l’analyse de Martial Foucault, professeur de science politique à l’université de Montréal, parue sur un site québécois Édition du jeudi 10 mai 2007 avec le commentaire « un regard honnête et lucide sur les résultats et la campagne, ce qui change de la presse française ». Voici ce texte pertinent, clair et concis.

  « Présidentielle française - La rupture dans la continuité ! »

 « L'élection de Nicolas Sarkozy comme nouveau président de la République française est apparue sans surprise dimanche soir.

 En effet, depuis l'annonce des résultats du premier tour du 22 avril dernier, le retard de Ségolène Royal paraissait insurmontable (écart de plus de cinq points par rapport à son adversaire) même si la dernière ligne droite a permis de révéler chez la candidate socialiste des qualités nouvelles ou, du moins, une posture de présidente qu'on ne lui connaissait pas.

 Par-delà le plébiscite accordé au nouveau président élu (avantage de 1,9 million de voix), la soirée électorale du 6 mai restera dominée par un contraste saisissant.

 En effet, nous pouvions observer d'un côté un candidat déjà installé dans les habits d'un président soucieux, dans le discours, du rassemblement de l'ensemble des Français, puis, de l'autre côté, une candidate défaite mais radieuse, préférant prendre rendez-vous pour de prochaines échéances plutôt que d'afficher les stigmates d'une perdante.

Par leurs stratégies de campagne, les deux candidats ont contribué à une profonde recomposition de l'espace politique et à une mutation de l'électorat français.

 Un politologue français, Dominique Reynié (IEP Paris), déclarait récemment que la «France s'installait [désormais] dans une culture de droite». Autrement dit, la valse des périodes de cohabitation s'éloigne à grands pas et réduit de facto les chances de la gauche d'occuper les plus hautes fonctions exécutives à moyen terme.

Le changement du calendrier électoral en 1999 par Lionel Jospin, consistant à faire précéder les élections législatives de l'élection présidentielle, prend ici un aspect autodestructeur pour la gauche de gouvernement. Rappelons qu'il s'agit de la première élection depuis 1981 où le candidat du parti politique (ou du gouvernement) sortant est réélu. En ce sens, si la France disposait jusqu'alors d'une prédisposition sociologique à voter à droite, la gauche bénéficiait régulièrement d'une contestation du bilan du sortant.

 Or, en 2007, le candidat Sarkozy sera parvenu à se désinhiber du statut de sortant en prônant paradoxalement la rupture dans la continuité.
Même s'il est encore trop tôt pour tirer un bilan de cette élection, plusieurs enseignements peuvent être tirés et lus en creux dans la perspective du troisième tour, celui des élections législatives des 10 et 17 juin prochains.

Des enseignements à retenir

Tout d'abord,
le taux de participation élevé (près de 85 % lors des deux tours) permet à la France de tourner le dos au cataclysme démocratique de l'élection précédente où Jean-Marie Le Pen, chef du Front national, avait atteint le second tour. Si le vote utile semble être la première explication de ce sursaut civique, il est intéressant de souligner que Nicolas Sarkozy n'a pas hésité à chasser sur le terrain idéologique du Front national pour assurer sa victoire (un million de voix en moins pour le FN). Ce recul sans précédent du FN depuis sa percée de 1983 renforce la polarisation à droite et conduit à de nouveaux équilibres électoraux.

Le deuxième enseignement de nature historique est
la présence d'une femme au second tour d'une élection présidentielle. Cela permettra sans doute d'amorcer un changement considérable dans la représentation politique d'un pays régulièrement classé comme mauvais élève de l'Union européenne à cet égard. Sur ce point, la présence massive de femmes dans les deux camps durant cette campagne a démontré que la vivacité, la férocité et même l'opiniâtreté sont des traits de caractère unisexes.

Le dernier enseignement, de loin le plus fondamental, concerne
la recomposition de l'espace politique français. Contrairement à ce que les résultats laissent penser, le modèle de la bipolarisation politique vit probablement ses dernières heures au profit du bipartisme. En effet, malgré des tentatives de morcellement vers les extrêmes (Le Pen au second tour en 2002, voire les bons résultats précédents de l'extrême gauche), la Ve République française avait vu s'affronter des blocs partisans entre eux.

L'émergence de François Bayrou au premier tour (6,8 millions de voix) risque de n'être qu'une anicroche politique à cette lame de fond vers le bipartisme. En effet, le système électoral français laisse peu de place pour un troisième parti lors des élections législatives. Et c'est précisément à cette occasion que la thèse du bipartisme pourra être validée et démontrée par un faible nombre de triangulaires (trois candidats présents au second tour) le 17 juin prochain.

Enfin, la victoire de Nicolas Sarkozy s'est construite dans un climat idéologique particulier fait d'instrumentalisation. Entre autres exemples, la valeur travail a rapidement été confisquée par le leader de droite à des fins électoralistes. Lorsqu'on s'attarde aux préférences de politiques publiques ayant motivé le vote des Français, on constate que la lutte contre le chômage, la politique de sécurité, le financement des retraites et la politique d'immigration les ont largement séduits.

L'adhésion à Nicolas Sarkozy se fonde sur plusieurs valeurs conservatrices (respect, autorité, mérite, ordre) et économiques (réforme du marché du travail, retrait du rôle de l'État dans l'économie, etc.).

Sous l'angle de la sociologie électorale, cette double adhésion transforme les anciennes grilles de lecture, car elle suscite de nouvelles attitudes électorales. La droite a disposé d'un soutien massif auprès des catégories socioprofessionnelles indépendantes, libérales et agricoles, ainsi que des retraités. Mais en même temps, Ségolène Royal n'a pas réussi à devancer significativement Nicolas Sarkozy auprès des catégories intermédiaires et ouvrières.

C'est pourquoi la leçon de ce scrutin est claire. Si le nouveau président élu réalise ses engagements, la gauche aura perdu le monopole de l'espoir et du changement social ».

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10 mai 2007 4 10 /05 /mai /2007 16:38

 

Les trois droites françaises dans un seul homme

 Eric Dupin est journaliste. Ancien éditorialiste à Libération, il a collaboré à de nombreux titres de la presse française. Auteur de plusieurs essais, il enseigne l’analyse des médias à l’Institut d’études politiques de Paris et publie un blog (http://ericdupin.blogs.com).

  Xavier Dumoulin présente le dernier livre d’Eric Dupin (« A droite toute, Fayard ») le 8 mai sur son blog (http://sr07.unblog.fr).

   « En librairie depuis le 17 janvier 2007: "A droite toute" donne des clefs intéressantes pour comprendre la situation politique au lendemain de ce second tour. Le constat d'une droitisation du pays et de l'Europe est pertinent. Il est étayé par une approche du néolibéralisme et de ses processus économiques, politiques, sociaux et idéologiques. La critique de la gauche européenne devrait nous interroger quand certains, à gauche, prêchent un nouvel aggiornamento. Néanmoins sa thèse sur la posture de Ségolène Royal nous paraît critiquable et, peut être, en contresens. Ce livre est à recommander en ce qu'il alimente une réflexion bien actuelle ».

 Reprise de la couverture :

 « Et si la France de 2007 était à droite comme rarement dans son histoire ? Le sens de l’histoire s’est retourné. La droite ne se bat plus dos au mur face à un progressisme conquérant. Portée par le dogme libéral et la vague de la mondialisation, elle cherche à remodeler la société.

 Nicolas Sarkozy incarne cette nouvelle droite française, post-nationale et débarrassée de ses anciens complexes. La force du candidat de l’UMP est de se situer au croisement des trois traditions de la droite distinguées par l’historien René Rémond. 

Sarkozy est « orléaniste » par ses convictions libérales, « bonapartiste » par son autoritarisme et « réactionnaire » dans son approche de la société. Ce livre analyse les différentes facettes de cette mutation de la droite française en la comparant aux évolutions internationales.

 Aux Etats-Unis comme en France, les conservateurs réussissent à séduire une large partie des couches populaires en exploitant le besoin d’autorité stimulé par l’instabilité économique. L’acceptation des inégalités sociales, compensée par un discours hypocrite sur le mérite individuel, traverse l’ensemble du monde occidental.

 L’idéologie de droite s’appuie encore sur l’hyper-individualisme contemporain. Elle impressionne jusqu’à ses adversaires historiques. La percée de Ségolène Royal s’inscrit dans le mouvement de droitisation des gauches dans les pays riches et vieillissants ».

 Extraits de l’introduction (intitulée « Vers la grande alternance ? ») à lire sur http://www.geocities.com/ericdupin/Intro-droite.html

« Une victoire de Sarkozy, puis de l’UMP, en 2007 marquerait sans doute une étape historique majeure. Pour la première fois, une droite d’inspiration clairement libérale aurait devant elle cinq années pour appliquer son programme. Elle ne s’en priverait certainement pas, profitant d’un contexte porteur. Car son projet s’inscrit dans des évolutions sociologiques et idéologiques des sociétés occidentales favorables à ses valeurs. Ce livre entend pointer certains éléments de cette droitisation qui n’épargne pas la France.

 Nous commencerons par resituer les mutations de la droite française dans son contexte historique. Celle-ci revient de loin. Portant le péché originel de son opposition à la Révolution, le camp conservateur a longtemps été victime d’un complexe d’infériorité. La droite était honteuse et se laissait facilement culpabiliser par la gauche. Tout cela a changé dans les dernières décennies. La droite s’est progressivement affirmée par elle-même. Se dépouillant de l’héritage gaulliste, elle est insensiblement passée sous hégémonie libérale.

 Jacques Chirac a joué un rôle dans cette conversion, mais c’est Nicolas Sarkozy qui l’a porté jusqu’au bout. On verra que le candidat de l’UMP a réussi à être le fédérateur de son camp en synthétisant les héritages des trois droites françaises (légitimiste, orléaniste et bonapartiste) distinguées par l’historien René Rémond.

 On mettra aussi ces évolutions en relations avec les nouveaux équilibres idéologiques d’un monde occidental entraîné par la révolution néolibérale. Le discours sarkozien s’éclaire à la lumière des expériences de la droite américaine. Le candidat de l’UMP s’en inspire lorsqu’il mêle libéralisme économique et autoritarisme sociétal ou encore dans sa manière de se saisir de la question religieuse.

 Des deux côtés de l’Atlantique, les droites ont entrepris une reconquête des couches populaires aux prises avec de multiples insécurités. Elles marquent des points dans les milieux intellectuels où la pensée de gauche est en crise profonde. Le conservatisme profite aussi du pessimisme qui considère comme naturelles les inégalités sociales. On s’interrogera aussi sur l’inversion du rapport à la nation d’une droite française essentiellement convertie aux thèses mondialistes.

 La droitisation des pays riches balaie enfin la totalité du spectre politique. Nombre d’idées de droite ont pénétré ses adversaires historiques. Les gauches occidentales sont engagées depuis plusieurs années dans un recentrage spectaculaire. C’est désormais la gauche, et non la droite, qui n’a plus confiance en elle-même. S’inscrivant dans le cadre mental du camp opposé, elle peine à marier ses anciennes valeurs avec des choix politiques contraints.

 Le PS n’est pas imperméable à ces évolutions, comme en témoigne l’investiture de Ségolène Royal. Dans sa tentative de reconquête des couches populaires, celle-ci a multiplié les clins d’œil à droite. Il est vrai que la France ne s’est toujours pas remis du traumatisme du 21 avril 2002. L’extrême droite continue à focaliser l’attention de l’ensemble des forces politiques. C’est une France à droite comme rarement qui risque de sortir des urnes au printemps 2007 ».

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10 mai 2007 4 10 /05 /mai /2007 15:11

 

Le 6 mai 2007 ressemblant au 10 mai 1981 ? 

 

Nous devons comprendre les résultats de l’élection présidentielle. C’est pourquoi je crois utile de lire avec attention cette analyse réalisée à chaud le 6 mai par Eric Dupin, journaliste (voir http://ericdupin.blogs.com )  

Grande alternance  

Le 6 mai 2007 marque une rupture dans l’histoire électorale française. La large victoire de Nicolas Sarkozy clôt le cycle ouvert avec la conquête de l’Elysée par François Mitterrand le 10 mai 1981. Pour la première fois depuis une trentaine d’années, le camp sortant est renforcé à l’issue d’une élection dévolutrice du pouvoir national (scrutin présidentiel ou législatif, à l’exception de ceux qui se sont déroulés dans la foulée d’une compétition élyséenne). La France a changé de couleur politique en 1981, 1986, 1988, 1993, 1997 et 2002. Un coup à gauche, un coup à droite et ainsi de suite. La présidentielle de 1995 constitue la seule exception à cette loi des alternances systématiques. Mais elle n’en est pas vraiment une si l’on se rappelle que Jacques Chirac avait pris la posture de l’alternative sociale face au Premier ministre sortant Edouard Balladur.

 Si le candidat de l’UMP a réussi à incarner le changement, en rupture avec l’héritage chiraquien, la signification politique de son succès est très différente. Non seulement la droite se maintient au pouvoir, mais elle a gagné sur une orientation plus à droite que jamais. La théorie de l’essuie-glace est obsolète. En qualifiant Jean-Marie Le Pen au second tour et en élisant ensuite Jacques Chirac, le pays avait déjà manifesté son désaveu de la gauche en 2002. Cinq ans plus tard, il confirme spectaculairement son rejet d’un camp qui a gouverné quinze ans au cours de la dernière période et qui espérait que son tour allait revenir automatiquement.

 La défaite de Ségolène Royal était inscrite dans les chiffres du premier tour. Et sa stratégie de l’entre deux tours n’a pas été couronnée de succès. En dépit de toutes ses tentatives pour séduire l’électorat centriste, celui-ci s’est partagé de façon presque équitable. D’après l’enquête TNS-Sofres réalisée le jour du vote, 40% de ceux qui avaient voté pour François Bayrou au premier tour ont soutenu Sarkozy au second. Et une proportion égale a voté en faveur de Royal. Cette quête d’un appoint vers le centre n’a pas trop entamé le soutien des électeurs de la gauche non socialiste. Quelques 70% d’entre eux ont soutenu la candidate socialiste hier.

 Sarkozy a réussi à gagner une majorité en ajoutant à son bon score de premier tour des suffrages venant du centre comme de l’extrême droite. Aidé par le soutien de la grande majorité des élus UDF, le candidat de l’UMP a profité du vote de près de la moitié des électeurs de François Bayrou alors même que celui-ci avait déclaré qu’il ne voterait pas pour lui. Il a encore bénéficié du report de 66% des électeurs de Le Pen du 22 avril. Seulement 19% d’entre eux se sont abstenus, conformément aux consignes du président du FN, soit un pourcentage presque équivalent à celui des électeurs du FN qui ont voté Royal hier (16%).

 Avec environ 53% des suffrages exprimés, le candidat de l’UMP obtient le meilleur score d’un candidat opposé à la gauche sous la Vème République général après le général de Gaulle en 1965 (55,2%). La dynamique de fin de campagne a joué en sa faveur. Contrairement à ce qui s’était passé lors des précédentes batailles présidentielles, le duel télévisé de deux finalistes a fait bouger les lignes. Le candidat de droite avait alors brutalement gagné plusieurs points d’intentions de vote.

 Les Français ont confirmé leur excellente mobilisation du premier tour. Le taux d’abstention (environ 15% des inscrits) est équivalent à celui du 22 avril (14,7% en métropole). Il se situe parmi les plus bas de l’histoire de la Vème République pour un deuxième tour de présidentielle. Jean-Marie Le Pen a été dimanche désavoué une seconde fois. Son appel à l’abstention massive n’a visiblement pas été entendu par les électeurs qui avaient continué à lui faire confiance il y a quinze jours.

 Le maintien d’un taux équivalent de participation ne signifie pas que ce sont les mêmes électeurs qui ont voté hier et le 22 avril. Certains électeurs, de gauche, centristes ou lepénistes, se sont vraisemblablement abstenus. En sens inverse, des abstentionnistes du 22 avril ont pris le chemin des bureaux de vote. Sarkozy a sans doute profité de cette mobilisation. Mais de nombreux électeurs se sont aussi manifestés pour empêcher, au minimum, une trop nette victoire de la droite.

 La sociologie des votes montre que la gauche a conservé ses positions de forces. Sarkozy n’est majoritaire qu’à partir de 50 ans. Le vote Royal est écrasant (65%) parmi les salariés du secteur public alors qu’il est minoritaire chez ceux du privé (46%). En dépit des efforts du candidat de l’UMP auprès des catégories populaires, il a été minoritaire à la fois chez les employés (44%) et chez les ouvriers (41%). Un certain « peuple de droite » a soutenu Sarkozy : 60% des Français sans diplôme et 54% de ceux qui disposent des revenus les plus bas. Mais il s’en faut de beaucoup que le candidat de l’UMP ait convaincu la majorité des milieux populaires. Une certaine résistance de l’électorat de gauche, inquiet face à la perspective d’une trop large victoire de Sarkozy, a profité à la candidate socialiste.

 La gauche n’a pas disparu du paysage électoral malgré la défaite essuyée hier. Les élections législatives qui se déroulent dans la foulée des présidentielles n’ont pourtant jamais démenti le verdict de ces dernières. Au vu des résultats d’hier, les élections législatives des 10 et 17 juin s’annoncent sous les meilleurs auspices pour la droite.

 Article publié dans le Figaro du 7 mai 2007.

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9 mai 2007 3 09 /05 /mai /2007 23:04

 

Le glissement à droite de la société française

 Voici les résultats définitifs, tels qu’ils sont présentés dans Le Monde daté du 8 mai, sous ce titre « Nicolas Sarkozy a remporté la bataille des valeurs ».

 Philippe Ridet explique que le candidat de l’UMP a su profiter des erreurs politiques de ses adversaires (dont  celles de Jacques Chirac), de la force militante et financière de l’UMP et de la refondation idéologique de la droite. Celle-ci a précédé la victoire politique, comme le disait Gramsci, philosophe marxiste italien, que nous connaissions bien dans les années 1970 au CERES avec Jean-Pierre Chevènement.

 Le président de l’UMP a mené un combat pour les « valeurs », telles que « l’ordre, l’autorité, le mérite, la récompense »… et il a déclaré vouloir rompre avec la pratique politique des 25 ou 30 dernières années, laissant entendre que, pendant ce temps, la droite n’avait jamais été vraiment au pouvoir !

 Surfant sur le glissement à droite de la société française, il a ajouté le thème de l’identité nationale en le liant à l’immigration, puis la critique caricaturale de mai 68 et l’exaltation d’une France sans ses zones d’ombre et refusant la repentance. Tout cela n’a pas laissé insensible la « majorité silencieuse ». Le peuple de droite a été galvanisé par les déclarations du candidat, qui a incité la France « exaspérée » (par la gauche) à « penser librement ».

 Sur ces valeurs que la droite républicaine avait laissé jusqu’à présent au Front national, le candidat de la droite a greffé un programme économique libéral fortement teinté de colbertisme, bref, tout ce que voulait entendre la droite dans sa diversité, ce qui lui a permis de ratisser large. On comprend mieux pourquoi Henri Guaino, l’inspirateur de cette campagne, a laissé entendre que la victoire de M. Sarkozy comporte quelques ambiguïtés…

 Les résultats complets du second tour

                         Métropole                    Outre-mer                   Français de l’étranger TOTAL

 Inscrits             42 092 412                  1 558 032                    821 919                       44 472 363   

 Votants            35 908 566                  1 088 593                    346 310                       37 343 469   

 Abstentions     14,69%                       30,13%                       57,87%                       16,03%   

 Blancs - nuls     4,24%                         3,65%                         1,80%                          4,20%   

 Exprimés         34 385 048                  1 048 878                    340 093                       35 774 019  

 SARKOZY       18 334 804 (53,32%)  464 991 (44,33%)       183 613 (53,99%)       18 983 408

                                                                                                                                (53,06%)   

 ROYAL        16 050 244 (46,68%)  583 887 (55,67%)       156 480 (46,01%)       16 790 611

                                                                                                                                  (46,94%)

 

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7 mai 2007 1 07 /05 /mai /2007 19:33

 

Le vote Royal est majoritaire dans les catégories populaires

 Un message de Loïc Bureau (MRC 44) m’informe de la parution du dernier article sur son blog

 http://mrc44.over-blog.com . Il reprend une information  de http://contreinfo.info portant sur les enseignements des sondages que l’on dit « sortis des urnes ». Voici le texte paru sur le blog du MRC 44.

 Une France à droite ?

 La ventilation du vote par statut professionnel montre que la gauche, si elle est loin d’avoir retrouvé l’entière confiance des classes populaires, y reste majoritaire, même si c’est d’une courte tête.

 Le vote Sarkozy / Royal par catégorie socioprofessionnelle

    Agriculteurs 67% / 33%
  Artisans Commerçants 82% /18%
  Professions libérales, Cadres Sup. 52% / 48%
  Professions intermédiaires 49% / 51%
  Employés 49% / 51%
  Ouvriers 46% / 54%

Si la droite est, sans surprise, majoritaire chez les artisans et commerçants, libéraux et cadres supérieurs, elle n’a pas réussi à convaincre les couches populaires.

 Par contre, en observant la ventilation par statut d’emploi, on constate un déficit significatif chez les salariés du privé.

Le vote Sarkozy / Royal par statut
  Salarié du privé 53% / 47%
  Salarié du public 43% /57%
  Travailleurs indépendants 77% / 23%
  Chômeurs 42% /58%
  Retraités 65% / 35%

 Si l’on observe, comme on pouvait s’y attendre, que les travailleurs indépendants ont été largement séduits par les promesses d’allègement d’impôts de Sarkozy, la sous représentation du vote Royal chez les retraités confirme la réalité pointée dans un précédent article [1] qui avait alerté sur les chiffres impressionnants que recueillait le vote Sarkozy chez les seniors.

 La démographie vieillissante de la France transforme la réalité sociologique du pays, et la gauche visiblement n’a pas pris la mesure de ce phénomène. A titre d’exemple, lors du face-à-face Royal Sarkozy, aucune mesure spécifique en faveur des retraités n’a été évoquée par la candidate de gauche en direction des 1O millions d’électeurs âgés de 65 ans et plus qui représentent potentiellement près du quart de l’électorat.

 La ventilation des votes par tranche d’âge confirme cette tendance :

 Le vote Sarkozy / Royal par tranche d’âge
  18 à 24 ans 42% / 58%
  25 à 34 ans 57% / 43%
  35 à 44 ans 50% / 50%
  45 à 59 ans 45% / 55%
  60 à 69 ans 61% / 39%
  70 et plus 68% / 32%

 Mais elle fait aussi apparaître un « trou » significatif chez les jeunes actifs, qui pose une vraie question. Les appels à mettre la France au travail ont visiblement rencontré un fort écho dans une tranche d’âge qui... ne travaille plus (les retraités) ainsi que dans la France que chez les 25-35 ans qui peine statistiquement  à trouver du travail.

 Cette note parue dans « Contre info » évoque les raisons de la défaite de Ségolène Royal. Elle tend à montrer la différence d’adhésion de l’électorat à la candidature entre la gauche et la droite. Voici sa conclusion.

 « Les bons résultats du vote Royal dans la jeunesse, chez les étudiants, chez les actifs de 35 à 59 ans, chez les ouvriers, les employés, les professions intermédiaires, montrent qu’un socle fort a résisté aux sirènes sarkoziennes. Mais ce constat de la bonne résistance de la gauche ne peut faire l’économie de cette autre réalité. C’est bien la candidature, ce tryptique programme, candidat, campagne, qui n’a pas fonctionné, n’a pas convaincu, n’a pas su emporter l’adhésion. Ce n’est pas la gauche qui a été sévèrement battue. C’est sa candidature ».

 Pour en savoir plus, voir le sondage Ipsos sur http://www.ipsos.fr ‘ dont voici le début du commentaire.

  Avec un rapport de force particulièrement défavorable à la gauche au soir du premier tour, un score "gauche plurielle + extrême gauche" historiquement bas à 35%, la tâche relevait de la quadrature du cercle pour Ségolène Royal. Pour prétendre à un résultat plus serré, Ségolène Royal devait réunir quatre conditions. Obtenir 90% des reports de voix de la gauche non socialiste, au moins dix points d’avance dans le report des voix des électeurs de Bayrou du premier tour, bénéficier d’une forte abstention chez les électeurs frontistes et d'une mobilisation des abstentionnistes du premier tour en sa faveur. Sur tous ces points, le compte n’y est pas : 72% des électeurs de la gauche de la gauche ont voté Royal mais 20% se sont abstenus ou ont voté blanc, elle partage avec Nicolas Sarkozy les voix bayrouistes (38% contre 40%, 22% de non exprimés), et les électeurs frontistes ont largement choisi le candidat de droite (63%), ne respectant pas les consignes d’abstention de Jean-Marie Le Pen (25% de non exprimés).

Au-delà d'une défaite de la gauche, on a surtout assisté hier à la victoire de Nicolas Sarkozy. Alors que la logique "on premier tour on choisit, au second tour on élimine" dominait les motivations du choix aux précédents scrutins, le vote d'adhésion l'a cette fois emporté : 77% des électeurs de Nicolas Sarkozy "avaient envie qu'il soit président", soit 22 points de plus que le taux enregistré chez les électeurs de Ségolène Royal, chez qui l'argument de "barrer la route à Nicolas Sarkozy" était très présent (42%). A titre de comparaison, seulement 51% des électeurs de Jacques Chirac en 1995 "souhaitaient qu'il soit président", contre 43% qui voulaient en priorité "barrer la route à Lionel Jospin" (*).

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7 mai 2007 1 07 /05 /mai /2007 18:03

 

Continuer le renouvellement profond de la vie politique 

 Le quotidien Le Monde (www.lemonde.fr) relate ce jour le premier discours de la candidate de la gauche après l’information donnée par la télévision à 20 heures dimanche.

 « A 20 h 05, à peine le résultat du vote est-il annoncé sur les chaînes de télévision, qu'elle s'avance pour faire sa déclaration à la Maison de l'Amérique latine, à Paris. "J'ai donné toutes mes forces et je continue avec vous et près de vous", lance Mme Royal à ses partisans. "Je continue le combat", précise-t-elle avant de se diriger vers le siège du Parti socialiste, tout proche ».

 Voici le texte de cette intervention de Ségolène Royal.

 "Le suffrage universel a parlé. Je souhaite au prochain président de la République d'accomplir sa mission au service de tous les Français".

 "Je remercie du fond du coeur les près de 17 millions d'électeurs, de citoyens, de citoyennes, qui m'ont accordé leur confiance. Je mesure leur déception et leur peine. Mais je leur dis que quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas. J'ai donné toutes mes forces et je continue avec vous et près de vous".

 "Je remercie tous les militants qui ont porté ce grand moment démocratique. Bien sûr les militants socialistes mais aussi tous les autres militants de la gauche et de l'écologie, ceux de Désirs d'avenir, et au-delà toutes celles et ceux qui se sont unis dans le mouvement".
"Gardons intactes l'énergie et la joie de l'immense rassemblement populaire vibrant de ferveur qui m'ont accompagnée tout au long de cette campagne, ici et dans les outre-mer".

 "J'ai engagé un renouvellement profond de la vie politique, de ses méthodes et de la gauche. La forte participation traduit un renouveau de notre démocratie, et notamment pour les jeunes, partout dans le pays et en particulier dans les quartiers, qui se sont massivement inscrits pour voter. Bravo à tous ces jeunes pour cet engagement civique qui rappelle à la République le devoir de respect et d'égalité qu'elle a envers eux".

 "Ce que nous avons commencé ensemble nous allons le continuer ensemble. Vous pouvez compter sur moi pour approfondir la rénovation de la gauche et la recherche de nouvelles convergences au-delà de ses frontières actuelles. C'est la condition de nos victoires futures".

"Je serai au rendez vous de ce travail indispensable et j'assumerai la responsabilité qui m'incombe désormais. Mon engagement et ma vigilance seront sans faille au service de l'idéal qui nous a rassemblé et nous rassemble et qui va, j'en suis sûre, nous rassembler demain pour d'autres victoires".

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5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 16:28

 

Le candidat de la droite a mené un combat idéologique

 Les sondages réalisés après le débat du 2 mai tendent à conforter l’avance de Nicolas Sarkozy. Celui-ci voit les intentions de vote en sa faveur dépasser les 53%. Il le doit essentiellement à l’électorat Bayrou du premier tour, qui n’a pas été séduit par l’attitude combative de Ségolène Royal et les arguments qu’elle a déployés lors de cette émission.

 Hier, j’ai lu dans Le Figaro (www.lefigaro.fr ) une réflexion pertinente signée Eric Dupin sous le titre « Sarkozy contre Royal, c'est aussi le duel entre la propagande et la communication ». Voici cette analyse d’Eric Dupin, journaliste et enseignant à Sciences politiques.

 « Une autre campagne n'a pas débuté au soir du 22 avril. Contrairement aux espoirs des uns et aux craintes des autres, la bataille de l'entre deux-tours ne s'est pas transformée en référendum pour ou contre Nicolas Sarkozy. Le débat du 2 mai lui a même permis d'apparaître plus rassurant que sa concurrente. La campagne s'est encore moins focalisée autour de la perspective d'une présidence de Ségolène Royal, qui n'a toujours pas su incarner une alternative claire. Les deux semaines qui séparent le premier du second tour ont plutôt vu la confirmation, de plusieurs tendances révélées tout au long de la campagne.

 Le premier enseignement est que le candidat de l'UMP est resté calé à droite. Le favori de la compétition élyséenne a certes annoncé une « ouverture » et un futur gouvernement de « rassemblement » incluant les centristes. Mais il a surtout continué à privilégier les électeurs situés sur son flanc droit. Sa priorité stratégique concerne toujours les soutiens de Jean-Marie Le Pen. D'où un discours réactionnaire, au sens étymologique du terme, s'attaquant vigoureusement à l'héritage de « Mai 1968 ». Son appel à la « majorité silencieuse » renvoie aussi la thématique conservatrice anti-élites employée avec profit par la droite américaine dès les années 1970.

 À nouveau, Sarkozy est parvenu à emmener Royal sur son terrain. Dans un lieu aussi chargé de symbolique que Charléty, la candidate socialiste a rétorqué en prenant la défense des acquis de Mai 1968. Sur le fond, son argumentation historique est au moins aussi solide que celle de son adversaire. Mais la gauche n'a aujourd'hui guère intérêt à ce genre d'affrontements. Si les préoccupations des Français, d'abord sociales, penchent à gauche, leurs valeurs, centrée sur l'ordre, inclinent à droite.

 La candidate socialiste est apparue toujours aussi hésitante dans sa démarche politique. Royal a souligné ses convergences avec le président de l'UDF tout en parlant le langage de la gauche traditionnelle devant ses supporters le 1er mai. Elle a publiquement envisagé de nommer Dominique Strauss-Kahn mais aussi François Bayrou à l'hôtel Matignon, démentie sur ce point par François Hollande. Ces signaux contradictoires auront un prix. D'après le baromètre Ipsos-SFR-Le Point, les reports des électeurs de la gauche non socialiste sur Royal ne sont guère de meilleure qualité que ceux du FN sur Sarkozy.

 Les deux principaux candidats éliminés au premier tour ont fini par caricaturer leurs positions initiales. Bayrou se pose plus que jamais en recours mais son succès relatif le place dans une position très inconfortable. Écartelé entre son tropisme antisarkozien et le soutien au candidat de l'UMP de l'immense majorité des élus de son parti, le président de l'UDF s'engage dans une aventure politique personnelle périlleuse. Contraint de dire pour qui il ne votera pas et de taire pour qui il votera, Bayrou pèsera moins sur le scrutin de dimanche que son score du 22 avril ne pouvait le lui laisser espérer.

 Jean-Marie Le Pen est encore plus nettement hors jeu. En se réfugiant dans l'abstention, sur fond de dépit, le leader du Front national tente de sauver une formation menacée de rudes secousses internes. Mais en ne contribuant ni au succès ni à la défaite de Sarkozy, le vieux chef du FN achève de prouver l'inutilité d'une formation qui a épuisé sa force protestataire.

 Ces éléments de continuité se retrouvent dans les intentions de vote. Celles du second tour n'ont pratiquement pas bougé par rapport à ce qu'elles étaient avant le premier tour. Sarkozy est toujours crédité d'une assez nette avance. Il se situe entre 52 et 53,5 % dans les dernières enquêtes des différents instituts. Ces indications sont très fiables : les sondages réalisés entre deux tours d'une élection présidentielle sont les plus performants. Le redressement des échantillons s'effectue sur la base d'un souvenir de vote très frais. La simplicité du choix binaire facilite encore les mesures. Seule la dynamique de toute fin de campagne peut réserver, à la marge, des surprises. On songe ici au débat Royal-Sarkozy qui pourrait permettre au favori de creuser son avantage.

 Au-delà de l'affrontement droite-gauche et du choc des personnalités, le duel entre Royal et Sarkozy aura opposé deux manières contrastées de faire de la politique. La candidate du PS a privilégié la communication tandis que celui de l'UMP a misé sur la propagande. Celle-ci est d'abord une bataille d'idées. « Je mène un combat idéologique », assume Sarkozy qui s'est employé à réarmer son camp. Le champion de la droite articule programme et valeurs sans craindre de recourir à de nombreux simplismes démagogiques. Il opte clairement pour la mobilisation des plus convaincus. Avec lui, c'est une droite offensive et préparée qui est montée au front.

La pratique de Royal se situe presque à l'opposé. Confiante en son intuition, convaincue d'être en phase avec les humeurs de la société, la candidate du PS a cherché à s'imposer par la communication. Elle préfère l'image à l'argumentation, le slogan au raisonnement, l'impression à la démonstration. Elle dialogue avec l'opinion telle qu'elle est, épouse ses contradictions et ses évolutions. Jouant la carte de l'incarnation, animée à l'occasion d'une « saine colère », Royal s'emploie à capitaliser les préoccupations populaires. Ce jeu de miroir avec l'idéologie dominante l'entraîne vers des orientations troublantes pour une gauche au reste peu assurée de ses convictions. L'élection de Sarkozy serait aussi une victoire de la vieille propagande sur cette moderne communication ».

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5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 15:27

 

Un éditorialiste qui n’hésite pas à prendre parti

 Le quotidien Libération a été très présent dans la campagne électorale et n’a pas hésité à se positionner à gauche. C’est un choix stratégique de la nouvelle direction depuis l’arrivée de Laurent Joffrin. Celui-ci s’est exprimé à la veille du second tour de l’élection présidentielle. Voici le texte de son édito, aujourd’hui, qu’on peut lire sur www.liberation.fr

 « Une gauche renouvelée »

 « Précieuse nouvelle : la politique fait encore rêver. Cette campagne haletante en offre la preuve, tissée d'affrontements inattendus, de heurts pacifiques et de bonheurs passionnés. Fondée sur les valeurs, elle a porté au pinacle celui qui rend toutes ses chances à notre démocratie malade : le civisme.

 Participation exceptionnelle au premier tour, meetings enthousiastes dans tous les camps, discussions sans fin, débat télévisé au couteau devant vingt millions d'arbitres, échanges innombrables sur le Net comme autour de toutes les tables de France, des plus luxueuses aux plus modestes. Avant de désigner celui ou celle qui l'exercerait, la parole a pris le pouvoir.

 Deux rêves se sont ainsi combattus, qui font du choix de dimanche un grand rendez-vous de l'histoire nationale. 

Les uns imaginent un pays de compétition, plus prospère quitte à ce qu'il soit plus dur ; un pays qui sorte du marasme par l'entreprise, l'espoir du gain, l'ordre restauré et une certaine tradition rétablie.

 Soyons francs : ce rêve-là n'est pas le nôtre. Non qu'il soit illégitime ou peu respectable. Nous aussi sommes favorables au relèvement économique, à l'entreprise, à l'esprit de conquête et à la sécurité quand elle préserve la liberté. Et nous accueillons avec respect tous ceux qui sont en désaccord avec nous mais qui veulent connaître d'autres manières de penser. Nicolas Sarkozy s'obstine à dire qu'il s'agit d'une opposition vindicative à sa personne ou d'un repli sur une idéologie de marbre. Drôles d'idées.

 Il nous semble seulement que l'adaptation plate à la pensée dominante dans le monde global qui est le nôtre est un idéal insuffisant pour la France.

 Nous pensons que dans sa marche forcée vers la normalisation libérale, l'homme de l'UMP laissera trop de citoyens au bord de la route.

 Nous avons donc un autre rêve, que ce journal illustre et défend :

 - Celui d'une société ouverte et créative, modernisée mais tout autant ferme sur ses principes de solidarité et d'attention aux réprouvés.

 - Celui d'une France avec aussi peu de frontières que possible et toute l'ouverture qu'elle peut offrir, conformément à la promesse faite en 1789 et, nous le savons, à moitié tenue.

 - Celui d'une France qui comprenne que le progrès suppose le respect de la planète et qui agisse en ce sens, qui sache que son destin se construit dans les cités plus que dans les beaux quartiers, qu'il y a là des trésors d'invention et de tolérance et non un simple gibier à Kärcher.

 - Celui d'une France qui corrige ce qu'il y a d'excessif dans le monde des médias mais qui ne cherche pas à brider son expression, serait-elle confuse ou choquante.

 - Celui, surtout, d'une France juste qui garde la mémoire de ses grands combats sociaux et démocratiques, sur les barricades quand la liberté était en jeu comme dans les urnes d'une démocratie apaisée. Ils lui ont forgé une identité qui n'a pas besoin de ministère.

 - Celui, enfin, d'une gauche émancipée, renouvelée, qui prenne en compte les réalités du monde autant que le message des révoltés. Une gauche qui rassemble ceux qui croient qu'un autre monde est possible pour plus tard et ceux qui souhaitent, pour aujourd'hui, un monde meilleur, qu'ils soient d'une gauche radicale ou réformiste, cabrée dans ses refus ou bien ouverte au centre.

 Pourquoi Ségolène Royal ?

 Pas parce qu'elle est socialiste, mais parce qu'elle a su, avant tout, s'affranchir des pesanteurs de la vieille gauche pour ouvrir la brèche du renouveau.

 Pas parce qu'elle est une femme, mais parce qu'elle est une femme libre.

 On dit que ses chances sont minces. Peut-être. Mais l'élection n'est pas jouée avant que le peuple en ait décidé. Nous y croyons. Et, en cas d'échec, nous préférons être minoritaires en respectant notre idéal, plutôt que de l'affadir dans une neutralité sans âme.

 A gauche donc, plus que jamais, sans exclure quiconque. Au nom de notre passé, au nom de notre avenir ».

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5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 11:26

 

La parité était strictement respectée sur le plateau

 J’emprunte à Désirs d’avenir 86 http://desirsdavenir86000.over-blog.net le compte rendu résumé du débat du 2 mai entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, mis en ligne le 3 mai. Merci à Arnaud pour son excellent blog. Il a fait un énorme travail pendant cette campagne. Voici ce texte.

 « Les échanges se sont révélés tendus et sans concession, les deux candidats haussant le ton à plusieurs reprises, notamment sur les questions de l'insécurité, de la délinquance, des 35 heures ou encore de l'aide aux enfants scolarisés handicapés.

Le débat, entamé à 21h00, a largement débordé des deux heures prévues pour s'achever à 23h39.
D'une manière générale, Ségolène Royal s'est montrée plutôt offensive, interrompant souvent son adversaire et le renvoyant froidement au bilan de son gouvernement depuis 2002. De son côté, Nicolas Sarkozy s'est employé à afficher calme et pondération, comme pour contredire l'image de grand nerveux que lui affublent ses détracteurs. Le candidat UMP s'est même payé le luxe d'accuser sa rivale de "perdre ses nerfs" lors d'une de leurs joutes verbales, mais Ségolène Royal a su aussi faire preuve de répartie et d'ironie.

 Conformément au tirage au sort effectué au CSA, Nicolas Sarkozy a pris la parole en premier et Ségolène Royal a conclu. Dans un studio de Boulogne-Billancourt, Arlette Chabot (France 2) et Patrick Poivre d'Arvor (TF1), assez discrets, animaient le face-à-face, censé initialement s'articuler autour de "quatre grands chapitres" mais parfois désordonné vu l'âpreté de certains propos.

Les deux prétendants à l'Elysée se faisaient face devant une table carrée, à deux mètres l'un de l'autre, dans un studio de 200 m² vide de tout public, dont le décor avait été comparé à "un ring de boxe" par le réalisateur de l'émission Jérôme Revon.

Le déroulement du débat

 Le débat télévisé a débuté par la présentation, par chacun des candidats, de leur vision de la fonction présidentielle et de leur objectif prioritaire après leur accession à l'Elysée.

Prenant la parole en premier, Nicolas Sarkozy a émis le souhait de "tirer les conséquences des tsunamis politiques" des cinq dernières années, à savoir le 21 avril 2002 et le non au référendum européen. "Je veux des résultats, je veux promettre aux Français des droits réels, non virtuels (...) La passion de ma vie porte un nom, c'est l'action."

Ségolène Royal s'est engagée pour sa part à "sortir la France de la situation dans laquelle elle se trouve", à "réduire la dette, la pauvreté", lutter pour la défense du pouvoir d'achat, notamment celui des retraités "qui a baissé", combattre "toutes les formes d'insécurité au quotidien".

Elle a critiqué le gouvernement sortant sur son bilan économique et sécuritaire. "Je veux être la présidente de la République qui va faire une France où l'agressivité et les violences reculent, qui va faire une France qui va gagner la bataille contre le chômage et contre la vie chère, qui va permettre que reculent les inégalités."

Polémique sur l'insécurité
"Je crois que toutes ces formes d'insécurité au quotidien, sociale, appellent de nouvelles règles du jeu, un nouveau système politique, des responsables politiques plus efficaces qu'ils ne l'ont été au cours des 5 dernières années et même au-delà sans doute", a ajouté Mme Royal.

 Cette allusion au bilan du gouvernement sortant, dans lequel Nicolas Sarkozy a été partie prenante, n'a pas manqué de faire réagir l'ancien ministre de l'Intérieur. Les deux adversaires se sont renvoyé la responsabilité de la hausse des violences, à coups de pourcentages. Ségolène Royal a aussi reproché à l'ancien ministre de l'Intérieur de ne pas avoir tenu certains engagements : "Le commissariat de Clichy que vous avez promis n'est toujours pas ouvert", a-t-elle notamment lancé.

"Est-ce je suis responsable d'une partie du bilan du gouvernement ? Oui, Mme Royal. Vous avez parlé des violences, je suis responsable, j'ai été le ministre de l'Intérieur pendant quatre ans", a concédé Nicolas Sarkozy. "J'ai trouvé une situation qui était catastrophique et qui était pour beaucoup dans la défaite de vos amis (...). Si, en 2002, les Français n'ont même pas qualifié le Premier ministre que vous souteniez pour le deuxième tour, il y avait bien une raison: c'est parce que la délinquance et la violence avaient explosé", a-t-il contre-attaqué.

35h et heures supplémentaires

Les 35 heures ont été "une catastrophe généralisée pour l'économie française" et en particulier pour l'hôpital, selon le candidat UMP. Tout en reconnaissant que la deuxième loi sur les 35h avait été "trop rigide", Mme Royal lui a rétorqué que malgré tout le mal qu'elle pensait de cette réforme, la droite n'avait pourtant pas supprimé les 35 heures.

La candidate PS a affirmé que si elle est élue, ce sont "les partenaires sociaux qui devront se mettre d'accord" par branches sur les 35h. Faute d'accord entre eux", il n'y aura pas de généralisation des 35h", a-t-elle assuré.

En outre, elle a réfuté comme "un nouveau cadeau aux entreprises sans contrepartie, qui va coûter 5 milliards d'euros", la proposition de Nicolas Sarkozy d'exonérer de charges les heures supplémentaires au-dessus de 35h. Elle a estimé que cela ne va pas aider l'emploi car les entreprises vont demander aux salariés de faire des heures supplémentaires plutôt que de recruter.

La dette de l'Etat

 Auparavant, Mme Royal avait promis de financer le désendettement de la France par la croissance économique en aidant davantage les PME. Elle s'est également engagée à consacrer au remboursement de la dette publique du pays "tout ce qui sera au-dessus de 2,5% de croissance (par an)".

 Le dossier sensible des retraites 

Sur cette "question centrale", Nicolas Sarkozy s'est engagé à garantir la pérennité des lois Fillon. Il a réaffirmé en outre sa volonté de "réformer les régimes spéciaux" au nom du principe d'"égalité" qui figure dans la devise de l'Etat. "Pourquoi certains cotisent-ils 37 ans et demi et d'autres 40 ans ?", a-t-il argumenté. Il a promis d'augmenter les petites retraites de 25% et de revoir la situation des pensions de réversion, promettant de faire passer leur taux de 54% à 60%.

Mme Royal a répliqué : "Vous voulez financer l'augmentation des petites retraites par la réforme des régimes spéciaux. Or, vous savez bien que la réforme des régimes spéciaux va prendre un certain temps. Moi je ne veux pas perdre de temps, je veux les augmenter tout de suite." Elle a proposé pour ce faire de "remettre à plat les lois Fillon" et de mettre en place "une taxe sur les revenus boursiers" pour financer le fonds de retraites.

Sarkozy demande plus de détails à Royal 

Les deux adversaires se sont affrontés alors sur les détails du financement. Nicolas Sarkozy a reproché à sa concurrente "de ne pas donner le montant de la taxe" qu'elle veut créer et de se contenter d'annoncer la "remise à plat de la loi Fillon". Ségolène Royal a répliqué que "remettre à plat la loi Fillon", ce n'était pas la démanteler. Contrairement au candidat UMP, elle se refuse à "uniformiser les durées de cotisation". "Je veux seulement mettre fin aux injustices les plus criantes, en matière de pénibilité du travail et sur les injustices faites aux femmes." Sur la future taxe boursière qui financera les retraites, elle préfère d'abord "évaluer les recettes qu'apportera la croissance".

Sarkozy qualifié d'"approximatif" sur le nucléaire 

La question du nucléaire a provoqué une autre montée de tension entre les deux candidats. Nicolas Sarkozy, qui sondait Ségolène Royal concernant sa position sur le nucléaire et sur l'EPR, s'est fait tancer par la candidate qui l'a invité à "réviser un peu son sujet" après avoir proféré selon elle "une série d'erreurs".  

 

Invité à dire combien le nucléaire constituait de la consommation d'électricité en France, Nicolas Sarkozy a répondu 50%, ce que Mme Royal a contesté, le ramenant à 17%. Mais c'est surtout au sujet de l'EPR que le candidat de l'UMP s'est fait reprendre. Alors qu'il qualifiait l'EPR de "centrale", elle l'a accusé de tout confondre puisqu'il s'agit d'un prototype. Et de quelle génération est l'EPR, a-t-elle demandé ? "De 4e génération", a-t-il répondu. "Non, de 3e génération", l'a-t-elle rectifié.

Vif échange sur le bouclier fiscal

 "Tout est possible, même le pire", a lancé Ségolène Royal, ironique, a Nicolas Sarkozy, à propos du bouclier fiscal en vigueur depuis le 1er janvier, selon lequel un contribuable ne peut payer plus de 60% de ses revenus en impôts. La candidate a pris l'exemple d'une "riche héritière" ayant touché un chèque de 7 millions d'euros en vertu de ce bouclier fiscal.

"Je vais regarder ce cas bien volontiers", lui a répondu Nicolas Sarkozy. "Ce n'est pas un cas, c'est la conséquence de ce que vous avez fait voter!", lui a lancé Ségolène Royal sur un ton vif. "Non, parce que moi je propose, c'est pire, je...", a repris Nicolas Sarkozy. "C'est pire ? Vous avez raison, tout est possible, même le pire!", a donc rétorqué la candidate socialiste, ironisant sur le slogan de campagne de son rival "Ensemble, tout devient possible".

Le candidat de l'UMP s'est engagé, s'il est élu, à abaisser le niveau de bouclier fiscal à 50%. "Mais c'est très injuste", a rétorqué Mme Royal, qui propose de supprimer ce bouclier fiscal.

La question de l'éducation

 Nicolas Sarkozy a réitéré son ambition de ramener "le respect", "l'autorité" et "le mérite" au sein de l'école. Il a énoncé son projet de permettre à "tous les jeunes" de "pouvoir rester en étude après les cours". "Cela réglera la question du pouvoir d'achat des enseignants", a souri le candidat UMP. Il a évoqué la réforme de la carte scolaire car "ce n'est pas normal qu'on soit le seul pays où l'on ne puisse pas choisir l'école de son enfant". Il a prôné enfin "une nouvelle pratique de l'évaluation", afin que les parents puissent juger le niveau de l'école de leur enfant. Un peu plus tard, revenant sur les questions de discipline, le candidat UMP a affirmé son voeu de lutter contre "l'absentéisme", souhaité "que les familles signent le règlement intérieur de l'école", et proposé "que les allocations familiales des parents défaillants soient mises sous tutelle".

De son côté, Ségolène Royal a prôné un "pacte éducatif", déploré "la suppression de plus de 100.000 emplois en 5 ans" -ce que son adversaire a contesté, annoncé la mise en place d'un "service public de la petite enfance avant l'âge de 3 ans", promis le retour des emplois jeunes dans l'Education nationale ("supprimés par le gouvernement sortant") et l'instauration d'un "soutien scolaire gratuit et individualisé dès la rentrée prochaine".

Accrochage cinglant sur l'enfance handicapée

 Alors que Nicolas Sarkozy, dans le cadre du débat sur l'éducation, avait évoqué la question de l'enfance handicapée, Ségolène Royal a fustigé un "summum d'immoralité politique". Elle s'est déclarée "scandalisée" par les propos de son rival sur l'accueil d'enfants handicapés dans les écoles, car selon elle, Nicolas Sarkozy a décrit "la larme à l'oeil" la situation des handicapés alors que c'est pourtant le gouvernement UMP qui "a supprimé", selon elle, les aides pour les handicapés.

Durant ce vif échange, le candidat UMP a reproché à sa rivale du PS d'avoir "perdu ses nerfs", ce qu'elle a nié, affirmant : "Je ne perds pas mes nerfs, je suis en colère, il y a des colères très saines (...) Je me révolte car j'ai gardé ma capacité de révolte intacte." "Je ne mets pas en cause votre sincérité, alors ne mettez pas en cause ma moralité", a lancé Nicolas Sarkozy à sa concurrente.

Sarkozy attaque Mme Royal sur la Chine

 Vers la fin du débat, le candidat UMP a reproché à sa rivale d'envisager le boycott des jeux Olympiques de Pékin, tout en ayant effectué une visite remarquée en Chine. "Si vous êtes favorable au boycott pour les sportifs, pourquoi vous-même n'avez-vous pas boycotté votre visite?" Il l'a aussi critiquée pour avoir "félicité la justice commerciale chinoise" à son retour de Pékin, en janvier. Celle-ci s'en est défendue, et a rappelé au passage que lors de son voyage en Chine, elle avait âprement plaidé en faveur des droits de l'Homme.

L'entrée de la Turquie en Europe

 Nicolas Sarkozy a de nouveau promis de "s'opposer à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne" s'il est élu. "Ceux qui souhaitent l'entrée de la Turquie dans l'Europe sont ceux qui ne souhaitent pas l'Europe politique puisque l'élargissement sans limite de l'Europe, c'est la mort de l'Europe politique", a-t-il plaidé. "Pour moi, ce n'est pas une question de démocratie, de musulmans ou d'islam, c'est parce que la Turquie est en Asie mineure, ce n'est pas l'Europe." Ségolène Royal a appelé son adversaire à "ne pas utiliser ce sujet de façon aussi brutale par rapport à un grand  peuple qui a une aspiration à rejoindre l'Europe". Toutefois, selon elle, "le moment n'est pas venu pour l'entrée de la Turquie dans l'Europe", a-t-elle nuancé, prônant une "pause".

Les conclusions de chacun

 "Le mot fatalité ne fait pas partie de mon vocabulaire", a conclu Nicolas Sarkozy. "Je veux agir, passionnément, agir pour mon pays. Je veux faire en France les changements que d'autres ont fait dans d'autres pays. Il n'y a aucune raison qu'on n'ait pas le plein emploi, qu'on ne maîtrise pas l'immigration. Je veux que les travailleurs soient respectés, considérés. Je ne crois pas à l'assistanat (...). Je crois au mérite, à l'effort, à la récompense, à la promotion sociale. (...) Ce que j'ai dit je le ferai. (...) C'est un don de soi, c'est une véritable ascèse."

"Je veux être au service de la France", a conclu pour sa part Ségolène Royal. "Je tiens à des valeurs fondamentales. Le travail sera payé à sa juste valeur. (...) Je veux construire une France paisible où l'on pourra réformer sans brutaliser, où jamais je ne dresserai les Français les uns contre les autres. (...) Je ferai tout pour sauver la sécurité sociale aujourd'hui menacée. Je veux une France créative, une France imaginative et je veux construire avec vous une France présidente" ».

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Published by SORIN Michel - dans Ségolène ROYAL
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