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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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27 avril 2007 5 27 /04 /avril /2007 23:30

 

Un débat pour mettre en évidence les convergences

 Pour la première fois, l’un des candidats non qualifiés pour la finale débattra publiquement avec l’une des finalistes, pendant que l’autre les regardera en maugréant. Remarquons qu’une solution a été trouvée sur proposition d’un groupe audio-visuel privé présent sur une partie de la France (télévision et radio). La diversité de l’offre a du bon.

 Constatons que la démarche Bayrou n’a pas eu d’équivalent dans le passé. Ce Béarnais attaché à sa terre n’a pas manqué de ténacité pour résister à toutes les tentatives des puissants de faire échec à sa volonté d’indépendance. Il a besoin de ce débat pour maintenir le lien avec les électeurs qui l’ont rejoint sur la base du rejet de la droite et de la gauche, en vue de préparer la mise en place du nouveau parti démocrate.

 Ségolène Royal aura besoin, le 6 mai, des voix de ces électeurs. Il y a donc un intérêt commun ponctuel. Certains déduisent hâtivement de ce rapprochement d’entre deux tours que cela débouchera sur une coalition de centre-gauche. Les uns le souhaitent ardemment, c’est le cas de Cohn-Bendit, qui s’est exprimé sur www.lemonde.fr ce jour, les autres le craignent car ils savent que c’est l’arrêt de mort de la gauche.

 La candidate de la gauche ne s’engagera pas sur cette voie, même si elle laisse le président des Verts au Parlement européen rêver jusqu’au 6 mai. Elle sera la présidente d’une France rassemblée et fera tout pour avoir une majorité parlementaire de gauche.

 Revenons au débat public. Voici ce que je lis ce soir sur www.lemonde.fr 

 « Au terme de plusieurs péripéties, Mme Royal et M. Bayrou tiendront un débat inédit » 

Après de nombreux rebondissements, candidats et médias ont finalement trouvé un terrain d'entente pour l'organisation du débat entre Ségolène Royal et François Bayrou : il se déroulera samedi 28 avril entre 11 heures et 12 h 30 sur la radio RMC et la chaîne BFM TV (qui appartiennent au même groupe NextRadio TV) en direct de l'hôtel Westin, dans le 1er arrondissement de Paris. Tous les journalistes qui le désirent pourront se rendre à cette confrontation, inédite dans une campagne électorale française.

 Dans un communiqué, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) souligne que la "responsabilité éditoriale" d'un tel débat relève "de la chaîne", qui doit tenir compte du principe d'égalité du temps de parole. En conséquence, les propos que tiendra Ségolène Royal samedi matin "seront naturellement pris dans son temps de parole et devront être compensés au profit de Nicolas Sarkozy".

 François Bayrou s'est réjoui de ce dénouement. "Ceux qui ont voulu empêcher le débat en seront pour leurs frais. Il y aura un débat et si Nicolas Sarkozy voulait un débat ou accepte un débat, je l'accepterai de la même manière. C'est pour moi le ba-ba de la démocratie", a-t-il dit sur Public Sénat.

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27 avril 2007 5 27 /04 /avril /2007 17:57

 

Réunion publique le 3 mai avec Christophe Caresche

 Mercredi 25 avril, Guillaume Garot a présidé le comité de campagne de second tour, qui est composé de représentants du PS et des élus socialistes et républicains (UDERS), du PRG, du MRC, du PCF et des Verts.

 Il a insisté sur le fait que le jeu reste ouvert pour le second tour, c’est une affaire de dynamique et pas seulement d’arithmétique. L’enjeu est l’électorat Bayrou du premier tour, il faut convaincre ces électeurs qu’ils partagent plus avec nous qu’avec Sarkozy.

 Les initiatives prévues sont les suivantes :

 Vendredi 27 avril à 18h30 : les élus régionaux, départementaux et municipaux s’engagent et le font savoir à Changé, salle Nymphéa, près de la mairie (Nicole Peu et Michel Ferron aux manettes).

 Mardi 1er mai à partir de 12h : « Royal pique-nique » à Laval, promenade Anne d’Allègre (près de la porte Beucheresse, place Hardy de Lévaré), ouvert à tous les citoyens, en famille, avec pique-nique emporté.

 Mercredi 2 mai à 20h30 : débat télévisé Royal-Sarkozy, à Changé, salle Nymphéa.

 Jeudi 3 mai à 20h30 : réunion publique du second tour à La Chapelle-Anthenaise (près de Louverné) avec la participation de Christophe Caresche, député de Paris.                                                 

 Des initiatives seront prises, notamment avec les syndicalistes (Yannick Peltier coordonne) et les agriculteurs (Michel Sorin coordonne).

 De nouveaux tracts et affiches seront disponibles en début de semaine prochaine.

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26 avril 2007 4 26 /04 /avril /2007 17:02

 

Une offensive stratégique d’ouverture bien réfléchie

 Hier, j’insistais sur le fait que l’électorat de Bayrou est volatil et n’appartient pas à l’ex-candidat de la future ex-UDF (Bayrou est le spécialiste des changements de nom de parti). Ce sont des électeurs (dont les motivations sont fort diverses) que Ségolène Royal doit conquérir pour gagner le 6 mai.

 Le mode de scrutin, à deux tours, le veut ainsi. Chaque citoyen est placé devant un choix : Sarkozy ou Royal. Pour élire le chef de l’Etat, mais aussi pour jeter les fondements de la future majorité présidentielle qui, aussitôt en place, va se battre pour obtenir une majorité parlementaire afin de pouvoir gouverner le pays pendant cinq ans.

 Aucun des deux finalistes, l’un de droite, l’autre de gauche, n’a une majorité avec les voix qui se sont portées sur lui et les candidats qui se sont désistés en sa faveur. Sarkozy totalise 33,5% et Royal 36%.

 Sachant que les abstentionnistes du premier tour étaient peu nombreux (15%), il reste à piocher dans les 30,5% des quatre candidats qui n’ont pas annoncé la couleur (Bayrou, Le Pen, Nihous, Schivardi).

 La gauche de gouvernement est à 30,5%, ce qui n’est pas suffisant pour prétendre diriger le pays. Il en est de même pour la droite (33,5%). Celle-ci a préparé le terrain avant le premier tour afin de réduire le poids de l’extrême droite. Sarkozy peut compter sur la majorité des voix Le Pen, mais cela ne lui sera pas suffisant pour être élu, car ce qu’il va chercher du côté de l’extrême droite, il risque de le perdre du côté centriste. C’est pourquoi il se tourne vers les militants et les cadres de l’UDF et cherche à les désolidariser de leur leader, celui-ci étant irrécupérable.

 La façon dont les 18,5% de voix Bayrou vont se répartir entre la droite et la gauche est, donc, l’enjeu principal de ce second tour.

 Ségolène Royal a pris l’initiative d’un débat public avec François Bayrou. Ayant constaté les nombreux points de convergence entre les principaux thèmes développés dans le pacte présidentiel et les propos du candidat de l’UDF d’une part et, compte tenu des critiques virulentes portées par Bayrou envers Sarkozy pendant la campagne électorale d’autre part, elle a décidé de mener l’offensive avec audace et détermination.

 L’enjeu est double, vers les électeurs et vers les dirigeants de l’UDF, qu’elle oblige à se responsabiliser. Ils ont l’opportunité de prendre place dans une nouvelle configuration politique qui aurait le grand mérite de sortir la France et l’Europe des ornières dans lesquelles elles s’enlisent. A eux de se déterminer.

 Mais l’important est que le débat ait lieu, permettant aux Français de se faire une opinion de ce qui sépare et rapproche les projets Royal et Bayrou. C’est la candidate de la gauche qui en tirera les bénéfices, quelle que soit la décision de Bayrou et de ses proches. Car la cible de l’opération n’est autre que le candidat de la droite qui, par contraste, apparaîtra isolé et incapable de débattre et de rassembler.

 C’est la qualification de Ségolène Royal (elle-même due à la qualité et à la solidité de son pacte présidentiel) et le rassemblement des forces de gauche, opéré dès dimanche soir, qui rendent possible cette stratégie du débat public avec Bayrou.

 Le PS et les autres partis de gauche auraient tout à craindre de cette opération si elle n’était pas effectuée en position de force par la candidate, aussi brillante qu’efficace. Elle a bien pris soin de préciser que cette discussion se fera sur la base du pacte présidentiel, car elle tient à rappeler à Bayrou qu’il n’est pas qualifié pour la finale.

 Ne nous y trompons pas : si Ségolène Royal réussit à être élue le 6 mai, elle sera en position de force pour la suite des opérations et, si Bayrou et ses amis ne prennent pas la main tendue par la candidate de la gauche, ils risquent fort d’être laminés par une vague de fond en plein mois de juin !

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26 avril 2007 4 26 /04 /avril /2007 14:13

 

Une femme tranquille face à un homme agité

 "J'incarne une autre méthode, je fais confiance. Je n'ai aucune soif du pouvoir, mais je veux l'exercer avec une autorité juste." C’est ainsi qu’on peut résumer les déclarations de Ségolène Royal en réponse aux questions de la rédaction de France 2, hier soir.

 Son but était clair : affirmer sa différence fondamentale avec le candidat de la droite, montrer qu’elle est prête à assumer la responsabilité présidentielle et capable de rassembler les Français autour de son panache républicain et grâce à son audace politique stratégique.

 Le texte qui suit est publié par Arnaud sur le site Désirs d’avenir 86, que je recommande : http://desirsdavenir86000.over-blog.net.

 François Bayrou a "compris un certain nombre de choses".

 Interrogée sur la position de l'ex-candidat de l'UDF sur l'échiquier politique, Ségolène Royal affirme : "C'était un homme de droite mais il a bougé. Il a au cours de cette campagne compris un certain nombre de choses et de valeurs comprises dans mon pacte présidentiel". Et la députée des Deux-Sèvres d'ajouter : "Je ne cherche pas à séduire, je cherche à rassembler. Il y a des bonnes idées à prendre partout. Tendre la main à Mr Bayrou me semble une démarche responsable, respectueuse des électeurs et utile pour la France".

 Un débat télévisé avec l'ex-candidat centriste?

Alors que François Bayrou refuse un débat avec elle sans caméra, Ségolène Royal campe sur son offre d'un face-à-face, vendredi. "J’ai proposé que ce débat ait lieu devant la presse quotidienne régionale, si France 2 veut filmer ce débat, c’est d’accord", précise-t-elle, estimant qu'"il faut faire attention à la politique spectacle".

 Une "profonde misogynie".

 La présidente de la région Poitou-Charentes reconnaît avoir fait l'objet d'attaques sur ses compétences. "C’est vrai que les attaques de ce type ont été pénibles", dit-elle, en y discernant une "profonde misogynie".

 Rassembler.

 "Je veux rassembler tous les républicains de progrès qui pensent que toute décision politique doit être motivée par les valeurs humaines et pas par les valeurs financières ou boursières", souligne la candidate socialiste. 

 Un pacte immuable ?

 Malgré sa main tendue à l'UDF, Ségolène Royal assure qu'elle ne bouleversera pas son pacte présidentiel, pour autant. "Neuf millions de Français l'ont adopté, c'est un socle que je garderai", affirme-t-elle.

 Confiance dans la croissance.

 Interrogée sur l'importance de la dette, la candidate socialiste répond : "Je relance la croissance. Ce n’est pas un pari, je suis convaincue que la croissance va repartir". Pour ce faire, elle prône un nouvel équilibre entre les sécurités sociales collectives et un allègement des impôts sur les entreprises. 

Intégration.

 "Je ne veux pas lancer des bouts de solution à un problème complexe", déclare Ségolène Royal qui estime superficielle une modification de la loi sur le regroupement familial. Selon elle, imposer aux candidats à l'immigration de parler le français, comme le propose Nicolas Sarkozy, est "une façon de mal gérer les problèmes". 

 "Je souhaite, tout en m'appuyant sur la loi, faire du cas par cas pour traiter le problème des sans-papiers", précise-t-elle par ailleurs.

 Nicolas Sarkozy.

 Allusion directe à son rival de l'UMP, la candidate socialiste estime qu'il ne faut ''pas chercher à draguer je ne sais quelles voix populistes en disant 'nous allons sanctionner les chômeurs'''.  Et Ségolène Royal de sermonner : ''c'est une mauvaise façon de parler d'êtres humains. Les chômeurs recherchent un travail. Il y a, comme dans toute catégorie, des gens qui essaient d'en profiter mais pas plus chez les chômeurs que chez les autres''.

Réforme de la justice.

 Répondant à une question de Karine Duchochois, acquittée d'Outreau, la candidate socialiste entend privilégier l'indemnisation des personnes victimes d'erreur judiciaire grâce notamment au doublement du budget de la justice.

 Europe.

 Avec Romano Prodi, président du conseil italien, "nous partageons une même vision de l'Europe et de la manière dont elle doit se relever", estime Ségolène Royal, en opposant le soutien apporté par Silvio Berlusconi à Nicolas Sarkozy. Insistant sur ses divergences avec son rival de l'UMP en matière de politique européenne, elle juge que "l'Europe n'a pas intérêt à s'aligner sur les Etats-Unis".

 On peut lire aussi un résumé de l’émission de France 2 sur le site national Désirs d’avenir : http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=sinformer_actualites&actu=1691

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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 18:08

 

La clé de l’Elysée est chez Bayrou

 François Bayrou accepte de débattre avec Ségolène Royal avant le second tour de l'élection présidentielle. « Je suis un homme d'ouverture, ouvert à toute discussion de bonne foi. Ségolène Royal a proposé d'avoir avec moi un débat public et ouvert. J'accepte d'avoir ce dialogue, sans arrière-pensées, par exemple à la télévision ». Ce sont les propos qu’il a tenus lors de sa conférence de presse ce mercredi après-midi.

 L’électorat Bayrou du premier tour de l’élection présidentielle est, non seulement trois fois plus gros, mais aussi bien différent de celui du 21 avril 2002. Il est constitué de nouveaux électeurs qui ne voulaient pas choisir entre la gauche et la droite, pour diverses raisons (y compris de facilité pour les novices en politique) et, aussi, d’électeurs de gauche rétifs à la démarche et à la personnalité de Ségolène Royal, qui voyaient en Bayrou un bon moyen de battre Sarkozy au second tour (selon les sondages). Il y avait aussi les électeurs de droite que la personnalité du candidat UMP inquiète au plus haut point. En outre, cette fois-ci, les voix anti-système se sont davantage portées sur Bayrou que sur Le Pen.

 C’est donc un électorat volatil (voir à ce sujet le commentaire de Xavier Dumoulin sur http://sr07.unblog.fr ) qui n’est pas acquis à l’UDF et à Bayrou. Il ira le 6 mai au mieux disant ou au plus offrant des deux finalistes. Ségolène Royal a raison de vouloir mettre en évidence les convergences entre son pacte présidentiel et les aspirations de ces citoyens dont les motivations sont fort diverses. En fait, obnubilés par l’idée de qualifier Bayrou pour le second tour, ils ne connaissent pas réellement les propositions de ce pacte. Je suis persuadé qu’ils pourront y trouver des réponses sociales et démocratiques à leur goût.

 Voici les déclarations que Ségolène Royal a faites à Valence le 23 avril.

 Voir http://www.desirsdavenir.org/index.php  :

 "Chacun doit prendre ses responsabilités pour savoir quelle France nous allons construire. Aujourd'hui je prends les miennes et je me déclare disponible pour parler de l'avenir de la France avec tous ceux qui pendant toute cette campagne ont souhaité le changement et la rénovation politique.

 Pour faire gagner la France il faut demander une autre dimension à notre rassemblement".

 Ségolène Royal souhaite "un débat ouvert sur les idées pour construire des convergences autour d'une volonté de rénovation sans arrière-pensée et sans a priori. La France a tout à gagner à l'ouverture des idées pour sortir des blocages d'un système dépassé.

 C'est pourquoi je propose un dialogue public sur la base du pacte présidentiel portant sur la rénovation de la République, l'Etat impartial, le refus des tensions dans les villes et les quartiers, l'appel au peuple français pour la relance de l'Europe, les priorités éducative et écologique".

 .Ségolène Royal a préconisé "un débat public, en toute clarté, en toute transparence et devant tout le monde. Si François Bayrou souhaite cette main tendue et ce dialogue autour du pacte présidentiel. J'attends une réponse. A M. Bayrou de dire s'il souhaite ce débat".

Avant l’accord donné ce jour par François Bayrou cette proposition avait suscité des réactions diverses. Pour Jean-Luc Mélenchon (PS, Pour une République Sociale), dans un entretien publié sur www.lefigaro.fr  ce mercredi, "Il n'y a pas de majorité présidentielle possible avec Bayrou". C‘est du temps perdu.

 Jean Peyrelevade, conseiller économique de Bayrou, s’est exprimé dans Les Echos. Ses propos sont rapportés ce jour sur www.lemonde.fr . Ils montrent l’état d’esprit de certains cadres qui gravitent autour du président de l’UDF. J’y reviendrai demain . 

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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 12:14

 

Mettre le peuple souverain au cœur de l’action publique

 « Avec vous, nous irons jusqu’au bout », telle est la fin de la première phrase du discours, hier soir à Montpellier, de la candidate de la gauche rassemblée. Après les déclarations solennelles de Ségolène Royal à Melle dimanche soir, c’était le premier meeting de sa campagne de second tour. Je renvoie à http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=sinformer_discours&id=1679 pour prendre connaissance de l’ensemble du discours de la candidate. J’en ai extrait, ci-après, les passages les plus significatifs, de mon point de vue.

 « Je me bats pour la victoire, vous m’en donnez le courage, vous m’en donnez l’énergie, et je sais qu’avec vous, nous irons jusqu’au bout !

Et d’abord, la participation massive des Français et des Françaises au premier tour de l’élection présidentielle est une bonne nouvelle, est une excellente nouvelle. Je suis la seule candidate qui ait demandé aux Français de venir massivement voter et de ne pas s’abstenir, je suis la seule candidate qui ai conduit une campagne participative, car j’ai compris la fracture démocratique, j’ai senti que des millions de Français pensaient que la politique ne comptait plus pour rien, et même ne comptait pour rien.  

 

Alors, je veux devant vous rendre hommage à cet élan civique, à cette participation, qui prouve que les Français s’intéressent à la politique lorsque la politique s’intéresse à eux, et en particulier, j’observe que la montée de la participation a été la plus forte chez les jeunes et dans les quartiers populaires, ceux pour lesquels, finalement, il y avait, au cours de ces dernières années, les doutes les plus profonds, les souffrances les plus lourdes, les insécurités, les précarités, et ce fossé grandissant entre les responsables politiques et les citoyens au service desquels nous sommes. Et c’est pourquoi, parce que les Français ont changé, parce qu’ils sont devenus plus exigeants, parce que le monde a changé, parce que la France a changé, alors la politique doit changer, et avec moi, elle ne sera plus jamais la même.

Oui, il faut comprendre cette soif profonde de rénovation de la vie politique, cette exigence de loyauté et de morale publique. Demain, la politique que je conduirais, la France présidente, que je présiderais peut-être si les Français me font confiance, la France présidente ne fera rien sans les Français, mais tout avec eux. Et cette parole que je leur ai donnée dans cette campagne, je leur demande de la garder et de ne plus jamais la lâcher (…).  

 

Et d’abord, la France présidente, c’est la République du respect, et le respect, ça consiste d’abord, oui, à défendre la valeur travail, mais pas en donnant quelques heures supplémentaires à ceux qui en ont la possibilité, mais bien en donnant un emploi à chacun et à chacune. Notre combat, c’est celui de la France du plein emploi.

Ce combat-là, nous le gagnerons, parce que je ferai tout pour favoriser la croissance des entreprises créatrices de richesses et d’emplois, mais rien ne sera concédé sur le respect dû aux salariés, à commencer ceux qui sont aux plus bas salaires, l’emploi des jeunes, la Sécurité sociale professionnelle tout au long de la vie. Oui, je serai celle qui va réconcilier l’efficacité économique, la justice sociale, le progrès social, la sécurité au travail, la hausse des bas et des moyens salaires, et en même temps la responsabilité individuelle. Voilà le nouveau pacte social que je vais nouer avec les entreprises pour réussir une nouvelle croissance durable (…).
 
La France présidente sera aussi celle de l’excellence écologique, et nous allons relever ce défi et rattraper notre retard, parce que, à l’échelle de l’Europe, nous ne sommes pas fiers de voir comment, à chaque fois qu’il y a des enjeux écologiques, à chaque fois qu’il faut affronter le lobby de l’argent ou des gros lobbies industriels, à chaque fois qu’il faut affronter les pesanteurs, eh bien la France n’est pas au rendez-vous. Demain, avec moi, la France sera au rendez-vous du combat écologique, du défi à relever pour notre planète. Et aucune justification, aucun lobby économique ne sera fondé à nous expliquer qu’il est impossible d’agir.

La première décision sera celle concernant le moratoire des OGM en plein champ, parce que les Français ont droit à un débat écologique transparent, ils ont droit à accéder aux données scientifiques, c’est cela la démocratie participative, et ils ont droit de comprendre les enjeux énergétiques, et le débat public sur les énergies sera également immédiatement ouvert pour que ces choix soient décidés par les Français et par eux seuls.

D’ailleurs, chaque fois, dans le domaine environnemental, que le pouvoir a été confisqué aux citoyens, chaque fois, il y a eu du mensonge et des catastrophes écologiques : le mensonge sur l’amiante, sur le mensonge sur le nuage de Tchernobyl, le mensonge aujourd’hui sur les OGM.

 Demain, la République sera une République de transparence, de vérité, de confrontation des points de vue avant les décisions, car l’autorité de l'État est d’autant plus juste et ferme qu’elle s’appuie sur des délibérations populaires. Et c’est tout le sens de la République nouvelle que j’appelle de mes vœux, c’est tout le sens de la démocratie participative qui fera son entrée dans la Constitution avec le référendum d’initiative populaire, avec les jurys citoyens, avec l’interdiction du cumul des mandats, avec la suppression du 49.3 (…).
 

 Je vous propose de mettre le peuple souverain au cœur de l’action publique, notamment aux fins d’assurer sa représentation équitable dans sa diversité au Parlement. La démocratie doit devenir notre vie politique au quotidien. Et je veux une France qui revienne à la table de l'Europe, avec une Europe qui se relève, une Europe sociale, une Europe qui se protège, une Europe dont l’objectif est de tenir sa place dans toutes les actions de paix à l’échelle de la planète, et dont l’une des premières priorités sera aussi de redéfinir, de réformer les actions de co-développement pour réduire les écarts entre l’Europe et le continent africain. Voilà notre objectif !

Ces valeurs de paix civile et d’harmonie sociale sont communes, j’en suis sûre, à une majorité de Français et de Françaises. Alors j’appelle toutes celles et tous ceux qui partagent ces valeurs, quelle que soit la diversité de leurs sensibilités à converger pour les soutenir et pour se rassembler majoritairement autour du pacte présidentiel (…).

 Je remercie du fond du cœur tous les candidats de la gauche et des écologistes qui, sans tarder, ont appelé à se rassembler sur mon nom, avec une pensée particulière, si vous le permettez, pour Arlette Laguiller qui, pour la première fois, a franchi le pas. Mais je remercie, bien évidemment, aussi tous les autres : Marie-George Buffet, José Bové, Dominique Voynet, Olivier Besancenot, et je leur dis que leurs idées et que leur idéal ne seront pas oubliés dans le pacte présidentiel.

Je veux dire, pour élargir ce rassemblement, et pour lui donner toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, je veux dire à toutes celles et tous ceux qui ont souligné, pendant cette campagne, les dangers que représenterait pour la France une droite dure, une droite dure pour les modestes, mais généreuse pour les plus aisés et pour les plus riches, à tous ceux-là, je veux leur dire, à tous ceux qui pensent que les valeurs humaines doivent toujours l’emporter sur les valeurs boursières, à toutes celles et ceux qui pensent que, pour que la France avance, elle a besoin d’un Etat impartial et garant des libertés publiques, à toutes celles et tous ceux qui ont la conviction que l’on ne doit pas se laisser s’installer les violences et les fractures dans nos quartiers, à tous ceux qui pensent que la réforme se fait d’abord par le respect, à tous ceux qui pensent que l’on peut réformer en profondeur notre pays sans le brutaliser, à tous ceux-là, je dis que le 6 mai, le choix est clair.

Il y a désormais deux voies possibles, et ce débat démocratique, il est aujourd’hui porté à son plus haut niveau : il y a la voie de la division et celle de la réconciliation, que je veux incarner.

Il y a, d’un côté, la voie de la brutalité, et de l’autre celle du dialogue et de la concertation que je vous propose. Il y a, d’un côté, la voie du chacun pour soi, de la concurrence et de l’expérimentation sauvage, ou celle de la solidarité et de la réforme dans le calme.

Nous aurons le choix, en clair, entre reconduire la majorité sortante, son candidat, ses méthodes, son incitation brouillonne, ses échecs répétés sur tous les fronts : de l’emploi, de l’éducation, de la santé, de la sécurité et de l’ordre public, et j’en passe, ou bien essayer autre chose et changer de politique, et c’est à cela que je vous invite.

Bref, il y a le choix, d’un côté, entre le candidat soutenu par Berlusconi, et de l’autre, la candidate soutenue par Zapatero (…).

 Je veux rendre à la France la fierté de son histoire et de son action collective, je veux rendre à la France sa place, toute sa place au sein et au cœur de l’Europe, d’une Europe sociale qui luttera contre les délocalisations et qui se battra pour le progrès humain de tous ses habitants.

Je veux construire avec vous, c’est mon désir le plus cher, une France que l’on entende mieux et davantage face aux extrémismes, aux fanatismes qui prennent en otage des régions entières de la planète. Je veux une France qui, s’écartant de la tentation de repli, renoue avec l’idéal de la République, l’idéal des Lumières, l’idéal des droits de l’homme et de la femme, l’idéal de la citoyenneté et qui en fait sa force et sa beauté. Voilà à quoi je vous invite !

Venez, hommes et femmes de France, nous avons un grand destin à faire accomplir à notre beau pays. Venez, jeunes de France et forces vives d’une des plus belles nations du monde, rassemblons-nous, rassemblez-vous. Venez, serrons-nous les coudes ensemble, nous allons rendre le sourire à ce pays, ensemble, nous allons conjurer les mauvais démons de la mélancolie et du déclin, ensemble, nous allons reprendre confiance dans notre avenir, mais pas l’avenir pour quelques-uns, l’avenir au service du plus grand nombre.

Avec nous, ceux qui trébuchent vont pouvoir se relever, avec nous, ceux qui doutent vont pouvoir reprendre confiance, et notre responsabilité sera surtout de ne pas les décevoir, avec nous, tous ceux qui ont des projets pourront les réaliser, avec nous, aucun talent ne sera gaspillé, avec nous, la France sera forte et fière de toutes ses diversités, avec ces Français de toutes origines, avec tous ses quartiers, avec toutes ses régions, avec toutes les générations que j’appelle aujourd’hui à bâtir un devenir commun.

Construisons ensemble la maison France, forte de ses valeurs, appuyée sur ses certitudes, celles qui nous font progresser, celles qui rendent cohérente l’action politique au quotidien entre des familles accueillantes à tous les enfants qui ont les moyens de les éduquer, une école qui assure la garantie républicaine de l’égalité, de la réussite scolaire, un travail donné à tous, et en particulier à ceux qui souffrent des discriminations, et en particulier le combat sur l’égalité entre les hommes et les femmes sera dans la République, parce que, lorsque l’égalité progresse, lorsque la justice avance, cela ne se fait pas pour les uns aux dépens des autres, mais c’est tout le monde qui grandit ensemble. C’est cela le sens du message que je veux vous délivrer ce soir ».

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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 22:23

 

Un choix clair entre deux orientations différentes

 Après avoir pris connaissance des résultats du premier tour de l’élection présidentielle à Melle où elle est la députée des Deux-Sèvres, Ségolène Royal a préparé une déclaration solennelle sous la forme d’un appel aux Français l’engageant pour le second tour. Voici ce texte qui peut être lu sur http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=sinformer_actualites&actu=1655 .

 Appel de Ségolène Royal

  « Français, Françaises, mes chers compatriotes, à vous qui m'avez apporté si nombreux vos suffrages, aujourd'hui, je vous exprime ma joie et ma profonde gratitude.

Un élan civique s'est levé, la très forte participation, que j'avais appelé de mes vœux, est là. Je mesure la responsabilité éminente et qui m'honore, que vous me confiez ce soir.

Je n'en tire aucune gloire personnelle, vous me donnez une responsabilité majeure, celle de porter le combat du changement pour que la France se relève.

Pour que la France se relève, qu’elle retrouve son optimisme et qu'elle fasse le choix de l'audace et de la sérénité, une nouvelle campagne s'ouvre. Dans 15 jours, la France va choisir son destin et son visage.

Je lance un appel à toutes celles et ceux qui veulent que la France fasse triompher la République du respect parce que nous savons qu'il n'y a pas de liberté sans justice, qu'il n'y a pas d'efficacité économique sans progrès social. Nous aurons le 6 mai prochain un choix clair entre 2 voies très différentes.

Et je tends la main à toutes celles et ceux qui pensent, comme moi, qu'il est non seulement possible mais urgent de quitter un système qui ne marche plus.

Mes chers compatriotes, je vous invite à inventer une France neuve à la fois protectrice et dynamique, une France a la fois fraternelle et conquérante et qui permet à chacun de construire et de réussir sa vie.

J'appelle ce soir au rassemblement de toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans les valeurs du pacte présidentiel, et qui pensent que l'on peut réformer la France sans la brutaliser, qui veulent faire triompher toujours les valeurs humaines sur les valeurs boursières, qui veulent mettre fin aux insécurités et aux précarités qui se sont douloureusement creusées au cours de ces dernières années, qui veulent faire reculer toutes les formes de violence grâce a un ordre juste et à de nouvelles sécurités durables.

Je continue à faire le pari de l'intelligence des Français et je refuse de cultiver les peurs. Il s'agit de mettre la priorité sur l'éducation, de consolider les familles, d'épauler les personnes les plus fragiles, notamment nos anciens et les personnes en situation de handicap dont les conditions de vie se sont gravement détériorées au cours de ces cinq dernières années.

J'entends instaurer des règles justes dans la mondialisation, maintenir en France nos centres de décision et notre tissu industriel, refuser la régression sociale qu'entraînerait l'abandon à un libéralisme effréné.

Nous ferons de l'emploi tous ensemble notre combat principal et nous le gagnerons avec des entreprises performantes et conquérantes, qui respectent les salariés grâce à une démocratie sociale rénovée.

Je comprends la déception de toutes celles et ceux dont le ou la candidate n'est pas au second tour. Mais je voudrais leur dire ceci : Je serai la présidente garante d'un Etat impartial.

Car vous le savez, je suis une femme libre comme vous êtes un peuple libre.

Je ne suis l'otage d'aucun clan, d'aucun groupe de pression, d'aucune puissance financière.

Nous sommes nombreux et nombreuses aujourd'hui, au delà de notre vote du premier tour, à ne pas vouloir d'une France dominée par la loi du plus fort ou du plus brutal, et verrouillée par les puissances de l'argent, où tous les pouvoirs sont concentrés entre peu de mains, toujours les mêmes.

Avec moi, je vous propose de choisir une démocratie ou l'on respire librement avec un parlement qui délibère et contrôle, un gouvernement qui a des résultats et qui rend des comptes un Etat sans gaspillage, une justice indépendante des médias pluralistes et des libertés publiques garanties.

Oui, je veux une République refondée et non garrottée, un Etat exerçant une autorité juste et ferme, des régions dynamiques, des services publics modernisés et performants avec des citoyens libres, éduqués par notre école, conscients de leurs droits comme de leurs devoirs.

Si vous me confiez la charge de présidente de la République, j'aurais à cœur de défendre les intérêts de la France en Europe et dans le monde

Le patriotisme républicain trouvera tout son sens dans la construction d'une Europe socialement et économiquement redressée et capable de peser, dans un mode multipolaire.

Les Français seront appelés à se prononcer par référendum sur le nouveau traité européen, celui ci ne se fera pas à leur insu.

Cette Europe sera au service de la paix, elle œuvrera au dialogue des cultures, au co-développement avec les pays du sud et à la préservation des équilibres de la vie sur la planète.

Avec vous, je vais rendre à la France la fierté de son histoire qui renoue avec ses valeurs universelles car, quand la France rencontre une grande idée, elles font ensemble le tour du monde.

Je veux une France qui renoue avec l'idéal de la République des lumières, les droits de l'homme et de la femme et de la citoyenneté, qui ont su faire sa force et sa beauté. Venez, hommes et femmes de France de tous âges, de tous milieux, de tous territoires et de toutes origines ; venez, forces vives de notre belle nation ; venez, serrons-nous les coudes, ensemble nous allons rendre le sourire à notre pays. Ensemble, nous allons conjurer les mauvais démons de la déprime et du déclin.

Chers compatriotes, rassemblons-nous ; ce sont nos idées, notre idéal, qui vont gagner car ils sont au service de la France et des Français, de la paix civile et de l'harmonie sociale.

J'appelle toutes les énergies et l'espérance à se mettre en mouvement pour une France victorieuse, une France présidente, fière d'elle même pour que les Français s'aiment en elle.

Notre victoire est possible, car l'audace et la générosité sont là ; c'est une question de volonté et de cohérence, je les ai. J'ai besoin de vous parce que la France a besoin de vous

Vive la République, vive la France ! »

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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 21:29

 

La France réconciliée avec l'élection présidentielle 

 Ségolène Royal est qualifiée pour le second tour, après avoir réalisé une très bonne campagne. C’est le fait le plus important qui efface la contre-performance catastrophique du PS le 21 avril 2002.

 Depuis sa candidature à la candidature jusqu’à la fin de la campagne de premier tour, elle a constamment innové par rapport au Parti socialiste en évoquant des thèmes comme la Nation, la République, l’Europe, la sécurité, la revalorisation du travail et de la responsabilité individuelle, en sollicitant la participation active des citoyens dans la vie publique.

 Il est vrai qu’au début, il y a eu du tangage au sein de son parti, notamment parmi les dirigeants, mais cette sortie des sentiers battus, ajoutée à ses qualités personnelles qui sont sous-estimées par beaucoup, a fortement contribué au résultat mitterrandien obtenu par Ségolène Royal hier.

 Le second fait majeur de ce premier tour est le transfert d’une partie des voix Le Pen vers le candidat de l’UMP, sous l’effet de la droitisation du discours de Sarkozy en fin de campagne. Mais ce qui était bon pour le premier tour peut se révéler être un handicap au second, s’agissant maintenant d’attirer l’électorat du centre.

 Le troisième point fort de ce scrutin est la très importante participation électorale, qui montre la volonté des Français de s’impliquer dans le choix de leur représentation publique nationale au plus haut niveau. C’est l’indice du renouveau d’intérêt des citoyens pour la politique.

 Comme l’indiquait, hier soir, Xavier Dumoulin sur son blog http://sr07.unblog.fr « Ségolène Royal  porte à présent les couleurs de toute la gauche. Au delà même de l'électorat des candidats de la gauche, la bataille autour du pacte présidentiel permettra dans les prochains jours de convaincre ceux qui ne l'ont pas été, dès le premier tour, de la pertinence des cent propositions pour répondre aux aspirations des françaises et des français. Nous devons être confiants et agir pour la victoire de la France présidente. Cette victoire est possible parce qu'elle est la seule réponse au besoin de changement auquel aspirent nos compatriotes ».

  Ce matin, sur ce même blog, on pouvait lire les résultats définitifs du premier tour de l'élection présidentielle du 22 avril 2007 pour la métropole et l’outre-mer (sans les votes des quelque 820.000 Français de l'étranger), tels qu’ils ont été communiqués par le ministère de l’Intérieur.

Inscrits : 43.651.588 - Votants : 36.928.728 - Exprimés : 36.395.657 - Abstention : 15,40%

 Olivier Besancenot : 1.494.391 - 4,11% ; Marie-George Buffet : 705.456 - 1,94% ; Gérard Schivardi : 123.242 - 0,34% ; François Bayrou : 6.750.019 - 18,55% ; José Bové : 479.114 - 1,32% ; Dominique Voynet : 570.246 - 1,57% ; Philippe de Villiers : 815.781 - 2,24% ; Ségolène Royal : 9.402.841 - 25,84% ; Frédéric Nihous : 420.097 - 1,15% ; Jean-Marie Le Pen : 3.824.299 - 10,51% ; Arlette Laguiller : 486.467 - 1,34% ; Nicolas Sarkozy : 11.323.704 - 31,11%. 

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21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 17:57

 

Vers une bipolarisation gauche-droite au 2ème tour

 Je lis dans Le Monde, daté du 21 avril, les tendances qui se dégagent des sondages réalisés et publiés durant cette dernière semaine de campagne.

 En moyenne, le candidat de l’UMP obtient 28% (pas de changement par rapport aux sondages début avril). La candidate du PS est à 24% (+1% par rapport à début avril). Le candidat de l’UDF est à 18% (-2% par rapport à début avril) et celui du FN à 15% (+1%).

Il reste une forte proportion d’indécis, y compris parmi les sondés qui annoncent leurs préférences. Ils seront nombreux à se déterminer au dernier moment, mais aussi très nombreux à se rendre aux bureaux de vote, ce qui est positif.

 Tout est donc encore possible. Toutefois, il existe des probabilités. D’abord, contrairement au 21 avril 2002, aucun des quatre candidats en position d’être qualifiés pour le second tour ne semble sur une voie vraiment ascendante ou descendante (cas de Le Pen et Jospin en 2002).

 Par contre, il y a des couples de candidats qui ont tendance à s’échanger des électeurs indécis (Sarkozy - Le Pen et Royal – Bayrou).

  D’autre part, les électeurs pensent au second tour et les plus stratèges vont voter demain selon leurs préférences de second tour. Bien sûr, comme toujours, certains votent pour un candidat dans le but d’en éliminer un autre (ou pour faire exploser son parti). Complexe !

 Ce qui semble émerger de ces sondages, c’est la probabilité que Sarkozy et Royal soient au second tour. Ils devraient logiquement bénéficier de l’effet 21 avril 2002 qui poussera les électrices et les électeurs de droite et de gauche à assurer leur présence le 6 mai.

 Le second élément, c’est la tendance favorable depuis début avril qui concerne Royal. Ce qui pourrait l’amener à prendre la première place au détriment de Sarkozy, si celui-ci venait à dévisser... Mais cela n’a pas valeur de pronostic.

 Il faut souligner que les candidats ont fourni de belles prestations pendant cette campagne de premier tour et que la participation des citoyens dans les réunions électorales a été très forte.

 A coup sûr, l’influence du résultat des votes du 21 avril 2002 et du 29 mai 2005 s’est fait sentir.

 En fait, le clivage droite-gauche, qui était brouillé en 2002 sous l’effet de la poussée libérale, est en train de revenir en force, mais en intégrant davantage la lutte contre le néo-libéralisme et la réaffirmation des principes et des valeurs de la République.

 C’est justement ce que je disais et écrivais lors de la campagne présidentielle 2002, mais qui n’intéressait qu’un petit nombre de citoyens. Il y cinq ans, Jean-Pierre Chevènement était candidat parce que ses idées étaient rejetées par le candidat socialiste, premier ministre.

 Cette fois-ci, Ségolène Royal a souhaité que ces mêmes idées de Jean-Pierre Chevènement soient prises en compte par le PS et par elle-même dans son pacte présidentiel. La différence est de taille. Il reste à espérer que, demain soir, on verra aussi la différence...

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20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 18:44

 

Confronter les projets, les valeurs, les idées

 Un résumé des propos de Ségolène Royal ce matin sur France Inter est à lire sur http://www.desirsdavenir.org/index.php . Mutation de la gauche, nouveau compromis social dans l’entreprise, approche globale des questions politiques, ont été les principaux points traités.

 Sarkozy parle sans arrêt de lui…

Interrogée sur les propos de Nicolas Sarkozy qui trouve la campagne difficile, Ségolène Royal répond : « Ecoutez, si on pense que ces échéances sont dures, si on est là pour se plaindre, il ne faut pas s’y engager, c’est quand même assez curieux de la part du candidat de l’UMP de s’engager dans une échéance comme celle-ci où chacun connaît les épreuves, ensuite de s’en plaindre. Moi, je ne parle pas de moi. Je suis étonnée de voir à quel point Nicolas Sarkozy parle sans arrêt de lui.

 Ce qui concerne les Français c’est leur avenir, c’est comment on va régler les problèmes d’urgence qui sont graves en France, la question de la dette, du chômage, des bas salaires. J’ai rencontré hier les syndicalistes d’Airbus, ils n’ont toujours pas de réponse à leur demande, je leur ai dit que le plan de suppression d’emploi serait suspendu si je suis élue, nous remettrions l’ensemble des choses à plat, surtout après avoir découvert le scandale du pactole avec lequel monsieur Forgeard est parti.

 Ils sont très inquiets, c’est des familles, 10 000 familles déstabilisées après l’annonce de 10 000 suppressions d’emplois, des sous-traitants qui souffrent. C’est ça qui me touche et ce sont les cicatrices des autres et certainement pas les miennes. »

Concilier la liberté individuelle, les protections sociales et l’efficacité économique 

Elle évoque la mutation nécessaire de la gauche française : « nous sommes en train de muter, je pense que j’ai aidé la gauche à accélérer cette mutation au cours de cette campagne, d’abord en faisant une campagne différente et en imposant la démocratie participative au Parti socialiste, qui ensuite s’en est trouvé très heureux parce que quand les animateurs de débats se sont retrouvés dans des salles qui à nouveau se remplissaient, ils ont compris qu’il fallait que la politique change et que cette phase d’écoute était très importante et que les citoyens attendaient d’être associés aux décisions qui les concernent. Et pour moi, c’était une façon, après avoir mûrement réfléchi, de lutter contre le 21 avril bis, c’est-à-dire de faire en sorte que les gens aient à nouveau envie de venir voter parce qu’on les aura pris en considération. Je pense que cette phase a été réussie.

 Ensuite, l’autre mutation c’est de concilier la liberté individuelle, les protections sociales garanties et l’efficacité économique. On a souvent opposé à gauche la protection sociale et l’efficacité économique, l’un jouant contre l’autre, je pense aujourd’hui que face aux difficultés que la France rencontre ce sont ces idées de gauche qui correspondent aujourd’hui à ce dont la France a besoin, des idées neuves, celles du 21e siècle, c’est-à-dire qui n’opposent les uns aux autres. »

«
Le nouveau système que je propose, qui a été expérimenté ailleurs et qui a réussi, c’est de sécuriser les salariés et donc parce qu’ils sont sécurisés ils vont accepter dans le cadre d’un dialogue social bien construit et bien anticipé, ils vont accepter une mutation de l’entreprise grâce à la Sécurité Sociale professionnelle, au maintien du salaire, même lorsque que l’entreprise est obligée de supprimer des emplois en attendant d’en retrouver ou de reconstruire d’autres, ou pour le salarié d’être accompagné individuellement pour trouver une nouvelle activité.

 Voilà le nouvel équilibre, le nouveau compromis social que je propose, et j’ai rencontré l’ensemble des organisations syndicales et patronales du pays, et donc si je suis élue je serai immédiatement prête et le gouvernement aura sa feuille de route pour tout de suite mettre en place ce dispositif. »

La politique a changé en profondeur … 

« Je pense que la politique a changé en profondeur, ce que vous venez de dire le prouve. Il y a un certain nombre de Français qui se situent ni à droite, ni à gauche, c’est ce filon qu’a exploité François Bayrou tout en restant lui aussi dans une espèce de flou et en restant le patron de l’UDF d’ailleurs, et sans dire très clairement ce qu’il ferait entre les deux tours, donc il est assis entre deux chaises. »

« Il faut repenser la dynamique politique et reconquérir ce vote, d’abord en réinstallant les clivages mais pas au sens artificiel ou dogmatique du mot, mais les clivages au sens de confrontation des projets, des valeurs et des idées. C’est d’ailleurs ce qui est en train de se faire. Et là, on voit très clairement se dessiner deux modèles de société, moi je pense qu’on peut réformer la société française sans la brutaliser, je pense qu’il ne faut pas en rabattre sur les solidarités fondamentales, certainement pas procéder au déremboursement que propose le candidat de l’UMP, puisqu’il propose maintenant des franchises médicales, c’est-à-dire qu’il opposera les Français qui auront les moyens de se faire soigner et puis ceux qui pourront se payer des assurances privées pour s’assurer l’accès aux soins ou l’accès à la retraite. »

Une approche globale des problèmes de société

 La France « a besoin d’un chef d’Etat, d’un chef d’Etat mais qui regarde les choses différemment et surtout qui a compris que tout se tenait, que tout se tenait, et cette approche globale, peut-être je ne sais pas si elle est féminine, en tout cas j’assume, moi, ma part de féminité, comme dans chaque personne humaine, homme ou femme, il y a une part de masculinité, une part de féminité, donc forcément la part de féminité l’emporte.

 C’est peut-être ce qui m’aide à comprendre cette approche globale où tout se tient, il n’y a pas des, comment dirais-je, des lieux politiques disjoints les uns des autres mais si l’on sait par exemple bien faire fonctionner la famille au bon moment, on sait que les enfants réussissent mieux à l’école, donc, famille/école ; s’ils travaillent bien à l’école, ils trouvent du travail, donc école/famille/travail/emploi, tout se tient.

 Je pense aussi que notre avenir national dépend de la façon dont nous réussirons à réduire les écarts entre pays riches et pays pauvres, nous ne nous sauverons pas tout seul. Donc, cette approche globalisante des problèmes de société, des solutions à trouver, est aujourd’hui un regard et une méthode qui sont nécessaires pour résoudre rapidement les problèmes qui se posent au pays ». 

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