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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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31 mars 2007 6 31 /03 /mars /2007 18:30

 

Une femme libre et créative, volontaire et réactive

 A trois semaines de l’échéance, Ségolène Royal a ressenti le besoin d’innover en lançant un nouveau projet de contrat pour les jeunes qui sortent à 16 ans du système scolaire. Elle précise son approche originale de la politique sociale et il est clair que, proche du but, elle va insister sur ce qui la différencie à la fois de la droite et du centre, afin de solliciter l’électorat de gauche et faire sortir de leur tanière les sceptiques de la politique qui ont tendance à penser que tout se vaut et que le vote est sans enjeu réel.

 Ci-après, deux articles de presse, l’un d’une femme, Myriam Lévy, dans Le Figaro (31 mars) qui accompagne la candidate dans sa campagne et écrit à chaud, l’autre d’un homme, Renaud Dely, dans Libération (28 mars) qui commente la démarche de la candidate et analyse à froid ses orientations.

 D’abord, un extrait de l’article de Myriam Lévy.

 « Ségolène Royal revient sur le terrain social »

 « La candidate a proposé un nouveau contrat aidé pour les jeunes non qualifiés dans l'artisanat et le petit commerce.  

CE SERA le « contrat première chance ». Par opposition, bien sûr au contrat première embauche, le CPE tant décrié par la gauche, auquel Jacques Chirac renonçait il y a un an jour pour jour, le 31 mars 2006.

 Hier, Royal fêtait cet enterrement à Clermont-Ferrand, en tenant meeting dans un lieu pour jeunes : le B Box, plus grande boîte de nuit monosalle d'Europe, qui peut accueillir 3 500 personnes.

 Mais c'est dans la petite salle des fêtes de la mairie de Guéret qu'elle a énoncé sa proposition de nouveau contrat aidé pour les jeunes sans qualification. Une façon aussi, pour elle, de s'échapper du débat sur la sécurité. Un contrat qui s'ajoute aux 500 000 emplois-tremplins de six mois pour les jeunes qualifiés - qu'elle a déjà prévu de créer dans les entreprises et les associations. Le « contrat première chance », une expression employée par l'entourage de la candidate, concernera les entreprises de l'artisanat et du commerce, c'est-à-dire les très petites entreprises (TPE, moins de dix salariés).

 « Il y a, d'un côté, 500 000 offres d'emploi » qui ne trouvent pas preneur dans le commerce et de l'artisanat (bâtiment, restauration, ­ser­vice...) « et de l'autre, 190 000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans qualification. » Pendant un an, ces jeunes seront payés à un niveau qui sera « à négocier localement », salaires et charges étant pris en charge par l'État et les régions, qui piloteront l'expérience et apporteront un appui en formation, notamment sous la forme de tutorat.

 Plaidoyer pour le service public

 Royal se réclame du parrainage de Jacques Delors, et de sa proposition de « Chantier national pour les jeunes sans qualification ». « En contrepartie, je demanderai aux artisans et aux commerçants de respecter ces jeunes, de ne pas leur confier que des tâches d'exécution, car ils sont parfois découragés par les tâches qu'on leur donne » et, « si le jeune fait ses preuves, qu'on peut lui faire confiance, je demanderai à l'artisan de le recruter sur un emploi stable et durable », dit-elle, sans pouvoir préciser comment elle fera » (…).

 

Renaud Dely accompagne son titre du commentaire suivant « Ségolène Royal prône le social «sur mesure» et s'émancipe des dogmes socialistes ».

 « Le discours d'une autre méthode »

 « A moins de trois semaines de l'échéance, Ségolène Royal garde son cap mais accélère. Elle tente de donner le rythme de la fin de campagne. A l'automne, c'est parce qu'elle assurait le tempo des débats qu'elle avait pris l'ascendant sur Nicolas Sarkozy. L'ex-ministre de l'Intérieur a repris la main à compter du congrès de l'UMP, mi-janvier. Puis, la frénésie Bayrou est venue perturber la joute élyséenne. Cette fièvre centriste quelque peu retombée, Ségolène Royal cherche à la fois la bonne distance vis-à-vis de son camp et la bonne hauteur de vue par rapport aux Français pour conforter sa dimension présidentielle.

 C'est cette démarche qu'elle s'efforce de mettre en oeuvre tout au long de l'entretien qu'elle a accordé hier à Libération.  «L'identité» républicaine contre le «nationalisme» de la droite, «l'unité nationale» opposée au «communautarisme» d'un Nicolas Sarkozy «dangereux» parce que porteur de troubles dans les banlieues : Ségolène Royal met l'accent sur les valeurs et se veut candidate des sécurités, de toutes les sécurités, qu'elles soient sociale, civile, policière, etc.

 Cultivant son credo de «l'ordre juste», la présidente de la région Poitou-Charentes se penche en priorité sur le sort des classes populaires dont elle sait le rôle décisif pour l'issue du scrutin. Une leçon de plus du 21 avril 2002, la campagne de Lionel Jospin étant érigée en antimodèle dans tous les domaines.

 Pour reconquérir ces catégories défavorisées qui avaient fait défaut à l'ancien Premier ministre, Ségolène Royal avance des solutions qui se veulent synthèse de la première et de la deuxième gauche, et respectueuses d'une négociation sociale qu'elle rêve appuyée sur un «syndicalisme de masse». Surtout, elle plaide pour une nouvelle méthode, celle d'une politique sociale qui fait du «sur mesure» pour recoudre les fractures d'une société émiettée au sortir de douze ans de chiraquisme, un bilan dont elle veut faire supporter le fardeau au candidat de l'UMP.

 Pas de trace de «nous», du PS et de ses éléphants, c'est une femme à la fois seule, «libre» et «responsable» qui s'exprime pour nouer un lien direct avec les Français. L'attitude n'est pas sans s'inspirer de la tradition plébiscitaire gaullienne. Elle la conduit à s'émanciper des dogmes socialistes. Foin de ce qu'elle considère comme des «tabous» de la gauche, Royal refuse, presque par réflexe, de se plier à l'orthodoxie du PS sur l'école, le travail ou l'entreprise. A coups d'études d'opinion, elle s'est convaincue qu'elle a tout à gagner à décoiffer les siens. Car elle reste certaine de les retrouver au second tour contre Sarkozy.

 Pour rassembler large face à l'épouvantail de l'UMP, Royal cultive donc une «force tranquille» toute mitterrandienne testée lors des coups de vent traversés par sa campagne. Lors de la compétition interne, elle avait habilement joué de la victimisation pour surligner les critiques de Strauss-Kahn et Fabius.

 Là encore, elle pense avoir trop encaissé, enduré, subi de chausse-trapes et de moqueries pour ne pas espérer un ultime mouvement de sympathie en sa faveur. A ce titre, l'abjuration d'Eric Besson fait figure de cas d'école et semble trop grosse pour être parfaitement honnête. Voilà l'ex-dirigeant PS rallié à Nicolas Sarkozy pour faire barrage à la candidate du parti qui l'a fait élire député : un signe de plus qu'au moment du sprint, tous les moyens sont bons à la droite pour faire barrage à Royal ».

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28 mars 2007 3 28 /03 /mars /2007 11:51

 

La culture, une force émancipatrice qui doit être partout

 Lundi, à Nantes, c’était le jour de la culture dans le programme de campagne de Ségolène Royal. En fait, elle n’a pas voulu développer l’ensemble de son programme culturel (elle renvoie aux quatre pages d’entretien dans les Inrockuptibles, 13 mars). J’emprunte le compte rendu de cette séquence de la campagne au blog http://desirsdavenir86000.over-blog.net 

 "Je veux que la culture soit partout", a-t-elle lancé dans la grande salle du Lieu unique, "symbole des combats ouvriers contre la fermeture de l'usine (Lu)". "Je ne veux pas que la culture soit considérée seulement comme un ministère".

 Elle commence donc par évoquer le "réchauffement planétaire" ou la question de "l'eau potable", avant d'enchaîner sur "l'investissement culturel, le plus formidable outil de lutte contre l'échec scolaire", en rappelant qu'"un jeune mineur incarcéré ne maîtrise que quatre cents mots, dix fois moins qu'un élève de CP".

 La culture comme "lien social", comme "force émancipatrice" et comme "accompagnement des dégâts sociaux".

 L'occasion, aussi, d'effleurer à nouveau le thème de l'identité : "Je veux une France suffisamment assurée de son identité culturelle pour qu'elle retrouve le risque de la créativité".

 Le maire (PS) de Nantes, Jean-Marc Ayrault, lui, assurait : "Grâce à la diversité, nous n'avons pas peur d'être français".

 Mme Royal a délaissé les notes d'experts, les 21 pages sur le spectacle vivant et les deux discours qui lui avaient été préparés, au grand dam des professionnels qui planchaient depuis des semaines. Ce qui n'empêche pas la candidate de vouloir ranimer "le souffle culturel du 10 mai 1981 avec François Mitterrand"... malgré l'absence de Jack Lang.

Son programme tient en dix points, dont un plan sur cinq ans en faveur du spectacle vivant ; la réduction de "la fracture numérique" ; une politique de soutien des librairies indépendantes ; un système "équitable" pour les intermittents du spectacle ou la généralisation des résidences d'artistes en établissements scolaires ».

 Les dix propositions de Ségolène Royal pour la culture

1/ Permettre à chaque élève d’avoir accès à l’histoire des arts, aux pratiques culturelles et à l’éducation à l’image, aussi bien à l’école, qu’au collège et au lycée.

2/ Réduire ce que l’on appelle la fracture numérique en permettant à chacun d’accéder à Internet, dans les lieux publics notamment. Protéger les auteurs à l’heure du numérique en défendant leurs droits et en organisant une véritable concertation sur l’avenir du droit d’auteur à l’ère d’Internet.

3/ Soutenir le spectacle vivant par un plan sur 5 ans en réorganisant le système des aides publiques et en clarifiant les responsabilités de chacun. Pérenniser un système équitable de soutien aux intermittents du spectacle par la défense des métiers artistiques et techniques du spectacle.

4/ Soutien massif aux PME innovantes dans le domaine culturel et les médias : un crédit d’impôt pour soutenir l’emploi dans les entreprises culturelles qui développent des nouveaux talents ; renforcer les fonds propres des producteurs artistiques indépendants, par des mécanismes analogues à ceux des SOFICA.

5/ Défendre le Livre, fondement essentiel de la culture, par une politique de soutien renouvelée à la lecture, par la défense de la librairie indépendante (extension de la loi Sueur pour le cinémas d’art et essai aux librairies de proximité) et par une politique ambitieuse de numérisation.

6/ Réactiver le marché de l’art contemporain, notamment par des mesures fiscales adaptées et développer une politique d’ouverture d’ateliers sur tout le territoire pour encourager l’accueil et la résidence des artistes.

7/ Lancer un plan de sauvegarde du patrimoine historique, industriel et monumental mis à mal ces dernières années.

8/ Promouvoir la langue française dans le monde car elle a une histoire et une géographie, en renforçant les lieux de son expression et en réorientant notre système d’interventions culturelles à l’étranger.

9/ Garantir la pérennité des systèmes d’aides au cinéma en protégeant tout particulièrement le cinéma indépendant et en facilitant sa diffusion dans les salles.

Donner la capacité aux collectivités locales d’investir au cœur des villes pour préserver et défendre les cinémas d’art et essai.

10/ Assurer un véritable pluralisme de l’audiovisuel et de la presse qui passe par de nouvelles règles anti-concentration, par une refonte des systèmes d’aides, par une nouvelle autorité de régulation de l’audiovisuel et par la refonte d’un système fort indépendant, correctement financé, qui assure ses missions de soutien à la création et à la promotion de la culture.

               
http://www.segoleneroyal2007.net 

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26 mars 2007 1 26 /03 /mars /2007 16:15

 

Les symboles de la France républicaine

 Cette élection présidentielle ne ressemble à aucune autre. Il y a de la nouveauté dans l’air et ce n’est pas un hasard si elle suscite un grand intérêt hors de nos frontières. Pour la première fois, une femme est en position d’être élue. Et pas n’importe quelle femme !

 Trois hommes peuvent en témoigner : ceux qui interrogeaient hier soir Ségolène Royal dans le cadre de l’émission « Le grand jury RTL » et voulaient la passer à la moulinette de leurs questions insidieuses, qu’elle jugeait hors sujet. Elle a contre-attaqué ainsi :

 « Messieurs, nous sommes dans une élection présidentielle. Alors, ce qui s'est passé il y a quelques semaines ou quelques mois à l'intérieur des organisations politiques, c'est sans doute très intéressant, mais cela fait déjà partie de l'histoire, et, si vous le permettez, je préfère que nous écrivions l'histoire du temps présent »(…). « Si vous me posez ces questions, c'est que vous avez une vision un peu dépassée de la politique ! »

 La nation oui, le nationalisme non

Les déclarations de la candidate à propos de la Marseillaise ont été suivies de nombreuses réactions. Elle a été amenée à préciser son point de vue. Voici un extrait de l’article (signé Myriam Lévy, Le Figaro, 26 mars) que j’emprunte à Xavier Dumoulin sur son blog aujourd’hui (http://sr07.unblog.fr  « Royal défend la nation contre le nationalisme »).

 « Hier, on l'attendait surtout sur son éloge de la nation, de La Marseillaise et du drapeau français - elle souhaite que toutes les familles possèdent un drapeau et l'arborent à leur fenêtre le 14 Juillet.

La candidate PS (…) a opposé sa conception à celle de Nicolas Sarkozy. Prônant une nouvelle fois une « France métissée », Royal « dénonce l'amalgame de Nicolas Sarkozy entre l'immigration et l'identité nationale », dénonçant les arrestations de sans-papiers ayant des enfants scolarisés. Mais, ajoute-t-elle à l'intention de ceux qui l'ont critiquée pour avoir évoqué cette question, « tout candidat à la présidentielle a la responsabilité de dire sa conception de l'identité nationale », estimant qu'il s'agit « non pas de demander aux Français d'où ils viennent, mais où ils veulent aller ». « C'est un débat éminent qui ne souffre aucune polémique politicienne «, estime-t-elle.

 Quand elle reproche aux grands sportifs de ne pas chanter La Marseillaise, cela n'a rien à voir, dit-elle, avec les propos tenus par Jean-Marie Le Pen lors de la Coupe du monde de football car « la nation vue par l'extrême droite, c'est du nationalisme, du racisme ». Les sportifs, « regardez leurs larmes lorsque le drapeau français est levé », a-t-elle affirmé.

 Selon elle, « on peut être fier de son drapeau, de son pays, de sa nation et en même temps tournés vers les autres ». Quant à chanter elle-même La Marseillaise, « quand je sentirai le moment venu de la chanter, je chanterai », a-t-elle annoncé, ajoutant que pour l'instant, « quand 10 000 personnes chantent, je les porte, je m'imprègne de cette force populaire ».

 C'est François Mitterrand, dit-elle, qui lui avait expliqué que ce serait faire « un contresens historique épouvantable » que de transformer cet hymne en chanson « sanguinaire » à cause du vers final du refrain, « qu'un sang impur… » « Ce chant a été trop longtemps laissé à l'extrême droite », et, note-t-elle, « les catégories populaires qui ont voté non » au référendum sur l'Europe se demandaient « si la nation va se diluer dans l'Europe ».

 Sur son « blog citoyen, socialiste et républicain pour 2007 » http://sr07.unblog.fr , dans un autre article publié hier sous le titre « Des censeurs en plein contre sens historique », Xavier Dumoulin rabroue ceux qui, à la gauche de la gauche, ont critiqué les propos de Ségolène Royal. II rappelle le contexte historique qui prévalait lors de la création de notre hymne national.

 Marseillaise, élan national et poussée révolutionnaire en 1792

 « Misère d'une politique de l'invective à la  gauche de la gauche ! Nos prétendus esprits révolutionnaires éclairés vont raillant Ségolène Royal à propos des symboles de la France républicaine. Ils ont tout simplement oublié les références de notre histoire nationale.

 Le premier dit préférer la musique aux paroles de La Marseillaise qu'il conviendrait donc de modifier. Et d'évoquer les paroles sanguinaires! Il prêche ainsi pour le révisionnisme historique en toute sincérité. L'idée, chère à Albert Soboul, d'un Peuple révolutionnaire portant un élan national lui est tout à fait étrangère. Lisons plutôt le grand historien.

 "Le 26 avril, à Strasbourg, Rouget de Lisle avait lancé son Chant de guerre pour l'armée du Rhin, dont l'ardeur, à la fois nationale et révolutionnaire ne fait aucun doute : dans l'esprit de celui qui l'écrivit, comme de ceux qui le chantèrent, révolution et nation ne se distinguaient pas. Les tyrans et les vils despotes qui méditent de rendre la France à l'antique esclavage sont dénoncés, mais aussi l'aristocratie, les émigrés, cette horde d'esclaves, de traîtres, ces parricides, ces complices de Bouillé. La patrie dont l'amour sacré est exalté, à la défense de qui l'on appelle ("Entendez-vous dans les campagnes mugir ces féroces soldats…"), c'est celle qui, depuis 1789 s'est faite contre l'aristocratie et la féodalité.

 On ne saurait séparer ce qui devint bientôt l'Hymne des Marseillais de son contexte historique : la crise du printemps 1792. Elan national et poussée révolutionnaire furent inséparables ; un conflit de classes sous-tendait et exacerbait le patriotisme. Les aristocrates opposaient le roi à la nation qu'ils méprisaient, ceux de l'intérieur attendaient l'envahisseur avec impatience, les émigrés combattaient dans les rangs ennemis…" (Histoire de la révolution française de la bastille à la gironde,  p 286, Albert Soboul, idées - Gallimard, 1974)

 Pauvres esprits asphyxiés par l'air du temps et prêts à liquider tous les symboles républicains ! Quel manque de perspective ! Quel contre sens historique! Il ne faudrait pas traiter les paroles de La Marseillaise comme du transgénique. Qui disait que seule la vérité est révolutionnaire ? Quand nous aurons le temps nous parlerons du drapeau bleu-blanc-rouge qui semble donner des boutons à nos censeurs. Avant de railler, mieux vaudrait ne pas dérailler ».

Révolution et nation, aujourd’hui comme hier

 En fait, un vieux clivage revient à la surface. Il réapparaît clairement dans les déclarations du candidat de la Ligue communiste révolutionnaire (Le Monde.fr, ce jour)

 « Olivier Besancenot estime que les socialistes risquent de perdre les élections en mettant l'accent sur les questions nationales au détriment des questions sociales. Si la gauche essaye de créer l'espoir sur le drapeau bleu-blanc-rouge alors que les questions sociales sont là, je pense qu'elle va perdre les élections", a-t-il ajouté. "J'invite le Parti socialiste à retrouver la raison. Une élection à gauche, ça se gagne sur les questions sociales", a-t-il estimé ».

 La gauche républicaine considère que la question sociale et la question nationale sont une seule et même question. Ségolène Royal a raison de lier les deux. Contrairement à ce qu’affirme le candidat de la LCR, c’est la condition de la reconquête de la confiance entre la gauche et le peuple français.

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25 mars 2007 7 25 /03 /mars /2007 15:50

 

Définir des règles qui soient applicables par tous

 La Marseillaise à Marseille jeudi soir, quoi de plus normal ! Et, pourtant, c’est nouveau, car ce texte patriotique n’avait pas été chanté depuis 1936 dans une réunion publique du Parti Socialiste. Il est vrai que la candidate du PS, du MRC et du PRG, a décidé de prendre quelque liberté avec son parti afin d’être plus proche des Français. Le thème de l’identité nationale a fait l’objet de travaux pratiques, qu’elle a mis en perspective le lendemain.

 La Marseillaise, symbole de l’identité nationale

 Selon David Revault d’Allonnes (Libération, 24 mars), cette petite musique doit plaire à Jean-Pierre Chevènement.

« Vendredi matin, elle a arpenté la rue Thubaneau, à Marseille, où fut pour la première fois entonnée dans la cité phocéenne l'hymne national, au club des Jacobins. Avant de visiter le camp des Milles, où transitèrent pendant la guerre 10 000 personnes, dont 2 500 furent déportées, via Drancy, à Auschwitz. «Il est temps que la France regarde son histoire en face, ses lumières et ses ombres, explique-t-elle. L'identité nationale est aussi faite de cette histoire.» 

 C'est en jouant de cette petite musique politique qu'elle entend «ne pas se laisser enfermer dans un dévoiement de l'identité nationale». Laquelle musique, qui résonnera agréablement aux oreilles de son allié Jean-Pierre Chevènement, se confond ces jours-ci avec la Marseillaise. «Elle y réfléchissait depuis plusieurs semaines», dit une conseillère, ravie de voir l'Internationale oubliée. Elle se libère des carcans idéologiques.» Après que la candidate l'a décidé, en fin de semaine dernière, l'hymne de Rouget de Lisle a ainsi résonné dimanche, après le rassemblement des élus socialistes. Jeudi, à la fin du meeting de Marseille, à deux reprises. Et, vendredi, sur la place du village provençal de Correns (Var) (…). Quelques instants plus tard, dans une salle de la mairie, entre buste de Marianne et bouquet de roses rouges, et sous le regard de Jacques Chirac, la candidate jugeait «très important pour la gauche d'avoir reconquis le droit de chanter la Marseillaise. C'est une étape historique de l'histoire de la gauche, qui avait cru devoir abandonner l'hymne national à l'extrême droite». 

 Invitée sur les ondes de France Inter, vendredi matin, à répondre aux questions d’Olivier de Lagarde, Ségolène Royal a expliqué pourquoi elle avait tenu à ce que la Marseillaise soit interprétée.

"Il est quand même temps de remettre les choses au clair, notamment sur l’identité nationale. Et puis à Marseille cela me semblait là aussi cohérent et intéressant de réexpliquer ce qu’était la Marseillaise, il y a parfois des malentendus sur ce chant républicain. Vous savez il y a beaucoup de jeunes en particulier qui disent « mais le sang impur abreuve nos sillons » c’est une chanson violente que l’on ne veut pas sentir, donc j’ai rappelé cette histoire du chant républicain qui est au contraire le chant de la lutte contre toutes les formes de tyrannie, qui était la lutte de la résistance des républicains contre toutes les forces de l’ancien régime".

 La candidate du changement rappelle ses priorités

  « La candidate socialiste a revendiqué le changement qu'elle incarne : "Je suis la seule à pouvoir incarner le changement face au candidat de la droite qui est le candidat sortant et qui finalement propose de prolonger ce qui a été fait en France depuis 5 ans avec le résultat que l’on connaît, même si aujourd’hui il prétend avoir de nouvelles idées. Comment pourrait-il incarner la rupture après avoir gouverné pendant 5 ans".

Ségolène Royal a rappelé ses priorités : "Mes priorités sont celles-ci : d’abord il faut réconcilier les Français avec l’entreprise, soutenir les PME qui innovent, qui créent des emplois, qui investissent et qui exportent en luttant contre toutes les formes de gaspillage de dépenses aujourd’hui de l’argent public qui sont données de façon non différenciées entre des entreprises qui n’en ont pas besoin et celles qui en ont besoin. Il faut aussi faire une société du donnant-donnant, c’est-à-dire qu’à chaque nouveau droit désormais doit correspondre un devoir parce que je ne veux pas d’une société de l’assistanat ».

 La France a besoin d’un ordre juste 

« Et enfin je crois que la France a besoin d’un ordre juste, c’est-à-dire des règles qui sont applicables par tous et qui sont les mêmes pour tous et en particulier, celles qui vont permettre dans cet ordre juste de mettre fin à toutes les formes de précarité.

 Moi je crois que c’est la valeur travail, c’est la cohésion nationale, c’est la façon dont chacun sera au clair sur les efforts qu’il doit fournir parce que l’Etat et les pouvoirs publics garantiront à chacun des services publics qui fonctionnent bien, de l’égalité réelle des chances, de la sécurité dans le travail, c’est-à-dire tout le contraire du programme de la droite qui fait de la précarité la référence, je crois moi tout le contraire, c’est en sécurisant les gens qu’on pourra leur demander d’être motivés dans leur travail et donc ensuite les entreprises pourront supporter les difficultés et les coups durs qu’elles peuvent connaître face à la mondialisation. Autrement dit je veux que la France reprenne confiance en elle-même et puisse saisir toutes ses chances".

Un nouveau modèle économique à construire

 Ségolène Royal souhaite "dépasser l’opposition entre le libéralisme échevelé et destructeur et en même temps une vision trop passéiste des choses, c’est un nouveau modèle économique qu’il faut construire, celui que je propose après avoir écouté les Français. Celui aussi que portent les jeunes dirigeants d’entreprise qui veulent aussi une autre culture en France dans l’entreprise, que l’on sorte de l’affrontement pour aller vers une culture du compromis de la négociation sociale, de la modernité des relations entre salariés et dirigeants d’entreprise.

 La VIème République en ligne de mire

Et je crois que cette réforme là elle est nécessaire, elle est possible, c’est ce que j’appelle la VIème République qui veut à la fois une politique plus active, plus rapide, plus efficace, un Etat moins lourd, une nouvelle vague de décentralisation et en même temps un dialogue social extrêmement moderne qui permettra aux salariés de partager les intérêts de l’entreprise lorsque celle-ci rencontre des difficultés ».

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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 16:20

 

Une Vème République profondément réformée

 Lundi 19 mars, j’ai présenté sur ce blog les quatre piliers de ce que Ségolène Royal a appelé VIème République dimanche, lors de son intervention devant les élus, Porte de Versailles, à Paris. Le lendemain, devant la presse, la candidate du PS, du MRC et du PRG, a tenu à expliquer les réformes institutionnelles qu’elle avait l’intention de proposer aux Français après son élection à la présidence de la République le 6 mai. Chacun peut lire sur www.segoleneroyal2007.net le texte ci-après, rédigé par une agence de presse, sauf les intertitres, qui sont de ma composition.

 « Ségolène Royal détaille sa VIème République »

 « Ségolène Royal a détaillé lundi le contenu des réformes institutionnelles qu'elle souhaite adopter pour permettre le passage à une VIe République dès l'automne prochain. Au lendemain de son discours de la porte de Versailles, la candidate socialiste s'est elle-même chargée de l'explication de texte lors d'une rencontre informelle avec la presse devant qui elle a évoqué la convocation d'une assemblée constituante.

Un système à bout de souffle qu’il faut réformer en profondeur

 Persuadée que le système est "à bout de souffle", la présidente de Poitou-Charentes souhaite créer un "nouvel équilibre des pouvoirs pour moderniser la France, rendre plus efficaces la décision politique".

"J'irai le plus loin possible dans ce qui pourra permettre de réformer en profondeur le fonctionnement des institutions", a-t-elle précisé, parlant d'un "paquet global" de réformes et de textes destinés à améliorer les démocraties parlementaire, sociale, participative et territoriale.

L’assemblée élue le 17 juin sera-t-elle constituante ?

 Faudra-t-il pour cela convoquer une assemblée constituante? "Je souhaite aller jusque là", a-t-elle confié devant les journalistes, inhabituellement conviés à son QG de campagne pour un "échange informel et convivial" à moins de cinq semaines du premier tour.

En cas de victoire le 6 mai, date du deuxième tour de la présidentielle, Ségolène Royal pourrait annoncer aux électeurs que l'Assemblée nationale issue des prochaines législatives, en juin, sera déclarée constituante. Le dernier cas remonte aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale.

Un référendum institutionnel à l’automne

 Un référendum institutionnel se tiendrait ensuite à l'automne pour valider l'ensemble de ces propositions. Il porterait notamment sur le mandat unique de parlementaire, qui s'appliquerait dès les municipales de 2008. Le rôle du Parlement en matière sociale, d'environnement, de politique étrangère et de défense serait renforcé.

Le "pacte présidentiel" précise également qu'une "dose de proportionnelle" sera introduite pour les législatives, que le 49-3 sera supprimée et que le mode d'élection du Sénat sera modifié.
Le droit de vote des étrangers aux élections locales - promesse électorale de la gauche depuis 1981 - fera également partie des projets soumis au vote des Français.

En revanche, la candidate socialiste n'a pas souhaité préciser lundi ses idées sur la répartition des tâches entre présidente et Premier ministre.

Un signal de liberté vis-à-vis des partis, comme de Gaulle et Mitterrand

Tout sauf "improvisée", cette annonce dimanche d'une "VIe République" marque "l'aboutissement" de sa réflexion sur "l'ensemble des volets" institutionnels, a-t-elle assuré.

Reprendre le vocable "VIe République" à son compte, et non l'idiome "République nouvelle" comme le stipule son "pacte présidentiel", c'est également un moyen de "continuer sur (s)a liberté de parole" par rapport au Parti socialiste, dont les courants internes se sont opposés sur la VIe République lors du congrès du Mans.

"Je ne suis pas prisonnière de tel ou tel vocabulaire", a expliqué Ségolène Royal, qui revendique le droit d'utiliser toutes les "idées qui me semblent le plus conformes" pour réformer le pays.

Dans la dernière ligne droite, elle revendique de plus en plus sa liberté, se plaçant à la fois dans la posture gaullienne de la rencontre entre un homme, ou une femme, et d'un peuple, et dans le sillage de François Mitterrand, qui se voulait au-dessus des partis.

 Même à l’Elysée, garder le contact avec les Français

 Une liberté qu'elle entend conserver une fois à l'Elysée au nom de l'efficacité démocratique. "Le principal risque du pouvoir, c'est l'isolement", a-t-elle avancé, exprimant le souhait de "rester au contact" des Français, de promener ses "petites antennes" dans les territoires.

Pas question d'accepter "36 filtres pour acheminer vers moi des vérités partielles", a souligné la première femme à avoir une chance réelle d'accéder à la magistrature suprême.

Tout en veillant à ne pas "désolenniser le rôle du chef de l'Etat", la présidente Royal se rendra "peut-être une fois par semaine" sur le terrain. Adepte de la démocratie participative, elle rendra compte de son mandat une fois par an sous une forme qui reste "à travailler" mais qui pourrait être un "jury de citoyens tiré au sort".

Et pouvoir se rendre à l’Assemblée nationale

 Elle "imagine très bien" également se rendre à l'Assemblée nationale pour "répondre pendant une heure aux questions non préparées des parlementaires"... une possibilité qu'interdit la Ve République ».

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19 mars 2007 1 19 /03 /mars /2007 20:40

 

Démocratie parlementaire, sociale, participative et territoriale

 Lors du rassemblement des élus républicains et socialistes, dimanche, Porte de Versailles, Ségolène Royal a voulu marquer le coup en parlant de VIème République, au lieu de République nouvelle, mais les propositions de son pacte présidentiel ne changent pas. Elle veut une organisation plus démocratique et plus efficace des institutions garantissant l’impartialité de l’Etat.  

 Les quatre piliers de la VIème République

1) Une démocratie parlementaire revivifiée :

- Instauration du mandat parlementaire unique

- Suppression du droit de veto du Sénat

- Suppression du vote bloqué et du 49-3 pour les lois ordinaires

- La présidence de la commission des finances sera confiée à un membre de l’opposition

- Le Président de la République ne présidera plus le Conseil Supérieur de la Magistrature. Les membres du CSM et de la nouvelle Haute Autorité du Pluralisme seront désignés par le Parlement à la majorité des 3/5ème afin de garantir réellement leur indépendance.

2) Une véritable démocratie sociale

- Négociation et concertation préalable à toute réforme en matière sociale

- Promotion d’un syndicalisme de masse

- Représentation des salariés dans les conseils d’administration des entreprises

3) La démocratie participative

- La Présidente de la République rendra compte chaque année de la mise en œuvre du Pacte présidentiel.

- Toute proposition de loi ayant recueilli la signature d’un million de citoyens sera examinée par le Parlement.

- Création de jurys citoyens pour discuter de la mise en œuvre des politiques publiques et les évaluer, budgets participatifs dans les collectivités locales.

4) Une démocratie territoriale aboutie

- Clarification des compétences pour mettre fin aux superpositions et aux gaspillages,

- Péréquation des ressources entre collectivités locales,

- Prise en charge par les régions de la remise à niveau des bâtiments et des résidences universitaires et des prisons.

Cette réforme des institutions sera soumise à référendum à l’automne 2007

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16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 00:02

 

Réconcilier le pays avec ses entreprises

 Hier soir, dans l’émission « A vous de juger » sur France 2, Ségolène Royal a montré beaucoup d’assurance et de détermination dans ses propos.

Elle assume l'entière responsabilité de sa campagne présidentielle et reprend sa "liberté" par rapport au Parti socialiste.

« Tout dépend de moi. Une élection présidentielle, par nature, est un lien direct entre une personne et le peuple français. Ce n'est pas l'élection d'un parti politique. Ce n'est pas une élection législative ».

Hier aussi, nous avons pu lire sur son blog de campagne www.segoleneroyal2007.net un entretien réalisé par Les Echos sur l’économie. Questions et réponses, brèves mais précises. Les voici.

 Face à la montée de François Bayrou dans les sondages, deux lignes s'affrontent au PS. Certains vous conseillent d'être plus à gauche, d'autres vous demandent d'assumer le virage social-démocrate. Quelle est votre position ?
La ligne, c'est moi qui la trace. Je suis moi-même, je regarde la réalité de la France telle qu'elle est, je propose des solutions efficaces en expérimentant ce qui mérite de l'être, sans être prisonnière d'aucun dogme. Mais c'est une révolution difficile à accomplir : il faut que les Français acceptent de projeter sur une femme l'exercice du pouvoir.

Si vous êtes élue, ferez-vous le changement en cent jours ou en cinq ans ?
La profondeur de la crise appelle une révolution. Dès l'automne, il y aura un référendum sur les institutions pour instiller une dose de proportionnelle, renforcer les pouvoirs du Parlement, favoriser la démocratie participative, à travers les jurys citoyens, et développer une action politique qui rende compte au jour le jour et qui soit capable de s'affranchir des lobbies. Et immédiatement, je prendrai des mesures pour débloquer l'économie.

Toucherez-vous à l'équilibre des pouvoirs locaux ?
Je ne pense pas qu'on puisse supprimer un échelon, cela mettrait plus de perturbation que d'ordre. En revanche, il faut répartir de façon claire les responsabilités entre les différentes collectivités. C'est ainsi que l'on pourra éviter les doublons. Pour faire cette réforme, il faudra supprimer le pouvoir de veto du Sénat sur les questions institutionnelles.

Quelle sera votre première action économique ?
L'emploi des jeunes. Ce qui ronge le plus la société française, c'est la difficulté qu'éprouvent les jeunes qualifiés à s'insérer sur le marché du travail. Je veux m'inspirer de ce qu'a fait Tony Blair lors de son premier mandat. Il a appelé les entreprises à se mobiliser fortement et il a réussi en très peu de temps à obtenir des résultats

Les emplois-jeunes, cela rappelle ce qu'avait fait Lionel Jospin en 1997...
Les emplois-jeunes n'étaient pas destinés au secteur privé, sauf les associations. Les emplois-tremplins ont aussi vocation à aider à la reprise d'emplois dans les entreprises. Ce qui se passe en régions me rend optimiste : on peut dépasser l'objectif des 500.000 emplois-tremplins en cinq ans si on parvient à sortir de l'économie de la méfiance. Par ailleurs, les universités doivent s'investir dans le placement de leurs étudiants. En contrepartie, elles obtiendront l'autonomie sur leurs budgets.

Après vos consultations avec les partenaires sociaux, les sentez-vous prêts à sortir de ce que vous appelez l'économie de la méfiance ?
J'ai trouvé les syndicats beaucoup plus déterminés que le Medef. Ils ont envie d'entrer dans une nouvelle ère des relations sociales. Le Medef est plus crispé. Je l'ai trouvé en retrait par rapport aux attentes des PME. Le président du Centre des jeunes dirigeants a été beaucoup plus allant. A condition que la logique soit celle du " gagnant-gagnant ", les syndicats sont prêts au compromis social. C'est prometteur.

Quelle réforme de la représentativité souhaitez-vous ?
La représentativité doit être fondée sur l'élection. Les syndicats ne sont pas d'accord entre eux sur l'élection à retenir. Il faudra en discuter. De toute façon, je veux créer les conditions d'un syndicalisme de masse. L'essentiel est que plus aucun salarié n'ait peur d'adhérer à un syndicat.

Vous avez pourtant renoncé à l'adhésion obligatoire des salariés aux syndicats...
C'était une bonne idée, mais trop révolutionnaire pour l'instant.

Qu'est-ce qui relèvera de la négociation entre patronat et syndicats et de la décision politique ?
Sur tous les sujets, la négociation doit avoir le premier mot. Les solutions négociées sont toujours plus intelligentes et plus durables. Ainsi, la conférence sur les revenus et la croissance sera convoquée immédiatement. L'Etat garantira la qualité des négociations et fixera le cap, qui est d'augmenter le pouvoir d'achat. Ensuite, je fais confiance au dialogue social. Le Parlement sera là pour généraliser les accords sociaux et leur trouver des financements. L'une de mes priorités, c'est de réconcilier le pays avec ses entreprises. Comment le peut-il quand le CAC 40 affiche les plus gros bénéfices de son histoire et que les rémunérations des dirigeants sont insolentes, alors que les entreprises sous-traitantes n'ont jamais été autant en difficulté ?

Qu'est-ce qui vous choque particulièrement : les 100 milliards d'euros de bénéfices des grands groupes ?
Ce qui me choque, c'est qu'il y ait autant d'argent, d'un côté, et autant de dégâts sociaux, de l'autre. La logique de financiarisation est destructrice sur le plan économique. Il faut rendre plus transparente la répartition des profits, pour qu'ils soient réinvestis au service de l'emploi. Même les économistes les plus libéraux le disent !

Qui doit décider de cette répartition du profit : les actionnaires comme aujourd'hui ou l'Etat ?
La puissance publique doit aussi s'impliquer.

Etes-vous favorable à une hausse de la fiscalité sur le capital ?
Il ne s'agit pas de l'augmenter par esprit de système, mais d'avantager les entreprises de main-d'oeuvre.

Globalement, travaille-t-on suffisamment en France ?
Le pays doit travailler plus, bien sûr, mais en donnant du travail à ceux qui n'en ont pas aujourd'hui, les jeunes et les seniors. Les entreprises qui veulent faire des heures supplémentaires le peuvent déjà largement.

Comment envisagez-vous la généralisation des 35 heures, notamment pour les très petites entreprises ?
Les partenaires sociaux négocieront.

Vous évoquez souvent l'idée d'aides modulables ou conditionnelles aux entreprises. Pouvez-vous préciser ?
Je souhaite moduler les aides aux entreprises en fonction de leur politique en matière d'emploi, de leur engagement dans l'innovation, mais aussi de leur exposition à la compétition internationale.

Vous avez eu des mots très durs pour les banques...
Elles ne prennent plus de risques pour financer les entreprises, laissant aux collectivités locales le soin de le faire. Ce n'est plus acceptable. Elles doivent aider les PME à se développer.

Comment concevez-vous la modulation de l'impôt sur les sociétés ?
Je suis favorable à une baisse de l'impôt pour les entreprises qui exportent. Car le combat économique est de conquérir des marchés extérieurs.

Quelle serait l'ampleur de la baisse ?
Je n'ai pas, à ce stade, à entrer dans le détail. Ce sera au gouvernement et au Parlement de le faire.

Une entreprise n'exportant pas subirait à la fois la perte de ses allégements de charges et la hausse du SMIC à 1.500 euros... N'est-ce pas un peu lourd ?
Il y a des entreprises qui ont besoin d'aides, d'autres pas. Je veux aider les entreprises qui en ont vraiment besoin, et mettre fin aux effets d'aubaine. Partout, c'est la politique du donnant-donnant qui doit prévaloir.

L'Allemagne a restauré sa compétitivité en abaissant le coût du travail. La France n'a-t-elle pas besoin de cela plutôt que d'une hausse du SMIC et des bas salaires ?
Le pouvoir d'achat du salaire minimum est, en France, l'un des plus bas d'Europe. Et on peut être compétitif avec des salaires corrects pour les salariés.

Selon Eurostat, exprimé en parité de pouvoir d'achat, il est parmi les plus élevés...
Mais cette comparaison est effectuée sur la base d'indices des prix qui ne reflètent pas le pouvoir d'achat réel des bas salaires. C'est pour cela que je veux réinjecter du pouvoir d'achat. Ce n'est pas avec des emplois précaires, mal payés, à temps partiel, qu'on aura des salariés motivés, efficaces.

Pour vous, la solution est-elle dans la TVA sociale ?
On connaît les inconvénients de la TVA sociale, qui n'est pas équitable socialement. D'une façon générale, je souhaite stabiliser les règles. Je suis favorable à ce qu'un cadre fiscal et social soit défini avant la fin de cette année, pour les années à venir. Les acteurs économiques ont besoin de visibilité.

Vous voulez maintenir le taux de prélèvements obligatoires ?
Oui. Je ne suis pas de ceux qui prétendent à la fois baisser les prélèvements et la dette. C'est impossible. Il faut être sérieux, sinon on décrédibilise le discours politique.

Sur ce point, vous êtes d'accord avec François Bayrou...
Il n'a pas de programme, François Bayrou, et il s'en vante !

Allez-vous revenir sur la réforme de l'impôt sur le revenu ?
Le nouveau barème a scandaleusement creusé les inégalités. Il devra être redébattu dans le cadre de la loi de Finances 2008. Ce qui s'est passé sur les tranches les plus hautes n'est pas juste.

Pourquoi n'êtes-vous pas plus précise sur ce sujet ? Il est légitime que les Français connaissent vos intentions fiscales avant l'élection.
Je veux que cette question soit reliée au reste. Mon seul dogme en la matière est la justice et l'acceptation de l'impôt. Cela suppose que les Français comprennent ce qu'on fait de leur argent. Je suis favorable à un budget de l'Etat participatif, afin que les Français soient associés à la manière dont est utilisé l'argent de leurs impôts. Moi, je le fais dans ma région. Au niveau national, c'est plus compliqué, mais il faut y réfléchir.

Vous n'avez pas retenu l'idée de Dominique Strauss-Kahn d'un impôt sur les Français de l'étranger ?
Je ne pense pas qu'il faille taxer tous les Français de l'étranger pour empêcher quelques expatriations fiscales. Et je relève un paradoxe : la droite a voté le bouclier fiscal et certains de ses amis s'en vont quand même.

Vous ne toucherez pas à l'ISF ?
Non.

 Vous avez ouvert votre discours de Villepinte en dénonçant le poids de la dette, avant d'annoncer 100 propositions souvent très coûteuses. Où sont les économies ?
Sur la réforme de l'Etat, il y a des marges de manoeuvre. Nous devons avoir un Etat qui fonctionne bien et qui diminue son train de vie, même si c'est en partie symbolique. Je suis favorable par exemple à la diminution du nombre de ministères. Et puis surtout, il y a la décentralisation. Quand j'ai rencontré José Luis Zapatero en Espagne ou Romano Prodi en Italie, ils m'ont dit tous les deux que c'est par la décentralisation qu'ils ont réduit les dépenses de la collectivité.

Mais en France, la décentralisation s'est toujours traduite par un doublement des postes et des dépenses.
C'est cela justement qu'il faut éviter à l'avenir.

Y aurait-il obligation pour l'Etat de diminuer d'autant le nombre de ses agents ?
Oui. Jusqu'à présent, l'Etat a refusé de se délester et de perdre son pouvoir central. Moi je dis qu'il faut réajuster le nombre des agents publics en fonction des transferts de compétences.

Globalement, quand on raisonne Etat et collectivités ensemble, faut-il baisser les effectifs publics ?
Il faut un redéploiement assez drastique. Dire qu'on ne remplacera pas un fonctionnaire sur deux, comme le fait Nicolas Sarkozy, c'est inacceptable, car c'est détruire les services publics.
Et puis, c'est faire preuve d'un certain mépris pour les fonctionnaires que de leur dire qu'un sur deux ne sert à rien. La réforme nécessaire de l'Etat, la droite ne peut pas la faire parce qu'elle n'aime pas le service public. Moi, je la ferai, parce que je suis attachée au service public.

L'Etat doit-il revenir à 100 % d'EDF ?
Je suis favorable à une maîtrise réelle de l'Etat sur EDF. Et pourtant, je ne suis pas une dogmatique de la nationalisation. Les enjeux sont tels - constitution d'un pôle européen de l'énergie, développement des énergies renouvelables, avenir du nucléaire - qu'il est essentiel que l'Etat maîtrise ce secteur stratégique.

Vous critiquez beaucoup Nicolas Sarkozy, moins François Bayrou...
C'est faux. Son " on ne dépense rien " me paraît très dangereux. Seule une nation qui investit dans les capacités d'avenir - université, recherche, innovation - peut affronter la mondialisation et préparer son avenir.

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12 mars 2007 1 12 /03 /mars /2007 17:29

 

Rassembler la gauche sur des bases républicaines

 Hier soir, de son palais de l’Elysée, le président de la République a voulu faire part aux Français des enseignements tirés de son expérience et, ainsi, influer sur les orientations de son successeur. Il a proclamé les cinq « commandements » du président de la République française.

 Les cinq commandements de Chirac

 - « D'abord, ne composez jamais avec l'extrémisme, le racisme, l'antisémitisme ou le rejet de l'autre ».

- « Vous devez toujours croire en vous et en la France, sans jamais brader notre modèle français ».

 - « La France doit affirmer l'exigence d'une Europe politique, qui garantisse notre modèle social ».

- « La France doit défendre la tolérance, le dialogue et le respect entre les hommes et les cultures. L'enjeu, c'est la paix, c'est la sécurité du monde ».

  - La France doit « inventer une autre croissance. Avec sa recherche, avec ses entreprises, avec son agriculture, avec l'avance qu'elle a prise dans le nucléaire et les choix résolus qu'elle a faits dans les énergies renouvelables, la France a tous les atouts pour relever ce défi majeur du XXIe siècle ».

 Après ce vibrant discours salué de toutes parts, à l’exception des courants politiques extrémistes, constatons d’abord que le président, depuis cinq ans, n’a fait que limiter les dégâts, avec une majorité parlementaire et des gouvernements plutôt réticents et manifestement peu enclins à mettre en oeuvre ces préceptes présidentiels.

 Ségolène Royal la mieux placée

 Et posons aussitôt la question essentielle : Ségolène Royal n’est-elle pas la mieux placée pour prendre au mot le président sortant et réaliser effectivement ses recommandations ?

 Nous avons observé que Jacques Chirac s’est bien gardé, pour le moment, de désigner son successeur préféré. Il le fera plus tard, lorsque le président de l’UMP aura clairement manifesté sa volonté formelle de suivre ses cinq commandements. Cela ne l’empêcherait pas, s’il était élu, de faire comme Chirac six mois après son élection en 1995 : faire une politique d’aggravation de la fracture sociale, après avoir été élu pour la réduire.

 Avec la montée du président de l’UDF dans les sondages, le problème posé à Ségolène Royal est le suivant : comment apparaître, aux yeux des Français, comme étant la seule (ou la mieux) capable de répondre, à la fois, aux attentes citoyennes qui viennent des profondeurs du pays (telles qu’elles ont été exprimées notamment le 29 mai 2005) et aux préoccupations exprimées hier par le président sortant en ce qui concerne l’avenir de la France ?

 Combattre l’esprit de renoncement néo-libéral

 En fait, notre candidate, en montrant qu’elle va s’attaquer aux vrais problèmes, doit convaincre de sa volonté (en tant que future présidente) et de sa capacité (à travers les futurs gouvernement et majorité parlementaire) à mettre la France et l’Europe en situation de combattre l’esprit de renoncement que les néo-libéraux ont mis dans les têtes des dirigeants nationaux et européens afin qu’ils n’exercent pas leurs responsabilités politiques d’élus, représentants des peuples.

 Ce que Chirac demande à son successeur, c’est de prendre en compte le désir d’Europe politique exprimée par le oui le 29 mai. Ce que le peuple français demande au prochain président de la république, c’est de prendre compte le désir d’Europe protectrice et respectueuse des démocraties nationales, exprimé par le non le 29 mai.

 Relever le défi du 29 mai 2005

 Ségolène Royal, en ayant rassemblé autour d’elle des militants et des citoyens ayant voté oui et non, est bien placée pour relever le défi de l’élection présidentielle. Sa position est un oui à l’Europe, à condition qu’elle soit réorientée afin d’être efficace et de respecter l’intérêt des peuples qui la composent, à condition aussi d’être indépendante, autant des pouvoirs de pression de la finance mondialisée que des USA.

 Poser les vraies questions

 Tout est fait pour masquer les vrais enjeux des prochaines élections, présidentielle et législatives. Il y a deux questions essentielles :

 - la réorientation économique et sociale de l’Europe afin de la rapprocher des attentes populaires d’une part, et d’écarter les fausses solutions de type fédéraliste d’autre part,

 - la montée aux responsabilités politiques de nouvelles élites, liées à la vie socio-économique des territoires et solidaires des couches populaires et moyennes.

 J’y ajoute deux questions importantes :

 - le maintien de l’énergie nucléaire, au côté des énergies renouvelables, en tant que solution réelle de substitution aux énergies fossiles, le remplacement de celles-ci étant la priorité absolue,

 - la double priorité donnée en agriculture à la sécurité, en quantité et en qualité, de l’approvisionnement alimentaire (souveraineté alimentaire au niveau national - ou d’un ensemble de nations comme l’Europe - et protection de la santé publique) et au respect de l’environnement.

 Mobiliser l’électorat populaire

 La stratégie visant à rapprocher les électorats de l’UDF, du PS et des Verts pour conduire une politique libérale, sociale et environnementale dissimule à peine les forces qui ont porté le oui au référendum le 29 mai 2005. Ce n’est pas la solution au problème posé, même si cela correspond au souhait du président du groupe des Verts au Parlement européen.

 Ségolène Royal a affirmé clairement sa volonté de rassembler la gauche sur des bases républicaines, afin de mobiliser l’électorat populaire qui n’a pas vraiment fait son choix actuellement. C’est la seule façon pour la gauche d’être présente au second tour de l’élection présidentielle et en capacité de gagner le 6 mai.

 Juste avant de mettre en ligne ce texte, je prends connaissance de la note de Jean-Pierre Chevènement dans son carnet. Voici ce qu’il écrit aujourd’hui sur www.chevenement.fr

 « Faire la différence »  

« Ségolène Royal a justement indiqué que le vote des couches populaires fera la décision dans cette élection présidentielle.

 Ce n'est pas la course au centre qui peut rassembler cet électorat populaire, dont il convient de rappeler à ceux qui l'ont oublié qu'il a voté à plus des deux tiers contre le projet de Constitution européenne. La course au centre ne peut que gommer les différences.

La montée de François Bayrou dans les sondages ne manifeste en aucune manière une adhésion à un programme. Elle traduit paradoxalement le rejet des alternances sans alternative, le dégoût du système du pareil au même. Les Français voient leur tissu industriel se défaire. Il faut répondre à cette seule question qui les taraude : peut-on encore l'empêcher ? Et comment ? Ségolène Royal avait articulé à
Villepinte des propositions claires sur le redressement de la construction européenne.

C'est en creusant son sillon pour « une Europe qui protège », pour un Etat puissant, et pour une politique industrielle active que Ségolène Royal fera la différence ». 

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8 mars 2007 4 08 /03 /mars /2007 22:29

 

« Ce 8 mars qui peut devenir historique… »

 De nombreuses femmes se sont exprimées à Dijon avant l’intervention de Ségolène Royal.

 Dominique Méda, sociologue : « Les inégalités ont cessé de se réduire et on a toujours des femmes qui participent moins à l’emploi, une différence de 13 points toujours. On a toujours des femmes qui sont à temps partiel et à temps partiel dit « choisi » et aussi de plus en plus de femmes à temps partiel subi surtout qui alimentent la spirale des bas salaires : 80 % des bas salaires sont des femmes. Et puis on a les fameux écarts de salaire, 25 %, qui ne bougent plus, dont la réduction ne s’opère plus ».

 Pourquoi ? Pourquoi la société ne bouge-t-elle pas plus ? Pourquoi est-ce qu’elle ne prend pas ce problème à bras-le-corps ? Parce qu’on est toujours plombé par le poids des représentations traditionnelles et de la répartition des rôles qui incombent aux hommes et aux femmes.

 Et, comme Francine Got l’a très bien montré, c’est tout au long du cycle de vie. Cela commence à l’école où on pousse moins les filles, où elles vont moins s’orienter vers les bonnes filières, vers les filières où elles pourront avoir des bonnes carrières et des bons salaires. Cela continue dans l’entreprise, l’entreprise considère toute femme comme une mère en puissance, et donc comme quelqu’un de moins productif, qui va moins rendre ».

 Yvette Roudy, la première ministre du Droit des femmes

Yvette Roudy a été présentée ainsi par Laure Adler « C’est elle qui a été la première ministre des Droits des femmes sous François Mitterrand, c’est elle qui a fait voter la loi : à travail égal, salaire égal, c’est elle qui a permis et permet encore aujourd’hui à toutes les femmes qui sont sur le bord du chemin et à toutes les jeunes femmes qui veulent avancer, croire en l’avenir, de pouvoir continuer ». Voici son intervention.

 « Eh bien, merci, Laure, de cet accueil si chaleureux. C’est vrai, j’ai fait tout ça, quand tu le rappelles, au fond je me dis : c’est vrai, après tout… Plus le remboursement de l’IVG, et plus la transmission du nom, et plus la possibilité de transmettre son nom à son enfant si on le souhaite. Et ça, ça a pris quinze ans parce que les droits des femmes ça prend beaucoup de temps, ça prend énormément de temps.

 La journée des femmes pour la première fois en 1910

 Et depuis que Klara Zetkind a proposé que le 8 mars soit la journée des femmes, c’était en 1910, nous avions commencé avec François Mitterrand à proposer que chaque année effectivement on marque cette journée du 8 mars par des événements pour rappeler le chemin parcouru, parce qu’il y a quand même des chemins parcourus, mais aussi tout ce qui reste à parcourir.

 Alors, c’est international, c’est une fête internationale qui rassemble toutes les femmes, et c’est pourquoi aujourd’hui nous avons beaucoup de femmes, que vous allez voir tout à l’heure, qui sont venues de tous les coins d’Europe.

 En France, cela ne s’est pas passé facilement. Il a fallu deux siècles, deux siècles pour que les femmes arrivent à conquérir d’abord le droit à l’instruction, ensuite le droit au travail puisque Proudhon disait : « Oh, les femmes, non, ce n’est pas bien de les avoir dans une usine, ça va troubler les ouvriers et puis ça va créer des difficultés. Elles sont très bien, ménagères ou courtisanes. » Nous, on avait ça en France. Les Allemands avaient Klara Zetkind, c’était mieux quand même. Mais enfin, on a emprunté à Klara Zetkind le droit au travail.

 Le droit à disposer de son corps, le droit de vote puis la parité

 Le droit à disposer de son corps, ça a été très long, très dur, certaines d’entre vous s’en souviennent. Il y a là des femmes du Planning familial que vous avez entendues, qui ont parlé. Cela a pris trente ans et plus.

 Et puis le droit de vote, et maintenant nous en sommes à essayer d’arracher la parité, ce n’est pas acquis parce qu’une place pour une femme c’est encore perçu comme une place en moins pour un homme. Et, croyez-moi, les malheureux hommes blancs souffrent en ce moment parce qu’ils ont le sentiment qu’on va leur prendre leur place. Je leur dis : « Ne vous inquiétez pas, vous, vous attendrez un peu, nous ça fait deux cents ans qu’on attend, on comprend votre souffrance et on ne veut pas votre place, on veut seulement la nôtre. »

Ségolène après deux siècles de luttes des femmes

Donc ce jour, ici, est historique parce que nous allons accueillir une femme que nous voulons présidente. Nous voulons Ségolène présidente, elle n’est pas arrivée comme ça, elle est arrivée parce que, derrière, il y a eu toutes ces luttes de femmes. Je vous ai dit deux siècles, et cela a été long et cela a été dur. Et elle, elle est arrivée là où elle est, et je peux vous dire qu’on ne lui a pas fait de cadeaux.

 Je ne veux rien rappeler en termes de mauvais souvenirs aujourd’hui, on est content, on est heureux, elle va gagner, donc on oublie tous les mauvais moments derrière nous, évidemment.

 Réconcilier les Français avec la politique

 Mais Ségolène, ce n’est pas n’importe qui, on ne lui a pas fait de cadeaux, elle a vraiment gagné tous ses galons à la sueur de son front, mais dans les pires difficultés. Elle sait ce que c’est que de travailler à la dure, elle sait ce que c’est que les difficultés, elle sait aussi ce que c’est que de se faire insulter. On compte beaucoup sur elle, on compte sur elle pour réconcilier les Français avec la politique. Parce que, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ils n’allaient plus aux urnes, les Français.

 Vers l’Europe et au-delà…

 Elle a déjà réconcilié le oui et le non chez nous, c’est pas mal. On compte sur elle aussi pour qu’elle relance l’Europe et qu’elle fasse admettre que les droits des femmes doivent faire partie des conditions indispensables pour adhérer à l’Union, c’est-à-dire que des pays comme la Pologne, l’Irlande, Chypre, Malte, qui refusent d’entendre parler de contraception et d’IVG, moi je leur aurais imposé, avant d’entrer dans l’Union. Donc nous comptons sur elle pour cela.

 Et enfin nous comptons aussi sur elle pour élargir ce message qu’elle va lancer au-delà de l’hexagone, et je dirai même au-delà de l'Europe, jusque vers cette Afrique qu’elle connaît et qu’elle aime, qui souffre de maladies, de sida, etc., où les femmes sont encore très mal traitées, nous avons ici une amie qui anime une association qui lutte contre l’excision, elle nous a accompagnées, elle a bien des choses à raconter aussi. Nous avons beaucoup à faire avec cette Afrique, elle a beaucoup de travail.

Elle a beaucoup de travail, c’est pour cela qu’elle a besoin de nous. Mais elle est forte, elle n’a aucune illusion, mais elle est optimiste. C’est une femme qui n’a peur de rien, je peux vous le garantir, donc ce n’est pas la peine de se dire : elle va craquer, elle va lâcher, elle ne va pas réussir, elle va être fatiguée. Alors là, je veux les rassurer tout de suite, ils risquent d’être déçus ceux qui pensent cela.

 Une chance pour les femmes, pour la démocratie, pour la France, pour l’Europe

 Donc, Ségolène, c’est une chance, pas seulement pour les femmes, c’est une chance pour la démocratie, c’est une chance pour le pays, pour la France, pour l'Europe et au-delà, bien au-delà. Elle va porter très loin et très haut son message, son énergie, son talent, sa force de caractère. Nous la voulons présidente ! »

  Trois questions à Ségolène Royal

 Qu'est-ce que cela représente que d'être une femme en politique au 21ème siècle ?

« C'est l'aboutissement d'une longue marche des femmes, de beaucoup de combats pour la conquête de nos droits politiques. Il reste encore du chemin mais le temps n'est plus où, comme dans l'entre-deux-guerres les sénateurs pouvaient à quatre reprises refuser le droit de vote aux femmes sous l'étonnant prétexte que nous aurions " la bouche trop petite pour proférer les gros mots qui sont monnaie courante dans les campagnes électorales. " Vous rendez-vous compte que, dans les manuels scolaires, on continue de dire " universel ", le suffrage qui, pendant un siècle, a exclu les femmes ? J'ai envie de vous répondre ce qu'en janvier 2006 Michelle Bachelet me disait au Chili : " le temps des femmes est venu... Pour le plus grand bonheur des hommes. "

Qu'est-ce que cela représente que d'être une femme socialiste aujourd'hui ?

« Vous savez, je suis venue au socialisme par le féminisme. Un féminisme instinctif et juvénile qui m'a fait, dès l'adolescence, refuser la place que, dans ma famille, la tradition assignait aux femmes. De l'émancipation des femmes à celle de l'humanité toute entière, le lien s'est fait tout naturellement : je suis aujourd'hui socialiste parce que féministe et féministe parce que socialiste. Etre une femme socialiste, c'est refuser l'assistanat qui humilie et c'est vouloir, pour chacune et pour chacun, le pouvoir de conduire sa vie et les solidarités qui le rendent possible. C'est ne pas se résigner au désordre des choses, faire le pari que l'avenir peut être civilisé et la France redressée ».

Qu'est ce que cela représenterait que d'être une femme présidente de la République ?

« Une belle victoire de l'égalité, de la parité et de la mixité en politique. Pas une revanche : une évolution normale. La preuve que le peuple français est, une fois encore, en avance sur certains de ses représentants. Je crois les femmes aussi qualifiées que les hommes pour exercer à la tête de l'Etat la juste autorité dont le pays a besoin, rendre à la puissance publique son efficacité et gouverner avec tous les Français.

 Peut-être ce 8 mars 2007 sera t-il historique... J'ai pris l'engagement, si je suis élue, de faire entrer Olympe de Gouges au Panthéon, où elle rejoindra Marie Curie. Olympe de Gouges a écrit une belle Déclaration des Droits de la Femme qui proclame crânement : " La femme a le droit de monter sur l'échafaud, elle doit également avoir celui de monter à la tribune " Son idéal d'égalité civile et politique des hommes et des femmes la conduisit, on le sait moins, à réclamer l'abolition de l'esclavage. Le tribunal lui reprocha d'avoir oublié " les vertus qui conviennent à son sexe " : on la guillotina. Féministe avant la lettre, elle doit avoir toute sa place dans la mémoire commune de la République.

 D'ici là, le chemin est encore long jusqu'à l'élection présidentielle. Cette campagne, je l'ai voulue participative. Mon équipe, ce sont aussi les internautes qui nous lisent ! J'invite donc toutes les femmes, et tous les hommes, à nous rejoindre sur mon site de campagne (www.desirsdavenir.org ) et à s'inscrire sur l'espace e-militants pour y participer ».

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23 février 2007 5 23 /02 /février /2007 17:06

 

Un citoyen ouvrier mayennais écrit à la candidate… 

 

C’est seulement la seconde fois, depuis que cette élection se fait au suffrage universel, qu’un(e) candidat(e) socialiste s’arrête en Mayenne pour rencontrer les électeurs.

 Après François Mitterrand le 9 avril 1981 à Méral et Cossé-le-Vivien, Ségolène Royal a fait une halte de deux heures le 21 février 2007 à Changé, dans cette charmante cité verdoyante et dynamique au voisinage nord de Laval et de Saint-Berthevin, en présence d’un millier de personnes, dont Gérard Beillard qui avait bien l’intention de remettre à la candidate la lettre qu’il avait préparée la veille. 

Pas si facile d’écrire à Ségolène Royal. Un texte trop long ne serait pas lu. Cinq ou six fois, il l’a repris pour en faire cette note (qui est présentée ci-après) qu’il m’a demandé de remettre à Ségolène. En fait, je l’ai remise à François Rebsamen, l’un des deux directeurs de campagne, secrétaire national du PS, qui m’a promis de la remettre à la candidate.

 Gérard Beillard écrit à Ségolène Royal

 La dette publique est de 1 800  euros pour chaque citoyen 

 Allez –vous prendre cela en considération afin que nos futures générations ne soient pas pénalisées à rembourser une dette qui sera lourde de conséquences ?

 Il serait intéressant d’établir une rente universelle pour les retraites sur la base du SMIC 

 Apparemment, il serait proposé de faire un complément de retraite par capitalisation. De nombreux citoyens n’auront pas les moyens mais au moins, ils auront le SMIC. Cela pourrait leur permettre de vivre décemment.

 Le « trou » de la Sécurité Sociale ne se désemplit pas 

Ce dossier est complexe mais va t’on avoir le courage de le résoudre ? Vous savez bien qu’il y a eu des réflexions positives et applicables dans ce domaine. Il faut conserver notre Sécurité Sociale comme elle est.

 Il serait souhaitable de clarifier le rôle des  Syndicats en faisant une loi 

 Ils seraient plus autonomes. Ils pourraient ainsi avoir un regard plus approfondi sur les Entreprises, notamment dans les grands Groupes.

 Pour les maisons de retraites 

 Que pensez-vous faire pour que le coût à supporter par les retraités soit moins élevé ?

 Pour aider ces personnes qui n’ont pas les moyens afin de ne pas pénaliser leurs enfants qui doivent payer les loyers, surtout que certains n’ont déjà pas de quoi boucler les fins de mois.

 Il n’est pas normal de laisser nos retraités peu fortunés, parqués dans une pièce, réduits au silence, comme hélas cela existe. Cela n’est pas digne d’une République comme la notre.

 Pour le nucléaire, allons-nous brader une énergie aussi importante pour notre indépendance ?

 D’ailleurs, je ferai remarquer que c’est l’énergie qui pollue le moins.

 Pour les déchets radioactifs que cela génère il faut faire confiance à nos scientifiques et à nos ingénieurs. Ils arriveront bien à résoudre une bonne partie du problème. Ils avancent dans ce domaine.

 Je vous assure aussi que je suis pour que l’on développe toutes les solutions pour les nouvelles énergies renouvelables.

 On ne peut pas faire autrement. Notre planète est assez malade. Il faut lutter contre les gaz à « effet de serre ». Je suis bien conscient que c’est l’avenir de la planète et de nous tous qui est en jeu.

 Vous avez annoncé que vous n’étiez pas favorable pour un deuxième porte-avion 

 Paradoxalement, je suis pour. Il faut garder notre indépendance étant donné que l’orientation de l’Europe n’est pas encore tout à fait arrêtée. Vers quelle Europe allons-nous ?

 En ce qui concerne les Régimes Spéciaux, les 40 années de cotisations pour le Privé, le départ en retraite à 60 ans 

 Allez-vous donner une vraie retraite à ceux qui auront cotisé durant 40 années car il est préconisé de prolonger les personnes désireuses d’aller plus loin que 60 ans ?

 S’est-on posé la question pour les personnes qui partiront à 40 ans de cotisations ? Se retrouveront elles avec une retraite assez élevée ? Ne se verront elles pas dans l’obligation de reprendre un travail même si elles ne le souhaitent pas ?

 Je ne suis pas contre que les personnes continuent à travailler mais au moins, de garantir une retraite dès 40 années de cotisations faites sur la base du SMIC.

 Surtout que le travail manuel par rapport au travail dit « intellectuel », est plus pénible.

 L’espérance de vie pour un ouvrier est de 7 à 8 ans de moins par rapport aux cadres et les professions libérales.

 Cela ferait une différence avec la « droite » qui n’est pas très claire à ce sujet ?

 Ne doit-on pas, pour les jeunes, leur donner la possibilité de les « lancer » dans le monde du Travail même s’il n’ont pas acquis l’expérience nécessaire ?

 Je pense que c’est le rôle de l’Etat et aussi de l’Entreprise de former ces jeunes sortis d’école à tous les niveaux.

 En conclusion

 Si on veut remonter dans les sondages, il faut expliquer les priorités que l’on veut appliquer, sans démagogie, réalistes et chiffrées et d’arrêter un calendrier pour les réalisations afin de tenir le cap.

 Il faut donner du temps au temps pour faire avancer notre conception de Société que l’on veut et sans tabou.

 Si on veut se démarquer de la « droite », il faut vraiment faire un programme social, juste, réaliste mais sans manquer de courage pour le réaliser. Je dis bien du social et non de l’assistanat. Il faut responsabiliser tous les français du plus petit au plus grand par la voie hiérarchique.

 J’aime bien votre slogan « gagnant, gagnant ».

 Je crois que nous avons la force et la volonté. A nous d’y travailler…

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