Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
  • Contact

Texte libre

Recherche

Courriel

 

 

 

 

Articles RÉCents

1 mai 2024 3 01 /05 /mai /2024 19:07

Le travail est la condition de l'épanouissement individuel et collectif
 

Ce 1er Mai 2024 ne ressemblait en rien au 1er Mai 2023, marqué par le combat intersyndical contre le projet retraites. Voir Retraites : 1er Mai 2023 exceptionnel et historique à Laval (Mayenne).

 

Toutefois, le rendez-vous était pris par une partie des syndicats ce 1er Mai en Mayenne.

Voir Ouest-France, Fabien Jouatel : Manifestation du 1er-Mai : à Laval, plus de 400 personnes ont défilé dans les rues.

Plus de 400 personnes (440 d’après la police) se sont rassemblées sur le parvis des Droits-de-l’Homme, dès 10 h à Laval (Mayenne) pour ce mercredi 1er-Mai 2024, journée internationale des travailleurs.

Cette manifestation, organisée par plusieurs syndicats mayennais (CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU et Solidaires), se tient « dans un contexte marqué par les guerres terriblement meurtrières, notamment en Ukraine et en Palestine dont les premières victimes sont les civils ».

Les syndicats veulent notamment « faire entendre les priorités sociales et les préoccupations des salariés, des demandeurs d’emploi, des jeunes et des retraités », tout en combattant « le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme et les discriminations ».

Avant de prendre la direction de la préfecture vers 11 h, des discours ont été lus par les représentants syndicaux. Les manifestants ont commencé à arriver vers 11 h 35 devant la préfecture de la Mayenne, où le rassemblement s’est achevé vers midi.

Une mobilisation historique en 2023

Pour rappel, l’an dernier, la Mayenne avait connu une mobilisation historique pour le 1er-Mai avec plus de 6 000 manifestants réunis à Laval, en pleine période de fronde contre la réforme des retraites. Cette année, les chiffres reviennent à la « normale », en 2022 par exemple, 400 personnes s’étaient élancées depuis le parvis des Droits-de-l’Homme à Laval, contre 600 en 2021.

 

Pour sa part, le vice-président du MRC, Ladislas Polski, a publié un communiqué de presse faisant connaître la position du Mouvement Républicain et Citoyen.

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen souhaite une bonne fête à tous les travailleurs de notre pays

 

A l’occasion du 1er mai, le Mouvement Républicain et Citoyen souhaite une bonne fête à tous les travailleurs de notre pays.

Permettre à chacun de trouver sa place dans la société par l’éducation et par le travail est l’une des principales responsabilités de la République. Manuel ou intellectuel, le travail est une condition de l’épanouissement individuel et collectif.

La puissance publique doit créer les conditions de la production de richesses matérielles et intellectuelles, de l’émancipation des citoyens par un travail justement rémunéré et porteur de perspectives de progression, et du financement du modèle républicain de protection sociale.

La France doit jouer tout son rôle pour défendre la pérennité de ce modèle et le garantir pour ses citoyens au sein de l’Union européenne.
 

Cet article est le 3342 ème sur le blog MRC 53 - le 154ème catégorie Travail Economie

Article paru le 01 mai 2024 sur http://mrc53.over-blog.com

Rappel : 1er Mai historique à Laval en 2023.

Rappel : 1er Mai historique à Laval en 2023.

Partager cet article
Repost0
29 avril 2024 1 29 /04 /avril /2024 20:33

Une approche plus efficace, plus écologique et plus démocratique

 

En écho, certainement involontaire, avec l'article publié sur ce blog le 10 avril - voir Face aux mutations du travail, Arnaud Montebourg prône la démocratie - le blog de Bertrand Renouvin, ce 29 avril, publie un texte de Daniel Bachet - du même auteur, voir cet article sur Marianne le 7 juin 2019 Voir autrement l'entreprise pour émanciper le travail - qui émet des considérations importantes pour une alternative à la conception néolibérale de l'entreprise.

En voici des extraits.

Daniel Bachet : Refonder l’entreprise pour émanciper le travail et protéger la nature

Daniel Bachet est professeur émérite de sociologie à l’université d’Évry-Paris-Saclay et chercheur au Centre Pierre Naville. Il a été directeur du département « Entreprise » au Centre d’Études des Systèmes et des Technologies Avancées (CESTA) puis chargé de mission au Commissariat Général du Plan de 1988 à 1994 et à l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ANACT).

Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et d’articles portant sur la refondation du travail, de l’entreprise et des outils comptables. On signalera parmi ceux-ci : Les fondements de l’entreprise, construire une alternative à la domination financière (Les éditions de l’Atelier, 2007), Critique de la finance capitaliste (les éditions du Croquant, 2015), Reconstruire l’entreprise pour émanciper le travail (UPPR, 2019) et en collaboration avec Benoît Borrits, Dépasser l’entreprise capitaliste, Travail, écologie, propriété, (Les éditions du croquant, 2021).

L’entreprise n’est pas seulement l’affaire du capital mais celle du capital et du travail. Pourtant, si cette entité, à la fois productive, économique et juridique, fait bien partie du rapport capital/travail, elle ne peut se confondre complètement ni avec le capital ni avec le travail (...)

De même, la définition de l’entreprise n’est pas neutre. Si l’on considère que cette entité n’est qu’un outil de rendement au service des détenteurs de capitaux ou bien qu’elle est simplement une somme de contrats commerciaux entre apporteurs de capital et apporteurs de travail, on admet implicitement comme légitime et naturel le pouvoir d’autorité sans partage des actionnaires et des propriétaires et celui des dirigeants auxquels il est délégué. Les salariés seront appréhendés comme des « tiers » et non comme des associés à part entière aux processus de décision (...)

Aujourd’hui, la rentabilité financière est le seul objectif tant pour sa traduction immédiate, la distribution de dividendes, que pour la valorisation du patrimoine de l’actionnaire, un profit important permettant de maximiser la valeur de l’action. En fait, la situation est même beaucoup plus inquiétante. Une entreprise ne vaut plus aujourd’hui par ses réalisations, ses acquis ou ses compétences propres mais par ses perspectives, son plan d’affaires futur. En somme, une entreprise ne vaut pas par ce qu’elle a fait, par ce qu’elle a réussi, mais par ce qu’elle se propose de réaliser pour satisfaire l’actionnariat. On ne fait pas mention ici bien entendu des PME dont les objectifs sont différents et qui pour l’essentiel tentent d’obtenir un revenu susceptible d’assurer leur pérennité (...)

En revanche, si l’on assigne comme finalité à l’entreprise de produire et de vendre des biens et des services, les ressources mises en œuvre ont d’abord le statut de facteurs de création de richesses et l’objectif économique premier est de préserver l’équilibre entre la valeur ajoutée et le coût global de la structure (coût du travail et coût du capital). Un véritable équilibre économique est atteint.

Les entreprises qui se sont repositionnées en priorité sur la production et la vente de biens et de services ont visé non pas la maximisation du profit (à partir du calcul des marges et des prix de revient), mais l’augmentation du taux d’équilibre économique, qui se mesure par le rapport entre la valeur ajoutée et le coût global de la structure. Elles ont tenté de faire plus et mieux avec les mêmes ressources – augmenter le numérateur – plutôt que de s’acharner à réduire le dénominateur (en particulier les salaires du personnel) opération qu’il faut sans cesse recommencer.

Si l’on admet que la valeur ajoutée est le véritable revenu de l’entreprise, il convient de rechercher les clefs de répartition qui permettront de partager au mieux ce revenu entre les parties constituantes de l’entreprise. Deux cas de figure au moins seront envisageables dans le cadre d’un partage des revenus et des pouvoirs qui s’appuieront alors sur une autre manière de voir et de compter. Les pouvoirs de délibération et de décision pourraient être enfin rééquilibrés en faveur des salariés. Dans les grandes sociétés, l’ouverture massive du conseil d’administration (ou du conseil de surveillance), qui est une instance stratégique, aux représentants des salariés permettra de mieux définir l’intérêt de l’entreprise et des différentes parties concernées,

 

L’organisation du travail et de la production quant à elle peut relever d’un « conseil d’établissement » de façon à ce que la nouvelle configuration institutionnelle d’ensemble (CA + CE) réorganise les pouvoirs opérationnels, tactiques et stratégiques. Cela implique de multiplier les formes de contrôle des salariés à ces trois niveaux qui relèvent des domaines économiques et politiques.

Les dirigeants seraient contraints par le politique et le législateur à prendre en compte l’ensemble des intérêts qui seront affectés par leur prise de décision et non les seuls intérêts des actionnaires de contrôle.

S’il est possible à terme d’aller plus loin sous l’effet de forces collectives puissantes et de dépasser les rapports de subordination et de soumission dans l’entreprise, alors les producteurs associés seront en capacité de devenir responsables de leur destin commun. Ils disposeront des outils de gestion c’est-à-dire des technologies politiques leur permettant d’organiser le travail et de prendre des décisions plus conformes à « l’agir commun » en entreprise.

 

Ce sera une approche plus efficace, plus écologique et plus démocratique que celle qui prévaut aujourd’hui, de produire sobrement et de répartir équitablement les richesses.


 

Cet article est le 3340 ème sur le blog MRC 53 - le 154ème catégorie Travail Economie

Article paru le 29 avril 2024 sur http://mrc53.over-blog.com

Le siège de l'entreprise de transports Bréger à Saint-Berthevin (Mayenne)

Le siège de l'entreprise de transports Bréger à Saint-Berthevin (Mayenne)

Partager cet article
Repost0
10 avril 2024 3 10 /04 /avril /2024 22:34

Etre capable de construire des compromis entre groupes antagonistes

 

Le 8 novembre 2023, la Fondation Res Publica organisait un colloque sur le thème "La France face aux mutations du travail". Dans son intervention intitulée « Le chaînon manquant », l'ancien ministre de l'Economie, du Redressement productif et du Numérique, Arnaud Montebourg, a émis des propos forts sur la situation actuelle de l'économie française. Extraits.

 

La grande récession entamée en 2009 – qui concerne tout l’OCDE – se caractérise d’abord par un appauvrissement économique des ménages, de ceux qui n’ont que leur travail pour vivre, sans précédent depuis les Trente Glorieuses (...).

Concernant le partage de la valeur ajoutée, je suis venu avec un peu de documentation. Patrick Artus, le chef économique de Natixis, que l’on ne peut soupçonner d’être un grand révolutionnaire, ne cesse d’écrire des livres dénonçant l’austérité salariale. Dans un chapitre de 40 ans d’austérité salariale. Comment en sortir ?  il écrit que « les populations devraient se révolter contre l’austérité salariale»" (...).

S’y ajoute l’inflation qui n’a d’autre origine que le choc pétrolier que l’Europe s’est infligé par ses stratégies erronées sur le gaz russe, l’abandon du nucléaire et du système de formation du prix de l’électricité au plan européen. Il faudra faire l’autopsie de ces trois aberrations, de ces trois erreurs quand nous en serons sortis. Mais nous n’en sommes pas sortis (...).

La carte électorale illustre donc parfaitement ce qui se passe sur le travail et la rémunération du travail. C’est pour moi le point essentiel. Comme l’ont dit les deux orateurs qui m’ont précédé, si l’on n’a ni le salaire ni la reconnaissance (le salaire est d’ailleurs une forme de reconnaissance) c’est l’impasse (...).

Cette rébellion en cours, qui a des manifestations politiques et sociales, peut converger de façon électorale vers des programmes politiques qui proposeront soit de réformer le capitalisme, soit de le pousser encore un peu plus fort.

Ce sont les ingrédients de la situation actuelle. Que faire maintenant ? Quel est l’agenda des difficultés, des problèmes que nous allons devoir affronter ?

À l’agenda politique européen, il y a d’abord une révolution industrielle, sociétale, économique, culturelle, à mener qui est la transition écologique. Sociétale, tout le monde doit le faire. Économique, toutes les entreprises vont devoir décarboner. Culturelle, c’est dans la tête et nous sommes tous coupables. Et industrielle, il faut inventer la croissance verte. Cela ne peut être financé que par les budgets publics.

La mécanique du marché ne guide pas vers la privation de carbone. C’est donc forcément le système politique qui va prendre cette multitude de décisions.

Ces décisions vont viser la décroissance des activités fossiles et la croissance très forte des activités vertueuses (...).

Si je résume ce propos un peu alarmiste, le capitalisme financier et numérique dans son aboutissement nous conduit tous à revêtir la chasuble jaune et à être payés au revenu universel si les sociétés l’acceptent, ce que je ne crois pas.

Face à cette situation, réforme ou révolution ?

La réforme c’est le partage de la valeur, c’est la transformation des systèmes décisionnels dans les entreprises financiarisées, ce sont des outils politiques capables de contenir collectivement les conséquences de l’intelligence artificielle. Je siège dans certains conseils d’administration d’ETI, d’entreprises innovantes, croissantes qui sont sur les marchés mondiaux…

Les patrons disent ne pas pouvoir continuer à subir la pression de l’actionnariat sans contrepoids salarial et sont conscients qu’il arrivera un moment où ils ne trouveront plus de salariés. La prise de conscience est dans tous les interstices de l’économie et des entreprises.

Cette crise de la démission rampante se fait déjà sentir. Donc sans une réforme sérieuse sur la reconnaissance – la part de codétermination évoquée par Jean-Baptiste Barfety –, sur le partage de la valeur – évoqué dans nos débats –, je pense que nous ne surmonterons pas l’obstacle et que les sociétés peuvent parfaitement exploser.

Mais pour cela nous devons disposer d’un système démocratique en bonne forme, capable de construire des compromis entre groupes antagonistes, ce qui n’est plus le cas. C’est là le chaînon manquant de notre avenir.


 

Cet article est le 3337 ème sur le blog MRC 53 - le 153ème catégorie Travail Economie

Article paru le 10 avril 2024 sur http://mrc53.over-blog.com

Arnaud Montebourg, le 4 septembre 2021, à Clamecy (Nièvre), dans la ville où il est né, au lancement de sa campagne présidentielle

Arnaud Montebourg, le 4 septembre 2021, à Clamecy (Nièvre), dans la ville où il est né, au lancement de sa campagne présidentielle

Partager cet article
Repost0
14 octobre 2023 6 14 /10 /octobre /2023 22:41

Pour l'augmentation du SMIC, des salaires, traitements et pensions

 

Les organisations syndicales ont manifesté dans l'unité, le 13 octobre à Laval, dans le prolongement des mobilisations de début d'année contre la réforme des retraites, pour l'augmentation des salaires.

Rappel (16 juin 2023) : Retraites : l'intersyndicale, dans l'unité, appelle à lutter pour les salaires

Voir France Bleu : Grève du 13 octobre : plus de 600 manifestants dans les rues de Laval selon le syndicat FO

Le secrétaire général de l'Union départementale FO, Sébastien Lardeux, a pris la parole au nom de l'intersyndicale de la Mayenne.

 

Prise de parole intersyndicale du 13 octobre 2023

 

Mesdames, Messieurs,

Merci d’être présents pour cette mobilisation contre la politique d’austérité, pour l’augmentation des salaires et l’égalité femmes/hommes.

Malgré la mobilisation historique des salariés, portée par l'action unitaire de nos organisations syndicales, le Président de la République et son gouvernement ont imposé brutalement la « réforme des retraites », pourtant rejetée par l'écrasante majorité de la population.

Les organisations syndicales CFDT, CFTC, CGC, CGT, FO, FSU, UNSA et Solidaires de La Mayenne réaffirment leur volonté d'agir dans l'unité pour son abrogation.

 

Depuis des mois, les salariés, les retraités, la jeunesse subissent l’inflation, l’austérité et la dégradation de leurs conditions de vie. Les principaux postes du budget des ménages sont durement touchés par l’augmentation des prix conséquente et incessante.

En juillet selon l’INSEE, l’inflation alimentaire a atteint 13 %, et le gouvernement n’a rien trouvé de mieux « pour protéger le pouvoir d’achat » que de décider la hausse de 10 % du prix de l’électricité. Le litre du carburant avoisine les 2 euros.

Nous comprenons mieux pourquoi des millions de salariés, de retraités, de chômeurs, de jeunes se retrouvent dans la précarité et sont obligés d’avoir recours à des aides auprès d’organismes de charité.

Le 1er juillet, les allocataires de pôle emploi ont vu leurs indemnités diminuer. Et à cette même date est entré en vigueur le « montant net social » ce qui aura pour conséquence de baisser certaines allocations comme la prime d’activité.

En même temps, il y a des secteurs qui vont bien, pas de soucis pour les actionnaires qui voient leurs dividendes exploser tous les trimestres, quand plus de la moitié des salariés perçoivent une rémunération qui atteint tout juste le SMIC.

Les profits des grandes entreprises explosent : les géants du pétrole, de l’agroalimentaire, de la grande distribution, les sociétés d’autoroute…

Leurs profits, c’est notre inflation !

Et nous continuons à remplir la poche des plus riches de ce pays : ce sont 210 milliards d’aide publique aux entreprises sans aucun contrôle ni condition, et ce sont aussi 73 milliards d’exonération de cotisations sociales. Autant d’argent qui ne va pas aux services publics, ni à la protection sociale. Ces exonérations sont aussi une trappe à bas salaires. Eh oui ! pourquoi payer plus que le SMIC puisque que vous êtes exonérés.

En Mayenne, les salaires, les pensions de retraite font partie des plus faible du Pays.

Nous ne pouvons accepter de voir une minorité s’enrichir au détriment d’une majorité, majorité qui produit la richesse de ce pays, à qui on exige toujours plus d’effort.

 

Il est plus que jamais nécessaire de prendre en compte les réalités matérielles et sociales de l'ensemble des travailleuses et travailleurs de ce pays.

Le gouvernement ne semble pas comprendre la situation : il prévoit pour 2024, 15 milliards d’économie avec dans le viseur, nos services publics, de nouvelles ponctions sur le dos des salariés, la diminution des remboursements sur les boites de médicaments, sur les actes médicaux et les transports sanitaires, et si on le laisse faire ponctionner l’AGIRC-ARRCO pour participer au financement du régime général.

Et oui, l’austérité c’est toujours pour les mêmes.

Dans le cadre de la journée de mobilisations et de grèves du 13 octobre, nos organisations syndicales revendiquent :

  • L'augmentation du SMIC ;

  • L'augmentation générale des salaires, traitements (point d'indice de la fonction publique à hauteur des pertes cumulées), pensions, minima sociaux et bourses d'études, pour lutter contre les inégalités notamment entre les femmes et les hommes ;

  • L'ouverture de véritables négociations dans toutes les branches pour qu'aucun minima ne soit en dessous du SMIC.

Et une meilleure répartition des richesses, c'est aussi :

  • Engager une véritable transition écologique et socialement juste : en investissant dans les secteurs au service de cette mutation, en sécurisant et en développant l'emploi et les qualifications des travailleurs... autant de revendications que nous portons devant l'urgence de la situation ;

  • Permettre aux services publics d'assurer toutes leurs missions sur l'ensemble des territoires.

 

Si nous voulons faire aboutir nos revendications légitimes, si nous voulons le partage des richesses, si nous voulons la préservation de nos services publics, nous devons dans l’unité la plus large construire le rapport de force.

 

MERCI à toutes et tous.

 

Voir aussi, au niveau national, cet appel de partis à manifester le 13 octobre : Forces de gauche et écologistes, nous serons avec les syndicats le 13 octobre


 

Cet article est le 3312 ème sur le blog MRC 53 - le 152ème catégorie Travail Economie

Sébastien Lardeux, prenant la parole au nom de l'intersyndicale, devant la Bourse du travail à Laval, le 13 octobre 2023

Sébastien Lardeux, prenant la parole au nom de l'intersyndicale, devant la Bourse du travail à Laval, le 13 octobre 2023

Partager cet article
Repost0
30 avril 2023 7 30 /04 /avril /2023 15:07

"Les mouvements sociaux et l'impasse politique décrédibilisent la France"

"L'agence de notation Fitch dégrade la note de la France de AA à AA - ce qui est un revers pour le gouvernement, qui espérait que la promulgation de la réforme des retraites rassurerait les marchés sur la situation financière du pays".


 

Pour information, voir Wikipédia : Notation financière de la France


 

Et le site du quotidien Ouest-France (Emile Benech, 29 avril 2023) : Pourquoi l'agence Fitch a-t-elle dégradé la note financière de la France

Comme les deux autres grandes agences de notation (S & P et Moody’s), Fitch évalue régulièrement la capacité des États à rembourser leur dette, en leur attribuant une note matérialisée par des lettres.

La meilleure note est AAA (crédit de qualité optimale), la pire est C ou D (défaut de paiement) selon les agences.

Pour justifier sa décision de dégrader la note française, l’agence Fitch a notamment évoqué « des déficits budgétaires importants et des progrès modestes » concernant leur réduction, après trois ans d’abondantes dépenses publiques destinées à amortir le choc du Covid et de l’inflation.

 

Avec un double A, la dette française est encore jugée de « très bonne qualité » par l’agence et reste prisée des investisseurs, qui apprécient la sécurité de ce placement. Mais elle a été dégradée au dernier échelon avant le simple A, qui correspond à un crédit de « bonne qualité ».

 

La décision de Fitch « va à contre-courant de ce que le gouvernement pouvait attendre » après l’adoption de la réforme des retraites, censée « montrer aux marchés qu’il avait une crédibilité à maîtriser les équilibres budgétaires à long terme », a commenté samedi sur france info l’économiste de l’OFCE Mathieu Plane.


 

Voir aussi : - Le Monde Fitch dégrade la note financière de la France

- La Tribune : Coup de tonnerre : Fitch abaisse la note de crédit de la France

 

Cet article est le 3284 ème sur le blog MRC 53 - le 151ème catégorie Travail Economie

A Laval (Mayenne), le 7 mars 2023, au départ de la manifestation contre la réforme des retraites (5ème journée de mobilisation)

A Laval (Mayenne), le 7 mars 2023, au départ de la manifestation contre la réforme des retraites (5ème journée de mobilisation)

Partager cet article
Repost0
20 février 2023 1 20 /02 /février /2023 18:53

Sortir le travail du marché implique la maîtrise des décisions politiques


Le tournant politique fondamental imposé à la France a commencé en 1983 par l'ouverture de la "parenthèse libérale", en réalité néolibérale.

Il s'est concrétisé, à la suite de l'effondrement de l'URSS et de la réunification allemande, par l'adoption d'un marché unique européen, mettant ainsi en oeuvre la doctrine néolibérale dans l'ensemble des pays membres de l'Union européenne, par le Traité de Maastricht en 1992. Extrait (Wikipédia).

"Le traité de Maastricht est le fruit d'une double dynamique, celle de l'union économique et monétaire, de l'achèvement de la mise en place du marché unique et de l'extension du champ communautaire d'une part, et celle de la construction politique de l'Europe dans le contexte de la réunification allemande faisant suite à l'effondrement du bloc soviétique marquant la fin de la guerre froide d'autre part".

 

PARDEM, le parti de la démondialisation, conduit des réflexions visant à sortir du tout-marché en France. Leur application se heurterait évidemment aux dogmes néolibéraux de l'Union européenne, ce qui le conduit "à la conclusion qu’il faut sortir de l’euro et de l’Union européenne si nous voulons nous réapproprier la monnaie et contrôler les banques. Plus généralement, il faut dé-marchandiser, et en tout premier lieu le travail, la terre, la monnaie, et le commerce international".

Voici le début du texte de réflexion (17 février 2023) sur le thème du travail.

En pleine mobilisation contre la « réforme des retraites », une question essentielle émerge : celle du travail. Des conditions de travail, de sa rémunération mais aussi du sens du travail. Mais entre emploi et travail il existe des différences. L’emploi s’inscrit depuis des décennies dans un « marché » où on est sommé de se vendre auprès d’employeurs qui achètent au meilleur prix, c’est-à-dire au salaire le plus bas, des « compétences » les plus hautes.

 

Mais lorsqu’on parle du salaire il ne s’agit pas seulement du net perçu mensuellement mais aussi du salaire différé (ou socialisé) incluant les pensions de retraite à venir et, d’une manière générale, toute la protection sociale. Tandis que tous les salariés versent des cotisations sociales, les employeurs, eux, en sont de plus en plus exonérés. Ces mesures gouvernementales, notamment le CICE, assèchent depuis des années les comptes de la Sécurité sociale. Elles concernent tous les salaires jusqu’au SMIC, soit plus de 2,5 millions de personnes dans le secteur privé.

 

Le chômage, disons plus exactement la privation d’emploi, concourt aussi à la réduction des recettes de la protection sociale. Il existe, en effet, deux niveaux au salaire. Le plus visible est celui perçu en net par chacun, son « pouvoir d’achat » immédiat, versé sur son compte bancaire. L’autre niveau, le salaire différé ou socialisé (Assurance maladie, retraite, chômage, prestations familiales et logement), est invisibilisé mais crucial. Il résulte de la même action : celle de la force de travail du salarié qui produit biens ou services. C’est tout à la fois à la protection sociale et au salaire direct que les néolibéraux s’attaquent depuis plusieurs années. D’autant que plus les privés d’emplois sont nombreux moins les salaires augmentent selon le principe de l’offre et la demande imposé par le marché. D’ailleurs la dernière réforme des indemnités chômage fait varier les indemnités en fonction de ce marché de l’emploi. Le gain est donc double pour le patronat : moins les employeurs payent de cotisations sociales, plus la Sécurité sociale est appauvrie, plus les salariés sont pris à la gorge, plus les profits s’accroissent pour les gros actionnaires.

 

Mais gare ! Le rejet massif de la population de l’allongement de la durée du travail (jusqu’à 64 ans avec 43 années de cotisation pour le salarié) ouvre désormais sur le refus de « mourir au travail », de « perdre sa vie pour la gagner ». Et pose des questions de fond. A quoi sert le travail ? A qui ? Pourquoi ?

 

Pour qui veut mettre en mouvement une vague émancipatrice, il est indispensable de résoudre à la fois l’accès à l’emploi pour tous et le sens du travail pour chacun. Ce qui exige de penser la société sur de nouvelles bases.

 

La dynamique du système capitaliste le pousse en permanence à universaliser le marché, c’est-à-dire non seulement à l’étendre sur le plan géographique, mais aussi à l’étendre du domaine des biens matériels au travail, à la terre, à la monnaie et au commerce international. Ce ne sont là toutefois que des « marchandises fictives ». Elles touchent en effet respectivement à l’être humain, à la nature, au pouvoir, aux relations entre nations. Ces quatre éléments ne peuvent dans la réalité être totalement soumis à des mécanismes de marché sans provoquer d’immenses effets destructeurs sur les sociétés comme nous l’observons quotidiennement depuis plusieurs décennies.

 

C’est pourtant le changement fondamental produit par le capitalisme qui avance sans discontinuer vers la plus complète transformation possible du travail, de la terre, de la monnaie et du commerce international en marchandises. Il traite ces éléments comme s’ils avaient été produits dans le seul but d’être vendus comme des marchandises ordinaires, alors que ce ne sont pas d’authentiques marchandises, et qu’ils ne le seront jamais.

 

Si le travail, la terre, la monnaie, tout ce qui circule grâce au commerce international peuvent être achetés ou vendus librement, le mécanisme du marché leur sera appliqué avec une offre et une demande. Il y aura donc un prix de marché pour l’usage de la force de travail (le salaire), l’usage de la terre (la rente), l’usage de la monnaie (l’intérêt), l’usage de ce qui circule grâce au commerce international (les relations entre nations). Travail, terre, monnaie, commerce international ont désormais leurs propres marchés, semblables à ceux des marchandises authentiques que l’on produit grâce à eux.

 

Le travail n’est qu’un autre nom donné à l’humain, la terre n’est qu’un autre nom donné à la nature, la monnaie n’est qu’un autre nom donné au pouvoir, le commerce international n’est qu’un autre nom donné aux relations internationales et à leurs rapports de force. Par l’illusion que la marchandise s’applique à ces quatre catégories, l’être humain et la nature sont soumis à un mécanisme « naturel » qui les dépasse et sur lequel ils ne peuvent avoir de prise. La prospérité matérielle promise par ce système ne repose que sur les motivations de la faim et du gain : la crainte de mourir de faim pour les pauvres et l’appât du gain pour les riches et demi-riches.

 

La fiction de la marchandise appliquée au travail, à la terre, à la monnaie et au commerce international permet le passage de l’économie de marché à la société de marché. Étrangement, avec la société de marché, la société qui est un tout indissociable se trouve alors encastrée dans une partie d’elle-même qui est le mécanisme de sa propre économie. Sortir de la société de marché passe impérativement par la sortie des logiques marchandes appliquées au travail, à la terre, à la monnaie et au commerce international.

 

Voir aussi David Cayla : éléments d'un agenda pour une économie démocratique (30 décembre 2022)

Cet article est le 3225 ème sur le blog MRC 53 - le 150ème catégorie Travail Economie

Le 11 février 2023 à Laval (Mayenne), les manifestants contre la "réforme" des retraites

Le 11 février 2023 à Laval (Mayenne), les manifestants contre la "réforme" des retraites

Partager cet article
Repost0
19 février 2023 7 19 /02 /février /2023 22:10

Le macronisme néolibéral face à la crise du rapport au travail


 

Comment caractériser la crise qui s'annonce à partir du 7 mars en France, dans le prolongement de celle dite des Gilets jaunes en 2018 - qui était restée sans débouché politique ? Ce qui est sûr, c'est qu'elle ne se limite pas à la question des retraites, comme le dit Luc Rouban, directeur de recherche au CNRS (associé au CEVIPOF et à Sciences Po), sur le site de herodote.net, le 19 février 2023.


 

19 février 2023 : comment peut-on comprendre la crise sociale engendrée par le projet de réforme des retraites ? L’amplitude des manifestations, la réunion, devenue très rare depuis les années 2000, de tous les syndicats dans un front commun du refus, la diversité même des manifestants qui se retrouvent non pas seulement dans le centre des grandes villes mais aussi dans de petites sous-préfectures laissent à penser que l’on est en présence d’une crise originale. Et sans doute est-ce le cas si on la place dans une perspective historique.


 

À ce titre, il faut faire une remarque préalable. Une crise sociale est souvent multifactorielle, ce n’est pas une crise sectorielle limitée à un enjeu précis, bien identifié. En cela, il faut distinguer les conflits sociaux ordinaires des crises sociales qui sont toujours quelque peu extraordinaires.

Un conflit social, comme tous ceux que l’on a vus se produire dans l’histoire récente, s’ancre dans l’opposition des intérêts de salariés, du privé comme du public, face au patronat ou aux autorités hiérarchiques. Il s’agit toujours de revendiquer une amélioration des salaires ou des conditions de travail, de négocier un rachat d’entreprise et le reclassement des personnels, de contester un plan social ou de carrière.

En revanche, la crise sociale, si elle naît bien d’un conflit sur une question précise, en l’occurrence le recul de l’âge de départ à la retraite à 64 ans, vient se charger de revendications plus profondes, plus lointaines, mettant en jeu des représentations sociales, des oppositions politiques. On est alors devant un « moment » politique éminemment historique et sans doute appelé à servir de point de repère et d’inflexion pour les historiens du futur. Or c’est bien ce qui caractérise la crise qui a émergé de la réforme des retraites. Il faut donc chercher à en comprendre les ressorts profonds et voir en quoi cette crise se distingue d’autres crises dans l’histoire.

La comparaison historique en matière sociale et politique reste évidemment toujours très délicate à manier car les structures mêmes des sociétés, les technologies, les valeurs et les modes d’organisation changent dans le temps. On est ici au cœur d’un  grand enjeu de la recherche qui est celui de l’articulation entre la sociologie et l’histoire. Il n’y a guère de sociologie qu’historique et guère d’histoire qui ne puisse se passer d’une étude des phénomènes sociaux. À partir de ces prémisses, peut-on au moins trouver à la crise de 2023 des homologies historiques ? Même si l’on peut trouver un certain nombre de points communs, il demeure que la situation que l’on connaît en 2023 reste inédite.

Travail en miettes, salariés déboussolés

Cette crise, tout d’abord, vient soulever la question du rapport au travail dont les enquêtes comparatives montrent qu’il est souvent bien moins vécu au quotidien en France que dans d’autres pays européens du fait de contraintes récurrentes : pression de la hiérarchie, faiblesse du dialogue social, intensification des rythmes (...).

La suite est réservée aux abonnés du site Herodote.net.

Voir aussi (26 janvier 2023) : Luc Rouban : « La mobilisation sur les retraites manifeste une défiance à l'égard de la hiérarchie sociale. Selon le chercheur du Cevipof, l’obsession libérale des élites se heurte une nouvelle fois à l’attachement d’une majorité des Français à l’Etat-providence, et aux réalités du marché du travail.
Et (8 janvier 2023) : Réforme des retraites : le gouvernement pourrait-il céder face à la contestation ? Et pour cause : "Quand on débat des retraites, on parle en réalité du travail", comme le souligne pour Le Monde le sociologue Luc Rouban, directeur de recherche au CNRS. Qui développe : "C’est en France que le travail est le plus vécu comme une souffrance. La moitié des Français considèrent que leur travail n’est pas reconnu ni récompensé à sa juste valeur. […] Il en découle une sacralisation des retraites, parce que c’est le moment où l’on peut profiter de la vie. C’est la récompense, l’horizon après une vie de labeur. Donc si on touche aux retraites, on touche au canot de sauvetage."

Les cinq journées de mobilisation à l'initiative de l'intersyndicale depuis le début de l'année 2023 - exigeant du pouvoir macronien le retrait de son projet de loi "réformant " les retraites - montrent qu'il ne s'agit pas seulement d'un conflit social.

Il s'agit, en fait, d'une crise sociale de grande ampleur et on le verra mieux à partir du 7 mars. Car le monde du travail ressent qu'il ne compte pas vraiment dans les calculs du chef de l'Etat. Celui-ci utilise les leviers de l'Etat pour maintenir la domination des forces économiques et financières sur la société et perpétuer le néolibéralisme, cette doctrine économique qui vise à mettre l'Etat au service des marchés, c'est-à-dire à le rendre impuissant.

Voir cette conclusion d'une étude du CEVIPOF (Luc Rouban), en 2020, décrivant L'emprise du libéralisme autoritaire en France. On voit se développer en France un libéralisme autoritaire qui trouve son implantation partisane aussi bien dans l’électorat de La République en Marche, des Républicains ou du Rassemblement national.

Le résultat de l'affrontement qui s'installe en France entre le monde du travail, représenté par les organisations syndicales, et le monde du capital, représenté par le pouvoir macronien, sera décisif pour l'avenir de la démocratie républicaine dans notre pays.

Cet article est le 3224 ème sur le blog MRC 53 - le 149ème catégorie Travail Economie

Samedi 11 février 2023, à Laval (Mayenne), au square de Boston, lors de la 4ème journée de mobilisation contre le projet de "réforme" des retraites

Samedi 11 février 2023, à Laval (Mayenne), au square de Boston, lors de la 4ème journée de mobilisation contre le projet de "réforme" des retraites

Partager cet article
Repost0
25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 16:00

 

La destruction de l'industrie française est en cours depuis longtemps

 

Samedi 22 juin à Belfort. Plusieurs milliers de manifestants dans les rues en soutien à l'emploi fortement menacé dans les usines de General Electric.

Voir Le Monde, 22 juin 2019 : General Electric à Belfort : « On est en train de détruire toute l'industrie française

Pour comprendre ce qui s'est passé, il faut découvrir (L'USINE NOUVELLE, 16 janvier 2019) L'éclairant calvaire de Frédéric Pierucci, lampiste et appât de l'affaire Alstom.

Bastien Faudot (Gauche Républicaine et Socialiste GRS) en avait parlé, début mai, lors de son Point Politique et Populaire en évoquant les élections européennes 2019.

Arnaud Montebourg, ancien ministre de l'économie, s'est montré très précis à l'antenne de France Inter le 14 juin 2019. Voir Francetvinfo : General Electric : "On peut encore racheter des parties d'Alstom

Dans une Tribune publiée sur le site de Marianne le 31 mai 2019, les quatre principaux responsables de la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), Bastien Faudot, Emmanuel Maurel, Jean-Luc Laurent et Marie-Noëlle Lienemann pointaient la responsabilité de l'actuel président de la République dans le fiasco de Belfort.

Voir General Electric : un désastre dont Macron est le nom ou, sur le site du MRC : General Electric : un désastre dont Macron est le nom

Le Président porte une lourde responsabilité dans la casse sociale et technologique en cours à Belfort. Il a désormais le devoir d’agir pour empêcher la poursuite du démantèlement. 

L’ultime épisode du sinistre feuilleton « Alstom – General Electric » est désormais connu : en annonçant mardi 28 mai la suppression de 1050 emplois, pour l’essentiel dans l’entité Gaz de GE, la direction du groupe a confirmé ce que l’intersyndicale du site belfortain redoutait depuis des mois. C’est, pour l’un des principaux bassins industriels français, un séisme d’une ampleur sans précédent, car à ce millier d’emplois, s’ajoute en réalité 750 suppressions de postes qui ont déjà cours, en catimini, notamment dans la sous-traitance interne. Si l’on y ajoute l’ensemble des emplois induits*, c’est au bas mot, 7 à 8.000 familles qui subiront les effets de la restructuration de General Electric, qui signifie en fait une délocalisation massive de la production. 

Ce carnage au plan social s’ajoute au gâchis technologique et industriel : la suppression d’activité va demain engendrer une perte de savoir-faire et de métiers pour lesquels la puissance publique a investi en formations, en infrastructures, en recherche. Ce sont des centaines et des centaines d’ingénieurs ou d’ouvriers qualifiés qui vont demain être privés d’emplois, qui vont devoir engager une reconversion, ou déménager pour tenter leur chance ailleurs. C’est une perte de richesse incalculable pour la communauté nationale. 

L’affaire Alstom-General Electric vient de loin. Car le discours fataliste des libéraux ne doit pas dissimuler une réalité concrète : la désindustrialisation en France n’est pas une catastrophe naturelle. Elle est le produit de priorités politiques, de choix délibérés en haut lieu qui sont la cause première du désastre social que subissent ceux qui n’ont que leur travail pour vivre. De ce point de vue, le cas Alstom-General Electric est un cas d’école : l’abandon par l’Etat de notre fleuron Alstom a rendu possible la liquidation des emplois chez General Electric. 

L’Etat, ici, a un nom : Emmanuel Macron. Car depuis le début de l’affaire, tous les fils mènent à l’actuel président de la République qui a agi avec persévérance… contre nos intérêts nationaux. 

Printemps 2014 : le jeune secrétaire général adjoint de l’Elysée s’oppose d’une formule lapidaire à la proposition d’Arnaud Montebourg de nationaliser Alstom pour éviter de brader le groupe au géant américain qui a fait une offre : « On n’est quand même pas au Venezuela ! ». C’est la ligne Macron qui l’emporte à l’Elysée. Cette option satisfait en réalité tous les libéraux, jusqu’au maire LR de Belfort qui applaudit des deux mains. 

Avant cela, à l’automne 2013, le même Emmanuel Macron commanditait un rapport secret au cabinet américain A.T. Kearney qui détaille le scénario du démantèlement du groupe français et recommande que Bouygues cède les parts qu’il détient dans Alstom à… General Electric. Devant la commission d’enquête parlementaire, M. Macron ose soutenir pourtant que l’Etat a été « mis devant le fait accompli » ! Dans ce dossier, Alstom et Bouygues ont le même banquier, la maison Rothschild, employeur d’Emmanuel Macron jusqu’en 2012. 

4 novembre 2014 : arrivé entre
-temps à Bercy, Emmanuel Macron signe l’accord du gouvernement pour la cession au groupe américain. La logique du circuit court prévaut : celui qui fut le promoteur de l’opération a eu le privilège de la valider… 

28 mai 2015 : le ministre de l’économie se rend à Belfort pour rencontrer les salariés d’Alstom Transport et leur déclare : « Votre activité a une importance stratégique pour la France et sera donc défendue ». Cette déclaration n’empêche pas le volte-face deux ans plus tard : fra
îchement élu président de la République, Emmanuel Macron soutient la vente du groupe français à l’Allemand Siemens en prétendant bâtir un « airbus du rail ». Mais la commission européenne met un terme à ce projet en février 2019 pour éviter une position monopolistique. L’arroseur arrosé. 

Juin 2018 : General Electric, qui avait assorti l’acquisition d’Alstom énergie d’une promesse de création de 1000 emplois en France, annonce finalement que cet engagement ne sera pas honoré. Le gouvernement de M. Macron répond qu’il restera « vigilant » ! 

Printemps 2019 : Prétextant un effondrement du marché des turbines à gaz, le groupe américain décide d’une restructuration et programme les annonces pour le 30 avril, qu’il repoussera à deux reprises, sous la houlette du nouveau directeur général qui vient d’être nommé et qui n’est autre que l’ancien conseiller d’Emmanuel Macron au ministère des finances, Hugh Bailey… Ultime arrogance, la suppression des 1050 emplois intervient tranquillement 48 heures après un scrutin européen décisif pour le parti du président. 

Un tel scénario relève du thriller hollywoodien. Comment un chef d’Etat a pu couvrir, encourager, justifier, organiser un tel désastre ? A chaque étape, à chaque échelon des cha
înes de décision, Emmanuel Macron n’a pas seulement laissé faire, il a agi de façon délibérée en bradant des technologies décisives (et l’ensemble des brevets) pour notre indépendance nationale : les turbines Arabelle qui équipent nos centrales nucléaires, le propulseur du porte avion Charles de Gaulle ou encore les turbines de nos quatre sous-marins nucléaires sont désormais sous bannière américaine ! 

Aujourd’hui, le plan de licenciement dans la division Gas Power de GE est assorti de mensonges éhontés. D’une part, GE a enregistré en 2018 le plus grand nombre de commandes de turbines à gaz. D’autre part, la consommation de gaz dans le monde ne cesse d’augmenter. De surcro
ît, la complémentarité de ces turbines avec les énergies renouvelables est attestée. Enfin et surtout, les activités produites à Belfort ne sont pas, contrairement à la communication officielle du groupe, supprimées, mais relocalisées pour partie aux Etats-Unis et délocalisées en Inde, au Mexique et en Hongrie. 

Dans cette affaire, les intérêts des salariés du site et ceux de la Nation se confondent. Pour les salariés comme pour la Nation toute entière, le président de la République a aujourd’hui le devoir de mobiliser tous les moyens de l’Etat pour réparer les fautes qui procèdent de sa responsabilité personnelle. 

 

Cet article est le 3132 ème sur le blog MRC 53 -  le 148ème catégorie Travail Economie

A Belfort, le 22 juin 2019, contre le millier de licenciements annoncé par General Electric

A Belfort, le 22 juin 2019, contre le millier de licenciements annoncé par General Electric

Partager cet article
Repost0
29 novembre 2018 4 29 /11 /novembre /2018 23:44

 

Les gouvernants français sont sourds devant la colère des manifestants

Le mouvement des Gilets jaunes est issu de l’entêtement des dirigeants politiques français et européens à maintenir des politiques d’austérité économique. Cela est bien expliqué par Bruno Moschetto, responsable des questions économiques au Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), dans le texte publié sur le site du MRC le 26 novembre 2018. Voir aussi une vidéo de Xerfi Canal (10 octobre 2017) : Crises financières et régulations bancaires.

Austérité économique et crise financière

L'austérité économique est une dure réalité alors qu'une nouvelle crise financière est plus qu'une probabilité. D’ailleurs celle-là risque d’appeler celle-ci. D’où la nécessité de réduire l’une pour évacuer l’autre.   
L'austérité économique ne date pas d'hier. Elle est apparue progressivement après l'épuisement du long fleuve tranquille des trente glorieuses et l’aboutissement de la longue marche vers la monnaie unique. Depuis trente ans, la France comme nombreuses de ses pareilles vit dans un contexte de désinflation compétitive. Certes celle-ci a réussi puisque les taux d'inflation et par là d'intérêt, sont devenus quasi nuls, voire négatifs.  
Mais chacun sait que la prospérité économique s'extériorise par la population en quasi plein emploi et les prix à la consommation légèrement orientés à la hausse. Nous sommes bien loin et même très loin de ce contexte. D'où une érosion régulière des revenus des ménages dont la contraction a déclenché le mouvement des gilets jaunes, nos sans culottes d'aujourd'hui. La hausse des taxes sur les carburants n’est qu’un épiphénomène et un révélateur de la profondeur du malaise social.  Il est grand temps d'adopter une politique économique réaliste de nature à tempérer la colère des manifestants et d’améliorer leur pouvoir économique de vivre. 
D’ailleurs l’irruption soudaine et brutale des revendications des gilets jaunes, cette crise de nature tout à fait nouvelle -atomisée et disséminée par les réseaux sociaux et véhiculée par les téléphones mobiles- a tétanisé le gouvernement ainsi que l’avait fait en Mai 68 la conjugaison des mouvements étudiants et ouvriers. Mais à l’époque la réponse du gouvernement fut immédiate et déboucha sur les Accords de Grenelle, à concertation tripartite sous l’animation de Georges Pompidou lesquels se traduisirent par une augmentation de tous les revenus et en particulier du SMIC de 30%. Une telle relance ouvrait une période de prospérité d'une quinzaine d'années jusqu’à l'ouverture de tous les facteurs de production, capital et travail, à la mondialisation lors du tournant libéral de 1983.  
A l’heure actuelle il se révèle important d’avoir un œil critique sur la notion de pouvoir d’achat qui relève de la seule économie de marché. Pour acheter il faut disposer d’avoirs monétaires -en poche ou en compte- utilisables sur les marchés des biens et des services. Pour les plus modestes d’entre nous, ce n’est malheureusement pas le cas.  Les ressources non monétaires nécessaires pour vivre ne peuvent provenir que des prestations sociales : chômage, santé et retraites, opportunément financées par les prélèvements obligatoires alors que leur contraction est régulièrement réclamée. Une telle réduction des services publics -par définition non marchands- ne fait qu’ajouter la crise à la crise.  
L’augmentation des revenus directs ou de transferts entraînerait un retournement de ce cycle déflationniste et permettrait ainsi le financement de l'économie réelle, vocation première des banques commerciales.  Cela nécessite le retour à une inflation maîtrisée après laquelle court désespérément Mario Draghi, en dépit des conseils que lui avait prodigués il y a une demi-douzaine d’années, l'économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), Olivier Blanchard, pour lequel le taux d'inflation cible devait être porté de 2% à 4,5 %. La pratique d’une politique de bas taux d’intérêt n’a pas entraîné une relance de la demande de consommation et par là d’investissement. Notre corps économique se situe dans un état d’encéphalogramme plat.   
Une inflation significative appelant des hauts taux d’intérêt tirerait l'économie vers le haut et notamment la masse salariale et impliquerait naturellement d'abandonner, ne fut-ce que pour deux ou trois semestres, une politique trentenaire de l'offre et de la remplacer temporairement par une politique de la demande à fondement keynésien. L’adoption d’une telle « autre » politique nécessite le rejet absolu des contraintes européennes issues de Maastricht, c’est-à-dire le triple fixisme cambiaire, monétaire et budgétaire et de jeter celles-ci momentanément à la rivière. Une telle politique répondrait à un premier impératif : sacrifier la monnaie pour sauver l'économie. 
Une crise financière, pour l'instant seulement potentielle, pourrait apparaître rapidement au coin de la rue et ce dans des contextes nationaux différents. D’abord un foyer de crise pourrait survenir en Italie où les banques commerciales – en particulier la plus ancienne d’entre-elles la Monte di Paschi di Sienna - ont financé l'austérité économique par des crédits qui se sont transformés en créances compromises et dont le montant se situerait à plus de 350 milliards d'euros. Un tel chiffre donne le vertige compte tenu de la modestie des fonds de sauvetage des banques, qu’ils soient italiens ou européens. Après la Grèce, l'Italie aurait à connaître des plans significatifs de financement des pertes bancaires par l’État c’est-à-dire par le contribuable, avant qu'un tel schéma ne touche la France par contagion due à l'interconnexion des banques européennes et mondiales entre elles. Cela serait la réalisation de l’hypothèse du fameux risque systémique.   
Le second foyer de crise financière se situerait au sein des banques allemandes notamment régionales à vocation mutualiste et surtout la Deutsche Bank, la première des banques commerciales à rayonnement international, lesquelles ne pourraient faire face à un risque de liquidité et de solvabilité dû au fait que les activités de marché n'ont pas été séparées des activités bancaires. En effet, la directive Barnier dont c'était la finalité, a été bloquée par les lobbies bancaires - allemands et français - défenseurs inconscients du modèle des soi-disant banques universelles qui sont aussi des banques d’investissement et surtout des banques de marché. En effet, l’on sait que ce sont les pertes nées des opérations de marché qui ont conduit il y a dix ans les plus grandes banques mondiales, notamment aux États-Unis, au Royaume Uni, à la faillite ou à leur nationalisation.   
En filigrane, après la série d’ajustements austéritaires, apparaît la nécessité d’adopter   un deuxième impératif : transformer la monnaie unique en monnaie commune ainsi que le préconise depuis plus d’un septennat le MRC dont la martingale gagnante a été reprise par le prix Nobel d’économie, Josef Stiglitz dans son dernier ouvrage de 2016 : « L’euro menace l’Europe »   
Il appartient à nos dirigeants de prendre la mesure de la réalité de l'austérité générale imposée aux populations, et d'adopter une politique de relance de la croissance qui s'impose afin d'inverser cette tendance mortifère, avant que l'éclatement des crises financières en Italie et en Allemagne n’entraîne tout vers le chaos. Pour l’instant en guise de réponse, nos dirigeants, sourds à la colère des manifestants, affirment qu’ils maintiendront le cap, qu’ils ne changeront pas de politique à court terme et choisissant de pérenniser la disette, menace la sauvegarde de la planète à long terme. Ce sont les conséquences d’un tel arbitrage qui sont difficilement admissibles par un grand nombre de citoyens.   
Face à un tel « non » à tout changement de politique, il appartiendra au pays réel (le peuple) de changer le pays légal (ses représentants). 

Cet article est le 3 117 ème sur le blog MRC 53 - le 147ème catégorie Travail Economie

Les Gilets jaunes, le 17 novembre 2018, au rond-point du Châtelier, à Saint-Berthevin (entrée de l'agglomération de Laval en Mayenne)

Les Gilets jaunes, le 17 novembre 2018, au rond-point du Châtelier, à Saint-Berthevin (entrée de l'agglomération de Laval en Mayenne)

Partager cet article
Repost0
28 octobre 2018 7 28 /10 /octobre /2018 14:30

 

Les modèles économiques actuels n’embraient pas sur le réel

 

David Cayla est économiste à l’université d’Angers. Originaire de la région grenobloise, il étudie l’épistémologie et l’histoire de la pensée économique à l’université Paris 1, puis obtient un doctorat d’économie en 2007. Défenseur d’une économie hétérodoxe ouverte aux autres sciences sociales, il rejoint en 2013 le collectif des Économistes atterré. Il est l’auteur, avec l’essayiste Coralie Delaume de La fin de l’Union européenne (Michalon, 2017).

Son nouveau livre le place en bonne position parmi les économistes de la vague hétérodoxe.

Voir L'économie du réel (De Boeck Supérieur).

Cet ouvrage remet l’économie au cœur des sciences sociales et questionne certains « automatismes de pensée » que les économistes affectionnent. Les recommandations qu'ils en tirent ont tendance à justifier des politiques dont les effets sociaux ne sont pas neutres, privilégiant des intérêts minoritaires au lieu de construire une société économique où la richesse créée par la majorité profite au plus grand nombre.

L’économie ne parle plus du réel.

Malgré ses prétentions scientifiques, elle s’est perdue dans l’élaboration de modèles abstraits bien souvent incapables de présenter une vision adéquate du monde économique et de ses problèmes.

Est-on certain que les prix s’ajustent à l’offre et à la demande ? La concurrence se traduit-elle toujours par une efficacité accrue ? Les dysfonctionnements du marché du travail permettent-ils d’expliquer le chômage ?

Les réponses proposées par l’économie dominante se vérifient rarement dans les faits. Une vision économique étroite, centrée sur une représentation idéalisée des marchés, n’appréhende pas la complexité du monde telle qu’elle est vécue et induit des politiques aux résultats parfois désastreux. Il en va ainsi des politiques agricoles qui ont généré une catastrophe économique, sociale et environnementale, ou de la création du marché européen du carbone qui, malgré la complexité de sa mise en œuvre, n’est pas parvenu à limiter les émissions de gaz à effet de serre des industriels.

Il est plus que temps de revoir en profondeur la manière dont se construit la pensée économique. Nous avons besoin d’une véritable science économique qui comprenne le réel, c’est-à-dire la société humaine dans toutes ses dimensions.

 

Voir aussi :

- (Mr Mondialisation, 16 octobre 2018) : David Cayla, l'économiste iconoclaste

- (Le Vent Se Lève, 15 octobre 2018) : La « loi de l'offre et de la demande » sert surtout à justifier les inégalités

- (27 septembre 2018) : Polony TV - Entretien avec David Cayla

- (CiViQ, 5 décembre 2014) : Rencontre CiViQ 1er décembre St-Berthevin : David Cayla pédagogue

 

Cet article est le 3108 ème sur le blog MRC 53 - le 146ème catégorie Travail Economie

David Cayla le 9 septembre 2018 à Marseille, intervenant dans l'atelier de "Nos Causes Communes" sur le thème "L'économie est-elle une science ?"

David Cayla le 9 septembre 2018 à Marseille, intervenant dans l'atelier de "Nos Causes Communes" sur le thème "L'économie est-elle une science ?"

Partager cet article
Repost0