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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 20:34

 

La CGT, la FSU, Solidaires et l’UD-FO ensemble à Laval (Mayenne)

 

Nous étions plutôt nombreux le 12 septembre 2017 à Laval, lors de la manifestation contre les ordonnances Macron réformant le Code du travail.


 

Voir Ouest-France, 13 septembre : Ordonnances Macron: environ 800 manifestants à Laval

Jean-Loïc Guérin (extrait) : « Entre 700 et 800 personnes selon notre propre estimation. Autrement dit, une mobilisation plutôt réussie pour ce premier test de la rue contre la politique gouvernementale du nouveau président. Elle sera suivie d’autres actions dès jeudi 21 septembre, puis le 23 dans un esprit davantage citoyen porté par les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon » (…).


 

Autres liens :

- France Bleu Mayenne : Photos et vidéos de la mobilisation en Mayenne contre la réforme du code du travail

- leglob-journal : Contre les ordonnances Macron : à Laval, un cortège « bien plus » fourni « que prévu »


 

Au niveau national (Le Monde, 13 septembre) : Les leçons de la mobilisation du 12

 

A noter, la réflexion d’un mayennais, Henri Marteau (leglob-journal, 9 septembre) : Derrière les ordonnances Macron : l’Union Européenne

 

Rappel (blog MRC 53) :

- (11 septembre) : Le MRC s'oppose aux ordonnances Travail de la régression sociale

- (6 septembre) : Réforme du code du travail : les ordonnances Macron vues par la CGT


 

Cet article est le 3014ème sur le blog MRC 53 - le 142ème catégorie Travail Economie

Les manifestants sur le Pont-Vieux (en arrière-plan, le château de Laval) le 12 septembre 2017

Les manifestants sur le Pont-Vieux (en arrière-plan, le château de Laval) le 12 septembre 2017

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11 septembre 2017 1 11 /09 /septembre /2017 23:44

 

Ce sont les dogmes du néolibéralisme qui sont responsables du chômage

 

Demain, 12 septembre, plusieurs syndicats appellent à manifester contre les ordonnances portant la réforme du code du travail. En Mayenne, FO se joint à la CGT, FSU et Solidaires pour appeler à un rassemblement à Laval, place du Jet d'eau, à 12h30.  (Ouest-France, page Laval, 11 sept. 2017).

Voici la position du Mouvement Républicain et Citoyen, au niveau national ( Jean-Luc Laurent, président du MRC, et Christian Hutin, député MRC du Nord) et du MRC Limousin-Poitou-Charentes.

- Jean-Luc Laurent : Ordonnances Travail : Les grandes entreprises entièrement gagnantes

- Christian Hutin : Le code du travail et les salariés ne sont pas responsables du chômage !

- Serge Maupouet : Dire "non" aux ordonnances Travail, c’est dire "non" au recul social

Communiqué de presse du MRC LIMOUSIN–POITOU-CHARENTES - voir aussi dans la presse locale :  Dire « non » aux ordonnances Travail, c’est dire « non » au recul social

     Le MRC s’est opposé à la loi Travail, qu’il aurait été plus juste de nommer « précarité du travail ». C’est par conséquent dans la pleine cohérence d’un positionnement politique que le MRC Limousin–Poitou-Charentes affirme son opposition aux ordonnances Travail du président Macron et de son gouvernement. 
  

     Les annonces ministérielles sur le contenu et la portée des ordonnances visant à réformer le Code du Travail sont porteuses d’une profonde déstabilisation de la nature des relations sociales en France. Non seulement les ordonnances ne résoudront pas les difficultés posées à l’économie française dans le contexte international, mais elles vont augmenter et durcir les tensions déjà existantes au sein du monde du travail. 

      L’inversion de la hiérarchie des normes, la primauté de l’accord d’entreprise, la fusion des instances représentatives du personnel, le référendum pour contourner la représentation syndicale ou le plafonnement des indemnités devant les prud’hommes sont autant de coups portés aux conditions de travail, à la représentation des salariés et à la défense de leurs droits. Or, placer le recul social au fondement d’une stratégie économique ne peut, à l’évidence, que porter de rudes coups à la cohésion sociale.   

       L’exécutif se trompe de cible en visant le Code du Travail : ce n’est pas le contenu de ce Code qui défait ou empêche les emplois. C’est le refus de nos dirigeants de réorienter la politique économique et de rompre avec les dogmes du néo-libéralisme. Il faut poser les questions relatives aux conséquences de l’euro fort, de la « concurrence libre et non faussée », de la primauté donnée à la finance aux dépens des activités productives et du mieux-vivre de la population. L’Union européenne, telle que construite depuis Maastricht, a fait peser avec constance sur les salariés l’effort de compétitivité ; la loi Travail hier et les ordonnances Travail aujourd’hui s’inscrivent dans cette même ligne. C’est dans l’intérêt de la société française dans son ensemble qu’il faut mettre un coup d’arrêt à ce processus. La mobilisation contre les ordonnances Travail en est une étape. Il est aussi nécessaire de construire, à gauche, une alternative pour l’avenir, par une véritable politique républicaine du travail.   

       Le MRC Limousin–Poitou-Charentes soutient les manifestations d’opposition aux ordonnances Macron organisées à l’appel des organisations syndicales, et déjà celle du 12 septembre 2017. 

 

Cet article est le 3013ème sur le blog MRC 53 - le 141ème catégorie Travail Economie

Manifestation contre la loi travail le 14 juin 2016 à Paris

Manifestation contre la loi travail le 14 juin 2016 à Paris

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 16:26

 

Par pétition, ils demandent au gouvernement de pratiquer la concertation

La Fédération des acteurs de la solidarité (dont la Coorace*) lance une pétition pour demander au gouvernement de maintenir un volume élevé de contrats aidés et de mettre en place une concertation ambitieuse pour en améliorer la qualité (Alternatives économiques, 6 septembre 2017).
 

Non, Monsieur Macron, les contrats aidés ne sont pas inutiles


 

A la recherche d’économies à réaliser, le gouvernement s’est attaqué cet été à différentes mesures sociales, dont les contrats aidés qui aident pourtant des centaines de milliers de personnes à sortir du chômage. Si 459 000 contrats aidés ont été signés par des personnes éloignées de l’emploi en 2016, seuls 310 000 le seront en 2017 – le gouvernement ne souhaitant pas augmenter significativement les crédits insuffisants prévus par l’exécutif précédent – et 200 000 en 2018, selon les annonces récentes du Premier ministre.

Une mesure à contre temps

Cette position est d’autant plus paradoxale que le taux de chômage vient d’augmenter en juillet. Plus de 3,5 millions de nos concitoyens sont toujours totalement privés d’emploi, 2,5 millions d’entre eux depuis plus d’un an. Si des signaux de reprise économique sont apparus, ils ne se traduisent pas, dès aujourd’hui, par des créations d’emploi suffisantes. Dans ce contexte, réduire le volume de contrats aidés, c’est commencer un quinquennat en détruisant des emplois et condamner une centaine de milliers de nos concitoyens au chômage.

Le gouvernement justifie ce choix en pointant l’inefficacité et le coût des contrats aidés, et explique qu’il sera plus efficace d’investir dans la formation des demandeurs d’emploi. Associations d’insertion recrutant et accompagnant des personnes très éloignées du marché du travail, employeurs associatifs, économistes et syndicalistes, nous contestons cette analyse et dénonçons ce choix aux conséquences immédiates désastreuses pour notre tissu social et les plus fragiles d’entre nous.

Un marchepied efficace pour les personnes…

Pour beaucoup de chômeurs, en particulier les jeunes peu ou pas qualifiés, les personnes en situation de handicap et les chômeurs de longue durée, être recruté par une entreprise est aujourd’hui mission impossible. Ils suscitent en effet la défiance des employeurs et ont perdu confiance en eux et en leurs compétences. Beaucoup vivent la pauvreté depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, avec ses conséquences dramatiques : diminution des ressources, sous-alimentation et problèmes de santé inhérents, habitat précaire et indigne, perte de l’estime de soi. Autant de souffrances et d’obstacles au retour à l’emploi durable.

Les contrats aidés, en permettant l’accès quasi-immédiat à un emploi, brisent ce cercle vicieux du chômage et de l’exclusion. La personne travaille, acquiert un salaire et des droits sociaux, développe une expérience professionnelle et des compétences, et, retrouve, enfin, ce sentiment d’utilité et ces liens sociaux dont nous avons tous besoin.

Si le gouvernement juge que le taux de retour à l’emploi de droit commun après la fin d’un contrat aidé est trop faible – ce que la situation globale de l’emploi peut par ailleurs largement expliquer – nous constatons que la reprise d’une activité rémunérée est toujours positive pour les personnes qui craignent de retomber dans le chômage et les minima sociaux. Plutôt que de réduire le nombre de contrats de travail de ce type, il convient donc de les préserver, et même d’en accroître le nombre, puisque plus de 3,5 millions de personnes sont aujourd’hui totalement privées d’emploi, et d’en améliorer la qualité.

Les associations, notamment celles spécialisées dans l’insertion par l’activité économique, le travail adapté et protégé et l’accompagnement socioprofessionnel, ont développé une expertise d’accompagnement, de tutorat renforcé sur le lieu de travail et de mise en relation avec les entreprises, dont le gouvernement pourrait s’inspirer.

Le gouvernement pourrait également renforcer l’accès à la formation des personnes en contrat aidé en suivant les recommandations de différentes études du ministère du Travail. Elles montrent en effet que la formation des chômeurs est beaucoup plus efficace lorsqu’elle s’appuie sur un accompagnement personnalisé et une articulation avec une situation de travail, afin de mettre en œuvre immédiatement les acquis de la formation. C’est ce que font les postes d’insertion par l’activité économique et ceux du travail adapté et protégé, mais aussi une bonne partie des autres contrats aidés. Associer, plutôt qu’opposer, contrats aidés et formation, créerait ainsi des parcours cohérents et complets, donnant réellement aux personnes les chances de retrouver un emploi durable.

et bénéfique pour la société

Enfin, nous tenons à rappeler que les contrats aidés sont aussi une formidable richesse pour notre société. Ces emplois participent en effet au développement social et économique de territoires marqués par le chômage de masse, le déclin industriel et la pénurie d’emplois disponibles. Grâce à eux, nombre d’associations, mais aussi de collectivités locales, peuvent mener à bien leurs missions d’intérêt général, telles que la solidarité de proximité, les activités périscolaires et l’éducation populaire, l’aide aux personnes âgées et aux personnes handicapées, l’accès au sport, aux loisirs et à la culture ou encore des pans entiers de la transition écologique. La ministre du Travail estime que la politique de l’emploi n’a pas à financer ces missions souvent très appréciées de la population. Mais qui d’autre, si l’Etat fait défaut, assurera le maintien d’activités assurant à la fois l’accès à l’emploi au bénéfice de personnes éloignées du marché du travail et le soutien d’actions à très forte utilité sociale ?

Les contrats aidés sont, associés avec la formation, le levier le plus efficace pour y parvenir, l’expérience le prouve. Mais, oui, il convient d’améliorer encore les politiques proposées aux personnes privées d’emploi, de sorte que celles-ci ne versent pas dans l’exclusion. Cela suppose une concertation avec les associations qui les mettent en œuvre depuis des années, les personnes qui en bénéficient ou en ont bénéficié, et plus largement, l’ensemble des acteurs de l’emploi et du mouvement associatif. Nous demandons donc au gouvernement de revenir sur ces orientations, de maintenir un volume élevé de contrats aidés et de mettre en place une concertation ambitieuse, nous associant, pour en améliorer la qualité, notamment via l’accès à la formation professionnelle. Et après les baisses successives de crédits sur les aides au logement, le logement social, les parcours de sortie de la prostitution ou la politique de la ville, nous souhaitons lui rappeler que plus de 8,8 millions d’entre nous vivent sous le seuil de pauvreté, dans un état d’urgence social où les associations et les collectivités locales se retrouvent souvent seules en premières ligne pour sortir les personnes de l’exclusion et garantir la cohésion sociale.

La pétition peut être signée en cliquant ici.

 

* La réduction du nombre de contrats aidés va fragiliser fortement de nombreuses structures, associations en tête, estime Jean Burneleau, de la Coorace (qui fédère les associations et entreprises de l’économie sociale et solidaire). Voir Baisse des contrats aidés : « des associations risquent de ne pas y survivre »

Cet article est le 3012ème sur le blog MRC 53 - le 140ème catégorie Travail Economie

Manifestation de l'ensemble des syndicats à Laval le 29 janvier 2009

Manifestation de l'ensemble des syndicats à Laval le 29 janvier 2009

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6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 23:20

 

Ce n’est pas une réforme, c’est une démolition du code du travail

Le président de la république bourgeoise - qui occupe par surprise et par défaut la fonction de président de la République française depuis le mois de mai 2017 - mise sur la division des forces représentatives des travailleurs pour imposer par la loi les ordonnances réformant le code du travail. Voir (Le Monde, 1er septembre 2017) : Réforme du code du travail : ce que contiennent les ordonnances

Les journalistes membres du SNJ-CGT ont fait un résumé de ces ordonnances

 

Les ordonnances Macron dans les grandes lignes

 

Une entreprise peut, par accord d’entreprise, baisser les salaires, modifier le temps de travail, les congés, les majorations d’heures supplémentaires…

 

En cas de licenciement illégal, l'indemnité prud'homale serait plafonnée. Les patrons n’auront plus qu’à planifier et provisionner les licenciements.

 

Le plancher de 24 heures hebdomadaire pour un contrat à temps partiel n'est plus la règle dans la loi. Les temps d'astreinte peuvent être décomptés des temps de repos.

 

Les conventions collectives ou accords de branches ne prévalent plus sur les accords d’entreprises. Les employeurs pourront aller en dessous des grands acquis des salariés, voir même de les supprimer.

 

Les 11 heures de repos obligatoire par tranche de 24 heures peuvent être fractionnées. Le dispositif « forfaits-jours », qui permet de ne pas décompter les heures de travail, est étendu à l’ensemble des salariés, y compris les ouvriers.

 

Création d’une instance unique DP, CE, CHSCT. Cette instance enlève la plupart des prérogatives existantes qui permettent aux salariés d’être informés et de se défendre à l’entreprise. Le nombre de délégués seraient au moins divisés par deux. A terme, les syndicats n’auront plus de mot à dire et les salariés encore moins de moyens pour se défendre.

 

Jusqu’à maintenant un patron ne pouvait pas licencier plus de 10 salariés sur une période de 30 jours, sans avoir l’obligation de déclencher un Plan de licenciement économique. Désormais, ce seuil serait porté à 30 salariés. C’est donner la possibilité permanente aux patrons de virer des salariés pour réorganiser et faire des gains de productivité.

 

Une multinationale pourra fermer une entreprise en difficulté sur le territoire Français sans que les profits colossaux qui sont réalisés dans le monde soient pris en compte. Sachant qu’il est déjà facile pour une entreprise de plomber ses comptes au travers des jeux d’écritures.

 

Une mesure peut-être imposée par référendum contre l'avis de 70% des syndicats. Dans la majorité des cas, ces référendums se font sur fond de pressions et de chantage à l’emploi sur les salariés.

 

Une entreprise peut licencier sans avoir de difficultés économiques. Les employeurs n’auraient plus d’obligations envers les licenciés d’offres de reclassement individuelles, ils pourraient juste donner un accès internet en interne sur des offres « d’emplois accessibles ».

 

Après un accord d'entreprise, un salarié qui refuse un changement dans son contrat de

travail peut être licencié pour faute. Modifications des conditions salariales, du temps de travail, des conditions de travail …

 

Une entreprise ou un groupe de moins de 1000 salariés pourrait mettre en œuvre un plan de licenciement avant une cession de fonds de commerce ou d’activité. Fini le transfert et l’obligation de reprise automatique des salariés.

 

La durée du congé en cas de décès d'un proche (enfant, conjoint-e,...) n'est plus garantie par la loi.

 

La visite médicale d'embauche transformée en une ... visite d'information.

 

Par simple accord d’entreprise, on peut passer de 10h à 12h de travail par jour et de 44h à 46h de travail maximum par semaine.

 

Augmentation du nombre de semaines consécutives où l'on peut travailler 44h (ou 46h).


 

Les journalistes CGT et les ordonnances : c’est mille fois non !

Inversion de la hiérarchie des normes, primauté de l’accord d’entreprise, périmètre du plan social, rupture conventionnelle collective, plafonnement des indemnités, fusion des institutions représentatives du personnel : autant d’expressions qui démolissent le code du travail.

Les ordonnances Macron vont permettre aux patrons de presse de vider le contenu des articles du code du travail concernant la profession et de déroger à la convention collective sans avoir à la dénoncer.

 

Sur le site de la CGT : Actions et mobilisations le 12 septembre

 

Rappel (2 août 2017) : Réforme du code du travail par ordonnances adoptée par le Parlement


 

Cet article est le 3011ème sur le blog MRC 53 - le 139ème catégorie Travail Economie

Manifestation à Paris le 14 juin 2016 contre la loi travail

Manifestation à Paris le 14 juin 2016 contre la loi travail

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 23:31

 

Les groupes de gauche (socialistes, communistes, insoumis) ont voté contre

 

Le 1er août 2017, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi d’habilitation à prendre par ordonnances les mesures réformant le code du travail (selon les termes officiels « les mesures pour le renforcement du dialogue social »). Voir Habilitation pour réformer par ordonnances le droit du travail

421 députés ont voté pour, 74 députés ont voté contre et 23 députés se sont abstenus. Voir l'analyse du scrutin.

 

Les groupes de gauche ont fait le plein de leurs voix contre le projet de loi :

- Groupe Nouvelle Gauche (31 membres) : Joël Aviragnet, Ericka Bareigts, Delphine Batho, Marie-Noëlle Battistel, Gisèle Biémouret, Christophe Bouillon, Jean-Louis Bricout, Luc Carvounas, Alain David, Laurence Dumont, Olivier Dussopt, Olivier Faure, Guillaume Garot, David Habib, Christian Hutin (MRC), Régis Juanico, Marietta Karamanli, Jérôme Lambert, Stéphane Le Foll, Serge Letchimy, Josette Manin, George Pau-Langevin, Christine Pires Beaune, Dominique Potier, Joaquim Pueyo, François Pupponi, Valérie Rabault, Hervé Saulignac, Cécile Untermaier, Hélène Vainqueur-Christophe, Boris Vallaud.

- Groupe La France insoumise (17 membres) : Clémentine Autain, Ugo Bernalicis, Éric Coquerel, Alexis Corbière, Caroline Fiat, Bastien Lachaud, Michel Larive, Jean-Luc Mélenchon, Danièle Obono, Mathilde Panot, Loïc Prud'homme, Adrien Quatennens, Jean-Hugues Ratenon, Muriel Ressiguier, Sabine Rubin, François Ruffin, Bénédicte Taurine.

- Groupe de la Gauche démocrate et républicaine (16 membres) : Bruno Nestor Azerot, Huguette Bello, Moetai Brotherson, Alain Bruneel, Marie-George Buffet, André Chassaigne, Pierre Dharréville, Jean-Paul Dufrègne, Elsa Faucillon, Sébastien Jumel, Jean-Paul Lecoq, Jean-Philippe Nilor, Stéphane Peu, Fabien Roussel, Gabriel Serville, Hubert Wulfranc.

 

Pour information, cet article du Monde Diplomatique (juillet 2017) :

- Imaginer un salariat sans subordination Danièle Linhart

- Imaginer un salariat sans subordination | Le Club de Mediapart

Danièle Linhart est une sociologue française, née en 1947, travaillant sur l'évolution du travail et de l'emploi. Elle est directrice de recherche émérite au CNRS et professeure à l'université de Paris X (Wikipédia). Voir aussi (22 mai 2015) : L'entreprise de dépossession - La Vie des idées

Cet article est le 3008ème sur le blog MRC 53 - le 138ème catégorie Travail Economie

Réforme du code du travail par ordonnances adoptée par le Parlement
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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 23:19

 

Vouloir amender le projet Macron est se placer dans une position d’acceptation

 

La Tribune de Jean-Pierre Chevènement et de Patrick Quinqueton, publiée par Le Monde (voir cet article paru le 25 juillet Dans une Tribune, Chevènement amende la réforme du Code du travail) mettait sur un piédestal le modèle allemand de participation des salariés aux processus de décision dans les entreprises, ce qui est appelé communément la Codétermination (définition La Toupie). Voir aussi ce qu’écrit Hans Böckler-Stiftung : La codétermination* en Allemagne

Dans cette Tribune, les signataires donnent l’impression de cautionner la réforme du Code du travail et de vouloir compléter celle-ci par la codétermination afin de lui donner de meilleures chances de réussite. C’est opter franchement pour le soutien à la démarche du président de la République, pendant que la gauche à l’Assemblée nationale et une majorité de français s’opposent à cette réforme libérale.

Voici deux réactions qui m’ont été communiquées par des militants du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), Gérard Beillard et Alain Gély.

- Gérard Beillard (MRC 53)

S’inspirer de l’ordo-libéralisme et de la codétermination qui se pratiquent en Allemagne, c’est une façon de ne pas vouloir prolonger l’histoire sociale de la France. C’est effacer les combats contre le capital et les contreparties obtenues pour les plus faibles. C’est accepter la logique de produire pour un maximum de résultat financier en engageant le minimum d’effort en matière de dépenses, d’énergie et de facteur humain.

Amender le projet Macron, c’est accepter l’idéologie néolibérale qui le sous-tend et la volonté du président de la République d’imposer une marche forcée vers une Europe libérale sur le modèle allemand. C’est prendre la responsabilité d’en finir avec le modèle républicain et social solidaire. C’est considérer que nos concitoyens ne sont pas capables de décider ce qu’ils veulent pour leur pays.

Cessons d’être des idiots utiles de l’idéologie néolibérale qui vise à détruire l’équilibre social à la française.

- Alain Gély (MRC Ile-de-France)

C'est positif dans la mesure où cela témoigne d'un regain d'intérêt pour l'entreprise (en reprenant ici une idée, bonne celle-ci, du rapport Gallois) et reprend des critiques de l'entreprise dans le capitalisme financier mondialisé.

Je crois qu'on peut retenir cette contribution mais assortie de quelques remarques :

- il y a des erreurs historiques surprenantes de leur part ; en particulier : la planification, apparue puis développée dans le cadre de l'économie de guerre après 1914,  n'a pas grand chose à voir avec la charte d'Amiens de 1906 qui préconise le syndicalisme révolutionnaire, ou  d'action directe (reconstruction par le prolétariat de ses propres institutions), et la "double besogne" (améliorer le sort immédiat des travailleurs tout en préparant la société future) ;

- la planification n'a pas non plus, comme on le croit souvent à tort, grand chose à voir avec le marxisme d'avant Staline : elle est en est même à certains égards, dans sa version soviétique centralisée et microéconomique, la négation ! En revanche une « planification à la française », ardente obligation mise en œuvre par de Gaulle, constitue une référence utile en ce qu'elle fixe des objectifs à l'Etat tout en organisant un vaste débat avec les interlocuteurs sociaux ;

- il y a des lacunes sérieuses : quid des PME et, surtout, des "fausses PME" que constituent les holdings financiers et autres donneurs d'ordre pilotant avec peu de salariés d'énormes réseaux de sous-traitants ? Il suffirait, pour contourner la codétermination, de transférer le pouvoir vers de telles structures (quand il n'y est pas déjà !) Mais ces lacunes ne sont évidemment pas une raison pour rejeter cette proposition ;

- sur le fond politique, on semble vouloir faire un « bon usage du macronisme » » en se plaçant dans une logique d'amendement de ses projets de redéfinition du code du travail, ce qui me semble politiquement naïf. L'article présente ainsi le projet Macron comme un assouplissement du code du travail alors qu'il s'agit plutôt d'un durcissement, voire d'une entreprise de destruction ; par ailleurs, on a l'air d'accepter l'ordolibéralisme sous prétexte qu'il marcherait (ou qu'il pourrait être « En marche » ?) alors que ce ne serait pas une raison suffisante pour l'importer !

La codétermination n'est évidemment pas à rejeter - sous le prétexte polémique de « collaboration de classes » ou en référence à une hypothétique pureté du syndicalisme - mais devrait s'inscrire dans un projet plus vaste de démocratie économique et de République sociale. Il s'agirait de refonder le projet socialiste des années 70-80 en tenant compte des évolutions survenues depuis, non pour l'ânonner mais pour s'y ressourcer. Cela nécessite en premier lieu de désigner et de combattre ce qui était à l'époque et demeure plus que jamais l'ennemi principal de l'égalité citoyenne et du progrès social : "dompter les requins de la finance" ou au moins préconiser des moyens concrets de limiter leur nocivité.

Cet article est le 3007ème sur le blog MRC 53 - le 137ème catégorie Travail Economie

Gérard Beillard (MRC 53), retraité de l'industrie textile Laval, militant CGT

Gérard Beillard (MRC 53), retraité de l'industrie textile Laval, militant CGT

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 23:50

 

Il propose de s’inspirer de l’Allemagne en introduisant la codétermination

 

La Fondation Res Publica a publié le 24 juillet 2017 une Tribune parue dans le quotidien Le Monde (édition des 23 et 24 juillet) sous la signature de Jean-Pierre Chevènement et de Patrick Quinqueton. Puisque le président de la République a pris comme référence l’ordo-libéralisme allemand, pourquoi ne pourrait-il s’inspirer aussi du modèle allemand en ce qui concerne la participation des salariés aux processus de décision économique ?

 

Voici le texte de cette Tribune :

Osons la codétermination pour réformer le code du travail !

Si la réforme du code du travail obéit à une logique compréhensible, la crainte légitime est que ce " droit du travail de terrain " ouvre la voie à une réduction des coûts salariaux sans contrepartie solide en matière d'investissement et d'emploi. Des " contrats de projet ", d'un à huit ans, se substitueraient progressivement au contrat à durée déterminée. 

Cette mutation prend acte du passage d'un capitalisme " fordiste " national à un capitalisme financier mondialisé beaucoup plus fluide, soumis à la pression des fonds " activistes " et aboutissant à la segmentation internationale de la production. Cette mutation ne sera supportable qu'en l'absence d'un nouveau choc économique qui ferait s'écraser le nouveau régime du droit du travail. Les employeurs ne sauront, aussi bien, pas forcément anticiper l'évolution de leurs marchés. Pour dynamiser et rendre cette réforme efficiente, les ordonnances doivent prévoir une nouvelle distribution du pouvoir au sein de l'entreprise. La prépondérance du pouvoir des actionnaires n'est pas tenable sur le long terme. Il faut penser une réforme du statut de l'entreprise faisant leur place aux salariés et aux acteurs de long terme. 

La réforme du droit du travail doit donner aux entreprises de notre pays et à leurs salariés le dynamisme et l'énergie pour réussir, alors même que les atouts scientifiques, technologiques et la capacité de travail et d'initiative ne manquent pas dans notre pays. Est-ce là la manifestation d'un gauchisme récurrent ? Il suffit de franchir le Rhin pour se convaincre du contraire. Pourquoi ne pas regarder avec plus d'attention, et dans la durée, les atouts que la République fédérale d'Allemagne tire de la mise en place de la " codétermination " (Mitbestimmung) ? C'est sous l'autorité et la responsabilité des chanceliers Konrad Adenauer puis Helmut Schmidt que s'est organisée cette participation des salariés aux processus de décision économique, par les lois du 21 mai 1951 puis du 1er juillet 1976. Dans les entreprises allemandes de plus de cinq cents salariés, les travailleurs sont représentés au conseil de surveillance à raison du tiers de ses membres et, dans celles de plus de deux mille salariés, à raison de la moitié. Bien sûr, la codétermination ne fonctionne pas parfaitement, et loin de là car, comme toute obligation, celle-ci, qui figure dans le droit des sociétés, connaît des -stratégies de contournement. Mais ce sont plusieurs milliers d'entreprises qui ont, en Allemagne, une organisation dans laquelle les représentants des salariés ont à connaître les stratégies de développement de ces mêmes entreprises, et un pouvoir susceptible d'influer sur les décisions.

Par ailleurs, la constitution sociale de l'entreprise qui résulte de la loi de 1952 (révisée en 1972 et en 1976) prévoit la mise en place d'un conseil d'entreprise ayant certaines compétences égales à celles du comité d'entreprise et des délégués du personnel en France, mais qui est présidé par un représentant des salariés. En outre, un syndicalisme puissant a le monopole de la négociation des salaires, dès lors que lui est reconnu, par sa puissance même, fondement de sa représentativité, la " capacité à négocier les salaires ". 

La codétermination allemande n'est pas du tout fondée sur un dialogue calme et serein, mais sur la confrontation d'idées et de réalités économiques sur lesquelles employeurs et salariés cherchent des compromis dynamiques. La loi " Hartz IV ", à l'initiative du chancelier Gerhard Schrö-der, avec ses emplois à un euro ou sa remise en question des allocations de chômage, n'est sans doute pas ce qui mérite le plus d'attention de ce côté-ci du Rhin. Les courbes démo-graphiques très différentes de la France et de l'Allemagne -conduisent naturellement les Français à s'inquiéter davantage de l'entrée des jeunes sur le marché du travail, et les Allemands du financement des retraites. Si l'Allemagne réussit, ce n'est pas principalement parce que son économie a été flexibilisée mais parce qu'elle a été organisée sur la base d'une anticipation partagée des perspectives de développement de l'entreprise. 
Portes entrouvertes 

Des avancées timides ont déjà été faites dans notre pays, qu'il ne faut pas laisser retomber. Bien sûr, la présence d'administrateurs salariés a été prévue par les lois de nationalisation qui ont correspondu à certains moments de l'histoire de notre pays. Mais
l'érosion de la sphère publique dans l'économie mondialisée ne permet plus de s'appuyer principalement sur ce modèle. Plus récemment, la loi n° 2013-504 du 14 juin 2013 a généralisé à toutes les grandes entreprises la représentation des salariés dans les conseils d'administration et de surveillance, et la loi n° 2015-994 du 17 août 2015 l'a étendue aux entreprises et groupes d'entreprise de plus petite taille. L'article L.225-27-1 du code de commerce fixe deux seuils pour la représentation des salariés au conseil d'administration, dans une proportion de deux à quatre, variant avec l'effectif : celui de mille salariés permanents dans la société et ses filiales situées sur le territoire français ; celui de cinq mille salariés permanents dans celles situées en France ou à l'étranger. Ce second seuil est celui qui joue le plus car les sociétés françaises sont largement internationalisées. Des portes ont été ouvertes, mais de manière timide. La formation des administrateurs syndicaux commence à se développer. Il est important de la soutenir. 

Le projet de loi d'habilitation du gouvernement prévoit, dans le 4° de l'article 2, que soient améliorées " les conditions de représentation et de participation des salariés dans les organes d'administration et de surveillance des sociétés dont l'effectif dépasse certains seuils ". Et si nous passions à la vitesse supérieure ? Et si nous utilisions avec audace cette ouverture pour préciser des conditions analogues à celles qui prévalent en Allemagne ? Nous fonderions alors un véritable système de codétermination à la française. La réforme du code du travail trouverait un sens " progressiste " si elle permettait un rééquilibrage des pouvoirs entre les actionnaires et les salariés au sein même de l'entreprise. Nous savons bien que la tradition française en matière de relations sociales, née de la charte d'Amiens et d'une conception de la négociation fondée sur l'irréductible opposition des classes, s'oppose à l'idée de la cogestion et de la codétermination. Mais il faut le reconnaître aujourd'hui : cette idéologie est dépassée. Personne n'envisage plus un retour à la planification car le système capitaliste a profondément muté. 

L'Allemagne a démontré la preuve de l'intérêt d'une gestion définie en commun par les représentants des entreprises et de leur personnel. Le renforcement du pouvoir des salariés dans l'entreprise serait un puissant correctif de l'assouplissement prévu de la législation du travail. Au moment où les " réformes " sont réclamées par le FMI, la Commission européenne et le patronat, sachons emprunter à l'Allemagne non pas seulement l'ordolibéralisme, mais aussi une conception des relations sociales qui a été, et reste, le fondement de sa réussite. Bref, allons dans le sens de ce qui marche.

Cet article est le 3006ème sur le blog MRC 53 - le 136ème catégorie Travail Economie

Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica, le 1er décembre 2013, lors du colloque sur l'Europe

Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica, le 1er décembre 2013, lors du colloque sur l'Europe

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 18:10

 

Alstom à Belfort est le symbole déplorable de l'abandon de l'industrie française

 

L'intervention de Bastien Faudot, candidat du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) à l'élection présidentielle 2017, ce 9 septembre à Reims aux Assises du produire en France, vient se caler judicieusement dans l'actualité économique.

Voir ces articles concernant le site Alstom de production de trains à Belfort :

- Bastien Faudot, 7 septembre 2016, FAUDOT2017 : ALSTOM BELFORT : LE MÉPRIS

- Jean-Luc Laurent, 8 septembre 2016, MRC : Alstom: après le dégoût, la réaction

- Jacques Sapir : la fermeture de l'usine Alstom de Belfort ou la faillite de l'État stratège

- Maire info : Alstom : le gouvernement impose une négociation sur l'usine de Belfort

 

Voici le texte de l'intervention de Bastien Faudot aux Assises du produire en France.

 

ENCOURAGER ET ORGANISER LE MADE IN FRANCE

 

Si vous êtes élu Président de la République, comment comptez-vous défendre les entreprises qui produisent en France et plus largement, le patriotisme économique ?

 

En trente ans, l’économie de production a connu un effondrement qui est, à plus d’un titre, au principe du marasme économique dans lequel nous nous trouvons. Un chiffre suffit à en restituer l’ampleur : l’industrie pesait 34 % du PIB au début des années 80 contre moins de 13 % aujourd’hui.

Je ne reviendrai pas ici sur l’enchaînement des causes profondes de la désindustrialisation de notre pays. Une idéologie puissante a coiffé ce phénomène : l’offensive libérale et la finance mondialisée. Le discours du toujours moins d’État aboutit aujourd’hui à une contradiction au cœur même de l’entreprise entre les actionnaires et les industriels, entre ceux qui exigent des rendements exorbitants à court terme et ceux qui savent que la production est un processus d’acquisition des savoirs et des savoir-faire qui engage pleinement le facteur humain.

La désindustrialisation de la France n’est pas une catastrophe naturelle

La désindustrialisation de la France n’est pas une catastrophe naturelle. Elle procède d’une idéologie, celle là même qui conduisait l’ancien PDG d’Alcatel en 1999 à promouvoir le modèle d’une France sans usines. Près de vingt ans plus tard, on peut dire que l’objectif est presque atteint…

Quels sont aujourd’hui les trois principaux problèmes qui font obstacle au développement de la production française et de la consommation de produits français ?

- D’abord, l’entreprise est confrontée à une accumulation de règles et de normes qui pèsent sur les conditions de production au plan microéconomique, tandis que les grands instruments de régulation, de protection et de souveraineté de l’État (la monnaie, le budget, les frontières) ont été transférés à des institutions extérieures qui n’ont de comptes à rendre à personne. Dans ces conditions, nos entreprises sont menottées dans la concurrence mondiale. Nos concurrents sont mieux armés car la plupart des États-nations dans le monde de 2016 n’ont pas renoncé à leurs instruments de protection : droits de douanes, ajustements monétaires, investissement public, stratégies de développement appuyées par les capitaux publics. De plus, ils sont moins accablés par la bureaucratie européenne qui n’a rien à envier à celle de Moscou : dotée de ses normes, contrôles en tous genres, autorisations, supervisions.

Il n’y a pas d’autre option raisonnable que d’organiser le retour au plein emploi

- Le deuxième problème, c’est le fonctionnement de la finance mondialisée qui génère une pression extrême sur le système productif et qui aboutit à ce que j’appelle la « déflation par l’offre ». À moins de trouver un marché de niche, les entreprises, confrontées à une concurrence mondiale féroce, sont piégées dans une logique infernale : tirer toujours leurs coûts vers le bas, créant ainsi un problème de demande et de débouché. Le problème, c’est de remplir les carnets de commandes ! Or, à moyen et à long terme, le seul moyen de vaincre la déflation et de remplir les carnets de commandes, c’est de trouver les ressources pour relancer la consommation intérieure qui s’est mécaniquement orientée vers le low cost des pays émergents venus inonder le marché. Il n’y a donc pas d’autre option raisonnable que d’organiser le retour au plein emploi.

- Enfin, nous sommes collectivement prisonniers du productivisme de court-terme. L’impératif catégorique du retour à la croissance nous empêche de poser tranquillement la question de notre développement. Le modèle quantitatif prime sur le qualitatif, le court terme sur le long terme, le bricolage sur la vision. L’État est le seul acteur à même de rassembler les forces vives et d’organiser le rebond autour d’une vision claire de l’économie de demain. Seul, il ne peut rien. Mais vous entrepreneurs, seriez désarmés si vous étiez livrés au seul rapport de force du marché.

Compte tenu de l’état d’urgence de la situation économique française, le temps est venu de changer de braquet. On peut encourager le Made in France, mais je crois que nous devons surtout l’organiser.

On peut encourager le Made in France, mais nous devons surtout l’organiser

- En premier lieu, il nous faut reconquérir notre souveraineté budgétaire en dénonçant – unilatéralement s’il le faut – le carcan budgétaire européen qui nous conduit au désastre. Bruxelles est devenue la secte du Temple solaire : quelques illuminés nous guident droit vers le suicide collectif. Il faut une politique de relance budgétaire et l’implication de l’État sans laquelle nous resterons condamnés à la stagnation. Il faut une politique de soutien aux bas salaires pour relancer la consommation et garnir les carnets de commandes, et cesser enfin cette surenchère permanente qui vise à réduire les « charges » sur les bas salaires. Depuis combien de temps mène-t-on cette politique et avec quels résultats ?

- Nous aurons ensuite besoin de reconquérir notre souveraineté monétaire en nationalisant l’euro et en le dépréciant d’environ 20 %, dans le cadre d’une nouvelle parité qui soit de préférence négociée, ou disons, convenue avec nos voisins. Il ne s’agit pas de relancer la guerre des changes, mais il faut mettre un terme à la guerre des systèmes productifs et des modèles sociaux. La zone euro ne peut rester la seule zone économique au monde, je dis bien, la seule, où on imagine que l’on peut mettre en œuvre un projet de croissance et de développement sans disposer de l’instrument de politique monétaire. Les Allemands ont leur monnaie et leur politique monétaire : c’est l’euro ! La France doit retrouver cet outil indispensable, inscrire l’objectif de plein emploi et de croissance dans les statuts de la nouvelle banque de France, relever le critère de lutte contre l’inflation à 4 %, et mener une politique monétaire expansive pour lutter contre la déflation et financer les projets d’avenir (dans la révolution numérique, la robotique, la transition écologique, les grands projets d’infrastructures et de réseaux de transports pour encourager la mobilité).

Lorsque qu’une industrie d’intérêt national traverse des difficultés, la mobilisation des moyens de l’État est nécessaire. Encore faut-il qu’il soit lui-même exemplaire. Il se trouve que l’usine Alstom de Belfort est située sur le canton dont je suis conseiller départemental. Que l’État, actionnaire unique de la SNCF, laisse son entreprise réaliser une commande de 140 millions d’euros à un concurrent allemand, c’est proprement inacceptable. Ses représentants peuvent difficilement ensuite faire mine de déplorer les conséquences sociales de ce désengagement !

Il faut par ailleurs une vraie loi de séparation bancaire

Il faut par ailleurs une vraie loi de séparation bancaire et non de filialisation comme celle qui a été mise en œuvre par Pierre Moscovici. Cette loi de séparation des activités bancaires a deux objectifs : mettre de l’étanchéité pour éviter la propagation des crises financières, comme ce fut le cas en 2007-2008, et canaliser la politique monétaire vers l’économie réelle, l’économie de production et l’industrie.

- Je proposerai de regrouper l’ensemble des normes qui pèsent sur les entreprises dans le cadre d’une négociation triennale unique et obligatoire.
- Je proposerai le renforcement de l’implication des salariés dans la vie de l’entreprise, via le développement de l’intéressement, mais aussi la participation de deux administrateurs salariés avec voix délibérative dans toute entreprise disposant d’un Conseil d’Administration.

- Les efforts engagés pour la montée en gamme dans le rapport Gallois doivent être poursuivis. La compétitivité-coût n’est pas l’alpha et l’oméga du développement de l’entreprise. La France gagnera des parts de marchés si elle sait innover. L’innovation implique un investissement public massif dans la recherche. Il faut porter l’effort à 3 % du PIB pour être au niveau de nos principaux concurrents.

Je proposerai l’abrogation pure et simple de la loi El Khomri

Je proposerai l’abrogation pure et simple de la loi El Khomri : outre les conditions politiques déplorables qui ont conduit à sa promulgation, cette loi ne sera pas efficace économiquement. Elle va accroître la tension et la pression que le chômage exerce sur ceux qui ont la chance d’avoir un travail. Des flexibilités nouvelles peuvent être imaginées, mais jamais le droit du travail et la hiérarchie des normes n’ont fait obstacle au développement de l’économie française pendant les trente glorieuses. Le droit du travail ne protège pas seulement les salariés, il protège aussi les entrepreneurs de systèmes de concurrence déloyaux. Cette loi va créer de nouvelles distorsions de concurrence entre ceux qui pourront avoir une négociation et un accord d’entreprise et les concurrents, souvent les petites entreprises, qui ne le pourront pas. Avec la loi El Khomri, le mauvais patron chasse le bon, comme on dit que la mauvaise monnaie chasse la bonne.

Enfin, je proposerai un changement radical de l’organisation du travail et de la fiscalité dans le pays. Made in France, Faire en France, c’est d’abord Faire France. Le plein emploi est vital pour le corps social et pour la Nation. Il est plus protecteur que tous les codes du travail et autres réglementations. Il est temps enfin de sortir de l’opposition stérile entre compétitivité et protection sociale. Je veux croire que la seconde est la vraie condition de réalisation de la première. Construire l’alliance des productifs, c’est proposer un nouveau compromis social qui implique :
– le transfert de la moitié des cotisations sociales patronales et salariales vers un impôt universel sur le revenu pour ne plus pénaliser la création de richesse et renforcer la compétitivité de nos entreprises. Cela permet de réduire le coût du travail d’environ 20 %. L’idée est simple : ne sont prélevés sur les salaires que les cotisations qui ont un lien direct avec l’activité économique : le financement des retraites, la maladie professionnelle, l’assurance chômage. Le reste, c’est à la solidarité nationale de l’assumer.
– une baisse de la durée légale du travail de 15 % pour mettre tout le monde au travail, pour faire de la place aux plus de 5 millions de Français qui sont aujourd’hui en dehors du marché de l’emploi. Je sais combien cette idée semble hérétique à certains, notamment pour ceux qui s’autoproclament les réalistes, les pragmatiques. S’ils sont attachés au réel, ils constatent avec moi que depuis le XIXème siècle, la durée hebdomadaire de travail n’a cessé de diminuer partout dans le monde. Ce mouvement inéluctable se poursuit. Depuis 2000, malgré la crise, la richesse des pays de l’OCDE a augmenté de 20 % tandis que la durée hebdomadaire du travail à diminué de 6 %, soit une cinquantaine d’heures par an. En réalité, les Français travaillent, mais la répartition horizontale du travail est très inégalitaire, déséquilibrée. Qui rappellera que les Allemands travaillent en moyenne 130 heures de moins que nous chaque année ? Est-ce que cela les empêche d’avoir une industrie vivante, une balance commerciale excédentaire et un taux de chômage inférieur ? Baisser la durée légale du travail peut se faire en renforçant la compétitivité des entreprises françaises.

La question du Made in France est une question immensément, intensément politique. C’est la raison pour laquelle l’enjeu de la restauration de la souveraineté est au cœur de mon projet. Si l’on prend le risque de poursuivre la déconnexion entre la démocratie et les choix économiques, cela finira très mal.

Ce ne sont pas les petits comptables du monde libéral qui peuvent inventer une issue au monde dont ma génération a hérité. On ne règle pas ces questions là à coup de ratio, de petits bricolages ou de petites exonérations fiscales. La question du Produire en France nous oblige à penser le travail, à mettre tout le monde au travail, pour qu’il y ait dans ce pays autant de consommateurs que de travailleurs. Pour que chaque Français dispose à la fois des fruits de sa contribution à l’activité de la Nation, mais aussi de la reconnaissance, du sentiment de l’utilité sociale sans laquelle il ne peut pas y avoir de France.

Cet article est le 2926ème paru sur le blog MRC 53, le 135ème catégorie Travail Economie

Bastien Faudot, le 25 septembre 2015, avec des militants MRC à Clermont-Ferrand

Bastien Faudot, le 25 septembre 2015, avec des militants MRC à Clermont-Ferrand

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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 23:52

 

Le gouvernement Valls, contraint de changer de stratégie, a autorisé la manif

 

Les manifestations publiques à l'initiative de 7 organisations syndicales ouvrières et étudiantes contre le projet de loi El Khomri (voir, 27 mai 2016, Le projet de loi travail vivement contesté dans les rues de Laval en mai) se multiplient en France depuis le début du printemps 2016.

La controverse s'est durcie depuis la manifestation nationale du 14 juin à Paris, au cours de laquelle près de un million de personnes ont participé, selon l'estimation des organisateurs. Ayant remonté le cortège, je puis témoigner de l'importance de cette manifestation qui commençait Place d'Italie et devait se conclure aux Invalides en passant par le boulevard de Montparnasse.

En fait, le cortège a été empêché d'aller au bout, les forces de l'ordre en ayant bloqué l'accès en raison des violences qui se sont produites pendant près d'une heure à l'initiative de manifestants autonomes équipés pour le conflit de rue, très nombreux (plusieurs centaines), infiltrés à plus de 300 mètres à l'avant du cortège syndical. Ces manifestants étaient d'autant plus nombreux que, depuis le début des manifestations, ils avaient constaté l'inertie de la police à leur égard, les forces dites de l'ordre ayant reçu des ordres de non intervention venant des pouvoirs publics.

Voir, à ce sujet, l'article publié sur le site de Marianne Manif du 14 juin : la démonstration de force des autonomes.

Voici ce qu'écrivait Denis Collin sur Facebook le 15 juin (extrait) :

« Le syndicat Alliance s'interroge sur les consignes de non-intervention reçues face aux casseurs. Et accuse le gouvernement de vouloir décrédibiliser les mouvements sociaux.

La charge est inattendue. Sur France Info, le secrétaire général du syndicat policier majoritaire Alliance, Jean-Claude Delage, s'est interrogé sur les consignes reçues par les policiers pendant les manifestations. Il s'interroge notamment sur la passivité imposée aux forces de l'ordre lorsque des casseurs sont en action. 
"Attendre une heure"

Pourquoi les CRS n'interviennent-ils pas plus rapidement lorsque des groupes de personnes s'en prennent à des vitrines ou des équipements publics? Selon le patron d'Alliance, les policiers ne font qu'obéir aux ordres.

"Lorsque vous voyez des casseurs détruire les vitrines, saccager des panneaux publicitaires, se servir des tubes néons à l’intérieur pour attaquer les forces de l’ordre et que des policiers mobilisés sont en face d’eux et qu’ils doivent attendre une heure en face d’eux pour intervenir (…) on se demande bien pourquoi."

Celui qui appelle les policiers à manifester contre "la haine anti-flics" le 18 mai l'assure: "les policiers veulent interpeller les casseurs". Et d'ajouter:

"L’Etat doit prendre ses responsabilités, ne pas nous laisser attendre des heures face à des casseurs identifiés, qu’on pourrait même peut-être préventivement assigner à résidence dans le cadre de l’état d’urgence ou interpeller."

Quelle est la logique derrière ces ordres?

Pour Alliance, la stratégie de laissez-faire du gouvernement n'a qu'un objectif, jeter le discrédit sur l'ensemble de la mobilisation contre la Loi Travail.

"Je pense que ça vise aussi à discréditer le mouvement social et syndical parce qu’évidemment, lorsque des syndicalistes manifestent contre un texte et qu’il y a des casseurs qui cassent tout dans le quartier, que les riverains sont exaspérés et que la police ne peut pas rapidement intervenir, et bien ça discrédite aussi quelque part le mouvement social" estime Jean-Claude Delage.

Depuis son annonce par le gouvernement, le projet de Loi Travail a suscité une très vive contestation, traduite par des manifestations partout en France. Manifestations en marge desquelles ont été observés de violents affrontements avec les forces de l'ordre ».

 

Voici ce que j'ai écrit, à chaud, pendant la manif :

« Énorme manif à Paris ce 14 juin. Les casseurs, comme d'habitude, se sont mis devant la manifestation pour casser et se faire réprimer par la police. Nous avons eu droit aux gaz lacrymogènes. Puis la manifestation est répartie vers les Invalides. Un grand moment pour le peuple français ».

Et mon commentaire, le 16 juin : 

"Comme les policiers, je me suis posé des questions, lors de la manif du 14 juin, sur les ordres donnés aux "forces de l'ordre". 
Les "autonomes" (qui sont là pour préparer l'insurrection populaire, pas pour le retrait de la loi de précarité du travail) se placent à l'avant du cortège intersyndical. Ils sont très organisés pour semer le trouble (casse de matériel urbain) et provoquer les policiers. Après avoir atteint leur but, ils se débarrassent de leurs accoutrements et se fondent parmi les manifestants. Ils font tout pour que ceux-ci s'en prennent aux forces de l'ordre car leur ennemi, c'est l'Etat républicain.
Le gouvernement est donc directement interpellé. Il devrait avoir une stratégie visant à contenir ces "autonomes". Or, il ne semble pas en avoir. Pire, on est en droit de se demander s'il n'est pas tenté d'utiliser cette violence pour amoindrir l'impact des manifestations et, à terme, mettre en oeuvre des mesures d'interdiction de manifester.
Les organisateurs de manifestations sont tout aussi directement interpellés. Ils devraient prendre des mesures afin de séparer nettement le cortège intersyndical des "autonomes casseurs". Mardi, j'ai remonté le cortège pour prendre des photos de la tête. Je suis arrivé sans le vouloir à proximité des casseurs sans avoir vu les dirigeants syndicaux. Contraint au repli par les gaz lacrymogènes, j'ai vu la tête du cortège syndical alors que je pensais qu'elle était plus en avant. Je suppose que beaucoup de citoyens manifestants qui constataient les dégâts n'y comprenaient rien. Il faudrait que le service d'ordre intersyndical fasse une séparation nette avec les autonomes en
se servant de haut-parleurs pour avertir les gens comme moi, le but étant d'éviter le mélange voulu par les casseurs avec les manifestants sincères.
Il y a urgence. La sagesse voudrait que le gouvernement suspende la procédure parlementaire, laissant le temps de la concertation sur ces points importants".

 

Le gouvernement a voulu interdire la manifestation du 23 juin à Paris, se référant aux violences constatées le 14 juin. Les organisations syndicales ont déjoué la manœuvre. Voir leur communiqué de presse publié le 22 juin : Communiqué CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL

 

Jack Dion a fait sur Facebook le constat suivant, à l'issue de la manifestation :

« ll n'y a eu aucun incident durant la manifestation parisienne contre la Loi Travail. On peut en tirer deux leçons : 1) Lorsque le pouvoir le veut et s'en donne les moyens, il peut assurer la sécurité d'une manifestation, même si l'on ne peut se satisfaire de la méthode adoptée en la circonstance. 2) Les syndicalistes et les manifestants n'ont rien à voir avec les casseurs, contrairement à ce que nous serinent Manuel Valls et ses janissaires pour faire passer en force un projet de loi massivement rejeté. Espérons que chacun saura en tirer la leçon ».

 

Voir aussi les commentaires de Jean-Luc Mélenchon sur son site : VIDÉO - Manifestation du 23 juin contre la loi El Khomri

Cet article est le 134ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

Les manifestants, le 14 juin 2016, découvrent les effets des dégradations commises par les casseurs en avant de la manif syndicale.

Les manifestants, le 14 juin 2016, découvrent les effets des dégradations commises par les casseurs en avant de la manif syndicale.

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 23:24

 

Plus de 500 manifestants de tous âges derrière la banderole intersyndicale

 

 

Les manifestations continuent contre le projet de loi travail, à Laval comme dans les autres départements français. Les 19 et 26 mai 2016, il y avait plus de 500 personnes qui défilaient dans les rues de Laval derrière la banderole intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires et les organisations étudiantes et lycéennes Unef, Unl et Fidl.

 

A chaque fois, la détermination et la bonne humeur étaient au rendez-vous, avec toutes les générations représentées, comme on peut le voir en visionnant les vidéos de Jacques Omnès :

- 19 mai : https://www.youtube.com/watch?v=Fex5dwu6Kig&list=PLCgsfKiQ9oO1J505Ies-tUdtO6mmOWAEK

- 26 mai : https://www.youtube.com/watch?v=ZMNMKCschl0

 

Rappel articles concernant la loi travail :

 

- (9 mars 2016) : Ce sont les jeunes qui ont le plus manifesté contre le projet de loi travail

 

- (14 mars 2016) : Bastien Faudot et la loi Travail : il est urgent de séparer MEDEF et Etat

 

Cet article est le 133ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

Chaude ambiance avec les jeunes dans les rues à Laval le 26 mai 2016

Chaude ambiance avec les jeunes dans les rues à Laval le 26 mai 2016

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