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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 16:00

 

La destruction de l'industrie française est en cours depuis longtemps

 

Samedi 22 juin à Belfort. Plusieurs milliers de manifestants dans les rues en soutien à l'emploi fortement menacé dans les usines de General Electric.

Voir Le Monde, 22 juin 2019 : General Electric à Belfort : « On est en train de détruire toute l'industrie française

Pour comprendre ce qui s'est passé, il faut découvrir (L'USINE NOUVELLE, 16 janvier 2019) L'éclairant calvaire de Frédéric Pierucci, lampiste et appât de l'affaire Alstom.

Bastien Faudot (Gauche Républicaine et Socialiste GRS) en avait parlé, début mai, lors de son Point Politique et Populaire en évoquant les élections européennes 2019.

Arnaud Montebourg, ancien ministre de l'économie, s'est montré très précis à l'antenne de France Inter le 14 juin 2019. Voir Francetvinfo : General Electric : "On peut encore racheter des parties d'Alstom

Dans une Tribune publiée sur le site de Marianne le 31 mai 2019, les quatre principaux responsables de la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), Bastien Faudot, Emmanuel Maurel, Jean-Luc Laurent et Marie-Noëlle Lienemann pointaient la responsabilité de l'actuel président de la République dans le fiasco de Belfort.

Voir General Electric : un désastre dont Macron est le nom ou, sur le site du MRC : General Electric : un désastre dont Macron est le nom

Le Président porte une lourde responsabilité dans la casse sociale et technologique en cours à Belfort. Il a désormais le devoir d’agir pour empêcher la poursuite du démantèlement. 

L’ultime épisode du sinistre feuilleton « Alstom – General Electric » est désormais connu : en annonçant mardi 28 mai la suppression de 1050 emplois, pour l’essentiel dans l’entité Gaz de GE, la direction du groupe a confirmé ce que l’intersyndicale du site belfortain redoutait depuis des mois. C’est, pour l’un des principaux bassins industriels français, un séisme d’une ampleur sans précédent, car à ce millier d’emplois, s’ajoute en réalité 750 suppressions de postes qui ont déjà cours, en catimini, notamment dans la sous-traitance interne. Si l’on y ajoute l’ensemble des emplois induits*, c’est au bas mot, 7 à 8.000 familles qui subiront les effets de la restructuration de General Electric, qui signifie en fait une délocalisation massive de la production. 

Ce carnage au plan social s’ajoute au gâchis technologique et industriel : la suppression d’activité va demain engendrer une perte de savoir-faire et de métiers pour lesquels la puissance publique a investi en formations, en infrastructures, en recherche. Ce sont des centaines et des centaines d’ingénieurs ou d’ouvriers qualifiés qui vont demain être privés d’emplois, qui vont devoir engager une reconversion, ou déménager pour tenter leur chance ailleurs. C’est une perte de richesse incalculable pour la communauté nationale. 

L’affaire Alstom-General Electric vient de loin. Car le discours fataliste des libéraux ne doit pas dissimuler une réalité concrète : la désindustrialisation en France n’est pas une catastrophe naturelle. Elle est le produit de priorités politiques, de choix délibérés en haut lieu qui sont la cause première du désastre social que subissent ceux qui n’ont que leur travail pour vivre. De ce point de vue, le cas Alstom-General Electric est un cas d’école : l’abandon par l’Etat de notre fleuron Alstom a rendu possible la liquidation des emplois chez General Electric. 

L’Etat, ici, a un nom : Emmanuel Macron. Car depuis le début de l’affaire, tous les fils mènent à l’actuel président de la République qui a agi avec persévérance… contre nos intérêts nationaux. 

Printemps 2014 : le jeune secrétaire général adjoint de l’Elysée s’oppose d’une formule lapidaire à la proposition d’Arnaud Montebourg de nationaliser Alstom pour éviter de brader le groupe au géant américain qui a fait une offre : « On n’est quand même pas au Venezuela ! ». C’est la ligne Macron qui l’emporte à l’Elysée. Cette option satisfait en réalité tous les libéraux, jusqu’au maire LR de Belfort qui applaudit des deux mains. 

Avant cela, à l’automne 2013, le même Emmanuel Macron commanditait un rapport secret au cabinet américain A.T. Kearney qui détaille le scénario du démantèlement du groupe français et recommande que Bouygues cède les parts qu’il détient dans Alstom à… General Electric. Devant la commission d’enquête parlementaire, M. Macron ose soutenir pourtant que l’Etat a été « mis devant le fait accompli » ! Dans ce dossier, Alstom et Bouygues ont le même banquier, la maison Rothschild, employeur d’Emmanuel Macron jusqu’en 2012. 

4 novembre 2014 : arrivé entre
-temps à Bercy, Emmanuel Macron signe l’accord du gouvernement pour la cession au groupe américain. La logique du circuit court prévaut : celui qui fut le promoteur de l’opération a eu le privilège de la valider… 

28 mai 2015 : le ministre de l’économie se rend à Belfort pour rencontrer les salariés d’Alstom Transport et leur déclare : « Votre activité a une importance stratégique pour la France et sera donc défendue ». Cette déclaration n’empêche pas le volte-face deux ans plus tard : fra
îchement élu président de la République, Emmanuel Macron soutient la vente du groupe français à l’Allemand Siemens en prétendant bâtir un « airbus du rail ». Mais la commission européenne met un terme à ce projet en février 2019 pour éviter une position monopolistique. L’arroseur arrosé. 

Juin 2018 : General Electric, qui avait assorti l’acquisition d’Alstom énergie d’une promesse de création de 1000 emplois en France, annonce finalement que cet engagement ne sera pas honoré. Le gouvernement de M. Macron répond qu’il restera « vigilant » ! 

Printemps 2019 : Prétextant un effondrement du marché des turbines à gaz, le groupe américain décide d’une restructuration et programme les annonces pour le 30 avril, qu’il repoussera à deux reprises, sous la houlette du nouveau directeur général qui vient d’être nommé et qui n’est autre que l’ancien conseiller d’Emmanuel Macron au ministère des finances, Hugh Bailey… Ultime arrogance, la suppression des 1050 emplois intervient tranquillement 48 heures après un scrutin européen décisif pour le parti du président. 

Un tel scénario relève du thriller hollywoodien. Comment un chef d’Etat a pu couvrir, encourager, justifier, organiser un tel désastre ? A chaque étape, à chaque échelon des cha
înes de décision, Emmanuel Macron n’a pas seulement laissé faire, il a agi de façon délibérée en bradant des technologies décisives (et l’ensemble des brevets) pour notre indépendance nationale : les turbines Arabelle qui équipent nos centrales nucléaires, le propulseur du porte avion Charles de Gaulle ou encore les turbines de nos quatre sous-marins nucléaires sont désormais sous bannière américaine ! 

Aujourd’hui, le plan de licenciement dans la division Gas Power de GE est assorti de mensonges éhontés. D’une part, GE a enregistré en 2018 le plus grand nombre de commandes de turbines à gaz. D’autre part, la consommation de gaz dans le monde ne cesse d’augmenter. De surcro
ît, la complémentarité de ces turbines avec les énergies renouvelables est attestée. Enfin et surtout, les activités produites à Belfort ne sont pas, contrairement à la communication officielle du groupe, supprimées, mais relocalisées pour partie aux Etats-Unis et délocalisées en Inde, au Mexique et en Hongrie. 

Dans cette affaire, les intérêts des salariés du site et ceux de la Nation se confondent. Pour les salariés comme pour la Nation toute entière, le président de la République a aujourd’hui le devoir de mobiliser tous les moyens de l’Etat pour réparer les fautes qui procèdent de sa responsabilité personnelle. 

 

Cet article est le 3132 ème sur le blog MRC 53 -  le 148ème catégorie Travail Economie

A Belfort, le 22 juin 2019, contre le millier de licenciements annoncé par General Electric

A Belfort, le 22 juin 2019, contre le millier de licenciements annoncé par General Electric

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29 novembre 2018 4 29 /11 /novembre /2018 23:44

 

Les gouvernants français sont sourds devant la colère des manifestants

 
Le mouvement des Gilets jaunes est issu de l’entêtement des dirigeants politiques français et européens à maintenir des politiques d’austérité économique. Cela est bien expliqué par Bruno Moschetto, responsable des questions économiques au Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), dans le texte publié sur le site du MRC le 26 novembre 2018. Voir aussi une vidéo de Xerfi Canal (10 octobre 2017) : Crises financières et régulations bancaires.

Austérité économique et crise financière

L'austérité économique est une dure réalité alors qu'une nouvelle crise financière est plus qu'une probabilité. D’ailleurs celle-là risque d’appeler celle-ci. D’où la nécessité de réduire l’une pour évacuer l’autre.   
L'austérité économique ne date pas d'hier. Elle est apparue progressivement après l'épuisement du long fleuve tranquille des trente glorieuses et l’aboutissement de la longue marche vers la monnaie unique. Depuis trente ans, la France comme nombreuses de ses pareilles vit dans un contexte de désinflation compétitive. Certes celle-ci a réussi puisque les taux d'inflation et par là d'intérêt, sont devenus quasi nuls, voire négatifs.  
Mais chacun sait que la prospérité économique s'extériorise par la population en quasi plein emploi et les prix à la consommation légèrement orientés à la hausse. Nous sommes bien loin et même très loin de ce contexte. D'où une érosion régulière des revenus des ménages dont la contraction a déclenché le mouvement des gilets jaunes, nos sans culottes d'aujourd'hui. La hausse des taxes sur les carburants n’est qu’un épiphénomène et un révélateur de la profondeur du malaise social.  Il est grand temps d'adopter une politique économique réaliste de nature à tempérer la colère des manifestants et d’améliorer leur pouvoir économique de vivre. 
D’ailleurs l’irruption soudaine et brutale des revendications des gilets jaunes, cette crise de nature tout à fait nouvelle -atomisée et disséminée par les réseaux sociaux et véhiculée par les téléphones mobiles- a tétanisé le gouvernement ainsi que l’avait fait en Mai 68 la conjugaison des mouvements étudiants et ouvriers. Mais à l’époque la réponse du gouvernement fut immédiate et déboucha sur les Accords de Grenelle, à concertation tripartite sous l’animation de Georges Pompidou lesquels se traduisirent par une augmentation de tous les revenus et en particulier du SMIC de 30%. Une telle relance ouvrait une période de prospérité d'une quinzaine d'années jusqu’à l'ouverture de tous les facteurs de production, capital et travail, à la mondialisation lors du tournant libéral de 1983.  
A l’heure actuelle il se révèle important d’avoir un œil critique sur la notion de pouvoir d’achat qui relève de la seule économie de marché. Pour acheter il faut disposer d’avoirs monétaires -en poche ou en compte- utilisables sur les marchés des biens et des services. Pour les plus modestes d’entre nous, ce n’est malheureusement pas le cas.  Les ressources non monétaires nécessaires pour vivre ne peuvent provenir que des prestations sociales : chômage, santé et retraites, opportunément financées par les prélèvements obligatoires alors que leur contraction est régulièrement réclamée. Une telle réduction des services publics -par définition non marchands- ne fait qu’ajouter la crise à la crise.  
L’augmentation des revenus directs ou de transferts entraînerait un retournement de ce cycle déflationniste et permettrait ainsi le financement de l'économie réelle, vocation première des banques commerciales.  Cela nécessite le retour à une inflation maîtrisée après laquelle court désespérément Mario Draghi, en dépit des conseils que lui avait prodigués il y a une demi-douzaine d’années, l'économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), Olivier Blanchard, pour lequel le taux d'inflation cible devait être porté de 2% à 4,5 %. La pratique d’une politique de bas taux d’intérêt n’a pas entraîné une relance de la demande de consommation et par là d’investissement. Notre corps économique se situe dans un état d’encéphalogramme plat.   
Une inflation significative appelant des hauts taux d’intérêt tirerait l'économie vers le haut et notamment la masse salariale et impliquerait naturellement d'abandonner, ne fut-ce que pour deux ou trois semestres, une politique trentenaire de l'offre et de la remplacer temporairement par une politique de la demande à fondement keynésien. L’adoption d’une telle « autre » politique nécessite le rejet absolu des contraintes européennes issues de Maastricht, c’est-à-dire le triple fixisme cambiaire, monétaire et budgétaire et de jeter celles-ci momentanément à la rivière. Une telle politique répondrait à un premier impératif : sacrifier la monnaie pour sauver l'économie. 
Une crise financière, pour l'instant seulement potentielle, pourrait apparaître rapidement au coin de la rue et ce dans des contextes nationaux différents. D’abord un foyer de crise pourrait survenir en Italie où les banques commerciales – en particulier la plus ancienne d’entre-elles la Monte di Paschi di Sienna - ont financé l'austérité économique par des crédits qui se sont transformés en créances compromises et dont le montant se situerait à plus de 350 milliards d'euros. Un tel chiffre donne le vertige compte tenu de la modestie des fonds de sauvetage des banques, qu’ils soient italiens ou européens. Après la Grèce, l'Italie aurait à connaître des plans significatifs de financement des pertes bancaires par l’État c’est-à-dire par le contribuable, avant qu'un tel schéma ne touche la France par contagion due à l'interconnexion des banques européennes et mondiales entre elles. Cela serait la réalisation de l’hypothèse du fameux risque systémique.   
Le second foyer de crise financière se situerait au sein des banques allemandes notamment régionales à vocation mutualiste et surtout la Deutsche Bank, la première des banques commerciales à rayonnement international, lesquelles ne pourraient faire face à un risque de liquidité et de solvabilité dû au fait que les activités de marché n'ont pas été séparées des activités bancaires. En effet, la directive Barnier dont c'était la finalité, a été bloquée par les lobbies bancaires - allemands et français - défenseurs inconscients du modèle des soi-disant banques universelles qui sont aussi des banques d’investissement et surtout des banques de marché. En effet, l’on sait que ce sont les pertes nées des opérations de marché qui ont conduit il y a dix ans les plus grandes banques mondiales, notamment aux États-Unis, au Royaume Uni, à la faillite ou à leur nationalisation.   
En filigrane, après la série d’ajustements austéritaires, apparaît la nécessité d’adopter   un deuxième impératif : transformer la monnaie unique en monnaie commune ainsi que le préconise depuis plus d’un septennat le MRC dont la martingale gagnante a été reprise par le prix Nobel d’économie, Josef Stiglitz dans son dernier ouvrage de 2016 : « L’euro menace l’Europe »   
Il appartient à nos dirigeants de prendre la mesure de la réalité de l'austérité générale imposée aux populations, et d'adopter une politique de relance de la croissance qui s'impose afin d'inverser cette tendance mortifère, avant que l'éclatement des crises financières en Italie et en Allemagne n’entraîne tout vers le chaos. Pour l’instant en guise de réponse, nos dirigeants, sourds à la colère des manifestants, affirment qu’ils maintiendront le cap, qu’ils ne changeront pas de politique à court terme et choisissant de pérenniser la disette, menace la sauvegarde de la planète à long terme. Ce sont les conséquences d’un tel arbitrage qui sont difficilement admissibles par un grand nombre de citoyens.   
Face à un tel « non » à tout changement de politique, il appartiendra au pays réel (le peuple) de changer le pays légal (ses représentants). 

Cet article est le 3 117 ème sur le blog MRC 53 - le 147ème catégorie Travail Economie

Les Gilets jaunes, le 17 novembre 2018, au rond-point du Châtelier, à Saint-Berthevin (entrée de l'agglomération de Laval en Mayenne)

Les Gilets jaunes, le 17 novembre 2018, au rond-point du Châtelier, à Saint-Berthevin (entrée de l'agglomération de Laval en Mayenne)

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28 octobre 2018 7 28 /10 /octobre /2018 14:30

 

Les modèles économiques actuels n’embraient pas sur le réel

 

David Cayla est économiste à l’université d’Angers. Originaire de la région grenobloise, il étudie l’épistémologie et l’histoire de la pensée économique à l’université Paris 1, puis obtient un doctorat d’économie en 2007. Défenseur d’une économie hétérodoxe ouverte aux autres sciences sociales, il rejoint en 2013 le collectif des Économistes atterré. Il est l’auteur, avec l’essayiste Coralie Delaume de La fin de l’Union européenne (Michalon, 2017).

Son nouveau livre le place en bonne position parmi les économistes de la vague hétérodoxe.

Voir L'économie du réel (De Boeck Supérieur).

Cet ouvrage remet l’économie au cœur des sciences sociales et questionne certains « automatismes de pensée » que les économistes affectionnent. Les recommandations qu'ils en tirent ont tendance à justifier des politiques dont les effets sociaux ne sont pas neutres, privilégiant des intérêts minoritaires au lieu de construire une société économique où la richesse créée par la majorité profite au plus grand nombre.

L’économie ne parle plus du réel.

Malgré ses prétentions scientifiques, elle s’est perdue dans l’élaboration de modèles abstraits bien souvent incapables de présenter une vision adéquate du monde économique et de ses problèmes.

Est-on certain que les prix s’ajustent à l’offre et à la demande ? La concurrence se traduit-elle toujours par une efficacité accrue ? Les dysfonctionnements du marché du travail permettent-ils d’expliquer le chômage ?

Les réponses proposées par l’économie dominante se vérifient rarement dans les faits. Une vision économique étroite, centrée sur une représentation idéalisée des marchés, n’appréhende pas la complexité du monde telle qu’elle est vécue et induit des politiques aux résultats parfois désastreux. Il en va ainsi des politiques agricoles qui ont généré une catastrophe économique, sociale et environnementale, ou de la création du marché européen du carbone qui, malgré la complexité de sa mise en œuvre, n’est pas parvenu à limiter les émissions de gaz à effet de serre des industriels.

Il est plus que temps de revoir en profondeur la manière dont se construit la pensée économique. Nous avons besoin d’une véritable science économique qui comprenne le réel, c’est-à-dire la société humaine dans toutes ses dimensions.

 

Voir aussi :

- (Mr Mondialisation, 16 octobre 2018) : David Cayla, l'économiste iconoclaste

- (Le Vent Se Lève, 15 octobre 2018) : La « loi de l'offre et de la demande » sert surtout à justifier les inégalités

- (27 septembre 2018) : Polony TV - Entretien avec David Cayla

- (CiViQ, 5 décembre 2014) : Rencontre CiViQ 1er décembre St-Berthevin : David Cayla pédagogue

 

Cet article est le 3108 ème sur le blog MRC 53 - le 146ème catégorie Travail Economie

David Cayla le 9 septembre 2018 à Marseille, intervenant dans l'atelier de "Nos Causes Communes" sur le thème "L'économie est-elle une science ?"

David Cayla le 9 septembre 2018 à Marseille, intervenant dans l'atelier de "Nos Causes Communes" sur le thème "L'économie est-elle une science ?"

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 20:14

 

Les inégalités de patrimoine plus marquées que les inégalités de revenu

 

Le 5 juin, l'Insee a présenté à la presse sa livraison 2018 sur « Les revenus et le patrimoine des ménages ». Cette publication fait le point sur les inégalités et la pauvreté, avec un recul historique de plusieurs dizaines d'années. Il inclut quatre dossiers ainsi intitulés :

- Les très hauts revenus en 2015 : 1 % de la population perçoit 7 % des revenus et 30 % des revenus du patrimoine déclarés.
- Ce que coûte un jeune adulte à ses parents.
- Achat d’une résidence principale : entre 2004 et 2015, la crise est passée par là.
- Des
transmissions de patrimoine plus fréquentes mais de montants plus faibles en France que dans les autres grands pays de la zone euro.

Voir Les revenus et le patrimoine des ménages - Insee

Alain Gély, ancien administrateur de l’Insee, a commenté cette publication. En voici des extraits.

Selon l'Insee, les inégalités restent stables alors qu'elles ont augmenté dans la majorité des autres pays de l’Union européenne (UE). Par ailleurs, 14,2 % de la population vit sous le seuil de pauvreté monétaire, soit près de 9 millions de personnes.

De 1970 à 1990, le taux de pauvreté s’était fortement réduit sous l’effet notamment d’une meilleure situation relative des retraités. Le taux de pauvreté de ces derniers a diminué de plus de moitié grâce à l’amélioration des retraites et au minimum vieillesse. Parallèlement, la pauvreté des actifs (hors indépendants) augmente d'un tiers, en partie du fait de la hausse du chômage.

Le fait marquant concerne surtout le développement de la pauvreté des familles monoparentales, dont les membres vivent sous le seuil de pauvreté dans près d’un tiers des cas. Les différences entre catégories socioprofessionnelles se sont maintenues, même si la situation des agriculteurs exploitants, les plus touchés par la pauvreté, s’est améliorée et celle des artisans, commerçants et chefs d’entreprise, dégradée.

En 2015,
le niveau de vie médian des personnes vivant dans un ménage de France métropolitaine est de 20 300 euros, soit 1 692 euros par mois. Au total, le niveau de vie médian en 2015 est inférieur à celui de 2008.

Du point de vue de la configuration familiale, la pauvreté a changé de visage depuis 1996. Le taux de pauvreté des couples avec trois enfants ou plus a diminué de quatre points sur la période, tandis que celui des familles monoparentales (dont les personnes de référence sont le plus souvent des femmes) a crû de 5,4 points. En 2015, 2,1 millions de personnes pauvres vivent en famille monoparentale, soit 980 000 personnes de plus qu'en 1996

Il est confirmé que les inégalités de patrimoine sont beaucoup plus marquées que les inégalités de revenus. D'une part, ces inégalités de patrimoine sont globalement moins affectées par les impôts que les revenus (et cela ne va pas s'arranger au vu des mesures fiscales récemment décidées en France !). De plus, les inégalités de patrimoine contribuent puissamment à l'accentuation des inégalités de revenus, à cause des revenus de la propriété et de l'entreprise. Ces inégalités de revenus et de patrimoine se transmettent aux jeunes générations bien avant l'héritage (aide aux études puis à l'entrée dans la vie active, donations pour accéder à la propriété)

La concentration des revenus du patrimoine, et plus encore des plus-values de cessions de valeurs mobilières, indique que
la spéculation demeure une source majeure de revenus. Du moins pour les détenteurs de gros patrimoines financiers qui sont mieux informés et mieux en mesure de peser directement ou indirectement sur le cours des actions que le petit ou moyen boursicoteur. La valeur ajoutée, créée dans l'économie par le travail est ainsi détournée et captée par les grands détenteurs de capitaux.

En indiquant que les revenus de plus aisés sont très dispersés : de 106 210 euros à près de 200 fois plus,
l'Insee révèle indirectement que les plus hauts revenus (ou du moins ceux qui sont déclarés au fisc !) se situent aux alentours de 20 millions d'euros annuels par UC. C'est assez logique si on considère qu'il suffit à un « simple milliardaire » de rentabiliser son capital à hauteur de 2% pour générer un revenu de 20 millions d'euros. Et, on le sait, il existe des multimilliardaires (dès avant l'arrivée d'Emmanuel Macron à la présidence)...

L'action redistributive des collectivités publiques (impôts, cotisations et prestations sociales, auxquelles il faudrait ajouter les services publics, notamment d'éducation et de santé) limite un peu les inégalités. Jusqu'à présent du moins, en France...
Cf la publication annuelle France Portrait social qui montre notamment qu'en écornant un peu l'épargne des ménages aisés, les diverses prestations sociales permettent de tripler le revenu des plus modestes et de les porter ainsi à proximité du seuil de pauvreté.
Outre ses effets sociaux de limitation de la misère, cette redistribution contribue au maintien de la consommation et donc de l'activité, puisque ces ménages dépensent la quasi-totalité de leurs revenus.

 

Commentaires transmis précédemment par Alain Gély :

- (MRC, 27 février 2017) : Résumé de l'enquête Insee sur les conditions de logement en France

- (CiViQ, 18 déc. 2016) : Commentaires de la note de conjoncture de l'Insee - décembre 2016


 

Cet article est le 3076 ème sur le blog MRC 53 - le 145ème catégorie Travail Economie

Alain Gély, musicien (auteur-compositeur-interprète) - photo blog

Alain Gély, musicien (auteur-compositeur-interprète) - photo blog

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5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 21:46

 

La SEH Laval était en perdition avant la nationalisation du groupe Thomson

 
Il y a quelques années, Georges Minzière (voir Georges Minzière, syndicaliste CFDT retraité de l'industrie, citoyen actif) m’avait parlé de l’entreprise Salmson, dans laquelle il avait été secrétaire du comité central d’entreprise, à partir de 1979. Voir l’historique (A propos de Salmson) de cette entreprise Salmson, conception et fabrication de systèmes de pompage.
J’en avais fait trois articles publiés les 30 et 31 décembre 2012 et 1er janvier 2013 (blog MRC 53) :

- Les 50 ans des Pompes Salmson à Laval : une belle histoire industrielle

- Salmson en Mayenne : comment l'entreprise s'est implantée à Laval

- Salmson à Laval (suite) : Georges Minzière fait part de ses souvenirs

 

Récemment, un appel téléphonique de l’ancien directeur Pierre-Yves Bailly à Georges Minzière m’amenait à revenir sur le sujet. Le directeur avait lu ces articles sur Internet et était mécontent du contenu de l’article de Ouest-France que j’avais cité, notamment le point de départ des contacts de Robert Buron avec les dirigeants de Salmson. Voir (10 décembre 2012) : Laval. Salmson, des pompes tournées vers l'étranger

Le journaliste avait eu une formule lapidaire prêtant à confusion. « C’est en raison des copinages avec Robert Buron, tranche le directeur ». Robert Buron était « mayennais et ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme, à l’époque ».

Georges Minzière avait réagi en précisant : qualifier de « copinages » les relations entre Salmson et Robert Buron n’est pas acceptable. Cela peut sous-entendre magouilles ou pratiques de corruption. Or, il s’agit de relations qui sont nées pendant l’Occupation allemande, dans le cadre des actions de résistance (réseau « L’Arche de Noé »).

 

Revenons à l’entreprise Wilo Salmson France actuellement. Voir QUI SOMMES-NOUS ?

WILO SALMSON FRANCE SAS : « Née du rapprochement des structures françaises du Groupe Wilo SE, Pompes Salmson et Wilo France, Wilo Salmson France SAS est une société spécialisée dans la conception et la fabrication de pompes et de systèmes de pompages pour les trois marchés du Bâtiment, du Cycle de l’eau et de l’Industrie. Basée à Chatou, l’entreprise réunit deux marques phares du Groupe, Salmson et Wilo. Elle emploie 765 salariés sur trois sites en France et a réalisé un chiffre d’affaires de 230 millions d’euros en 2016 ». Voir aussi (Ouest-France, 15 juin 2014) : À Louverné, Wilo Salmson fournit 105 pays

 
A propos de l’histoire de Salmson à Laval, il y a un point très important dans le témoignage de Georges Minzière. C’est le sauvetage de l’entreprise par la mise en œuvre de la loi de nationalisation de 1982. Rappel.

Georges Minzière ne sait pas ce qui a conduit la famille Salmson à vendre l’entreprise au groupe américain Nash, en 1961, pendant la construction de la nouvelle usine à Laval. Cela ne manqua pas d’inquiéter les élus qui avaient accepté l’implantation de l’entreprise en consentant d’importants efforts financiers, au nom des contribuables lavallois.

 

Il se souvient de la décision, en 1976, de la holding américaine ITT (téléphonie), de vendre LMT et Salmson, achetées en 1962. ITT voulait vendre LMT (Le Matériel Téléphonique) et garder les Pompes Salmson. Le président Giscard d’Estaing s’y était opposé. Thomson (avec des fonds publics) a tout racheté à ITT.

 

Par la suite, Salmson a pris le nom de « Société Electro-Hydraulique » au sein du groupe Thomson (téléphonie et mécanique), lequel s’est désintéressé de ce secteur de production. Un PDG, nouvellement embauché, avait licencié 80 personnes (ingénieurs et cadres), ce qui montrait à l’évidence qu’il ne voyait pas d’avenir à Laval pour Salmson. Georges Minzière, secrétaire du comité central d’entreprise (à partir de 1979), était très inquiet de l’évolution de la situation.

 

Ce qui a sauvé Salmson est la nationalisation du groupe Thomson. Voir Wikipédia Loi de nationalisation du 13 février 1982. Thomson-Brandt et Thomson-CSF (dont fait partie LMT et, donc la SEH, ex-Salmson) sont nationalisés en 1982 et regroupés en un seul groupe, Thomson SA, en 1983, avec organisation autour de deux pôles : l’électronique grand public et l’électronique professionnelle, essentiellement militaire.

 

Alain Gomez, proche de Jean-Pierre Chevènement (ils avaient créé le CERES ensemble en 1966) est le nouveau président de Thomson en 1982. Il a reçu Georges Minzière, accompagné d’une délégation du comité d’entreprise, qui veut lui présenter la situation très particulière de la SEH. Un collaborateur du président Gomez, Paul Calandra, qui sera nommé directeur des ressources humaines de Thomson, s’est déplacé à Laval. Il fera en sorte de consolider la SEH avec des investissements. Le PDG de la SEH, qui avait licencié 80 cadres, a disparu de l’organigramme SEH, suite aux protestations des représentants des salariés. Ceux-ci reprennent confiance, car ils sont écoutés par la direction de Thomson. Celle-ci prépare la vente de la SEH, car la fabrication de pompes ne peut pas rester dans le groupe Thomson restructuré.

 

L’évènement se produit en 1984. L’allemand Wilo (le groupe Opländer, société familiale, Dortmund) est acheteur. Il produit le même type de circulateurs, selon le même brevet de fabrication, qu’à Laval. Les syndicats de Salmson Laval se rendent sur place en Allemagne.

La direction Thomson propose la dénationalisation, démarche complexe qui rend possible la vente de Salmson. Le comité d’entreprise, les syndicats, pouvaient s’y opposer. Ils ne l’ont pas fait.
 

Cet article est le 3059 ème sur le blog MRC 53 - le 144ème catégorie Travail Economie

Georges Minzière, près de la Mayenne, à Laval (en arrière-plan, le Vieux-Château et le Pont-Vieux)

Georges Minzière, près de la Mayenne, à Laval (en arrière-plan, le Vieux-Château et le Pont-Vieux)

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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 22:34

 

Tous les syndicats ensemble pour exprimer leur mécontentement

Le rassemblement ce 10 octobre 2017 à Laval de tous les syndicats de fonctionnaires du département de la Mayenne a constitué en soi un petit évènement. Certes, la participation était un peu inférieure à un millier de manifestants mais l’ambiance dénotait l’envie de se battre face aux mesures annoncées par le gouvernement et voulues par le président de la République.

Voici ce qu’on peut lire sur les publications de la CGT 53.

Les 12 et 21 septembre dernier, les salariés ont montré leur détermination à faire barrage aux ordonnances de la nouvelle loi travail. Les agents de la fonction publique se sont joints dès le début. Alors quand une intersyndicale de la fonction publique déclenche un mouvement de grève le 10 octobre, il est de notre devoir de faire converger les luttes, mots d'ordre et revendications. Comme le 28 septembre à l'appel des retraités de l'USR, manifestons tous ensemble pour un autre code du travail, pour des services publics de proximité et le droit à une existence protégée des aléas de la vie. 

FONCTION PUBLIQUE / PRIVE : TOUS EN GRÈVE LE 10 OCTOBRE LAVAL

Les ordonnances contre le code du travail et les attaques contre les fonctionnaires sont les deux facettes d’une même politique !

Mardi 10 octobre 2017 : grève unitaire dans les 3 fonctions publiques (État, Territoriale, Hospitalière)

A L’APPEL DE TOUTES LES ORGANISATIONS SYNDICALES ! RASSEMBLEMENT A 13H00 PLACE DU JET D’EAU A LAVAL, PUIS MANIFESTATION
 

C'est près de mille personnes qui se sont mobilisées à Laval suite à l'appel de l'intersyndicale des syndicats de fonctionnaires.
 

Voir, au niveau national (Huffington Post, 10 octobre 2017) :

Manifestation du 10 octobre: les images de la grève des fonctionnaires

Voir aussi un article sur leglob-journal.fr

Rappel (13 sept. 2017): Début réussi de la mobilisation syndicale contre les ordonnances travail


 

Cet article est le 3017ème sur le blog MRC 53 - le 143ème catégorie Travail Economie

La tête de la manifestation à Laval sur le Pont-Vieux, le 10 octobre 2017

La tête de la manifestation à Laval sur le Pont-Vieux, le 10 octobre 2017

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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 19:34

 

La CGT, la FSU, Solidaires et l’UD-FO ensemble à Laval (Mayenne)

 

Nous étions plutôt nombreux le 12 septembre 2017 à Laval, lors de la manifestation contre les ordonnances Macron réformant le Code du travail.


 

Voir Ouest-France, 13 septembre : Ordonnances Macron: environ 800 manifestants à Laval

Jean-Loïc Guérin (extrait) : « Entre 700 et 800 personnes selon notre propre estimation. Autrement dit, une mobilisation plutôt réussie pour ce premier test de la rue contre la politique gouvernementale du nouveau président. Elle sera suivie d’autres actions dès jeudi 21 septembre, puis le 23 dans un esprit davantage citoyen porté par les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon » (…).


 

Autres liens :

- France Bleu Mayenne : Photos et vidéos de la mobilisation en Mayenne contre la réforme du code du travail

- leglob-journal : Contre les ordonnances Macron : à Laval, un cortège « bien plus » fourni « que prévu »


 

Au niveau national (Le Monde, 13 septembre) : Les leçons de la mobilisation du 12

 

A noter, la réflexion d’un mayennais, Henri Marteau (leglob-journal, 9 septembre) : Derrière les ordonnances Macron : l’Union Européenne

 

Rappel (blog MRC 53) :

- (6 septembre) : Réforme du code du travail : les ordonnances Macron vues par la CGT


 

Cet article est le 3014ème sur le blog MRC 53 - le 142ème catégorie Travail Economie

Les manifestants sur le Pont-Vieux (en arrière-plan, le château de Laval) le 12 septembre 2017

Les manifestants sur le Pont-Vieux (en arrière-plan, le château de Laval) le 12 septembre 2017

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11 septembre 2017 1 11 /09 /septembre /2017 22:44

 

Ce sont les dogmes du néolibéralisme qui sont responsables du chômage

 

Demain, 12 septembre, plusieurs syndicats appellent à manifester contre les ordonnances portant la réforme du code du travail. En Mayenne, FO se joint à la CGT, FSU et Solidaires pour appeler à un rassemblement à Laval, place du Jet d'eau, à 12h30.  (Ouest-France, page Laval, 11 sept. 2017).

Voici la position du Mouvement Républicain et Citoyen, au niveau national ( Jean-Luc Laurent, président du MRC, et Christian Hutin, député MRC du Nord) et du MRC Limousin-Poitou-Charentes.

- Jean-Luc Laurent : Ordonnances Travail : Les grandes entreprises entièrement gagnantes

- Christian Hutin : Le code du travail et les salariés ne sont pas responsables du chômage !

- Serge Maupouet : Dire "non" aux ordonnances Travail, c’est dire "non" au recul social

Communiqué de presse du MRC LIMOUSIN–POITOU-CHARENTES - voir aussi dans la presse locale :  Dire « non » aux ordonnances Travail, c’est dire « non » au recul social

     Le MRC s’est opposé à la loi Travail, qu’il aurait été plus juste de nommer « précarité du travail ». C’est par conséquent dans la pleine cohérence d’un positionnement politique que le MRC Limousin–Poitou-Charentes affirme son opposition aux ordonnances Travail du président Macron et de son gouvernement. 
  

     Les annonces ministérielles sur le contenu et la portée des ordonnances visant à réformer le Code du Travail sont porteuses d’une profonde déstabilisation de la nature des relations sociales en France. Non seulement les ordonnances ne résoudront pas les difficultés posées à l’économie française dans le contexte international, mais elles vont augmenter et durcir les tensions déjà existantes au sein du monde du travail. 

      L’inversion de la hiérarchie des normes, la primauté de l’accord d’entreprise, la fusion des instances représentatives du personnel, le référendum pour contourner la représentation syndicale ou le plafonnement des indemnités devant les prud’hommes sont autant de coups portés aux conditions de travail, à la représentation des salariés et à la défense de leurs droits. Or, placer le recul social au fondement d’une stratégie économique ne peut, à l’évidence, que porter de rudes coups à la cohésion sociale.   

       L’exécutif se trompe de cible en visant le Code du Travail : ce n’est pas le contenu de ce Code qui défait ou empêche les emplois. C’est le refus de nos dirigeants de réorienter la politique économique et de rompre avec les dogmes du néo-libéralisme. Il faut poser les questions relatives aux conséquences de l’euro fort, de la « concurrence libre et non faussée », de la primauté donnée à la finance aux dépens des activités productives et du mieux-vivre de la population. L’Union européenne, telle que construite depuis Maastricht, a fait peser avec constance sur les salariés l’effort de compétitivité ; la loi Travail hier et les ordonnances Travail aujourd’hui s’inscrivent dans cette même ligne. C’est dans l’intérêt de la société française dans son ensemble qu’il faut mettre un coup d’arrêt à ce processus. La mobilisation contre les ordonnances Travail en est une étape. Il est aussi nécessaire de construire, à gauche, une alternative pour l’avenir, par une véritable politique républicaine du travail.   

       Le MRC Limousin–Poitou-Charentes soutient les manifestations d’opposition aux ordonnances Macron organisées à l’appel des organisations syndicales, et déjà celle du 12 septembre 2017. 

 

Cet article est le 3013ème sur le blog MRC 53 - le 141ème catégorie Travail Economie

Manifestation contre la loi travail le 14 juin 2016 à Paris

Manifestation contre la loi travail le 14 juin 2016 à Paris

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 15:26

 

Par pétition, ils demandent au gouvernement de pratiquer la concertation

La Fédération des acteurs de la solidarité (dont la Coorace*) lance une pétition pour demander au gouvernement de maintenir un volume élevé de contrats aidés et de mettre en place une concertation ambitieuse pour en améliorer la qualité (Alternatives économiques, 6 septembre 2017).
 


 

A la recherche d’économies à réaliser, le gouvernement s’est attaqué cet été à différentes mesures sociales, dont les contrats aidés qui aident pourtant des centaines de milliers de personnes à sortir du chômage. Si 459 000 contrats aidés ont été signés par des personnes éloignées de l’emploi en 2016, seuls 310 000 le seront en 2017 – le gouvernement ne souhaitant pas augmenter significativement les crédits insuffisants prévus par l’exécutif précédent – et 200 000 en 2018, selon les annonces récentes du Premier ministre.

Une mesure à contre temps

Cette position est d’autant plus paradoxale que le taux de chômage vient d’augmenter en juillet. Plus de 3,5 millions de nos concitoyens sont toujours totalement privés d’emploi, 2,5 millions d’entre eux depuis plus d’un an. Si des signaux de reprise économique sont apparus, ils ne se traduisent pas, dès aujourd’hui, par des créations d’emploi suffisantes. Dans ce contexte, réduire le volume de contrats aidés, c’est commencer un quinquennat en détruisant des emplois et condamner une centaine de milliers de nos concitoyens au chômage.

Le gouvernement justifie ce choix en pointant l’inefficacité et le coût des contrats aidés, et explique qu’il sera plus efficace d’investir dans la formation des demandeurs d’emploi. Associations d’insertion recrutant et accompagnant des personnes très éloignées du marché du travail, employeurs associatifs, économistes et syndicalistes, nous contestons cette analyse et dénonçons ce choix aux conséquences immédiates désastreuses pour notre tissu social et les plus fragiles d’entre nous.

Un marchepied efficace pour les personnes…

Pour beaucoup de chômeurs, en particulier les jeunes peu ou pas qualifiés, les personnes en situation de handicap et les chômeurs de longue durée, être recruté par une entreprise est aujourd’hui mission impossible. Ils suscitent en effet la défiance des employeurs et ont perdu confiance en eux et en leurs compétences. Beaucoup vivent la pauvreté depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, avec ses conséquences dramatiques : diminution des ressources, sous-alimentation et problèmes de santé inhérents, habitat précaire et indigne, perte de l’estime de soi. Autant de souffrances et d’obstacles au retour à l’emploi durable.

Les contrats aidés, en permettant l’accès quasi-immédiat à un emploi, brisent ce cercle vicieux du chômage et de l’exclusion. La personne travaille, acquiert un salaire et des droits sociaux, développe une expérience professionnelle et des compétences, et, retrouve, enfin, ce sentiment d’utilité et ces liens sociaux dont nous avons tous besoin.

Si le gouvernement juge que le taux de retour à l’emploi de droit commun après la fin d’un contrat aidé est trop faible – ce que la situation globale de l’emploi peut par ailleurs largement expliquer – nous constatons que la reprise d’une activité rémunérée est toujours positive pour les personnes qui craignent de retomber dans le chômage et les minima sociaux. Plutôt que de réduire le nombre de contrats de travail de ce type, il convient donc de les préserver, et même d’en accroître le nombre, puisque plus de 3,5 millions de personnes sont aujourd’hui totalement privées d’emploi, et d’en améliorer la qualité.

Les associations, notamment celles spécialisées dans l’insertion par l’activité économique, le travail adapté et protégé et l’accompagnement socioprofessionnel, ont développé une expertise d’accompagnement, de tutorat renforcé sur le lieu de travail et de mise en relation avec les entreprises, dont le gouvernement pourrait s’inspirer.

Le gouvernement pourrait également renforcer l’accès à la formation des personnes en contrat aidé en suivant les recommandations de différentes études du ministère du Travail. Elles montrent en effet que la formation des chômeurs est beaucoup plus efficace lorsqu’elle s’appuie sur un accompagnement personnalisé et une articulation avec une situation de travail, afin de mettre en œuvre immédiatement les acquis de la formation. C’est ce que font les postes d’insertion par l’activité économique et ceux du travail adapté et protégé, mais aussi une bonne partie des autres contrats aidés. Associer, plutôt qu’opposer, contrats aidés et formation, créerait ainsi des parcours cohérents et complets, donnant réellement aux personnes les chances de retrouver un emploi durable.

et bénéfique pour la société

Enfin, nous tenons à rappeler que les contrats aidés sont aussi une formidable richesse pour notre société. Ces emplois participent en effet au développement social et économique de territoires marqués par le chômage de masse, le déclin industriel et la pénurie d’emplois disponibles. Grâce à eux, nombre d’associations, mais aussi de collectivités locales, peuvent mener à bien leurs missions d’intérêt général, telles que la solidarité de proximité, les activités périscolaires et l’éducation populaire, l’aide aux personnes âgées et aux personnes handicapées, l’accès au sport, aux loisirs et à la culture ou encore des pans entiers de la transition écologique. La ministre du Travail estime que la politique de l’emploi n’a pas à financer ces missions souvent très appréciées de la population. Mais qui d’autre, si l’Etat fait défaut, assurera le maintien d’activités assurant à la fois l’accès à l’emploi au bénéfice de personnes éloignées du marché du travail et le soutien d’actions à très forte utilité sociale ?

Les contrats aidés sont, associés avec la formation, le levier le plus efficace pour y parvenir, l’expérience le prouve. Mais, oui, il convient d’améliorer encore les politiques proposées aux personnes privées d’emploi, de sorte que celles-ci ne versent pas dans l’exclusion. Cela suppose une concertation avec les associations qui les mettent en œuvre depuis des années, les personnes qui en bénéficient ou en ont bénéficié, et plus largement, l’ensemble des acteurs de l’emploi et du mouvement associatif. Nous demandons donc au gouvernement de revenir sur ces orientations, de maintenir un volume élevé de contrats aidés et de mettre en place une concertation ambitieuse, nous associant, pour en améliorer la qualité, notamment via l’accès à la formation professionnelle. Et après les baisses successives de crédits sur les aides au logement, le logement social, les parcours de sortie de la prostitution ou la politique de la ville, nous souhaitons lui rappeler que plus de 8,8 millions d’entre nous vivent sous le seuil de pauvreté, dans un état d’urgence social où les associations et les collectivités locales se retrouvent souvent seules en premières ligne pour sortir les personnes de l’exclusion et garantir la cohésion sociale.

La pétition peut être signée en cliquant ici.

 

* La réduction du nombre de contrats aidés va fragiliser fortement de nombreuses structures, associations en tête, estime Jean Burneleau, de la Coorace (qui fédère les associations et entreprises de l’économie sociale et solidaire). Voir Baisse des contrats aidés : « des associations risquent de ne pas y survivre »

Cet article est le 3012ème sur le blog MRC 53 - le 140ème catégorie Travail Economie

Manifestation de l'ensemble des syndicats à Laval le 29 janvier 2009

Manifestation de l'ensemble des syndicats à Laval le 29 janvier 2009

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6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 22:20

 

Ce n’est pas une réforme, c’est une démolition du code du travail

Le président de la république bourgeoise - qui occupe par surprise et par défaut la fonction de président de la République française depuis le mois de mai 2017 - mise sur la division des forces représentatives des travailleurs pour imposer par la loi les ordonnances réformant le code du travail. Voir (Le Monde, 1er septembre 2017) : Réforme du code du travail : ce que contiennent les ordonnances

Les journalistes membres du SNJ-CGT ont fait un résumé de ces ordonnances

 

Les ordonnances Macron dans les grandes lignes

 

Une entreprise peut, par accord d’entreprise, baisser les salaires, modifier le temps de travail, les congés, les majorations d’heures supplémentaires…

 

En cas de licenciement illégal, l'indemnité prud'homale serait plafonnée. Les patrons n’auront plus qu’à planifier et provisionner les licenciements.

 

Le plancher de 24 heures hebdomadaire pour un contrat à temps partiel n'est plus la règle dans la loi. Les temps d'astreinte peuvent être décomptés des temps de repos.

 

Les conventions collectives ou accords de branches ne prévalent plus sur les accords d’entreprises. Les employeurs pourront aller en dessous des grands acquis des salariés, voir même de les supprimer.

 

Les 11 heures de repos obligatoire par tranche de 24 heures peuvent être fractionnées. Le dispositif « forfaits-jours », qui permet de ne pas décompter les heures de travail, est étendu à l’ensemble des salariés, y compris les ouvriers.

 

Création d’une instance unique DP, CE, CHSCT. Cette instance enlève la plupart des prérogatives existantes qui permettent aux salariés d’être informés et de se défendre à l’entreprise. Le nombre de délégués seraient au moins divisés par deux. A terme, les syndicats n’auront plus de mot à dire et les salariés encore moins de moyens pour se défendre.

 

Jusqu’à maintenant un patron ne pouvait pas licencier plus de 10 salariés sur une période de 30 jours, sans avoir l’obligation de déclencher un Plan de licenciement économique. Désormais, ce seuil serait porté à 30 salariés. C’est donner la possibilité permanente aux patrons de virer des salariés pour réorganiser et faire des gains de productivité.

 

Une multinationale pourra fermer une entreprise en difficulté sur le territoire Français sans que les profits colossaux qui sont réalisés dans le monde soient pris en compte. Sachant qu’il est déjà facile pour une entreprise de plomber ses comptes au travers des jeux d’écritures.

 

Une mesure peut-être imposée par référendum contre l'avis de 70% des syndicats. Dans la majorité des cas, ces référendums se font sur fond de pressions et de chantage à l’emploi sur les salariés.

 

Une entreprise peut licencier sans avoir de difficultés économiques. Les employeurs n’auraient plus d’obligations envers les licenciés d’offres de reclassement individuelles, ils pourraient juste donner un accès internet en interne sur des offres « d’emplois accessibles ».

 

Après un accord d'entreprise, un salarié qui refuse un changement dans son contrat de

travail peut être licencié pour faute. Modifications des conditions salariales, du temps de travail, des conditions de travail …

 

Une entreprise ou un groupe de moins de 1000 salariés pourrait mettre en œuvre un plan de licenciement avant une cession de fonds de commerce ou d’activité. Fini le transfert et l’obligation de reprise automatique des salariés.

 

La durée du congé en cas de décès d'un proche (enfant, conjoint-e,...) n'est plus garantie par la loi.

 

La visite médicale d'embauche transformée en une ... visite d'information.

 

Par simple accord d’entreprise, on peut passer de 10h à 12h de travail par jour et de 44h à 46h de travail maximum par semaine.

 

Augmentation du nombre de semaines consécutives où l'on peut travailler 44h (ou 46h).


 

Les journalistes CGT et les ordonnances : c’est mille fois non !

Inversion de la hiérarchie des normes, primauté de l’accord d’entreprise, périmètre du plan social, rupture conventionnelle collective, plafonnement des indemnités, fusion des institutions représentatives du personnel : autant d’expressions qui démolissent le code du travail.

Les ordonnances Macron vont permettre aux patrons de presse de vider le contenu des articles du code du travail concernant la profession et de déroger à la convention collective sans avoir à la dénoncer.

 

Sur le site de la CGT : Actions et mobilisations le 12 septembre

 

Rappel (2 août 2017) : Réforme du code du travail par ordonnances adoptée par le Parlement


 

Cet article est le 3011ème sur le blog MRC 53 - le 139ème catégorie Travail Economie

Manifestation à Paris le 14 juin 2016 contre la loi travail

Manifestation à Paris le 14 juin 2016 contre la loi travail

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