Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
  • Contact

Texte libre

Recherche

Courriel

 

 

 

 

Articles Récents

2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 18:24

Les syndicats, moins unis, à la croisée des chemins

 

1er-mai-2009-a-Laval-003-T.jpgCe 1er mai était un mutant. Rien à voir avec la grippe, à première vue. Et, pourtant, le pouvoir politique pourrait bien être confronté à un virus social, dont il aura du mal à se défaire.

 

Un mutant, parce que, hier, ce n’était pas un 1er mai traditionnel. D’ailleurs, en Mayenne, il n’y avait pas de manifestation le 1er mai (sauf en 2002, mais il y avait des raisons particulières, liées au contexte électoral, entre les deux tours de l’élection présidentielle).

 

Un mutant, parce que ce 1er mai était dans la continuité des mobilisations sociales des 29 janvier et 19 mars (voir 1er mai pour une politique fondée sur la justice et la solidarité - 29 avril 2009). Mais il n’avait pas la tonicité de ces dernières. C’était le début d’un long week-end, ce qui n’est pas favorable à la mobilisation.

 

Le quotidien Ouest-France, ce 2 mai, a probablement surestimé la participation à Laval :

De 4 000 à 4 500 personnes pour un 1er mai revendicatif

Lire également la page nationale de OF : La crise dope le traditionnel rendez-vous du 1er Mai.

 

En Mayenne (voir photo), il manquait l’une des huit centrales syndicales. Force Ouvrière avait refusé de s’y associer, considérant qu’une procession tous les deux mois ne peut faire plier le gouvernement et le patronat. A noter que cette absence touchait une quarantaine de départements, mais, pas Paris. La position de FO avait été indiquée par son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, le 1er mai, sur le site de Marianne Mailly veut la grève générale mais rejette le NPA.

 

Au niveau national, dès hier soir, le site Rue89 révélait 1er Mai: plus de monde qu'en 2008, moins que le 19 mars.

 

Ce qui était confirmé par Libération, ce 2 mai. François Wenz-Dumas considère que la mobilisation en demi-teinte pourrait infléchir la stratégie des syndicats. Voir Un 1er Mai moins historique qu’espéré.

 

L’Humanité, ce 2 mai, affirme Premier mai : la force de l'unité et Le Monde voit plus loin La rentrée, véritable échéance pour la crise sociale.

 

La suite ?

« Les syndicats se retrouveront lundi pour en discuter. Un avenir délicat, après déjà trois manifestations unitaires réussies : 29 janvier, 19 mars et 1er mai, qui n'ont pas fait beaucoup ciller le gouvernement » (Ouest-France).


« Solidaires et FO prônent une journée de grève générale et de manifestations en semaine, en mai ou en juin. La FSU n’est pas contre, mais propose aussi une grande manifestation nationale un week-end. Les cinq autres ne veulent pas de la grève générale, et pourraient donc reprendre cette idée d’une manifestation unique un week-end. Personne en tout cas ne veut prendre le risque de voir une nouvelle journée d’action sur le modèle des trois précédentes mobiliser moins que ce 1er mai 2009 » (Libération).


Cet article est le 53ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie
.

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans Travail Economie
commenter cet article
29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 23:18

Front commun syndical et politique pour le changement

 

C’est un 1er mai historique qui se prépare, la crise étant passée par là (voir Le monde du travail vers des luttes sociales efficaces et radicales - 11 avril 2009). L’intersyndicale continue sur sa lancée des 29 janvier et 19 mars. Sa plateforme de revendications et ses initiatives sont approuvées par les Français, comme le montre un sondage de L’Humanité, ce 29 avril.


Avant même que ne s’ébranlent les 280 défilés revendicatifs du 1er Mai, l’intersyndicale pourra se targuer d’avoir gagné la sympathie de l’opinion pour ses initiatives.

Le sondage CSA commandé par l’Humanité est sans appel. À 72 %, les Français soutiennent ou éprouvent de la sympathie à l’égard de la mobilisation du 1er Mai. Ils ne sont que 9 % à s’y déclarer hostiles ou opposés. Ils étaient 62 % à soutenir ou exprimer de la sympathie pour la journée du 19 mars, 69 % pour le 29 janvier.

Pour retrouver un même niveau d’adhésion de l’opinion à un mouvement social, il faut remonter à… l’année 2002.Le sondage montre que toutes les générations et toutes les catégories de la population éprouvent de la sympathie ou soutiennent cette journée de mobilisation.


Lire aussi sur le site de L’Humanité
Un Premier Mai sur fond de conflits sociaux

 

En Mayenne, les organisations syndicales appellent à manifester le 1er mai, à partir de 11h, près de la Salle polyvalente, Place de Hercé à Laval, vers le Square de Boston, où se déroulera la partie festive, avec animation musicale et la possibilité d’échanger autour d’un pique-nique (à apporter).

 

En Loire-Atlantique, les partis de gauche (à l'exception du NPA) ont appelé les citoyens à manifester le 1er mai en appui aux forces syndicales pour contester la politique du gouvernement, pour la défense des travailleurs, des retraités et des étudiants ».

 

Bruno Chevalier, responsable MRC 44, ajoute : « Devant la multiplication des plans sociaux, de la criminalisation de l'action syndicale et de la radicalisation à droite toute de ce gouvernement, il est important que chacun se mobilise pour faire de cette manifestation historique (il n'y avait pas eu d'unité syndicale pour le 1er mai depuis la Libération) un évènement politique et citoyen majeur de ce printemps ».

DECLARATION COMMUNE: Le 1er mai sera unitaire à gauche

Ensemble, les partis de gauche de Loire-Atlantique soutiennent et appellent à la participation de toutes et tous aux manifestations organisées le 1er mai à l’occasion de la fête des travailleurs pour
que cette journée soit porteuse de résistance à la politique du gouvernement, d’espoir pour les salariés et de changement de cap politique pour les Français.

Nous l’affirmons : la France connaît une crise sociale grave dont les principales victimes sont les salariés, les précaires et les chômeurs. Elle crée une désespérance pour les Français qui subissent une dégradation de leur qualité de vie avec un pouvoir d’achat qui baisse, une augmentation du chômage et de la précarité accentués par les vagues actuelles de licenciements et de suppressions d’emplois, dans le privé comme dans le public.

L’importance des mobilisations sociales des 29 janvier et 19 mars dernier a témoigné d’un rejet massif des choix politiques du gouvernement Sarkozy-Fillon et confirmé l’exigence d’un « bouclier social » à l’opposé du « bouclier fiscal » pour les plus riches, et de mesures en faveur de l’emploi et des salaires à l’opposé des choix du gouvernement qui distribue sans contrepartie sociale des milliards aux banques et aux grands groupes. De plus, pour lutter contre le chômage et le désespoir des jeunes, le Président ressort les mêmes recettes qui ont toujours échoué. Depuis 30 ans, on ne cesse d’accorder contrats aidés, primes et baisses des charges aux entreprises qui embaucheraient des jeunes. Nicolas Sarkozy ne fait aucune rupture avec cette politique qui échoue systématiquement et laisse les jeunes dans la précarité et la dépendance.

En rejetant les revendications formulées à l’occasion de ces manifestations par les organisations syndicales et sociales, Nicolas Sarkozy et son gouvernement démontrent leur incapacité à comprendre l’angoisse des Français et l’ampleur de la crise économique et sociale qui concerne tout le pays. C’est pourquoi, nous appelons à un front commun contre la politique de la Droite et du MEDEF qui réponde aux difficultés, aux inquiétudes et aux attentes des salariés.

Nous proposons qu’une politique nouvelle soit mise en place autour des choix de justice et de solidarité qui répondent aux inquiétudes et redonnent espoir aux salariés et aux Français : défense des emplois et lutte contre la précarité du travail dans les secteurs privé et public ; augmentation des salaires, des minima sociaux et des pensions de retraite ; défense et développement des services et de l’emploi publics (éducation, santé, etc.) ; réorientation des richesses vers le développement de productions et de services susceptibles d'engager notre pays dans un mode de développement fondé sur la satisfaction des besoins sociaux dans le respect des équilibres écologiques et territoriaux.

Nous réaffirmons notre attachement à un droit du travail protecteur des salariés et à un syndicalisme fort et respecté, nécessaire à la transformation sociale. Nous dénonçons les atteintes aux libertés qui visent à museler la contestation sociale et à entraver le travail des organisations syndicales.

Comme nous l’avons fait lors des précédentes mobilisations sociales, nous appelons à la réussite d'un 1er mai 2009 historique. C’est pourquoi, nous serons aux côtés des organisations syndicales et des salariés pour amplifier cette mobilisation populaire afin d’obtenir les changements de cap politiques nécessaires.


Les signataires
: Le Parti Socialiste de Loire-Atlantique (PS) - Le Parti Communiste de Loire-Atlantique (PCF) - Les Verts de Loire-Atlantique – L’Union Démocratique Bretonne (UDB) - Le Parti Radical de Gauche de Loire-Atlantique (PRG) – Le Mouvement Républicain et Citoyen de Loire-Atlantique (MRC) - Les Alternatifs de Loire-Atlantique – Le Parti de Gauche (PG) de Loire-Atlantique - Gauche Unitaire de Loire- Atlantique.

Sur le site du quotidien Le Monde, le 20 avril, Michel Noblecourt pointait le paradoxe qui voit les syndicats unis au sommet et concurrents à la base. Depuis le 1er janvier, dans toutes les entreprises, la loi du 20 août 2008 sur la représentativité syndicale impose de nouvelles règles très exigeantes.

 

 Les paradoxes de l'unité d'action du "G8" syndical, par Michel Noblecourt

 

Triangle rouge à la boutonnière - histoire de symboliser les trois temps d'une journée (travail, sommeil, loisirs) -, les premiers syndicalistes français ont fait du 1er Mai, dès 1890, une journée de solidarité internationale. Il s'agissait de célébrer la victoire des ouvriers américains qui avaient obtenu, le 1er Mai 1886, la journée de huit heures et la mémoire de cinq syndicalistes pendus à la suite d'une manifestation violemment réprimée à Chicago. C'est ce symbole, et non la Fête du travail instaurée par le maréchal Pétain en 1941, que, pour la première fois, les huit syndicats du groupe des 8 (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU et Solidaires) vont célébrer ensemble le 1er Mai.

 

L'événement est d'importance. En 2006, les syndicats avaient bataillé plusieurs mois, dans "une unité sans faille" selon la formule de Bernard Thibault, contre le contrat première embauche (CPE) de Dominique de Villepin. Mais cette unité, déjà inédite, n'avait été qu'un feu de paille vite balayé par leur victoire commune. Cette année, le 1er Mai unitaire du "G8" est présenté comme "un nouveau temps fort de mobilisation", après ceux du 29 janvier et du 19 mars, pour "peser sur le gouvernement et le patronat" et obtenir un changement de politique économique et sociale face à la crise.

Exceptionnelle, cette unité n'en est pas moins très paradoxale. Unis au sommet, les syndicats s'affrontent comme jamais à la base, dans les entreprises (…).

 

 Cet article est le 52ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans Travail Economie
commenter cet article
26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 23:34

Un plan de plus pour l’emploi, mais quelle efficacité ?

 

Par comparaison avec les autres pays européens, le taux d’emploi, en France, est très déséquilibré. Il est trop faible avant 25 ans et après 55 ans. Concernant les jeunes, ils font des études plus longtemps, mais ils ont beaucoup de mal à se stabiliser professionnellement avant 30 ans, faute de trouver un emploi adapté et durable.

 

Le lien entre le système éducatif et la vie active n’est pas au point, contrairement à la Finlande (meilleur système éducatif mondial), qui a réussi l’initiation des jeunes à la vie professionnelle dès la scolarisation.

 

Avec la crise, le chômage des jeunes a bondi de 32% en un an, ce qui incité le gouvernement à mettre en place un plan d’urgence (voir l’article du quotidien Le Monde, le 23 avril, Chômage des jeunes : le mal français).

 

Pour Florence Lefresne, économiste à l'Institut de recherches économiques et sociales, les propositions de Nicolas Sarkozy sur l'apprentissage ne suffiront pas à remédier au problème de l'emploi des jeunes. Lire sur le site du Monde le 24 avril "La politique de l'emploi doit être repensée dans son ensemble".

Le site Rue89 (Eco89, François Krug) publiait, le 23 avril, un article résumant bien le problème, historiquement :

Chômage des jeunes : Sarkozy condamné à l'échec ?

(…) Des parkings ? C'est un résumé peu flatteur des plans lancés à droite comme à gauche pendant trente ans. Au cours de cette période, le taux de chômage des jeunes a oscillé entre un minimum de 9,7% et un maximum de 23,1%, selon les chiffres de l'Insee. Fin 2008, il s'élevait à 20,4%.

Comme le montre cette chronologie des dix plans les plus importants, deux stratégies ont alterné : inciter les entreprises à embaucher à coups d'aides et d'exonérations, voire en réécrivant le code du travail, ou créer des emplois de toute pièce dans le secteur public et les associations.

Paradoxe : au sein du gouvernement, l'UMP Laurent Wauquiez penchait pour la solution privilégiée par la gauche, celle des emplois publics. Et Martin Hirsch, proche de la gauche avant son arrivée au gouvernement, misait au contraire sur le privé.

Faut-il compter sur les entreprises ?

Comme le montre notre chronologie, c'est la solution privilégiée par tous les gouvernements de droite, de Raymond Barre en 1977 à Dominique de Villepin en 2006. Le recrutement de jeunes qualifiés coûterait trop cher, et l'Etat doit donc encourager les entreprises :

o          En réduisant les charges, comme pour le Pacte national pour l'emploi des jeunes de Barre ou le Plan d'urgence du gouvernement Chirac en 1986

o          En prenant en charge une partie du salaire, comme pour le Contrat jeune en entreprise de Jean-Pierre Raffarin en 2002

o          En réduisant le salaire minimum appliqué aux jeunes, comme pour le Contrat d'insertion professionnelle d'Edouard Balladur en 1994, retiré après une vague de manifestations

o          En assouplissant le Code du travail, comme avec la période d'essai de deux ans du Contrat première embauche de Villepin en 2006, un projet lui aussi abandonné sous la pression (…).

Faut-il créer des emplois publics ?

C'est la solution privilégiée par la gauche. Les travaux d'utilité collective de 1984, les contrats emploi solidarité de 1990 et les emplois jeunes de 1997 ont tous suivi la même logique : créer des emplois de toute pièce dans le secteur « non marchand » (administration, collectivités locales, associations…), sans remettre en cause les emplois déjà existants.

Pour Mathieu Plane, économiste à l’OFCE, cette stratégie de « traitement social du chômage » est encore la plus efficace : « Dans le secteur marchand, il y a un effet d'aubaine. Dans le public, vous pouvez augmenter le volume global et ce ne sera pas au détriment d'une autre catégorie. Les entreprises sont dans une logique d'ajustement très forte, et la seule entité qui peut contrebalancer cet effet, c'est l'Etat, en jouant le rôle de recruteur. »

Une seule solution : le plein emploi

Mais pour Mathieu Plane, le véritable problème est celui de l'enseignement et de la formation. Le taux de chômage des jeunes doit être interprété avec précaution, rappelle l'économiste de l'OFCE : « Il ne porte pas sur l'ensemble des jeunes, mais sur la population active de cette classe d'âge. C'est celle qui est sortie le plus tôt du système scolaire, elle est moins qualifiée que la moyenne des jeunes. Ça reporte le problème à la question de la qualification. »

Ce manque de qualification condamnerait une partie des jeunes à la précarité : « Les jeunes sont sur-représentés dans la précarité, dans les CDD et les intérims. Ils sont une variable d'ajustement très forte pour les entreprises. »

La seule solution, « c'est le plein emploi », résume Mathieu Plane. C'est-à-dire une situation où le rapport de force entre les recruteurs et les jeunes s'inverserait : « Le problème est lié au chômage de masse. Tant qu'on aura ce chômage de masse et qu'il n'y aura pas de tension sur le marché du travail, les entreprises ne se tourneront pas vers cette main-d'oeuvre. Ou alors il faudra mettre énormément d'aides sur les jeunes, mais ça ne fera que déplacer le problème. »

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

Michel Wieviorka : Plan de relance, et les jeunes dans tout ça ?

Chômage : 40 ans d'embarras des politiques à la télé

On licencie même dans les services à la personne

Tous nos articles sur le chômage

Ailleurs sur le Web

Chômage des jeunes: Wauquiez et Hirsch à front renversé, sur LeFigaro.fr

"Jeunes dans la crise", un document du Haut commissariat à la Jeunesse

L'évolution du taux de chômage des jeunes, sur le site de l'Insee

 

Cet article est le 51ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans Travail Economie
commenter cet article
11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 17:41

L’unité le 1er mai et la radicalité dans certains cas

 

Après le 29 janvier, puis le 19 mars (voir, sur ce blog : A Laval et ailleurs, ce 19 mars, le monde du travail était dans la rue), voici le 1er mai : les syndicats représentatifs du monde du travail avancent des revendications salariales, face aux représentants du capital et de l’Etat.

 

Voir cet article paru sur le site de L’Humanité, le 7 avril :

 

Un 1er mai pour quoi faire ?

 

Et, le 10 avril, le début d’une série d’articles permettant aux syndicats de s’exprimer sur le sens qu’ils donnent à ce 1er mai unitaire :

 

1er mai 2009 : ce que souhaitent les syndicats

 

Par ailleurs, au niveau des entreprises, les syndicats utilisent des méthodes qui tiennent compte des situations particulières constatées, notamment des interlocuteurs patronaux sur place. Quand il s’agit de cadres qui n’ont pas le pouvoir de décision, celui-ci appartenant à des dirigeants hors du territoire national, comme c’est le cas pour Caterpillar, Sony, et d’autres, des pressions sont exercées sur les cadres locaux afin de faire aboutir les revendications.

 

Lire cet article paru dans Ouest-France, le 10 avril, sous la plume de Carine JANIN (entretien) :

 

Urgence sociale, conflits plus radicaux

Dirigeants de Caterpillar, de Sony, de Scapa, de Faurecia... retenus par leurs salariés. Des séquestrations pas nouvelles, mais révélatrices d'un climat. Rude.

Les séquestrations de dirigeants, un phénomène nouveau ?

Pas du tout. L'histoire du mouvement ouvrier est marquée par des phénomènes d'occupation d'usine, dès 1936, et d'occupation et de séquestration, plutôt à partir des années 1970, après mai-68.

Les motivations ont changé...

Bien sûr. Dans les années 1970, c'est l'apogée des Trente glorieuses. Les mouvements sociaux sont liés à des revendications en matière de salaire. Aujourd'hui, ce ne sont que des conflits « défensifs » liés à l'emploi : défendre l'emploi ou négocier au mieux les conditions de licenciement, de « sortie ».

La structure des entreprises aussi s'est transformée ?

Oui, on n'est plus dans le modèle « patrimonial de l'entreprise » : vous avez un patron, vous n'êtes pas content de votre sort, vous pouvez aller le voir, il existe en chair et en os. Aujourd'hui, c'est une particularité de ces séquestrations : les entreprises concernées ont toutes leur siège social à l'étranger. Continental, Caterpillar, Scapa...

Les entreprises s'internationalisent, les directions aussi et, finalement, les salariés n'ont plus personne en face d'eux pour exprimer leur mécontentement. Ils ne savent plus trop à qui appartient leur entreprise, qui décide. Ils ont en face d'eux des dirigeants qui ne font qu'obéir à des logiques qui les dépassent, décidées par d'autres, à d'autres endroits. Bref, qui n'ont, eux-mêmes, pas vraiment de pouvoir de décision.

Séquestrer, c'est en réaction à cela ?

Oui, c'est une manière de garder la main sur des choses que l'on sait qu'elles vont nous échapper. Même si, au fond, tout est déjà perdu. Ces conflits sont liés à une urgence sociale. Ceux qui les mènent n'ont plus rien à perdre.

Les injustices sociales, les cas de ces dirigeants qui partent avec des sommes faramineuses alimentent, bien sûr, ces actions. Le fait aussi, que les pouvoirs publics n'aient pas beaucoup bougé malgré deux grosses journées de mobilisation.

Le mouvement s'amplifie. Inquiétant ?

Cinq ou six cas de séquestrations depuis un mois, ça ne fait pas un mouvement ! La répétition peut être liée au contexte actuel, et à un phénomène de contagion « médiatico-syndicale » : quand on voit que certains utilisent ce mode d'action et que ça paie, bien sûr que ça peut donner des idées. Mais il est bien trop tôt pour parler de « mouvement ». En revanche, ce qui est inquiétant, c'est que le gouvernement ne semble pas saisir le danger de ces situations. Malgré les mises en garde des syndicats.

 

Sur le site du quotidien Le Monde, le 10 avril, Sylvia Zappi montre la sympathie de l’opinion publique à l’égard de ces actions syndicales qui font céder les dirigeants d’entreprises. La dérive scandaleuse, puis la déroute, de la finance mondiale, et ses conséquences économiques et sociales, ont créé un climat de mécontentement sans précédent, à caractère prérévolutionnaire.

 

Lire cet article : Pourquoi les séquestrations de patrons sont populaires

 

Sur le site de ce quotidien, Bernard Thibault a répondu aux critiques concernant ces actions :

 

Les séquestrations de dirigeants d'entreprises en France ne peuvent être assimilées à des prises d'otages et sont défendables tant que l'intégrité physique des patrons n'est pas menacée, estime le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault. "Ce sont des actions syndicales coordonnées, organisées, ce n'est pas comparable à des prises d'otages", a déclaré Bernard Thibault sur RTL.

Le patron de la CGT a dit qu'il comprenait ce type de mouvements et qu'il les défendrait "dès lors que ce sont des actions qui ne portent pas une atteinte physique à ces dirigeants". Selon lui, Nicolas Sarkozy et le gouvernement portent une part de responsabilité dans cette radicalisation pour ne pas avoir entendu la colère des salariés.

"Si l'on constate un certain nombre de modifications dans la conduite des revendications (...), je crois que c'est aussi la conséquence directe d'un certain nombre de déclarations et d'attitudes du chef de l'Etat et du gouvernement qui ont minoré jusqu'à présent le mécontentement", a-t-il dit.

"On ne peut pas à la fois dire que l'on est dans un pays où les grèves et les manifestations ne se voient pas et s'étonner que les salariés pour être entendus et pris en considération imaginent d'autres formes d'actions" qui permettent "d'attirer les micros et les caméras" (…) - Le Monde, 10 avril.

Pour en savoir plus, lire Militants politiques et activistes à l'assaut des syndicats (Rue89, 26 mars). Alors que les mobilisations s'amplifient, le NPA ou les Désobéissants tentent d'en tirer profit au détriment des syndicats (…).

 Cet article est le 50ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans Travail Economie
commenter cet article
19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 22:08

 

La pression monte pour un changement de politique

 

Après le 29 janvier (voir sur ce blog 29 janvier : syndicats, travailleurs, citoyens dans les rues de Laval), ce 19 mars a été marqué par une participation citoyenne, plus importante encore, dans les rues ensoleillées de notre beau pays.

 

Ouest-France indique sur son site Grèves : Environ 300 000 manifestants dans les rues de l'Ouest - OF 19 03 09 avec cette précision :

 

manif-19-mars-2009-Laval-006-T.jpgLaval. Plus de 8 000 manifestants se sont réunis au square Boston. Dans le cortège, on retrouve beaucoup d'enseignants, de lycéens de salariés d'entreprises, des personnels de l'hôpital, des fonctionnaires de la Poste, de la SNCF... Il s'agit d'une des plus grosses manifestations de ces dernières années à Laval.

 

 Cette journée d’action et de mobilisation, à l’initiative des syndicats, et soutenue par les partis politiques de gauche (voir l’article paru hier sur ce blog Michel Sorin : le pouvoir politique doit entendre le mouvement social - 18 mars 2009) était un nouvel appel aux employeurs (le MEDEF et l’Etat, principalement) pour qu’ils changent de politique économique et sociale.

 

Le MEDEF est un adepte de la lutte des classes depuis que Jean Gandois a été remplacé à la présidence du patronat français par des « tueurs ». Voir, à ce sujet, l’article de Jacky Eouzan, mon collègue MRC des Côtes-d’Armor, qui fut le témoin du changement de cap du patronat NAÏVETÉ OU COMPLICITÉ ? ( Jacky Eouzan ).

 

La présidente actuelle du MEDEF a décidé de hausser le ton vis-à-vis de la CGT (voir sur le site de Marianne, ce 19 mars : Qui a gagné le match radiophonique Parisot - Royal? Réponse dans la rue….

 

La réponse de l’Etat est venue du Premier ministre ce soir, à la télévision : François Fillon exclut "tout nouveau plan de relance" (Le Monde, 19 mars).

 

Pourtant, les travailleurs et leurs organisations ont marqué des points ce 19 mars : Mobilisation réussie pour les syndicats, le gouvernement exclut toute nouvelle mesure (Le Monde) ou La preuve par trois millions (L’Humanité) ou encore Entre 1,2 et 3 millions de manifestants en France(Rue89).

 

Pour sa part, Elie Arié s’est fait accorder par le site de Marianne le droit de jouer sa petite musique critique : Manifs : trop de revendications tue la revendication (mais il signale que ce titre n’est pas de lui). Voici un extrait de son texte, paru ce 19 mars. Contrairement à lui, je pense que ces rassemblements font avancer les partis politiques de gauche vers une analyse critique commune de la situation.


(…) Non pas que ces manifs ne traduisent pas un sentiment général, justifié et très profond d’une société qui évolue dans une direction de plus en plus insupportable.

Mais il leur manque la condition nécessaire pour réussir : une analyse politique des raisons de cette évolution, débouchant sur un projet politique alternatif, donc sur une possibilité de succès.

La raison profonde de l’évolution tellement insupportable, on la connaît : la globalisation de l’économie, l’ Union Européenne du libéralisme économique que gauche et droite ont construite, auxquelles elles continuent de se rallier (ratification parlementaire du TCE rejeté par referendum, etc.), et se trouvent donc dans l'incapacité de proposer autre chose - et dont tout le reste découle inéluctablement : privatisations, délocalisations, démantèlement de l’ Etat-Providence, démantèlement des services publics, transfert de la richesse des pays occidentaux vers les pays dits « émergents ».

On la connaît, mais personne ne l’assume, car tout le monde est co-responsable. Alors, les manifs tournent à vide, ont des cibles artificielles (« Sarko » qui serait à l’origine des choix de la politique de droite et de gauche depuis 20 ans), et ne peuvent déboucher sur rien : pas de solution politique à un problème politique sans analyse politique.
  

 

Cet article est le 49ème sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans Travail Economie
commenter cet article
18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 12:18

Sarkozy : retrait du bouclier fiscal ou retraite ?

 

Le président de la République n’ira pas au bout de son mandat. Ses options politiques néolibérales, qui l’ont fait élire il y a deux ans, et qu’il continue de défendre devant les députés UMP (voir l’article paru sur le site de Libération ce 18 mars : Bouclier fiscal : Sarkozy raille le «mal de mer» de ses «amis politiques») le condamnent face au mouvement populaire.

 

Au moment où la crise économique répercute ses conséquences sociales, le peuple français ne tolèrera pas de telles injustices (voir l’article paru ce 18 mars sur le site du Monde : Bouclier fiscal : "834 contribuables ont reçu un chèque moyen de 368 000 euros"). Extraits des déclarations de Didier Migaud, président de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale :

 

« S'agissant du bouclier fiscal nouvelle version, les résultats font apparaître un doublement du coût au bénéfice exclusif des contribuables les plus aisés. A l'inverse, s'agissant des contribuables non imposables à l'ISF, la facture a été divisée par deux ! En élargissant le dispositif aux contributions sociales et en faisant passer le plafonnement de 60 % à 50 % des revenus, la loi TEPA a accentué l'injustice du dispositif. En 2008, 834 contribuables dotés d'un patrimoine supérieur à 15,5 millions d'euros ont reçu un chèque moyen de 368 000 euros. Ils se sont partagés 307 millions d'euros. Ils représentent 6% des bénéficiaires, mais deux tiers du coût du bouclier (…).

 

Au-delà de la suppression du bouclier, une réforme fiscale s'impose pour rendre notre fiscalité plus intelligible, plus juste et plus efficace. L'impôt étant de moins en moins progressif, il ne joue plus qu'un rôle mineur dans la redistribution, alors que les inégalités de revenus ont fortement augmenté depuis 2002, comme l'ont montré l'Insee et le CPO. Il faut absolument revoir la part dans notre système des impôts directs et des impôts indirects, celle du progressif et du proportionnel. Le gouvernement s'était engagé sur une revue générale des prélèvements obligatoires. Nous l'attendons toujours (…) ».

 

Une seconde journée d’action et de mobilisation aura lieu demain (voir sur ce blog Les manifestations du 19 mars sous le signe d'un ras-le-bol général - 13 mars 2009).

 

Près de 4 français sur 5 sont favorables à ce mouvement social, selon les sondages d’opinion. Les syndicats sont unis, prenant en compte l’inquiétude du monde du travail. Sur le site du quotidien Le Monde, le 16 mars, sous le titre « Semaine à risques sur le plan social pour Nicolas Sarkozy », on pouvait lire :

« A peine sorti du conflit aux Antilles, le gouvernement français doit faire face jeudi à une nouvelle vague de grèves et de manifestations tous azimuts pour exiger des réponses sociales à la crise. Les huit syndicats soutenus par douze partis et mouvements de gauche s'attendent à mobiliser autant de monde que le 29 janvier, qui avait vu selon eux 2,5 millions de personnes descendre dans la rue.

"Comme les mécanismes ne sont pas changés, nous ne sortirons pas de la crise de cette façon et au contraire elle va s'aggraver si nous ne réussissons pas par le rapport de forces et c'est l'objet du 19 mars, à obtenir un changement de tendance", a déclaré lundi Maryse Dumas, numéro 2 de la CGT, sur France Info. Les centrales syndicales ont d'ores et déjà annoncé qu'elles n'entendaient pas en rester là et qu'elles se reverraient vendredi pour décider des suites à donner au mouvement ».


Lire aussi le point de vue de Jean-Claude Mailly (FO) sur le site du Nouvel Observateur, ce 18 mars :
Mailly sur le 19 mars : "Une mobilisation aussi importante que celle du 29 janvier".

 

François Krug, le 17 mars, sur le site Eco89, posait la bonne question : Grève : Sarkozy pourra-t-il rester inflexible ?

 

Cet article est le 48ème sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans Travail Economie
commenter cet article
13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 23:20

Le mouvement social, pour enclencher une autre politique

 

La journée d’action du 29 janvier avait mobilisé plus de deux millions de personnes en France.

 

  -     29 janvier : Sarkozy hésite sur la réponse à donner aux syndicats - 1 février 2009

  -     29 janvier : syndicats, travailleurs, citoyens dans les rues de Laval - 29 janvier 2009

  -     Le mouvement du 29 janvier s'attaque à la posture libérale de Sarkozy - 2 février 2009

 

Aujourd’hui, les mêmes syndicats, soutenus par les partis de gauche, appellent  à faire pression sur le gouvernement et le patronat pour obtenir de nouvelles réponses sociales à la crise économique.

 

Les syndicats et la gestion du "ras-le-bol général", par Michel Noblecourt (Le Monde, 13 mars)

 

Et là, tu la vois, ma grève ? (L’Humanité, 13 mars).


Déclaration commune de 12 organisations de gauche pour la manifestation du 19 mars


(…) Conscientes que l'unité est une force essentielle face à l'obstination gouvernementale et       patronale, comme le montre le mouvement des Antilles, les organisations de gauche signataires de ce texte appellent à soutenir et à amplifier ces mobilisations, à réussir le 19 mars une très grande journée de protestation et de propositions, plus forte encore que celle du 29 janvier.
Elles souhaitent contribuer, dans la diversité de leurs positions, à amplifier dans ces mouvements, le débat et l'action sur les nouveaux choix politiques alternatifs aux logiques actuelles nécessaires et utiles pour répondre aux mobilisations sociales.

Cela concerne notamment l’opposition aux suppressions d’emplois et à la précarisation, dans le privé comme dans le secteur public, l'augmentation des salaires, du SMIC, des minima sociaux et des retraites; la défense et le développement des services et de l'emploi publics ; la réorientation des richesses du pays vers le développement de productions et de services susceptibles d'engager notre pays dans un tout autre mode de développement
fondé sur la satisfaction des besoins sociaux dans le respect des équilibres écologiques.


Signataires du texte
: Les Alternatifs, le NPA, le PCF, le PCOF, Gauche Unitaire, le Parti de gauche, le PS, le MRC, La Fédération, la Coordination nationale des collectifs unitaires (CNCU), Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolos-Ecologie Solidaire.

Le Mouvement Républicain et Citoyen appelle ses adhérents et sympathisants à se joindre aux grèves et manifestations interprofessionnelles organisées partout en France le 19 mars

Le libre-échange, adulé depuis presque trente ans, avec la course au profit maximum et la déréglementation généralisée, a entraîné une sévère déflation salariale et débouche aujourd’hui sur une récession économique de grande ampleur. L’insuffisance du plan de relance français et l’impuissance de l’Union Européenne condamnent des millions de personnes supplémentaires au chômage.

Il est temps de réorienter fermement la construction européenne et de promouvoir des politiques publiques ambitieuses pour la réindustrialisation nécessaire de notre pays comme pour la pérennité de notre système de retraite, pour l’Ecole et la Recherche comme pour la construction de logements décents et abordables

De ces politiques peut venir la relance attendue de notre économie face à la grande crise qui s’annonce dévastatrice pour la France et l’Europe et pour l’avenir de notre modèle social.

 

Cet article est le 47ème sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans Travail Economie
commenter cet article
6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 22:59

La société guadeloupéenne doit se prendre en mains

 

L’accord signé en Guadeloupe après un mois et demi de grève générale est un bon point pour les 49 organisations coalisées sous l’enseigne LKP. Il reste à voir de quelle façon il va s’appliquer, sous le contrôle vigilant du porte-parole du mouvement, Elie Domota.

 

Tout commence avec cette lutte sociale victorieuse. Il faut déverrouiller l’économie, la mettre au service de la société. Les Guadeloupéens sont très attachés à la France (80% sont favorables à un statut en lien direct avec la République). Mais la réciproque n’est pas vraie. Les gouvernements successifs de la Vème République se sont peu impliqués dans le développement volontariste de l’île.

 

Certes, depuis une vingtaine d’années, le paysage guadeloupéen a beaucoup changé. L’habitat est en gros progrès, mais c’est l’emploi privé qui fait défaut. Le département vit grâce aux emplois publics et aux aides de l’Etat. Et la hausse des prix des produits de première nécessité a fait baisser le pouvoir d’achat des revenus les plus faibles à un niveau insupportable. La population est entrée dans une vraie colère, qui explique le succès de LKP.

 

Il ne suffit pas d’évoquer le poids historique, bien réel, de la colonisation. Il faut entamer un processus de développement économique endogène, à partir des atouts de ces îles antillaises françaises, la Martinique ayant des caractéristiques proches. Peut-être faudra-t-il nationaliser le commerce de gros pour éviter les profits excessifs des familles qui contrôlent ces activités ? En tout cas, la France a le devoir de prendre des initiatives afin de débloquer une situation devenue, au fil du temps, insupportable.

 

Je renvoie aux articles parus précédemment sur ce blog (voir A Laval, 26 février, manifestation de soutien aux Antillais en lutte - 27 février 2009).

 

Des amis m’ont signalé le témoignage d’un étudiant, Sadi Sainton, qui était présent en France métropolitaine pendant les manifestations contre le CPE, en 1996, et qui est actuellement  à l’université Antilles Guyane en Guadeloupe (voir HNS-info Témoignage de Sadi Sainton, étudiant à l'Université ... reprenant son courriel daté de fin février).

 

Voici un extrait de son message, qui a eu un grand succès sur la Toile.

 

Une grève contre la vie chère ?

Non. Pas vraiment. Le collectif qui mène la grève est un ensemble de 49 associations syndicales, politiques, associations de consommateurs et associations culturelles. Elle a déposé (un mois avant le début de la grève générale, et personne n'a jugé bon de s'en préoccuper) un cahier de 146 revendications réparties sur 10 chapitres. Parmi ces chapitres, un (un seul !) concerne la vie chère.

Mais alors qu'est-ce que cette grève?

Le collectif à l'initiative de cette grève s'appelle "LKP" : Lyannaj kont pwofitasyon (C'est du créole). Traduction "alliance contre le vol et les profits abusifs". C'est une mobilisation sans précédant. Le LKP parle de 100 000 personnes dans les rues (sur une population de 460 000, soit près du quart de la population). Au delà de la bataille des chiffres, une chose est sure: c'est historique. C'est la plus grande mobilisation de l'histoire de
la Guadeloupe et chaque sortie du LKP crée un nouveau record. Depuis une semaine, la Martinique emboîte le pas, la réunion depuis deux jours, et la Guyane s'y prépare.

Qu'est-ce que la "pwofitasyon"?

Surtout, ne pas traduire par "profit" (c'est un faux ami). La "pwofitasyon", ici peut se traduire comme je viens de dire par "profits abusifs". Dans le langage courant, "pwofitasyon" désigne l'abus de pouvoir qu'un puissant exerce sur quelqu'un dont il sait déjà qu'il est plus faible que lui, pour le rendre encore plus subordonné (…).
 
Les domaines de "pwofitasyon" sont multiples chez nous. Le constat est le suivant. En Guadeloupe, les prix sont beaucoup plus élevés qu'en France et donc parmi les plus élevés d'Europe et du monde. On constate (pour les mêmes enseignes et les mêmes produits) des écarts de plus de 100% que l'éloignement (il faut bien payer le transport) n'explique pas (exemple : 84% sur les pâtes alimentaires). Selon tous les experts, après analyse de la chaîne, de la production au caddie du consommateur, en passant par le transport, le surcoût par rapport à l'hexagone ne devrait pas dépasser 10%. Les différences de prix constatées ressemblent donc fortement à.... du vol organisé.

Quelques exemples de "pwofitasyon" dénoncés par le LKP :

- L'essence que payaient les guadeloupéens était l'une des plus chères au monde. Il y a une crise internationale qui a fait exploser le cours du pétrole, certes, mais cela n'explique absolument pas le cours des prix en Guadeloupe (dans les DOM de manière générale). Aujourd'hui qu'un début lumière commence à être fait sur la question, plus personne ne le conteste.

- Le LKP a présenté à l'état son expertise des méthodes de fixation des prix, résultat : tout le monde est d'accord sur le constat qui consiste à dire que les prix sont anormaux (même ceux qui sont contre la grève générale comme forme choisie pour le dénoncer) .

 

Le secrétaire d'état aux DOM, monsieur Yves Jego envisage même une action en justice de l'Etat contre la SARA (Société Anonyme de Raffinage Antillaise) dont l'actionnaire principal (70%) est TOTAL. Vous m'accorderez sans doute que ce ne sont pas des nécessiteux. Et Jego (lui même), a dit que si, après enquête, il est démontré que la SARA a perçu des sommes indues (ce sera probablement le cas), cette somme devra être remise aux guadeloupéens sous la forme d'un fond pour la formation professionnelle.


N.B:
La SARA est en situation de monopole en Guadeloupe, pas de concurrence. C'est elle qui distribue l'essence.


- Quant aux prix de la grande distribution... une des pistes est de créer "un panier de la ménagère" constitué d'environ 100 produits sur lesquels la grande distributions n'aurait plus le droit de dépasser les prix de l'hexagone de plus de 10%, avec la création d'un organe bi-mensuel de contrôle des prix pour éviter de nouvelles dérives.



N.B: Les géants de la distribution sont en situation de quasi monopole. Il s'agit principalement du groupe Hayot (Bernard Hayot est dans le top 120 des fortunes françaises). En plus ils détiennent l'importation et ont le monopole de la distribution sur plusieurs grandes marques.

Pour accentuer le problème, les quelques concurrents existants sont des groupes amis (cousins, alliancés...) puisque ce circuit est aux mains d'une ethno-classe compacte et réduite (voir reportage assez édifiant de canal + "Les derniers maîtres de la Martinique" voici un lien ou on peut voir l'émission :
http://www.megavideo.com/?v=1Q1M01NV).

Les guadeloupéens sont asphyxiés et meurent de faim alors ?

Mais pas du tout !! C'est cette question qui m'a poussé à écrire ce mail. Un ami métropolitain m'a appelé aujourd'hui pour me demander si on tenait le coup. Au début j'ai commencé à répondre que malgré la durée du conflit, la mobilisation était toujours de mise. Il me coupe : "Non, je voulais dire...Arrivez vous à remplir le réfrigérateur" !

La Guadeloupe
est en grève générale depuis bientôt 4 semaines. Les hyper marchés et super marchés sont fermés. En revanche les petits commerces de proximités sont ouverts, mais les rayons des magasins sont de plus en plus vides...

MAIS : La Guadeloupe s'organise
. L'UPG (Union des Producteurs Guadeloupéens) ainsi que les pêcheurs font parti du LKP. Les poissons ne sont pas en grève : les pécheurs continuent à pêcher et à vendre leur poisson. Les animaux ne sont pas en grève : les éleveurs continuent à s'en occuper et à vendre leur viande. La terre n'est pas en grève : les cultivateurs continuent à travailler leurs exploitations et vendent leur denrées. Notre réfrigérateur n'a jamais été aussi plein.

Les hyper marchés sont fermés, mais les marchés sont ouverts. Il y a mieux : des marchés populaires sont organisés devant les piquets de grève et un peu partout. Les producteurs y vendent leurs denrées aux prix auxquels ils ont l'habitude de vendre aux super marchés. Conséquence : ils ne perdent pas leur récolte ni leur revenus, et le porte feuille du consommateur apprécie puisque les marges exorbitantes de la grande distribution ne sont plus là.

Nous mangeons à notre faim et -fait intéressant- nous n'avons jamais autant consommé local !!
Je n'ai pas de purée mousseline, je n'ai plus de pâtes panzani... et alors ? J'ai des tubercules, des légumes, de la viande, du poisson, des fruits frais, des fruits secs, des fruits de mer... Et ça coûte moins cher que d'habitude. En fait, je crois que je n'avais jamais mangé aussi équilibré de ma vie (…).

 

Revue de presse :

 

Békés : Une affaire d'héritage (Le Monde, 1er mars)

Le surprenant succès du LKP, objet politique non identifié (Libération, 4 mars)

Fin de la grève en Guadeloupe, les négociations continuent en Martinique (L’Humanité, 5 mars)

La Réunion prend le relais de la contestation (Libération, 6 mars)

 

 

Cet article est le 46ème sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans Travail Economie
commenter cet article
27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 19:10

Le combat des populations des DOM est aussi le nôtre

 

Hier, en fin d’après-midi, quelques dizaines de militants de diverses organisations politiques, syndicales et associatives, ont succédé aux étudiants qui achevaient leur manifestation, près du Jet d’eau au centre ville de Laval.

 

Au nom du collectif d’organisation* (voir sur ce blog Le soutien aux populations d'Outre-mer en lutte s'organise à Laval - 24 février 2009), Jacques Omnes a expliqué les raisons de notre présence à cette manifestation publique (voir, plus loin, le texte - et l’image - de son intervention) et Jean-Yves Griot a indiqué ce qui s’était passé, une heure plus tôt, lorsqu’une délégation avait été reçue à la préfecture. Le MEDEF 53 n’avait pas donné suite à une demande d’entrevue.

 

 


Intervention de Jacques OMNES, au nom du collectif d’organisation

 

Il aura fallu plus de cinq semaines de grève générale et de mobilisation à la Guadeloupe pour que se dessine enfin une possibilité de sortie du conflit par la prise en compte des revendications salariales du LKP : augmentation des bas salaires de 200 € mensuels.

 

La durée et l'ampleur exceptionnelles du mouvement témoignent de l'exaspération de la population et de sa détermination à mettre un terme à une situation inacceptable marquée, plus encore que dans l'hexagone, par la vie chère, les bas salaires et le chômage. Une situation d'autant plus insupportable, que se perpétuent dans les Antilles des inégalités sociales énormes et l'exploitation de la masse de la population par une poignée de descendants des anciens esclavagistes, qui concentrent dans leurs mains l'essentiel de la richesse, l'essentiel du pouvoir économique.

Comment, dans ces conditions, ne pas comprendre la colère des Guadeloupéens ? Une colère encore attisée par le comportement de Sarkozy, de son gouvernement et du Medef.

 

Aux revendications légitimes des Antillais, Sarkozy a répondu d'abord par le silence. Puis par le mépris, en envoyant à Pointe-à-Pître un secrétaire d'Etat, Yves Jégo, incapable de tenir les engagements pris, puis des "médiateurs", qui ont essayé d'amuser la galerie avec des propositions qui ne répondaient pas aux demandes du mouvement populaire.

 

Et que dire de la surdité, de la brutalité, de la mauvaise foi du Medef ? Selon lui, les patrons n'auraient pas les 108 millions nécessaires à la satisfaction des revendications salariales en Guadeloupe au moment où les patrons du CAC 40 viennent de déclarer 89 milliards de bénéfices et de distribuer 53 milliards de dividendes à leurs actionnaires.

 

La vérité, c'est que pour maintenir les profits d'une minorité, le Medef et Sarkozy n'ont pas hésité à miser sur le pourrissement du mouvement aux Antilles. Un pari très dangereux, qui ne pouvait que faire monter la tension, et qui a, malheureusement, coûté la vie à un militant syndical. Ce drame n'a manifestement pas ému le président de la République, d'habitude plus prompt à s'apitoyer sur les victimes. Il n'a pas eu un mot pour Jacques Bino dans son allocution du 18 février.

 

Le combat des populations des DOM (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion), c'est aussi notre combat. Nous sommes tous victimes d'une politique qui tire prétexte de la crise du système pour mieux exploiter la masse de la population et enrichir plus encore une minorité. Nous sommes tous victimes, aussi, d'une même politique du mépris. Notre combat commun est un combat pour le mieux-être, pour l'égalité et pour la dignité.

 

Le 16 et le 21 février, des manifestations massives de solidarité ont eu lieu à Paris et dans de nombreuses villes de France. Nous devons maintenir la pression tant que les revendications des populations des DOM ne seront pas satisfaites. Nous devons être vigilants et prêts à réagir vigoureusement à toute tentative de répression violente de la part du pouvoir. La situation est particulièrement préoccupante en Martinique, où l'intransigeance du patronat fait monter dangereusement la tension.

 

Restons mobilisés et proclamons bien haut notre conviction : "Travailleurs des DOM, travailleurs de métropole, solidarité, même combat !", "DOM, métropole, doubout !"

 

* Collectif d’organisation : Lutte Ouvrière, Mouvement républicain et citoyen, Nouveau parti anticapitaliste, Parti communiste français, Parti de gauche, Parti des radicaux de gauche, Parti ouvrier indépendant, Les Verts, UD-CGT, FSU, Mouvement de la Paix ; avec le soutien des 3 Mondes, de l'UD-FO, de la Fédération de l'enseignement FO (FNEC-FP.FO).

 

Revue de presse :

 

-          Sur le site Le Monde.fr, ce 27 février, le leader du collectif à l'origine du mouvement en Guadeloupe assure que "le LKP a vocation à durer" : Elie Domota : "Le mouvement n'est pas près de s'arrêter".

 

-          Sur le site de L’Humanité, ce 27 février, « LE LKP SAVOURE UNE PREMIÈRE VICTOIRE »

Depuis la conclusion d’un accord salarial, la pression est maximale sur le MEDEF et la CGPME, qui renâclait toujours à opposer leur signature bien que l’effort financier repose sur l’État et les collectivités. « On peut déboucher ce week-end », estime Jean-Marie Nomertin, secrétaire général de la CGTG. À lire dès à présent sur humanite.fr

 

J’y ajoute le point de vue d’un haut fonctionnaire, Alex Céleste. L’un de mes anciens camarades de l’Agro de Rennes, qui vit en Martinique, me l’a conseillé en ces termes : « une analyse particulièrement intéressante et qui donne à mon sens la vision la plus juste de ce qui se passe aujourd'hui aux Antilles ».

 

 Ce haut fonctionnaire exprime ce que pensent beaucoup de gens sur place. A ce titre, il est bon d’en prendre connaissance. On trouve ce texte sur le site de Terra Nova, une Fondation indépendante, proche du PS.

Lire La crise guadeloupéenne entre dans sa cinquième semaine (note du 19 février)

En voici un extrait significatif.


Les véritables enjeux de la crise ne résident pas simplement dans une lutte contre la vie chère
– par ailleurs justifiée. Les objectifs du collectif LKP sont ambigus. Il faut placer ses revendications réelles dans la perspective de la consultation du 7 décembre 2003, qui a vu 75% des Guadeloupéens rejeter une modification du statut de l’île. Emmené par des responsables politiques de tendance régionaliste, ce mouvement contient des éléments dont le réel motif pourrait être de prendre dans la rue une revanche sur les urnes.

Il faut cependant saluer certains aspects de ce mouvement populaire, à savoir qu’il accélère la prise de conscience de la population, des élus et de l’Etat sur l’urgence de lutter contre les abus de sociétés métropolitaines. Il a également dénoncé les inégalités de la société antillaise, et mis en lumière la nécessité de moderniser les rapports interraciaux.

Contrairement aux autres acteurs dans l’île, le LKP affiche une grande cohérence dans son attitude et ses méthodes : La division du travail opérée entre la couverture « idéologique » des plus anciens et un leader charismatique rompu aux techniques de communication semble fonctionner parfaitement. Cependant, les méthodes utilisées, de plus en plus radicales, sont éminemment contestables en pays démocratique.

L’Etat a commis de nombreuses approximations dans la gestion de la crise. Les négociations-spectacle organisées au début de la crise, les promesses intenables du secrétaire d’Etat puis son départ à la dérobée de l’île ont illustré les dysfonctionnements dans la gestion interministérielle de l’outre-mer et, pour tout dire, le désintérêt du Gouvernement pour les questions ultramarines.

Le paysage politique guadeloupéen a été durablement affecté par cette crise. Les élus locaux, divisés par l’appel d’air du mouvement, avec les effets d’aubaine qu’il comporte, sont mal à l'aise. Les lignes tracées par le mouvement rendent difficile leur position.

Les chefs d’entreprises peinent à trouver la voie du dialogue social. Il est à regretter que les grandes entreprises métropolitaines ne fasse pas preuve de plus de bonne volonté, tant dans leur communication que dans les efforts qu’elles réalisent effectivement.

Quant à l’opinion publique, dans laquelle réside tout l’enjeu de la crise, elle est partagée. Le système démocratique ouvert depuis la départementalisation, s’il présente des avantages incontestables, n’est pas parvenu à effacer les blessures du passé. La situation sociale de l’île, marquée par le chômage et les inégalités, contribue à rendre attractif le mouvement qui semble s’intéresser aux difficultés quotidiennes de la population. Dans une situation aussi incertaine, il reste à faire confiance aux différents acteurs pour éviter une aggravation violente de la crise.

   

Cet article est le 45ème sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans Travail Economie
commenter cet article
24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 11:45

Employeurs et Etat, face à la question salariale

 

L’initiative est venue de l’échelon départemental du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA). Nous étions réunis, hier, pour répondre à la question : faut-il manifester notre solidarité à l’égard des travailleurs de Guadeloupe, de Martinique et des départements d’Outre-mer, engagés dans des luttes sociales ?


La réponse des organisations présentes (LO, NPA, MRC, POI, PCF, Les Verts, Association Les 3 Mondes) a été positive (Les 3 Mondes, à titre de soutien).
Elles appellent les autres à les rejoindre.


Remarque : FSU, Solidaires et CGT avaient demandé d’excuser leur absence.


Décisions prises
 :


- organisation d'un rassemblement de solidarité le jeudi 26 février à partir de 17 h 30, place du Jet d'eau, à Laval ;


- demande d'audience à la préfecture et au Medef dans l'après-midi du 26 février ;


- exploration des possibilités d'organiser plus tard une réunion publique d'information et de solidarité avec un intervenant extérieur compétent sur la situation aux Antilles.


TEXTE ADOPTE PAR LES ORGANISATIONS PRESENTES

Depuis plus d'un mois, les travailleurs de Guadeloupe sont en grève générale. Malgré l'extension de cette grève à la Martinique, à la Guyane et à la Réunion, le gouvernement n'apporte pas de réponse qui puisse satisfaire les revendications des grévistes contre la vie chère, les bas salaires (demande d'augmentation de 200 euros par mois) et le chômage.

Le pourrissement de la situation a même conduit à un premier mort le mercredi 18 février. Plus que jamais, le combat des travailleurs de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane et de la Réunion est le nôtre.

Après la réussite des premières manifestations du lundi 16 février et du samedi 21 février à Paris et dans plusieurs villes, les organisations signataires vous appellent à manifester votre solidarité avec la population en lutte dans les départements d'outre-mer en vous rassemblant le jeudi 26 février à partir de 17 h 30, place du Jet d'eau à Laval.


Premières organisations signataires
 (24 février, 12h) : Lutte Ouvrière, Mouvement républicain et citoyen, Nouveau parti anticapitaliste, Parti communiste français, Parti de gauche, Parti des radicaux de gauche, Parti ouvrier indépendant, Les Verts, UD-CGT, FSU, Mouvement de la Paix ; avec le soutien des 3 Mondes, de l'UD-FO, de la Fédération de l'enseignement FO (FNEC-FP.FO).



Le MRC 53 s’inscrit dans cette démarche, comme l’a fait le MRC 75 lors des manifestations à Paris (voir la position de Georges Sarre, le 17 février, sur son blog Antilles : ne nous trompons pas de combat !).


A noter l’article paru précédemment sur ce blog :
La crise du capitalisme met à nu les injustices sociales aux Antilles - 17 février 2009.

 

Revue de presse :

Violences en Guadeloupe : Elie Domota s’exprime
(Vendredi, 19 février, Voir le sujet d'origine)

 

Sarkozy annonce des états généraux en Guadeloupe (Le Monde, 19 février)


Guadeloupe : Paris dit « statut », le LKP crie « faux débat »
(Rue89, 22 février)

Elie Domota critique un "Etat qui se débine" en Guadeloupe, les négociations se tendent (Nouvel Observateur, 24 février).

 

Cet article est le 44ème sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans Travail Economie
commenter cet article