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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 00:01

Selon Gaël Giraud, la réforme n’est pas convaincante

 

Le ministre de l’économie et des finances, Pierre Moscovici, a présenté au Conseil des ministres du 19 décembre 2012 un projet de loi de séparation et de régulation des activités bancaires.

 

Le projet de loi tire les leçons de la crise financière en séparant les activités des banques pour limiter les risques pour les déposants. En effet la crise a montré les risques très élevés que présentent les opérations que les banques mènent sur les marchés financiers pour leur propre compte et pour leur seul profit, en mettant en risque les dépôts de leurs clients. Le projet de loi prévoit de cantonner ces activités dans une filiale séparée pour protéger la banque en cas de problème. A l’inverse, resteront dans la banque les activités utiles au financement de l’économie, et notamment des entreprises, qui peuvent légitimement s’appuyer sur les dépôts des clients. Le projet traduit ainsi dans les faits l’engagement du Président de la République d’une séparation des « activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi, de leurs opérations spéculatives ». Le projet de loi répond également au constat que les Etats ont été trop souvent contraints de voler au secours des banques pour sauver les dépôts de leurs clients et éviter la contagion et la matérialisation d’un risque systémique. Une banque prend des risques excessifs, lorsqu’elle se croit à l’abri de la faillite grâce à l’intervention de l’Etat (…).

 

Voir sur le portail du gouvernement Séparation et régulation des activités bancaires le projet de loi de séparation et de régulation des activités bancaires.

Il est prévu que ce projet de loi soit présenté en séance publique à l’Assemblée nationale les 12, 13 et 14 février 2013.

 

François Hollande, discours du Bourget il y a un an

 

Sur le site de L’Expansion, un an après le discours du Bourget du candidat François Hollande, le ton était au persiflage. Le 22 janvier 2012, lors du discours du Bourget, François Hollande déclarait la guerre à la finance, qu'il voulait résolument au service de l'économie. Mais après un an de lobbying acharné, les banques n'ont plus grand-chose à craindre du chef de l'Etat.

Voir Guerre à la finance: le bilan de Hollande, un an après Le Bourget

 

Un spécialiste de la régulation financière critique sévèrement le projet

 

Les critiques les plus fortes viennent de Gaël Giraud (CNRS, Ecole d’économie de Paris, REFI Régulation financière), dont l’étude est résumée ainsi : On montre qu'il est nécessaire de scinder les activités bancaires pour au moins 5 motifs distincts, répondant à 5 problèmes majeurs qui affectent aujourd'hui l'activité bancaire et pénalisent l'économie française. On rappelle les différentes manières de scinder déjà envisagées (Volcker, Vickers, Liikanen, Glas Steagall Act), et on les compare au projet de loi actuel. L'examen de celui-ci révèle que, dans son état actuel, il ne résout aucun des 5 problèmes mentionnés, et s'avère même cumuler toutes les faiblesses des projets antérieurs sans hériter d'aucune de leur qualité. La note se termine par l'examen des objections formulées par le secteur bancaire à une scission effective, et conclut qu'aucune de ces objections ne légitime un refus de scinder les activités bancaires.

  

Voir Réforme bancaire : le ton monte-t-il ? (Arrêt sur images, Anne-Sophie Jacques, 21 janvier 2013)

 

A quelques jours de la discussion du projet de loi de réforme bancaire devant l’Assemblée, les voix critiques se font plus fortes, et certaines finissent par inquiéter Bercy, assure ce matin, dans sa chronique, le journaliste de France Inter Philippe Lefébure.

Bercy et les banques sont-elles fébriles depuis la diffusion d’un rapport qui assassine la future réforme bancaire ? Philippe Lefébure racontait ce matin l'histoire d'un petit grain de sable appelé Gaël Giraud. Jésuite, économiste, chercheur au CNRS et à l’Ecole d’économie de Paris, il est l’auteur d’une trentaine de pages torpillant le projet de loi de séparation et de régulation des activités bancaires souhaité par le gouvernement. Selon Lefébure, ce rapport, qui circule à l’Assemblée nationale avec un certain succès, mettrait l’accent sur "cinq dangers, parmi les lesquels les conflits d'intérêt, la menace sur les dépôts ou encore l'extension de la garantie de l'Etat, qui font qu'au final, ce sont les contribuables qui assurent les risques pris par les banques". Puis Giraud étudie le projet de réforme et le compare aux modèles étrangers (Volcker, Vickers, Liikanen et Glass-Steagall Act, modèles épluchés par l’éconaute dans cet article).

Verdict : la réforme cumule "toutes les faiblesses des modèles étrangers sans hériter d’aucune de leurs qualités". En effet, pour mémoire, la réforme envisagée exige que les banques créent d’ici juillet 2015 des filiales regroupant les activités de spéculation pour leur propre compte, tout en considérant que pourront rester au sein des établissements des activités spéculatives considérées comme "utiles" à l’économie réelle. Lesquelles ? On n’en sait rien.

Comme nous le racontions ici, les voix ne manquent pas pour juger cette réforme "cosmétique", et celle de Giraud tente de donner le coup de grâce. Histoire de se faire entendre, l’économiste a donc organisé une rencontre ce lundi matin à la Sorbonne autour de la question "le projet de loi de séparation sépare-t-il vraiment ?" A ses côtés, il avait convié Thierry Philipponnat de l’ONG Finance watch (longuement interrogé par l'éconaute), Olivier Berruyer, auteur du site les-crises.fr, et Michel Rocard, grand supporteur d’une séparation claire et nette des banques. Si l’ancien premier ministre ne s’est finalement pas rendu à cette matinée, le ministre de l’économie, Pierre Moscovici a, lui, envoyé son conseiller Thomas Philippon pour soutenir le projet de réforme. De la même façon, la direction du Trésor, mise en cause également par Giraud, a dépêché un représentant, en l’occurrence Hervé de Villeroché. Dans son rapport en effet, Giraud s’étonnait que ladite direction "ait formulé une proposition qui reviendrait, dans beaucoup de cas, à exiger simplement la reconduction du statu quo". En gros : ministère et administration sont tous les deux coupables d’une réforme qui ne réformera rien (…).

 

Les banques s’inquiètent d’un possible durcissement du texte

 

Réforme bancaire : les hedge funds dans le viseur (Le Figaro, Isabelle Chaperon, 20 janvier 2013)

 

Les banques françaises craignent que le Parlement ne veuille attaquer un symbole fort en leur interdisant de travailler avec les fonds alternatifs. La place de Paris est en émoi. Alors que le projet de loi visant à isoler les activités spéculatives des banques, dévoilé en décembre par le ministre des Finances Pierre Moscovici, avait été jugé équilibré par les grands établissements, les voilà de nouveau sur le pied de guerre. BNP Paribas, Société générale et autres Crédit agricole craignent, en effet, que le Parlement, sous l'impulsion de Karine Berger, la députée des Hautes-Alpes, rapporteuse du projet de loi, ne durcisse considérablement le texte.

 

Karine Berger est dans les starting-blocks. La députée (PS) des Hautes-Alpes a été officiellement nommée, mercredi 23 janvier, rapporteure du projet de loi de séparation et de régulation bancaire, dont l'examen débutera à l'Assemblée nationale le 12 février (Le Monde, 24 janvier 2013).

 

L’Europe commence à bouger 

 

La BCE accepte de séparer les activités bancaires à risque (Les Echos, 28 janvier 2013)

 

La BCE « voit un intérêt » à séparer certaines activités de trading très risquées des banques de leurs activités principales mais elle ne va pas jusqu’à apporter son soutien à une scission entre les activités de dépôt et la banque d’investissement (…).

 

Cet article est le 114ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 17:46

Une analyse acerbe de la politique de l’emploi sous Sarkozy

 

Le rapport de la Cour des comptes sur le marché du travail, publié le 22 janvier 2013, a été commenté, principalement sur la question de l’indemnisation du chômage. Exemple : L’Express L’Expansion, le 22 janvier (Emilie Lévêque) : La France est-elle trop généreuse avec ses chômeurs?

Dans un rapport sur les politiques de l'emploi publié ce mardi, la Cour des comptes s'inquiète de l'avenir de l'assurance chômage qui cumule un déficit de 18 milliards d'euros. Elle met en cause des règles d'indemnisation particulièrement généreuses. Explications.

 

Mais les autres points du rapport ont été passés sous silence. Pourquoi ? Sans doute parce qu’ils mettent durement en cause la politique de la majorité précédente en matière d’emploi.

Voir Marché du travail : face à un chômage élevé, mieux cibler les politiques.

Un dualisme du marché du travail aggravé par la crise
Un financement de l’indemnisation du chômage difficilement soutenable
Des dispositifs peu efficaces face à la hausse du chômage
Des politiques pas assez ciblées sur les publics en difficulté
Une gouvernance publique et paritaire complexe et insuffisamment coordonnée
Conclusion
Les recommandations de la Cour

 

Michel Abhervé, qui est professeur associé à l'université de Paris Est à Marne-la-Vallée, a écrit, le 22 janvier, un bon article à ce sujet sur son blog « Alternatives économiques ».

 

Rapport de la Cour des Comptes : une analyse acerbe du quinquennat précédent

 

Si les médias ont retenu du rapportMarché du travail : face à un chômage élevé, mieux cibler les politiques” que vient de publier la Cour des comptes la mise en cause du système d’indemnisation, il est de nombreux autres points de ce rapport qui méritent attention.

 

Son calendrier de parution en fait, de fait, un document synthétique sur la façon dont dans le précédent quinquennat la politique de l’emploi a été conduite durant la crise. Nous avons la faiblesse de le trouver, avec une démarche tout autre, complémentaire de l’analyse que nous avons publiée en avril 2012 (voir Bilan du quinquennat en matière d’emploi : dernière parution autorisée avant le premier tour et Tentative de bilan de l’action Xavier Bertrand, Ministre du Travail et de l’Emploi : un coupable défaut de diagnostic)

 

Il est en particulier mis en évidence l’accroissement de la division du salariat en deux mondes de plus en plus éloignés dans un “dualisme particulièrement fort : à côté de l’emploi stable en contrats à durée indéterminé, en particulier dans les grandes entreprises, s’est développé un emploi plus ou moins précaire prenant des formes intermittentes et saisonnières.

 

Ce dualisme est associé à la qualification, les emplois précaires étant moins qualifiés, et au cycle de la vie active, l’entrée dans celle-ci étant souvent amorcée dans la précarité. Or, en France, les jeunes et les titulaires de contrats courts ont été particulièrement touchés par les effets de la crise.” ce qui “les personnes les plus fragiles sur le marché du travail (titulaires de contrat à durée déterminée, intérimaires et jeunes) ont également été les premières victimes de la dégradation du contexte économique.”

 

De même ce rapport met en évidence l’usage réduit et peu efficient du recours au chômage partiel, dont l’usage dans de nombreux pays, en particulier l’Allemagne, a joué un rôle déterminant au plus fort de la crise pour réduire le nombre de ruptures de contrats de travail, ce qui est résumé ainsi “Quatre années après l’éclatement de la crise, le dispositif français de chômage partiel n’a pas trouvé son équilibre, les freins à son utilisation subsistent. La lenteur dans l’adaptation du dispositif met en évidence l’inertie d’une réglementation dont la complexité fait pourtant l’objet d’un diagnostic partagé par l’ensemble des acteurs. Cette faible réactivité est d’autant plus dommageable quand elle entrave l’efficacité d’un dispositif qui a pourtant fait ses preuves à l’étranger et dont l’essentiel des effets est concentré sur l’industrie.”

 

Puis ce rapport effectue un nouveau diagnostic du système de formation professionnelle, parfaitement en phase avec les très nombreux diagnostics précédents, ce que résume cette phrase “la formation professionnelle continue bénéficie plus aux salariés les mieux formés, alors même que les moins qualifiés font face au risque de chômage le plus élevé

 

Il met même en évidence que la pratique de ces dix dernières années a accentuée cette tendance au détriment des demandeurs d’emploialors que la formation des demandeurs d’emploi est affichée de longue date comme une priorité par l’ensemble des acteurs intéressés, on ne peut que souligner que sa part dans les dépenses totales de formation professionnelle a reculé depuis le début des années 2000, les sommes correspondantes étant restées quasiment stables en valeur absolue entre 2001 et 2009“aboutissant à ce constat désespérant “ le taux d’accès des chômeurs (au sens du bureau international du travail) à la formation serait inférieur d’environ un tiers à celui des actifs occupés“. Nous avons pourtant eu les oreilles rebattues, en particulier par Laurent Wauquiez, par la réforme de la formation professionnelle !

 

Ce rapport met aussi en évidence la dérive des contrats aidés, en particulier des contrats aidés du secteur non marchand qui n’ont pas, contrairement à l’objectif qui les légitime, été centrés sur les publics les plus éloignés de l’emploi “à partir de 2008, l’objectif quantitatif a pris le pas sur l’objectif qualitatif dans la régulation des admissions en contrats aidés …les contrats ont relativement moins bénéficié aux demandeurs d’emploi les plus éloignés du marché du travail en période de dégradation de la conjoncture“

 

Enfin le rapport met une nouvelle fois en évidence la complexité des institutions, l’absence de rationalisation d’un dispositif qui s’est complexifié tout au long du quinquennat, comme en témoigne par exemple la création des superfétatoires Comité National de l’Emploi et Comités Régionaux de l’Emploi

 

Un certain nombre de recommandations formulées par la Cour des comptes sont d’ores et déjà concrétisées ou en cours de concrétisation. Nous citerons en particulier les choix du gouvernement de centrer les emplois d’avenir sur les jeunes les plus éloignés de l’emploi, et non sur ceux qui pourraient avoir accès à d’autres dispositifs, et la décision des partenaires sociaux d’augmenter la contribution des employeurs à l’assurance chômage pour les CDD les plus courts (même si on peut regretter que contrairement à ce que suggère la Cour, l’intérim ne soit pas concerné)

 

Un rapport qui mérite une lecture attentive, au delà de ce que les médias annoncent.

 

Cet article est le 113ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 20:50

La flexibilité n’a jamais permis de faire baisser le chômage

 

Les accords interprofessionnels de Wagram (voir Flexibilité et sécurité de l'emploi : accord entre le patronat et 3 syndicats - 20 janvier 2013) sont programmés pour faire loi, selon la volonté du gouvernement, qui demande aux parlementaires de les voter sans rien y changer.

Le correspondant pour la Mayenne de « Résistance sociale », Gérard Beillard, a vivement réagi (voir Accord interprofessionnel Wagram : le point de vue de Gérard Beillard - 21 janvier 2013). Voir aussi Accord interprofessionnel Wagram  sur le site de REsistance SOciale

 

Les réactions de Marinette Bache, conseillère de Paris, présidente de l’association REsistance SOciale, qui a signé l’édito de janvier 2013 de sa publication, sont tout aussi vives.

 

L’ÉDITO

 

Il n’est pourtant pas si loin le temps où François Hollande promettait de s’affronter aux marchés : c’était il y a près d’un an, au Bourget. Aujourd’hui les temps ont changé : on vient encore de s’en apercevoir avec ce qu’il est convenu d’appeler les accords de Wagram entre le patronat dans sa diversité et trois organisations syndicales (CFDT, CFTC, CGC), minoritaires lors des dernières élections prud’homales (38,7 % contre près de 50 % pour la CGT et FO réunies, sans compter Solidaires et Unsa, non invitées aux négociations). Accord salué tant par F. Hollande que par M. Sapin qui réussit à y voir une avancée pour les salariés alors que les 13 points de cet accord ne sont que des remises en cause du droit du travail ! La patronne du MEDEF, Laurence Parisot, peut pavoiser. Elle est parvenue à obtenir tout ou presque de ce qu’elle souhaitait au prix de quelques concessions mineures sur les contrats courts, qui ne toucheront d’ailleurs qu’une faible partie de ceux-ci ou sur la présence de représentants des salariés dans les conseils d’administration. Et, notamment, la possibilité pour les entreprises de baisser les salaires ou d’augmenter le temps de travail au seul prétexte de la conjoncture. Ou encore la limitation des possibilités de recours aux prud’hommes contre les décisions des patrons.

 

Pour Résistance sociale, il serait inadmissible que cet accord soit traduit dans la loi.

Espérons que les députés de gauche se souviendront de ce pour quoi ils ont été élus ! Contrairement à la ritournelle du patronat, la flexibilité n’a jamais permis de faire baisser le chômage. La preuve : l’augmentation exponentielle des ruptures conventionnelles va de pair avec l’accroissement important du nombre de chômeurs, qui devrait encore se poursuivre cette année. On prévoit ainsi près de 180 000 chômeurs supplémentaires à la fin 2013.

Quant à la cure d’austérité que le gouvernement met en oeuvre, on a déjà vu ses conséquences dans d’autres pays européens ! Il ne faut pas en attendre un renversement de tendance. Quant à une vraie taxation des hauts revenus, on peut craindre qu’elle ne soit qu’un nouveau mirage, après l’échec de la mise en place de la taxe de 75 %, échec dont on finit par se demander s’il n’a pas été voulu. Si cette taxation n’avait qu’un impact limité, elle était un signe fort face à l’accroissement, non remis en cause, lui, des impôts indirects et injustes, comme la TVA, et aux hausses généralisées en ce début d’année (transports, énergie, tarifs postaux, carburants, etc.) qui frappent durement les couches populaires. Tout cela pour satisfaire marchés financiers et Commission européenne, alors même qu’on apprend que l’objectif de limitation du déficit public à 3 % résulterait d’une erreur de calcul de la part de mathématiciens, qui auraient mal apprécié les conséquences des cures d’austérité ! Constatation qui ne s’est d’ailleurs toujours pas traduite par une révision des politiques menées en Grèce, en Espagne, en Italie ou au Portugal. Même quand il n’a plus de justification, l’aveuglement continue !

 

Au moment où on nous annonce de partout une année 2013 difficile, nous attendons d’une équipe gouvernementale, que nous avons élue à gauche, qu’elle tourne le dos à cette politique. Nous attendons d’elle qu’elle ne s’enferme pas dans une politique comptable qui a participé à la débâcle de « l’ancien régime » sarkozyste et qu’elle réoriente son action vers la satisfaction des besoins du peuple et la recherche du progrès social. S’il devait en aller autrement, on peut compter sur Résistance sociale pour se battre aux côtés des forces sociales refusant la régression de leurs droits, de leur pouvoir d’achat et de leurs conditions de travail.

Une petite minorité proclame sans vergogne son refus de la justice sociale et s’enrichit chaque jour un peu plus tandis que la majorité des salariés, retraités et chômeurs voient leur vie devenir plus difficile et plus précaire. À Résistance sociale, nous savons, sans aucun doute, que la lutte des classes existe. Et que quand on ne mène pas un combat, on le perd.

 

Cet article est le 112ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 23:40

Régression pour les salariés, progrès pour le patronat

 

Quelques jours après l’accord de Wagram (voir Flexibilité et sécurité de l'emploi : accord entre le patronat et 3 syndicats - 20 janvier 2013), Gérard Beillard* me faisait savoir ce qu’il pensait de cet accord. Il était fort mécontent. Je lui donnai rendez-vous la semaine suivante. C’était avant-hier. Il m’a présenté son point de vue personnel concernant cette négociation.

 

Le point de vue de Gérard Beillard

 

Cet accord est-il un progrès pour l’ensemble des salariés ? Non, c’est une régression et il n’aura pas d’effets sur le chômage. Le fait que les négociations aient eu lieu au siège du patronat, boulevard Wagram, n’était pas neutre. Le patronat a conduit les négociations à sa façon.

 

Pour l’essentiel, les propositions Sarkozy d’avant l’élection présidentielle (projet de décrets) ont été reprises dans l’accord et le code du travail sera revu à la baisse. Dans les négociations pour garantir l’emploi, les mesures de flexibilité l’emportent sur celles visant à la sécurité de l’emploi.

Le chantage à l’emploi continuera car il faut faire pression sur les salaires, comme le demandent les actionnaires afin d’améliorer la compétitivité des entreprises.

 

Il est lamentable de présenter comme une avancée, comme le fait la CFDT, la création d’une assurance complémentaire qui ouvre des droits, en fait un ticket modérateur. C’est ouvrir un marché pour les assurances privées, car ce sont les entreprises qui choisiront l’organisme assureur. Les remboursements seront à un bas niveau, entre le ticket modérateur (secteur 1) et la CMU, le niveau de garantie étant modulable selon le prix choisi par l’entreprise.

Les dépassements, sauf pour les cadres, seront à la charge des salariés. Et, ce sera un manque à gagner pour la sécurité sociale, alors que la bonne solution serait que l’assurance complémentaire se fasse par le biais de la sécurité sociale.

Le patronat investit dans la santé. Ses représentants assureurs vont tirer bénéfice de cet accord. Ils sont déjà dans les organismes de la sécurité sociale et cherchent à appauvrir celle-ci pour y rentrer davantage.

 

L’orientation reste la même que sous le gouvernement précédent. L’Etat se désengage de la protection sociale. La tendance est d’aller vers le modèle anglo-saxon, pendant que les USA se tournent vers le modèle français…

 

Les salariés perdent des droits avec l’assouplissement de la durée du travail et des licenciements. « C’est la flexibilité maintenant, et la sécurité plus tard ». Les demandes du Medef sont, depuis plus de 25 ans, en défaveur des salariés. Les banques et actionnaires ont accru leurs exigences. Quant à la CFDT, ses promesses n’ont pas été tenues lorsqu’elle a engagé les salariés dans l’accord sur les retraites en 2003. En fait, c’est un accord qui favorise les cadres et c’est pourquoi la CGC et la CFDT l’ont signé. Le patronat aime les syndicats « réformistes » car ils acceptent les réformes libérales qui vont dans son sens.

 

On est ni naïfs, ni des opposants systématiques. Mais on a l’impression de ne plus être dans le pays de la grande Révolution française. On nous demande de subir, comme au temps de la domination des rois. Le peuple n’est pas écouté. La République a perdu son sens. Les valeurs de fraternité et de justice ne sont plus à la mode.

 

Mais nous vivons au temps d’Internet et ne sommes plus incultes. Nous n’acceptons plus que les plus gros efforts soient toujours demandés aux plus faibles, avec les licenciements en fin de compte. Ce n’est pas par hasard si le stress est le premier symptôme de maladies professionnelles en France.

 

Face à la soif de pouvoir qu’ont les dirigeants et la complicité entre certains syndicats et le gouvernement, ce qui contribue à appauvrir le peuple, nous demandons que les efforts soient partagés et que l’humain passe avant la spéculation.

 

Il faut cesser d’augmenter la pauvreté pour satisfaire l’Europe, comme le veut l’Allemagne. Ce pays, qui était un modèle pour les salariés - les salaires étaient 30 % plus élevés en Allemagne qu’en France il y a 25-30 ans, le patronat était aux petits soins des ouvriers - impose désormais l’austérité salariale à toute l’Europe, cette Europe qui a choisi les valeurs de concurrence et de compétition entre ses membres, alors qu’elle avait été fondée sur celles de la coopération et de la solidarité entre les nations.

 

L’Europe libérale n’est pas un modèle. Nous voulons que la valeur « travail » ait autant d’importance que la valeur « capital ». Le capitalisme doit être encadré et compensé par le pouvoir politique républicain de l’Etat. Quand le pouvoir politique se met au service du « capital », cela donne le capitalisme financier, qui détruit l’humain.

 

Avec Sarkozy, il fallait travailler plus pour gagner plus. Depuis la crise financière, les salaires baissent, ce qui est une erreur car il faut des revenus pour consommer et faire marcher l’économie. Le système libéral tire vers le bas les revenus salariaux de production (pas des cadres) afin de rapprocher les coûts de production des conditions salariales des pays émergents.

 

En conclusion, les syndicats qui ont signé l’accord de Wagram affaiblissent la majorité des salariés, mettent en péril notre modèle de protection sociale et ne contribuent pas au redressement national.

 

Gerard-Beillard-190113-002-T.jpg* Vous saurez tout sur Gérard Beillard

 

Gérard Beillard habite à Saint-Berthevin (53) depuis 1986. Il est originaire de Laval (Mayenne). Son père avait été à Laval un ouvrier syndiqué à la CGT et membre du PCF. Il avait cessé les deux engagements sous le choc de l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’URSS en août 1968.

Gérard se définit comme engagé, mais pas embrigadé (liberté de pensée et, donc, d’engagement ; pas de doctrine ; il part quand il est en désaccord).

 

A partir d’un CAP de peinture, il avait commencé à travailler pendant deux à trois ans comme peintre en bâtiment dans une entreprise de Laval. Il avait 17 ans et n’avait pas tardé à créer un syndicat avec deux collègues. Recruté par une entreprise textile lavalloise en 1975, il y restera - à temps partiel depuis quelques années, suite à une invalidité pour raison de santé - jusqu’à sa retraite, prévue en 2014.

A noter que, pendant 7 à 8 ans, il avait mené de front, à côté de son emploi d’ouvrier, une activité de sous-agent d’assurance à temps partiel.

 

Son syndicat était la CFDT (il a été délégué suppléant - pendant un mandat - dans l’entreprise textile) jusqu’à la mise à l’écart de son dirigeant national, Jean Kaspar, remplacé par Nicole Notat, ce qui l’avait amené à déchirer sa carte lors d’un de ses discours, car elle avait des positions s’éloignant des intérêts du monde du travail. Il n’avait pas rejoint la CGT, en raison de la trop grande proximité de celle-ci avec le PCF. Toutefois, depuis six mois, il est membre de l’union départementale CGT (commission santé).

 

Son engagement politique a été d’abord au Parti socialiste par intermittence, avant de rejoindre le Mouvement Républicain et Citoyen, en 2004.

Il est membre de deux associations politiques, CiViQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne) et Résistance sociale (correspondant départemental).

 

Il milite pour que les citoyens se prennent en mains. Il ne suffit pas de critiquer et de se plaindre. Il faut trouver des hommes et des femmes, honnêtes, cohérents, qui réfléchissent et mettent en œuvre dans leur vie les valeurs républicaines et de justice sociale. Il faut des patrons, comme son beau-père qui était photographe à Laval et était un républicain gaulliste. Ce sont les valeurs des milieux populaires.

 

Dans un monde économique dominé par la finance, le peuple est étouffé, sans réactions, se laissant aller dans ce qu’il croit être moderne mais qui n’est fait que pour être consommé dans le court terme. Il faut inventer un autre système social, dans lequel l’être humain serait reconnu à sa juste valeur et créerait des richesses qui seraient bien distribuées, avec le souci de la justice. Le but des organisations citoyennes et politiques doit être l’émancipation du peuple. A titre personnel, il dit aimer les autres et être heureux quand ils sont heureux. C’est cela sa motivation.

 

Cet article est le 111ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 22:01

Deux lignes syndicales pour et contre les accords de Wagram

 

Les 10 et 11 janvier 2013, ce qui est appelé « le marché du travail » était l’objet de la conclusion de trois mois de négociations entre les organisations représentant le patronat et les syndicats représentatifs dans les entreprises à statut commercial. La réunion avait lieu au siège de la principale organisation patronale, boulevard Wagram. Comme le gouvernement le souhaitait, un accord est intervenu entre les trois organisations patronales et trois des cinq organisations de salariés. Voir Vie publique, 16 janvier 2013 :

Négociations sur l'emploi : l'accord sur la « flexicurité »

 

Prévue par la conférence sociale de juillet 2012, la négociation sur la réforme du marché du travail s’est achevée le 11 janvier 2013. Au terme de trois mois de négociations, le patronat (Medef, CGPME, UPA) et trois syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC) sont parvenus à un accord. Deux syndicats (CGT et FO) se sont clairement opposés au texte.

 

Cet accord national interprofessionnel (ANI), qui tente de concilier flexibilité pour les entreprises et sécurité pour les salariés, prévoit notamment la taxation de certains contrats de travail à durée déterminée (CDD). La cotisation patronale d’assurance chômage pour les CDD de moins d’un mois devrait passer à 7% (+3 points) et celle pour les CDD compris entre un et trois mois à 4,5% (+1,5 point). Les missions d’intérim et les CDD liés à des remplacements ou à des activités saisonnières ne seraient pas soumis à ces majorations. En contrepartie, le patronat a obtenu l’exonération, pendant trois mois, de la cotisation patronale d’assurance chômage pour les jeunes de moins de 26 ans embauchés en contrat à durée indéterminé (CDI).

 

Les salariés devraient bénéficier de droits nouveaux : la mise en place de droits rechargeables à l’assurance chômage (un chômeur qui retrouve un emploi ne perd pas les droits non utilisés), l’instauration d’un compte personnel de formation tout au long de la vie, la généralisation de la complémentaire santé cofinancée par les employeurs, ainsi que l’entrée de salariés "avec voix délibérative" dans les conseils d’administration des entreprises employant au moins 10 000 personnes dans le monde ou au moins 5 000 salariés en France.

 

La procédure de licenciement économique collectif ("Plan de sauvegarde de l’emploi", PSE) devrait être modifiée. Il s’agit de limiter les possibilités de contestation des plans sociaux devant les tribunaux. La négociation des accords de compétitivité-emploi (réduction des salaires ou/et du temps de travail en contrepartie du maintien des emplois) devrait être simplifiée. Les salariés refusant les nouvelles conditions de travail ainsi définies pourraient notamment être licenciés.

 

Une fois l’accord officiellement approuvé par les organisations patronales et trois syndicats sur cinq, le gouvernement devra préparer un projet de loi qui en traduira les dispositions. Ce texte devrait être présenté en Conseil des ministres le 6 ou 13 mars 2013. Il devrait ensuite être examiné en urgence au Parlement, en vue de sa promulgation à la fin du mois de mai.

 

Selon la loi, "la validité d'un accord interprofessionnel est subordonnée à l'absence d'opposition de la majorité des organisations syndicales de salariés représentatives". Cela signifie que trois confédérations représentatives sur cinq devraient s'y opposer pour qu'il ne soit pas valide, ce qui n’est pas le cas. Une loi réformant la représentativité syndicale, votée en 2008, ne produira pleinement ses effets que lorsque, avant l'été 2013, la liste des organisations syndicales représentatives aura été arrêtée. Voir, à ce sujet, l’article de Michel Noblecourt (éditorialiste, Le Monde), le 14 janvier 2013 : L'aile gauche du PS dénonce l'accord sur l'emploi. Ce quotidien, Le Monde, a accueilli cet accord avec enthousiasme.

Emploi : un accord (presque) historique (Le Monde, 12 janvier 2013)

Enfin une bonne nouvelle pour François Hollande : alors que le chômage et la précarité explosent, les partenaires sociaux, au terme de trois mois de négociations qui ont mis en relief les divisions syndicales et patronales, ont abouti, vendredi 11 janvier, à un accord pour "un nouveau modèle économique et social au service de la compétitivité des entreprises et de la sécuri sation de l'emploi ". "Un succès du dialogue social", s'est félicité M. Hollande, qui voit valider sa méthode sociale-démocrate fondée sur le compromis social.

L'accord qui devrait être signé par trois syndicats - CFDT, CFTC et CFE-CGC - et par les trois organisations patronales a l'imperfection de tous les compromis, mais il est équilibré, gagnant-gagnant. Aux entreprises, il apporte une meilleure sécurité juridique sur les procédures de licenciement et valide les "accords de maintien dans l'emploi" - prévoyant pour un maximum de deux ans baisses des salaires et du temps de travail en échange du maintien des effectifs - en cas de "graves difficultés conjoncturelles". Elles gagnent un surplus de flexibilité, mais celle-ci sera encadrée par des accords avec les syndicats.

Les salariés empochent des droits nouveaux : création d'une complémentaire santé, mise en place de "droits rechargeables à l'assurance-chômage" - un chômeur qui retrouve un emploi ne perd pas ses droits déjà acquis -, taxation d'une partie des contrats courts, encadrement du temps partiel, instauration d'un compte personnel de formation tout au long de la vie, entrée de salariés, "avec voix délibérative", dans les conseils d'administration des entreprises françaises de 5 000 salariés. Le compromis esquisse ainsi la sécurité sociale professionnelle réclamée par la CFDT et... la CGT.

M. Hollande n'a pas obtenu le "compromis historique" dont il rêvait il y a deux mois encore, la CGT et FO réfutant l'accord. Mais il s'agit tout de même d'un accord historique, une nouvelle étape dans les relations sociales. Dans un pays qui n'a pas une tradition de compromis et où le syndicalisme est faible, les signataires ont courageusement pris le risque de la forme au lieu de s'accrocher à un statu quo mortifère. Laurence Parisot, la présidente du Medef, n'a pas tort de saluer "l'avènement d'une culture du compromis après des décennies d'une philosophie de l'antagonisme social" (…).

 

La CGT et FO n’ont pas signé cet accord. Elles disent pourquoi dans des communiqués, publiés le 14 janvier 2013.

 

Une grave régression des droits sociaux (CGT)

 

Le Bureau confédéral de la CGT confirme l’avis négatif de la délégation CGT sur l’accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013 qui modifierait profondément le Code du Travail.
Ce texte marque une grave régression des droits sociaux des salariés et va a contrario des objectifs fixés par la « Grande Conférence sociale » et celle de la « lutte contre la pauvreté ». Il contient de multiples dispositions pour faciliter les licenciements et accentuer la flexibilité.
Le chantage à l’emploi est généralisé par des accords permettant la baisse des salaires et l’augmentation du temps de travail, ce sont les accords de « compétitivité/emploi » voulus par Nicolas SARKOZY. La thèse du MEDEF est le principal fil conducteur de cet accord : « les licenciements d’aujourd’hui feront les emplois de demain ».
Il serait inconcevable que la majorité parlementaire et le Gouvernement, issus des élections de mai 2012, entérinent dans la loi les reculs sociaux dictés par le MEDEF.
Le Gouvernement, qui se dit attaché au Dialogue social, doit prendre en compte le rejet de cet accord par les syndicats représentant bien plus de salariés que les syndicats potentiellement signataires.
La CGT attend du gouvernement un projet de loi d’une toute autre nature, qui protège les salariés contre les licenciements et la précarité.
La CGT va amplifier sa campagne d’information par l’édition d’un journal tiré à deux millions d’exemplaires à destination des salariés pour favoriser leur mobilisation dans les semaines à venir.

Communiqué de FO sur l'accord interprofessionnel "compétitivité et sécurisation de l'emploi'

 

A l'unanimité le Bureau Confédéral de Force Ouvrière décide de ne pas signer l'accord interprofessionnel portant sur la compétitivité et la sécurisation de l'emploi. Alors que l'emploi et la lutte contre le chômage doit être la priorité n°1, Force Ouvrière souligne que cela doit prioritairement passer par une politique économique ambitieuse, source de croissance économique par la consommation, l'investissement public et privé, la stratégie industrielle.

Au nom du principe dangereux selon lequel il faut d'abord pouvoir licencier pour pouvoir embaucher, ce projet d'accord est profondément déséquilibré. Le projet d'accord inscrit le social comme variable d'ajustement d'une politique économique de rigueur tant au plan national qu'européen.

Pour le Bureau Confédéral ce projet se caractérise par: «la flexibilité, c'est maintenant, la sécurisation de l'emploi pour demain, peut-être». Nombre de dispositifs annoncés comme positifs pour les salariés sont partiels, aléatoires, d'application tardive ou pouvant déjà être contournés dans le cadre de ce projet.

Par contre en terme de flexibilité (accords dits de maintien de l'emploi avec la baisse des salaires – nouvelles procédures pour les PSE – mobilité interne forcée – CDI intérimaire – CDI intermittent…), le projet d'accord constitue une remise en cause importante des droits des salariés. Il en est de même pour la sécurisation judiciaire des employeurs au détriment des salariés.

Force Ouvrière décide d'informer largement les salariés du contenu de ce projet et entend intervenir auprès du Gouvernement et du Parlement pour faire valoir ses positions. Le dossier n'est pas clos.

Gérard Filoche, ancien inspecteur du travail, membre du Conseil national du PS, récapitule toutes les insuffisances de l’accord. Voir cet article publié le 12 janvier 2013 : Rien contre le chômage, le Medef a bloqué toute avancée pour les salariés.

Jacques Sapir émet des réserves à cet accord, le jugeant dangereux au niveau économique global. Voir son article sur son blog RussEurope | Carnet de Jacques Sapir sur la Russie et l'Europe

Flexibilité et dévaluation interne : de dangereuses idées à la mode (17 janvier 2013)

 

On parle beaucoup du « coût du travail », et il est évident que la compétitivité de la France, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la zone Euro, s’est dégradée. Ceci a lancé un débat sur le coût du travail, et a abouti aux discussions sur l’accord signé entre le MEDEF et la CFDT vendredi 11 janvier (Accord de securisation de l’emploi). Le problème ici est que ce qui apparaît comme de bonne politique à l’échelle de l’entreprise (échelle microéconomique) peut s’avérer parfaitement désastreux à l’échelle de l’ensemble de l’économie (échelle macroéconomique). Ceci conduit à regarder de manière comparée les effets de la dévaluation interne (baisse des salaires) qui ne touche pas au niveau nominal mais espère provoquer par un effet d’entraînement une baisse réelle des prix, et la dévaluation externe qui modifie brutalement la totalité des prix nominaux mais sans toucher, du moins en apparence, au salaire réel.

 

Cet article est le 110ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 16:33

Approche globale de la pauvreté par le gouvernement

 

La politique d’austérité crée la misère, chacun le sait, mais puisque c’est cette politique qui est mise en œuvre au niveau européen, il faut bien en atténuer les effets les plus déplorables sur la population. C’est ce que fait le gouvernement français, de manière cohérente.  

 

Voir Conférence nationale contre la pauvreté : tout est sur la table (Localtis, 7 décembre 2012)

La conférence nationale contre la pauvreté et pour l'inclusion sociale, qui s'ouvre pour deux jours ce 10 décembre, constitue un enjeu de taille pour l'image sociale du gouvernement, chahuté par ailleurs sur le dossier de Florange. Il est vrai que la barre est fixée très haut, puisque le chef de l'Etat et le Premier ministre ont choisi une approche globale de la pauvreté, en ne la réduisant pas à son aspect monétaire, mais en l'abordant au contraire sous tous ses aspects. Pour Jean-Marc Ayrault, l'objectif est de "changer le discours et les représentations sur la pauvreté et d'imaginer les politiques sociales du XXIe siècle, en intégrant les enjeux de solidarité au coeur des politiques publiques". La conférence doit ainsi déboucher sur un plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et pour l'inclusion sociale, dont les grandes lignes seront annoncées par le Premier ministre le 11 décembre et "qui apportera une réponse globale et durable aux inégalités". Ces grandes lignes seront déclinées en autant de "feuilles de route", confiées aux différents ministères concernés. Pas moins de onze "équipes ministérielles" seront ainsi chargées de mettre en oeuvre les différents aspects du plan, "en intégrant l'inclusion sociale au coeur de leurs politiques sectorielles" (…).

 

Voir, sur le site du gouvernement, après la conférence nationale des 10 et 11 décembre 2012 :

 

La conférence nationale contre la pauvreté et pour l'inclusion sociale

 

Verbatim : Conférence nationale contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale

 

Au niveau européen, certains pays (la Grèce, l’Espagne, le Portugal) sont particulièrement touchés par l’extension de la pauvreté ? Voir cet article publié le 8 décembre 2012 par La Tribune de Genève.

 

Des millions d’Européens plongent dans la pauvreté

 

La classe moyenne a été durement touchée en 2012 par le chômage et l'austérité. La pauvreté concerne désormais des groupes sociaux préservés jusqu'ici. Etranglés par le chômage et la rigueur, des millions d’Européens ont basculé cette année dans la pauvreté qui frappe les classes moyennes, ébranle la cohésion sociale et atteint des groupes jusque-là préservés comme les femmes et les enfants (…).

 

Cet article est le 109ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 20:48

Avec des entreprises qui peinent à être compétitives

 

La situation de la France est paradoxale. Son économie est de moins en moins compétitive mais cela ne l’empêche pas de bénéficier des conditions les plus favorables quand elle emprunte afin de financer sa dette. Pourvu que ça dure…

Cela tient peut-être au fait que les marchés financiers respectent la position déterminante de la France en Europe. Elle tient l’édifice branlant de la zone euro sur ses frêles épaules. Dans le cadre de la mutualisation des risques, son rôle est irremplaçable au côté de l’Allemagne. Si elle s’effondre, c’est comme une mêlée de rugby, l’Europe prend une pénalité et, si cela se renouvelle, il y a un risque de mettre en cause la monnaie unique européenne.

 

La France emprunte à 1 an à taux négatifs (Les Echos, 10 décembre 2012)

La dette française finit l'année en fanfare. La France a emprunté à taux négatifs à une échéance d'un an (48 semaines) ce lundi, ce qui lui était rarement arrivé. Elle a en effet levé 1,293 milliard d'euros au taux de -0,012%. Autrement dit, les investisseurs perdront de l'argent en prêtant cette somme pendant un an à la France.

Au total, l'Agence France Trésor, chargée de gérer la dette de l'Etat, a levé 5,984 milliards d'euros sur trois lignes. Elle a obtenu des taux de -0,026% à 3 mois, de -0,015% à 6 mois et, donc, de -0,012% à un an. Les taux à long terme restent extrêmement bas puisque, ce lundi matin, de 1,91%.

lire la suite de l'article

 

France : le sandwich (Patrick Artus, 11 décembre 2012)

 

L'économie française est prise en tenaille (en sandwich) :

                        - entre les économies sophistiquées des pays dont les productions sont plus hautes en gamme et qui accaparent la production du haut de gamme (Allemagne) ;

                        - et entre les économies des pays à coûts de production faibles qui prennent à la France les productions de milieu et de bas de gamme (pays émergents, et maintenant Espagne, Etats-Unis).

Puisqu'il est très difficile pour la France :

                        - de réduire ses coûts de production pour redevenir compétitive dans le milieu et le bas de gamme ;

                        - ou de monter en gamme ;

la situation de l'économie française est très compliquée et très inquiétante, avec une perte de substance à tous les niveaux de gammes.

           

Lire Espace Entreprises - Natixis - Flash éco (Recherche économique, Patrick Artus)

 

Si la France est en difficulté, toute la construction de soutien de la zone euro s’effondre

(…) En effet, tous les nouveaux instruments de soutien des pays en difficulté (EFSF-ESM, achats de la BCE…) sont basés sur la mutualisation des risques, ce qui n’est plus possible si la France est en difficulté et si l’Allemagne reste le seul grand pays solide (4 déc. 2012).

 

Le problème dans la zone euro ce ne sont pas les chocs asymétriques, ce sont les structures asymétriques

(…) La question à poser est donc celle de l'hétérogénéité structurelle des pays de la zone euro et de sa compatibilité avec l'Union Monétaire. La flexibilité des prix et des salaires n'aide pas : elle ne corrige pas par exemple le fait que des pays ont des croissances potentielles différentes. Il ne reste en fait que deux possibilités : une forte mobilité du travail entre les pays de la zone euro, ou un degré important de fédéralisme (un budget commun de grande taille), si on veut éviter la divergence des économies des pays de la zone euro (4 déc. 2012).

 

L’économie française posera bien des difficultés à partir de 2012 (février 2011)

Le futur Président de la République française sera confronté à une situation économique très difficile à partir de 2012 :

la désindustrialisation se prolonge et accélère et, en 2012, l’industrie française sera de petite taille, positionnée en milieu de gamme, peu exportatrice, menacée sur ses niches traditionnellement fortes, d’où une croissance potentielle faible, la déqualification des emplois, une perte de croissance, la sensibilité au taux de change de l’euro ;

en conséquence, le déficit extérieur continuera, au-delà des cycles, à augmenter, d’où une menace structurelle sur la solvabilité du pays ;

les coûts salariaux, la pression fiscale, la structure de la fiscalité, le recul de la profitabilité des entreprises depuis la fin des années 1990, les obstacles à la croissance des PME, les problèmes du système éducatif sont défavorables à la compétitivité et à l’emploi, génèrent un chômage structurel élevé ; mais peut-on réduire les salaires et réformer complètement la fiscalité ?

dans cette situation de croissance potentielle faible, d’endettement extérieur croissant signifiant que l’endettement domestique doit aussi être croissant, il sera difficile de réduire le déficit public, et la solvabilité de l’Etat est en danger à terme.

 

Rappel : Rapport Gallois : les 22 propositions pour reconquérir la compétitivité - 6 nov. 2012

Le gouvernement s'engage résolument dans le sillage de Louis Gallois - 6 nov. 2012. 

 

Cet article est le 108ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 18:31

La gauche devra tirer les leçons de Florange

 

La gauche peut-elle défendre une autre option pour Florange et la sidérurgie que celle décidée par le gouvernement Ayrault (voir Florange : la fermeture des hauts fourneaux met en colère les salariés - 6 décembre 2012) ? Plus je m’informe, moins la réponse à cette question me semble évidente. Rappel historique : Voir Wikipédia Affaire Arcelor-Mittal et Trente années de batailles pour l’acier (L’Humanité, 29 novembre 2012).

 

Quand le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, voulait résister à la logique du système économique néolibéral, il me semblait que c’était une bonne démarche. Il osait reprendre le mot « nationalisation », même temporaire, qui était un signal de la volonté de la gauche de fermer la « parenthèse libérale » ouverte en 1983. Le ministre se référait à un rapport qu’il avait demandé à Pascal Faure, fin juillet. Voir l’article paru le 6 décembre 2012 sur le site de l’Humanité. Voir ArcelorMittal: le rapport qui pousse le gouvernement à nationaliser Florange.

 

Le monde de la finance réagissait avec vigueur. Le 2 décembre, Georges Ugeux, ancien vice-président de la Bourse de New-York, s’en prenait sans retenue à Arnaud Montebourg.

Voir Florange : Montebourg met en joue la réputation économique de la France.

 

Et la gauche dans tout cela ? Quelles leçons en tire-t-elle ?

 

Il ne faut pas en déduire que Montebourg avait tort de rechercher la voie du contrôle public. Voir Mittal : le PCF veut un contrôle public (Ouest-France, 8 décembre 2012).

Mittal face au gouvernement : le PS a-t-il honte de Marx ? (Nouvel Observateur, Aude Baron, 8 décembre 2012). En refusant la nationalisation du site, Jean-Marc Ayrault s'est éloigné des fondements du socialisme. Analyse de Francis Métivier, philosophe.

 

C’est aussi le point de vue de Gérard Filoche (PS, « Démocratie et socialisme », extrait de la Lettre de D&S, 5 décembre) : « Nationalisation » n’est pas un gros mot ! Il faut une économie mixte

(…) Nationalisation de Florange ! Et soyons clairs, il ne s’agit pas d’une nationalisation « temporaire » superficielle sorte de tour de passe-passe, visant à nationaliser les pertes et à privatiser ensuite les profits lorsqu’ils seront de retour… Cela doit entrer dans une grande politique, dans un grand plan de re-développement de l’économie contre le marasme destructeur qu’impose la finance. Par exemple, il faut inclure Pétroplus dans cette même démarche. De même qu’on a besoin d’acier, on a besoin de raffinerie : hors de question de désertifier la France au nom des « ratios » exigés par les banques ! S’il n’y a « besoin » à court terme que de 11 000 tonnes d’acier au lieu de 19 000 tonnes, demain il n’y en aura pas assez ! Ca vaut le coup d’y placer 1 milliard. De même Petroplus est irremplaçable et si les spéculateurs versatiles sont défaillants, le rôle d’un état volontaire c’est d’y faire face de façon durable. Rappelons que la « déclaration de principe fondamentale » rédigée, discutée, approuvée par le PS sous l’égide de François Hollande en 2008, prônait « une économie mixte ». Nous sommes pour une économie mixte ! Et des nationalisations peuvent être des « modalités » mais aussi des « finalités » car il faut rebâtir un grand périmètre de secteur public cohérent pour protéger, faire vivre l’industrie, l’énergie, un grand pôle financier public, les transports, les communications, les équipements essentiels, la protection sociale, la santé, l’école

 

Lire aussi le point de vue de trois co-animateurs du réseau de la gauche populaire : Laurent Baumel, secrétaire national du Parti socialiste ; François Kalfon, délégué général aux études d’opinion du Parti socialiste, conseiller régional d’Ile-de-France ; Philippe Doucet, député-maire d'Argenteuil.

Texte paru dans Libération, 6 décembre 2012 : Dossier Florange : quatre leçons pour la gauche.

 

Même si le dossier Florange n’a pas encore livré tous ses développements, il est possible d’en tirer quatre leçons sur l’attitude de la France dans la mondialisation et sur la politique industrielle qu’elle doit mener.

 

Première leçon : en finir avec une certaine forme de naïveté qui empêche notre pays de défendre ses intérêts stratégiques et ses emplois.

La concurrence libre et non faussée n’existe que dans les manuels d’économie, et l’économie mondialisée de ce début de XXIe siècle est largement une «économie du hold-up » (1), régie par la brutalité de capitalistes pour lesquels tous les coups sont permis.

L’erreur initiale dans le dossier Mittal a été d’accepter, en 2006, une OPA sur un groupe en bonne situation économique et financière, suite à vingt années d’investissements publics et de restructurations fortes, par un acheteur qui n’était lui-même pas opéable (2).

D’autres pays savent se protéger : le Congrès des États-Unis, que personne ne suspecte d’être gagné par l’idéologie socialiste, s’est opposé par exemple à l’acquisition du groupe pétrolier Unocal par l’entreprise d’Etat chinoise CNOOC. La France ne peut pas être la seule bonne élève d’une mondialisation idéalisée. Elle doit se doter d’un certain nombre d’outils pour la guerre économique : golden share sur les actifs considérés comme stratégiques, accord préalable du Parlement sur les cessions d’actifs à des groupes étrangers, par exemple.

 

Deuxième leçon : comprendre la grammaire du capitalisme international pour mieux l’appréhender.

En France, on pense trop souvent qu’un accord politique suffit. Or, le capitalisme international est régi par la grammaire anglo-saxonne des affaires qui n’existe que sur une base contractuelle, écrite par des avocats et opposable devant les tribunaux. Il n’est pas surprenant, même si on peut le déplorer, de constater que les différents représentants du gouvernement de droite d’alors ont clairement le sentiment de s’être fait flouer par monsieur

Mittal qui n’a tenu aucun de ses engagements. On a d’ailleurs bien senti la gêne de Thierry Breton, ancien ministre de l’Économie de Jacques Chirac, et d’Henri Guaino, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, exprimée dans des interviews publiées les 26 et 27 novembre dernier dans les Echos : en 2006, la France s’est fait avoir. Mais comme ils n’ont signé aucun accord à l’anglo-saxonne, se contentant de belles promesses, fussent-elles publiques,

ils n’ont aujourd’hui, et les Français avec eux, que leurs yeux pour pleurer et pour relire cet accord sans portée juridique.

 

Troisième leçon : il est temps de se redonner les moyens d’une politique industrielle.

Si nous ne voulons pas être dans la main d’investisseurs internationaux, nous devons soutenir notre tissu d’entreprises nationales. La création de la Banque publique d’investissement, les mesures d’aides aux filières comprises dans le pacte de compétitivité, le nouveau crédit d’impôt dont les partenaires sociaux devront contrôler qu’il est bien ciblé sur l’emploi et l’investissement, ou la séparation annoncée des activités bancaires pour recentrer les banques sur le financement de l’économie réelle, portés par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, vont dans le bon sens, sans oublier la nécessaire réorientation du budget européen vers la politique industrielle.

 

Quatrième leçon : la nationalisation temporaire fait partie des mesures nouvelles témoignant du retour de l’État.

Sa mise en oeuvre doit répondre à une doctrine précise : l’entreprise concernée devra appartenir à un secteur stratégique, correspondre, par exemple, à des produits vitaux ou des produits intermédiaires qui irriguent de nombreux secteurs de production ; le portage financier devra être clairement transitoire, en association avec un partenaire industriel. Cette idée a été théorisée il y a quelques années par Dominique Strauss-Kahn qu’on ne peut accuser de «gauchisme». Elle a d’ores et déjà servi à Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, dans le dossier Mittal où elle a été un levier utile de la négociation.

Elle mérite donc d’être intégrée dans la boîte à outils de cette nouvelle politique industrielle.

Les couches populaires et moyennes de ce pays sont réalistes et ne demandent pas que «l’Etat puisse tout». Elles demandent simplement que «l’État puisse quelque chose».

La République française, si elle veut garder la maîtrise de son histoire et redonner au peuple français le sentiment qu’elle sait où elle va, doit s’appuyer sur un État stratège.

 

(1) Voir l’ouvrage de Paul Vacca «la Société du hold-up, le nouveau récit du capitalisme», éditions Mille et une nuits, novembre 2012.

(2) Voir l’ouvrage de Jean-Louis Levet «GDF-Suez, Arcelor, EADS, Pechiney… : les dossiers noirs de la droite », éditions Jean-Claude Gawsewitch, mars 2007.

 

Cet article est le 107ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie 

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 23:55

Les syndicats lancent un appel à François Hollande

 

Le gouvernement a laissé le ministre du redressement productif montrer sa combativité face à Mittal puis il a décidé de s’en remettre aux solutions Mittal, considérant que la nationalisation temporaire serait trop risquée et trop coûteuse pour les finances publiques.

 

Voir l’article précédent Florange : Ayrault et Moscovici s'opposent à la proposition Montebourg - 2 décembre 2012.

Et L'intégralité de l'accord entre l'Etat et Mittal (Le Monde, 6 décembre 2012).

 

Le Premier ministre est "droit dans ses bottes". Voir Jean-Marc Ayrault assume le choix du gouvernement pour Florange (Le Monde, 6 décembre 2012). Et il semble admettre que l’Etat ne peut rien face aux réalités économiques.  

 

Les réactions syndicales

 

La CGT a marqué sa désapprobation. Voir Bernard Thibault : "Je ne crois pas que Florange soit sauvé" (l’Humanité, 3 décembre 2012).

 

Les syndicats sur place à Florange, qui ont accepté d’aller à Matignon écouter les explications du Premier ministre, ont crié leur colère à leur retour.

Florange : Edouard Martin déclare la guerre à Jean-Marc Ayrault (Le Monde, 6 déc. 2012)

Florange : "Vous attendez quoi ? Qu'il y ait un malheur ici ?" (Nouvel Observateur, 6 déc. 2012)

 

Les syndicats en appellent "solennellement à Hollande", et annoncent l'occupation des hauts-fourneaux ainsi qu'une grève à l'usine de Basse-Indre. 

Les "Florange" lancent "la résistance". Des métallos du site d'aciérie vont occuper les hauts fourneaux, a annoncé jeudi 6 décembre le délégué CFDT Edouard Martin après avoir appris qu'ArcelorMittal retire la candidature du site pour le projet Ulcos

"On en appelle solennellement à Hollande", a lancé devant les caméras le syndicaliste, les larmes aux yeux, tout en faisant part de "l'écoeurement" des salariés. "Reprenez le dossier en main ! Dites à Mittal ça suffit, dehors ! Il [Mittal] vient de montrer qu'il avait déjà le mensonge en tête avant de signer l'accord. Vous attendez quoi ? Qu'il y ait un malheur ici ? Et bien nous on va être votre malheur si vous ne cessez pas ce mensonge, cette tromperie ! C'est une promesse. Et nous on a l'habitude de les tenir, les promesses."

"A partir d'aujourd'hui, on prend possession de l'usine, on va dans les hauts fourneaux", a ajouté Edouard Martin, entouré d'une quinzaine de militants. "Il n'y en a pas un qui touchera aux vannes de gaz", qui permettent de maintenir les installations en veille."

Un appel à la grève a par ailleurs été lancé par les syndicats pour lundi sur le site de Basse-Indre.

 

Cet article est le 106ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

 

 

 

Les réactions syndicales

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 18:05

Mittal à portée d’une nationalisation… s’il fait du Mittal

 

Bien au-delà de son poids réel (650 salariés sur les 20 000 d'ArcelorMittal en France), le site lorrain de Florange est devenu le symbole de la désindustrialisation française - 750 000 emplois perdus depuis dix ans. Ce dossier est un symbole à fort enjeu politique pour le président François Hollande. C'est à Florange qu'il s'était engagé pendant la campagne présidentielle à faire voter une loi pour contraindre les groupes qui ferment des usines à les céder à un repreneur.

 

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a choisi de négocier avec le propriétaire afin d’obtenir un compromis, qui n’est peut-être qu’une solution d’attente, évitant un plan social mais ne correspondant pas aux propositions du ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg.

 

Voir Ayrault : "Il n'y aura pas de plan social à Florange" (Le Monde, 30 nov. 2012).

 

Le ton était monté ces derniers jours entre ArcelorMittal, qui souhaitait fermer une partie du site, et le gouvernement socialiste, qui menaçait de le nationaliser. "Les moyens de pression ne disparaissent pas avec l'annonce d'aujourd'hui. Si [M. Mittal] se comportait comme un homme qui ne respecte pas sa parole, il y a des moyens de pression", a-t-on déclaré dans l'entourage du chef de l'Etat. "On garde le revolver sur la table", a même déclaré un conseiller de l'Elysée.

 

Le gouvernement s'est engagé à utiliser "tous les moyens nécessaires en cas de non-respect de l'accord" par ArcelorMittal. Mais Matignon a dit avoir "écarté la nationalisation transitoire" au regard des "engagements inconditionnels" d'ArcelorMittal. Le premier ministre a jugé que cette solution n'était pas efficace "face à un problème de débouchés pour une entreprise ou face à un problème de compétitivité", comme c'est le cas pour les hauts-fourneaux de Florange. 

 

L'accord prévoit que "les activités du site liées à la filière froide, et notamment l'emballage, seront pérennisées et renforcées par un programme d'investissements industriels. Cela permettra de sécuriser les salariés qui travaillent dans ces activités", a détaillé M. Ayrault. Il n'y aura toutefois pas de "redémarrage des hauts-fourneaux à court terme", ce "en raison de la faible activité actuelle en Europe".

 

En revanche, ArcelorMittal s'engage à "maintenir les hauts-fourneaux" de Florange en l'état, dans l'attente de la réalisation du projet de captage et de stockage de CO2 Ulcos, dans lequel l'Etat pourrait augmenter sa participation et qui doit recevoir l'accord pour des financements européens dans les prochaines semaines. Il n'y a cependant pas de garantie à ce stade que Florange accueille ce projet industriel.

 

Voir aussi Florange : les annonces de Jean-Marc Ayrault (l’Humanité, 1er déc. 2012).

 

Le MRC était favorable à une prise de contrôle temporaire par l’Etat

 

Florange: si Mittal ne prend pas ses responsabilités, ce sera à l'État de le faire

Communiqué de presse de Jean-Luc Laurent, président du Mouvement Républicain et Citoyen, député du Val-de-Marne, 28 novembre 2012

 

François Hollande recevait hier soir à l’Élysée Lakshmi Mittal, PDG d'ArcelorMittal pour évoquer l'avenir de Florange. Le Président de la République a demandé la poursuite des discussions entre l'Etat et l'entreprise jusqu'à samedi.
Si la porte ne doit pas être fermée à la négociation, un discours de fermeté s'impose.
Le comportement d'obstruction d'ArcelorMittal à la reprise du site de Florange est proprement inacceptable et met en péril le tissu industriel d'une région clé pour notre pays.

Arnaud Montebourg a eu raison d'évoquer l'hypothèse d'une « prise de contrôle public temporaire » : si le groupe Mittal ne prend pas ses responsabilités, ce sera à l’État de le faire au nom de la préservation des intérêts nationaux en matière économique.
A la politique financière à courte-vue du groupe Mittal, il faut opposer l'impératif de sauvegarde de nos emplois et de notre base industrielle

 

Gouvernement et Mittal: l’État peut (Jean-Luc Laurent, 1er déc. 2012)

 

Le Premier ministre a annoncé le résultat de la négociation entre l'Etat et l'entreprise Arcelor-Mittal: 150 millions d'investissements, pas de plan social et un projet de conversion des hauts-fourneaux sous pilotage public
Les salariés et leurs syndicats restent très prudents, et ont raison de l'être, face à une entreprise déloyale et des pouvoirs publics qui n'ont pas été à la hauteur dans le passé.
Une discussion doit être rapidement ouverte avec les représentants syndicaux des salariés sur les résultats de cette négociation.
Avec l'action de Jean-Marc Ayrault, d’Arnaud Montebourg et l'intervention du Président de la République cette semaine, la gauche a prouvé que l'Etat pouvait, à condition de le vouloir. La fermeté paie et permet de défendre un bassin d'emploi, une région industrielle et l'intérêt national.
Puisque la nationalisation, que le MRC a soutenu, est écartée en raison des engagements pris pour Florange et des garanties pour les autres sites (Dunkerque et Fos), l'Etat doit conserver la possibilité de nationaliser si ces engagements devaient connaître le sort de ceux pris par le passé pour le site de Gandrange.

 

Des commentaires très divers (de l’approbation complète à la critique la plus vive).

 

La lettre de Jaurès (PS, Gauchy, Aisne, 1er déc. 2012) approuve : Florange : Mittal capitule et échappe à la nationalisation

 

Benjamin Coriat, économiste atterré : « Mittal s’en est bien tiré » (Rue89, Le Grand Entretien, Renée Greusard, 1er déc. 2012).

Florange : la CFDT accuse le gouvernement d'avoir menti (Le Figaro, 1er déc. 2012)

FLORANGE: la trahison du “socialisme” compassionnel (Jacques Sapir, 1er déc. 2012)

 

Les déclarations du Premier ministre interprétées comme un désaveu du ministre du redressement productif

Jean-Marc Ayrault s’est-il mal conduit à l’égard du ministre Arnaud Montebourg ? En rejetant sa proposition de nationalisation, il a, en même temps, jeté la suspicion sur sa compétence.

Voir La « Montebourde » de Jean-Marc Ayrault (Marianne, Nicolas Domenach, 2 déc. 2012)

Florange : Montebourg ne décolère pas contre Ayrault (Rue89, Pascal Riché, 1er déc. 2012)

Florange : un désaveu pour Arnaud Montebourg ? (Le Monde, 1er déc. 2012).

Florange : Montebourg restera à son "poste de combat" (Le Monde, 1er déc. 2012)

Invité au journal télévisé de TF1, samedi soir, le ministre du redressement productif a exclu de démissionner du gouvernement, assurant qu'il resterait à son "poste de travail et de combat". "Si ça avait été une question personnelle, oui, j'aurai songé sérieusement [à démissionner]. Mais c'est un combat pour la France et pour la reconstruction de notre industrie. De ce fait, la question devient indécente", a-t-il martelé. Le ministre a indiqué que la nationalisation de Florange, écartée par le gouvernement dans son bras de fer avec ArcelorMittal, était toujours possible si Lakshmi Mittal ne tenait pas ses engagements (…).

 

Un compromis qui ne règle rien ?

Dans cette affaire, la démarche volontariste de Montebourg, approuvée par les syndicats et une majorité de Français, s’est heurtée aux réticences d’une haute administration de l’économie et des finances, formatée par 30 ans de néolibéralisme, qui a trouvé des appuis auprès du ministre Moscovici, lui-même très sensible aux arguments des chefs d’entreprise.

Jean-Marc Ayrault, qui ne partage pas non plus les conceptions de Montebourg, a dérapé dans sa communication. Le président de la République a rattrapé le coup en recevant Arnaud Montebourg, mais il sait que le gouvernement sera bien content de prendre appui sur les propositions du MRP (ministre du redressement productif) quand il faudra se rendre à l’évidence : Mittal n’a accepté cette solution que pour gagner du temps… et de l’argent.

La situation de l’emploi se dégrade. De vraies solutions novatrices devront être trouvées. Il n’est pas dit que les arbitrages du Premier ministre seront toujours en faveur du ministre de l’économie et de finances. Si c’était le cas, nous serions à la veille d’un changement de Premier ministre… Car les pressions seront de plus en plus fortes pour sortir du conformisme néolibéral. Et François Hollande devra prendre ses responsabilités. Heureusement pour lui et les Français, le contexte est différent de celui de 1983. Nous étions au début de la financiarisation de l’économie. Trente ans plus tard, il s’agit de remettre la finance à sa place et de relancer l’économie. C’est le retour du politique au pouvoir.

 

Cet article est le 105ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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Published by Michel SORIN - dans Travail Economie
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