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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 20:32

Répondre à l’angoisse sociale des citoyens européens

 

Dans le cadre de la journée européenne d’action et de solidarité, les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires et Unsa avaient appelé à un rassemblement en Mayenne, place du Jet d’eau à Laval, ce 14 novembre. Gérard Pigois (FSU) a lu la déclaration commune.

 

Journée européenne syndicale 141112 Laval 001 TDéclaration commune 14 Novembre 2012

 

Les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires et Unsa s’inscrivent avec l’ensemble du syndicalisme européen dans la journée d’action et de solidarité de la Confédération européenne des syndicats le 14 novembre 2012 pour l’emploi et la solidarité en Europe.

Elles expriment leur ferme opposition aux mesures d’austérité qui font plonger l’Europe dans la stagnation économique, voire la récession. Ces mesures, loin de rétablir la confiance ne font qu’aggraver les déséquilibres et créer des injustices. Elles mettent à mal le modèle social européen remis en cause par la concurrence et parfois le dumping dans les domaines de la fiscalité, du coût du travail et des conditions sociales.

En France c’est un nombre de chômeurs qui ne cesse de croître depuis 17 mois avec encore une hausse record en septembre. La précarité s’accroît, des millions de salariés n’accèdent à l’emploi qu’en CDD pour des durées de plus en plus courtes, les plans de licenciements se multiplient. 11 millions de personnes sont touchées par l’exclusion ou la pauvreté dont de nombreux retraités. Les salaires dans le privé et le public stagnent.

Les traitements de choc infligés aux travailleurs notamment en Grèce, en Espagne et au Portugal, montrent l’impasse de politiques qui conduisent à la destruction des droits sociaux. La cohésion sociale, le dialogue social et le respect des valeurs garanties par la Charte des droits fondamentaux sont remis en cause. Cette situation est insupportable et menace la construction européenne elle-même.

En s’amplifiant, la crise économique et sociale accroît fortement les inégalités entre les travailleurs européens et remet en cause les droits de tous.

L’Europe doit bâtir ses politiques sur la solidarité et garantir les moyens du progrès social. La journée de mobilisation du 14 novembre permettra aux travailleurs de toute l’Europe d’agir, ensemble et solidairement, pour des conditions de travail et de vie décentes. Cela implique :

- une véritable coordination des politiques économiques et des mesures de solidarité concrètes avec les pays les plus en difficulté en intégrant systématiquement la dimension sociale aux décisions européennes ;

- la négociation d’un « Contrat social » revendiqué par la CES au niveau européen, incluant des mesures mettant fin à la concurrence sociale entre les Etats, en instaurant des standards sociaux européens, en particulier un salaire minimum dans chaque pays ;

- des mesures de relance au plan européen afin de renouer avec une croissance durable et favoriser l’emploi ;

Les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires et Unsa attendent des réponses concrètes aux difficultés que vivent tous les travailleurs en France et en Europe.

 

Voir le site de l’Humanité, ce 14 novembre : 14 novembre : mobilisation contre l’austérité en France et dans toute l’Europe. Les cinq grands syndicats français prévoient une centaine de manifestations et rassemblements le 14 novembre en France, dans 77 départements. A l’appel de la CES et de plus de 40 organisations syndicales, des manifestations auront lieu dans 23 pays européens pour protester contre les politiques d’austérité qui mènent le continent droit dans le mur.

 

(…) La Confédération Européenne des Syndicats met cette journée sous le signe de l’opposition à l’austérité, mais elle se veut également force de proposition, pour l’emploi et la solidarité :

-Une gouvernance économique au service d’une croissance durable et d’emplois de qualité,
-La justice économique et sociale via des politiques de redistribution, la fiscalité et la protection sociale,
-Des garanties d’emploi pour les jeunes,
-Une politique industrielle européenne ambitieuse orientée vers une économie verte bas carbone et vers des secteurs d’avenir, porteurs d’emplois et de croissance,
-L’intensification de la lutte contre le dumping social et salarial,
-La mise en commun de la dette au moyen d’euro-obligations,
-La mise en place effective d’une taxe sur les transactions financières pour lutter contre la spéculation et permettre des politiques d’investissements,
-L’harmonisation de l’assiette fiscale avec un taux minimum pour les entreprises en Europe,
-La lutte contre l’évasion et la fraude fiscales,
-Le respect des négociations collectives et du dialogue social,
-Le respect et la garantie des droits sociaux et syndicaux fondamentaux.

 

Voir aussi Ouest-France ce 14 novembre :

Journée de mobilisation contre l’austérité en Europe

Austérité. Le point sur les manifestations en France

Austérité. Les manifestations dégénèrent en Italie et en Espagne

 

Sur le site de l’Humanité, le 13 novembre : Le réseau des Attac d’Europe solidaire de la grève générale transnationale du 14 novembre

 

Pour Aurélie Trouvé, co-présidente d’Attac France, « nous avons plus que jamais besoin d’une rupture avec les politiques menées actuellement en Europe ». Le réseau des Attac d’Europe propose à cet effet 7 principes pour sortir de l’Europe de la crise sociale et démocratique :

 

-          Soustraire les Etats de la mainmise des marchés financiers : permettre un financement direct des banques centrales aux gouvernements, sous contrôle démocratique ;

-          Sortir du piège de la dette : mettre un terme aux politiques d’austérité et organiser des audits de la dette, qui débouchent sur des annulations de dettes publiques. Banques et acteurs financiers devant accepter leur part de pertes ;

-          Une politique fiscale redistributrice : Harmoniser par le haut les taxes sur le patrimoine (la richesse) et sur les profits, mettre un terme à l’évasion fiscale notamment par l'interdiction des transactions avec les paradis fiscaux et judiciaires.

-          Désarmer la finance et les banques : interdire les mécanismes spéculatifs les plus dangereux (trading à haute fréquence, vente à  découvert, spéculation sur les produits dérivés, marchés de gré à  gré...), et imposer une taxe sur l’ensemble des transactions financières à un taux de 0,1% ; réguler strictement les banques (séparation entre banques de dépôt et  banques d'investissement, démantèlement des banques « trop grosses pour  faire faillite »)

-          Un financement public et démocratique de l’économie : Construire un pôle public et coopératif  financier sous contrôle démocratique pour financer les besoins sociaux et la transition écologique, le rétablissement et le développement des services publics. Les politiques commerciales doivent être révisées conformément à ces objectifs.

-          Une Europe pour les peuples, pas pour les profits : Mener des politiques économiques et sociales coordonnées à l'échelle européenne pour réduire les déséquilibres commerciaux, favoriser la transition écologique de l’économie, développer l’emploi et les droits sociaux et fondamentaux (santé, éducation, logement, transport, alimentation, énergie, eau, information, culture, protection sociale…).

-          La démocratie, maintenant : engager un processus constituant pour démocratiser tous les niveaux de décision ; mettre en œuvre un débat démocratique sur les politiques alternatives à l’échelle européenne.

 

Cet article est le 104ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 18:53

Perte de parts de marché commerciales tous azimuts 

 

Le monde économique est en train de changer rapidement. Il va falloir des hommes et femmes d’Etat de haut niveau pour piloter les navires en évitant de chavirer. Car les pouvoirs publics, représentatifs des peuples, doivent impérativement reprendre les commandes, qu’ils ont délaissées ces dernières décennies, sous la pression d’idéologies néolibérales.

 

André-Jacques HOLBECQ, qui fut, à Air France, pilote du Concorde, a les qualités humaines qui lui permettent de voir loin. Il a publié en 2002 "Un regard citoyen sur l'économie" aux éditions Yves Michel et ses travaux de recherche l'ont amené à publier en septembre 2005 chez le même éditeur "Une alternative de société : l'écosociétalisme"

L' ÉCOSOCIÉTALISME propose une alternative économique post-libérale, implique le déclin des systèmes financiers, boursiers et bancaires actuels. Il répartit équitablement le pouvoir d'achat individuel, libère la monnaie en fonction des biens et services produits, récupère immédiatement la monnaie lors de son utilisation finale.

Voir le Résumé synthétique de ses propositions.

 

André-Jacques Holbecq a signalé à ses amis du suivi « MES » sur Facebook le Natixis - Flash éco dans lequel Patrick Artus  répond à la question :

Qui a mangé les parts de marché de la France ?

 

La part de marché de la France dans le commerce mondial a considérablement reculé depuis le début des années 2000. Nous essayons de savoir au profit de qui ce recul a eu lieu : quels pays ont mangé les parts de marché de la France, sur quels produits ? Est-ce lié à la concurrence des émergents, avec le bas niveau de gamme de la production française, ou à celle des autres pays de la zone euro, avec la perte de compétitivité-coût de la France ?
Nous regardons :
- les marchés sur lesquels la France perd des parts de marché : tous les marchés sauf l’Amérique Latine et l’Asie hors Chine ;
- les produits sur lesquels les positions de la France reculent : tous les produits, à un moindre degré les biens intermédiaires ;
- les régions ou pays avec lesquels la France a une balance commerciale qui se dégrade : toutes les régions ou pays sauf l’Amérique Latine, les émergents d’Asie hors Chine, le Japon, le Royaume-Uni ;
- les régions/pays qui gagnent clairement des parts de marché quand la France en perd : Etats-Unis, Amérique Latine, Chine et autres émergents d’Asie, Japon.
Tout ceci montre que la France a perdu des exportations, des parts de marché, vis-à-vis de pratiquement tous les pays et sur tous les produits, ce qui est terrifiant.

 

La France doit prendre les bonnes décisions en matière de « compétitivité »

Le site du magazine Le Point annonçait, le 27 octobre, que Hollande a rendez-vous avec le gotha économique, ajoutant « Cette réunion - qui précède celle de Merkel prévue mardi - est inédite en France ». Sur le même site, ce 29 octobre, Hollande promet des décisions sur la compétitivité en novembre. En fait, tout tourne autour du rapport de Louis Gallois, commissaire à l’investissement.

Voir Rapport Gallois : différents camps au sein du gouvernement pour booster la compétitivité (L’Usine nouvelle, 22 octobre 2012)

Réforme de la compétitivité : le mystérieux rapport Gallois (Nouvel Observateur, 25 oct. 2012)

Hollande pour un "pacte" de compétitivité sur la base du rapport Gallois (Le Monde, 25 oct. 2012)

L'appel de 98 grands patrons pour la compétitivité (Ouest-France, 29 octobre 2012)

 

Rappel : Zone euro en récession au 3ème trimestre, France en croissance zéro - 4 octobre 2012 

 

L'emploi se rétrécit en Mayenne, en France et en Europe, pas aux USA - 25 octobre 2012 

 

Cet article est le 103ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 18:43

Accentuation de la crise économique et sociale en Europe

 

Les chiffres du Chômage en France continuent d’être à la hausse (voir Les chiffres du chômage en Mayenne et en France toujours à la hausse - 29 mars 2012). Les prévisions de l’INSEE pour la fin 2012 l’annonçaient clairement (voir Zone euro en récession au 3ème trimestre, France en croissance zéro - 4 octobre 2012).  

Forte poussée du chômage en France en septembre (Rfi, 24 octobre 2012)  

Les chiffres du chômage en France pour le mois de septembre ont été publiés ce mercredi 24 octobre 2012. Comme c'était prévisible, ils ne sont pas bons. Ils sont même inquiétants, puisque la hausse s'accélère. Le gouvernement avait préparé les esprits, en prévenant que les chiffres du chômage en France seraient mauvais pendant encore plusieurs mois. Les statistiques pour le mois de septembre ne sont donc pas surprenantes.

Le nombre de chômeurs sans activité en métropole est en hausse de 1,6 %. C'est la plus forte hausse mensuelle depuis mars 2009. Près de 47 000 personnes supplémentaires sont dans ce cas par rapport aux chiffres du mois d'août, qui constituaient déjà un record à plus de 3 millions. La barre symbolique qui a été dépassée en septembre, c'est celle du nombre total des inscrits en métropole, y compris ceux qui exercent une activité partielle. Ils sont plus de 4,5 millions. Le ministère du Travail mise sur les premiers emplois d'avenir qui doivent être signés en novembre pour faire reculer le chômage des jeunes.

Il mentionne aussi les négociations entre partenaires sociaux sur le contrat de génération et la sécurisation de l'emploi. Mais les effets concrets ne devraient pas se faire sentir avant le début de l'année 2013, pour laquelle les prévisions de croissance, éléments déterminants pour l'emploi, ne sont pas particulièrement encourageantes.

 

Guillaume Duval (Alternatives économiques, 13 septembre 2012) l’avait annoncé :

Emploi : tous les clignotants sont au rouge

Malgré le recours accru aux emplois aidés, il est à craindre que la forte restriction budgétaire prévue pour ramener les déficits publics de 4,5 % du PIB en 2012 à 3 % en 2013 entraîne une poursuite, voire une accélération de cette baisse de l’emploi. L'emploi dans le secteur marchand qui s’était remis à augmenter depuis la mi-2010 a recommencé à diminuer au second trimestre 2012, selon les derniers chiffres de l'Insee. L’industrie a perdu 21 000 emplois par rapport au deuxième trimestre 2011 (– 0,7 %), le bâtiment 12 000 (– 0,8 %) et le tertiaire lui-même 6 000, alors qu’il en gagne à peu près toujours. C’est surtout le fort recul de l’intérim qui explique cette baisse. La situation du marché du travail devrait se dégrader encore davantage au troisième puisque, selon la Banque de France, l'économie française, qui stagnait jusque-là, est cette fois entrée elle aussi en récession. Malgré le recours accru aux emplois aidés, il est à craindre que la forte restriction budgétaire prévue pour ramener les déficits publics de 4,5 % du produit intérieur brut (PIB) en 2012 à 3 % en 2013 entraîne une poursuite, voire une accélération de cette baisse de l’emploi, et de la hausse du chômage concomitante.

 

Le même Guillaume Duval (Alternatives économiques, 17 octobre 2012) constate une remontée de l’emploi aux USA : Etats Unis : le chômage baisse-t-il vraiment ?

Au début du mois d’octobre, la publication des chiffres du chômage aux Etats Unis a déclenché une polémique : ce taux était en effet en baisse à 7,8 % et nombre d'observateurs ont soupçonné une manipulation liée à la radiation de chômeurs des statistiques dans le but de  faciliter la réélection de Barack Obama. Dans un pays où les allocations chômage ne durent que quelques mois, le phénomène de retrait du marché du travail pour cause de découragement joue certainement un rôle dans la baisse du chômage enregistrée aux Etats Unis, pour autant on observe bien également une légère mais réelle amélioration de l'emploi américain. C’est ce que montrent en particulier les évolutions des taux d'emploi, c'est-à-dire du pourcentage des personnes âgées de 15 à 64 ans qui occupent un emploi. Le choc de la crise a été beaucoup plus violent aux Etats Unis qu'en Europe : ce taux a baissé de 6 points outre Atlantique entre 2007 et 2009 contre deux « seulement » en zone euro (globalement car dans les pays en crise il a baissé davantage bien sûr). Mais depuis mi 2011, ce taux progresse de nouveau légèrement aux Etats Unis (+ 0,5 points) tandis que de dans le même temps il baissait d’autant en Europe. Les Etats Unis sont encore très loin d'avoir effacé la crise en termes d’emplois mais les évolutions divergentes des taux de chômage entre l'Europe (où il est en forte hausse) et aux Etats Unis (où il baisse légèrement) ne sont donc selon toute vraisemblance pas seulement le résultat de manipulations statistiques préélectorales…


En Mayenne, CÉAS-point-com (n° 473, 19 octobre 2012) présente les statistiques du chômage fin août 2012 et constate une évolution annuelle préoccupante (12,5 %, catégories A, B et C).  

La Mayenne compte, fin août 2012, en données brutes, 18 437 demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi, dont 16 463 (89,3 %) tenus à des actes positifs de recherche d’emploi (catégories A, B et C). Parmi ces quelque 16 500 demandeurs d’emploi, environ 3 300 ont moins de 25 ans et presque autant ont 50 ans ou plus. Les 25 à 49 ans (un peu plus de 10 000) représentent 61 % de l’effectif total des catégories A, B et C.

Concernant ces trois catégories A, B et C, le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté sur un mois (+ 3,8 %), ainsi que sur un an (+ 12,5 %). Cette variation annuelle est très supérieure à celle de la région (+ 8,7 %) ou celle de la France (+ 8,3 %).

Toujours en variation annuelle pour ces trois catégories et pour le département, on constate, sur un an, une augmentation des demandeurs d’emploi âgés de moins de 25 ans (+ 14,3 %). Pour cette tranche d’âge, sur un an, le chômage s’accroît de façon quasiment identique pour les femmes (+ 14,5 %) que pour les hommes (+ 14,0 %). Pour les 25 à 49 ans, l’évolution est plus forte chez les hommes (+ 11,7 %) que chez les femmes (+ 8,9 %). Pour les 50 ans ou plus, on observe l’inverse : l’évolution est plus forte chez les femmes (+ 19,6 %) que chez les hommes (+ 17,7 %).

La Mayenne, comme les Pays de la Loire, se caractérise par une part élevée de femmes et de jeunes de moins de 25 ans parmi les demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi (catégories A, B et C). A contrario, la Mayenne compte proportionnellement moins de demandeurs d’emploi de longue durée.

 

Rappel : Catégorie A : demandeurs d’emploi n’ayant pas travaillé dans le mois, quel que soit le type d’emploi recherché.

Catégorie B : ceux ayant eu une activité de 78 heures au plus dans le mois.

Catégorie C : ceux ayant eu une activité de plus de 78 heures dans le mois.

Dans ces trois catégories, les demandeurs d’emploi sont tenus à des « actes positifs de recherche d’emploi ».

Catégorie D : demandeurs d’emploi non disponibles immédiatement (stage, formation, maladie…).

Catégorie E : ceux ayant un emploi et en recherchant un autre (notamment les bénéficiaires de contrats aidés).

 

Cet article est le 102ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 12:24

Le collectif demande à F Hollande de corriger son projet

 

Le Collectif « Pour un Pôle public financier au service des Droits ! » a écrit ce 17 octobre une lettre ouverte au président de la République, avec large diffusion aux parlementaires, associations, syndicats… Elle concerne le projet de loi portant création d'une banque publique d'investissement qui va être présenté, dans quelques heures, en conseil des ministres.

Voir le texte et les organisations signataires, membres du collectif, sur le site de la Fondation Copernic : Banque publique d'investissement : Lettre ouverte à M. François Hollande, président de la République

 

LETTRE OUVERTE À MONSIEUR FRANÇOIS HOLLANDE, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

BANQUE PUBLIQUE D’INVESTISSEMENT ...
Un autre choix est possible, un autre choix doit être fait.

 

(…) Aujourd’hui est présenté, en Conseil des ministres, le projet de loi relatif à la création de la banque publique d’investissement (BPI). Un projet qui malheureusement, faute d’avoir été réellement débattu et concerté, ne sera pas un projet partagé par le mouvement syndical et le mouvement social.

Votre ministre de l’Economie et des Finances n’a pas souhaité engager ni avec les Confédérations, ni avec les Fédérations professionnelles et les organisations syndicales concernées (notamment celles de la Caisse des dépôts et consignations, du Fonds stratégique d’investissement, d’OSEO, de l’Agence Française de développement en charge de la représentation d’OSEO dans les DOM, de la Coface, d’UBIFRANCE ...) le dialogue préalable spécifique qui aurait permis d’atteindre cet objectif si tant est qu’il ait été souhaité.

Croyez bien que nous avons retenu l’engagement que vous avez pris, publiquement et solennellement à l’occasion de votre discours introductif à la grande conférence sociale du début de l’été, selon lequel : "L’ampleur des réformes que nous sommes en train d’engager trouve sa justification dans la conviction absolue qui est la mienne que notre organisation sociale produit aujourd’hui plus d’injustice que de justice, qu’il faut donc en changer et que c’est un nouveau contrat social, profondément renouvelé, profondément différent, que nous devons élaborer ensemble. Mais l’urgence de la situation ne saurait en aucun cas justifier que l’on méprise le dialogue social".

Pourtant, notre Collectif qui inclut notamment des représentants des personnels concernés par ce projet de BPI et qui compte également des associations citoyennes et de lutte contre l’exclusion, mobilisées en faveur de la nécessaire réappropriation de la finance au service de l’intérêt général, s’est vu opposer, par le ministre de l’Economie et des Finances, plusieurs fins de nonrecevoir à nos demandes successives d’entrevue pour débattre de ce projet de loi ainsi que de la future réforme de l’épargne réglementée annoncée publiquement par Monsieur Moscovici comme "sans aucun tabou" .

Au moment où notre pays entre en stagnation et doit faire face à une rigueur que beaucoup qualifient d’historique, où le chômage atteint un niveau jamais connu depuis la fin des années 90, ce projet de BPI aurait dû être l’occasion de rassembler largement l’ensemble des parties prenantes y compris les organisations syndicales, les fédérations professionnelles, les acteurs de la société civile.

Au lieu de cela, la presse a rendu compte d’échanges quasi exclusifs entre Bercy, la Banque Lazard, les directions des différents établissements concernés et l’Association des Régions de France (sans jamais évoquer les autres associations d’élus locaux alors que dans sa déclaration de politique générale le Premier ministre a pris l’engagement suivant devant la représentation nationale : "Des activités génératrices pour la croissance bénéficieront du soutien de la future Banque publique d’investissement qui sera mise en place avant la fin de l’année et qui travaillera en liaison étroite avec les territoires et particulièrement les régions" . Particulièrement ne signifie pas exclusivement).

Cela est d’autant plus regrettable que vous vous êtes engagés devant les Français(e)s en faveur de la mise en place de déclinaisons spécifiques de la BPI dans les banlieues et en outre-mer. Les représentants des populations de ces territoires ont-ils été réellement consultés sur le projet présenté, ce matin, en conseil des ministres ?

Pour notre part, nous avons demandé solennellement, par courrier, à Monsieur Moscovici de vous saisir de notre demande que cet engagement en faveur des territoires soit élargi au monde rural et à ses 11 millions d’habitants car nous sommes profondément convaincus que cet espace, qui représente géographiquement la majorité du territoire national, dispose de nombreux atouts et constitue un territoire d’avenir, notamment dans le cadre de la conversion écologique de l’économie.

Nous partageons l’analyse faite par le Groupe Monde rural (Association des maires de France, Assemblée des départements de France, Association des maires ruraux de France, Assemblée des Conseils Économiques, Sociaux et Environnementaux Régionaux etc.) selon laquelle le monde rural peut, dès lors qu’on lui en donne les moyens, favoriser un développement territorial équilibré et vivable basé sur de nombreux emplois non délocalisables pouvant contribuer au développement des énergies renouvelables, participer à la réduction d’émission de gaz à effet de serre, produire et préserver de la biodiversité notamment au travers d’une production agricole repensée ...

Il nous semble également nécessaire de tirer le bilan de la séquence qui a modifié le statut "à but non lucratif" des Caisses d’Épargne, enterré ses missions générales, banalisé la distribution du livret A avec la captation par les banques de 35% de l’épargne réglementée (soit environ 115 milliards d’euros, montant que l’on peut rapprocher de celui qui serait alloué à la BPI : 40 milliards d’euros selon les informations publiées dans la presse. Avec cette précision apportée par le journal Le Monde dans un article en date du 10 octobre 2012 : « Il faut noter que, sur ce total de bilan, la grande majorité des capitaux est déjà investie. Il resterait environ 3,5 milliards d’euros disponibles dans le FSI. » ) et cela sans qu’aucune contrepartie d’intérêt général ne soit exigée du secteur bancaire et sans que cela corresponde à aucune injonction préalable de la Commission européenne. Au terme de cette séquence, il y a lieu d’analyser le désastre financier de Natixis et la constitution du groupe BPCE dont un certain nombre de leçons sont à tirer.

Ce que nous pensons, c’est que, pour avoir une réelle portée, le projet de banque publique d’investissement doit désormais faire l’objet d’un véritable débat national sous l’égide du Parlement et se libérer du contrôle étroit - et pas toujours désintéressé - de ce petit monde issu du même cercle qui régente l’ensemble des questions industrielles et financières de notre pays.

Nous appelons le Parlement à ne pas passer directement à l’examen du projet de loi qui va être présenté, aujourd’hui, en conseil des ministres, et à engager le dialogue qui n’a pas été réalisé avec l’ensemble des parties prenantes (organisations syndicales, fédérations professionnelles et Confédérations, acteurs de la société civile et de la lutte contre les exclusions, associations d’élus locaux, ONG investies dans la conversion écologique de l’économie - qui constitue l’enjeu central des investissements d’avenir avec le soutien à l’innovation, représentants des milieux économiques et des directions concernées ...)

Nous espérons sincèrement être entendus car notre démarche est toute entière dédiée à l’intérêt général.

Pour notre part, nous pensons que le projet de BPI doit être mis au service du développement de l’emploi, de la transition écologique et de contrats de travail respectueux des salariés. Sa mise en place demande un suivi approprié à propos duquel aucune garantie n’a été prise pour l’instant, puisque le personnel des institutions financières concernées n’a même pas été consulté.

Les attentes de la population en âge de travailler et des électeurs de notre pays correspondent à ce que nous appelons le droit à l’emploi et à un revenu décent et le droit à la conversion écologique de l’économie. Cela signifie que les crédits alloués et les investissements réalisés par la future BPI le soient en fonction de véritables critères sociaux (emplois stables, qualifiés au besoin par la formation et correctement rémunérés) et environnementaux cohérents avec une perspective de développement humain durable.

Nous estimons indispensables que cette banque "publique" d’investissement, propriété de la République, fasse l’objet d’un véritable contrôle social et citoyen permettant, notamment, aux représentants des exclus, des précaires, des chômeurs et des salariés ainsi qu’aux usagers de la BPI et à leurs représentants de peser sur les choix qui seront réalisés par cette banque (participation aux orientations et aux choix stratégiques).

Nous souhaitons que, dans chaque région, la BPI rende compte, chaque année, de son action auprès des Conseils Économiques, Sociaux et Environnementaux Régionaux (CESER) et qu’une synthèse nationale annuelle soit élaborée par le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE).

C’est dans ce cadre que nous soutenons le principe d’une principe d’une approche déconcentrée et territorialisée de la banque publique d’investissement qui se doit naturellement d’apporter aux personnels directement concernés toutes les garanties qu’ils sont en droit d’attendre.

Nous demandons également que les moyens financiers dont disposera la future BPI soient à la hauteur des besoins économiques et sociaux de la population et des territoires et, notamment, qu’une partie des fonds de l’assurance-vie qui bénéficie d’abattements fiscaux considérables (confirmés par le projet de loi de finances) soient fléchés vers cette banque publique.

De même nous demandons qu’après le doublement du plafond du Livret de développement durable soit réalisé, sans attendre, le doublement du plafond du Livret A et la centralisation intégrale de la collecte à la CDC (afin de financer prioritairement la construction, chaque année, de 200 000 logements sociaux et d’urgence, la mise en œuvre d’un vaste programme de rénovation énergétique et de soutenir l’emploi dans le bâtiment, secteur en difficulté très majoritairement composé d’emplois non délocalisables. Le surplus de collecte pouvant naturellement être utilisé en faveur du financement des services publics et des collectivités locales). En outre, nous demandons la création d’un Livret (ou d’un plan) d’épargne pour l’emploi industriel entièrement dédié au financement des activités productives dans le cadre d’une politique de soutien à l’innovation, à l’exportation et à la conversion écologique de l’économie.

En effet, la BPI, telle qu’elle est envisagée à ce stade, est manifestement sous-dotée financièrement et ne pourra contribuer efficacement au redressement productif et industriel attendu.

La BPI ne doit pas simplement viser à pallier les carences des banques commerciales dans l’exercice de leur mission première de financement de l’économie mais doit également impulser une dynamique de financement apte reconstituer dans le pays des filières industrielles porteuses d’emplois et à susciter prioritairement un véritable réveil de l’innovation technologique susceptible de déclencher une dynamique vertueuse dans la reconquête de l’emploi.

Elle doit également s’adresser aux TPE et pas simplement aux PME et Entreprises de taille intermédiaire comme cela est envisagé. Toutes les entreprises qui rencontrent des difficultés pour se financer auprès du secteur bancaire classique - et c’est manifestement le cas de nombreuses TPE - doivent pouvoir solliciter la BPI qui, en lien avec les acteurs de l’économie sociale et solidaire et après analyse des risques, appréciera si la demande de crédit ou d’investissement sollicitée correspond aux orientations fixées en la matière. Cet élargissement aux TPE nécessite que la BPI dispose des moyens financiers adéquats (…).

 

Rappel : Revendications sur le Livret A et banque publique d'investissement - 29 juin 2012 

 

Cet article est le 101ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 23:49

L’Europe, « homme malade » de l’économie mondiale

 

La note de conjoncture Insee d'octobre a été présentée à la presse ce 4 octobre. Cette note est intitulée « A l'arrêt ». Voici quelques commentaires utiles.

 

La note d'octobre est, traditionnellement, une simple mise à jour de la note de juin - qui présentait une première prévision pour l'ensemble de l'année 2012. Elle confirme pour l'essentiel mais actualise et précise le diagnostic conjoncturel pour la fin de l'année. La prochaine note, qui fournira des prévisions pour le premier semestre 2013, devrait être publiée le 20 décembre.

 

Le titre « à l'arrêt » s'applique bien à l'économie des « pays avancés » (OCDE) dans leur ensemble et surtout à l'économie française. En raison notamment des « consolidations budgétaires » et de l'augmentation des prix du pétrole, le peu de croissance qui survivait en Europe au début de l'année (Allemagne) s'éteint progressivement et s'effondre au sud (Espagne, Italie...). Le commerce extérieur pâtira de l'appréciation de l'euro entamée cet été.

 

La zone euro entre donc en récession au troisième trimestre et apparaît de plus en plus comme « l'homme malade » de l'économie mondiale. Seuls des grands pays de l'OCDE, les États-Unis conservent un certain dynamisme, le regain observé au Royaume-Uni n'étant pas appelé à persister (effet ponctuel des JO et du jubilé de la reine...). Le « climat des affaires » se dégrade nettement. L'activité des pays « émergents » reste très supérieure mais l'Insee la qualifie d'indécise. Le commerce mondial devrait donc fléchir sensiblement.

 

En France, le PIB stagnerait sur l'ensemble de l'année : croissance nulle en T2, T3 et T4 (2ème, 3ème et 4ème trimestres). La plupart de ses composantes sont très proches de zéro :

·         pertes d'emploi, augmentation des prélèvements obligatoires et hausse des prix du pétrole retentissent sur la consommation des ménages qui sera pénalisée par la baisse du pouvoir d'achat (le revenu disponible brut réel par unité de consommation baisserait de 1,2% en 2012 après -0,1 en 2011) ; la consommation stagnerait donc (0,1 ; -0,1 ; 0,1 et -0,1 de T1 à T4) en dépit d'une baisse significative du taux d'épargne (16,0 en T1 ; 15,1 en T4) elle même imputable en partie aux mesures fiscales qui concernent surtout les hauts revenus ;

·         faute de débouchés notamment intérieurs, l'investissement recule en cours d'année ;

·         les pertes d'emploi s'accumulent : - 31.000 en T3 et -35.000 en T4 pour les secteurs marchands non agricoles ; le chômage atteindrait 10,6% de la population active en fin d'année (10,2 en métropole) ;

 

Seules contributions franchement positives à la croissance en France en 2012 :

·         les dépenses de consommation des administrations (progression de 0,3% par trimestre) ;

·         les exportations en volume, qui auront augmenté plus que les importations en 2012 mais semblent désormais stagner.

 

Remarques :

·         pour atteindre l'objectif de 0,8 % de croissance en 2013, avec un acquis nul en début d'année, il faudrait une croissance d'environ 0,3% par trimestre en cours d'année. C'est peu dans l'absolu mais on voit mal ce qui pourrait permettre cette reprise relative ;

·         les pertes d'emploi sont amorties par la faiblesse inhabituelle des gains de productivité, et ceci en vrai dans la plupart des pays européens (Espagne exceptée) ;

·         outre les incertitudes inhérentes au système monétaire, les aléas principaux signalés par l'Insee pour l'avenir immédiat concernent : le comportement d'épargne des ménages (si l'épargne baisse moins que prévu, la demande intérieure et donc l'activité seront encore plus déprimées) ; le climat des affaires qui est encore plus pessimiste que les données d'activité disponibles ; la croissance des pays émergents qui, à l'inverse, pourrait être plus forte que prévu.

 

Cet article est le 100ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 22:19

Les ministres reçoivent le collectif et CGT Finances

 

La mobilisation continue en ce début de l’été 2012, sur la base de changements d’interlocuteurs gouvernementaux mais aussi d’inquiétude concernant des engagements électoraux qui ne seraient pas forcément tenus. C’est le cas du Livret A et de la construction de logements sociaux.

Rappel : Logement social et Livret A : le collectif Pôle financier public, mobilisé - 6 juin 2012 

 

Livret A et logement social

 

Dans un communiqué, la Plateforme Logement de mouvements sociaux et le Collectif « Pour un Pôle public financier au service des Droits » ont exprimé leur inquiétude à la suite de l’offensive des banques et des assureurs. Voir Livret A : la bataille continue (Solidaires, 28 juin).

 

La promesse des 150 000 logements sociaux et de 1 million de réhabilitations thermiques par an est-elle remise en cause ?

La plateforme logement des mouvements sociaux et le collectif pour un pôle public financier, ont été reçus par Cécile Duflot, à la suite de l’occupation de l’Association Française des Banques, mercredi 27 juin. La Ministre a réaffirmé les engagements de François Hollande et sa volonté de les mettre en œuvre. Pourtant les mouvements sociaux, scandalisés  par l’offensive des banques et des assureurs, s’inquiètent que le gouvernement ne finisse par plier sous leurs arguments.

En conséquence, nous décidons  la mobilisation pour la défense de l’épargne populaire et de son usage dans l’intérêt général et pour la relance de la politique du logement. Les collectifs engagés dans ce combat appellent à un large rassemblement de tous les acteurs concernés agissant dans ces domaines, afin de  lancer une grande campagne avec pour objectifs :

·         Le doublement immédiat du Livret A,

·         La restitution à la Caisse des Dépôts et Consignations, des 100 milliards d’euros d’épargne populaire offerts aux banques par  la Loi Lagarde en 2009,

·         La réalisation de 150 000 à 200 000 logements sociaux et de 1 million de réhabilitations thermiques chaque année,

·         La mobilisation de l’intégralité des fonds de l’épargne réglementée vers la satisfaction des besoins sociaux comme la loi l’exige (santé, environnement, emploi, collectivités territoriales, éducation ...).

Rappel des engagements de François Hollande : doublement du plafond du Livret A avant l’été 2012, réalisation de 150 000 logements sociaux et de 1 million de réhabilitations thermiques, réalisation de 500 000 logements par an.

 

Projet de banque publique d’investissement

 

La Fédération CGT Finances, reçue cette semaine par Pierre Moscovici, ministre des Finances, et Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, avait été mandatée par le Collectif pour un Pôle public financier afin d’obtenir une entrevue sur le projet de banque publique d'investissement. Accord de principe du ministère. Compte rendu de la rencontre avec les ministres.

Pour la CGT, cette rencontre constituait la première étape destinée à faire le point sur l’ensemble des exigences revendicatives aux finances (Bercy et établissements du semi-public).

Dans notre intervention liminaire, nous avons tenu à rappeler :

Que la CGT a toujours été force de proposition et à l’initiative des mobilisations pour faire valoir des choix alternatifs en faveur d’un nouveau type de développement humain durable.

Que la CGT, membre du collectif pour un audit citoyen de la dette, demande un examen rigoureux de l’intégralité des finances publiques pour déterminer les responsables à l’origine des mécanismes producteurs de la dette publique.

Sur ces sujets et fort de notre position de première organisation syndicale à Bercy, nous avons exigé l’ouverture de négociations inscrites dans la durée.

Par ailleurs, sur l’ensemble des contentieux revendicatifs affectant directement le quotidien des salariés finances, la CGT a exprimé la nécessité d’actes immédiats de rupture et de justice sociale :

Arrêt des réformes en cours RGPP – REATE (Bercy et opérateurs de l’État) réforme profonde de la fiscalité, création d’un pôle financier public réhabilitation des missions de contrôle et conseils une véritable statistique publique une politique monétaire et du crédit

Changer le travail : Volume d’emploi, plan de qualification, formation, rémunération (annulation du dispositif PFR, abrogation de la loi dite de mobilité, du décret jour de carence, accès linéaire au 8ème échelon C, égalité femmes hommes, discriminations, non titulaires, santé au travail ...

Action sociale (actifs et retraités)

Dialogue social suite à la loi de 2008 et aux accords de Bercy, enjeux de négociations, droits syndicaux, droit de grève abrogation du 1/30ème...

 

En réponse

Après avoir indiqué que peu de points pourraient être examinés en séance, les Ministres ont apporté les éléments de méthode qu’ils souhaitaient introduire dans la conception d’un dialogue social, placé sous « le signe de la confiance».

Ils ont confirmé le maintien d’un seul secrétariat général à Bercy et d’un seul CTM,

Ont souligné les enjeux de fiscalité dans un contexte de forte dégradation des comptes publics et ont insisté sur les missions de contrôle (TRACFIN, SNDJ et le contrôle fiscal…),

Ont affirmé le caractère indispensable des missions et des ressources de la Caisse des dépôts et confirmé le doublement du plafond du livret A,

Ont pris note des dossiers en cours et des exigences de La CGT.

Mais ces intentions affichées ne peuvent masquer de fortes divergences, notamment sur le volume des emplois et celui des plans de qualifications à venir....

L’heure n’est pas à l’attentisme, la CGT aux Finances entend peser sur le contenu des politiques publiques. Cela ne pourra pas se faire sans l’engagement des personnels, dans l’unité la plus large.

Comme hier, la mobilisation, c’est toujours maintenant ! 

 

Banque publique d’investissement : lancement de la mission de préfiguration le 26 juin 2012

La mission de préfiguration de la cette banque est dévolue à Bruno Parent, inspecteur général des Finances. Son objectif sera d'engager une large consultation auprès des entreprises, des partenaires sociaux et des acteurs privés du financement afin d’identifier les besoins auxquels la BPI devra répondre. Plusieurs ministères seront associés à cette démarche.

La Banque publique d’investissement (BPI) devrait voir le jour au début de l’année 2013. Son but : pallier les insuffisances de fonds propres des entreprises et endiguer les risques d’assèchement de certains compartiments du marché du crédit. Elle devrait en particulier permettre aux PME et ETI d’accéder à des outils de financement diversifiés, aux différents stades de leur développement.

Voir La Tribune, 28 juin 2012 :

En 2013, la banque publique d'investissement sera le guichet unique des PME en régions

 

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 23:37

Porte-parole des syndicats le 1er mai 2012 à Laval

 

Gérard Beillard m’a proposé de rencontrer Patrice Louis, qui avait lu la déclaration commune* des organisations syndicales le 1er mai 2012 avant le défilé dans les rues de Laval (Mayenne).

Voir Plus de 1 000 personnes ont défilé à Laval  (Ouest-France, 2 mai 2012)

1er mai 2012 : les syndicats rassembleurs, Sarkozy et Le Pen diviseurs -  1 mai 2012 

 

Patrice-LOUIS-syndicaliste-CGT-25-06-12-T.jpgL’itinéraire d’un conducteur routier devenu délégué CGT Cofiroute

 

Son père travaillait aux Transports Leclerc de Quelaines (Sud Mayenne), où il a passé son enfance - il a 42 ans. Baignant dans ce milieu professionnel, il s’était lancé comme apprenti conducteur routier à Châteaubriant, dès le BEPC passé.

 

La première embauche, ce fut à Saint-Berthevin, par les Transports Deniau, d’abord sur les quais, puis comme chauffeur, à l’âge de 18 ans. Pendant son service militaire, il était chargé de la formation à la conduite poids lourds des militaires, y compris l’encadrement. Ensuite, retour à son poste de conducteur routier chez Deniau avant d’être recruté par les Transports rapides du Maine (Foubert) à Laval.

 

En 1996, il rejoint Cofiroute à Laval, à temps partiel dans un premier temps (le complément étant chez les transporteurs), puis à temps complet au bout de deux ans, en qualité de patrouilleur chargé d’assurer la viabilité de la voie.

 

C’est en 1998-99 qu’il adhère à la Confédération Générale du Travail (CGT), par référence à des collègues CGT dans le transport routier et parce que c’est le plus vieux syndicat et le plus engagé dans les revendications salariales (lors des grèves du transport routier en 1997-98, la CGT avait été en pointe dans les revendications).

A partir de son adhésion, il se forme pour connaître le syndicalisme et relayer les positions de la CGT. D’abord élu suppléant au comité d’entreprise (celui-ci n’est pas suffisamment tourné vers l’économique et le social), il est présent dans les luttes concernant l’automatisation des péages (perte d’emplois).

 

Actuellement, il est délégué syndical et secrétaire de la CGT Cofiroute. Il participe aux réunions de la fédération CGT des transports et aux négociations avec les représentants des employeurs, au niveau national. Il est aussi membre de la commission exécutive de l’union départementale CGT 53 et élu au conseil des prud’hommes en Mayenne (section commerce). Répartition de son temps de travail : 2/3 syndical, 1/3 entreprise.

 

Cofiroute (1800 salariés) est contrôlé par le groupe Vinci (BTP) et s’étend géographiquement sur l’Ile-de-France, la Touraine, le Poitou et les Pays de la Loire. Dans peu de temps, l’entreprise changera de nom. Ce sera « Vinci Autoroutes ».

 

La privatisation des autoroutes a été réalisée sous le gouvernement de Villepin, donnant lieu à des « concessions » et « contrats de plan ».

 

* Déclaration commune CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA - 1er mai 2012

 

Dans cette période de crise en France et en Europe, les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA, affirment leur volonté de faire du 1er mai 2012, journée de solidarité internationale du monde du travail, une forte journée de mobilisation, de manifestations et d’expressions revendicatives pour :

-          faire entendre les priorités sociales et les préoccupations des salariés, des demandeurs d’emploi, des jeunes et des retraités, en France et en Europe ;

-          exprimer la défense des droits fondamentaux et des libertés partout dans le monde ;

-          faire reculer la xénophobie, le racisme et l’antisémitisme.

 

Dans beaucoup de pays européens, les populations subissent des politiques d’austérité et des réformes réduisant les droits des travailleurs et leur protection sociale.

La crise ne peut être le prétexte pour remettre en cause nos systèmes sociaux. Il faut une véritable politique de croissance, prenant en compte les enjeux écologiques, qui passe par l’amélioration du pouvoir d’achat et la création d’emplois.

La pression sur les salaires et l’assouplissement des règles de licenciement ne peuvent que fragiliser la croissance économique.

S’il y a un manque de compétitivité des entreprises, elle est notamment due à la rémunération excessive du capital au détriment de l’investissement dans l’emploi, la formation, la recherche et l’innovation.

 

En ce 1er mai, nous voulons faire écho aux revendications portées par les salariés dans cette période de crise :

-          priorité à l’emploi, en particulier des jeunes, alors que le nombre de chômeurs ne cesse d’augmenter depuis de longs mois et que les restructurations, les licenciements et les fermetures d’entreprises sont le quotidien de nombreux salariés,

-          lutte contre la précarité qui touche un nombre croissant de salariés, en particulier jeunes et femmes, et provoque des situations de pauvreté intolérables,

-          la promotion des salaires et du pouvoir d’achat doit être une priorité. Il n’y a aucune raison de laisser les inégalités salariales perdurer, notamment entre les femmes et les hommes.

 

Nous réaffirmons avec le syndicalisme européen notre opposition à ces politiques et au nouveau traité qui, en faisant l’impasse sur la croissance, ne fera que renforcer l’austérité et la crise. Nous voulons dans les mobilisations du 1er mai réaffirmer le besoin d’une Europe solidaire affirmant sa dimension sociale, ce qui impose de :

-          développer les droits des salariés et assurer des services publics de qualité,

-          mettre un terme à la concurrence sociale et fiscale entre pays de l’Union européenne qui tire les garanties des travailleurs vers le bas. Il faut une autre répartition des richesses et mettre un terme à la spéculation financière,

-          faire respecter la place et le rôle de la démocratie sociale, de la négociation collective et du dialogue social.

 

Ce 1er mai 2012 se situant entre les 2 tours de l’élection présidentielle revêt un caractère particulier. D’autant qu’au lendemain du 1er tour, il est inquiétant d’entendre des responsables politiques s’auto-désigner uniques représentants des travailleurs en voulant détourner l’objet du 1er mai… ceci après de récentes provocations contre les syndicats.

L’autonomie des syndicats et le sens du premier mai sont des marqueurs dans une société démocratique. Partout où ce respect a été transgressé, par les pouvoirs politiques, il y a eu atteinte à la démocratie.

C’est pourquoi les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires et UNSA ont appelé plus que jamais à faire du 1er mai 2012 un évènement syndical centré sur les préoccupations fortes des salariés.

 

Cet article est le 98ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 23:13

Sarkozy fait peur et choisit la logique de l’affrontement

 

Ce 1er mai ne ressemblait à aucun autre, à cinq jours du 2ème tour de l’élection présidentielle d’une part, et en raison de la stratégie d’affrontement vis-à-vis des syndicats adoptée par le candidat Sarkozy d’autre part. Rappel : Fête des travailleurs, le 1er mai 2012 sous influence de la présidentielle - 30 avril 2012. 

 

1er-mai-Laval-010512-003-T.jpgIl y avait la mobilisation du monde du travail derrière les organisations syndicales. La volonté de se serrer les coudes était plus forte que les autres années.

Je l’ai constaté à Laval, où il y avait plus de 1 000 personnes et un esprit plus combatif que d’habitude (défilé de la mairie à la préfecture en fin de matinée). Voir Ouest-France Plus de 1 000 personnes pour un 1er mai rassembleur à Laval

 

Pierre Haski (site Rue89, cofondateur) a pu comparer les différentes manifestations organisées à Paris ce 1er mai. Voir Sarkozy fait le plein en jouant sur le réflexe de peur

 

Paris était coupé en trois ce premier mai. Circuler d’un rassemblement à l’autre, de Marine Le Pen à Nicolas Sarkozy, puis à la manifestation syndicale, c’était changer de sociologie, de culture politique, de look, en un mot, de pays.

 

(…) Depuis le premier tour, le président sortant sème la division et la discorde, montant des catégories de Français contres les autres, les « vrais » travailleurs contre les « assistés », les « vrais » Français contre les étrangers ou les pas-si-vrais-Français, ou encore les adeptes du drapeau rouge contre ceux du drapeau tricolore.

Cette logique d’affrontement, bloc contre bloc, a remobilisé son électorat qui n’y croyait plus, qui ne croyait plus en lui surtout, pour qu’il finisse par se dire que cinq nouvelles années de Sarkozy seraient un moindre mal plutôt que de voir la France se transformer en nouvelle Espagne ou Grèce en faillite à cause des socialistes comme le martèle le candidat de l’UMP. Plus c’est gros, plus ça passe. Et, à voir la foule de gens raisonnables qui accourait au Trocadero, ça marche. Assez pour gagner ?

C’est là qu’intervient Gérard Longuet, poisson pilote venu de l’extrême-droite étudiante (il y a prescription), mais qui a été désigné pour faire le sale boulot de la main tendue au FN. Dans « Minute », l’hebdomadaire que dirigeait autrefois Patrick Buisson, l’homme-clé de la droitisation du programme de Sarkozy, Gérard Longuet a levé un tabou en déclarant que Marine Le Pen pouvait être une interlocutrice, contrairement à son père. Ce tabou levé par nul autre que le ministre de la défense est à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire politique contemporaine, même s’il est plus destiné à amadouer les électeurs de Marine Le Pen que la dirigeante du FN elle-même, qui est engagée dans une autre stratégie. Elle a d’ailleurs promis à ses fans mardi qu’ils seraient au pouvoir d’ici peu.

Nicolas Sarkozy et l’UMP auront réussi en quelques jours à hystériser le climat politique, dans le seul but de créer un sursaut au profit du président-candidat. Mardi, il a franchi un pas de plus en déclarant qu’il y avait « trop d’immigrés » en France, tandis que Gérard Longuet tendait la main à Marine Le Pen.

Une tentative désespérée de donner tort aux sondages qui prédisent tous sa défaite dimanche. Au risque de faire d’immenses dégâts dans le pays. Il faudra recoller les morceaux après le 6 mai, après son départ, pour que ces trois France de ce premier mai surmontent cet immense gâchis.

 

Voir aussi (Le Monde, 1er mai) : Syndicats, Sarkozy, Le Pen : quand trois visions s'affrontent le 1er mai

 

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 22:08

Les syndicats, visés par l’offensive de Sarkozy

 

Le 1er mai est placé entre les deux tours de l’élection présidentielle. Ce n’est pas nouveau. Mais, ce qui est nouveau, cette fois-ci, c’est la volonté d’un candidat d’utiliser la fête du travail et des travailleurs pour en faire un élément de clivage électoral. Voir Présidentielle 2012 : le sens du 1er mai rappelé par Georges Séguy - 28 avril 2012.

 

Les syndicats maintiennent la tradition

Les organisations syndicales* ont décidé de « préserver le caractère syndical de la journée de solidarité internationale du monde du travail, alors que le Front national organise, comme à l'accoutumée depuis 1988, un rassemblement à l'Opéra, et que Nicolas Sarkozy veut célébrer la fête de "tous ceux qui travaillent" place du Trocadéro ».

Le 16 avril, l'intersyndicale CFDT-CGT-FSU-Solidaires-UNSA a adopté un appel qui ne fait aucune allusion à la présidentielle. Il met en avant trois revendications : la "priorité à l'emploi", la "lutte contre la précarité" et "la promotion des salaires et du pouvoir d'achat". Il appelle aussi à "faire reculer la xénophobie, le racisme et l'antisémitisme" (Le Monde, 30 avril).

 

« Les tentatives de récupération du 1er Mai n'ont jamais marché »  (Rue89, Pascal Riché, 30 avril)

Des anarchistes à Sarkozy en passant par Pétain et les gaullistes, le 1er Mai est un symbole disputé. Retour sur ses origines et ses avatars avec Danielle Tartakowsky. Pourquoi tant de passion autour du 1er Mai ? Nous avons posé la question à l’historienne, auteure d’une histoire de cette journée particulière, « La Part du rêve » (éd. Hachette).

 

"1er-Mai, alerte à l'imposture !" (Le Monde, Annie Ernaux,, 28 avril) 

 

(…) Même si sa signification s'est affadie, même s'il est surtout accueilli comme la chance d'un jour férié, si les défilés et rassemblements sont plus ou moins nombreux, le 1er-Mai est un "lieu de mémoire ", tel que l'a défini l'historien Pierre Nora, c'est-à-dire de fête, d'emblème, de monument, etc., où s'incarne la mémoire nationale. Autant qu'un symbole de la lutte internationale des travailleurs, il est un lieu de la mémoire sociale des Français et il n'est, je crois, personne qui ne le ressente comme associé à l'idéal républicain de liberté, d'égalité, de fraternité. A preuve, le 1er mai 2002, qui a vu un million et demi de citoyens descendre dans les rues pour manifester leur attachement à ces valeurs (…).

En 1941, Pétain avait fait main basse sur le 1er-Mai pour le vider de son sens de lutte internationale, remplaçant la Fête des travailleurs par la "Fête du travail et de la Concorde sociale". Les contextes historiques diffèrent mais on peut assimiler la captation du 1er-Mai par Nicolas Sarkozy à celle de Pétain. Pour les tristes raisons que l'on sait, le chef de Vichy faisait appel à "l'union nationale", Nicolas Sarkozy, lui, est clairement dans une stratégie de division nationale, la même qu'il applique avec constance depuis qu'il a été élu. C'est uniquement là qu'il n'a pas varié et que, malheureusement, il a obtenu ses meilleurs résultats, peut-être, hélas aussi, les plus durables.

 

Gouverner, c'est diviser, tel est le système Sarkozy. Mais diviser en stigmatisant, en dressant une partie de la population contre l'autre. Depuis 2007, il n'a eu de cesse de créer, d'inventer, par son discours, deux catégories de citoyens, dont l'une est désignée comme responsable des problèmes de l'autre, qu'elle menace sourdement. Ces catégories sont mouvantes, mais toujours tranchées, Français/immigrés, travailleurs/assistés, gens honnêtes/délinquants, victimes... (…)

 

* En Mayenne, rassemblement syndical à Laval le 1er mai (Ouest-France, 30 avril)

 

Les unions syndicales départementales CGT, CFDT, FSU, Solidaires et UNSA, appellent à un rassemblement interprofessionnel le 1er mai à 11h, place du jet d’eau à Laval.

A quelques jours du second tour de l’élection présidentielle, elles entendent réaffirmer par cette manifestation les priorités sociales qu’elles attendent pour les salaires, la croissance et l’emploi.

 

Voir aussi Le travail, thème du colloque de la Fondation Res Publica le 9 janvier - 2 mars 2012 

 

Cet article est le 96ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 21:54

Peut-on espérer mettre enfin l’emploi en priorité ?

 

Les conséquences les plus graves de la politique économique néolibérale en Europe se font sentir au niveau du sort réservé à la jeunesse. Le chômage des jeunes est une épreuve dont ils se passeraient bien.

 

Je puis en témoigner personnellement, ayant eu un fils dans cette situation pendant trois ans. Il a fallu plus de deux ans pour que Pôle Emploi propose un bilan de compétences. C’est ce bilan qui a servi de base à la recherche d’une formation de réorientation professionnelle. Heureusement, il en existe. Une formation intensive de six mois débouchant sur un diplôme et la possibilité d’une formation à un niveau supérieur dans le cadre d’un contrat d’alternance d’un an entre une entreprise (2/3 temps) et le centre de formation (1/3). La preuve qu’on dispose des outils.

Mais ne pourrait-on pas gagner du temps en étant plus performants au niveau de l’orientation professionnelle ? L’agent du centre d’information et d’orientation, ne connaissant pas précisément les débouchés professionnels en informatique, ne pouvait parler valablement de cette orientation, qui s’est révélée la bonne, dix ans plus tard. Les conseillers de Pôle Emploi n’auraient-ils pu orienter plus tôt vers un bilan de compétences, qui a été décisif pour trouver la réorientation professionnelle ?

 

Voir Les chiffres du chômage en Mayenne et en France toujours à la hausse - 29 mars 2012

 

Mon ami Jean-François Messier (Québec) m’a signalé4 un article publié ce 16 avril par le site Le Devoir.com, qui montre la situation catastrophique de l’emploi des jeunes en Europe (principalement du sud) : La crise en Europe - Une génération sacrifiée (Le Devoir.com, 16 avril). Extraits.

Trouver un emploi relève de l'exploit quand on a moins de 25 ans

On les appelle la «génération sacrifiée» ou encore les «baby-loosers» par opposition aux «baby-boomers». En Europe, décrocher un emploi lorsque l'on a moins de 25 ans est devenu un défi quasi insurmontable. Une chance sur deux, à peine, de le relever à Athènes. Le chômage, qui frappe désormais 21,08 % de la population active dans le pays (ce taux a doublé en un an), grimpe à 50,8 % pour les moins de 25 ans, selon les données du mois de janvier, publiées la semaine dernière.
La Grèce, aspirée par la récession et minée par le surendettement, est l’un des cas les plus dramatiques de la zone euro, sans pour autant être isolée. Le pays vient de dépasser le « record » de l’Espagne, où 50 % de la jeunesse est sans emploi, et assombrit un panorama sinistré en Europe. Au Portugal (35%), en Italie (32%) et, dans une moindre mesure, en France (22%), le chômage frappe la nouvelle génération dans des proportions spectaculaires (…).

Les chiffres sont à manier avec précaution et les comparaisons délicates (Mathieu Plane, OFCE). Le taux de chômage des 15-25 ans peut être gonflé par la faible proportion de cette classe d’âge sur le marché du travail. C’est le cas en France. Par rapport à l’ensemble des 15-25 ans, le taux de chômage était 8,6% en 2010 (22% par rapport aux actifs de cette classe d’âge recherchant un emploi).

 (…) La formation est l’autre grande explication du chômage des 15-25 ans. Dans « le » pays modèle de l’Europe, l’Allemagne, le système éducatif et la formation professionnelle en alternance – ajoutée à l’absence de salaire minimum – expliqueraient que les jeunes soient un peu plus épargnés.

(…) Le chômage des jeunes est dangereux. S’il s’éternise, ceux-ci auront tendance à accepter des postes pour lesquels ils sont surdiplômés, ruinant les efforts d’éducation d’un pays. En outre, une traversée du désert n’est pas sans conséquence psychologique (moindre estime de soi, troubles de la santé, risques de suicide, confiance amoindrie envers les institutions…). De quoi désenchanter une génération…

  

Cet article est le 95ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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