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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 23:53

Une forte contribution, mais mal identifiée, au lien social

 

L’économie sociale et solidaire peine à se faire reconnaître. Le Centre d'étude et d'action sociale de la Mayenne - Céas53 en octobre 2011, avait indiqué ce qu’elle recouvre (Céas-point-com n°427), s’inspirant d’un article de Philippe Frémeaux dans Alternatives Economiques n° 288 (février 2010).

 

L'économie sociale et solidaire cherche sa voix 

 

 Dans son n° 288 de février 2010, Alternatives économiques expose les difficultés que rencontre l’économie sociale et solidaire (ESS). Cette dernière peine à être reconnue comme un réel acteur de la transformation sociale. Même si en 2007, l’ESS rassemble 200 000 organisations différentes et emploie 2,1 millions de personnes, le secteur manque d’unité et de moyens.

 

L’économie sociale regroupe les associations, coopératives, mutuelles, fondations qui ont en commun de fonctionner sur le même modèle : chaque membre possède une voix et le but ne vise pas d’abord le profit. L’économie solidaire, quant à elle, regroupe les organisations produisant des biens et services et ayant une utilité sociale (embauche de personnes en difficultés, réinsertion, développement d’activités écologiques…). Même si les deux familles se recoupent souvent, notamment pour les associations, ce n’est pas toujours le cas car il ne suffit pas à une banque d’être coopérative pour être solidaire. L’économie sociale et solidaire connaît des difficultés et peine à s’affirmer comme une solution alternative à l’économie dominante. Elle est pourtant très présente dans le secteur financier avec un tiers des emplois ; dans le sanitaire, le social et l’éducation avec 1,2 million de salariés sur les 3,2 du secteur. Cependant, la part de l’effectif salarié dans l’industrie et le commerce est négligeable, preuve de la difficulté des structures de l’ESS dans des activités demandant beaucoup de capitaux.

 

Résoudre les problèmes de la société

À travers les différentes créations d’associations, coopératives, mutuelles ou fondations, on peut déduire une réelle volonté de résoudre les problèmes que connaît la société. De fait, la première société de secours mutuels créée par des ouvriers répondait à un besoin d’acquérir une certaine sécurité au niveau de l’emploi. Quant aux agriculteurs, ils ont créé les caisses de crédit agricole pour pouvoir accéder au crédit et ainsi développer leurs activités. Enfin, dans les années 1980, des travailleurs créent des entreprises et embauchent des personnes jugées inemployables ; ainsi ils se battent pour l’insertion et contre l’exclusion, qui sont de véritables fléaux à l’époque. L’économie sociale et solidaire répond aux problèmes de la société et propose de nouvelles solutions.

 

Risques de récupération, banalisation ou instrumentalisation

La récupération, à l’initiative du secteur privé ou de l’État, est l’un des dangers auxquels est confrontée l’ESS. Le mouvement mutualiste, par exemple, a ouvert la voie à la Sécurité sociale. L’État ou les structures du secteur privé n’hésitent pas à reprendre les idées ou les actions menées par les associations, coopératives, mutuelles ou fondations.

La banalisation est un autre danger qui fait que les structures d’ESS s’écartent de leurs objectifs et se rapprochent des règles du système dominant. Les banques coopératives (Crédit Agricole, Crédit Mutuel, Caisse d’épargne) ou les structures coopératives et mutualistes comme les assurances (MMA, Matmut, Maif…) ne se différencient pas toujours des autres du secteur privé.

Le dernier risque vient de l’instrumentalisation, surtout au niveau des associations qui exécutent des tâches à moindre coût et qui évitent à l’État de recruter ou de créer des postes. C’est pourquoi ces dernières réclament plus de moyens pour effectuer leurs missions.

 

De nouvelles initiatives, source d’espoir pour le secteur

L’ESS qui peine à s’affirmer, n’est donc pas l’alternative au capitalisme. Il n’existe pas de voix qui parle en sa faveur, et la représente. De plus, les structures de l’ESS évoluent dans des champs totalement différents et ne rencontrent pas les mêmes interlocuteurs. Les coopératives agricoles s’adressent au ministère de l’Agriculture, les mutuelles de santé à tel autre ministère... Pour s’affirmer, il faut pouvoir défendre une économie plus sociale et se situer dans le champ politique.

Cependant, de nombreuses initiatives peuvent être valorisées, telle celle de l’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) qui se détache du productivisme, ou le Labo de l’ESS ayant pour but de faire connaître et reconnaître une ESS ouverte et offensive, et oeuvrer à une transformation sociale. Le Conseil des entreprises, employeurs et groupements de l’économie sociale (Ceges) a réuni 19 % des voix patronales aux élections prud’homales de 2008, preuve une nouvelle fois de cette avancée.

 

Voir aussi (Alternatives économiques, magazine 2012/2) : L'économie sociale et solidaire, un modèle ?

 

Cet article est le 94ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 23:37

La gestion de l’euro et de l’Europe mise en cause

 

Depuis un an, le chômage a continué d’augmenter en Europe, contrairement aux USA. C’est la gestion de la crise, conduite sous l’influence des dirigeants allemands et français, qui explique une bonne part de cette augmentation.

 

C’est la conclusion de l’article publié ce 29 mars par Alternatives économiques

 

Chômage : la dégradation continue

Le taux de chômage continue de grimper, et touche particulièrement les jeunes, les plus de cinquante ans et les chômeurs de longue durée. Un désaveu pour le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Selon les derniers chiffres publiés par le ministère du Travail, il y avait 4,9 millions d'inscrits à Pôle emploi en février dernier, soit 16 % de la population active française, quasiment une personne sur six. Ils étaient ainsi 249 000 de plus qu'il y a un an et 1 255 000 de plus qu'en mai 2007… La progression du nombre de demandeurs d'emplois à proprement parler a cependant été un peu limitée grâce à une petite relance des emplois aidés au cours des derniers mois.

Depuis la fin 2010, les demandeuses d'emploi sont redevenues plus nombreuses que les hommes mais ces derniers temps on a de nouveau assisté à une forte croissance du chômage masculin. De son côté, le chômage des jeunes est important mais sa progression reste limitée. Ce n'est pas le cas en revanche de celle du chômage des plus de cinquante ans, qui ne se dément pas. Il en va de même de celle des chômeurs de longue durée (et ce sont d'ailleurs souvent les mêmes).

La crise née aux Etats-Unis en 2008-2009 explique certes pour une bonne part que Nicolas Sarkozy ait à ce point manqué l'objectif affiché en 2007 de faire revenir le taux de chômage sous la barre des 5 % au cours du quinquennat. C'est cependant la très mauvaise gestion de la crise grecque et de ses suites depuis le début de 2010 sous sa direction et celle d'Angela Merkel qui explique la dégradation supplémentaire du marché du travail intervenue depuis un an en France et en Europe, alors que le chômage reflue aux Etats-Unis.

Voir La dernière publication mensuelle sur les demandeurs d'emploi (ministère du travail, de l’emploi et de la santé, 26 mars) et La France compte de plus en plus de pauvres et de précaires (Le Point, 29 mars).

 

En Mayenne,  CÉAS-point-com n° 447 (16 mars) a fait le point des chiffres des demandeurs d’emploi fin janvier 2012. 

Catégories A, B et C à fin janvier 2012

Plus de 15 000 demandeurs d’emploi en Mayenne

 

La Mayenne compte, fin janvier 2012, en données brutes, 18 047 demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi (tableau 1), dont 15 104 tenus à des actes positifs de recherche d’emploi (catégories A, B et C).

Concernant ces trois catégories, le nombre de demandeurs d’emploi est resté quasiment stable sur un mois (– 0,7 %), mais a augmenté de 3,5 % sur un an. Cette variation annuelle est moins forte que celle de la région (+ 4,4 %) ou celle de la France (+ 5,5 %).

Toujours en variation annuelle pour ces trois catégories et pour le département, on constate, sur un an, une légère diminution des demandeurs d’emploi âgés de moins de 25 ans (– 0,8 %). Pour cette tranche d’âge, sur un an, le chômage s’accroît pour les femmes (+ 1,5 %), mais diminue concernant les hommes (– 3,0 %). Pour la tranche d’âge de 50 ans ou plus, l’évolution est plus forte chez les femmes (+ 16,7 %) que chez les hommes (+ 12,9 %).

La Mayenne, comme les Pays de la Loire, se caractérise par une part élevée de femmes et de jeunes de moins de 25 ans parmi les demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi (catégories A, B et C – tableau 2). A contrario, la Mayenne compte proportionnellement moins de demandeurs d’emploi de longue durée.

 

Catégorie A : demandeurs d’emploi n’ayant pas travaillé dans le mois, quel que soit le type d’emploi recherché.

Catégorie B : ceux ayant eu une activité de 78 heures au plus dans le mois.

Catégorie C : ceux ayant eu une activité de plus de 78 heures dans le mois.

Dans ces trois catégories, les demandeurs d’emploi sont tenus à des « actes positifs de recherche d’emploi ».

Catégorie D : demandeurs d’emploi non disponibles immédiatement (stage, formation, maladie…).

Catégorie E : ceux ayant un emploi et en recherchant un autre (notamment les bénéficiaires de contrats aidés).

 

Rappel : Mayenne : peu de chômeurs, ce sont surtout des femmes et des jeunes - 11 janvier 2012 

Europe : le chômage en hausse et des statistiques qui maquillent le réel - 21 janvier 2012 

Le travail, thème du colloque de la Fondation Res Publica le 9 janvier - 2 mars 2012 

 

Cet article est le 93ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 22:46

La recomposition du travail obéit à la logique financière

 

Universite-d-ete-MRC-2011-012--Copier-.jpgCe colloque doit beaucoup à Patrick Quinqueton, qui a rappelé à quels titres, à partir de son expérience personnelle, il intervenait dans ce débat :

 

Vu par l'ancien inspecteur du travail que je suis, mais qui n'exerce plus dans cette fonction depuis vingt ans, le cadre économique, social et donc aussi juridique du travail s'est beaucoup complexifié, avec une effectivité qui n'est pas toujours au rendez-vous.

Comme élu local d'une région industrielle, la Lorraine, et plus précisément d'une commune et d'une communauté d'agglomération du bassin sidérurgique lorrain, j'y observe que le travail industriel s'est largement évaporé – tout en produisant d'ailleurs autant d'acier, mais avec dix fois moins de salariés – et a laissé place à la migration quotidienne de quelque 100 000 Lorrains vers le Luxembourg, qui a lui-même troqué voici quelques décennies une partie de sa sidérurgie contre ce qu'il est convenu d'appeler "l'industrie financière".

Mais l'employeur social que je suis aussi – comme président du CA d'une union d'associations actives dans le logement des jeunes (l'UNHAJ) d'une part et de la caisse de sécurité sociale des marins (l'ENIM) d'autre part – observe un relatif dynamisme des salariés pour s'adapter dans leur travail.

Enfin, le conseiller d’État, délégué général de la section sociale, observe non pas tant une accumulation de textes législatifs ou réglementaires – qui ne sont pas si nombreux que cela – par rapport à d'autres domaines comme la santé ou l'environnement, qu'une absence de cohérence et de ligne directrice, quels que soient les gouvernements.

Voici les actes de ce colloque : Une politique du Travail - 9 janvier 2012

Accueil par Patrick Quinqueton, Conseiller d’Etat, membre du conseil scientifique et administrateur de la Fondation Res Publica

Étrangement, la crise du travail donne lieu à peu de discussions, peu de controverses, dans la sphère politique, dans le débat public. Les entreprises se débattent dans des contraintes dictées par les marchés financiers et le travail n’en est souvent que la résultante. Les syndicats essaient de sauvegarder un modèle social en régression et, ce faisant, sont parfois sur la défensive.

Quant aux gouvernements, ils ont assez souvent une politique de l’emploi, une politique de la formation professionnelle, parfois une politique de la négociation sociale, une politique des salaires ou des revenus : politiques qui ne brillent pas toujours par leur capacité de renouvellement ni même par leur pertinence mais qui existent et dont le débat public se fait l’écho. Ils ont plus rarement quelque chose qui ressort d’une politique du travail.

Étonnamment, des questions comme le désintérêt pour le travail industriel, le mal être au travail ou encore l’incidence des moyens de communication électroniques sur le temps de travail sont généralement traitées sur le mode individuel : Comment s’adresser à la personne ? Comment influer sur ses comportements ? Comment la soutenir dans ses difficultés ? Elles sont rarement envisagées comme des phénomènes collectifs qui interrogent l’organisation du travail elle-même et pourraient faire l’objet de politiques publiques plus construites. Il est vrai que dans ce domaine l’individualisation des problèmes est parfois une façon d’éluder le conflit.
Or la réalité, que le langage convenu nomme « les risques psycho-sociaux », pose clairement la question de l’organisation du travail et des effets qu’a sur elle la globalisation financière que nous connaissons.

La dernière politique d’envergure que l’on puisse repérer date des années 1970, elle visait l’amélioration des conditions de travail. Elle a fait long feu et s’est heurtée à la montée du chômage de masse et du coup à une espèce de politique centrée sur l’emploi et non plus sur le travail.
Ces questions se sont ensuite traduites par une profusion de directives européennes sur les aspects techniques de la sécurité et de la santé au travail.

Par ailleurs, on peut constater que les 35 heures, dont on a dit qu’elles avaient été l’occasion d’une réorganisation du travail, ont certes suscité une réorganisation du temps de travail mais n’ont pas donné lieu à une réflexion sur l’organisation du travail.

C’est pourquoi il a semblé au conseil scientifique de la Fondation Res Publica que le moment était venu d’organiser un colloque sur la politique du travail. En effet, ici et là, des réflexions apparaissent et des pratiques nouvelles s’engagent. Parmi les réflexions stimulantes, citons les livres de Danièle Linhart : « Travailler sans les autres ? » (1) ou de Matthew Crawford : « Eloge du carburateur : essai sur le sens et la valeur du travail » (2). Mais c’est un livre d’humeur qui m’avait accroché au début de l’année dernière, celui d’un de nos invités d’aujourd’hui, Yves Clot, titulaire de la chaire de psychologie du travail du CNAM, livre intitulé « Le Travail à cœur, pour en finir avec les risques psycho-sociaux » (éditions la Découverte, mai 2010). Le point de vue d’un sociologue, Philippe Zarifian, avait été sollicité. Malheureusement son état de santé l’a empêché de répondre à notre invitation.
Nous avons voulu avoir aussi le point de vue d’acteurs de ces questions sur lesquelles travaillent aujourd’hui les organisations syndicales et patronales. Par exemple une délibération sociale (pour employer le langage officiel) est projetée par les partenaires sociaux au niveau national interprofessionnel, sur un intitulé un peu curieux : « La qualité de vie au travail ». Cette formulation est un peu ambigüe mais peut-être a-t-elle un contenu et peut-être nos débatteurs vont-ils ce soir lui en donner un.

Si certaines entreprises innovent, d’autres se laissent porter par la vague compassionnelle – ce qui n’est déjà pas si mal – et beaucoup se demandent comment se débrouiller avec les obligations légales récentes sur la pénibilité ou sur les risques psycho-sociaux.
Il nous a semblé intéressant d’entendre le Président de l’Association nationale des DRH, Jean-Christophe Sciberras, lui-même directeur des ressources humaines d’un grand groupe industriel.

La CGT, la CFDT, d’autres organisations syndicales réinvestissent peu à peu, dans des formes et selon des modalités différentes, la question du travail. Il nous a semblé que le point de vue de l’UGICT (Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens CGT) qui travaille de longue date sur ce sujet, dans ses différents développements, pourrait être intéressant. C’est pourquoi nous écouterons son Secrétaire général adjoint, Jean-François Bolzinger.

On voit que
le sujet de l’organisation du travail semble en tout cas à nouveau en débat. La crise du travail touche bien entendu à de nombreux autres sujets qu’on pourra d’ailleurs aborder ici et là, mais il nous a semblé qu’il fallait essayer de cibler au moins un sujet central. Il y a bien entendu les évolutions du droit du travail. Il y a la rémunération du travail, sujet actuel. Je ne parle pas du discours déjà ancien sur la « fin du travail » qui risque d’être rattrapé par nos débats d’aujourd’hui.

Bref, la question est sans doute celle des effets de la crise financière sur le travail et sur notre vision du travail. Il nous a semblé urgent d’identifier les termes actuels d’une action des forces vives de ce pays sur l’organisation du travail, c’est-à-dire ceux d’une véritable politique du travail.

Qu’est devenue la qualité du travail ? : Intervention d'Yves Clot, Titulaire de la chaire de psychologie du travail du CNAM, auteur de Le Travail à cœur

Les risques psychosociaux : Intervention de Jean-Christophe Sciberras, Président de l’Association nationale des DRH (ANDRH)

Réconcilier le travail et l’emploi : Intervention de Jean-François Bolzinger, Secrétaire général adjoint de l’UGICT

Une politique du Travail : Intervention de Patrick Quinqueton

Débat final

Conclusion de Jean-Pierre Chevènement

Le cahier imprimé du colloque "Une politique du Travail" est disponible à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation

 

Cet article est le 92ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 23:31

Cette banque illustre la dérive de la finance dérégulée

 

« Le collectif pour un Pôle Public Financier au service des droits regroupe une trentaine de syndicats et associations dédiés à la mise en réseau d'institutions financières dans lesquelles l'État dispose  d'une  influence certaine, directement ou indirectement, afin de les mettre réellement au service du financement de l’économie et de la satisfaction des besoins sociaux ».

Voir Présidentielle : des syndicats pour la création d'un pôle financier public - 3 février 2012

 

Ce collectif a pris position sur la situation de Dexia (Wikipédia).

Voir Dexia, les dessous d'un scandale d'Etat (Le Point, 20 janvier 2012).

Voir aussi, plus récemment En pertes historiques, Dexia interpelle Bruxelles (Les Echos, 23 février).

 

Voici le communiqué de presse publié le 28 février par le "collectif pour un pôle public financier au service des droits" sur l'affaire DEXIA.

Le collectif pour un Pôle Public Financier ne peut se satisfaire du traitement du dossier DEXIA.  Cette faillite est un exemple éclatant des errements de la finance lorsque celle-ci n’est pas contrôlée par la puissance publique. Issue de la privatisation d’une activité exercée initialement par la Caisse des Dépôts (Crédit local de France), cette banque illustre les dérives d’une finance dérégulée et la complicité de certains responsables politiques, les gouvernements français et belge ayant toujours été représentés au sein de son conseil d’administration. Par ailleurs, la dimension de cette faillite ne doit pas escamoter la question des personnels dont le sort reste incertain.

 

Dans un premier temps nous demandons à ce que toutes les leçons soient tirées de cette catastrophe financière qui dépasse par son ampleur celle du Crédit Lyonnais et met une fois encore la collectivité à contribution. Contribution très lourde en 2012, au beau milieu d’une crise économique et sociale, puisqu’au delà de la garantie de plus de 30 milliards d’euros apportée par l’Etat français, la Caisse des Dépôts va devoir s’endetter pour  apporter 11,5 milliards d’euros à DEXIA Municipal Agency pour pallier ses besoins de liquidité immédiats.

 

Il nous paraît donc nécessaire qu’une commission d’enquête parlementaire, consacrée  spécifiquement aux causes et aux conséquences de la faillite de DEXIA (12 milliards d’euros  de pertes en 2011 qui s’ajoutent aux 6 milliards perdus précédemment), soit constituée  pour déterminer les responsabilités sur ce dossier et qu’elles  soient sanctionnées.

 

Dans un deuxième temps, il faudra que cette commission tire les conséquences de l’affaire DEXIA afin qu’elle ne se reproduise plus. Force est de constater que le montage qui est proposé pour la partie financement des collectivités locales et autres acteurs publics (notamment les hôpitaux publics) ne garantit pas suffisamment que les mêmes problèmes ne ressurgissent. Il n’y a en effet aucun contrôle public et démocratique de la structure qui sera gérée en petit comité entre l’Etat, la Caisse des Dépôts et La Banque Postale.

 

http://pourunpolepublicfinancier.org/

Association internationale des techniciens et chercheurs (AITEC) – ATTAC – DAL - Fondation Copernic - Marches Européennes - Résistance sociale - Convergence pour les Services Publics – Etats Généraux du Service Public - Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité - Fédération CGT Finances - INDECOSA CGT - Fédération SUD PTT - Union des syndicats de la CGT du groupe Caisse des Dépôts - SNUP Caisse des dépôts et consignations – FSU - SNP FO Caisses d'épargne - CGT Agence française de développement - Collectif national CGT Caisses d'épargne - CFE/CGC Crédit Foncier - CFTC Crédit Foncier - CFDT Crédit Foncier de France (sous délégation SPUCE) - CGT Crédit Foncier - SU-SNA Crédit Foncier - Union Syndicale SOLIDAIRES - SUD Crédit Foncier - FO Crédit Foncier - CGT BANQUE DE France - SPUCE (Paris - Ile de France : Banque de France, Caisses d'épargne, Crédit Foncier, Agence Française de développement)

 

Cet article est le 91ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 21:47

Précarisation de l’emploi, pauvreté croissante

 

Après avoir évoqué la situation particulière de la Mayenne en matière d’emploi (voir Mayenne : peu de chômeurs, ce sont surtout des femmes et des jeunes - 11 janvier 2012), voici des informations qui ouvrent notre horizon à l’Europe et aux Etats-Unis d’Amérique en ce qui concerne le Chômage en général ou le Chômage en France (Wikipédia) :

 

Le chômage frappe durement l'Union européenne

 

Comparatif : le taux de chômage dans l'UE (6 janvier, site Toute l’Europe) :

 

Avec plus de 23 millions de personnes sans emploi, le taux de chômage dans la zone euro a atteint 10,3 % en novembre 2011 selon des chiffres publiés début janvier 2012 par l'office européen de statistiques Eurostat (…). Dans l'ensemble de l'Union européenne, le taux de chômage a atteint 9,8 % en novembre, taux stable par rapport au mois d'octobre 2011.
La carte européenne du chômage est marquée par les contrastes. Alors que des pays comme les Pays-Bas ou l
'Autriche maintiennent une situation exceptionnelle de plein emploi (avec un taux de chômage de 4,9 % et 4 % respectivement), d'autres pays comme l'Espagne (22,9 %), la Grèce (18,8 %) ou encore la Lituanie (15,3 %) explosent les compteurs. En France, le taux de chômage est passé à 9,8 %, contre 9,7 % en octobre 2011, tandis qu'en Allemagne, il est passé de 5,6 à 5,5 %.
Derrière la dure réalité statistique de ces chiffres, les gouvernements s
'inquiètent de la violence du chômage touchant les jeunes. 22,3 % des moins de 25 ans sont ainsi à la recherche d'un emploi dans l'Union européenne. Ce qui laisse présager une génération perdue. Là encore, l’Espagne est l’exemple le plus frappant, enregistrant un taux catastrophique de 49,6 %, suivi de la Slovaquie (35,1 %). En Italie, il est de 30,1 % et en France de 23,8 %. Alors que l'Allemagne n'enregistre un taux de chômage chez les moins de 25 ans "que" de 8,1 %.

Par comparaison, en décembre 2011, le taux de chômage était de 8,5% aux Etats-Unis (taux le plus bas depuis trois ans) et de 4,5% au Japon (novembre 2011).

 

Le chômage, au plus haut en Europe, affecte d'abord les jeunes et les seniors (Le Monde, 1er décembre 2011)

 

La Chronique AGORA (Philippe Béchade, 20 janvier) met en cause L’euro à l’origine de l’inégalité des revenus et commence par mettre en doute les statistiques américaines

 

Les chômeurs : les gens à cacher dans les statistiques

S’y est rajouté ce jeudi une baisse inattendue de 50 000 demandeurs d’emplois aux Etats-Unis (à 352 000) à l’issue de la seconde semaine de janvier. Voilà une performance peu banale, pour ne pas dire inédite, depuis une bonne décennie. Tout le monde se félicite d’un chiffre qui confirme la contraction apparente du chômage en novembre et décembre.

A quoi doit-on ce petit prodige ? La statistique brute ne l’explique pas, mais Wall Street fait comme si les entreprises avaient recommencé à recruter massivement. C’est très éloigné de la réalité, d’autant plus que le nombre de nouveaux postes à pourvoir dans le secteur privé s’est inscrit en baisse au mois de décembre dernier, tandis que les administrations et les municipalités ont continué de licencier.

Un véritable miracle à la soviétique des années Brejnev. Rappelez-vous, quand l’URSS sombrait dans la récession (toutes les ressources étant mobilisées pour la course à l’armement) mais s’enorgueillissait d’une situation de plein-emploi et d’une hausse admirable du niveau de vie de la population, à faire pâlir de jalousie les citoyens décadents des Etats-Unis.

Nous pourrions ajouter que le plein-emploi à l’allemande est aussi une pure fiction statistique. Le travail à temps partiel et les emplois précaires — avec des rémunérations quasi fictives complétées par de maigres allocations — ont explosé. Mais tous ceux qui touchent un salaire (même inférieur à notre RSA) ne sont pas comptabilisés comme chômeurs, et les femmes au foyer non plus.

Nous assistons partout à une gigantesque entreprise de maquillage de la réalité, afin de masquer à quel point l’euro a pu accroître, en seulement une dizaine d’années, les inégalités de revenus (émergence d’une classe de travailleurs pauvres) et la précarisation de l’emploi.

Aux Etats-Unis, les chômeurs ayant renoncé à trouver un job sont rayés des listings et disparaissent ainsi des statistiques officielles. En Allemagne, ils se voient contraints d’accepter n’importe quel job à temps partiel, ce qui leur procure un revenu qui ne vaut guère mieux qu’une aumône… mais les fait également disparaître du contingent des chômeurs reconnus comme tels.

L’immense avantage est que la majeure partie de la population allemande garde le contact avec le monde du travail - alors qu’aux Etats-Unis, le principal fantasme du dirigeant d’entreprise reste l’usine sans ouvriers, la banque sans guichets. Ou encore le laboratoire de recherche avec un prix Nobel coordonnant les travaux de centaines de chercheurs basés en Inde qui feront fabriquer leurs dernières trouvailles en Chine… afin de les écouler en masse chez Wal-Mart où les consommateurs pousseront des chariots qui enregistrent automatiquement les articles déposés à l’intérieur.

Fini les files d’attente à la caisse et les centaines de milliers d’agents qui se tenaient derrière. Il ne reste plus qu’à inventer le moyen de leur éviter le chômage de longue durée.

 

En France, pas question de maquiller les statistiques, le futur président de la République ayant déclaré en 2007 avant son élection qu’il reconnaîtrait volontiers son échec si le taux de chômage venait à dépasser 5% à la fin de son mandat : Sarkozy en 2007: "Si j'échoue sur le chômage..."

 

Cet article est le 90ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 14:50

Le capitalisme mayennais, familial et industriel, tient bon

 

Comme ailleurs, le chômage est en hausse en Mayenne, mais au niveau le plus bas des Pays de la Loire et parmi les plus bas de France (2ème ou 3ème position). C’est  le directeur Pôle Emploi en Mayenne qui le dit. On peut lire cette information dans le Courrier de la Mayenne daté du 5 janvier et sur la page départementale de Ouest-France (édition du 3 janvier, article de Nicolas Emeriau, voir ci-après).

 

Mayenne. Perspectives d'emploi dans le département

 

Un taux de chômage faible, des perspectives d'emploi plutôt bonnes : Franck Leroy, directeur du Pôle emploi de la Mayenne, dresse un bilan de la situation dans le département.

Des secteurs qui recrutent

Le marché du travail est « assez mouvant » et la période « délicate ». Toutefois, les secteurs qui recrutent dans le département restent l'industrie, même si « la situation se tend », l'agroalimentaire et le tertiaire, notamment à travers la télésurveillance, qui représente « 1 000 à 1 200 emplois salariés », essentiellement sur le bassin de Laval.

Un faible niveau de chômage

En Mayenne, le taux de chômage est relativement bas : 5,9 %, au 30 septembre. « C'est le taux le plus faible de la région. Tous les autres départements sont au-dessus : 7,9 % en Vendée, 8 % en Loire-Atlantique, 8,2 % en Maine-et-Loire et 8,7 % en Sarthe. » Mieux, la Mayenne est le seul département où le nombre de demandeurs d'emploi a connu une baisse en novembre.

Une meilleure résistance à la crise

La Mayenne a été moins touchée par la crise que les départements voisins. Selon le directeur territorial du Pôle emploi de la Mayenne, cela s'explique, notamment, par le caractère familial de grosses entreprises implantées localement (Gruau, Besnier...). « Il y a un côté paternaliste et les patrons ont su garder leurs salariés en attendant la reprise d'activité. Ils se sont servis de la crise pour former leurs collaborateurs, en puisant dans leur trésorerie. » D'où l'absence de licenciements massifs.

Des offres difficiles à pourvoir

En Mayenne, le coût de la vie est moindre et le salaire moyen est, lui aussi, peu élevé. « On a des difficultés à faire l'adéquation entre l'offre et la demande, poursuit Franck Leroy, notamment par rapport au niveau demandé et à la qualification requise par rapport au salaire. » Dans l'industrie, « on n'a pas retrouvé le niveau d'offres que l'on avait avant la crise ». Même s'il y a eu une reprise en 2010. Il y a eu pas mal d'emplois perdus dans l'intérim.

De bonnes perspectives

Les besoins en main-d'oeuvre augmentent. C'est ce qui ressort des enquêtes menées par le Pôle emploi. Régulièrement, il est demandé aux entreprises si elles envisagent de recruter dans l'année. Il ne s'agit, bien sûr, que d'intentions, mais elles donnent une bonne idée des perspectives d'emploi. Pour 2011, 6 000 intentions avaient, ainsi, été recensées.

« La Mayenne est le seul département à avoir des intentions d'embauche aussi élevées. » Les résultats des offres réelles et de la nouvelle enquête des besoins en main-d'oeuvre, actuellement en cours, seront connus en début d'année.

Informations du Centre d'étude et d'action sociale de la Mayenne (CÉAS)

 

Le Céas53 publie une lettre électronique Céas-point-com. Voici ce qu’on trouvait dans celle du 23 décembre 2011 (n° 437), concernant les demandeurs d’emploi.

 

Catégories A, B et C à fin octobre 2011*

Stabilité des demandeurs d’emploi sur un mois

 

La Mayenne compte, fin octobre 2011, en données brutes, 17 537 demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi (tableau 1), dont 14 927 tenus à des actes positifs de recherche d’emploi (catégories A, B et C).

 

Concernant ces trois catégories, le nombre de demandeurs d’emploi est resté quasiment stable sur un mois (– 0,2 %), mais a augmenté de 2 % sur un an. Cette variation annuelle est moins forte que celle de la région (+ 2,9 %), ou celle de la France (+ 4,9 %).

Toujours en variation annuelle pour ces trois catégories et pour le département, on constate une diminution des demandeurs d’emploi âgés de moins de 25 ans (– 3,3 %). Pour cette tranche d’âge, la diminution concerne plus fortement les hommes (– 6,2 %) que les femmes (– 0,7 %).

Pour la tranche d’âge de 50 ans ou plus, l’évolution est quasiment identique chez les femmes (+ 15,1 %) et chez les hommes (+ 15,6 %).

La Mayenne, comme les Pays de la Loire, se caractérise par une part élevée de femmes et de jeunes de moins de 25 ans parmi les demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi (catégories A, B et C – tableau 2). A contrario, la Mayenne compte proportionnellement moins de demandeurs d’emploi de longue durée.

 

* Catégorie A : demandeurs d’emploi n’ayant pas travaillé dans le mois, quel que soit le type d’emploi recherché.

Catégorie B : ceux ayant eu une activité de 78 heures au plus dans le mois.

Catégorie C : ceux ayant eu une activité de plus de 78 heures dans le mois.

Dans ces trois catégories, les demandeurs d’emploi sont tenus à des « actes positifs de recherche d’emploi ».

Catégorie D : demandeurs d’emploi non disponibles immédiatement (stage, formation, maladie…).

Catégorie E : ceux ayant un emploi et en recherchant un autre (notamment les bénéficiaires de contrats aidés).

 

Dans La Lettre du Céas n° 274, parue en septembre 2011, on lit que l’emploi salarié (76 000, le département comptant 300 000 habitants) est stable depuis dix ans en Mayenne, dont 45% (et 40% des établissements) sont dans le seul territoire de Laval Agglomération (20 communes, 95 000 habitants, 34 000 emplois salariés).

En dix ans, ce sont les communautés de communes d’Evron (à l’est) et du Pays de Loiron (à l’ouest) qui ont le plus augmenté d’emplois salariés (+ 29% et + 21%). Je précise : c’est là que la coopération intercommunale est la plus ancienne.

 

En 2010, les emplois salariés du secteur privé en Mayenne se répartissent ainsi :

-          secteur tertiaire (55%) contre 51% en 2000,

-          secteur industriel (33,7%) contre 40% en 2000,

-          secteur de la construction (10,5%) contre 9% en 2000.

 

Ainsi, notre département de la Mayenne, qui était classé parmi les départements ruraux un peu attardés en matière de développement économique, apparaît aujourd’hui comme étant l’un de ceux qui résistent le mieux à la crise. De plus, il est bien situé, bien desservi par les grands moyens de communication et agréable à regarder (verdoyant, comme sur cette photo qui montre le site de loisirs de Coupeau, à Saint-Berthevin) et à vivre, ce qui n’est pas le moindre des atouts.

 

Cet article est le 89ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

Mayenne : peu de chômeurs, ce sont surtout des femmes et des jeunes
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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 23:49

Que restera-t-il de la sous-traitance industrielle française ?

 

C’est un coup dur pour les 323 salariés de l’usine de plaquettes de friction Honeywell de Condé-sur-Noireau, qui travaillent pour PSA (les plaquettes sont montées sur étrier par Bosh à Angers avant d’être livrées à PSA). Cette usine, dont la fermeture est prévue en juin 2013, est née dans cette ville en 1927.

Voir Ils attendent la mort annoncée de leur usine (Ouest-France, Cyril Calmets, 28 novembre). Voir aussi :

la vidéo de France3 Disparition programmée d'Honeywell à Condé-sur-Noireau.

http://www.metallurgie-cfecgc.com/actualites/honeywell-mobilisation-generale-conde

http://www.liberation.fr/economie/01012374453-conde-sur-noireau-ville-licenciee

 

MRC BN Tribehou Serge Lezement 171009 010 TSerge Lezement, mon collègue responsable MRC de Basse-Normandie, avait rencontré, avec le MRC du Calvados, la CGT de l’entreprise Honeywell le 16 novembre 2011 (des rencontres sont également prévues avec la CFE-CGC et FO). Il m’a communiqué ses notes, qui permettent de mieux cerner le problème : pourquoi le groupe Honeywell (3 600 salariés en France, 120 000 dans le monde) a pris la décision de fermer cette usine ?

 

La production de plaquettes de friction à Honeywell est réalisée sur 3 sites : Condé-sur-Noireau (14), Barcelone, Glinde en Allemagne, au siège Europe de la friction Honeywell (à 60 km de Hambourg). Ces sites fournissent 70% de leur production à PSA..

Une future usine de production sur la nouvelle technologie dite « Hot presse » est programmée à Ploesti en Roumanie à 60 km environ de Bucarest (le terrain est retenu depuis février 2010). Il est important de rappeler que cette technologie a vu le jour à Condé-sur-Noireau il y a 30 ans.

L'usine de Condé-sur-Noireau fournit la plus grosse part de production de plaquettes de friction pour PSA.  Ces plaquettes sont livrées à un autre sous-traitant BOSH à Angers qui les monte sur étrier pour les livrer à PSA. Cette même usine est vendue par le groupe BOSH le 1er janvier 2012. Il faut également indiquer qu’en 2010 Honeywell a fermé Alcala en Espagne et Elberton aux USA.

Les investissements sur le site de Condé-sur-Noireau ont été pratiquement arrêtés depuis 4 ans. Les organisations syndicales ont utilisé le droit d'alerte en 2009 et 2010 avec le cabinet Syndex. Par ailleurs, en août 2011 est arrivé un nouveau directeur M. BOURY et le 19 octobre 2011 M. SERIZAY directeur des relations sociales et, dans la foulée, sécurisation draconienne du site : Caméras, barrières neuves, doublement des effectifs de gardiennage. Est-ce la fermeture annoncée de l’entreprise, et des conséquences éventuelles d’un conflit très dur, qui explique ces mesures ? Probablement.

Et pourtant, le site de Condé-sur-Noireau est classé comme le meilleur des centres de production en termes de productivité, de taux de livraison, de coût de qualité.

Le centre de Condé-sur-Noireau était le centre de développement du groupe et tous les essais, y compris pour Glinde, sont effectués dans cette usine. Quelques indices de désengagement avaient alerté les représentants de salariés :

-        Des équipements ont été transférés sur Glinde depuis plusieurs mois

-        Baisse de production malgré une demande forte : pendant ce temps-là, un accord patronat/syndicats allemands prévoit un allongement des horaires de travail au samedi et dimanche pour répondre à la demande de PSA.

-        Les provisions pour couvrir les frais du siège sont anormalement élevées par rapport aux autres sites.

-        Les équipements et moteurs qui tombent en panne ne sont pas remis en état pour cause d’amiante.

La part friction du groupe, par rapport au marché, diminue ce qui semble indiquer un désengagement progressif.

Quelques éléments de réflexion qui pourraient expliquer le désengagement de Honeywell :
-coût du désamiantage (dépollution du site) et peur des conséquences futures des indemnités à payer pour les travailleurs amiantés (norme divisée par 10 en 2015?). L'Etat a déjà diminué les indemnités par 2 en 2010.

- coût de main d'œuvre moins élevée en Roumanie sur un futur site à construire avec une aide importante de l'Etat roumain (17 millions d'euro).

- stratégie allemande de désengagement en France pour le groupe Honeywell dont le siège européen friction est à GLINDE.

Serge Lezement avait sollicité le collègue chargé de l’industrie au Mouvement républicain et citoyen. Rachid Adda (Val-d’Oise) a animé une réunion-débat sur le dossier Honeywell, le 7 décembre, à Saint-Denis-de-Méré, près de Condé-sur-Noireau. Il a tenu, comme Serge Lezement, à réaffirmer le soutien du MRC à la lutte pour le maintien de l’emploi des salariés d’Honeywell. Voici le texte qui a été communiqué à la presse.

 

Honeywell doit assumer  toutes ses responsabilités :

- d’abord maintenir ou redévelopper une production Honeywell à Condé/Noireau.

- et engager une réindustrialisation permettant de retrouver globalement les emplois équivalents à ceux de la production actuelle.

Les engagements de Honeywell lors de la table ronde du 8 décembre sont-ils réels et sincères ? Les salariés et leurs représentants sont déçus et font part légitimement de leurs doutes. Le ministre BESSON l’affirme : il faut donc passer des paroles aux actes et montrer que la parole de l'Etat a encore un sens et que sa voix peut se faire entendre face aux multinationales.

Pour cela l’Etat a des leviers : il peut et doit demander aux donneurs d'ordre comme PSA et Renault de sécuriser en France la sous-traitance, notamment de haut niveau technologique. Sauf à vouloir favoriser les mécanismes de délocalisation au sein même de l'UE vers les pays à bas coût de main d'œuvre. Plus que leurs homologues industriels allemands, italiens ou même britanniques, les grands groupes français privilégient cette logique de court terme plutôt que de développer un écosystème industriel territorial sur lequel ils pourraient s'appuyer à long terme en sécurisant la chaîne de valeur.

Au regard des investissements publics mobilisés depuis 40 ans dans la filière automobile, il serait donc normal que ces groupes reviennent à un patriotisme industriel à l'instar des entreprises allemandes, japonaises, coréennes, américaines, chinoises... Nous devons exiger un juste retour territorial sur les investissements publics consentis notamment à travers le Fonds Stratégique d’Investissement ou le Crédit Impôt Recherche.

Encore faut-il aussi s’appuyer sur des stratégies territoriales industrielles que la Région doit impulser notamment à travers les pôles de compétitivité, le soutien aux PME/PMI et à l’innovation avec le souci que le retour des entreprises et leur engagement soit à la hauteur des moyens financiers engagés par la Région.

Seule une mobilisation de tous permettra d’imposer que notre industrie soit reconnue comme la priorité nationale et régionale. De son maintien et de son développement dépend la pérennité de notre protection sociale (santé, retraite…), de notre système éducatif et nos territoires. En conséquence, le MRC réaffirme son soutien à la lutte pour le maintien de l’emploi des salariés d’Honeywell.

Voir les propositions de Jean-Pierre Chevènement, candidat à l’élection présidentielle :

Une France sans usines, c'est la fin de la France

10 propositions pour sortir la France de l'impasse

 

Cet article est le 88ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 23:02

La FSU confirme sa 1ère place dans l’enseignement

 

Les élections professionnelles dans la fonction publique ont été marquées par les conséquences de l’innovation mal préparée du vote par Internet décidé par le ministère de l’éducation nationale. Le taux de participation est passé de 60% à moins de 40%, alors que la campagne électorale avait été animée.

Rappel : Ce 20 octobre 2011, élections professionnelles chez les fonctionnaires - 20 octobre 2011.

Voir Elections professionnelles dans l'éducation nationale : une chute "historique" de la participation (Le Monde, 21 octobre). La participation en berne (Acteurs publics, Sylvain Henry, 21 octobre) : Lire la suite.

C’est le chiffre fort des élections professionnelles du 20 octobre dans la fonction publique d’État : à l’Éducation nationale, où 1 million d’enseignants et de fonctionnaires étaient appelés à voter, le taux de participation a dégringolé à 38,3 %, contre 60 % en 2008. La faute, selon les syndicats, au recours au vote électronique, expérimenté pour la première fois. Le seul ministère à faire moins bien est celui de l’Enseignement supérieur, où la participation n’a pas dépassé 30,4 %.

À l’inverse, les agents des ministères économiques se sont montrés les bons élèves du scrutin avec un taux de participation estimé à 80 %, devant l’Intérieur (76,7 %), la Défense (73,9 %), les Affaires sociales (72,1 %), l’Écologie (66,4 %), l’Agriculture (65 %), la Culture (57,7 %), les services du Premier ministre (51,1 %) et les Affaires étrangères (42,8 %).

900 000 inscrits dans l'hospitalière

Le mauvais chiffre de la participation dans l’éducation nationale devrait “plomber” la participation globale, alors que 2,7 millions de fonctionnaires et d’agents non titulaires étaient appelés à voter, dont environ 1,8 million d’agents de la fonction publique d’État et 900 000 dans l’hospitalière, pour élire leurs représentants dans des instances équivalentes aux comités d’entreprise du privé. Ainsi, un électeur sur deux seulement aurait voté.

Vendredi 21 octobre, en milieu de journée, seuls les résultats du ministère de l’Éducation nationale étaient connus, les autres ministères devant dépouiller manuellement les votes. La FSU se maintient en tête avec 40,62 %, ce qui devrait lui permettre d’obtenir 7 sièges sur un total de 15 sièges au comité technique ministériel. L’Unsa a obtenu 20,72 % des voix, soit 4 sièges, FO 10,09 % (1 siège), le Sgen-CFDT 9,99 % (1 siège), la CGT 6,47 % (1 siège) et Solidaires 5,79 % (1 siège).

 

“Un déni de démocratie”. Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, réagit pour Acteurs publics aux résultats des élections professionnelles du 20 octobre dans l’éducation nationale. Elle regrette la très faible participation (38,3 %), liée selon elle aux dysfonctionnements du vote électronique, et se félicite du bon résultat de la FSU (40,6 %).  Lire la suite (propos recueillis par Sylvain Henry) :

 

Comment expliquez-vous le faible taux de participation : 38,3 % contre plus de 60 % lors des précédents scrutins dans l’éducation nationale ?
Rendre le vote électronique obligatoire dans l’ensemble de l’éducation nationale n’était pas une bonne idée. Quand un test a été mené en début d’année [en mars 2011 dans les académies de Clermont-Ferrand, Bordeaux, Caen, la Guyane et Versailles, ndlr], de nombreux dysfonctionnements sont apparus. Il n’était pas raisonnable de généraliser du jour au lendemain cette procédure nouvelle pour plus d’1 million d’enseignants et d’agents. Mais le ministre Luc Chatel, malgré nos alertes successives, n’a pas voulu nous écouter. Et les dysfonctionnements se sont renouvelés… Des milliers de personnes n’ont pas pu voter en raison de problèmes techniques et d’un manque d’information devant la grande complexité de la procédure. C’est un déni de démocratie.

 

Certains personnels n’ont-ils pas volontairement boudé le scrutin ?
Les effets de la RGPP [Révision générale des politiques publiques, ndlr] ont peut-être démobilisé les personnels, avec ces trop nombreuses suppressions de postes et restructurations de services. Mais cela n’explique pas cette baisse énorme de 20 points de la participation, alors que la campagne a été très active. La FSU avait ainsi proposé de nombreux débats et avait mobilisé les personnels pour la journée d’action du 27 septembre. En instaurant le vote électronique, le ministère n’a pas pris la mesure de l’enjeu de cette élection, qui permettait aux personnels d’élire directement leurs représentants aux comités techniques. Nous y étions favorables, puisque la FSU avait signé en 2008 les accords de Bercy instaurant les nouvelles règles de représentativité. Cette élection du 20 octobre est un rendez-vous social manqué.

 

La FSU reste malgré tout largement en tête dans l’éducation nationale, avec plus de 40 % des voix…
Les personnels de l’éducation nationale ont adressé un message clair et sans ambiguïté en plaçant largement en tête la FSU, loin devant la deuxième organisation syndicale [l’Unsa, avec 20,7 %, ndlr]. Ils nous font confiance pour porter à l’avenir leurs revendications. Elles sont malheureusement nombreuses.

 

Quels seront les combats de la FSU dans les mois à venir ?
Nous continuerons de nous battre contre les suppressions de postes. Dans l’éducation, nous serons mobilisés autour de trois chantiers phares : la prise en charge des élèves en difficulté dans le premier et le second degré, l’éducation prioritaire et la formation des enseignants, qui doit être repensée. Nous débattrons autour de ces thèmes pour être force de propositions. Et nous interpellerons les candidats à l’élection présidentielle en leur demandant de prendre position.

 

Lu dans l’Humanité (20 octobre) : Rencontre entre Jean-Marc Canon, secrétaire général des fonctionnaires CGT, première organisation syndicale dans la fonction publique, et Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, première organisation chez les agents de l’État. /201123:53

Fonctionnaires « Le syndicalisme n’est pas condamné aux divisions »

Élections syndicales à la poste, la CGT arrive en tête (l’Humanité, 21 octobre)

C'est la CGT qui reste la première organisation syndicale, avec 7 points d'avance, avec 29,13% devant Sud, la CFDT et FO. Mais la confédération perd 4 points par rapport aux dernières élections.

Fonctionnaires : un vote faussé par l’incurie du gouvernement et son mépris de la démocratie sociale

Les agents de la fonction publique se sont présentés massivement aux urnes pour élire leurs représentants syndicaux. Mais la pagaille organisée dans l’éducation nationale a privé des dizaines de milliers d’enseignants de leur droit de vote. La FSU, qui est de loin la première organisation syndicale chez les enseignants, en est la principale victime.

Cet article est le 87ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 23:53

Un scrutin à risques pour les syndicats minoritaires

 

Les syndicats mesurent leurs forces, une première depuis les accords de Bercy.

« Le 2 juin 2008, la FSU, la CGT, la CFDT, l'Unsa, Solidaires et la CFE-CGC ont signé les accords de Bercy sur "la rénovation du dialogue social" afin d'ouvrir "une nouvelle ère de démocratie sociale dans la fonction publique". FO et la CFTC, hostiles aussi aux nouvelles règles dans le secteur privé, ont refusé de signer ce texte qui a été transposé dans la loi du 5 juillet 2010. Même si elle n'a pas été formellement écrite, les syndicats sont soumis désormais à la même règle que dans le secteur privé: seuls ceux qui auront atteint le seuil de 10% seront reconnus représentatifs et pourront donc négocier des accords avec l'Etat. Une recomposition syndicale va donc se profiler à compter du 20 octobre » (Le Monde, Michel Noblecourt, 20 octobre - voir ci-après).

 

Pour information : dans le secteur privé

Voir Les nouvelles règles de la représentativité syndicale

Représentativité syndicale : les règles de la démocratie sociale vont être définies par la loi - 16 avril 2008.

Les règles des relations sociales vont être modifiées par la volonté des principaux acteurs - 21 avril 2008.

Lire aussi l’article paru le 19 décembre 2006, sous le titre : Le Conseil économique et social propose une réforme de la représentativité syndicale

 

Parfum de primaire syndicale chez les fonctionnaires (le blog de Michel Noblecourt, 19 octobre 2011; Le Monde 20 octobre)

L'évènement fait moins de bruit que la "primaire citoyenne" du Parti socialiste mais il n'est pas moins majeur sur l'échiquier syndical: 2,4 millions de fonctionnaires de l'Etat et 1,1 million d'agents de la fonction publique hospitalière sont invités à renouveler, jeudi 20 octobre,  leurs représentants dans les commissions administratives paritaires  - qui équivalent aux conseils de prud'hommes - et les comités techniques (CT) qui jouent à peu prés le même rôle que les comités d'entreprise dans le secteur privé.  Pour la première fois, les contractuels de l'Etat peuvent participer au scrutin. Et dans l'éducation nationale, les 860 000 enseignants et les agents administratifs votent depuis le 13 octobre sur internet. Un vote électronique qui désoriente ces personnels au point que le principal syndicat d'enseignants du primaire, le SNUipp-FSU, constatant qu'à ce jour seuls 30% d'entre eux ont voté, a demandé à Luc Chatel, le ministre de l'éducation, de prolonger le scrutin de deux semaines au-delà de la clôture prévue le 20 octobre...

Ce scrutin du 20 octobre a un double enjeu. En premier lieu, il permettra de mesurer les rapports de force entre les syndicats. En 2008, lors des précédentes élections, la Fédération syndicale unitaire (FSU), implantée essentiellement dans l'éducation nationale, était arrivée en tête dans la fonction publique d'Etat avec 20,6%, loin devant Force ouvrière (15,4%), suivie par la CGT (15,2%), l'Unsa (14,6%), la CFDT (11,3%) et Solidaires (9,6%). Dans la fonction publique hospitalière, c'est la CGT (31,5%) qui faisait nettement la course en tête, devant la CFDT (24,4%), FO (22,1%) et Solidaires (9,1%). Chez les fonctionnaires de l'Etat, la CGT espère repasser devant FO, laquelle s'est livrée à une lutte féroce avec la CFDT chez les hospitaliers pour tenter de lui ravir sa seconde place.

Tous les leaders confédéraux ont mouillé la chemise dans cette bataille de la représentativité. Bernard Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT) et Jean-Claude Mailly (FO) ont chacun fait un tour de France des départements, n'hésitant pas à l'occasion à polémiquer durement entre eux. Tous ont brandi les mêmes talismans pour gagner des voix: la dénonciation de l'austérité salariale, en l'absence de tout accord avec l'Etat, dont sont victimes à leurs yeux les fonctionnaires, et de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) qui prévoit le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. FO a même édité un "livre noir de la RGPP" pour mettre en lumière ses effets nocifs sur "le service public républicain". Plus généralement, FO se veut à l'avant-garde de la lutte contre toute rigueur imposée par la crise financière. "La dette n'étant pas celle des travailleurs, affirme Jean-Claude Mailly dans FO-Hebdo du 19 octobre, le comité confédéral national [le parlement du syndicat] affiche sa détermination à combattre toute austérité, de droite, de gauche ou syndicale". Avis à Nicolas Sarkozy et François Hollande...

Le second enjeu donne à ce scrutin un parfum de primaire. Nicolas Sarkozy qui a réformé les règles de la représentativité syndicale dans le secteur privé - loi du 20 août 2008 - a voulu faire de même, pour la plus grande satisfaction de la CGT et de la CFDT, dans la fonction publique. Le 2 juin 2008, la FSU, la CGT, la CFDT, l'Unsa, Solidaires et la CFE-CGC ont signé les accords de Bercy sur "la rénovation du dialogue social" afin d'ouvrir "une nouvelle ére de démocratie sociale dans la fonction publique". FO et la CFTC, hostiles aussi aux nouvelles règles dans le secteur privé, ont refusé de signer ce texte qui a été transposé dans la loi du 5 juillet 2010. Même si elle n'a pas été formellement écrite, les syndicats sont soumis désormais à la même règle que dans le secteur privé: seuls ceux qui auront atteint le seuil de 10% seront reconnus représentatifs et pourront donc négocier des accords avec l'Etat. Une recomposition syndicale va donc se profiler à compter du 20 octobre.

Mais c'est l'étape suivante qui sera la plus importante. En 2014, les trois fonctions publiques - celle de l'Etat, l'hospitalière et celle des collectivités territoriales - voteront le même jour et les scrutins auront désormais lieu tous les quatre ans. A partir de cette date, une nouvelle règle de validation des accords entrera en vigueur. "Seuls les accords signés par une ou plusieurs organisations syndicales ayant recueilli au moins 50% des voix lors des dernières élections professionnelles seront valides". Jusqu'en 2013, une phase transitoire prévoit qu'un accord sera valide s'il est signé par deux syndicats représentant 20% des voix et en l'absence d'opposition des syndicats majoritaires. Ces élections sont donc un galop d'essai au parfum de primaire avant le grand saut de 2014. Cette année là, la révolution culturelle de la représentativité produira pleinement ses effets. Sans que ses acteurs sachent quelle recomposition syndicale en découlera.  

Elections professionnelles au lycée: les petits syndicats à la trappe (Marianne, Jean-Paul Brighelli, 11 octobre 2011)

Alors que se profilent les élections professionnelles dans l'enseignement (13 et 20 octobre), les premières depuis le vote en 2008 de la loi dite « de la représentativité syndicale », notre blogueur associé Jean Paul Brighelli signe la chronique d'une mort annoncée : celle des petits syndicats. Le déroulé de ces élections étant par ailleurs, par leur complexité décourageante, « l'une des plus grandes carabistouilles du quinquennat » (…).

 

Cet article est le 86ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

 

 

 

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 23:52

Echec du modèle économique capitaliste, asocial

 

La Lettre du Lundi datée du 11 septembre a intitulé son billet Pauvre France. En voici un extrait :

 

8,2 millions de pauvres « officiels », soit 13,5 % de la population française : tel est le constat dressé par l’INSEE dans son rapport Les niveaux de vie en 2009. Pour être déclaré officiellement « pauvre », il faut disposer d’un revenu inférieur à 954 € par mois.

D’autres enseignements

Les éléments ci-dessus ont été, à des degrés divers, repris par les médias lors de la publication de l’enquête INSEE fin août. Mais celle-ci révèle d’autres enseignements :

 

• Premier enseignement : les inégalités s’accroissent. Alors que le niveau de vie des « 10 % les plus aisés », pour reprendre la terminologie de l’INSEE, a augmenté de 0,7 % entre 2008 et 2009, le niveau de vie des « 10 % des personnes les plus modestes » est en baisse de 1,1 % sur la même période.

L’étude de l’INSEE ne va pas plus loin dans cette analyse mais, au vu d’autres indicateurs publiés par ce même organisme (voir le tableau ci-dessous, commenté dans notre billet Retraites : l’arnaque), il y a fort à parier que ce sont les 1 % - voire les 0,1 % - de Français les plus riches qui ont prioritairement bénéficié de cette augmentation de 0,7 % (laquelle serait alors pour eux fort supérieure à ce chiffre).

• Deuxième enseignement : plus on est pauvre, plus on est chômeur. Ou, si l’on préfère, plus on est chômeur, plus on est pauvre. Dans tous les cas, c’est le cercle infernal : la « crise » des subprimes de 2008, fruit du casino financier dans le secteur immobilier américain, a généré une augmentation du chômage en France, frappant en priorité les 10 % de Français les plus pauvres.

Comme l’écrit l’INSEE, « ce sont les plus modestes qui sont les plus touchés » : « cette plus grande proportion de chômeurs entraîne ainsi une baisse du premier décile de niveau de vie » (le premier décile comprend les 10 % de Français les plus pauvres).

• Troisième enseignement : l’intensité de la pauvreté s’est accrue et atteint un nouveau record par rapport aux années précédentes. En d’autres termes, même parmi les pauvres, les inégalités se sont accrues : la majorité des pauvres a vu ses revenus baisser encore plus nettement que les « pauvres les plus riches » (si l’on peut employer cette expression) dont les revenus ont cependant chuté.

 

Dire que ce bilan est alarmant ou catastrophique n’a même plus de sens : c’est le constat de l’échec d’un modèle économique et social, ou plutôt asocial. Nous avons déjà abordé ce sujet de la répartition de la richesse dans de nombreux billets (voir la liste intégrale des billets publiés) (…)

 

Cet article est le 85ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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