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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 23:03

Est-ce la faute du capitalisme ou des gouvernants ?

 

Le chômage de masse est un cancer dans la République. Il concerne, en priorité, les plus jeunes et les plus vieux des travailleurs. Qui est responsable, le capitalisme ou la politique des pouvoirs publics ? Les deux.

 

D’abord, les jeunes.

Les chiffres du chômage des jeunes, "génération perdue" (Rue89, François Krug, 18 août 2010).

Des études terminées ou abandonnées, un marché du travail bouché : 640 000 Français de moins de 25 ans sont au chômage. Plus durement frappés par la crise que leurs aînés, ces jeunes sont le plus souvent condamnés à la précarité.

C'est une « génération perdue », s'inquiète l'Organisation internationale du travail dans un rapport publié la semaine dernière. Au niveau mondial, le taux de chômage des jeunes est passé en deux ans de 11,9% à 13%. En France, il atteint même désormais 23%. Un chiffre à manier avec prudence, mais qui traduit une réalité inquiétante.

Deux jeunes actifs sur dix au chômage

Le taux de chômage des jeunes doit être interprété avec précaution. Il correspond en effet à la proportion de chômeurs parmi les jeunes actifs, c'est-à-dire disposant d'un emploi ou en recherchant un. La jeunesse étant, elle, définie par les statisticiens comme la classe d'âge allant de 15 à 24 ans.

Selon l'Insee, le taux de chômage des jeunes en France métropolitaine s'élevait à 23% au premier trimestre 2010. Bien plus que la moyenne que les autres classes d'âge (8,6% pour les 25-49 ans et 6,6% pour les plus de 50 ans), la moyenne tous âges confondus s'établissant à 9,5%.

Ce taux ne prenant en compte que les actifs, il ne signifie pas que 23 jeunes sur cent sont au chômage. L'écrasante majorité des moins de 25 ans poursuivent encore leurs études. L'Insee fournit donc d'autres chiffres permettant d'affiner l'analyse, en prenant en compte toute la classe d'âge, étudiants compris :

o          Le taux d'emploi : 28,1% au premier trimestre, contre 51,2% pour l'ensemble de la population française.

o          La proportion de chômeurs : 8,4%, contre 5,4% pour toute la population.

Des chiffres moins spectaculaires, mais qui confirment la difficulté des jeunes à accéder à un emploi (…).

 

Ensuite, les seniors. "Les seniors sont indésirables dans les entreprises" (Le Monde, 29 juillet 2011).

Ils sont les premiers touchés par la hausse du chômage. Par rapport au mois de mai, le nombre de demandeurs d'emploi parmi les seniors a bondi de 2 % en juin, soit  544 300 personnes concernées. Pour Le Monde.fr, ils racontent leurs difficultés à retrouver un travail.

"Les seniors sont indésirables dans les entreprises." Comme Frédérique T., ils sont nombreux à constater que les entreprises rechignent à employer des personnes âgées de plus de 50 ans. "Pendant une période d'environ huit mois, j'ai envoyé une centaine de CV et obtenu environ cinq entretiens. Aucun n'a abouti", confirme Claudine B., 50 ans,  ancienne assistante de direction dans le sud de la France. Bernard H., 54 ans, déplore le même phénomène : "Bien que combatif, après six mois, je doute sérieusement de l'intérêt du marché pour un cadre senior de 54 ans."

Selon Julien T., les entreprises ne veulent pas engager des cadres âgés, car ils sont "trop chers".  Victor U. tente une autre explication : "Entre un junior et un senior, l'employeur a vite fait son choix, et je ne m'en m'étonne guère, écrit-il. Cela tombe sous la logique, un jeune est plus facilement manipulable, plus malléable."(…)

 

LE PÔLE EMPLOI, "UNE MACHINE À BRASSER DE L'AIR"

"Les agents du Pôle emploi font ce qu'ils peuvent." Au moment d'évoquer leurs rapports avec le Pôle emploi, beaucoup prennent d'abord le soin de souligner le mérite de ses employés. "Les agents, débordés, et souvent plein de bonne volonté, font ce qu'ils peuvent pour maintenir hors de l'eau ce flot incessant de seniors jetés à la rue pour cause de 'date limite'", estime Frédérique T.

Mais, rapidement, les critiques fusent. Tous s'accordent pour critiquer vertement le fonctionnement de l'organisme. "L'accompagnement est très insuffisant et mal adapté, constate Claudine B. On sent bien que leur but est de 'dégrossir' les statistiques, mais sûrement pas d'être efficaces dans les vrais retours à l'emploi." Frédérique T. dénonce un discours convenu, à "l'enthousiasme forcé" et éloigné de la réalité : "A qui peut-on faire croire que l'on peut trouver du travail au-delà de 60 ans ?" (…)

 

Le capitalisme vieillit mal

Paul Jorion regarde l'économie par le prisme de la philosophie (Laurent Pinsolle, Marianne2, 29 juillet).

 

Laurent Pinsolle a compulsé « Le capitalisme à l'agonie » de Paul Jorion, ouvrage dans lequel il analyse les rouages du capitalisme et la crise actuelle à travers l’économie. Retrouvez la troisième partie de cette analyse axée sur l'aspect philosophique de l'ouvrage.

(…) La lecture de ce nouvel ouvrage de Paul Jorion est hautement recommandable car si son foisonnement est parfois un peu désordonné, il est extrêmement riche, tant sur l’analyse pointue des dérives de la finance, que de son histoire et il présente une analyse philosophique passionnante.
Source : Paul Jorion , « Le capitalisme à l’agonie », Fayard

Lire le premier et le deuxième volet de l'analyse de Laurent Pinsolle.
Retrouvez Laurent Pinsolle sur son blog
 

 

Rappel : Christian Hutin (MRC, député du Nord) : réfléchir à la question du travail - 18 juillet 2011

 

Cet article est le 84ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 23:02

Le travail est une marchandise dans la mondialisation

 

La gauche a perdu la tête en délaissant la réflexion sur le lien qui existe entre le travail et la question sociale. C’est pourquoi elle a perdu la confiance de l’électorat populaire. La reconquête de cet électorat et la reconstruction de la gauche impliquent de repenser le travail.

Telle est la volonté de Christian Hutin, député du Nord, vice-président du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC). Dans un texte publié le 15 juillet sur le site de Marianne, il pose la question

 

Le travail : outil d'asservissement ou d'émancipation ?

 

Le 22 juin 2011, le groupe parlementaire Socialiste, radical, citoyen, a organisé un colloque sur la souffrance au travail. Avec la mondialisation, le travail est devenu une marchandise comme les autres déplore Christian Hutin - proche de Jean-Pierre Chevènement.

La question du travail fait à nouveau surface de façon importante dans les débats à gauche et je ne peux que m’en réjouir. Pour preuve, le dernier colloque organisé à l’Assemblée Nationale par le groupe Socialiste, Radical, Citoyen, sur la souffrance au travail, suicide, stress et les risques psycho-sociaux, le 22 juin dernier. Il faut être en mesure d'aborder frontalement des questions comme celle du travail et de la nature de celui-ci. Cette réflexion doit être théorique et idéologique. Car le travail est fondamentalement une question politique.

En effet en condamnant toute référence au marxisme suite à l
'effondrement du Mur de Berlin en 1989, on a voulu nous faire croire que la question du travail et de son analyse, voire de sa critique, disparaissait en même temps que s'effondrait le monde soviétique.

Or la question préexiste à la réponse et même si celle-ci ne convient pas, il n
'en demeure pas moins que le questionnement perdure. Derrière la question du travail, c'est aussi celle des moyens de production: production des biens, des services, de la plus-value et de sa répartition, de la richesse et de l'utilité sociale de cet ensemble à laquelle il faut répondre. Mais aussi de son organisation et de la question de l’émancipation.

L
'une des grandes difficultés, c'est que la question du travail a été évacuée de la centralité des débats jusqu’à très récemment. Elle n'était plus restée apparente que sous la forme d'un phénomène à gérer et non plus comme un objet irréductiblement contradictoire avec les objectifs d'une société capitaliste se transformant elle-même dans le cadre de la globalisation financière, en particulier dans la mesure où en 1983, le « tournant de la rigueur » renversait les priorités.

Or cette question est consubstantielle à ce qui fonde la gauche. Cette mise à la marge idéologique, théorique, philosophique ne pouvait avoir comme conséquence que la mise à la marge sociale et politique  de celles et ceux qui étaient le sujet et les acteurs de cette réflexion : les salariés.

Le travail n’était plus un outil de lutte, un levier dans un rapport de force, il était transformé en marchandise, comme une autre dans la mondialisation financière.

Renoncer à penser le travail comme objet philosophique, social et politique, dans la société "libérale européenne", c
'est abandonner ceux qui n'ont que ce moyen à leur disposition pour vivre et les livrer aux forces qui les dominent et les destiner à la relégation. L'éloignement des milieux populaires s'inscrit donc fort logiquement dans cette perspective.

Cette question du travail doit être une interrogation majeure.

Qu
'est ce que le travail aujourd'hui ? Quelles sont ses formes, quel sens lui donner dans une société de libre échange où il est lui-même une marchandise ? Qu'en est-il de sa rémunération ? Qu'est ce que le travail salarié aujourd'hui ? Quel impact des systèmes de management contemporain sur la nature du travail, sur les souffrances qu'il génère ? Quelle part le travail peut-il encore avoir dans la structuration du monde à l'heure des délocalisations massives, de la liberté totale de circulation des capitaux et du chômage de masse ? Quelle est la nature des relations qui existe aujourd'hui entre le travail, la production, la propriété des moyens de production, la plus-value, les profits, la propriété des capitaux ?

Voilà les questions qui doivent faire débat.

La situation des salariés n
'a plus rien à voir avec ce qu'a pu connaître leurs aînés. Précarité, temps partiel, horaires décalés, remise en cause des statuts, remise en cause de l'ensemble des droits liés au travail...La liste est longue. Or le travail produit du droit et pas seulement des biens ou de l'argent. Produisant du droit et des devoirs liés à son utilité sociale.
 
Cependant, il nous faut bien renouer avec certaines interrogations qui semblent essentielles. Le travail pour quoi faire? Pour gagner sa vie, élever sa famille, progresser, être utile, indépendant. Ce sont des réalités. Mais c
'est aussi transformer le monde, produire de la richesse, du lien social, de l'identité. Le travail peut-il être le moyen de ma liberté ou n'est-il que l'outil de mon asservissement ? Car les questions du travail, de la production des richesses et des biens qui en découlent, sont en relation étroite avec l'organisation sociale et politique de la société dans laquelle tout cela évolue.

Il convient donc de savoir où nous en sommes de la réflexion sur cette question précise du lien entre le travail et la question sociale. Où en sommes-nous de la réflexion sur les systèmes de domination qui existent dans notre société ? Quelle analyse en faisons-nous ? Comment définissons-nous aujourd
'hui un système de domination ? Par rapport à quoi ? Quelles sont aujourd'hui les aliénations auxquelles nous sommes confrontées, comment sont-elles organisées ? La liberté se définit-elle uniquement dans la capacité de consommer ? Des biens matériels comme des biens symboliques (je pense à la revendication illimitée de "droits" nouveaux qui ne s'adressent qu'à des "catégories" de population). Dès lors quel projet émancipateur proposer aux salariés qui prennent en compte ces questions sur lesquelles il faut travailler ? L'utopie émancipatrice est-elle encore d'actualité ou faut-il se résigner au triomphe du libéralisme économique ? Dès lors dans quel cadre politique organiser cette réponse et offrir cette perspective qui intéressera beaucoup d'ouvriers et de salariés ?

Voilà les questions qui doivent faire débat. Car il faut avoir une vision précise de ces questions pour bâtir des propositions qui ne relèvent pas simplement de « l
'organisation » mais de la « transformation » sociale. Notre ambition doit être à ce niveau là. Ce qui pose nécessairement la question de l'action collective, de l'organisation politique de la gauche, de sa perception et de sa conception de l'Etat aujourd'hui.

 

 Cet article est le 83ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie 

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 20:59

Renouer le dialogue est la meilleure solution pour tous

 

Les nouvelles de Forclum, en provenance de Jean-Pierre Georget, ne sont pas bonnes (voir Forclum Laval, filiale d'Eiffage construction : une employée licenciée - 29 mars 2011) : menaces, intimidations, à l’encontre des salariés mécontents par le licenciement d’Yvette.

 

J’ai décidé d’adresser une lettre au directeur, François DAEL. Voici le courrier que j’ai remis à l’hôtesse d’accueil avant 18h ce soir, 8 boulevard Buffon à Laval. J’ai proposé de rencontrer le directeur. Il était en réunion, m’a-t-elle répondu.

 

C’est une lettre ouverte, que je vais transmettre à la presse ; elle pourra circuler par Internet. Les salariés ne doivent pas courber l’échine. La légitimité de la direction n’est pas en cause, mais il faut que les dirigeants fassent l’effort d’éviter l’arbitraire dans leurs décisions.

 

Lettre ouverte de Michel SORIN, président de l’association Civiq (Citoyenneté et Vie Quotidienne), ancien maire de Saint-Berthevin, ancien conseiller régional des Pays de la Loire,

 

A Monsieur François DAEL, directeur Forclum Laval

 

Objet : licenciement de Madame Yvette Georget

 

 

Monsieur le directeur,

 

Ayant été informé par Jean-Pierre Georget de la mesure de licenciement frappant son épouse Yvette, j’ai pris connaissance de la lettre en recommandé, datée du 14 mars 2011, qui lui a été adressée par le directeur régional de Forclum Anjou Maine.

 

Madame Georget m’a présenté, ensuite, son avis argumenté concernant les reproches qui lui sont faits. J’ai décelé des contradictions qui devraient être examinées par les deux parties avant de confirmer ou non la décision de licenciement.

 

Le dialogue est toujours préférable à la décision prise arbitrairement. Je n’ai pas l’impression que, au sein de son Service, les conditions aient été réunies pour un management efficace.

Si vous recherchez objectivement l’origine des difficultés constatées dans le travail de Madame Georget, vous constaterez, peut-être, qu’une part des responsabilités se situe dans des carences liées à l’organisation du Service.

 

Actuellement retraité, j’ai moi-même été salarié d’entreprise et j’ai vu de nombreux cas de souffrance de salariés confrontés à des problèmes de relation entre les personnes d’un même service.

 

Vous savez qu’une telle mesure a des conséquences psychologiques importantes au niveau de la personne concernée. Yvette Georget est attachée à son travail et s’est investie pleinement dans son activité salariale. Je ne saurais trop vous conseiller de prendre en compte les réactions de ses collègues, qui sont nombreux à protester, de différentes manières, contre cette décision (Ouest-France, 29 mars 2011).

 

Mon but n’est pas de m’immiscer dans cette décision qui appartient à la direction de Forclum. Les échos que j’avais jusqu’à présent de Forclum par des membres de ma famille qui y sont, ou ont été, salariés, n’étaient pas négatifs. Avec cette décision, vous risquez de semer le trouble dans l’opinion que se font les gens de l’entreprise.

 

C’est sûrement votre intérêt de maintenir une image positive de Forclum en Mayenne. C’est pourquoi je me permets d’insister auprès de vous afin que la décision de licenciement de Madame Georget soit réexaminée le plus tôt possible.

 

Je vous remercie de l’attention que vous accepterez de porter à ce courrier.

Veuillez croire, Monsieur le directeur, à mes meilleurs sentiments.

 

Le 4 avril 2011

 

Michel Sorin,

Président Civiq,

Ancien maire de St-Berthevin

 

 Cet article est le 82ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 23:50

Que faut-il faire pour que les jeunes se fassent entendre ?

 

La cote d’alerte est atteinte. Le chômage de masse, depuis 35 ans, pèse sur une « jeunesse qui a servi de variable d'ajustement. Chômage record, baisse des salaires et des niveaux de vie, précarisation, développement de poches de travail quasi gratuit (stages, piges, free-lance, exonération de charges, etc.), nouvelle pauvreté de la jeunesse, état de santé problématique et faible recours aux soins, absence d'horizon lisible » (Les jeunes sont mal partis, louis.chauvel, sociologue, Le Monde, 3 janvier 2011).

Les derniers-nés font figure de sacrifiés d'une décennie où la précarité et le mal logement n'ont fait que creuser l'écart avec les seniors issus du baby-boom, constate le sociologue Louis Chauvel, qui s'interroge : va-t-on assister à une lutte entre générations ?

 

Pour Éric Maurin, les fractures majeures ne sont pas générationnelles, mais plus que jamais sociales et territoriales. Attisant les clivages, la crise pourrait entraîner "un risque majeur de dislocation de la société" (…). Voir France, que fais-tu de ta jeunesse ? (Le Monde abonnés, 4 juillet 2010) et La peur du déclassement. Une sociologie des récessions par Eric Maurin (Denis Clerc, Alternatives économiques, octobre 2009).

 

Sur son blog, un professeur agrégé de science politique à l’IEP de Grenoble, Christophe Bouillaud, a réagi, le 6 janvier, à l’article de Louis Chauvel, ce qui a provoqué une réaction de celui-ci (voir Les jeunes sont mal partis, et Louis Chauvel est bien arrivé ...).

Après avoir rappelé le Discours de Jaurès à la Jeunesse sur son blog (4 décembre 2010), Patrick Trannoy (30 ans), membre du Conseil national du Mouvement Républicain et Citoyen, a publié une tribune sur le site de Marianne et sur son blog, le 7 janvier, qui est une réponse à Louis Chauvel. Voici des extraits de la Tribune sur la jeunesse publiée par Marianne2.fr.

La guerre jeunes / vieux n'aura pas lieu

Patrick Trannoy évoque le débat sur le fameux clivage entre les «jeunes générations», chères à Louis Chauvel, et les plus âgées. Le conseiller national du MRC veut éviter un certain nombre de clichés. Non, les jeunes, souligne-t-il, ne sont pas tous sacrifiés. Et les seniors ne sont pas tous nantis.

Les « jeunes générations », celles qui, selon le sociologue Louis Chauvel, sont nées à partir des années 1960 et suivantes (parce que ce sont celles qui ont, les premières, connu un lourd chômage des jeunes, ou parce que, né lui même en 1967, il aime à se considérer encore parmi la jeunesse !), sont largement privées de représentation politique, voire durablement marquées par l’abandon mutuel qui caractérise les rapports entre leurs vies et la politique… (…)

Mais, de même qu’un train, un clivage peut en cacher un autre ! S’il est probablement pertinent de réfléchir aux antagonismes d’intérêts entre des jeunes sacrifiés et des seniors nantis, il serait absurde de considérer que tous les jeunes sont sacrifiés, et plus encore de penser que tous les seniors sont nantis. Surtout, la tentation de cette superposition abusive entre le clivage générationnel et le clivage de classes, ne permet pas de percer à jour l’enjeu central, pour les citoyens de ce XXIe siècle commençant, ni donc d’aller aux solutions essentielles (…).

Méfions-nous donc des amalgames hâtifs. Le « décryptage » du Monde  du 4 janvier n’y verse pas, mais la lecture superficielle qui pourrait en être faite y conduirait. D’autant que l’intérêt des « possédants », les vrais, actionnaires mondialisés des fonds d’investissement et firmes transnationales, est précisément de brouiller les pistes, et de diviser pour régner.
De la même manière, on a sciemment confondu le problème du moule de reproduction des élites sociales que sont les grandes écoles, avec celui de la « diversité » en leur sein, un concept qui permet tous les glissements de sens… Pour aboutir trop souvent à des politiques de quotas, cache-sexe du statu quo, plutôt que de réformer en profondeur le système scolaire dans le but de permettre une meilleure égalité des conditions offerte à tous, du plus jeune âge jusqu’à l’issue de la formation initiale, et de mettre ainsi l’excellence à égale portée de l’effort, d’où qu’on vienne (…).
Gardons-nous donc de ces clivages qui occultent la question sociale. On ne peut se satisfaire d’un clivage simpliste entre « jeunes = sacrifiés » et « vieux = nantis ». A fortiori, la réponse ne saurait consister à déshabiller les vieux pour habiller les jeunes ! L’enjeu est surtout de comprendre pourquoi ce qui était possible lorsque nos « vieux » étaient « jeunes », jusqu’à la fin des années 1970, semble interdit aux jeunes d’aujourd’hui.

Quelle est cette « régression du système social dans son entier » dont parle Louis Chauvel ? D’où vient elle ? Comment la pallier ?
On ne saurait faire ici abstraction du problème central de la mondialisation néo-libérale, de la destruction de toutes les règles du jeu monétaire et commercial mondial, de l’abolition de toutes les barrières de protection de notre système social, ni de la financiarisation de notre économie, telles qu’elles ont été mises en œuvre constamment par les oligarchies depuis les années 1970.

« Trente-cinq ans après l’extension du chômage de masse, la jeunesse a servi de variable d’ajustement », constate lucidement Louis Chauvel. Chômage, précarité, activité non ou sous payée telle que les stages, découlent de cet équilibre de sous-emploi gravissime, sur lequel a débouché la mondialisation néo-libérale et son corollaire, une nouvelle division internationale du travail : l’exploitation dans les pays à faibles coûts de main d’œuvre et à armées de réserve infinies, le chômage de masse ailleurs.

Or c’est bien cette évidence que semble éluder Louis Chauvel dans sa tribune, quand il affirme que, pour résoudre le problème du chômage des jeunes, « il faudra passer par le double tranchant de la fluidification du droit du travail et de l’obligation d’embauche faite aux employeurs ». « Fluidifier le droit du travail », c’est ajouter de la précarité à la précarité. Ce n’est pas répondre aux problèmes de petits patrons aux carnets de commandes trop vides, aux donneurs d’ordre trop exigeants sur les prix, aux banques insuffisamment coopératives… Et pour les grands patrons, à part l’effet d’aubaine, le « droit du travail » plus « fluide » n’apportera rien qui motive davantage d’embauche : les profits resteront plus juteux du côté de l’exploitation des petits Chinois ! Quant à « l’obligation d’embauche », comment l’imposer à une petite entreprise exsangue, ou à une firme transnationale qui n’a qu’à appuyer sur un clavier pour délocaliser ?

De même, le problème de la « dette massive de consommation empêchant des politiques publiques ambitieuses d’investissement », pointé par le sociologue, ne se règlera pas que par la taxation qu’il propose, et qui paraît souhaitable, des résidences secondaires dans le tissu urbain… Quid des profits mirobolants des grandes entreprises transnationales qui exploitent sans vergogne aux quatre coins du globe ?

Bien sûr, il est indispensable de pallier « l’état de pauvreté de l’université low cost », ou encore de mettre enfin en œuvre ce « plan de long terme de constructions collectives et de qualité » contre « la crise du logement ». Mais où sont les marges de manœuvre à recouvrer à cette fin ? Du côté de l’intervention publique, pour drainer l’épargne populaire, les compétences, les richesses de nos territoires, vers la réindustrialisation de la France. Du côté de la politique monétaire : l’euro fort est un boulet au pied de notre économie ; voilà un legs désastreux de nos parents et grands-parents ! Accordons-leur que Maastricht a été voté de peu, et qu’on peut admettre que la moitié d’entre eux ait parié sur cette construction européenne, dont on leur avait annoncé tant de fruits vertueux… Du côté des règles commerciales, à rétablir, avec une protection intelligente de notre modèle social, de nos emplois, de nos savoir-faire : le libre échange aveugle, voilà encore un legs désastreux qu’on n’est pas obligé de subir plus longtemps !

Maintenant qu’il est patent que la récolte est mince, voire pourrie, changeons la donne de cette construction européenne et de cette mondialisation néo-libérales ! Rien ne dit que les seniors aient plus à y perdre qu’à y gagner ; mais tout assure que ce combat de longue haleine est celui des jeunes générations, en tous cas de la majorité sociale (…).

 

 

Adeline Crépin, secrétaire nationale à la jeunesse, exprime la position du MRC. Voir Téléchargez et distribuez le numéro de Citoyens Militants de janvier 2011 consacré à la sortie de "La France est-elle finie?" (Citoyens Militants est le bulletin d'information du Mouvement Républicain et Citoyen. Extrait.

Contre le malaise de la jeunesse, un sursaut républicain

A propos du malaise de la jeunesse, on évoque volontiers et à raison, l’explosion du chômage, la précarité qui devient chez elle structurelle, et de fait son incapacité à se projeter dans l’avenir. A l’évidence, la jeunesse peine à trouver sa place dans la société. Résultat, une abstention électorale massive chez les moins de 30 ans : autour de 70 % chez les 20-29 ans aux européennes de 2009. Idem aux dernières régionales.  

Cette crise dans l’exercice de la citoyenneté est particulièrement grave en ce qu’elle met en danger notre démocratie. La panne de l’ascenseur social dont la jeunesse fait les frais, pour alarmante qu’elle soit, ne suffit pas à expliquer, à elle seule, ce pessimisme ambiant. Ce qui manque aux moins de 30 ans, c’est l’adhésion à une espérance commune capable de les fédérer (…).

 

Voir aussi Emploi des jeunes : petits signes de reprise, la galère pour beaucoup - 9 décembre 2010

 

Cet article est le 80ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 15:47

2010, une année importante pour le mouvement social

 

Pour le dernier article en 2010, mon choix se porte sur ce qui restera le principal évènement de l’année : le mouvement social et citoyen en faveur des retraites. C’est une étape dans la libération et l’émancipation du peuple français, comme l’écrit Bernard Teper dans l’édito de la revue en ligne Gauche républicaine  ReSPUBLICA (voir, plus loin).

 

A noter deux articles qui traitent de l’action des syndicats :

- Syndicats : de l'unité d'action au "cartel de propositions" ? (Le Monde, Michel Noblecourt, 29 décembre 2010)

Dans une France largement sous-syndicalisée - moins de 5 % des salariés du secteur privé sont syndiqués -, les syndicats sont engagés dans une course perpétuelle pour conquérir leur légitimité. A cet égard, l'année qui s'achève est un bon cru. Comme en 2006, contre le contrat première embauche (CPE), en 2009, face au déferlement de la crise financière et économique, 2010 a été marquée, dans le conflit sur la réforme des retraites, par une exceptionnelle unité d'action. Il y a eu des hauts et des bas, mais cette unité s'est maintenue quasiment jusqu'au bout dans l'épreuve de force engagée avec Nicolas Sarkozy (…).

- Où vont les syndicats ? (Le Monde Diplomatique, décembre 2010, Eric Dupin)

Malgré une mobilisation exceptionnelle, la nouvelle loi française sur les retraites entérine le recul de l’âge de départ. A gauche, tous réclament « une grande réforme », mais sous un vocabulaire enjôleur se cache souvent la baisse programmée des pensions (lire « Les apprentis sorciers de la retraite à points »). La Confédération française démocratique du travail (CFDT) est séduite. Mais il n’est pas sûr que son entente stratégique avec la Confédération générale du travail (CGT) y survivrait. Plus généralement, quel paysage syndical se dessine après le mouvement social d’octobre ? (…)

Marquée par un soutien de l’opinion qui n’a pas faibli malgré les difficultés d’approvisionnement en carburant, la victoire idéologique s’est cependant doublée d’une défaite politique (…).

 

Dans ReSPUBLICA (n° 644, 25 novembre 2010), l’éditorialiste Evariste présente sa contribution au débat du mouvement social. Il souligne le côté positif de celui-ci et y voit une étape de la démarche à suivre. « Il faut donc faire mûrir notre expérience pour vaincre demain ».

La bataille des retraites 2010, une étape sur le chemin de l'émancipation

Les dirigeants néolibéraux vont continuer, accélérer, durcir leur offensive contre les salariés, les citoyens et les peuples sur l’ensemble des dossiers sociaux et politiques. Nous devons donc tirer les leçons de cette dernière expérience pour savoir mieux résister demain et pour préparer la contre-offensive après-demain vers une politique alternative.

2010 restera une étape enrichissante et importante pour le mouvement social

La bataille 2010 sur les retraites a permis la remobilisation des travailleurs autour des mots d’ordre dune Intersyndicale unie. La page semble tournée de la période où l’adversaire d’un syndicat était le syndicat le plus proche de lui. Dans beaucoup d’entreprises, notamment privées, la discussion, le débat et la participation aux manifestations étaient à l’ordre du jour.

Le mouvement syndical, dans son ensemble, a regagné une image de marque, qu’il avait perdue aux yeux des travailleurs, car il a engagé une bataille de classe pour l’intérêt de la grande majorité des salariés en ne se contentant plus de défendre des intérêts catégoriels. Par ailleurs, il y avait une bonne ambiance dans le camp du travail. Les manifestations se faisaient dans la bonne humeur au son du « tous ensemble ».

De plus en plus de salariés et de retraités ont compris que ceux qui étaient à la manoeuvre de cette « réforme régressive » le faisaient dans l’intérêt d’une minorité et que le mouvement social était du côté du plus grand nombre. Les réunions publiques d’éducation populaire qui ont accompagné ce mouvement de résistance ont détruit un à un tous les dogmes du néolibéralisme à commencer par ceux de la démographie et du caractère soi-disant immuable de la répartition des richesses. L’Intersyndicale unie a raison aujourd’hui d’élargir la revendication, car de plus en plus la conscience de la globalisation des combats se renforce. Par ailleurs, la pédagogie de l’unité a joué. Chacun a appris à travailler avec l’autre.

Gardons la stratégie à front large et globalisons les combats

La stratégie à front large, initiée par l’Intersyndicale unie, est un acquis qu’il ne faut sous aucun prétexte abandonner. Nous avons pris conscience que nous reprenions force par notre unité. Comme disent les travailleurs hispanisants : « El pueblo unido jamas sera vencido » (le peuple uni ne sera jamais vaincu). Historiquement, les défaites des peuples ont surtout eu lieu lorsqu’ils sont divisés. Même si nous n’avons pas réussi à empêcher cette loi scélérate, le mouvement n’est pas vaincu, il sort indemne et peut se relancer notamment par la globalisation des combats. Tout simplement parce que,  pour la première fois depuis longtemps, le peuple français a soutenu de bout en bout le mouvement social. Rien n’y fit : les médias aux ordres, les provocations du pouvoir n’ont pas réussi à diviser le peuple.

Dans les débats dans les entreprises, dans les réunions publiques, pas un débat sur les retraites ne s’est terminé sans parler du lien avec la santé et toute la Sécu, voire toute la protection sociale ou encore du lien avec les services publics, la politique économique et la politique de l’Union européenne, etc. Nous avons donc avancé en terme de globalisation des combats.

Il faut continuer. Pourquoi ? Parce que toutes les réformes régressives actuelles n’ont qu’une fonction : baisser les salaires, baisser les retraites, baisser les remboursements sécu, diminuer les droits des salariés et des citoyens, diminuer les principes républicains de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité, de solidarité, de démocratie, de sûreté, de souveraineté populaire et de développement écologique et social.

De plus en plus, émerge l’idée que cet ordre social et économique n’est plus supportable. De plus en plus voit le jour la nécessité d’une rupture démocratique, sociale, écologique et laïque pour aller vers ce que Jean Jaurès appelait la République sociale.

Marcher sur ses deux jambes : front de résistance et éducation populaire

Garder une stratégie à front large et globaliser les combats sont indispensable et nécessaire, mais cela n’est pas suffisant. Il en faut plus. Il faut élever le niveau de conscience des travailleurs mobilisés, entraîner dans la lutte ceux qui aujourd’hui sont d’accord avec le mouvement, mais ne sont pas encore venus ni dans la mobilisation ni dans les mouvements de grève. Pour cela, d’abord développer l’action syndicale, mais développer aussi la deuxième jambe qu’est l’éducation populaire tournée vers l’action. Les travailleurs doivent se former et ne pas croire que des experts feront le travail à leur place. Plus que jamais, le principe qui énonce que « l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes » est d’actualité. Il convient donc de développer par l’éducation populaire tournée vers l’action une nouvelle culture salariale autonome du clergé médiatique et des experts nommés par les puissants de ce monde.

C’est aussi par cette éducation populaire tournée vers l’action que se forgera, en liaison avec l’action syndicale, une culture qui rompra avec l’esprit de soumission à l’ordre établi et avec l’esprit de délégation à d’autres pour se battre pour soi.

L’éducation populaire tournée vers l’action doit bien sûr former les salariés, mais aussi les informer. De ce point de vue, nous sommes en retard sur la création de nouveaux vecteurs d’information pour contrebalancer les médias aux ordres spécialistes de la désinformation. Ces médias aux ordres qui n’invitent sur leurs plateaux que ceux qui acceptent de ne pas s’opposer à leur logiciel de pensée. Par exemple, personne à la télé n’a été invité pour montrer en quelques minutes que l’argument de la démographie, principal argument pour justifier la loi scélérate des retraites, n’était qu’un dogme contredit par la raison. Personne n’a contredit ceux qui essaient de faire croire que pour aller vers l’émancipation salariale, il faut supprimer les cotisations sociales pour le financement de la protection sociale solidaire pour lui préférer la TVA sociale et la généralisation des impôts avec niches fiscales pour les plus riches.

Pourquoi pas un site de l’Intersyndicale unie avec documents, débats, vidéos, ouverts à l’ensemble du mouvement social ?

Développons une culture salariale autonome de l’idéologie dominante

Gardons la fraternité des intersyndicales nationales et locales, des collectifs retraites. Cela doit nous permettre de continuer notre réflexion et de bien préparer notre future action collective. Mais cela n’est possible que si nous continuons à élargir le rassemblement des salariés et des retraités tant dans les fronts de résistance que dans les initiatives d’éducation populaire tournées vers l’action.

Mais il faut encore plus !

Il faut que nos discours soient conformes aux intérêts du plus grand nombre et donc d’abord aux intérêts des couches populaires (ouvriers, employés, majoritaires dans le pays) et des couches moyennes inférieures soumises au mouvement de prolétarisation du turbocapitalisme actuel (que tous ceux-ci et ceux-là soient en activité, au chômage ou en précarité ou qu’ils soient salariés, artisans ou paysans pauvres ou même, pour certains, dans des professions dites libérales). Oui, pour cela, il faut démonter et rompre avec les discours des experts en communication utilisés par le clergé médiatique dans les médias aux ordres.

Cet article est le 79ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 23:33

La capitulation des gouvernements face aux marchés

 

La déclaration de cette femme qui a accédé le 25 juin 2010 à la tête de la Confédération syndicale internationale* (voir Congrès de la CSI**), Sharan Burrow, est à lire attentivement. Elle traduit le sentiment du monde du travail dans tous les pays.

L’entretien réalisé à Cancun (Mexique) par Christian Losson a été publié sur le site de Libération (25 décembre) sous le titre : «Les Etats ont capitulé face aux marchés»

 

Sharan Burrow est secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale. Présente à Cancún à la conférence sur le climat, elle bataille pour de vrais plans de relance verte. Elle revient, pour Libération, sur les conséquences de la crise sur le monde du travail et fustige la «capitulation» des gouvernements «face aux marchés».

Il y a deux ans, on vantait l’économie verte telle une clé anticrise. C’est devenu un mirage…

Ces attentes n’ont pas disparu pour les syndicats. Investir dans l’économie verte est un levier de croissance indispensable. Mais on vit le manque de volonté des gouvernements comme une frustration incroyable. La crise a coûté 220 millions d’emplois dans le monde. Et 45 millions de jeunes vont intégrer le marché du travail chaque année dans les dix ans. C’est un problème politique, un enjeu économique, et aussi un désastre social. La solution passe par des vrais plans de relance, axés sur l’économie du futur, une vraie politique de l’emploi. Pas des coupes budgétaires radicales…

Les plans de rigueur se généralisent, mais les protestations restent très faibles dans le monde…

La colère et l’exaspération gonflent. Et on va en avoir la démonstration en 2011. Les gouvernements sont tétanisés par les marchés. Ils font trop peu, trop tard… L’activisme pousse, les mouvements étudiants au Royaume-Uni ou en Italie en attestent. Et les syndicats connaissent un regain d’adhésion réel.

Les appels à reformer le capitalisme sont-ils restés lettre morte ?

Et comment ! Les marchés demandent de réduire les déficits ? Les gouvernements s’y plient. Ils veulent des mesures d’austérité sur fond d’impunité totale des financiers qui ont déclenché la crise ? Les Etats en rajoutent. C’est un cercle vicieux. Sans marge de manœuvre, ils aggravent la crise et en obèrent la sortie. Tailler dans le secteur public, c’est pousser, comme en Grande-Bretagne, 500 000 personnes au chômage. Une blague ! C’est moins de consommation, moins de demande, moins de croissance. Donc, avec du décalage, plus d’austérité à la clé. On s’oriente vers un scénario de double dip[récession suivie d’une autre encore plus marquée après une reprise timide, ndlr].

On reviendrait donc aux mêmes remèdes classiques ?

C’est le retour de la vieille orthodoxie sous la houlette du Fonds monétaire international. Dominique Strauss-Kahn, son patron, peut dire des choses pleines de bon sens sur le partenariat social quand il discourt à l’Organisation internationale du travail, mais le FMI copilote des plans de rigueur, en Roumanie, en Grèce ou en Irlande, où il taille à la serpe les acquis sociaux.

Un paradoxe, vraiment ?

Non, c’est schizophrénique. DSK a beau avoir une vue claire et promouvoir un nouveau modèle, axé sur une nouvelle gouvernance, il accepte les potions infligées aux pays en pleine restructuration… L’OCDE ? Pareil. Elle peut fournir dans ses rapports un vrai travail sur les nouvelles taxations, les paradis fiscaux, les emplois verts et, de l’autre, faire l’apologie de la réforme du marché du travail, les coûts salariaux minimums, la nécessité d’assouplir les protections sociales… On est revenu à l’époque du consensus de Washington*** [pilier de la théorie libérale axé sur la privatisation, la rigueur budgétaire, etc.]. L’antithèse d’un développement économique et social durable !

Les Etats sont-ils impuissants ?

Les marchés financiers et les banques ont repris le gouvernail de l’économie. Ils dictent les politiques aux Etats, qui ont capitulé. Les spéculateurs ont cédé des miettes sur la régulation et les soi-disant contrôles des rémunérations. Mais à l’arrivée, les bonus battent des records. En dépit des belles paroles sur la réforme, de Sarkozy ou de Merkel, la régulation est si timorée qu’elle ne produit aucun effet, à part, peut-être, aux Etats-Unis. Le Conseil de stabilité financière, chargé de la surveillance des institutions financières ? Un conseil d’opacité, plutôt. Le contrôle sur la spéculation sur les matières premières ? On est plutôt sur le point de voir éclater une nouvelle bulle sur les prix alimentaires…

Que préconisez-vous donc ?

Les syndicats ne sont pas contre des ajustements fiscaux ou budgétaires. Mais il faut des contreparties sur l’emploi et les salaires, et des projets d’avenir. Or, on ne voit rien venir. Sauf la rigueur qui touche les plus faibles. A l’image des réformes des retraites. En Russie, elle vient de passer à 65 ans, quand l’espérance de vie est de 57 ans pour les hommes… Ayons un vrai dialogue social, pas comme ce qui s’est passé en France. Sinon, on court vers la faillite économique et sociale.

 

* La Confédération syndicale internationale est la plus importante organisation syndicale internationale. Elle représente 176 millions de travailleurs via 301 organisations affiliées dans 151 pays et territoires. La CSI a vu le jour à Vienne en novembre 2006.

 

** Le vendredi 25 juin, Sharan Burrow a été élue secrétaire générale de la CSI. Lors du cinquième et dernier jour du deuxième Congrès mondial de la Confédération syndicale internationale (CSI), organisé à Vancouver (Canada), Sharan Burrow a été élue pour succéder à Guy Ryder en tant que secrétaire générale de la CSI, la plus grande organisation syndicale internationale du monde, fondée à Vienne en 2006. Elle quittera son poste de présidente de l’Australian Council of Trade Unions (ACTU) qu’elle occupe depuis 2000 pour devenir la première femme à diriger la CSI.

 

*** Voir  Consensus de Washington

Paul De Grauwe met en cause la finance, qui ne cesse de se tromper - 14 mai 2010

Néo-libéralisme et Europe - Comité pour un NON républicain – mai 2005

 

 

Cet article est le 78ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 23:52

Comment justifier de l’expérience quand on reste sans emploi ?

 

Le quotidien Ouest-France a publié plusieurs articles sur l’emploi, les secteurs qui recrutent, mais aussi les problèmes des jeunes qui sont lourdement frappés par le chômage, plus encore que les autres classes d’âge. Tout porte à croire qu’il va falloir vivre durablement avec la crise économique. Comment faire pour que les conséquences pour les jeunes ne soient pas trop insupportables ?

 

Comment aider les jeunes à retrouver le chemin de l'emploi ? (Ouest-France, Carine Janin, 4 décembre)

Le patronat, les syndicats, le gouvernement en ont fait une priorité. Mais pourquoi les jeunes sont-ils si durement frappés par le chômage ?

 

Chômage et précarité. Vertigineuse ascension : le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans a atteint 24,2 % au 3e trimestre 2010 en France, selon les dernières prévisions du Bureau international du travail, contre 23,3 % au précédent trimestre. 637 000 jeunes sont aujourd'hui sans emploi. En deux ans, ce taux a grimpé de près de 25 %. Et même les plus diplômés trinquent. Pour tous, quasiment, premier emploi rime avec... « stage » ou CDD. La précarité est souvent pour les 15- 24 ans le premier visage du travail. Les employeurs peinent à leur faire confiance. Et eux, les jeunes, ont un rapport plus distancié au travail que leurs aînés. Ils ne sont plus prêts à tout lui sacrifier.

Attention aux chiffres. Un taux à 24,2 % ne signifie nullement qu'un jeune sur quatre est sans emploi. Il ne comptabilise que les jeunes actifs, c'est-à-dire seulement ceux qui sont sur le marché du travail. En prenant en compte tous les jeunes de cette tranche d'âge (beaucoup sont en études), le pourcentage de jeunes de 15-24 ans au chômage est en fait autour de 9 %. Pas de quoi se réjouir pour autant.

Génération perdue ? Réalité à l'échelle du monde, le fléau du chômage des jeunes fait craindre une « génération perdue » au Bureau international du travail. « Les jeunes gens sont le moteur du développement économique, disait cet été le directeur général du BIT. Renoncer à ce potentiel est un gâchis économique qui peut saper la stabilité de la société. » En France, gouvernement, syndicat, patronat, en font leur priorité.

Mieux former les jeunes. Les chiffres l'attestent : moins ils sont diplômés, plus ils sont exposés au chômage. Président de Terra Nova, un club proche du Parti socialiste, Olivier Ferrand suggère de « réinvestir dans l'éducation, de la petite enfance à l'université », notamment en augmentant les budgets pour « franchir le seuil de 50 % d'une classe d'âge diplômée de l'enseignement supérieur » (contre 23 % aujourd'hui).

Les rapprocher de l'entreprise. Développer l'alternance est l'autre piste. C'est la volonté du président Sarkozy, qui veut doubler le nombre de jeunes (600 000 aujourd'hui) bénéficiant de ce type de contrat. Le développement du tutorat est aussi à l'étude : des salariés seniors chaperonnent de jeunes embauchés. Mais pour mieux accompagner ces jeunes, il faut des moyens en amont. Or on sait, par exemple, que les agents de Pôle emploi croulent sous les dossiers.

Faciliter leur embauche. Professeur à l'École polytechnique et chercheur au Centre de recherches en économie et statistique, Francis Karmarz plaide notamment pour un « rééquilibrage de la réglementation du marché du travail en faveur des jeunes. En se privant des jeunes, on se prive de leur capacité d'innovation, seul vecteur de richesse dans les entreprises. Or actuellement, tout est fait pour protéger l'emploi des 25-50 ans. Les entreprises ne sont pas encouragées à embaucher les jeunes. À l'inverse, en cas de pépin, ils sont la variable d'ajustement ».

Se donner les moyens. Les politiques publiques, essentiellement tournées vers les générations âgées, doivent se réorienter vers les jeunes. Le chercheur Bruno Palier en appelle à une « révolution copernicienne des politiques publiques », pour qu'on cesse de « sacrifier la jeunesse ».

En 2007 (derniers chiffres Insee disponibles), donc avant la crise, plus de 20 % des 18-25 ans vivaient sous le seuil de pauvreté (910 € mensuels), contre 13,4 % tous âges confondus. Des jeunes qui ne peuvent prétendre au revenu minimum (Revenu de solidarité active) que s'ils justifient de deux années de travail sur les trois dernières années...

Paroles de jeunes : l'emploi, priorité cruciale (Ouest-France, 6 décembre)

Ils sont nombreux à avoir réagi sur ouest-france.fr/jactiv après l'enquête publiée, samedi, dans nos colonnes et consacrée à l'emploi des jeunes. Laurène, Claire, Marine ou Caroline racontent leur quotidien.

Les secteurs qui recrutent dans les cinq ans (Ouest-France, 27 novembre)

Reprise de l'activité, nombreux départs en retraite des papy-boomers : même si la crise fait la unechaque jour, il existe aussi des raisons d'espérer pour l'emploi, dans les années à venir.

La situation de l'emploi reste difficile pour les jeunes diplômés (site e-orientations des études, des métiers et de l’emploi)

La situation de l'emploi reste difficile pour les jeunes diplômés. Néanmoins certains secteurs affichent les signes d'une reprise progressive.

 

Pierre Lamblin, directeur des études de l'APEC, est bien loin d'afficher un optimisme exacerbé lorsqu'il regarde le marché de l'emploi. "La situation reste très difficile pour les jeunes diplômés", constate-t-il avant d'expliquer, "aujourd'hui trois promotions se côtoient sur le marché de l'emploi : le reliquat de la promotion de 2008 qui n'a pas encore trouvé de poste, une grande partie de la promotion 2009 et celle de 2010 qui commence ses recherches".

Pour le spécialiste, la situation mérite d'être comparée avec celle de 1993, "il y avait alors à peu près le même volume de recrutement de jeunes diplômés avec statut de cadre, 23 000, mais à l'époque 68 000 jeunes diplômés étaient en recherche d'emploi, contre 120 000 aujourd'hui".

 

(…) Plus que jamais les jeunes candidats devront se démarquer. "Au-delà de la formation et de la discipline c'est la motivation du candidat et son expérience qui fait la différence", insiste Pierre Lamblin, "c'était déjà le cas avant et cela l'est encore plus aujourd'hui, dans un contexte hyper concurrentiel".

Une analyse partagée pas Catherine Reichert, pour qui "il est nécessaire pour le candidat de se demander concrètement ce qu'il a à vendre à l'entreprise". "Il faut encore plus aujourd'hui se poser les bonnes questions", complète Pierre Lamblin, "et s'entourer de conseils, d'amis, de la famille et de professionnels".

 

Concernant le cas d’un jeune qui m’est proche, j’ai tenu compte de cette recommandation du directeur des études de l’Apec. Constatant l’échec, jusqu’à présent, de ses recherches d’emploi, j’ai convenu avec lui de solliciter les conseils d’amis. Voici, résumé, son parcours.

Paris-enfants-160510-009-T.jpgEtudes supérieures de compatibilité gestion. Diplôme de sciences comptables et financières par alternance (un an de pratique professionnelle). Recrutement par un cabinet parisien qui, à l’issue de la période d’essai, considère qu’il a besoin d’un assistant mieux doté en expérience. Recherche d’emploi au moment de la crise financière de septembre 2008. De nombreux entretiens d’embauche, qui n’aboutissent pas. Préparation de plusieurs concours de la Fonction publique en cours et sans succès, pour le moment. La fin des allocations chômage est proche.

Un cas parmi d’autres, d’un jeune diplômé qui souffre de la dureté des conditions de recrutement dans son domaine de formation. Avant de pouvoir réussir son entrée dans la fonction publique d’Etat, ce qui est désormais son objectif, il doit trouver un emploi. Même s’il ne correspond pas à sa formation. 

On est en droit de s'étonner du comportement d'employeurs qui n'acceptent pas de former les jeunes. Comment pourraient-ils avoir de l'expérience, s'ils ne sont pas embauchés ?  

 

Cet article est le 77ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

 

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 17:34

Ce soir sur France 2 à 20h35, la saga sociale de Mordillat

 

L’Humanité, ce 6 octobre, met en avant « la saga ouvrière » de Gérard Mordillat, dont les trois premiers épisodes sont présentés ce soir sur France 2.

La classe ouvrière en prime time

Une série qui sort des ténèbres travail et solidarité

Mordillat et « la sociale »

Gérard Mordillat signe avec les Vivants et les Morts la première saga sociale à la télévision française. En huit épisodes de 52 minutes, diffusés les mercredis 6, 13 et 20 octobre, l’écrivain et réalisateur donne un visage aux anonymes qui luttent pour la survie de leur emploi et de leur dignité. Les vivants et les morts. Épisodes 1, 2 et 3. France 2. 20h35.

 

Faire le lien avec les détresses des agriculteurs, qui veulent vivre de leur travail et qui n’y parviennent pas, car les prix du lait, de la viande ou des fruits, sont désespérément inférieurs aux coûts de production depuis 2009. C’était sur France 4 le 1er octobre à 20h35.

"Le désespoir est dans le pré" : http://www.pluzz.fr/le-desespoir-est-dans-le-pre-2010-10-01-20h35.html

 

Voir Retraites, luttes sociales : le monde du travail doit s'unir face au capital - 4 octobre 2010.

 

Cet article est le 76ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 17:58

Il faut réapprendre les bases de la politique en France

 

C’était perceptible lors de la manifestation pour les retraites à Laval (voir Retraites : sous la pluie, le 2 octobre, les manifestants étaient motivés - 2 octobre 2010 et Retraites : après les manifestations du 2 octobre, la balle aux sénateurs - 3 octobre 2010), il y avait la volonté de faire céder le président de la République sur l’ensemble de sa politique sociale, pas seulement sur les retraites. manif Laval 230910 006 T

Les organisations syndicales sont réunies ce 4 octobre afin de décider des modalités d’évolution du mouvement. La CGT n’exclut plus des grèves reconductibles (voir cet article paru le 4 octobre sur le site du quotidien Le Monde, concernant les cheminots : La CGT souhaite des actions reconductibles).

 

« Un mouvement populaire contre la régression sociale s’enracine dans la société »

Lire sur le site de l’Humanité, l’éditorial de Patrick Le Hyaric : L’affrontement de classes.

Les bidouillages gouvernementaux sur les chiffres n’y changent rien. La journée d’action unitaire de samedi dernier contre l’abrogation du droit à la retraite à 60 ans a été puissante, diversifiée, déterminée. Les journaux régionaux comme les images télévisées le confirment amplement. Un mouvement populaire. contre la régression sociale s’enracine dans la société. Depuis les 23 mars, 29 mai, 24 juin, 7 septembre, 23 septembre, bien au-delà des trois millions de manifestants de samedi dernier, ce sont plusieurs millions de citoyens qui ont manifesté au moins une fois, et pour beaucoup, ils l’ont fait pour la première fois de leur vie (…).

 

Ce quotidien exprime l’idée de rassemblement du peuple, comme le voulait son fondateur.

Voir Histoire de "L’Humanité". Bref survol historique

Quand Jaurès fonde l’Humanité, le 18 avril 1904, son ambition est de créer un journal socialiste indépendant, n’appartenant à aucun des courants du mouvement ouvrier français qui s’unifieront un an au plus tard. Sa manchette porte l’appellation de " journal socialiste quotidien ". Jamais le journal n’appartiendra à la SFIO, (qui éditera son propre quotidien) bien qu’une crise financière grave, deux ans après sa fondation, l’amène à s’appuyer beaucoup plus sur les différentes tendances socialistes.

Pendant les 10 ans qui vont de sa naissance à la 1ère Guerre Mondiale, l’Humanité s’affirme comme le grand quotidien représentant le mouvement ouvrier, syndical ou politique (…).

 

L’Humanité doit être ce que voulait Jaurès, l’organe de presse de tous les courants du monde du travail. La fin du siècle précédent a été marquée par la dérive néolibérale et la perte des repères politiques républicains. La profondeur de la crise qui résulte de la faillite du capitalisme financier conduit au réveil des peuples en Europe (voir En France et en Europe, les peuples manifestent leur mécontentement - 30 septembre 2010).

 

Il faut réapprendre les bases de la politique et du militantisme. Le monde du travail doit se rassembler autour d’un projet d’émancipation à l’égard du capital.

Ce sont les citoyens qui imposeront le retour aux principes et aux valeurs républicaines. Il y a une vidéo qui circule actuellement sur Internet ; c’est une parodie montrant la réaction d’un politologue chinois de retour dans son pays après un séjour en France. Très drôle. L’observation est juste, on y croirait !

Vidéo : http://www.dailymotion.com/video/xevqi5_le-declin-de-la-france-analyse-par_news

 

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 17:28

Les politiques d’austérité remises en cause à Bruxelles

 

manif-Laval-230910-027-T.jpgQue ce soit contre la réforme des retraites (en France), contre la réforme du marché du travail et le plan de rigueur (Espagne), ou contre les politiques d’austérité (Union européenne), il est clair que les syndicats ouvriers reprennent l’initiative avec le soutien du monde du travail et des citoyens.

En France, les deux journées de mobilisation, exceptionnelles en septembre, ont montré une réelle volonté de s’opposer à l’adoption du projet de loi sur les retraites (voir Retraites : ce 23 septembre, les syndicats mobilisent mais s'interrogent).

 

Dès le 24 septembre, les organisations syndicales décidaient de prolonger le mouvement social. Lire le communiqué commun de l’intersyndicale du 24 septembre. Samedi 2 octobre, il s’agira de permettre l’élargissement du mouvement à de nouveaux salariés. Mardi 12 octobre, pendant le débat parlementaire au Sénat, ce sera « une nouvelle journée massive de grèves et de manifestations ».

En Mayenne, le 2 octobre, le rendez-vous est fixé devant la préfecture, à 10h, par tous les syndicats (Cgt, Cfdt, Cftc, Fsu, Unsa, Solidaires, Fo, Cgc).

A l’exception de FO, les mêmes syndicats ont signé une lettre ouverte aux autorités politiques nationales (voir, Le Monde, 13 septembre Retraites : la lettre ouverte des syndicats à l'exécutif ).

Le MRC soutient l'initiative intersyndicale de rassemblements et de manifestations dans le pays pour conforter les mobilisations des 7 et 23 septembre derniers et permettre l'engagement de nouveaux concitoyens dans les actions de protestation.

 

En Espagne, grève générale, hier

Une grève générale en Espagne, la première de l’ère Zapatero. Les Espagnols protestaient mercredi, contre la réforme du marché du travail et le plan de rigueur du gouvernement. Même querelle de chiffres. Une goutte d’eau selon la police, un raz de marée pour les syndicats. Les syndicats espagnols ont estimé que dix millions de salariés, soit un sur deux, avait cessé le travail, mentionnant dans des communiqués des taux de participation de près de 100% pour l'industrie sidérurgique et un « arrêt total » pour les entreprises du secteur automobile. Indice de la baisse d'activité dans le pays, la consommation d'électricité était inférieure à la mi-journée de 17,6% par rapport à la normale, a tout de même reconnu le Ministre du Travail… Lire l’article de Régis Soubrouillard (Marianne2, 30 septembre)

 De Madrid à Varsovie: mouvement social ou barouds d'honneur ?  

 

A l’initiative de la Confédération européenne des syndicats (CES), contre les politiques d’austérité, L’europe des salariés se mobilise (CGT, 30 septembre), près de cent mille manifestants à Bruxelles le 29 septembre : c’est l’indice d’un mouvement de fond qui, à terme, mettra en échec les politiques néolibérales (voir Marianne2, 30 septembre Europe : le réveil social peut nourrir la gauche)

Lire le point de vue divergent du Front Syndical de Classe, minoritaire, proche de la Fédération Syndicale mondiale (FSM), publié le 26 septembre : Peuples d’Europe, levez-vous contre l’UE du capital !

 

Le moment est venu de rassembler toutes les forces du monde du travail, de la gauche et des républicains, pour mettre fin à la domination d’une oligarchie financière sur l’Europe et sur le monde.

 

 Cet article est le 74ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

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