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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 22:11

 

Même politique néolibérale en France et en Grèce

 

Les syndicats ne s’attendaient pas à une forte mobilisation le 1er mai cette année, pour des raisons de calendrier (le 1er mai n’est pas un jour de manifestation, qui plus est un samedi). Voir 1er mai revendicatif : 284 rassemblements citoyens du monde du travail - 30 avril 2010.

 

L’heure est, plutôt, pour chacun, à se concentrer sur les moyens de faire face aux effets de la crise. En 2009, les 8 organisations syndicales avaient appelé à manifester à plusieurs reprises ensemble (voir Un 1er mai mutant après les mobilisations du 29 janvier et du 19 mars - 2 mai 2009).

 

Il est vrai aussi qu’aux désaccords sur la stratégie d’action (FO a opté pour la grève générale d’une journée, pour commencer), s’ajoutent les rivalités entre les deux gros (CGT et CFDT) et les petits syndicats, menacés dans leur existence par la nouvelle loi sur la représentativité syndicale (voir Le gouvernement, pas étranger aux difficultés des centrales syndicales - 13 novembre 2009).

 

Ce qui manque, surtout, au monde du travail, c’est la confiance dans l’avenir.

 

La crise financière - dont les causes sont entièrement à rechercher dans la dérive de la finance mondiale avec des complicités politiques au sommet des Etats - n’est pas portée au débit de l’association de malfaiteurs avérés que sont le capitalisme financier et ses relais politiques néolibéraux – ceux qui sont aux postes de responsabilité en Europe, aux Etats-Unis d’Amérique et à la tête des grandes institutions internationales (FMI, OMC, notamment).

 

Face à la crise, ceux-ci n’ont pas trouvé mieux que de faire payer les salariés et les petits revenus, comme s’ils avaient une responsabilité dans la crise du système capitaliste. Ce qu’ils ont décidé pour la Grèce, c’est la même politique qu’ils veulent voir mise en œuvre partout, dans la logique néolibérale (voir Les principales mesures du plan d'austérité).

 

Ce choix met les peuples dans la situation de devoir se soumettre ou entrer en résistance totale, syndicale et politique, contre l’occupant qui impose sa volonté à chaque nation citoyenne. Maintenant, cela concerne les Grecs, mais, demain, nous, Français, serons placés devant le même dilemme : se soumettre ou se battre contre le pouvoir capitaliste.

 

L’enjeu est de savoir si les citoyens resteront, ou non, maîtres de leur destin, à travers la politique décidée au niveau national. D’ailleurs, la même question se posera bientôt aux citoyens américains (USA), quand les dirigeants seront amenés à prendre des mesures draconiennes antisociales.

 

Revue de presse

La retraite en tête des défilés du 1er mai en France (Ouest-France, 2 mai)

Après le 1er-Mai, calendrier serré pour les syndicats (Le Monde, 1er mai)

Le plan d'austérité prévu par le gouvernement grec révolte les syndicats (Nouvel Observateur, 2 mai)

La Grèce a conclu un accord avec l'UE et le FMI pour assurer sa survie financière (Le Monde, 2 mai)

 

Pour Merkel, le cas grec va faire réfléchir Madrid, Lisbonne et Dublin (Le Monde, 2 mai)

 

1er-mai-2010-008-T.jpgEn Mayenne 

 

550 manifestants au défilé du 1er mai ce samedi matin à Laval (Ouest-France, 2 mai)

 

 

 

 

Cet article est le 73ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

 

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 19:46

 Les organisations syndicales face à la crise sociale

L’heure n’est pas encore au grand rassemblement de tous les syndicats (l’unité est partielle), mais les préoccupations seront les mêmes, demain : emploi, salaires, retraites. Pour la fête du travail, il y en a de moins en moins.

Dans cette économie anti-sociale, les salariés sont la variable d’ajustement. La finance règne sur l’économie et dicte sa volonté aux Etats. Les valeurs sont celles de la concurrence et de l’actionnariat (voir le communiqué de presse du Mouvement Républicain et Citoyen : Le MRC soutient les manifestations du 1er mai).

Les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA, ont lancé cet appel national :

1er Mai unitaire

(…) Interpellation commune en vue du Sommet social

Dans les semaines à venir, le Président de la République va réunir un « sommet social ». Dans le même temps, les concertations sur la réforme des retraites ont commencé. Les salariés sont en droit d’en attendre des mesures efficaces et de progrès social améliorant leur situation et donnant espoir en l’avenir.
En 2010, le chômage continue d’augmenter. Dans le secteur privé comme dans le secteur public, beaucoup de salariés connaissent des situations difficiles. Pour une partie d’entre eux, les effets de la crise continuent à se faire sentir durement. Suppressions d’emploi, difficultés à trouver un travail, accroissement de la précarité, conditions de travail dégradées, difficultés salariales, avenir des retraites, sont les préoccupations des salariés.
L’action reste une priorité pour le monde du travail. Les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA réaffirment, comme elles l’ont déjà fait en 2009, que la sortie de crise passe par des mesures en faveur de l’emploi, des salaires et pensions, une fiscalité plus juste, des politiques publiques en faveur d’une relance économique tournée vers la satisfaction des besoins sociaux. Cela nécessite :
• une plus juste répartition des richesses, la réduction des inégalités ;
• des investissements publics et privés prenant en compte les impératifs écologiques. Une politique économique et industrielle s’inscrivant dans une perspective européenne et allant de pair avec un renforcement des régulations de la finance et de l’économie.

Donner la priorité au maintien des emplois

• Les employeurs doivent privilégier l’emploi stable, investir dans les emplois futurs. Quelle que soit la situation dans l’entreprise, c’est en investissant dans la formation et le travail qualifiant et en réduisant la précarité que la performance sera assurée. Les mesures, comme le chômage partiel, les jours de RTT ou de congés, en cas de baisse d’activité doivent être négociées dans l’objectif de préserver l’emploi et les salaires. Toute mesure à prendre dans l’entreprise en termes d’emploi et d’organisation du travail doit être discutée avec les représentants des salariés ;
• les suppressions d’emplois publics ainsi que les réorganisations forcées décidées dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) provoquent une dégradation des conditions de travail et des difficultés grandissantes pour assurer les missions de service public. Il faut stopper cette politique aveugle de suppressions d’emploi et de recours aux emplois précaires. Les personnels doivent être partie prenante des évolutions à apporter en termes de missions et d’organisation des services publics ;
• des mesures doivent favoriser l’accès à l’emploi, en particulier pour les jeunes ;
• les demandeurs d’emploi en fin de droits d’indemnisation doivent bénéficier d’un accompagnement renforcé pour leur permettre de retrouver un emploi avec un revenu garanti. Les conditions d’accès à l’Allocation spécifique de solidarité et au RSA doivent être élargies.

Améliorer les salaires et le pouvoir d’achat, réduire les inégalités

• Dans les branches, les entreprises, la fonction publique, les négociations salariales doivent assurer le maintien du pouvoir d’achat et la réduction des inégalités ;
• les allègements de cotisations sociales doivent être ciblés et conditionnés aux politiques d’emplois et de salaires ;
• le soutien du pouvoir d’achat doit être assuré notamment par le maintien et l’amélioration des dispositions prises en 2009, en particulier :
- la suppression des deux derniers tiers provisionnels pour les contribuables payant la première tranche d’impôt sur le revenu,
- l’amélioration des minima sociaux.

Les mesures sociales pour faire face à la crise doivent être financées par la suppression du bouclier fiscal, la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires et la création d’une tranche d’impôt supplémentaire pour les hauts revenus.

L’avenir des retraites : un choix de société

Emploi, conditions de travail, niveau de salaire, ont des conséquences directes sur les équilibres des régimes de retraite et sur le niveau des pensions.
La concertation qui s’engage sur une « réforme des retraites » suscite une légitime inquiétude chez les salariés. Elle doit garantir la pérennité du système par répartition en assurant son financement et en corrigeant les inégalités. Ni l’agenda, ni les bases de départ de discussion proposées aujourd’hui ne sont susceptibles de répondre aux besoins de consolider les droits et le système de retraites par répartition. Les seuls éléments de la réforme proposée restent le recul de l’âge légal de départ à la retraite et l’allongement de la durée de cotisation dans un cadre budgétaire constant : ceci n’est pas acceptable. Les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA, n’accepteront pas un passage en force.

Voir aussi : Sondage 70 % des Français soutiennent les manifs du 1er Mai et Bataille (l’Humanité, 29 avril) et Un 1er Mai en forme de tour de chauffe syndical (Ouest-France, 30 avril)

En Mayenne

En Mayenne, la CFDT, la CGT, FSU et l'UNSA appellent à un rassemblement à 10h30 à Laval, square de Boston, suivi d’une manifestation dans les rues jusqu’à la place du Jet d’eau. FO organise son propre rassemblement à la même heure devant l’Union départementale. Solidaires 53 (les syndicats Sud) , la CFTC et la CGC n'appellent pas à manifester.

Guillaume Le Du (Ouest-France, 28 avril) rapporte les propos de Bénédicte Moutin, secrétaire de l’UD CFDT : « On n’a jamais vu une telle souffrance sociale. Les gens nous disent qu’ils n’en peuvent plus. Les salariés cherchent à quitter leur entreprise à cause des conditions de travail ». La précarité se développe en Mayenne. Les cas de salariés qui ont plusieurs employeurs se multiplient.

Isabelle Vitry-Brochard, secrétaire de l’UD CGT, observe que « le ras-le-bol conduit les salariés à accepter de plus en plus fréquemment la rupture conventionnelle de travail ». « Les négociations collectives sont très difficiles. Les patrons préfèrent donner des augmentations individuelles ».

Cet article est le 72ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

 

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 23:35

 

La République dissoute dans la société de privilèges

 

Le 27 mars, le site Contre Info (http://contreinfo.info) publiait le texte Une sortie de crise longue et pénible, par John Mauldin (extrait) :

La crise actuelle est exceptionnelle non seulement par sa violence, sans précédent depuis les années 1930, mais aussi en raison de sa caractéristique première : elle a été provoquée par une explosion de l’endettement, aux USA au premier chef, mais aussi dans de nombreuses économies développées où les bulles immobilières ont été financées par la dette, comme c’est l’usage. Le soutien à la consommation apporté par les Etats a permis de stopper le processus destructeur amorcé en 2008, mais les problèmes de fonds ne sont pas réglés. La résorption de la dette s’étalera sur des années, et les revenus qui y seront consacrés déprimeront pendant longtemps la dépense et l’activité. D’ici là, avec la fin des plans de relance et les hausses d’impôts qui se profilent dans l’ensemble des économies développées, une deuxième phase de récession menace, estime le financier John Mauldin, qui craint par ailleurs que les Etats ne parviennent plus à se financer, à l’image de la Grèce, loin d’être tirée d’affaire, tant la rigueur qu’on lui impose sera dévastatrice (…).

 

Les très hauts revenus ont explosé en France... avant la crise (La Tribune, 2 avril)

Entre 2004 et 2007, le nombre de personnes dépassant 500.000 euros de revenu a augmenté de 70 %. L'Insee constate une augmentation des inégalités par le « très haut » (…).

13,4 % de la population française vit en dessous du seuil de pauvreté (Le Monde, 1er avril)

En France, 13,4 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, selon l'étude "Revenus et patrimoine des ménages" réalisée par l'Insee et publiée vendredi 2 avril. Cela signifie très concrètement que 8 millions de personnes vivent avec moins de 908 euros par mois. Ces chiffres portent sur l'année 2007(…).

 

Affaire Zacharias : le retour des privilèges de l’« Ancien Régime » (Contre Info, selon La Lettre du Lundi, 29 mars). Les rédacteurs de la Lettre du Lundi se définissent comme « extrêmement préoccupés par l’évolution que prennent nos institutions, l’économie, les relations sociales » et désireux « d’offrir aux lecteurs de La Lettre un point de vue et une analyse que l’on ne retrouve pas souvent dans les médias grand public. »

Les 4,2 millions d’euros perçus chaque année en salaire par Antoine Zacharias, l’ex patron de Vinci, équivalent à 2 500 euros par heure de travail. Comment peut-on décemment prétendre que cette somme rémunère les qualités ou le travail d’un individu ? Le procès Zacharias « pose en termes très directs d’une part la question de l’écart grandissant entre légalité et morale, d’autre part celle de la répartition de la richesse dans notre société » estime l’éditorialiste de la Lettre du Lundi.

En marge des grandes manœuvres à droite de l’échiquier politique - au sujet desquelles nous aurons probablement l’occasion de revenir dans de prochains billets - s’est déroulé cette semaine un événement d’une portée très symbolique : le procès d’Antoine Zacharias, ancien PDG de Vinci, devant le tribunal correctionnel de Nanterre.

Antoine Zacharias était poursuivi par un petit actionnaire de Vinci qui lui reprochait non d’avoir été personnellement lésé par ses manœuvres (si le cours de l’action avait anormalement baissé, par exemple) mais un montant de rémunération « manifestement excessif et disproportionné » lorsqu’il était aux commandes du leader mondial du BTP : 4,2 millions d’euros de salaire annuel, près de 13 millions d’euros d’indemnités de départ, une retraite annuelle complémentaire de 2,1 millions d’euros... sans oublier des stock options lui permettant de se constituer un petit matelas d’une centaine de millions d’euros.

Avant de poursuivre plus avant, une mise en perspective : 4,2 millions d’euros de salaire annuel, c’est un peu plus de 2 500 euros par heure. En résumé, uniquement avec son salaire, Antoine Zacharias gagnait en 30 minutes la même somme qu’un smicard en un mois...

Bien sûr, et c’est sur ce point que reposait la défense de Zacharias, tout ceci était parfaitement légal : le comité des rémunérations de l’entreprise (certes nommé par Zacharias et c’était là le « maillon faible » de sa défense) et le conseil d’administration avaient approuvé le versement de ces montants. Le tribunal correctionnel n’avait donc pas d’autre choix que d’acquitter Zacharias car la preuve de l’intention frauduleuse n’avait pas été apportée par le ministère public, lequel a cependant décidé de faire appel.

Au-delà de ce cas d’espèce, au demeurant très significatif, au-delà de la question de la rémunération des patrons, ce procès a une valeur symbolique, de prise de conscience : il pose en termes très directs d’une part la question de l’écart grandissant entre légalité et morale, d’autre part celle de la répartition de la richesse dans notre société.

On savait depuis longtemps qu’une décision, qu’elle soit judiciaire ou politique, pouvait être légale sans être pour autant morale ni légitime. Le sujet a fait couler beaucoup d’encre mais, depuis le début des années Sarkozy, ce n’est plus d’un écart entre légalité et morale qu’il faut parler, mais d’un véritable gouffre.

En effet, comment ne pas voir un parallèle troublant entre un Sarkozy dont une des premières décisions, à peine arrivé au pouvoir, a été de tripler son salaire et un Zacharias qui emploie des méthodes identiques dans la société qu’il dirige ? Légalement incontestable, moralement répugnante : c’est la formule qui résume sans doute le mieux l’attitude d’un Zacharias ou d’un Sarkozy face à l’argent. Une attente pourtant essentielle des citoyens, celle d’une rémunération « juste » pour le travail effectué, est évidemment totalement anachronique, presque « gentiment ridicule », face à des pratiques de malfrat dont l’exemple est donné au plus haut niveau.

Quid maintenant de la seconde question que soulève ce procès, celle de la répartition des richesses dans notre société ? Sur cette question essentielle, le silence des politiques est quasiment total. En fait, ils ont choisi de l’édulcorer en ne la traitant que sous des aspects parcellaires : bouclier fiscal, mesurettes visant à réglementer les « parachutes » dorés ou la réglementation des traders, réforme des donations, celle des retraites qui se prépare... mais, volontairement peut-on le supposer, aucune vue d’ensemble, aucune perspective générale. Ou alors, s’ils regrettent les inégalités croissantes, ils ne proposent pas d’objectifs chiffrés, se contentant de déclarations de portée générale, sans valeur contraignante.

La question qui leur est posée est pourtant fort simple : comment veut-on répartir la richesse en France ? Quel est l’objectif chiffré de nos politiques sur ce point, notamment de celles et ceux qui font étalage de leur « ambition présidentielle » ?

De la réponse à cette question découle sans doute une conséquence majeure pour les 30 prochaines années : soit nous continuerons à vivre dans une société républicaine digne de ce nom, soit nous assisterons à l’essor - sans doute déjà engagé - d’un « nouvel Ancien Régime » où, compte tenu de niveaux de richesse extrêmement disparates entre individus, le cloisonnement sera total entre une soi-disant « élite » richissime aux mœurs quasi-mafieuses, et un nouveau Tiers-état dont on n’osera pas prononcer le nom.

 

Publication originale La Lettre du Lundi

 

Cet article est le 71ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

 

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 19:01

De nombreuses raisons de lutter et de manifester

 

Des centaines de milliers de personnes ont fait grève et manifesté mardi 23 mars dans de nombreuses villes de France dans le cadre d'une journée d'action pour l'emploi, les salaires et les retraites. Les syndicats CGT, CFDT, FSU, Solidaires (Sud) et Unsa veulent faire pression sur le gouvernement, deux jours après le dénouement des élections régionales et au lendemain d'un remaniement qui a vu Eric Woerth* remplacer Xavier Darcos au ministère du Travail (Dépêche Reuters, 23 mars).

* Voir A peine nommé, Eric Woerth s'attaque au dossier des retraites, Le Monde, 23 mars.

A ce sujet, ce site publie aussi, ce 23 mars, un texte de Jacques Généreux sur les retraites. Voir "Le report de l'âge de la retraite contribuera à baisser les pensions".

Dans un climat social jugé explosif par François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, les revendications des manifestants étaient diverses : sauvegarde de l'emploi avec la multiplication des plans sociaux et la montée du chômage ; pouvoir d'achat avec la demande d'augmentation de salaires. Les conditions de travail, avec la question des "risques psychosociaux" étaient aussi présentes. Enfin, malgré les divergences entre les syndicats, la défense des 60 ans, l'âge légal de départ à la retraite, motivait de nombreux manifestants (Voir  Les syndicats "agréablement surpris" par l'ampleur de la mobilisation, Le Monde, 23 mars).

Le site du Nouvel Observateur donne beaucoup d’informations sur le déroulement de cette journée. Voir Les manifestants commencent à battre le pavé, 23 mars.

 

Michel Noblecourt, dans un article paru sur le site du Monde le 22 mars, livre son analyse de la situation sociale en France. Voir De la sanction électorale au troisième tour social ?

 

Droit du travail : « Après les régionales, les dossiers brûlants vont venir sur le devant de la scène  notamment le chômage  de longue durée et le problème de ceux qui vont être en fin de droit sans être pour autant éligibles à l'ASS allocation de solidarité spécifique ou le RSA, et la réforme des retraites qui sera le grand dossier de 2010, le redressement des comptes de la sécurité sociale  ainsi que le redressement des finances publiques (…) ».

Lire la suite : Actualités droit du travail, par Artemis/Velourine (sur ce site, de nombreux articles bien documentés, concernant le droit du travail).

 

Communiqués de presse de fédérations départementales MRC :

 

Claude Nicolet (Nord) : La fédération du Nord du MRC est solidaire du mouvement de protestation qui se déroule aujourd'hui 23 mars pour la défense de l'emploi, du pouvoir d'achat  et des retraites. Après les résultats des élections régionales de dimanche dernier, le gouvernement et le Président de la République doivent entendre les revendications des salariés de notre pays. Il faut procéder à une réorientation profonde des politiques mises en oeuvre en France depuis bientôt trois ans. La lutte contre les déficits publics, si elle est nécessaire, doit aussi être mise en lumière par les choix européens concernant le fonctionnement de l'Euro qui, s'ajoutant aux conséquences de la crise financière, asphyxient et assèchent littéralement les finances publiques. C'est en réalité la situation rêvée pour les ultra-libéraux. Il suffit de voir ce qui se passe en Grèce et les menaces qui pèsent sur l'Espagne, le Portugal et l'Italie.

En effet dans un pareil cadre, il ne reste comme possibilité que de sabrer dans la fonction publique, le salaire des fonctionnaires, les dépenses de protections sociales et de santé, la diminution des montants de retraites et l'allongement de la durée de cotisation. Dans le même temps les profits boursiers repartent à la hausse. C'est sur l'ensemble de ces choix qu'il faudra revenir en 2012.


Serge Maupouet
(Charente-Maritime) :
La gravité de la situation économique, sociale, politique justifie pleinement l'engagement du MRC 17 (Mouvement Républicain et Citoyen de Charente-Maritime) aux côtés du mouvement social. Rappelons la situation considérablement dégradée de l'emploi en France (2,6 millions de chômeurs n'exerçant aucune activité, 3,8 millions si l'on inclut ceux qui ont une activité réduite; des centaines de milliers de chômeurs en « fin de droits » risquent de se retrouver sans revenu en 2010); la désindustrialisation, les délocalisations « compétitives » et leurs conséquences sur le maintien d'un chômage de masse et, par conséquent, le blocage des salaires; le recours massif aux emplois précaires (entre 1982 et 2008, le nombre d'emplois précaires a augmenté de 138%) ; l'appel aux retraités ou aux étudiants, dans la fonction publique, alors que des jeunes diplômés restent sans emploi; la déplorable fusion ANPE-ASSEDIC dans un Pôle Emploi qui manque des moyens nécessaires et le recours à des officines privées de placement, coûteuses et peu efficaces; mais encore le détricotage des services publics à la française (une majorité de Français constate que les services publics ont mal évolué ces dernières années, ce qu'il faut relier aux conséquences négatives de la RGPP ou Révision Générale des Politiques Publiques ); le stress croissant que subissent les personnels dans les entreprises et les administrations; le gel du SMIC (revalorisation a minima pour la quatrième année consécutive), des minima sociaux vraiment au plancher; l'abaissement des traitements des fonctionnaires par des revalorisations inférieures à l'inflation (l'indice servant de base pour la fonction publique a baissé de 8% entre 1999 et 2009), et la volonté d'individualisation des rémunérations; la baisse des pensions de retraites (les augmentations des pensions de ces dernières années ne compensent pas la hausse des prix), les durées rallongées de cotisations, le système des décotes, la perspective d'un nouveau projet de loi sur les retraites annoncé pour septembre 2010 ! Et la liste n'est pas close des mesures qui mécontentent légitimement les Français ! (…)


Cet article est le 70ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie
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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 15:39

Des propositions alternatives pour l’école et les retraites

 

Construire un nouvel outil syndical, en partenariat avec la CGT et Solidaires, sans fermer la porte à d’autres organisations, semble être l’orientation retenue par le congrès de la Fédération syndicale unitaire (FSU), réuni à Lille du 1er au 5 février.

 

Gérard Aschieri, professeur agrégé de lettres classiques, est remplacé à la tête de l’organisation par Bernadette Groison, professeur des écoles.

 

Lire l’Historique de la FSU (Fédération syndicale unitaire).

 

Revue de presse :

 

FSU : de l'agrégé à la professeure des écoles (Le Monde, 6 février, Rémi Barroux)

 

(…) La mission de cette enseignante de maternelle, si elle n'est pas impossible, est assez délicate. La FSU, fédération adolescente puisque née en 1993, qui compte quelque 160 000 adhérents dont près de 90 % sont des enseignants, se pose bien des questions sur son avenir. Comment se développer, alors que la FSU a échoué à devenir interprofessionnelle ? Comment attirer les jeunes et éviter la guerre entre les enseignants des écoles, et ceux des collèges et lycées ?

L'ambiance au sein de la FSU s'est récemment tendue entre le SNUipp et le SNES, les deux "majors", sur la réforme de la formation des enseignants. Parce que sur le fond, les deux mastodontes ne partagent pas la même vision de l'école. Empêcher les chamailleries ne sera pas la moindre mission de la nouvelle maîtresse d'école. Mais ce ne sera rien, comparé au bizutage qui l'attend...

En guise de premier dossier, l'enseignante va devoir se pencher sérieusement sur le casse-tête des retraites. Et avant l'ouverture des discussions, le syndicat compte d'ores et déjà mobiliser, comme il l'avait massivement fait en 2003. Une occasion de donner satisfaction aux partisans d'un affrontement plus net avec le gouvernement. Bernadette Groison hérite d'une fédération qui s'est beaucoup opposée. Ce qui l'a campée dans un "syndicalisme de luttes et de transformation sociale".

Mais, petite chez les grands, la FSU a aussi besoin de nouer des alliances. A ce propos, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a souhaité devant le congrès, mercredi, "pousser plus loin les collaborations" avec elle. Et la FSU, qui souhaite construire "un nouvel outil syndical", se verrait assez bien comme la composante d'une nouvelle organisation... Mais qui ne pourrait pas être la CGT, sous sa forme actuelle en tout cas.

 

Un syndicalisme plus combatif que jamais (l’Humanité, 6 février, Olivier Mayer, extraits)

 

(…) Première organisation dans la fonction publique, la FSU a décidé de prendre sa part dans l’évolution nécessaire du paysage syndical français. Elle affirme « ne pas se satisfaire de la division et de l’émiettement syndicaux » et entend « contribuer activement à construire un nouvel outil syndical » en y associant les syndiqués et les salariés. « Ni fusion ni absorption », la FSU s’attache à ses valeurs d’un syndicalisme « de lutte et de transformation sociale progressiste, à vocation majoritaire », à ses conceptions d’un syndicalisme démocratique. Le congrès a décidé de poursuivre et d’amplifier les initiatives communes menées avec la CGT d’un côté, Solidaires de l’autre, qu’il considère comme « des pistes positives ». Il marque sa volonté de « les ouvrir à toutes les organisations qui le souhaitent » (…).

 

« Nous avons installé la FSU dans le paysage syndical, nous avons fait la démonstration de notre capacité à mobiliser contre tous les mauvais coups, je crois que, maintenant, nous devons faire de la FSU, une force de propositions incontournable et indispensable pour les personnels », a assuré Bernadette Groison en conclusion du congrès. Pour ses réformes de l’école, de la retraite, ou pour les coups qu’il entend porter à la fonction publique, le président de la République aura à se confronter à un syndicalisme combatif et porteur de propositions alternatives.

 

 

En Mayenne aussi, il y a eu du changement à la tête de la FSU

 

Gérard Pigois a été élu secrétaire départemental FSU lors du congrès du syndicat enseignant le 16 janvier au lycée agricole de Laval.

 

Gérard Pigois, 51 ans, professeur de zootechnie au lycée agricole de Laval, succède à Michel Rebours au poste de secrétaire départemental de la FSU. La Fédération syndicale unitaire regroupe plusieurs syndicats, dont le Snes (second degré), le Snuipp (instituteurs et professeurs des écoles) et le Snetap (enseignement agricole public). La FSU compte environ 450 adhérents en Mayenne.

 

Le congrès qui s’est tenu samedi avait pour but de préparer le congrès national de Lille (du 1er au 5 février). « Quatre thèmes seront abordés lors de ce congrès, détaille Gérard Pigois. Nous en avons retenu deux : l’éducation et la formation, le syndicalisme et l’avenir de la FSU ».

 

« Concernant l’éducation, le débat a été très riche. Il y a matière, avec toutes ces réformes qui tombent les unes après les autres : lycée, voie professionnelle… La position du Congrès est qu’il faut être combatif et qu’il faut travailler sur le projet éducatif proposé par la FSU ».

 

Car la FSU, qui est opposée aux mesures imposées par le gouvernement, veut aussi montrer qu’elle a des idées. « Ce n’est pas un non de principe. Nous sommes opposés à des projets précis. Par exemple, en seconde, un tiers du volume horaire sera maintenant géré par un conseil pédagogique d’établissement, présidé par le proviseur. Il y a un risque de concurrence entre les disciplines, voire entre les professeurs, pour l’attribution des heures… »

           

                Ouest-France (Mayenne), 18 janvier 2010

 

Gérard Pigois était secrétaire régional du Snetap avant d’être élu au bureau national, chargé de la coordination des régions, lors du récent congrès en mai 2009. Voir Snetap-FSU - Un nouveau bureau national élu au congrès d'Hyères. Manif-sociale-Laval-29-01-09-015.jpg

 











Gérard Pigois,
lors d'une manifestation à Laval,
le 29 janvier 2009



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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 23:54

Fallait-il que l’Etat traite ce conflit par la voie pénale ?

 

Le procès en appel avait lieu ce 13 janvier au tribunal d’Amiens. Le secrétaire général du Syndicat de la magistrature soutient les salariés condamnés pour dégradation des bureaux de la sous-préfecture de Compiègne, alors qu’ils luttaient contre la fermeture de leur usine.

- Vous témoignerez aujourd’hui devant la cour d’appel d’Amiens. Pourquoi votre syndicat soutient-il les « Conti » ?

Matthieu Bonduelle. Ce n’est pas un procès comme les autres, en particulier vu la manière dont l’État s’est constitué partie civile. Le gouvernement négociait depuis des mois avec les « Conti ». Après le débordement à la sous-préfecture, il a finalement décidé de traiter ce conflit par la voie pénale, en multipliant les déclarations appelant à la sévérité. Comme celle de François Fillon qui a parlé d’une « minorité violente », alors qu’il n’y a pas eu de violence. L’objectif est devenu de punir les « Conti » pour l’exemple et d’intimider l’ensemble du mouvement ouvrier. Or, le droit pénal est un outil de régulation de la société. Faut-il y recourir dans le cas présent ? Nous ne le croyons pas. Il faut aussi rappeler que les dégradations commises par les agriculteurs l’année dernière n’ont donné lieu à aucune poursuite pénale. Sans oublier ce cynisme terrible qui veut que les patrons voyous s’en sortent en général très bien.

Entretien avec Matthieu Bonduelle, secrétaire général du Syndicat de la magistrature, qui dénonce un procès partisan. A lire dans l’Humanité, 13 janvier : Les "Conti" jugés en appel mercredi.

 

L’édito du journal traite également de ce sujet : Pour l'exemple. Au delà du sort de six travailleurs de Continental, le procès d’Amiens revêt une importance majeure pour la démocratie.

 

Il est utile de se rafraîchir la mémoire en lisant la presse de la période des faits.

 

Les Continental saccagent la sous-préfecture de l'Oise (Le Monde, 21 avril 2009)

Les syndicats peinent à trouver leur place face aux violences sociales (Le M, 22 avril)

«Sarkozy a provoqué cette radicalité» (Libération, 23 avril)


Le Front syndical de classe en Mayenne
(FSC 53), animé par Marcel Collet, m’a transmis ce texte (12 janvier), qu’on trouve sur le site national :

 

EXIGEONS LA RELAXE POUR LES SIX CAMARADES DE CONTINENTAL

 

Engagés dans une lutte très offensive depuis plus d’un an pour défendre leurs emplois, nos camarades de CONTI poursuivent courageusement leur juste combat. Huit mois après la fermeture de leur usine (1120 licenciements) ils continuent d’agir pour la réouverture. Toutes les semaines ils se rassemblent devant l’usine de Clairoix (fermée depuis le printemps 2009) - Ouest-France du 4 janvier 2009.

La fermeture de cette entreprise mérite réflexion, l’utilisation des pneus n’est pas en régression, bien au contraire, les patrons de Conti ne peuvent pas utiliser le prétexte de surproduction pour justifier la fermeture. En réalité, c’est l’application de la loi du capitalisme le plus féroce qui n‘hésite pas à supprimer des milliers d’emplois pour améliorer les taux de profit. Ils se fichent éperdument des milliers de familles qui viennent s’ajouter aux millions de pauvres qui dans notre pays subissent la loi des patrons voyous !

Les patrons de Conti, comme des centaines d’autres, devraient être assignés devant la justice pour «non-assistance à familles en danger ». Mais, c’est le contraire qui se réalise en septembre 2009, Six camarades militants de la CGT-Conti ont été condamnés à des peines de prison de 3 à 5 mois. Leur crime c’est d’avoir agi pour combattre les licenciements. Tout naturellement, nos camarades ont fait appel contre ce jugement qui s’inscrit dans l’application de la JUSTICE DE CLASSE qui sévit dans notre pays. La cour d’appel d’Amiens se prononce sur ce jugement le mercredi 13 janvier.

 

UN SOUTIEN QUI PROGRESSE TOUS LES JOURS

 

La confirmation du jugement de septembre aurait des conséquences dramatiques pour les camarades de Conti, mais également pour l’ensemble du monde ouvrier, particulièrement pour les centaines de militants qui subissent la répression syndicale dans toutes les régions de France et de Navarre (notamment à EDF-ERDF et GDF-Suez). Si ces jugements étaient confirmés, le patron voyou  ne manquerait pas de le transformer en jurisprudence pour appliquer la loi anticasseurs.

Il n’est donc pas surprenant que ce soutien au Conti progresse en permanence, notamment dans les régions Picardie, Nord-Pas-de-Calais, Ile-de-France et bien au-delà. Ce sont des centaines de syndicats qui se mobilisent : l'intersyndical CGT-CFTC-FO-CFDT-FSU-SOLIDAIRES de l’OISE. Au plan national seulement deux de ces organisations appellent à la manifestation devant le tribunal d’Amiens, la FSU et SOLIDAIRE, d’autres s'y sont joints, la Confédération Paysanne, la LDH (Ligue des droits de l’homme) et la CNT (Confédération Nationale du Travail). Il convient de rappeler également la présence à Amiens le 13 janvier de la Fédération CGT de La Chimie.

L’ensemble des organisations de Gauche sera présent à Amiens pour soutenir les Conti : LO, NPA, PC, PG, POI, PRCF, Vert, etc.… Même le PS  a annoncé sa participation.

 

En dernière minute nous apprenons que Bernard Thibaut a décliné l’invitation des Conti.

RAPPEL : En octobre 2008 nous avons obtenu la relaxe pour nos quatre camarades de La Rochelle après plus de 5 années d’actions, notamment les grandes manifs de La Rochelle et Poitiers.

TOUS ENSEMBLE NOUS IMPOSERONS LA RELAXE POUR NOS CAMARADES DE CONTI

Pour le Collectif FSC 53 : ARI Manuel, CADO Monique, COLLET Marcel, GROSSE Jacky, MARIEJEANNE Alain …


Cet article est le 68ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie
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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 14:24

Comment, à la fois, être unitaire et avant-gardiste ?

 

Bernard Thibault contesté, empêché de recevoir son collègue CFDT lors du congrès de la CGT à Nantes, mais rassuré par les taux d’approbation, entre 76 et 87%, des documents présentés au vote des congressistes : tout cela se retrouve dans la revue de presse, à lire, ci-après.

 

Avec Christine Meyer, je représentais le MRC le 7 décembre, lors de la première journée du congrès (voir La CGT, en congrès à Nantes, cherche à se renouveler et se rajeunir - 7 décembre 2009).

 

Bien qu’ayant dû m’absenter pendant une partie du discours de Bernard Thibault, je retiens une apparente sérénité du secrétaire général, sûr de sa réélection, répondant par avance aux contestataires. Il est revenu de ses positions européistes, qu’il prenait dans le but de faire entrer la CGT dans la cour des grands, les syndicats influents au niveau européen.

 

Maintenant, il s’agit de positionner ce syndicat en leader incontestable en France, à la fois unitaire et résistant, capable le plus souvent de s’allier avec la CFDT et les syndicats dits réformistes, quand il faut assurer des compromis favorables à l’ensemble du monde du travail, capable aussi de rechercher l’alliance avec FSU et Solidaires, sur la base de revendications plus exigeantes et, de ce fait, minoritaires.

 

Revue de presse

 

Critiques, frustrations et inquiétudes au congrès de la CGT (Le Monde, Rémi Barroux, 9 déc.)

 

Bernard Thibault commissaire européen aux ouvriers ? (Marianne, Gérald Andrieu, 9 décembre)

 

Au congrès de la CGT, Thibault décommande Chérèque (Le Monde, Rémi Barroux, 10 décembre)

 

Les militants CGT votent à 78,5 % leur nouveau texte d'orientation (Le Monde, 10 décembre)

 

Bernard Thibault entame un 4e mandat à la tête de la CGT (Le Monde, Rémi Barroux, 11 déc.)

 

Bernard Thibault réélu secrétaire général de la CGT (l’Humanité, 11 décembre)

 

Les syndicats en quête d'unité et de stratégie pour 2010 (Le Monde, Michel Noblecourt, 25 déc.)

 

Voici ce dernier article.

 

Guetté avec anxiété par l'Elysée, le patronat et les autres syndicats, le 49e congrès de la CGT, du 7 au 11 décembre à Nantes, n'a pas fait vaciller Bernard Thibault de son siège. Même si le secrétaire général de la CGT a été l'un des plus mal élus lors du renouvellement de la commission exécutive, appelée à prendre une importance accrue (il est arrivé en 50e position sur les 54 membres), son bilan a été validé par 77 % des suffrages et les textes adoptés - document d'orientation et résolutions - ont recueilli de 76,3 % à 86,7 % des voix.

 

Certes M. Thibault a été chahuté par ses divers opposants. Mais s'il a présenté la CGT comme une "force de résistance", sa ligne réformiste a été confortée. L'hypothèque CGT a été levée à l'aube d'une année 2010 qui s'annonce socialement périlleuse. Même si la récession s'éloigne, le taux de chômage risque de frôler les 10 %. Alors que la crise creuse les inégalités, les entreprises s'attendent à une forte poussée des revendications salariales. Pour l'heure, l'atonie du climat social ne laisse pas présager une conflagration générale. Mais le malaise s'installe avec, ici et là, de fortes poussées de fièvre que les syndicats, toujours faibles, peinent souvent à canaliser. Soumis depuis un an à une réforme qui leur impose de franchir le seuil des 10 % pour être représentatifs dans les entreprises, ils vont, plus que jamais, être engagés dans une guerre de tranchées - vitale pour certains.                           

Les partenaires sociaux sont en crise ou s
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interrogent sur leur stratégie. En février, lors de son congrès à Reims, la CFE-CGC jouera son avenir comme organisation catégorielle ou décidera d'élargir son assise au-delà du personnel d'encadrement. En juin 2010, à Tours, François Chérèque va proposer à la CFDT un nouvel aggiornamento. Et le Medef n'échappe pas à la crise, après le départ retentissant de l'industrie agroalimentaire, avec en toile de fond la question de la représentation patronale qu'il ne pourra éluder. Laurence Parisot, candidate à un second mandat à l'été 2010, est fragilisée. Le patronat affiche ses divisions.

 

A peine le Medef et la CGPME avaient-ils signifié leur refus de négocier sur le dialogue social dans les très petites entreprises (TPE) que l'Union professionnelle artisanale (UPA) s'accordait avec les syndicats pour préparer "une lettre commune à destination du gouvernement", avant que celui-ci présente, au premier trimestre, un projet de loi.

 

De nombreuses discussions sont déjà inscrites à l'agenda 2010. "Il n'y a pas une semaine sans négociations entre les partenaires sociaux", notait Mme Parisot, le 26 novembre, lors d'un colloque au Sénat. "Les négociations, concertations, délibérations proposées par le Medef se multiplient, répondait M. Thibault, le 11 décembre. Mais les perspectives d'aboutir se font de plus en plus minces." A première vue, le grain à moudre abonde, avec moult sujets sur la table : le droit à la mobilité, le harcèlement au travail, l'égalité professionnelle hommes-femmes, le dialogue social dans les TPE, l'avenir du paritarisme, sans oublier le rendez-vous sur les retraites.

 

Dans son bulletin Actualité de décembre, l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) critique "la spécificité française d'un Etat interventionniste, toujours méfiant vis-à-vis de la société civile". S'en prenant sans la nommer à la méthode de Nicolas Sarkozy, l'UIMM dénonce ce "jacobinisme centralisateur" qui "a pris une ampleur particulière sous l'effet de trois facteurs cumulatifs : d'abord les engagements électoraux présidentiels incitant à une vague ininterrompue de réformes, puis la crise plaçant les pouvoirs publics au coeur de l'action économique et sociale, enfin une inclination marquée pour des affichages médiatiques répondant aux élans compassionnels de l'opinion". Halte à la "boulimie législative"...

 

Face à cette boulimie sociale, les syndicats cherchent à retrouver, pour aborder 2010, le Graal de l'unité qui leur a si bien réussi en 2009. Avec de fortes mobilisations à la clef, le G8 syndical - CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU, Solidaires - a tenu jusqu'à l'été. Depuis l'automne, il est au point mort. A défaut de rallier ses partenaires à la grève générale, FO fait désormais bande à part. Le 26 octobre, c'est à sept que la plate-forme revendicative a été actualisée. A minima.

 

Même s'il a dû décommander in extremis M. Chérèque, à cause de l'accueil que ses opposants lui promettaient, Bernard Thibault a réaffirmé à Nantes son credo unitaire : "La CGT est la première organisation aussi parce qu'elle travaille au défi de l'unité. Le virus le plus dangereux pour les salariés, cela a toujours été la division."

 

En janvier, le G8 sans FO essaiera de se remettre en selle, à moins que les réformistes tentent, avec la CGT mais sans Solidaires, plus radical, d'unir leurs forces. La pierre d'achoppement en vue s'appelle "retraites". "L'avenir des retraites sera au coeur de l'affrontement social en 2010", a affirmé M. Thibault pour qui ce sera "le marqueur de la volonté de résistance des salariés". Ce sera aussi le marqueur de l'unité. Le rendez-vous sera-t-il maintenu ou renvoyé après 2012 ? Mme Parisot a fait une ouverture en assurant que l'âge de la retraite ne sera pas "le seul paramètre". Mais, avec ou sans le Graal de l'unité, les syndicats sont déjà l'arme au pied.

 

Cet article est le 67ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

 
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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 15:45

Le chômage est le problème prioritaire des Français

 

En cette période des fêtes de Noël, je me pose la question de ce qui préoccupe le plus mes compatriotes. Le chômage, bien sûr. Alors, parlons-en. J’ai vu passer cette dépêche AFP : un million de chômeurs en fin d’indemnisation en 2010. Elle est reprise par l’Humanité. Je vais y venir. Mais, auparavant, rappel de deux articles sur ce blog :

Chiffres du chômage : en hausse de 20% depuis un an en France - 3 décembre 2009.

En 2010, l'Europe sera au régime sec du chômage et de la rigueur - 22 décembre 2009.


AFP, Paris, 14 décembre 2009 :

Un million de chômeurs épuiseront leurs droits à indemnisation en 2010, après 850.000 cette année, selon une note de Pôle emploi consultée par l'AFP, FO, la CGT et la CFTC criant lundi à l'"urgence" alors que le patronat admet "un vrai sujet" mais veut "plus d'éléments pour réfléchir".

Patronat et syndicats étaient réunis pour leur négociation sur "la gestion sociale des conséquences de la crise sur l'emploi". La question des chômeurs en fin de droits, traitée par un groupe de travail qui se réunira entre le 20 et 22 janvier, ne sera pas abordé en séance plénière avant le 26 février, a déploré Stéphane Lardy (FO). Or, "il y a une urgence sur les fins de droit dont le nombre est en train de monter en flèche, et l'Etat est concerné".

"La problématique des fins de droit, et particulièrement des seniors va exploser dans les mois qui viennent, on demande une solution avant que ce ne soit catastrophique", a souligné Gabrielle Simon (CFTC) déplorant un service public de l'emploi qui "ne sait réagir que quand la situation est dégradée".

Selon les chiffres de Pôle emploi, "le nombre de sorties du régime d'assurance chômage pour fin d'indemnisation est estimé à 850.000 en 2009 et 1.000.000 en 2010" et "le nombre d'entrées en ASS est estimé à 149.000 en 2009 et 170.000 en 2010". Moins de 20% seraient donc éligibles à l'Allocation spécifique de solidarité (ASS), environ 450 euros versés par l'Etat sous condition de ressources du ménage. Le patrimoine est aussi pris en compte, et selon des témoignages de l'association de chômeurs MNCP, le demandeur est invité d'abord à vider ses éventuelles économies ou à vendre son logement s'il en est propriétaire.

"La négociation portait sur les mesures d'urgence face à la crise, or on est en train d'escamoter un point important, la problématique des fins de droit, ce n'est pas acceptable", a protesté Maurad Rahbi (CGT). "C'est la priorité des priorités, il faut prendre le problème à bras le corps comme pour le chômage partiel", a ajouté M. Rahbi, pour qui "ça traîne" (…).


Sur le même sujet, sur le site de l’Humanité (20 décembre) :
Un million de chômeurs au bord du gouffre.

Le chômage n’est pas ce qui reste de la crise. Il est le prix payé par les salariés pour la reprise capitaliste.

Lire la suite de l’éditorial du même journal, paru sur papier le 21 décembre, signé Maurice Ulrich : Diversions.

 

Sur le site de Marianne, Bénédicte Charles, le 22 décembre, faisait le bilan des réformes qui contribuent à fragiliser l'emploi en France. Après les auto-entrepreneurs, le cumul emploi-retraite. Une réforme qui fragilise l'emploi des jeunes, et rompt la solidarité entre les générations : Les fossoyeurs de l'emploi: le cumul emploi-retraite. 

 

Voir aussi : Patrick Quinqueton (MRC) : à gauche, travailler ensemble pour l'emploi - 18 octobre 2009.

 

Cet article est le 66ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 23:21

Le principal syndicat des salariés se restructure

 

Le 49ème congrès de la CGT a été ouvert par le discours de son secrétaire général, Bernard Thibault, en ce début d’après-midi au parc des Expositions de Nantes. J’étais présent avec Christine Meyer, conseillère municipale de Nantes, à la demande de notre direction nationale, afin de représenter le Mouvement Républicain et Citoyen.

 

Je propose une revue de presse avant ce congrès ...

 

La mutation réformiste de Bernard Thibault à l'épreuve, par Michel Noblecourt (Le Monde, 4 décembre),


Bernard Thibault juge son bilan « équilibré »
(Ouest-France, 5 décembre),

 

La CGT tire son épingle du jeu dans un contexte difficile (l’Humanité, 7 décembre),

 

Thibault : "La trouille reste le principal obstacle" à se syndiquer (Le Monde, 6 décembre),

 

… et deux blogs républicains :

 

CGT: un congrès qui doit compter... publié par BARTET-BEAUQUIER sur le blog 2007: Aux armes citoyens  C’est l'analyse d'un syndicaliste extérieur à la CGT ( B.Boisseau est ancien co-secrétaire général du SNES-FSU) à la veille de l'ouverture de son congrès national … Lire la suite(5 décembre),

 

49ème Congrès de la cgt : Jean-Pierre Delannoy : « La cgt a tourné le dos à la lutte des classes » (El diablo, 6 décembre).

 

Voir aussi : Le gouvernement, pas étranger aux difficultés des centrales syndicales - 13 novembre 2009. 5 13 11 2009 23:52

 

Cet article est le 65ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 23:29

Chômage de masse et précarité du travail s’installent

 

Ne parlons pas de crise économique, mais de mutation du capitalisme. On s’installe dans un état de chômage de masse et de précarité du travail, qui devient permanent.

 

D’abord, le chômage (Contre Info, 27 novembre).

 

Chômage : la barre des quatre millions a été franchie en octobre

 

En octobre le nombre de chômeurs de la catégorie A, n’exerçant aucune activité, a atteint 2,627 millions. En incluant les chômeurs ayant exercé une activité réduite durant la période, ce sont aujourd’hui plus de quatre millions de personnes en France qui recherchent un emploi. En un an, ce chiffre a augmenté de 20%. Toutes catégories confondues, 4,629 millions de demandeurs d’emplois sont inscrits à l’organisme Pôle Emploi.

Statistiques pôle emploi, octobre 2009

Fin octobre 2009, en France métropolitaine, 3 788 200 personnes inscrites à Pôle emploi étaient tenues de faire des actes positifs de recherche d’emploi (4 019 700 en France y compris Dom), dont 2 627 300 étaient sans emploi (catégorie A) et 1 160 900 exerçaient une activité réduite, courte ou longue (catégories B, C).

Parmi les demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, le nombre de personnes sans emploi (catégorie A) en France métropolitaine augmente par rapport à la fin septembre 2009 (+2,0 %, soit +52 400). Sur un an, il augmente de 25,0 %. Le nombre de personnes exerçant une activité réduite courte, d’au plus 78 heures au cours du mois, est en baisse (-2,6 %, catégorie B) et le nombre de personnes pratiquant une activité réduite longue, de plus de 78 heures au cours du mois, augmente (+0,6 %, catégorie C).

Au total, le nombre de demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi (catégories A, B, C) augmente de 1,1 % (+ 43 000) en octobre. Sur un an, il augmente de 20,3 %.

Source : Ministère du Travail

 

En Mayenne, le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 28% sur un an.

 

La Lettre du CEAS (voir Réseau Culture et Promotion : Centre d'Etude et d'Action Sociale), en novembre 2009, dans sa rubrique Actualités statistiques, communique les données de Pôle emploi, fin septembre : 16 348 inscrits, dont 14 043 tenus à des actes positifs de recherche d’emploi (catégories A, B et C). L’augmentation est 12,8% sur un trimestre et 28,6% sur un an.

 

Le taux de chômage en Mayenne reste le plus faible de la région des Pays de la Loire (6,5% au 2ème trimestre 2009, contre 8,2% sur la région et 9,1% au niveau national. Mais l’augmentation est forte sur un an (28,6%), principalement pour les hommes (41,8%) et les jeunes de moins de 25 ans (35,1%).

 

En Mayenne, la proportion de femmes et de jeunes* est plus élevée parmi les demandeurs d’emploi. Par contre, la durée du chômage est plus faible.

 

* Ne pas confondre la part des jeunes de moins de 25 ans parmi les demandeurs d’emploi et le taux de chômage de ces jeunes. Fin mars 2009, sur 100 demandeurs d’emploi de catégorie A en Mayenne, 21 étaient âgés de moins de 25 ans. Le taux de chômage, qui est la part de chômeurs parmi les actifs de moins de 25 ans, est faible en Mayenne, même si elle a augmenté récemment.


Quant à la précarité
, elle a été décrite dans un article paru sur le site de l’Humanité, le 12 novembre 2009, signé du sociologue Robert Castel.

Voir Robert Castel : « La précarité est devenue un état permanent ».

 

Des initiatives ont été prises par plusieurs organisations de chômeurs - voir AGENDA - 5 DECEMBRE MANIFESTATIONS CONTRE LE CHOMAGE ET POUR LA JUSTICE SOCIALE (Marches régionales contre le chômage et la précarité.).

 

A Rennes, le départ aura lieu à 15h, place de la gare, samedi 5 décembre. Le Front syndical de classe* soutient sans réserve cette initiative. Correspondant pour les Pays de la Loire : le mayennais Marcel Collet (02 43 03 96 23 – patrick.martnez-perez@wanadoo.fr). 

* Un collectif Front syndical de classe a été créé dans le Grand Ouest - 12 nov 2009.

 

Cet article est le 64ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

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