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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 23:52

Les syndicats de salariés sont mis en concurrence

 

Le mouvement social est « introuvable », selon une note produite par un organisme qui réunit les directions des ressources humaines des plus grandes entreprises françaises (voir cet article de Rémi Barroux, paru le 8 octobre sur le site du quotidien Le Monde, La question salariale pourrait fédérer un mouvement social éclaté).

 

(...) Cela ne signifie pas absence de mouvement social. Si "le climat social paraît relativement stable", s'il n'y a pas de "collectivisation des actions ", les auteurs soulignent "la dégradation des rapports sociaux dans la société elle-même, la montée des frustrations et des ressentiments".

 

Le faible nombre des participants à la journée d'action internationale en faveur du "travail décent", mercredi 7 octobre, ne doit pas masquer le nombre de conflits sociaux, grèves, occupations d'usine, qui émaillent le territoire. Les auteurs de l'étude d'Entreprises & Personnel intitulée "Entre colères et fatalisme", présentée le 29 septembre, recensent aussi les phénomènes de "sous-travail", d'absentéisme, de "présentéisme contemplatif", de risques psychosociaux liés aux "impératifs de restructuration".

 

Le malaise social est toujours là alors que, malgré quelques signes de reprise, la crise n'en finit pas de se traduire sur le terrain par l'annonce de fermetures ou de réorganisations d'entreprises et, plus globalement, par la montée du chômage. La grogne sociale ne se mesure plus au nombre de participants aux manifestations interprofessionnelles, elle se vérifie par entreprise ou par secteur (...).

 

Pour sa part, dans le même journal, Michel Noblecourt considère que Le déclin des "grand-messes" syndicales n'est pas inexorable. Même si le « G8 », c’est-à-dire les huit organisations syndicales, peine à se relancer.

 

(...) L'échec de la journée d'action du 13 juin a mis du plomb dans l'aile du "G8". Et, depuis, le contexte a changé. Même si la sortie de la récession se profile, la crise est toujours là. Elle attise le mécontentement et, là où les plans sociaux tombent brutalement, la tentation jusqu'au-boutiste. La sombre perspective d'une dégradation accélérée du chômage nourrit les angoisses sociales et n'incite pas à la combativité. Loin de favoriser les "grand-messes" syndicales à répétition - que l'ancien président du Conseil Edgar Faure résumait par une formule féroce : "Litanie, liturgie, léthargie" -, l'air du temps favorise le repli des salariés sur leur entreprise. Là, ils courbent le dos en attendant la fin de l'orage. Ou ils se battent avec l'énergie du désespoir.

 

Avec la réforme de la représentativité syndicale, qui oblige les syndicats à recueillir 10 % des voix aux élections professionnelles pour avoir un certificat de légitimité dans l'entreprise, la concurrence est de plus en plus vive au sein du "G8". Le fossé se creuse entre l'axe CGT-CFDT qui, à l'origine de la réforme, affiche une entente de plus en plus complice, et les autres syndicats qui luttent pour leur survie (...).

 

 

Une décision de justice tendrait à remettre en cause la réforme de la représentativité syndicale. C’est ce qu’on pouvait lire, le 9 novembre sur le site de Marianne (Gérald Andrieu). Extraits.

L’information a peu été relayée. Pourtant, le tribunal d’instance de Brest vient de mettre un grand coup de canif à une des principales réformes de Nicolas Sarkozy : celle de la représentativité syndicale.

L’essentiel de cette réforme, rappelons-le, repose sur une mesure : lors des élections professionnelles, ne peuvent désigner un délégué syndical que les organisations qui ont atteint le seuil de 10% des voix. Mais voilà, le tribunal d’instance de Brest, saisi notamment par FO, a tranché : cette mesure est, si l'on se réfère au droit européen, « contraire au principe de la liberté syndicale et constitue une ingérence dans le fonctionnement syndical ». Les juges s'appuient sur la Convention européenne des droits de l'Homme qui interdit toute « restriction » à la liberté syndicale. Par ailleurs, les magistrats bretons ont considéré que la dérogation accordée à la CFE-CGC, le syndicat des cadres, était « discriminatoire ». La réforme permet en effet à cette formation de décrocher un poste de délégué syndical, si elle obtient 10% des suffrages dans le seul collège électoral des cadres.

 

Cette décision, ce n’est pas rien. Cette semaine encore, avant que ne soit connue cette décision du tribunal d’instance brestois, François Fillon se gargarisait devant les députés de la politique de « rupture » engagée par son gouvernement. Quelles réformes citait-il en exemple ? Celles de l’autonomie des universités et… de « la représentativité syndicale, sur laquelle personne n'avait voulu agir depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale » !

Vers «un syndicalisme hors-sol»

Cette réforme a toujours été présentée par le gouvernement comme un moyen de mieux prendre en compte l’expression des salariés et, donc, à terme, d’améliorer la syndicalisation. Mais il n’en est rien. Jusque dans l’entourage du chef de l’Etat, on concède qu’elle a surtout pour but de renforcer deux organisations, la CFDT et la CGT, avec lesquelles le président a développé des relations privilégiées. L'issue de la mobilisation sociale contre la crise que nous venons de connaître est bien une preuve que cette approche élyséenne a eu un certain succès… D’ailleurs, la CFDT et le ministère du Travail ont tous deux annoncé vouloir déposer un recours en cassation du jugement du tribunal d’instance de Brest.

 

Mais s’il n’y avait que ça. Interrogé par Marianne2 il y a quelque temps, Dominique Andolfatto, professeur de sciences politiques à Nancy II et co-auteur de « Toujours moins ! Déclin du syndicalisme à la française » (1) expliquait pourquoi cette réforme ne peut pas dignement favoriser la syndicalisation : « Elle va transformer les syndicats en pures machines électorales. Tous les quatre ans, lors des élections en entreprises, ils vont faire campagne. Ils n’auront pas besoin d’adhérents mais d’électeurs. Ça va donner des sortes de conseillers généraux au petit pied, élus aux postes de délégués du personnel ou comme membres des Comités d’entreprises. »

 

Une situation déjà bien engagée, diront certains. C’est juste. Dominique Andolfatto rappelle que la professionnalisation du monde syndical de ces derrières années a déjà donné naissance à « un syndicalisme un peu hors-sol, un syndicalisme qui n’a plus besoin de beaucoup d’adhérents ». D’après lui, ce travers risque de se trouver renforcée avec cette réforme qui « va donner des professionnels de l’action syndicale loin des salariés qui seront nécessairement moins bien défendus ». En somme, la réforme de la représentativité syndicale chère à Nicolas Sarkozy et François Fillon, c’est un peu les primaires, appliquées au monde syndical. Une raison supplémentaire de se réjouir de la décision du tribunal d’instance de Brest…

 

 Cet article est le 63ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 23:53

Pour une riposte de tous les syndicats face à Sarkozy

 

Ils sont très minoritaires, mais ils portent le ressentiment des salariés à l’égard des directions des organisations syndicales, qui ne parviennent pas à s’entendre pour faire face à la politique de régression sociale menée par Sarkozy.

 

Marcel Collet m’avait déjà transmis sa lettre à Bernard Thibault (voir Marcel Collet, militant syndicaliste CGT 53, interpelle son dirigeant - 16 mai 2009).

 

Il récidive en me transmettant le texte adopté par le collectif Front syndical de classe du Grand Ouest, qui était réuni le 24 octobre à Laval.

Je me limiterai ici à reproduire ce texte. Je reviendrai demain sur la question syndicale et, notamment, la position de Bernard Thibault, responsable de la CGT, qui le restera après le prochain congrès de Nantes.

 

NON A LA REPRESSION. AGISSONS TOUS ENSEMBLE AUX COTES DE NOS CAMARADES D’EDF (ERDF-GRDF) ET EGF-SUEZ

 

Depuis l’élection de SARKOZY, le gouvernement et le MEDEF accélèrent la politique de Régression Sociale. Licenciements par centaine de milliers, délocalisations, démantèlement des services publics. Répression syndicale et individuelle dans tous les secteurs : Travailleurs en lutte, sans papiers, étudiants, lycéen.

 

Dans de nombreuses entreprises (publiques et privées) nous nous révoltons face à des suicides à répétitions (des centaines par ans,  selon des statistiques sérieuses). Malgré les manœuvres de la plupart des directions syndicales nationales, des luttes importantes se développent CONTI, GOODYEAR, CATTERPILAR, MOLEX, MICHELIN, etc…, et des centaines d’autres, notamment des grandes entreprises des secteurs Public et Privé.

 

Aujourd’hui nous nous limiterons à donner des informations sur une grande entreprise récemment privatisée ou nos camarades mènent une lutte exemplaire.

 

EDF, ERDF-GRDF, GDF-SUEZ, PLUSIEURS MOIS DE LUTTES, DES CENTAINES DE SANCTIONS. 

 

Les politiciens de droite, comme de gauche avaient promis « EDF-GDF ne sera pas privatisé », vous connaissez la suite…. Depuis le printemps, nos camarades mènent une lutte exemplaire, un certain nombre d’entre eux ont dépassé deux mois de grève ; tout naturellement, la direction avec le soutien du MEDEF et du système fascisant sarkoziste répond par la répression, 240 travailleurs sont poursuivis, certains ont été mis en examen.

 

Pour la région de Toulouse, une procédure de licenciement est engagée à l’encontre de 6 militants. En Ile de France 18 camarades subissent la même procédure. Tout naturellement, les militants CGT sont particulièrement visés. Dans le 92 (Hauts de Seine), Xavier CHUAT secrétaire adjoint du syndicat est concerné par cette mesure. A Paris, c’est le jeune secrétaire du syndicat, Cédric LIECHTI, qui est aussi menacé de licenciement.

 

« LE PATRONAT A VOLE EDF-GDF QUI APPARTENAIT DEPUIS 60 ANS A LA NATION ET A SON PEUPLE. AUJOURD’HUI NOUS AVONS REJOINT LE MAQUIS POUR RENATIONALISER NOS ENTREPRISES »

 

Cette citation est celle de Cédric ; au FSC nous l’approuvons à  100% et nous souhaitons qu’elle devienne le mot d’ordre des dizaines de millions d’usagers d’EDF-GDF et de l’ensemble des Services Publics.

Le 22 octobre, Cédric était convoqué par le conseil de discipline au siège de GDF Suez. A cette occasion l’accusé est devenu accusateur en dénonçant la stratégie des directions EDF et GDF-SUEZ, et du gouvernement. Il était accompagné de larges délégations de militants CGT et SUD ainsi que de représentants du PCF, du NPA et du PG (Parti de Gauche) ; une absence remarquée, celle de Bernard THIBAULT.

 

Il y a 41 ans (le 11 mai 1968), Georges SEGUY proposait aux autres organisations syndicales une grève nationale pour s’opposer aux violences policières à l’encontre de la jeunesse, vous connaissez la suite, le résultat fut positif pour les jeunes et l’ensemble de la classe ouvrière.

 

Il est  vraiment regrettable qu’en 2009, les directions CGT et CFDT unissent leur effort pour aider le patronat et le gouvernement pour nous empêcher d’AGIR TOUS ENSEMBLE EN MEME TEMPS.

 

Le but du FSC n’est pas de créer un nouveau syndicat mais de réaliser les conditions de l’union à la base dans les luttes, ce que refusent les directions nationales de plusieurs fédérations.

 

Nous ne laisserons pas les militants d’EDF, GDF-SUEZ (ainsi que dans des centaines d’autres entreprises) subir la répression Patronale et Gouvernementale.

 

NOUS APPELONS TOUS LES SALARIES (QUEL QUE SOIT LEUR CHOIX SYNDICAL) A SE RENCONTRER ET EXIGER EN DIRECTION DES 8 CENTRALES SYNDICALES NATIONALES L’ORGANISATION D’UNE RIPOSTE TOUS ENSEMBLE.

Le Collectif FSC (Front Syndical de Classe du Grand Ouest)

Laval le 24 octobre 2009

 

DERNIERE MINUTE : PLUSIEURS LICENCIEMENTS EFFECTIVEMENT PRONONCES A TOULOUSE*

 

Organisé sur l’initiative de militants CGT et FSU, le FSC (Front Syndical de Classe) à été créé officiellement au cours d’une assemblée générale le 27 juin 2009 à Paris. Depuis sa création, de nombreux militants et d’autres syndicats (notamment FO et SUD, sont venus se joindre à nous). Dans les 9 départements Bretagne et Pays de la Loire, nous avons des adhérents et de nombreux sympathisants (cette déclaration a été votée unanimement par la vingtaine de militants représentant les 9 départements du Grand Ouest).

 

Pour informations : Bretagne : 02 96 82 11 50 / Pays de Loire : 02 43 03 96 23

 

« Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l'unité, son motif le plus puissant. C'est pour la mener avec succès en rassemblant l'ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n'est pas une invention, c'est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu'elle cesse : renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l'exploitation et à l'écrasement. »       Henri Krasucki

 

Site : www.frontsyndical-classe.org  - Courriel : frontsyndical.classe@laposte.net

 

* Pour en savoir plus, voir l’article paru le 30 octobre sur le site de l’Humanité : Licenciés pour l'exemple

 

A noter, la position du MRC 53 sur la question sociale :

Gérard Beillard (MRC 53) : le système social est détricoté par l'Etat - 29 septembre 2009

Michel Sorin (MRC) : le social doit être au coeur du projet de la gauche - 30 septembre 2009

 

Cet article est le 62ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

 

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 22:03

Les axes d’une politique de l’emploi et du travail

 

« Nous militons pour une République sociale. Le social doit être au cœur du projet de la gauche ».Ce titre de l’article paru sur ce blog le 30 septembre (voir Michel Sorin (MRC) : le social doit être au coeur du projet de la gauche) résumait notre volonté de mettre le travail, l’emploi, le social, au premier rang des préoccupations de la gauche.

 
Nous avons la satisfaction de retrouver ces préoccupations dans l’exposé de Patrick Quinqueton, l’un des « poids lourds » de la direction du MRC, chargé notamment du Projet et des prises de position de notre parti, qui représentait le Mouvement Républicain et Citoyen, hier, lors de la journée de débat et de propositions organisée par le Parti socialiste, avec l’ensemble des partis de gauche et des syndicats.



Patrick Quinqueton, le 5 septembre 2009,
lors de l'université d'été du MRC, à Toulouse
.



Les axes d’une politique de l’emploi et du travail


 

 

1 – Une politique européenne favorable à l’emploi

  • Réglementer les produits financiers opaques, à l’origine de la crise financière.
  • L’Europe doit lutter contre le dumping monétaire, social et environnemental.
  • Cela rend nécessaire un protectionnisme européen raisonnable (il y a des intérêts européens à protéger, il faut s’en donner les moyens, les pays émergents l’ont bien compris), par des moyens simples comme des normes, des droits, des montants compensatoires, etc.
  • La politique de la concurrence doit prendre en compte la concurrence faussée par le taux de change, par la faiblesse de la protection sociale, par l’absence de respect de l’environnement.
  • Une politique monétaire favorable à la croissance (c’est-à-dire un nouveau système de parités encadrées permettant une stabilisation du rapport dollar – euro – yen – et yuan).
  • Un véritable gouvernement économique de la zone euro doit être mis en place, car il est le seul à pouvoir faire de l’emploi un des objectifs de la politique économique.

2 – Une politique industrielle nouvelle et efficace

  • Des éléments existent, comme la mise en place de pôles de compétitivité, auxquels certains conseils régionaux de gauche ont contribué fortement depuis quelques années. Les régions doivent continuer de s’investir davantage dans la politique industrielle.
  • Il faut reconstruire un lieu d’initiative de l’Etat (un ministère de l’innovation), qui impulse, anime et appuie les initiatives structurées de nature à créer les emplois de demain.
  • Elle doit aussi être l’affaire des partenaires sociaux : une position commune avait été adoptée il y a quelques années, restée malheureusement sans suite. Les organisations professionnelles et syndicales ne découvrent pas les problèmes quand il y a un sinistre industriel. La négociation sociale doit exister sur ce sujet sur la longue durée. Leur association dans le FSI ne doit pas être de pure forme : une évaluation en est nécessaire.

3 – Une sécurité sociale professionnelle

  • Il est important de rendre la mobilité inévitable des salariés compatible avec la sécurité de leur situation sociale, professionnelle, personnelle et familiale.
  • Dans ce domaine, il y a lieu d’observer de près les balbutiements que sont les accords nationaux interprofessionnels qui mettent en place des systèmes de portabilité, notamment en matière d’affiliation à une prévoyance santé et de droit individuel à la formation.
  • De même, il y a lieu de suivre de près le contrat de transition professionnelle, qui va aussi dans ce sens mais est actuellement ciblé sur les zones de fortes restructurations.
    C’est un système plus englobant auquel il nous faut réfléchir.
  • Le lancement difficile de Pôle Emploi en période d’explosion du chômage, à partir dune bonne idée, ne doit pas nous résigner à ce que le SPE soit inefficace. Des régions, des professions, des institutions diverses prennent des initiatives pour des contacts plus directs entre entreprises et demandeurs d’emploi (forums des métiers et de l’emploi). Cela va dans le sens d’une sécurité sociale professionnelle.

4 – Les limites des emplois aidés de droit ou de fait

  • Le journal « Marianne » de cette semaine titrait ainsi un de ses articles «Vous avez aimé les emplois jeunes vous aimerez les emplois vieux».
  • La logique des emplois aidés à statut spécifique et avantage juridique et financier pour l’employeur doit être entièrement revue. L’expérience des emplois jeunes montre que cela marche bien en période de croissance, mais est peu utile en période de récession.
    L’addition des systèmes finit par créer une énorme trappe à bas salaires : les contrats aidés pour l’insertion des jeunes, les aides à l’activité des bénéficiaires du RSA, la possibilité de cumul emploi retraite, la prime pour l’emploi, etc (exemple donné du prospectus distribué par une entreprise de distribution de journaux et catalogues, d’adressant aux différents publics à raison des aides dont ils bénéficient pat ailleurs).
  • Il nous faut sur ce plan être beaucoup plus sélectifs dans les aides publiques et éviter que les emplois aidés soient nécessairement sous des statuts précaires.

5 – Un véritable statut du travail

  • Le consentement à la dissociation entre travail et activité est dangereux. Il est à la fois le fait d’une partie de la droite (pour des raisons de soit-disant inemployabilité de certaines personnes par les entreprises) et d’une partie de la gauche (pour des raisons compassionnelles mais somme toute assez proche de difficultés d’insertion de certains publics fragiles).
  • C’est au contraire le statut du travail dans nos sociétés qui doit être renforcé. La bulle financière a pu longtemps donner le change : on pourrait gagner sa vie en ne travaillant pas. Mais ce n’est pas vrai pour la grande majorité de la population.
  • Il s’agit aussi de poser la question politique du stress au travail. La multiplication des suicides à France Télécom ne doit pas être appréciée de façon compassionnelle. Le passage du salarié d’une obligation de moyens à une obligation de résultat (alors même qu’il ne les maîtrise que très partiellement) remet en cause le fondement même de la relation de travail.
  • Le nécessaire statut du travail passe sans doute par une clarification des droits et obligations des employeurs et des salariés, en évitant un certains nombre de seuils. La complexité du droit du travail conduit à des contentieux indemnitaires nombreux et coûteux. Simplifier et renforcer le droit du travail est un objectif possible.

Voir aussi La question salariale pourrait fédérer un mouvement social éclaté (Le Monde, 8 octobre).

 

Le mal être du monde du travail en France, le désespoir qui gagne un grand nombre de salariés, sont des faits incontestables que la gauche doit prendre en compte au moment de préparer le projet politique qu’elle présentera aux citoyens dans deux ans.

 

Les syndicats et le mouvement social sont dans l’attente de débouchés politiques aux luttes qui sont menées, dans des conditions difficiles, sur le terrain. C’est le travail de la gauche. Espérons qu’elle sera à la hauteur des aspirations, profondes et intenses, qui montent vers elle.

 

Cet article est le 61ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 17:45

Nous militons pour une République sociale

 

J’ai présenté, hier, sur ce blog, les réflexions de Gérard Beillard sur le social (voir Gérard Beillard (MRC 53) : le système social est détricoté par l'Etat - 29 septembre 2009).

 

Dans l’échange que nous avons eu à propos de son texte, j’ai été amené à préciser ce que j’entends par social. Car, bien souvent, la distinction est faite dans les esprits entre l’économie et le social, en considérant que l’économie prime sur le social.

 

Le social n’est pas un sous-produit résiduel de l’activité économique. Il concerne l’organisation et le développement de la société.

 

C’est la responsabilité des pouvoirs publics, donc du politique, de définir cette organisation, qui s’impose à tous les acteurs de la vie sociale, y compris les acteurs économiques dans leur grande diversité juridique (entreprises privées, publiques, mutualistes, coopératives…) et statutaire (détenteurs du capital, salariés).

 

Jusqu’à la fin des années 1970,  il y avait un certain équilibre entre le capital et le travail d’une part, et entre l’économique et le social d’autre part, les pouvoirs publics (Etats) assurant le respect de règles assez contraignantes pour les uns et les autres.

 

L’offensive dérégulatrice que l’on a coutume d’appeler néolibérale, à l’initiative du capital, a placé les actionnaires en position de force dans les entreprises et, par le biais de l’idéologie et de relais placés dans la construction supranationale européenne, a réussi à démobiliser les Etats, laissant le monde du travail en situation de faiblesse et l’économie réelle sous la coupe de la finance mondialisée.

 

L’Union européenne a joué un rôle déterminant au service des grands groupes de l’économie et de la finance, avec le consentement des dirigeants politiques placés à la tête des Etats membres.

 

Le pouvoir ayant glissé des Etats nationaux à l’entité européenne, c’est à ce niveau que la politique doit reprendre ses droits. Pas seulement par le Parlement européen, car celui-ci a peu de pouvoir réel et est, bien souvent, le relais de l’idéologie libérale. Mais par les Etats qui représentent la souveraineté populaire.

 

C’est pourquoi il est si important de réorienter la construction européenne, de manière à rendre possible, au niveau national, la réintroduction du social au cœur du projet politique.

 

Il n’est pas faux de dire qu’une politique sociale est incompatible avec les traités européens actuels. Pour que nous puissions vivre dans une République sociale et laïque, il y a un préalable qui consiste à élire une majorité parlementaire au niveau national, qui soit porteuse de ce projet au niveau européen, afin de refonder l’Europe sur des bases démocratiques solides.

 

Cet article est le 60ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 21:37

Citoyens, réagissons avant d’être complètement cuits !

 

Dans un précédent article sur ce blog, je rapportais le constat d’un vif mécontentement des ouvriers et des paysans français vis-à-vis de leurs élites qui les représentent « en hauts lieux » (voir La base ouvrière et paysanne est très remontée contre les dirigeants - 24 septembre 2009).

 

Gérard Beillard habite à Saint-Berthevin (comme moi), travaille à temps partiel en tant qu’ouvrier dans une entreprise textile de Laval, et milite au MRC 53. Il a tenu à mettre sur le papier son propre mécontentement à l’égard des dirigeants de notre pays.

 

L’évolution du social est comparée à la grenouille qui se trouve dans une marmite d’eau de plus en plus chaude. En ne réagissant pas quand elle a les moyens de s’extirper de la marmite, elle met sa vie en danger.

 

Gérard Beillard a publié des articles sur ce blog (voir Santé et sécu sociale et Les retraites). Voici son texte.

 

Le social, oublié en ce début du 21ème siècle

 

Ce qui préoccupe les politiciens et les économistes, c’est, bien sûr, la crise économique et écologique. Certes, ce sont deux sujets à ne pas négliger, mais dans lesquels le social n’est pas pris en compte. On ne fait que parler du chaos de l’économique, mais depuis le tsunami bancaire et financier, peu de choses ont changé, hélas ! De manière laconique, on peut dire : peu de changement de pratique.

 

Les intentions généreuses et les ébauches de remise en ordre de la finance mondiale montrent cruellement leurs limites. Les pouvoirs politiques ne font que du saupoudrage. Ils ne remettent en rien en cause la philosophie spéculative financière, la rentabilité à tout prix. Par manque de conviction, ils ne proposent pas un autre modèle de société, reposant sur la valeur du travail, l’humanisme, avant les spéculations outrancières. Et, donc, tout se fera comme avant.

 

Initier un contrôle des paradis fiscaux en levant une partie du secret bancaire, c’est bien, mais il faut aller plus loin, du côté des fonds spéculatifs, qui n’ont jamais été aussi importants. Car, au-delà de quelques dividendes politiques, à la suite du battage médiatique bien organisé autour de symboles accrocheurs, qu’en reste-t-il de concret ? Rien n’a changé. On continue comme si rien ne s’était passé.

 

Dans Ouest-France (24 septembre 2009), Paul Burel l’explique très bien. Certes, relever que la Suisse entr’ouvre ses coffres, cela peut paraître spectaculaire. Cela n’empêche en rien la très grande majorité des paradis fiscaux anglo-saxons et asiatiques de continuer, derrière des sociétés écrans, à laisser proliférer l’argent sale des mafias, à l’abri des regards et, surtout, des sanctions. Pourtant, s’y attaquer permettrait de renflouer les caisses de l’Etat et, donc, de promouvoir un social digne de ce nom.

 

Les citoyens, en France, en Europe et dans le monde, devraient regarder en face la réalité spéculative financière qui n’a pas changé. La finance a plié sous la contrainte des Etats, mais elle ne s’est pas soumise et reste en parfait état de marche, preuve que les gouvernements n’ont pas été assez loin dans leur demande de comptes et réparations. La City de Londres et Wall Street à New York, les gardiens emblématiques du temple, sont là pour en témoigner, sans aucune crainte et avec une arrogance bien vite retrouvée. Le capitalisme s’est, soit disant, amendé mais il ne s’est pas profondément réformé.

 

Pourtant, il existe un recours pour contraindre cette idéologie de pensée et faire fonctionner autrement l’économie de marché. Cela suppose des femmes et des hommes qui ne ferment pas les yeux, qui aient le courage de changer les données. Pour démontrer qu’il peut exister un autre modèle de société plus humaniste, sans que ce soit utopique de le dire, il faut le vouloir.

 

Bien sûr, cela ne sera pas facile de corriger l’idéologie financiarisée extravagante passant au-dessus des lois, mais ne rien faire conduirait une nouvelle fois à la catastrophe sur les plans économique, social, écologique, en un mot, humaniste !

 

Voir tous ces pans industriels qui ferment pour satisfaire les actionnaires qui, depuis longtemps, prennent une marge de plus en plus importante sur le capital, est inacceptable. Ils investissent à court terme, sans se préoccuper des conséquences, les délocalisations à répétition. Autant de richesses qui manquent pour résoudre le problème social, défi que nous devons avoir l’ambition de relever.

 

Comment ne pas s’interroger sur le silence et la passivité des syndicats et partis politiques de gauche à propos du social ! Retrouver une solidarité nationale respectueuse de chacun est indispensable. On ne peut accepter que le gouvernement remette en question notre système de protection sociale qui a le mérite d’atténuer les dégâts, en cas de crise économique, comme cela se passe actuellement et ce n’est pas fini.

 

En France, nous avons un gouvernement qui dénonce le capitalisme spéculatif dans le monde, mais qui se garde bien de s’y attaquer au niveau national. Au contraire, il met en avant la crise pour détricoter le système social que nos aînés ont mis en place pour le bien de tous :

 

-          Remise en cause des retraites, allongées à 70 ans, sans prendre en compte la pénibilité de certains métiers. On oublie souvent qu’un ouvrier vit 7 à 8 ans de moins, en moyenne, que certaines autres catégories. On oublie que les actionnaires ne sont pas seuls à apporter leur contribution dans l’économie. Les ouvriers, le monde du travail, sont tout aussi indispensables.

 

-          Remise en cause de la sécurité sociale, de manière hypocrite, par le gouvernement, à tel point que l’on peut se demander s’il ne souhaite pas la voir disparaître au profit des compagnies privées et des mutuelles, intéressées pour se partager le gâteau et spéculer sur le dos des malades, accidentés…

 

Ceux qui ont une pathologie assez lourde seraient exclus d’office par certains contrats, ce qui est déjà le cas, je peux en témoigner en prenant mon cas personnel, mais je ne suis pas le seul. Je n’ai pu souscrire un contrat d’assurance, ayant été exclus à cause d’une maladie antérieure à la demande. Beaucoup de concitoyens ne s’imaginent pas l’humanisme des assurances !...

 

Concernant les accidents de la route, peu sont déclarés à la Sécurité sociale par les assurés eux-mêmes, par ignorance le plus souvent. L’argent reste dans les comptes des compagnies d’assurances. Elles oublient de recommander à leurs clients de faire cette démarche, ce qui est un manque à gagner pour la sécu (parmi beaucoup d’autres, dont je parlerai par ailleurs). On nous cache la vérité, mais les concitoyens ne sont pas dupes.

 

L’histoire de la grenouille dans la marmite

 

Pour terminer, je ne résiste pas à l’envie de raconter cette petite histoire, cruellement vraie, de la grenouille. Imaginez une marmite remplie d’eau froide, dans laquelle nage tranquillement une grenouille.

 

Le feu étant allumé sous la marmite, l’eau chauffe doucement. La température montant doucement, la grenouille ne s’aperçoit de rien. Quand l’eau devient tiède, la grenouille trouve cela plutôt agréable. Quand l’eau est chaude, elle commence à trouver cela désagréable mais, affaiblie, elle ne fait rien. C’est ainsi que, la température continuant à monter, la grenouille va passer de vie à trépas.

 

Si cette même grenouille avait été plongée directement dans l’eau chaude, elle aurait donné le coup de patte qui l’aurait éjectée de la marmite.

 

D’expérience, on sait que, lorsqu’un changement s'effectue suffisamment lentement, il a tendance à échapper à la conscience, ne suscitant aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte.

 

C’est un peu ce qui se passe dans notre société depuis quelque temps : nous subissons une lente dérive à laquelle nous nous habituons. Ce qui nous aurait horrifiés il y a 5 ou 10 ans, a été peu à peu banalisé, ne nous dérangeant que mollement ou nous laissant indifférents, ce qui est le cas de la plupart des gens.

 

Dans ces conditions, la retraite à 70 ans (sans tenir compte de la pénibilité du travail), la prison à partir de 12 ans, le travail généralisé le dimanche, la chasse aux immigrés, la destruction du service public, le désengagement de l’Etat concernant la Sécurité sociale … on s’habitue !

 

Sommes-nous déjà cuits ?...

 

Cet article est le 59ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

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24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 18:01
 

La stratégie des grands syndicats, contestée par les militants


Le pouvoir politique surveille de près les directions des syndicats ouvriers et paysans, seul contre-pouvoir possible tant que la gauche est aux abonnés absents.

Car la situation sociale est potentiellement révolutionnaire, d’autant plus que le chef de l’Etat et de la droite est arc-bouté sur la protection des privilèges fiscaux de la classe dominante (dotée de très hauts revenus) qui l’a porté au pouvoir.

 

Les paysans mènent une action d’envergure qui est partie de la base.

 

Un petit groupe d’hommes de la terre (voir sur ce blog Grève du lait : Pascal Massol (APLI) hier soir à La Chapelle-Craonnaise - 18 septembre 2009), appuyé par les revendications des producteurs de lait qui luttent pour leur survie professionnelle, a réussi à se faire entendre des pouvoirs publics en utilisant des méthodes (grève des livraisons de lait) désapprouvées par les dirigeants du syndicat majoritaire (la FNSEA et ses proches).

 

L’association des producteurs de lait indépendants (APLI) est partie de la base paysanne dans le sud-ouest, à l’initiative de Pascal Massol, qui a adhéré à la démarche portée par la Coordination Rurale d’unification des producteurs de lait, au niveau européen, afin de créer un rapport de forces favorable face aux industriels laitiers et aux pouvoirs publics.

 

Cette stratégie est en passe de réussir, le ministre français de l’agriculture, Bruno Le Maire, ayant déclaré qu’il visait à réunir une « majorité qualifiée » des 27 Etats de l’Union européenne, en faveur de mesures de régulation du marché laitier, prenant ainsi le contre-pied de la politique de dérégulation conduite par la Commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, avec l’accord de l’ensemble des Etats, jusqu’à présent.

 

L’initiative franco-allemande de Le Maire et de sa collègue bavaroise est soutenue par 18 autres pays, ce qui rend possible un accord lors de la réunion « informelle » des ministres de l’agriculture, le 5 octobre à Bruxelles.

 

Ainsi, la mobilisation de la base, soutenue par les syndicats minoritaires (la Coordination rurale et la Confédération paysanne), entraîne dans le mouvement des syndicalistes de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) et JA (Jeunes Agriculteurs), qui perdent patience devant l’incapacité de leurs dirigeants à obtenir des résultats tangibles dans leurs négociations avec les industriels et les pouvoirs publics.

 

Les ouvriers manifestent, sans se faire entendre jusqu’à présent.

 

Les initiatives de la base ouvrière ne manquent pas, à l’occasion des restructurations et des délocalisations d’entreprises. Les syndicats se heurtent à des directions intransigeantes, qui misent sur le pourrissement, car elles ont confiance dans le soutien du gouvernement.

 

Les militants syndicaux ne trouvent pas dans leurs organisations, au niveau national, le relais souhaité. Le malaise n’est pas nouveau, mais il fait place désormais à des tensions et à des remises en cause des dirigeants (voir, à ce sujet, l’article paru sur ce blog le 16 mai 2009 Marcel Collet, militant syndicaliste CGT 53, interpelle son dirigeant).

 

Un article de Michelle Guerci, paru le 22 septembre sur le site de Marianne le montre bien. Voir Cette rage ouvrière que personne ne veut voir.

 

Voir aussi Panne d'allumage de rentrée pour le syndicalisme, par Michel Noblecourt (Le Monde, 17 septembre).

 

Cet article est le 58ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 23:26

La crise et la stratégie rapprochent la CGT et la CFDT

 

Les élections européennes n’ont pas contribué à resserrer les liens entre les organisations syndicales. Déjà, le 1er mai, le cœur n’y était plus (voir, sur ce blog, Un 1er mai mutant après les mobilisations du 29 janvier et du 19 mars - 2 mai 2009).

Les militants syndicaux sont partagés entre la modération, proche de la résignation, et l’exaspération, proche de la remise en cause des directions syndicales (voir, sur ce blog,  Marcel Collet, militant syndicaliste CGT 53, interpelle son dirigeant - 16 mai 2009).

 

Les luttes les plus médiatisées sont celles qui concernent les fermetures de site, quand elles sont accompagnées de menaces de faire exploser l’usine (voir sur Marianne2.fr, 30 juillet, New Fabris: et pourquoi pas l'explosion?).

 

Les syndicats désapprouvent ces méthodes et canalisent le mécontentement des salariés vers la négociation (voir Les New Fabris mettent fin à leur mouvement, Le Monde, 31 juillet).

 

Une large majorité des Français comprend la colère des ouvriers, selon un sondage présenté par L’Humanité le 31 juillet.

 

Le 30 juillet, sur le site du quotidien Le Monde, un article analysait la situation du monde du travail, en insistant sur le nouveau comportement de la CGT, face à l’aggravation de la crise et au rapport de forces défavorable aux syndicats.

Le rapprochement avec la CFDT est une manière de répondre aux entorses « corporatistes » aux nouvelles règles de la représentativité syndicale (voir, sur ce blog, Représentativité syndicale : les règles de la démocratie sociale vont être définies par la loi - 16 avril 2008). C’est cet article qui est reproduit, ci-après.

 

Les syndicats se cherchent de nouvelles armes, par Michel Noblecourt

 

Pour la première fois, Bernard Thibault va participer à l'université d'été de la CFDT, le 27 août à Boissy-la-Rivière (Essonne). Le secrétaire général de la CGT débattra avec son homologue de la CFDT, François Chérèque, des "défis du syndicalisme de demain". Hautement symbolique, l'événement témoigne de l'exceptionnelle harmonie qui règne entre les deux principaux syndicats. Il faut remonter plus de vingt ans en arrière pour retrouver une telle unité CGT-CFDT.

 

Face à une récession qui assombrit les perspectives à la rentrée, avec une flambée du chômage, notamment des jeunes, et une explosion de plans sociaux, les syndicats se cherchent de nouvelles armes pour créer un rapport de forces qui leur soit favorable. Les défis sont redoutables.

Jusqu'à l'été, une unité inédite a rassemblé dans une même intersyndicale huit organisations - CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU, Solidaires - qui ont démontré leur capacité à mobiliser des salariés inquiets de l'ampleur de la crise. Mais avec l'échec de l'ultime journée, le 13 juin, après les élections européennes, le feuilleton s'est terminé en queue de poisson. Réuni le 6 juillet, le "G8" syndical s'est séparé sur une simple promesse de "revoyure".

 

L'absence de résultats visibles, inévitable quand une mobilisation n'est pas guidée par le retrait d'un plan ou d'un projet de loi, a attisé les divergences sur les formes d'action. Au risque d'être isolé, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, poussé par sa commission exécutive et par "ses" trotskistes, a réitéré son appel à "une journée de grève franche". Les "processions-saute-mouton" à répétition sont très critiquées au sein de FO, où l'unité syndicale ne va pas de soi. Ainsi l'union départementale de Paris cite Auguste Blanqui évoquant, en 1848, ces "prolétaires qui se laissent amuser par des promenades ridicules dans les rues" et qui, au final, ne trouvent que "de la misère toujours"...

 

Mais quand, au coeur de l'été, les syndicats semblent absents (et muets), la radicalité a le champ libre. Les menaces des salariés de New Fabris, à Châtellerault (Vienne), puis de Nortel, à Châteaufort (Yvelines), de faire sauter leurs usines, à l'aide de bonbonnes de gaz, pour arracher de meilleures indemnités de licenciement sont pourtant aux antipodes de l'action syndicale. Elles rappellent les luttes primitives d'ouvriers - le "luddisme" pratiqué en Angleterre - qui, au début du XIXe siècle, cassaient des machines à tisser pour s'opposer au progrès technique.

 

Secrétaire de la CGT, Mourad Rahbi - un ancien délégué de Cellatex, cette usine textile de Givet (Ardennes) où, en 2000, les salariés avaient menacé d'utiliser un stock de 46 tonnes de sulfure de carbone pour s'opposer à la liquidation - a jugé, dans L'Humanité-Dimanche du 23 juillet, ces actions "tout à fait normales dans le contexte actuel où les patrons annoncent des plans sociaux avec une grande brutalité ". Mais dans le projet de document d'orientation de son prochain congrès, la CGT voit dans la médiatisation de "certaines expressions d'indignation des salariés" - des séquestrations de dirigeants aux bonbonnes de gaz - des "tentatives" pour "discréditer" les luttes syndicales.

 

Dans ce contexte, le "G8" est condamné à réussir sa rentrée. M. Chérèque, qui relève qu'il n'a pas eu de tête-à-tête avec Nicolas Sarkozy depuis un an, espère une relance de l'action et met en avant la question des 30 milliards d'euros d'allégements de charges sociales consentis aux entreprises. Mais le rebond du G8 va être d'autant plus délicat que trois syndicats préparent leur congrès - la CGT à Nantes, du 7 au 11 décembre, la CFE-CGC, en février 2010, à Reims, et la CFDT, en juin 2010, à Tours - sur fond de bataille pour la représentativité qui va battre son plein en 2010.

 

Déjà les premières tendances dessinent un nouveau paysage. Désormais, pour être représentatif dans une entreprise, un syndicat doit obtenir 10 % aux élections professionnelles. Une règle qui, dans nombre d'entreprises, pénalise FO et plus durement encore la CFTC. En revanche, l'UNSA creuse son sillon. A l'origine de la réforme, la CGT et la CFDT fustigent des entorses "corporatistes", consenties par le législateur. Ainsi à Air France, le Syndicat national des pilotes de ligne, dominant dans sa catégorie, a obtenu d'être représentatif au niveau de l'entreprise alors qu'il est sous la barre des 10 %.

 

La CGT, dans le projet de document d'orientation de son congrès, et la CFDT, avec le rapport Grignard sur le syndicalisme, convergent dans la recherche de nouvelles armes. La CGT veut "rééquilibrer la négociation sociale dans un sens plus favorable aux salariés". Elle consultera les salariés "à toutes les étapes" de la négociation, qui peut mener à la conclusion de "compromis".

Réformiste sans le dire, la CGT s'inscrit dans "un processus de transformations sociales progressives". Elle aborde les autres syndicats, sans exclusive, "dans un esprit d'ouverture et de rassemblement". Comme la CFDT, la CGT veut mieux articuler le rôle de la confédération et des syndicats de base. Et elle met l'accent sur la syndicalisation. Des pistes sur lesquelles la CGT et la CFDT seront à la fois en harmonie et... en concurrence.

 

Cet article est le 57ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 23:52

Faudra-t-il 20 ans et une guerre mondiale pour en sortir ?

 

Ce soir, je mets bout à bout trois documents :

 

- Deux dossiers qui m’ont été transmis par Loïc Daguzan, syndicaliste à la Banque de France, coordonnateur du collectif « Pas touche au Livret A ! » : l’un met en évidence la croissance rapide des dossiers de surendettement des ménages (Vivapresse, 2 juin), l’autre décrit l’évolution prévisible du chômage au niveau mondial (AP, 3 juin).

 

- Le troisième provient du responsable de La Chronique Agora, qui compare la crise actuelle à celle de 1929 (Bill Bonner, 4 juin).

Le surendettement explose

Depuis leur création, en 1990, les commissions de surendettement n’ont jamais vu cela : le nombre des dossiers a augmenté de près d’un tiers en un an…

La Banque de France vient de publier des chiffres inquiétants sur le surendettement. Les cas ont augmenté de 30% en un an. Le nombre de dossiers présentés auprès des commissions départementales de surendettement a explosé depuis le début de l’année et atteint des niveaux record en mars, avec 21 747 dossiers déposés. Le montant moyen de l’endettement a lui aussi augmenté (26% en trois ans). Il est en moyenne de 40 000 euros. Du jamais vu depuis la création des commissions, en 1990. Les plans sociaux, l’augmentation du chômage durable, technique ou partiel, la fin des contrats d’intérim sont bien sûr en cause.

Pour payer le loyer

Mais les commissions voient de plus en plus arriver des travailleurs pauvres, et particulièrement des jeunes de 25 à 30 ans dont les maigres revenus ne leur permettent pas de faire face à leurs charges. Les retraités affluent également. Il s’agit généralement de femmes seules dont la retraite oscille autour de 800 euros ; totalement insuffisant lorsqu’on est locataire. Aujourd’hui, ce n’est pas pour acheter une voiture ou un téléviseur dernier cri que l’on s’endette, mais simplement pour assurer l’ordinaire : payer son loyer, régler un Caddie.

Principaux incriminés dans cette spirale d’endettement : les crédits renouvelables (ou revolving), ces réserves d’argent prêtées à des taux avoisinant les 20% et octroyées sans vérification, par les établissements de crédit, de la situation de l’emprunteur. Ils sont impliqués dans la quasi-­totalité des dossiers. Les naufragés du crédit en ont en général au moins cinq, mais parfois beaucoup plus. Les établissements de crédit font état d’une forte progression des incidents de paiement.

La ministre de l’Economie, Christine Lagarde, a présenté le 22 avril un projet de loi sur le crédit à la consommation, et notamment le revolving, afin de mieux prévenir le surendettement des ménages. La réforme encadre la publicité, qui ne devra plus encourager les consommateurs à souscrire ce type de crédits en insistant sur la simplicité des démarches : « en un clic ou sur un simple coup de fil ».

Peut encore (mieux) faire

La loi porte aussi le délai de rétractation de sept à quatorze jours et oblige les établissements de crédit à consulter le fichier des incidents de paiement afin de ne plus accorder un prêt à un emprunteur déjà endetté. Enfin, elle prévoit le remboursement par l’emprunteur d’une partie du capital à chaque échéance.

Pour les associations de consommateurs, si cette loi est un progrès, elle reste insuffisante. Elles espèrent des propositions plus audacieuses lors de la présentation du texte à l’Assemblée nationale, cet été.


Chômage : la crise pourrait durer de six à huit ans, selon le chef de l'OIT

L
a crise de l'emploi et la protection sociale provoquée par la crise économique mondiale actuelle pourrait durer six à huit ans, a mis en garde mercredi le directeur général de l'Organisation internationale du Travail (OIT) Juan Somavia.

Devant les délégués de la 98e Conférence internationale du travail, il a appelé à l'adoption d'un pacte mondial pour l'emploi.

Avec quelque 45 millions de personnes qui entrent chaque année sur le marché du travail, le monde aura besoin de créer 300 millions de nouveaux emplois d'ici 2015, rien que pour les taux de chômage restent stables, a-t-il prévenu.

Or "les choses vont dans la direction opposée", a constaté Juan Somavia, lors de l'assemblée annuelle de l'organisation onusienne qui regroupe 183 pays.

Juan Somavia a déclaré que l'économie mondiale allait se contracter de 1,3% cette année et que le chômage risquait d'augmenter encore en 2010 et peut-être en 2011. Les faillites augmentent de façon "exponentielle", a-t-il mis en garde, la pauvreté augmente et les classes moyennes sont fragilisées.

Le diplomate chilien, qui dirige l'OIT depuis 1999, appelle les gouvernements à prendre des mesures pour soutenir l'emploi et la protection sociale en plus des plans de relance qui se sont concentrés sur le sauvetage des banques et des entreprises.

Si le G-20 a pris des mesures audacieuses pour lutter contre la crise financière, a-t-il expliqué, la situation de l'emploi ne se rétablit généralement après une crise qu'au bout de quatre à cinq ans. Dans le cas présent, "le monde fait peut-être face à une crise des emplois et de la protection sociale d'une durée de six à huit ans", a-t-il estimé. "Faire passer en premier les personnes, pas seulement le dire mais le faire, doit être la priorité".


2009 continue de ressembler au Krach de 1929


En 1930, six mois après que le front orageux initial se soit éloigné, la production mondiale avait baissé de 15% environ. On en est environ au même chiffre aujourd'hui. Les marchés n'avaient perdu que 20% au milieu des années 30. Aujourd'hui, ils en sont à -35% par rapport à leurs sommets. Et le commerce mondial a diminué de 15% durant les six mois qui ont suivi l'arrivée du Krach de 1929. Aujourd'hui, il est en baisse de 25%


Pour lire la suite...


Cet article est le 56ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie
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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 16:24

La récession économique produit des fruits amers

 

 

L’économie française est en récession depuis le second semestre 2008. Pour une durée indéterminée. Si la crise financière était suivie d’une crise monétaire (effondrement du dollar, euro beaucoup trop fort), il y aurait un grand risque de dépression, avec des conséquences encore plus désastreuses pour l’emploi.

 

Les chiffres du chômage, selon les statistiques officielles (Le Monde, 29 mai)

 

Voir Le nombre de chômeurs en hausse de 58 500 en avril. Extraits.

La montée du chômage s'est poursuivie en avril en France, le nombre de demandeurs d'emploi progressant de 2,4 % par rapport au mois précédent (+58 500 personnes) pour franchir la barre des 2,5 millions, selon les données publiées vendredi 29 mai par le ministère de l'économie et Pôle emploi.

 

Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi, qui avait augmenté de 63 400 personnes en mars, après 79 900 en février et une hausse record de 100 400 personnes en janvier, s'inscrit ainsi en progression de 24,6 % sur un an (…).

 

Fin avril 2009, en France métropolitaine, 3 571 500 personnes inscrites au Pôle emploi étaient "tenues de faire des actes positifs de recherche d'emploi" (3 785 600, DOM compris), dont 2 506 700 étaient sans emploi (catégorie A) et 1 604 800 exerçaient une activité réduite courte ou longue (catégories B et C), précise le ministère dans un communiqué.

 

Le nombre de demandeurs d'emploi toutes catégories confondues, y compris les personnes dispensées de recherche d'emploi, a franchi en avril le seuil des 4 millions de personnes à 4 003 500 personnes.

 

Selon les dernières prévisions publiées par l'Unedic, le nombre de demandeurs d'emploi, toutes catégories confondues, pourrait augmenter de près de 640 000 personnes cette année et celui des demandeurs d'emploi indemnisés de 411 000 allocataires.

 

Le chômage des jeunes, contre lequel le gouvernement a annoncé fin avril un plan d'urgence, enregistre une nouvelle augmentation en avril avec 20 800 demandeurs d'emplois de catégorie A supplémentaires dans la tranche d'âge des moins de 25 ans (+4,6 % sur le mois, +39,9 % sur un an).

 

Au niveau mondial (Le Monde, 28 mai), Le chômage pourrait toucher 239 millions de personnes en 2009.

 

Le rôle des Etats. Sur le même site, le 29 mai, Anne Rodier répond à la question Chômage : que peuvent faire les Etats ?

 

Concernant les jeunes, qui subissent le plus fortement les conséquences de la crise, Antoine Reverchon, le 18 mai, pour Le Monde, s’en prenait à Dix idées reçues sur le chômage des jeunes.

 

Pôle Emploi. Une chose est sûre (Le Monde, 29 mai) : "Le système du Pôle emploi est clairement surchargé". Ce sont les demandeurs d’emploi qui le disent.


Créé en décembre 2008, le Pôle emploi, qui réunit Assedic et ANPE, a pour but de simplifier les démarches des demandeurs d'emploi en leur permettant de n'avoir plus qu'un seul interlocuteur. Alors que le nombre de chômeurs ne cesse d'augmenter – il vient de franchir la barre des 2,5 millions – Pôle emploi est-il suffisamment efficace ? Les témoignages de demandeur d'emploi, lecteurs du Monde.fr, montrent que si le système gagne parfois en rapidité, il perd souvent en humanité et en simplicité.

 

Cet article est le 55ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

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16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 15:02

La base militante du monde du travail est en colère

 

Il est de toutes les manifestations de travailleurs et propose très souvent des pétitions à la signature des citoyens, à Mayenne et dans les cantons limitrophes du Nord Mayenne. Ne lui demandez pas son âge : il en fait dix de moins qu’en réalité.

 

Marcel Collet travaillait dans la région parisienne avant de prendre sa retraite à Marcillé-la-Ville. Sa référence : le Conseil National de la Résistance. C’est un syndicaliste, un résistant, un homme de gauche, qui pousse au rassemblement de la gauche et des républicains de progrès, notamment les gaullistes.

 

Je l’avais rencontré le 1er mai, lors de la manifestation à Laval. Je ne savais pas que, le lendemain matin, il allait prendre la plume pour réagir aux propos de Bernard Thibault, sur France-Inter. Et sa lettre, elle fait le tour de la France, car elle a été mise en ligne et reçoit un accueil chaleureux.

 

Par exemple, ce site à Istres (13), le 8 mai, qui publie UN COMMUNIQUE D'UN SYNDIQUE CGT 

 
Ou encore depuis le 10 mai, les Unions Syndicales Solidaires de la région PACA :

Camarade THIBAULT entends-tu la colère qui gronde dans les manifs et les usines ?


Lettre ouverte à Bernard THIBAULT, Secrétaire général de la CGT


manif-retraites-240610-009-T.jpgMarcel Collet, militant CGT depuis 1955


Je viens d’écouter ta déclaration sur FRANCE-INTER ainsi que celles de J.C MAILLY de Fo et F. CHEREQUE de la CFDT.
Je ne suis pas surpris, ce n’est pas la 1ère fois que tu tiens des propos démoralisateurs qui permettent que tu ais droit aux compliments du MEDEF et des ministres de SARKO.

Par cette lettre, je veux te faire part du grave mécontentement qu’éprouve un grand nombre de militants qui sont scandalisés par les conséquences du virage réformiste de notre CGT depuis quinze ans (pour la plupart des membres du bureau confédéral et plusieurs secrétaires de fédérations REFORMISME est devenu synonyme de COLLABORATION). Je reviendrais un peu plus loin sur ta déclaration de ce jour.

 

Hier, je participais à ma 42ème manif du 1er mai (interdite de 1954 à 1967). C’est la 3ème qui connait un tel succès.

En 1968, nous étions environs 100 000 manifestants dans les rues de Paris. Le succès de cette manif nous aida considérablement au cours des semaines suivantes pour développer les luttes qui permirent des résultats fructueux.

2002 fut également un grand 1er Mai dirigé contre les dangers de l’extrême droite (LE PEN en particulier).

 

En conséquence, (mis à part 2002) le 1er Mai 2009, est le plus important depuis plus d’un demi-siècle. Hier à Laval, selon les infos de France Bleue Mayenne, nous étions près de 4000, c’est quinze à vingt fois plus que les années précédentes (y compris en 1968 il y avait moins de 300 participants). Ce succès est le résultat de l’action unitaire mais également et surtout du mécontentement qui touche l’ensemble des travailleurs, retraités, chômeurs, lycéens, étudiants etc.

 

Quelques mots sur des propos que tu tenais à la radio, début avril « Il est souhaitable que le 1er Mai nous soyons encore plus nombreux que le 19 Mars » s’exprimer ainsi est vraiment irresponsable de penser que le premier jour d’un long week end on va mobiliser autant qu’un jour de travail. C’est aussi la démonstration, à quel point les membres du Bureau Confédéral sont coupés de la base !

 

Maintenant j’arrive aux déclarations de ce jour (ce matin 2 Mai sur France Inter) dans l’ordre de l’émission : J. C MAILLY, B. THIBAULT, F. CHEREQUE. Déclaration correcte de S.G de FO qui propose que, après les succès du 1er Mai, il faut organiser une grève nationale inter- professionnelle, ensuite (j’ai vraiment l’impression qu’avec Chéreque, vous vous êtes partagés le sale boulot) tu es le 2ème intervenant pour dire qu’il n’est pas possible de demander aux travailleurs de faire grève, vu qu’ils ont de grosses difficultés financières (quel mépris pour les salaires les plus pauvres ! ) CHEREQUE ferme le banc, en affirmant que le gouvernement devrait tenir compte de la mobilisation du 1er Mai. Il n’est pas interdit de rêver, penser que l’on peut faire reculer avec deux manifs par trimestre c’est s’inscrire dans le domaine du rêve et de l’illusion !

 

Je rappelle qu’en 1968, nous étions plus de neuf millions en grève (avec occupation des entreprises), des millions d’autres salariés n’étaient pas dans le mouvement, beaucoup d’entre eux nous ont rejoint dans les luttes dans les années suivantes. Parmi les grévistes, des millions étaient payés au SMIC, quelquefois moins, notamment les jeunes qui subissaient des abattements et les salariés de l’agriculture. Dans la ville où je travaillais Argenteuil dans le Val d’Oise, sur environ 10 000 grévistes, de nombreux smicards notamment les femmes et les immigrés étaient très engagés dans le mouvement. Sur les fiches de paies du mois de juin, un bon en avant 35% de plus pour le SMIC et 55 % sur les SMAG (Salaire Minimum Agricole Garanti). L’action commune des OS avec les ouvriers qualifiés, les employés, les techniciens, et une partie des cadres avait été positive pour tous.

 

Deux exemples récents démontrent que les travailleurs les plus pauvres n’hésitent pas à s’engager dans l’action, nos camarades de Guadeloupe et de Martinique, encore plus mal payés qu’en métropole se sont engagés dans une lutte difficile et ils ont imposés les résultats que l’ont connait (44 jours de grève en Guadeloupe).

 

Depuis un an, les sans papiers ont aussi démontrés que des travailleurs mal payés et pauvres peuvent faire reculer Patronat et Gouvernement, il est vrai qu’ils ont le soutien de nombreux militants de la base, si bien que le Bureau Confédéral a du prendre le train en marche et soutenir la lutte des sans papiers !

 

Avant de conclure, je veux ajouter quelques mots sur les dizaines de milliers de salariés qui luttent, quelquefois depuis plusieurs mois, notamment dans la métallurgie, la chimie, l’enseignement, l’EDF, la santé, la poste etc. J’ai une pensée particulière pour les camardes de l’EDF qui vont recevoir pour le mois d’avril des fiches de paie amputée de 40 à 60 %. Je pense aussi aux enseignants qui depuis cinq ans, ont perdu la valeur de plusieurs semaines de salaires sans obtenir des résultats suffisants. Les directions confédérales portent une partie importante de la responsabilité de cette situation, jusqu’à présent, elles n’ont pas pris les dispositions nécessaires pour réaliser le Tous ENSEMBLE, EN MEME TEMPS. En 1968, dans un contexte, avec des points communs avec celui que nous connaissons en 2009, la CGT n’a pas appelé à la grève générale mais nous avons distribués des millions de tracts appelant à la généralisation des grèves, le résultat fut concluant.

Il est grand temps que la Direction Confédérale entende cette volonté d’agir Tous Ensemble.

 

A de nombreuses occasions, nous avons imposé des acquis considérables, notamment en 1953, 1968, 1995. C’est possible, dès maintenant, à condition que la CGT retrouve ses couleurs.

J’ose espérer que ces aspirations qui grandissent partout à la base seront enfin entendues (…).

 


Cet article est le 54ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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