Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Par Michel SORIN
Produire en France pour réindustrialiser et financer notre modèle social
Les Universités de la Gauche Républicaine 2024 se sont déroulées les 12 et 13 octobre à Lyon, organisées par les membres de la Fédération de la Gauche Républicaine (Gauche Républicaine et Socialiste, Mouvement Républicain et Citoyen, L'Engagement).
Le 12 octobre en matinée, une première Table ronde, animée par Samia Jaber (L'Engagement), sur le thème "La France et l'Europe face aux bouleversements du monde" était proposée. Voir Universités de la Gauche Républicaine 2024 à Lyon : 1ère Table ronde.
En après-midi, il y a d'abord eu deux interventions. Voir l'exposé de David Cayla et celui de Mathieu Pouydesseau.
Puis une 2ème Table ronde, animée par Marie-Noëlle Lienemann (GRS), sur le thème "Produire des richesses en France".
Produire en France et réindustrialiser. Produire des richesses et financer notre modèle social et nos services publics. Produire des richesses en France pour assurer notre souveraineté.
Premier intervenant, Nicolas Ravailhe, avocat. Il enseigne notamment à l'Ecole de guerre économique.
Le problème de la France, ce n'est pas qu'elle dépense trop, c'est qu'elle ne gagne plus rien. La productivité du travail est bonne, mais la France ne produit plus bien. Pourquoi ? Il y a un problème de gouvernance. Les fonds existent pour l'épargne populaire, mais on ne les mobilise pas.
L'Allemagne s'est enrichie en investissant en Ukraine (hors guerre). Elle a réimporté 180 milliards d'euros en Europe. L'UE a décidé de taxer les voitures électriques chinoises. L'Allemagne y est favorable mais elle s'abstient dans le vote. Les représailles tombent sur la France, pas sur l'Allemagne.
Les Pays-Bas récupèrent les droits de douane pour les importations dans ses ports. La France est un pays pillé. C'est la guerre économique, il faut agir, sans compter sur l'Europe. L'Allemagne mise sur les accords de libre-échange, avec l'accord des Verts.
Il y a d'autres solutions : réorienter les fonds européens, refuser le "ni nationalisation, ni privatisation", mais faire les deux. Le plus gros problème en France, c'est que la puissance publique ment. C'est le cas pour les aides aux entreprises (8 à 9 fois moins élevées). Il faut sortir de cette logique mortifère. Pour notre souveraineté, nous avons besoin de capital. L'épargne doit financer les PME. Avoir supprimé les Bourses régionales est une énorme erreur.
Deuxième intervenant, François Hommeril, président de la Confédération française de l'encadrement (CFE-CGC). Il commence par une citation de Pierre Gattaz (MEDEF) "Je voulais garder mes usines en France, c'est pour ça que j'ai retiré mon entreprise de la cote en Bourse".
Le mal profond est la financiarisation. Dans les années 1970, les entreprises étaient en difficulté, elles ont été sauvées par les nationalisations. Les privatisations ont contribué à la désindustrialisation. Les dirigeants ne sont pas très compétents. L'investissement physique de l'actionnaire est nécessaire.
L'Etat accorde 200 milliards € d'aides aux entreprises, mais pas d'évaluation de leur impact. Sans recherche, pas d'implantations industrielles. Les dirigeants sont faibles en connaissances scientifiques. Il y a un problème de doctrine d'intervention. Quand le coût du travail est bas, il y a souvent un problème dans la qualité des emplois. La recherche a été sous-financée, l'industrialisation a été définancée.
Il y a un problème de gouvernance des entreprises. Le problème, c'est l'actionnaire. Il faudrait le réduire à l'apport de capital financier, avec un rendement garanti, sans gouverner. Problème de représentation des salariés et de compétence des actionnaires. Le capital est la ressource la plus abondante. Il faudrait qu'elle contribue à développer les entreprises plutôt que les détruire.
Troisième à intervenir, Fatima Bellaredj, déléguée générale de la Confédération générale des SCOP et des SCIC. 4 500 entreprises (en moyenne, 23 salariés), près de 10 milliards € de chiffre d'affaires. Modèle vertueux (1 Homme = 1 voix).
Dans la reprise d'entreprises par les salariés, le problème est le financement, qui est le nerf de la guerre. Il faut une expertise particulière (tribunaux de commerce, mandataires judiciaires). Le tribunal de commerce pratique le mieux disant social. L'Etat intervient par la Caisse des Dépôts.
L'économie sociale et solidaire (ESS) n'est pas suffisamment prise au sérieux (14 % des emplois privés). Il y a des outils mais il faudrait reprendre les idées des collectivités territoriales.
Quatrième intervenant, Gautier Chapuis, adjoint écologiste au maire de Lyon, chargé de l'agriculture et de l'alimentation. La France perd sa souveraineté alimentaire en raison de la financiarisation de l'économie. La finalité, c'est de nous nourrir. La richesse ne va pas à ceux qui les produisent. On tue les agriculteurs, la planète et les consommateurs.
Que peut-on faire au niveau local ? Interdire d'écrire "produits locaux", rechercher d'autres possibilités. Mettre en place une commission de producteurs, qui veille à la juste rétribution des producteurs.
Il restait une ferme à Lyon. Elle allait disparaître. La ville a investi 150 000 € dans la reprise, pour installer des agriculteurs maraîchers. L'idée de sécurité sociale de l'alimentation est intéressante.
Cet article est le 3379 ème sur le blog MRC 53 - le 194ème, catégorie Gauche France
Article paru le 13 novembre 2024 sur http://mrc53.over-blog.com/
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