Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Avec Catherine Coutard, "faire reculer le RN et rassembler les Français"
Les Universités de la Gauche Républicaine 2024 se sont déroulées les 12 et 13 octobre à Lyon, organisées par les membres de la Fédération de la Gauche Républicaine (Gauche Républicaine et Socialiste, Mouvement Républicain et Citoyen, L'Engagement).
Le 12 octobre en matinée, une première Table ronde, animée par Samia Jaber (L'Engagement), sur le thème "La France et l'Europe face aux bouleversements du monde" était proposée. Voir Universités de la Gauche Républicaine 2024 à Lyon : 1ère Table ronde.
En après-midi, il y a d'abord eu deux interventions. Voir l'exposé de David Cayla et celui de Mathieu Pouydesseau.
Puis une 2ème Table ronde, animée par Marie-Noëlle Lienemann (GRS), sur le thème "Produire des richesses en France". Voir Universités de la Gauche Républicaine 2024 à Lyon : 2ème Table ronde.
Premier intervenant, Jean-Marie Cador, français (marié à une hongroise), membre du parti des travailleurs hongrois.
Il témoigne de l'évolution ultra-nationaliste du régime hongrois. Orban magyarise tout. Ce n'est plus une république, c'est son régime. Critiquer, c'est être un ennemi du pays. Il pratique par des décrets liberticides. Le gouvernement hongrois est un parti politique. Le peuple hongrois se tourne vers le nationalisme. Pourtant, dans les années 1990, le FIDESZ était un espoir pour les jeunes. Il a évolué vers l'extrême droite, à l'initiative d'Orban.
Rappel historique sur les nouvelles frontières et le découpage de l'empire austro-hongrois par le Traité de Trianon en 1920. A partir de 1935, Hitler avait trouvé un dictateur hongrois et son parti des Croix fléchées, pour relayer sa politique antisémite.
Deuxième intervenant, Gilles Noël, maire de Verzy (1 255 habitants, Nièvre), vice-président de l'association des maires ruraux de France.
Il témoigne du désarroi et de la désespérance de la France des communes de moins de 3 500 habitants (le tiers de la population), dont les habitants vieillissent et voient s'éloigner les services publics. Le vote RN est devenu majoritaire, souvent à plus de 60 %. "Ce n'est pas contre toi", disent-ils au maire, qui fait l'interface avec l'Etat. La pauvreté fait que les familles s'en vont. Il nous faut relever le défi.
Troisième à intervenir, Sophie Camard, maire GRS du 1er secteur de Marseille.
Elle témoigne du besoin qu'ont les gens de voir les élus, physiquement. Avant d'être élue, elle avait un emploi dans le privé, au service des comités d'entreprise. Le problème est de reprendre la main sur le travail. Dans les villes, nous sommes sur les lieux de vie. Dans le cadre de la Métropole Aix-Marseille-Provence, Marseille est un repoussoir. Le centre est rejeté par la périphérie. Nous craignons que le RN prenne la métropole.
Marseille est la capitale du numérique. C'est une richesse mais c'est pauvre en emplois. La retombée fiscale est faible. Marseille, ce sont les violences, le narcotrafic. Mais le centre ville, c'est la mixité sociale. Les enfants dans la diversité sont un vrai réconfort. Ainsi, une école neuve, pas encore taguée, près de la gare Saint-Charles. Il y a aussi la police de proximité, SOS Méditerranée (37 000 personnes sauvées depuis un an).
Quatrième intervenant, Pierre Jouvet, conseiller départemental de la Drôme, secrétaire général du PS, député au Parlement européen. Ancien maire de sa commune (4 500 habitants).
Aux législatives 2024, 70 % des 11 millions de voix du RN l'ont été dans des communes de moins de 20 000 habitants. Aux européennes 2024, dans 150 circonscriptions les plus rurales de France, le RN est passé de 1,4 à 2,7 millions de voix.
Notre réponse doit être davantage de fermeté sur les questions de sécurité. Le RN, c'est tous fachés mais pas fachos. Les classes populaires, c'est quoi ? Le 1er décile fiscal vote à gauche, le 2ème vote RN. Il faut dénoncer l'extrême droite. Au Parlement européen, Orban a eu une présence glaçante. Peut-être l'extrême droite arrivera au pouvoir en France. Il faut élargir nos propositions politiques.
Cinquième intervenant, Christian Picquet, membre de la direction nationale du PCF.
La fin du 20ème siècle a été une défaite historique pour la gauche. La stratégie Terra Nova a été mise en oeuvre. L'Europe a été le vecteur de la contre-révolution néolibérale. Comment en sortir ? Le rassemblement de la gauche et le rassemblement républicain ne suffisent pas. Il faut que ça change ! La présence de Mélenchon est un obstacle. D'accord avec Boris Vallaud, il faut parler avec LFI. Construire des batailles rassembleuses et se mettre d'accord sur un projet global autour de trois points : le travail, la République, la France.
Sixième intervenant, Dominique Charnassé, responsable national de L'Engagement, ancien cadre du secrétariat général aux Affaires européennes.
Au Parlement européen, la poussée de l'extrême droite est forte. En trois groupes, elle fait un quart de l'Hémicycle (187 eurodéputés). Au niveau des nations, l'Italie et la Hongrie sont gouvernées par l'extrême droite. En Suède, elle soutient sans participation. En Autriche, elle est en tête aux élections. Il y a une poussée au Portugal. En Pologne, elle a perdu les élections mais elle reste en embuscade. Cela se traduit par le grignotage des libertés et des politiques conservatrices au niveau sociétal.
Avec L'Engagement, le but est de créer un nouvel alliage, social et républicain.
La parole est redonnée aux intervenants.
Jean-Marie Cador complète les informations sur la Hongrie. CNews est la télévision nationale. Orban dirige avec sa famille. Le chômage n'est pas indemnisé. Macron ressemble à Orban 2000.
Christian Picquet constate qu'il y a des France qui ne se comprennent plus. Le sentiment d'impuissance et de vide politique s'est installé. Il faut réfléchir à une contre-légitimité démocratique car la République est menacée.
Pierre Jouvet le regrette mais c'est la réalité : ce qui s'est dit ici, on est très minoritaire à le penser. Il est contre la note de Terra Nova. Il faut garder l'électorat de gauche et aller chercher l'électorat populaire. En haut, il manque le bon sens. Certains, au NFP, sont hors sol. Il est optimiste pour la suite.
Gilles Noël exprime son inquiétude pour les élections municipales de 2026. Les maires, sans police municipale, peuvent être mis en garde-à-vue. Faire valoir la complémentarité rural-urbain. Pour la justice territoriale.
Sophie Camard propose de réfléchir à une agence nationale pour la rénovation sociale. Nous sommes face à une triple radicalisation, politique, religieuse et de la délinquance. C'est le moment de se référer à un historien, dans les années 1970, qui racontait comment, dans les villages du Var, se faisait la politique au bistro. C'était là que se faisait la rénovation républicaine au 19ème siècle. C'est un peu ce que fait François Ruffin aujourd'hui.
Cet article est le 3380 ème sur le blog MRC 53 - le 195ème, catégorie Gauche France
Article paru le 14 novembre 2024 sur http://mrc53.over-blog.com/