Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Par Michel SORIN
Selon lui, la loi de 1905 est clairement anticléricale sans être antireligieuse
Dans ce texte La laïcité, une exigence républicaine à faire vivre en France au quotidien, publié le 13 novembre, il y avait deux parties, la première relatant le contenu des deux réunions organisées à Laval (5 et 10 décembre) à l'occasion des 120 ans de la loi de 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat, et la seconde portant sur la façon de faire vivre cette loi sur la laïcité aujourd'hui dans l'Université, avec le témoignage du chargé de mission "laïcité" de l'Université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines (UVSQ).
Celui-ci indiquait notamment "Contrairement à certaines affirmations contemporaines, la loi de 1905 n’est pas anticléricale. Le contexte politique de l’époque l’était parfois ; le texte, lui, garantit la liberté de conscience, le libre exercice des cultes et une séparation protectrice entre l’État et les Églises. Son objectif n’est pas d’exclure le religieux, mais de garantir l’indépendance réciproque des sphères spirituelle et civile, au service de l’émancipation de chacun".
Dans son commentaire, Gérard Prioul, animateur de la Libre Pensée en Mayenne, indique son accord avec l'ensemble du texte, sauf une formulation qui lui paraît source de confusion.
"Je conteste en effet une formulation qui, dans ton texte, me parait source de confusion. Tu dis que « Contrairement à certaines affirmations contemporaines, la loi de 1905 n’est pas anticléricale. » Il faudrait s’accorder en préalable sur la définition du mot « cléricalisme ». Le premier dictionnaire disponible sur mon bureau me dit : « opinion des partisans d’une intervention du clergé dans la politique », ce qui me convient.
En outre, si l'on se réfère aux débats des années 1904 et 1905 à l'Assemblée Nationale, les prismes laïque et républicain nous font apprécier le cléricalisme en tant que porosité de fait entre d’une part la puissance publique (ce qui désigne toutes les sphères de décision et d’action publique, à tous les niveaux de la société) et d’autre part les intérêts des diverses représentations religieuses instituées. Le cléricalisme c’est aussi la complaisance de l’Etat envers l’emprise liberticide que des « autorités » religieuses font subir à la société et aux citoyens. Le cléricalisme se manifeste donc dès lors que l’Etat, au plan général ou en particulier, laisse placer tout ou partie de son action publique sous influence de considérations religieuses. En ce sens, si la loi de 1905 est clairement anticléricale, la loi Debré de 1959, en est le contraire par son inspiration cléricale.
Ce qui fait la force et la vertu toujours plus pertinentes de la loi de séparation, c’est qu’elle n’est pas antireligieuse, car elle adosse tout l’édifice laïque à la liberté de conscience des individus. En conditionnant l’exercice des cultes à la liberté de conscience et à la neutralité de l’Etat, ce qui rend celui-ci « laïque », la loi de 1905 instaure exactement le contraire du cléricalisme. Il n’est pas inutile d’ajouter ici que la société, c’est-à-dire tous les citoyens libres et égaux dans toute leur diversité, est affranchie de ce devoir de neutralité religieuse.
Si l’on étend le sujet jusqu’aux questions militaires, on trouve des similitudes de raisonnement avec le débat sur l’anticléricalisme, en ce sens qu’être antimilitariste ne signifie pas forcément être hostile aux militaires ou à l’Armée. L’antimilitarisme porte d’abord l’exigence d’une non-ingérence spécifique des intérêts militaires ou des Autorités militaires sur l’action publique de l’Etat. Il faut tout de même rappeler que l’Armée et l’Etat ne relationnent pas en neutralité mais en subordination. Plus précisément, la Constitution de la 5ème République établit un lien de subordination des « autorités militaires » au pouvoir politique, c’est-à-dire le contraire du militarisme".
Photo : Gérard Prioul, le 24 février 2022, dans la salle d'Agricampus Laval, lors de la réunion-débat organisée par le collectif CODUL.
Cet article est le 3581 ème sur le blog MRC 53 - le 28ème , catégorie Laïcité et communautarismes
Article paru le 14 décembre 2025 sur http://mrc53.over-blog.com/
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