Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Par Michel SORIN
EMB préconise un dispositif de réduction volontaire des livraisons de lait
La crise de 2016 se renouvellera-t-elle en 2026 ? Ce sera le cas si la Commission européenne ne réagit pas à l'excès de production dans les pays de l'Union européenne. Voir (Institut de l'élevage Idele, 23 janvier 2026) Quand le rebond de la collecte laitière se heurte au marché.
Rien de neuf sur le marché mondial des produits laitiers. La production laitière reste en nette hausse dans les principaux bassins laitiers et pèse sur les cours des commodités laitières : les prix du beurre et de la poudre maigre poursuivent leur repli, entraînant avec eux les prix à la production. La France ne fait désormais plus exception. Fait positif néanmoins, la consommation de produits laitiers a résisté en 2025. Mais les exportations françaises, comme européennes, sont désormais sous la menace de droits de douane supplémentaires vers la Chine et les États-Unis.
L'organisation des producteurs laitiers au niveau européen EMB (European Milk Board) a réagi par un communiqué de presse le 9 février 2026, signé notamment par son représentant français, Boris Gondouin, producteur de lait à Stenay dans la Meuse.
Les producteurs laitiers européens tirent la sonnette d’alarme face à une crise aiguë – marchés saturés, prix en chute libre
Le secteur laitier européen est confronté à une crise dramatique des prix et des marchés. La baisse continue des prix du lait depuis plusieurs mois plonge les fermes dans de graves difficultés existentielles et montre clairement qu’une réduction volontaire des livraisons doit être activée immédiatement à l’échelle européenne par la Commission européenne, avant que d’autres fermes ne soient contraintes de cesser leur activité.
Dans toute l’Europe, les fermes sont confrontées à des niveaux de prix alarmants. En Irlande, le prix du lait s’élevait encore à 54 centimes par litre en août 2025, mais a depuis chuté de manière spectaculaire pour atteindre aujourd’hui 36 à 40 centimes, avec une tendance vers 33 centimes. En Belgique, les prix ont baissé de 16 centimes en un an, pour atteindre seulement 40 centimes par litre, et de nouvelles baisses ont déjà été annoncées. De nombreux autres pays européens signalent également des chutes importantes des prix : au Danemark, par exemple, la baisse actuelle atteint 16 centimes par litre par rapport à septembre de l’année précédente. À ces niveaux, les coûts de production ne sont plus couverts, entraînant partout des pertes financières considérables pour les fermes.
Des indicateurs clés tels que l’indice des prix du Global Dairy Trade (GDT) ainsi que les marchés à terme pour la poudre de lait et le beurre avaient clairement annoncé cette évolution. Entre le milieu et la fin de l’année dernière, le GDT a chuté de manière continue, avec deux baisses de plus de 4 % en décembre. De même, les contrats à terme sur le lait écrémé en poudre à la bourse EEX affichaient déjà, à la fin de l’année, des prix nettement inférieurs à ceux observés en août 2025. La chute des prix payés aux producteurs était donc prévisible. Un instrument tel que la réduction volontaire des livraisons aurait dû être activé il y a plusieurs mois.
L’appel des producteurs laitiers européens à la Commission européenne est donc urgent : activez sans délai la réduction volontaire des livraisons afin d’enrayer la spirale baissière !
Les producteurs sont prêts à réduire leur production dans le cadre d’un programme coordonné à l’échelle de l’UE, afin de rétablir l’équilibre du marché. Sans réponse politique rapide, un nouveau choc structurel majeur menace la production laitière européenne, avec de graves conséquences pour la sécurité de l’approvisionnement régional et l’avenir économique des zones rurales.
En 2016, l’UE n’a réagi qu’une fois les prix déjà effondrés. Aujourd’hui, nous observons à nouveau une combinaison de volumes en hausse et de prix en baisse – mais cette fois avec des coûts de production nettement plus élevés. Si aucune action n’est entreprise maintenant, une nouvelle crise laitière se produira de manière annoncée. Cela ne doit en aucun cas se reproduire !
Qu’est-ce que la réduction volontaire des livraisons ?
La réduction volontaire des livraisons est un instrument de gestion de crise de l’organisation commune des marchés agricoles de l’UE. Les producteurs laitiers réduisent volontairement et temporairement leurs volumes livrés et reçoivent en contrepartie une indemnisation financière. L’objectif est de réduire rapidement la surproduction, d’arrêter la pression sur les prix et de stabiliser les prix à la production – sans contrainte et sans réduction permanente de la production. Après son application en 2016/2017, cet instrument a permis une stabilisation rapide et efficace des prix.
Contrairement à l’intervention publique ou au stockage privé, la réduction volontaire des livraisons agit directement sur la cause de la crise, à savoir la surproduction. Les volumes excédentaires ne sont pas produits, évitant ainsi des stocks coûteux, des ventes ultérieures à bas prix et une nouvelle pression sur les marchés. Le marché se stabilise plus rapidement, les coûts publics restent plus faibles et les producteurs conservent leur responsabilité entrepreneuriale. Ce mécanisme s’inspire du Programme de Responsabilité face au Marché (PRM) de l’EMB.
Cet article est le 3609 ème sur le blog MRC 53 - le 519ème, catégorie AGRICULTURE et PAC
Article paru le 10 février 2026 sur http://mrc53.over-blog.com/
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