Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Par Michel SORIN
Constituer un bloc historique populaire autour des ouvriers et employés
Dans une situation de conflits permanents à gauche, il faut raison garder. Chacun comprend que le rassemblement est la seule solution pour éviter que l'union des droites s'installe durablement au pouvoir en France. L'ami Bernard Teper a tenu à le rappeler (1er mars 2026) dans la publication en ligne ReSPUBLICA.
L’heure est grave : l’éclatement des gauches est manifeste. La campagne municipale 2026 est organisée principalement, sauf quelques exceptions peu fréquentes, autour d’un pôle PS, souvent rejoint par la plupart des autres formations de gauche, et d’un pôle LFI pour les principales listes. Le tout restant dans un étiage de gauche d’environ 28 à 30 % des votants, toutes gauches comprises, comme aux élections de 2024.
Survient le meurtre du militant d’extrême droite Quentin Deranque. L’extrême centre et l’extrême droite instrumentalisent ce meurtre contre LFI. Le PS tente d’organiser un front anti-LFI. LFI tente de se positionner en tant que force centrale d’opposition à l’extrême droite. Chaque camp utilise ses intellectuels organiques pour cette campagne idéologique. Donc division profonde des gauches et aucune proposition pour les sortir du plafond de verre des 28 à 30 % des votants. Le système de causalité de cette situation est complexe, mais touche toutes les composantes des gauches. Et ce n’est pas le discours nostalgique des rassemblements d’un jour sans suite (NUPES, NFP, etc.) qui a la moindre chance de sauver le principe central d’une gauche de gauche.
Pour une stratégie de rassemblement
Nous pensons que les gauches doivent s’engager dans une stratégie de rassemblement sans arrière-pensées infantiles si elles veulent empêcher l’union de toutes les droites au complet de prendre le pouvoir pour l’exercer durablement. Il faut donc reconstruire une gauche de gauche et non vouloir rafistoler des pseudos accords électoraux vermoulus qui ne durent que le jour des élections du deuxième tour. Il faut ensuite, après un bilan partagé des erreurs passées, clarifier les causalités complexes des échecs précédents et supprimer toutes les équivoques sur les arrière-pensées réelles ou supposées des uns et des autres.
D’abord, il faut lever l’ambiguïté d’une volonté de recomposition d’une partie de la gauche avec une pseudo aile gauche de l’extrême centre macroniste. Ensuite, à la suite du meurtre du 12 février 2026, réintégrer tous les services d’ordre sous responsabilité directe des directions des organisations politiques et non plus les sous-traiter dans des organisations extérieures autonomes avec une ligne rouge « autodéfense oui, droit de suite virile et lynchage non ! ».
Enfin, comprendre que la multiplication exponentielle du nombre d’organisations fait perdre toute crédibilité auprès du peuple, car elle rend beaucoup plus difficile la démocratie. Et ce, d’autant plus qu’il est flagrant aujourd’hui que la forte montée de l’hétérogénéité au sein des organisations ainsi multipliées et des homogénéités d’adhérents de partis différents est un adjuvant supplémentaire de la crise des partis de gauche français, qui n’est qu’une crise de leurs directions.
Sauf à avoir honte de souhaiter dire que l’extrême centre doit garder le pouvoir, extrême centre qui est souvent, sur le plan historique, le passage vers les heures les plus sombres de notre histoire, la seule voie émancipatrice est de faire les efforts nécessaires pour sortir de ce marasme par la porte gauche. À condition qu’elle soit exemplaire, car, sans cela, la gauche ne peut tenir longtemps le discours contre-hégémonique nécessaire et indispensable. Même s’il est vrai que l’ultra-droite a beaucoup plus de morts sur sa conscience, ce n’est pas la comptabilité arithmétique qui remplacera les conditions d’une voie émancipatrice pour une gauche de gauche. Si les gauches veulent prendre le pouvoir et l’exercer selon les intérêts du plus grand nombre, il faudra qu’une gauche de gauche fasse mieux que les 28-30 % de l’ex NFP.
Rappelons que cet étiage ne peut s’obtenir que parce que la classe populaire ouvrière et employée, qui représente environ 43 % de la population, ne compte comme voix de gauche que pour un peu plus de 20 % de la classe. La classe en soi de la théorie sociale marxienne n’est donc plus depuis longtemps une classe pour soi. Et pourtant, c’est le point de passage obligatoire d’une transition post-capitaliste. Il n’y en a pas d’autres. Vivek Chibber, dont ReSPUBLICA a recensé le dernier livre(1), l’a non seulement démontré, mais a donné les clés pour combattre la résignation de la classe populaire, pour créer les conditions de son agentivité. Il nous appelle pour cela à poursuivre la théorie sociale marxienne et les travaux d’Antonio Gramsci en refusant la sortie par la porte droite du virage culturaliste qui nous a amené aux politiques mortifères pour les gauches, qu’elles soient identitaires, essentialistes ou populistes.
(...)
Cet article est le 3623 ème sur le blog MRC 53 - le 213ème, catégorie Gauche France
Article paru le 02 mars 2026 sur http://mrc53.over-blog.com/
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