Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Bon pour le bilan carbone et pour réduire les importations de soja
La luzerne est reconnue pour ses nombreux atouts agronomiques. Ses racines profondes et puissantes permettent d'améliorer la structure du sol. De par son port couvrant et surtout grâce à la succession des coupes, c'est aussi une culture qui permet de gérer la flore adventice. (...)
La luzerne est une culture qui présente de nombreux intérêts agronomiques (fixation de l’azote atmosphérique de l’air, rupture des cycles des adventices et des bio-agresseurs, libération d’azote aux cultures suivantes, structuration des sols …).
Quand on tient compte de ses atouts fourragers et agronomiques, on voit donc que la luzerne permet de garantir une meilleure autonomie protéique aux exploitations et une moindre dépendance aux intrants extérieurs (azote et produits phytosanitaires).
Voir Variétés de luzerne - Chambre d'agriculture de la Vienne
Prix, engrais, marchés... Un « faisceau d’éléments positifs » pour la luzerne. Voir (Terre-net, Delphine Jeanne, 7 avril 2026) : Dans un contexte incertain, la luzerne mise sur ses atouts
Si le contexte géopolitique entraîne des difficultés pour un certain nombre de filières agricoles, la luzerne pourrait tirer profit des arbitrages dans l’assolement. En parallèle, la transition énergétique des usines de déshydratation, réalisée il y a plusieurs années, constitue une véritable force pour la filière française qui espère renforcer sa place sur le marché européen.
Avec 66 500 ha de luzerne destinée à la déshydratation en 2025, les surfaces accusent une légère érosion de 3 %, pour une production à 725 000 tonnes. Pour autant la France, deuxième producteur européen, reste relativement préservée vis-à-vis de ses concurrents. L’Espagne est ainsi passée sous le million de tonnes, ce qui a contribué à abaisser la production européenne en dessous de 3 millions de tonnes.
Pour autant, Olivier Morant, président de Luzerne de France et agriculteur dans la Marne, se dit optimiste quant à l’avenir de la filière. Le contexte économique induit par le conflit au Moyen-Orient joue plutôt en faveur de la luzerne. « Il faut désormais plus de 2 tonnes de blé pour acheter une tonne d’azote, ce sera pris en compte dans les arbitrages d’assolement », explique-t-il évoquant un enjeu « très présent » sur le prix et la disponibilité des engrais dans les fermes aujourd’hui. Or, la culture de la luzerne nécessite principalement de la potasse, dont les mines se situent en Allemagne.
Lire aussi (L'Humanité, 24 octobre 2025) : De la luzerne dans nos champs, en plus du soja
Pour bien nourrir les animaux d’élevage dont nous consommons les produits laitiers et la viande, il faut leur servir des aliments riches en protéines végétales. C’est le cas de la luzerne dont la culture donne de bons rendements dans beaucoup de régions en France. Il faut faire progresser les superficies qui lui sont consacrées, quitte à produire moins de blé devenu difficile à vendre à l’exportation. On peut aussi produire plus de soja dans notre pays.
Un document de 148 pages titré « Luzerne références » a été édité en France par la Coopération agricole en 2023. Il montre comment l’augmentation de la production de luzerne en France et dans l’Europe de 27 permettrait de réduire les importations de soja tout en réduisant le bilan carbone de chaque kilo de viande et de chaque litre de lait produits sur le sol européen. Tout comme les trèfles, la luzerne capte l’azote de l’air pour en faire un fertilisant. Cela permet de se passer des nitrates très émetteurs de gaz à effet de serre dans leur cycle de production mais aussi au moment de l’épandage.
La luzerne proviendrait d’Asie mineure et elle a été identifiée voilà près de 10 000 ans. Actuellement, elle ne couvre que 32 millions d’hectares dans le monde, dont 13 millions en Amérique du Nord. En France on ne cultive qu’une moyenne de 300 000 hectares de luzerne chaque année contre 1 million d’hectares il y a 60 ans. Néanmoins c’est beaucoup plus que la moyenne des pays membres de l’Union européenne, puisque 85 % des superficies en luzerne se trouvent en France, en Espagne et en Italie. La production annuelle des Pays-Bas, gros exportateur de produits agricoles, ne couvre que 8 000 hectares.
Face au réchauffement climatique et aux longues sécheresses de plus en plus fréquentes, la luzerne dispose d’une « racine pivotante puissante capable d’aller puiser l’eau et les éléments nutritifs très profondément dans le sol (…) Des estimations ont montré qu’une culture de légumineuse peut fixer jusqu’à 250 ou 300 kg d’azote par hectare. L’azote non utilisé pour développement de la plante fertilise le sol pour la culture suivante, expliquant l’avantage de la luzerne en tant que précédant cultural. En effet, la valeur de remplacement en fertilisant azoté d’une luzerne pour les cultures suivantes est de l’ordre de 100 à 200 kg par hectare. Un effet résiduel azoté est aussi observé lors de la seconde culture après la luzerne », lit-on dans le document édité par la Coopération agricole.
Les herbivores peuvent consommer la luzerne dans les prairies où elle est associée à des graminées comme le dactyle et la fétuque, dont elle favorise la pousse grâce à l’azote d l’air qu’elle capte en permanence. Une parcelle agricole semée de ce mélange peut être exploitée de deux à cinq ans avant d’être consacrée à un autre cycle de cultures comme les céréales, la betterave à sucre et la pomme de terre à tour de rôle, avant de revenir à une nouvelle culture de luzerne quelques années plus tard.
Cultivée seule, la luzerne est souvent fauchée puis déshydratée dans des unités de transformation qui en font un aliment plus riche en protéines végétales que les tourteaux de soja. Cette filière de la transformation emploie directement et indirectement 1 500 salariés France dans 26 usines. Tout comme le soja, la luzerne déshydratée peut entrer dans l’alimentation des vaches laitières, des chèvres et des brebis, comme dans celle des porcs, des volailles de chair et des poules pondeuses. 70 % de cette luzerne déshydratée est consommée en France. Comme notre pays importe plus de 3 millions de tonnes de soja chaque année dont une grande partie sous forme de tourteaux, développer la culture de la luzerne pour la déshydratation serait de nature à réduire bilan carbone de l’élevage en France. Car la luzerne peut produire 2, 4 tonnes de protéines végétales à l’hectare contre une moyenne de 0,9 tonne pour le soja.
Voilà un sujet qui mérite d’être mis en débat dans les pays membres de l’Union européenne alors que la Commission présidée par Ursula von der Leyen veut leur faire approuver un accord de libre-échange qui ferait croître la déforestation dans les pays du Mercosur.
Photo Terre-net : La luzerne déshydratée espère renouer avec un redéploiement des surfaces, compte tenu d'un contexte porteur. (©Stéphane Leitenberger/Adobe Stock)
Cet article est le 3636 ème sur le blog MRC 53 - le 523ème, catégorie AGRICULTURE et PAC
Article paru le 13 avril 2026 sur http://mrc53.over-blog.com/