Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Par Michel SORIN
Le logement est devenu une marchandise soumise à la loi du marché
Le Mouvement Républicain et Citoyen propose d'éclairer l'avenir lors de son congrès 2026 à Châtillon le 18 avril. Créé en 2003, le MRC est pour la République sociale, laïque et souveraine. Dans le projet de motion d'orientation présenté par le secrétariat national (Thierry Cotelle président et Catherine Coutard, vice-présidente) intitulé "Eclairer l'avenir", est esquissé un programme de salut public en six points :
- Industrie, énergie et recherche
- Emancipation, laïcité et démocratie
- L'égalité au quotidien : santé, logement
- Pour une transition écologique populaire
- Trouver des moyens et assurer la justice sociale et fiscale
- L'Union européenne
La partie logement repose sur une contribution de Frédéric Vergez "pour une politique républicaine de cohésion sociale et territoriale" (Note sur le logement, mars 2026)
Le logement se trouve aujourd’hui en France dans une crise profonde qui touche toutes ses dimensions : crise de la construction, crise de l’accessibilité financière, crise du logement social, crise de la rénovation du parc existant et crise de l'adaptation aux bouleversements climatiques. Cette crise multiforme n’est pas le fruit du hasard ou de forces incontrôlables : elle est le résultat de choix politiques accumulés sur plusieurs décennies, qui ont progressivement laissé le logement devenir une marchandise plutôt qu’un bien commun.
Selon le 30ᵉ rapport sur l’état du mal-logement en France publié par la Fondation pour le Logement des Défavorisés début 2025, 4 millions de personnes sont considérées comme mal logées en France et environ 15 millions de personnes sont touchées dans leur vie quotidienne par la crise du logement sous une forme ou une autre. Le chiffre le plus alarmant concerne les personnes sans domicile, qui ont plus que doublé en une grosse décennie. En 2025, 350 000 personnes sont sans domicile fixe, contre 143 000 en 2012.
La construction de logements neufs en France est entrée dans une phase de contraction sévère, atteignant des niveaux historiquement bas. Les logements sociaux sont particulièrement touchés : avec seulement 82 000 logements sociaux financés en 2024, la France atteint son plus mauvais résultat depuis 20 ans.
Depuis le début du siècle, on assiste à la « financiarisation » du logement — accentuée par le désengagement de l’État comme investisseur direct et le remplacement des aides à la pierre par des niches fiscales — nourrissant une dynamique spéculative : la hausse des prix encourage les achats d’investissement, qui réduisent l’offre disponible pour les primo-accédants et les locataires, ce qui fait monter les prix davantage. Cet engrenage a des effets profonds et durables sur les trajectoires patrimoniales des familles françaises, créant une fracture durable entre générations et entre classes sociales.
L’immobilier est devenu le moteur de l’explosion des inégalités sociales à travers l’envol des inégalités patrimoniales. Les choix politiques désastreux responsables de la situation datent des années 1990 mais, comme sur d’autres sujets, les deux quinquennats d’Emmanuel Macron ont encore aggravé la situation. Dès 2017, la baisse des APL de 5 euros a été répercutée sur les finances des bailleurs. Surtout, la création en 2018 de la Réduction de Loyer de Solidarité (RLS) a ponctionné les organismes HLM de 1,5 milliard d’euros par an, soit plus de 13 milliards sur dix ans, asphyxiant leurs capacités de construction et de rénovation. La loi ELAN a imposé des fusions brutales et facilité la vente de logements sociaux au privé. La TVA sur les HLM a été relevée de 5,5 % à 10 %.
Le verdict du monde HLM au Congrès de 2024 était sans appel : « Les décisions budgétaires prises depuis 2017 ont gravement affaibli nos capacités à produire et rénover. »
Parallèlement, les outils d’incitation ont été démantelés sans remplacement préparé, creusant un vide brutal dans la production locative privée. Le bilan est celui d’une double abdication : ponctionner le logement public pour économiser, et laisser s’effriter les incitations sans rien reconstruire.
C’est sur ces décombres qu’est présenté le 23 janvier 2026 le plan « Relance logement ». Le plan annonce 500 millions pour les bailleurs sociaux et un nouveau dispositif fiscal d’investissement locatif dont l’avantage bénéficie aux contribuables les plus aisés.
Ni régulation foncière, ni réforme de la détention spéculative : encore une fois, l’État sous-traite au marché ce qu’il devrait assumer. Ce plan est davantage un aveu tardif d’échec qu’une rupture — et il recycle la logique même qui a produit la crise.
Photo : Frédéric Vergez, auteur d'une note sur le logement.
Cet article est le 3633 ème sur le blog MRC 53 - le 286 ème dans la catégorie MRC national
Article paru le 07 avril 2026 sur http://mrc53.over-blog.com/
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