Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Par Michel Sorin
Dans le prolongement de Chevènement et de Montebourg
Natacha Polony veut jouer un rôle dans l'élection présidentielle 2027. Ses interventions médiatiques en témoignent. Voir (Le Figaro, 6 mai 2026) Eugénie Bastié : «Natacha Polony présidente de la République ?
Voir aussi la publication Facebook d'Eugénie Bastié (7 mai) Et si c'était elle ?
Et si c’était elle ? À un an de la présidentielle, les aspirants se multiplient sur la ligne de départ. Depuis qu’Emmanuel Macron a réussi son braquage électoral de 2017, tout le monde pense pouvoir rééditer l’exploit. Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée nationale, a même déclaré qu’elle pourrait être candidate, non pas parce qu’elle a un programme, mais parce qu’elle ne veut pas que l’élection présidentielle soit un club de « machos ». Une autre femme pourrait s’engager dans l’aventure, non pas au nom de son sexe, mais parce qu’elle a un cerveau, des idées, une histoire, une expérience et, surtout, un contact avec les Français. Il s’agit de Natacha Polony.
Son nouveau livre, La France. Corps et âme (Plon) tient autant du récit intime que du manifeste politique. L’ex-journaliste au Figaro y évoque son enfance passée dans la petite bourgeoisie (ses parents étaient médecins) travailleuse, qui lui a donné le goût de l’effort et du mérite. Une mère « guerrière », menant de front sa carrière et ses trois enfants, qui lui a montré que tout était possible pour une femme. Un père « gaulois », amateur de bons mots, qui lui a donné le goût de l’humour.
Natacha Polony est une personnalité hors norme, complexe et complète. Elle a été professeur, militante souverainiste, journaliste, directrice de journal. Elle manie aussi bien le verbe que la plume. Elle est capable aussi bien d’écrire un mémoire sur la poésie d’Yves Bonnefoy que d’avoir un avis sur la réforme de la marine française, de fabriquer ses propres vêtements à la machine à coudre et de comparer les mérites du roquefort et du camembert.
La France. Corps et âme n’est pas un livre décliniste. C’est plutôt un livre de fidélité inquiète. Fidélité à un pays que l’auteur a appris à aimer enfant en arpentant ses routes, ses musées, ses cathédrales ; inquiétude devant sa dépossession méthodique, son enlaidissement, sa désindustrialisation, son effondrement scolaire.
De Jean-Pierre Chevènement à Arnaud Montebourg, la gauche souverainiste et républicaine, si elle fourmille d’intellectuels brillants, n’a jamais réussi à passer le mur du son électoral. Cette gauche orpheline aurait-elle trouvé son égérie?
Et ce commentaire de Yves Lecornec
Merci à Natacha Polony : En 2027, la France aura besoin d’une figure capable de réconcilier l’exigence de justice sociale avec la fierté d’une nation indépendante. Natacha Polony incarne cette synthèse rare, celle d’une intellectuelle engagée, qui refuse à la fois les renoncements du libéralisme débridé et les replis identitaires. Son parcours résonne avec l’héritage gaulliste de gauche : celui d'un État stratège, protecteur des plus fragiles, mais aussi garant de la grandeur française.
Face à un monde où les logiques financières écrasent les peuples et où les communautés se fragmentent, elle porte une vision républicaine exigeante, celle d’une France plurielle, fière de ses diversités et de ses langues régionales, tout en affirmant son universalisme. Son attachement à la souveraineté nationale — qu’il s’agisse de défendre notre modèle social, notre langue ou nos cultures locales — rappelle que la gauche ne doit pas être le parti de la résignation face à la mondialisation. Comme De Gaulle, elle semble comprendre que la véritable modernité passe par la maîtrise de notre destin, et non par l’alignement sur les diktats des marchés ou des bureaucraties lointaines.
Son discours, souvent qualifié de "conservateur" par ses détracteurs, est en réalité profondément progressiste : il s’agit de conserver ce qui fait la force de notre modèle social et culturel pour mieux le transmettre, l’enrichir, et le rendre accessible à tous. Elle défend une France à la fois enracinée dans ses territoires, par une décentralisation ambitieuse qui redonne pouvoir aux régions et aux communes, et ouverte au monde, par un universalisme qui ne nie pas les particularismes. Sur l’Europe, son approche pragmatique — coopérative mais non soumise — pourrait redonner à la France le rôle de leader qu’elle a trop souvent abandonné.
Enfin, Natacha Polony incarne une gauche qui n’a pas peur de parler de patrie, de mérite, ou de responsabilité individuelle, sans tomber dans le piège du mépris de classe ou de la xénophobie. Son projet est celui d’un État fort, mais décentralisé, capable de protéger sans étouffer, d’unir sans uniformiser. C’est là, peut-être, sa force la plus précieuse : rappeler que le gaullisme social, celui de la Libération et du Conseil national de la Résistance, n’a jamais été l’apanage d’un seul camp. En 2027, son nom pourrait symboliser le retour d’une ambition pour la France — une ambition à la fois réaliste, généreuse, et profondément ancrée dans la complexité de son histoire et de ses territoires.
Voir aussi (BFM TV, Made in Montebourg, 8 mai) “Les Français sont dégoûtés de la politique".
Natacha Polony, éditorialiste politique, était invitée sur le plateau de BFMTV, à l'occasion de l'émission Made in Montebourg. Elle s'est notamment exprimée sur l'avenir des Français et leur dégoût de la politique.
Cet article est le 3644 ème sur le blog MRC 53 - le 183ème, catégorie France et Europe
Article paru le 11 mai 2026 sur http://mrc53.over-blog.com/
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