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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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Réunion des ministres des finances du G7 - 13 avril 2007

 

Libéraliser, résister à tout sentiment protectionniste

 Les grands de ce monde n’ont qu’une idée en tête : la liberté du plus fort. Notre ministre des finances fait partie de ce club des sept pays les plus riches, dont la préoccupation essentielle est de trouver un accord sur la libéralisation du commerce. Tant pis si l’agriculture en subit les conséquences.

 Voici le compte rendu de cette réunion des ministres des finances, tel qu’il a été présenté par le Nouvel Observateur le 14 avril sur www.nouvelobs.com . J’ai déniché une autre présentation de l’événement dans un article signé Philippe Béchade (Chronique Agora, 17 avril), qui contient des informations précises. A lire après l’article du Nouvel Obs ou sur http://www.la-chronique-agora.com .

 G7 : le succès des négociations de l'OMC est "impératif"

  « Réunis à Washington, les ministres de finances des pays riches ont appelé à trouver un accord rapide sur la libéralisation du commerce, dans le cadre de l'OMC. En revanche, ils ne règlent pas la volatilité des monnaies.

 Les ministres des finances des pays riches du G7 se sont réunis vendredi 13 avril à Washington, dans un contexte de flambée de l'euro, et de crise à la Banque mondiale. Les représentants de l'Allemagne, du Canada, de la France, de l'Italie, du Japon, des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne ont jugé "impératif" qu'un accord soit trouvé dans les négociations en cours sur la libéralisation du commerce mondial. En revanche sur les questions de taux de change, ils se sont contentés d'un service minimum, en dépit de l'envolée de l'euro face au yen et au dollar.

 Les négociations sur la libéralisation du commerce avaient débuté en novembre 2001, avec le cycle de Doha de l'organisation mondiale du commerce (OMC). Dans le communiqué publié à l'issue de la réunion de vendredi, les ministres ont fait savoir "qu'une conclusion fructueuse du cycle de Doha sur le développement est impérative".

 Des accords pour la fin de l'année

 Le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, a pour sa part indiqué dans un communiqué distinct que "nous sommes à un moment critique" dans les négociations entamées à Doha. "Des progrès substantiels sur les services, y compris les services financiers, doivent faire partie intégrante d'un cycle sur le développement et les ministères des Finances doivent travailler ensemble pour insuffler une nouvelle vigueur aux négociations sur les services financiers".

 Gelées en juillet 2006, les négociations de Doha ont été relancées en janvier dernier, avec le but de parvenir à un accord avant fin juin. Un moment clé car il marque l'expiration de la loi Trade Promotion Authority, qui accorde au président Georges W. Bush, des pouvoirs de négociation spéciaux. La représentante américaine pour le Commerce, Susan Schwab, a pour sa part, estimé qu'il y avait de bonnes chances de parvenir à un accord avant la fin de l'année.

  "Nous sommes déterminés à résister à tout sentiment protectionniste, développent les membres du G7. Abaisser de manière significative les tarifs douaniers et les autres barrières est essentiel pour donner un nouvel élan à la croissance du commerce mondial et réduire la pauvreté".

 Dans le communiqué final de la réunion de Washington, les membres se félicitent "des récentes initiatives pour intensifier les contacts, et nous reconnaissons que des mouvements substantiels vers un accord final exhaustif demandent que toutes les parties consentent des efforts supplémentaires". Des négociations ont eu lieu à New Delhi cette semaine entre les Etats-Unis, l'Union européenne, le Brésil, l'Inde, le Japon et l'Australie. Ils se sont engagés à intensifier leurs efforts pour faire aboutir les pourparlers de Doha d'ici à la fin de l'année.

 Pas d'avancées sur les taux de changes

  Côté monnaie, les accords se font avec difficulté. Alors que le cours de l'euro flambe, il est au plus haut depuis deux ans face au dollar, et à des niveaux historiques face au yen, le G7 se contente du service minimum.  Les sept ministres des finances se sont bornés à répéter qu'une "volatilité excessive et des mouvements désordonnés des taux de change sont indésirables".

 Plusieurs pays européens, dont la France, sont inquiets du niveau élevé de la monnaie unique qui, selon eux, nuirait aux exportations. Thierry Breton, représentant français, a appelé à la "vigilance".

 Le G7 a par ailleurs sommé la Chine à laisser sa monnaie, s'apprécier. En effet, la faiblesse du yuan est perçue par les Occidentaux comme un avantage commercial déloyal. Le secrétaire au Trésor américain a fait preuve de fermeté : "il est crucial que la Chine agisse à présent avec un sentiment d'urgence renforcé" sur ce dossier. Les Etats-Unis expliquent en partie leur déficit commercial abyssal et les  délocalisations d'emplois industriels, par la faiblesse du yuan.

  La Chine absente

 La Chine avait décliné l'invitation qui lui avait été faite par le forum à venir participer à une rencontre entre le G7 et plusieurs pays émergents. Raison invoquée : un programme trop chargée. Toutefois, ce refus intervient à la suite de plaintes commerciales déposées par les Etats-Unis contre la Chine, auprès de l'OMC.

 Sur le projet de renforcer la transparence des fonds spéculatifs, dont l'Allemagne, qui préside cette année le G7/G8, a fait l'une de ses priorités, aucun progrès n'est ressorti à Washington. Thierry Breton  a précisé que les discussions sont à un "stade préliminaire".

 CURRY D'AGNEAU ET CARRY TRADE

 « Shootés au carry trade depuis 10 ans, les marchés vont pouvoir continuer à s'en injecter à seringue redoublée au cours des trois prochains mois. En effet, les sherpas du G7 n'ont exprimé aucune objection face à la dégringolade du yen (-18% en 15 mois face à l'euro), et ne s'inquiètent pas davantage de voir le dollar tutoyer, à 1% près, son plancher historique face à la monnaie unique.

 Il n'a même pas été question, en marge de la réunion du FMI ce week-end à Washington, de critiquer la lenteur du réajustement à la hausse du yuan, un des multiples artifices participant au dumping commercial orchestré par la Chine. Cela lamine des pans entiers de l'industrie américaine -- laquelle a continué de détruire des emplois le mois dernier, tandis que le BTP et le secteur public recrutent à tour de bras.

 Il est vrai que la Maison-Blanche avait d'autres chats à fouetter... comme par exemple réaffirmer son soutien sans faille à Paul Wolfowitz, accusé de népotisme -- preuves à l'appui -- pour avoir accordé à sa maîtresse, jusqu'alors simple employée de la Banque Mondiale (qu'il préside depuis deux ans), une augmentation de salaire à faire pâlir d'envie un caporal fraîchement promu général en chef dans une république bananière venant de subir un 18ème coup d'état.

 Et les marchés financiers n'ont au fond que des raisons de se réjouir des frasques de l'un des principaux inspirateurs du "choc des civilisations" et de l'invasion de l'Irak. Cette lamentable affaire, qui achève de discréditer les Etats-Unis de George W. Bush -- et de son entourage de va-t'en-guerre illuminés --, occulte les vrais problèmes de déséquilibres économiques et monétaires.

 Les investisseurs avaient donc tout loisir de s'extasier devant le benign neglect (le laisser-faire) du G7 face à la montée en flèche de l'euro -- d'autant que le patronat allemand manifeste un optimisme inoxydable au sujet de la croissance attendue en 2007. Cette dernière devrait avoisiner 2,5% au lieu des 2% estimés initialement, et la Bundesbank ne devrait pas tarder à rehausser sa prévision conservatrice de 1,75%, alors que la masse monétaire gonfle désormais à un rythme supérieur à 10% par an.

 Le "miracle allemand" (plus de 1 100 milliards d'euros d'exportation de marchandises, dont près du tiers à destination de la Chine) force l'admiration. Nous ne pouvons nous empêcher de relativiser cet exploit du fait de la contribution décisive des ex-pays de l'Est, qui sous-traitent -- à qualité pratiquement égale -- une grande partie de la production des firmes cotées à Francfort, moyennant des coûts salariaux inférieurs de moitié à ceux qui se pratiquent en zone euro (les produits réexportés bénéficient néanmoins du label made in Germany).

 Les Etats-Unis perdent des parts de marché dans tous les secteurs, sauf dans l'armement, l'aviation civile et les droits audiovisuels (merci Hollywood) ; son déficit commercial ne s'est contracté en février dernier que par la grâce d'une chute de 21% de la facture pétrolière. La hausse de 0,7% des ventes de détail au mois de mars augure d'une nouvelle dégradation du solde, au-delà des 60 milliards de dollars.

 Mais cela fait près de 20 ans que les USA s'enfoncent irréversiblement dans la spirale des déficits : cela représente une bonne génération de financiers accoutumés à négliger ce genre de vétilles. Quand bien même certains affecteraient de s'en préoccuper, ils n'ont guère de chance d'être entendus, car les investisseurs ont depuis belle lurette l'esprit ailleurs.

 Wall Street vit cette année sous l'emprise des vapeurs enivrantes qui se dégagent du chaudron bouillonnant des OPA (…)

 En Europe, le climat des affaires semble calqué sur la météo : nous assistons, avec trois mois d'avance sur le calendrier, à une véritable canicule estivale. Le CAC 40 ne s'est pas contenté de franchir l'obstacle psychologique des 5 800 points ; il l'a littéralement pulvérisé, ouvrant au passage un beau gap au-dessus des 5 790 points, pour rejoindre quelques heures plus tard la zone des 5 860 points avec 38 titres en hausse sur les 40 que compte l'indice phare.

Le CAC 40 -- qui aligne neuf séances de hausse sur une série de 11 et affiche +10,5% en ligne droite en l'espace d'à peine six semaines -- se retrouvait lundi soir à tout juste 2,4% du seuil des 6 000 points, testé pour la dernière fois le 31/01/2001, au prix d'un niveau de tension historique des oscillateurs techniques.

 Le principal indice hexagonal peut-il éviter une sévère rechute en ayant laissé de nombreux gaps béants depuis le récent plancher des 5 300 points ? La réponse des investisseurs est sans ambiguïté : il n'y a plus qu'à se laisser porter par la vague sans se poser de questions -- comme les restaurateurs du nord de l'Europe, qui font terrasse comble midi et soir depuis une semaine.

 Au menu, les deux incontournables du moment s'appellent curry d'agneau (Pâques n'est pas si loin et l'Inde est à la mode) et carry trade bien épicé... Alors bon appétit -- mais gare aux maux d'estomac ! »

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