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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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Assemblée générale 2011 : l'Apli, après 2 ans d'existence, se structure

L’Apli à la recherche de relais politiques influents

 

L’association des producteurs de lait indépendants (Apli) est née fin 2008 de l’initiative d’éleveurs laitiers du Sud-Ouest, mobilisés par l’aveyronnais Pascal Massol (voir Le parcours de Pascal Massol (Apli), devenu en un an leader paysan- 4 février 2010).

C’est la grève des livraisons de lait en septembre 2009 qui a marqué la vraie naissance d’un mouvement agricole inédit, une lutte sociale professionnelle visant à faire reconnaître la dignité et l’indépendance des éleveurs de vaches laitières dans une économie libérale où ils sont maltraités par les autres membres de la filière, à commencer par l’industrie agroalimentaire, qu’elle soit de statut privé ou coopératif.

 

Affaires internes, en matinée

L’Apli réunissait son assemblée générale le 12 septembre à l’ouest de Rennes, avec un débat l’après-midi sur l’avenir de l’Europe laitière. Selon l’hebdomadaire d’informations agricoles et générales, L’avenir agricole, dont le siège est à Laval (Mayenne) - édition du 16 septembre (Frédéric Gérard) - l’Apli est à un tournant de sa jeune histoire. D’abord l’équipe, et en particulier son président emblématique, Pascal Massol, vont passer la main, cet hiver. En parallèle, certains membres sont convaincus que, « pour pouvoir s’opposer à certaines structures (dont le Cniel), il faut revoir les statuts et les ajuster le plus rigoureusement possible ».

L’idée d’une fédération est lancée. Cela signifie que quelques associations départementales doivent réviser leurs statuts (…). André Lefranc, qui a bien voulu hériter de cette patate chaude, s’attache donc à convaincre ses collègues de l’intérêt de ce dossier. « C’est d’abord pour protéger notre démarche. Mais il n’est pas question de perdre notre réactivité. On ne veut pas devenir comme les syndicats, dont l’organisation est trop lourde… »

Ce changement correspond aussi à une mise au point : comme annoncé depuis le début, les membres du conseil d’administration de l’Apli ne pourront pas être responsables de l’Office du lait, et inversement. Un moyen pour que chacun se consacre pleinement à ses dossiers,  mais aussi pour préserver l’indépendance de chaque structure (…).

 

Débat sur l’avenir de l’Europe laitière, l’après-midi

 

Animé par Guy Laluc, qui publie en toute indépendance une revue de presse agricole (voir Argos, revue de presse agricole), ce débat a été handicapé par l’absence excusée de l’économiste Aurélie Trouvé, qui avait prévu d’intervenir sur les systèmes laitiers dans le monde.

 

Le premier intervenant, l’allemand Romuald Schaber, président de l’EMB (European Milk Board), a déploré la libéralisation des marchés agricoles et la domination de la finance sur l’économie. Il a salué la grève du lait, initiée par la France, qui a été une révolution dans le secteur laitier. L’EMB, avec Milkboard, veut regrouper les producteurs de lait au niveau européen (14 pays actuellement, 100 000 membres) dans le but d’obtenir des firmes et coopératives des prix du lait qui couvrent les coûts de production. Celles-ci veulent augmenter les volumes et jouer sur la fluctuation des prix du lait afin d’augmenter leurs gains. Il faut une agence de régulation au niveau européen. Les responsables politiques répondent que leur chemin va dans une autre direction. Nous ne voulons pas peser sur la spéculation financière. Notre intérêt se porte sur l’alimentaire et nous espérons que le lien va se faire avec nous.

 

Le second intervenant, le suisse Daniel Koller, représentant de l’organisation majoritaire parmi les producteurs de lait en Suisse, veut témoigner des effets pervers de la libéralisation de l’économie laitière dans son pays. Il faut distinguer le marché des 600 fromageries artisanales, qui donne satisfaction, du reste (4 centrales industrielles et 100 petites et moyennes laiteries).

 

En 1998, la loi sur l’agriculture a supprimé la garantie de prix. Cette loi a été amendée en 2003. Une ordonnance sur la sortie du contingentement laitier a été adoptée en 2004.

Actuellement, le marché industriel est tenu, à 80%, par deux principaux acteurs. Il y a déséquilibre des forces en raison de l’éclatement de l’organisation des 25 000 producteurs de lait. Depuis 2008, il y a des stocks de beurre qui ne sont pas résorbés. Le nombre d’exploitations laitières diminue pendant que les références par exploitation et les différences de prix augmentent. Le gouvernement fournit des aides à la construction de grandes unités, ce qui accroît les stocks spéculatifs et fait baisser les prix du lait. Il y a de moins en moins de transparence dans les quantités produites.

 

Le bilan de la libéralisation, c’est la dictature de la minorité (industriels) sur la majorité (les producteurs, eux-mêmes profondément divisés) ; l’Etat et l’administration qui imposent leurs vues libérales ; le droit à la concurrence qui n’est pas mis en œuvre. Un bon tiers du lait est bien valorisé (fromages), mais la libéralisation, qui sert de laboratoire pour l’Union européenne, est à l’origine d’une situation difficile, que la France aurait tort d’imiter.

 

Dans le débat qui a suivi, Pascal Massol a déduit de l’opacité des statistiques fournies par les laiteries la nécessité de se battre pour que la facturation revienne aux producteurs. C’est un combat important pour obtenir plus de transparence. Il est très étonné qu’en Suisse, une petite partie des producteurs de lait revendiquent d’être en concurrence avec la Nouvelle-Zélande pour les prix. Il s’étonne que les syndicats et le gouvernement français n’aient pas pris l’initiative d’aller voir en Suisse les effets de la libéralisation, que l’Union européenne veut introduire.

 

Daniel Koller, répondant à une question  sur la représentativité de son organisation, précise que 99% des producteurs sont affiliés mais que la division entre producteurs est très forte. La Suisse francophone est plus solidaire ; à l’est, ce sont des entrepreneurs individualistes.

 

Anton Sidler regrette l’absence d’Aurélie Trouvé, qui soutient la démarche de l’Apli. En ce qui concerne le cabinet Ciolos, qui a été invité, mais s’est fait excuser, le secrétaire a félicité l’Apli et l’EMB pour leur travail. Le commissaire à l’agriculture cherche un compromis avec la commission agricole du Parlement européen avant la fin de l’année 2011.

 

Pascal Massol a ironisé sur le plafonnement des aides, proposé par la commission (300 000 euros) et ajouté que, si le commissaire Ciolos et les parlementaires comprennent le problème, ce n’est pas suffisant. Car Barroso et l’ensemble des commissaires doivent être d’accord pour qu’un texte soit adopté. Il n’y a pas d’entente entre les institutions de l’Union européenne. Chacun travaille de son côté. L’EMB est la seule entité européenne qui parle d’une seule voix. Notre souci est de trouver des gens qui pensent comme nous et peuvent influer sur les gouvernements. Il faut téléphoner aux parlementaires sur la question de la contractualisation. Beaucoup pensent comme nous mais n’ont pas de volonté politique. Ils ne font rien. Or, ils sont à notre service. C’est important de leur rappeler en leur téléphonant directement.

 

Romuald Schaber signale qu’à partir du 1er avril 2012, une pétition européenne sera possible. Il propose de prendre appui sur le peuple pour aller plus loin.

 

Pascal Massol a prolongé une intervention dans la salle portant sur l’aventure extraordinaire de la création de l’Apli (habituellement, les mouvements spontanés meurent aussitôt ; l’Apli se structure, ce qui est surprenant et a un caractère humainement exceptionnel). Effectivement, l’Apli est considérée comme un cas d’école par les sociologues, une première.

 

Paul de Montvalon considère que la fédération laitière suisse n’a plus aucun pouvoir. Ce sont les organisations de producteurs (OP) qui ont le pouvoir, mais ce sont les industriels qui sont à leur tête et ne voudront jamais revenir en arrière. En France, ils l’ont compris. La première OP qui arrivera à représenter 30% du volume laitier national fera tomber le système. Nous en sommes capables. A condition de pouvoir rassembler les producteurs.

 

Pascal Massol est d’accord avec quelqu’un qui dit qu’il ne faut pas trop de temps à critiquer la FNPL. Il demande aux responsables départementaux de prendre contact directement avec les responsables départementaux de la FNPL. On verra qui répond. Un premier bilan sera fait.

 

Dominique Galland regrette l’absence d’Aurélie Trouvé, qu’il a vue (très bonne) dans une confrontation sur la PAC avec Chalmin, lors des Controverses de Marciac (Gers) début août. La Commission européenne, qui veut déréguler, tient sa revanche avec la suppression des quotas. L’Union européenne mène un combat d’arrière-garde. Partout ailleurs, dans le monde, les Etats régulent les marchés.

 

Anton Sidler  insiste pour que l’Apli réussisse dans son travail de fond auprès des politiques afin de contrer la Commission européenne. Il faut un exemple en Europe d’un pays qui rémunère les producteurs agricoles, sans assommer les consommateurs.

 

Pascal Massol demande de se tenir prêts à intervenir quand le prix du lait sera moins favorable. Le gouvernement n’a plus d’argent. Le système craque de partout. Nos propositions sont moins coûteuses. Elles intéresseront les pouvoirs publics.

 

Voir Lait : Apli, Coordination rurale et Confédération paysanne ensemble -17 septembre 2011

Les producteurs de lait indépendants (Apli) proposent un contrat laitier - 14 septembre 2011 

 

Cet article est le 247ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

 

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