Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
La finance continue de mener l’économie et le monde
C’est maintenant la zone euro - son économie, ses Etats, ses faiblesses - qui est la proie de la spéculation financière mondialisée. La sortie de crise n’est pas pour demain. Car les autorités politiques, après avoir volé au secours des banques, se gardent bien de s’en prendre aux causes de la crise.
Tout devrait continuer comme avant. Mais cela ne se passera pas comme cela, cette crise étant celle du système économique et financier lui-même. Le montage institutionnel européen est à côté de la plaque. Il n’en survivra pas.
Passons en revue les meilleures analyses de cette situation inédite.
Attac France, 10 février : Euro : il faut casser les reins de la spéculation
La secousse qui ébranle la zone euro révèle que les élites dirigeantes n’ont toujours rien appris de la crise globale qui frappe la planète.
Tout d’abord parce que les marchés financiers ont gardé intact leur formidable pouvoir de nuisance. Les pays membres de l’Union européenne les plus fragilisés par la crise mondiale payent un tribut exorbitant aux spéculateurs. Ainsi, la Grèce, l’Espagne, le Portugal, notamment, désignés par les marchés financiers comme les maillons faibles de la zone euro, sont attaqués de toutes parts. Les fonds d’investissement imposent à ces pays des taux d’intérêt deux fois plus élevés qu’à l’Allemagne ou la France pour financer leurs déficits. Déficits eux-mêmes largement provoqués par la récession due à la crise financière. La boucle est bouclée : les spéculateurs font leurs profits avec les conséquences de la crise qu’ils ont provoquée.
Ensuite parce que la spéculation contre l’euro montre l’impasse de la construction européenne. Celle-ci nous avait été vantée comme un bouclier anti-crise. Il n’en est rien. Jamais l’Union européenne n’a tenté de prendre des distances par rapport à la financiarisation de l’économie mondiale et de ralentir la circulation des capitaux.
Au contraire, tous les traités européens ont inscrit l’Union dans une dynamique financière incontrôlable. La Banque centrale européenne a bien fait d’injecter des liquidités et de baisser les taux d’intérêt pour limiter la récession.
Mais puisque nous sommes restés dans une économie de casino, ces liquidités ont fourni de nouvelles munitions à l’industrie financière pour spéculer et menacer l’existence même de l’euro.
L’Union européenne s’est également interdit d’avoir un vrai budget qui permettrait une aide aux pays en difficulté. Elle s’est même, de façon absurde, interdit de venir en aide à un pays de la zone euro en difficulté. Elle est donc incapable de tenir la promesse qu’elle a faite aux peuples européens : construire un espace de solidarité, dont la nécessité se fait cruellement sentir en temps de crise. Les Grecs, Espagnols, Portugais et autres Islandais qui ont besoin de cette solidarité, n’ont qu’à aller voir ailleurs. Au FMI, par exemple, qui saura une nouvelle fois faire payer les peuples pour les erreurs de leurs dirigeants !
La sortie de crise, annoncée bruyamment tous les jours, est encore loin. Les dégâts sociaux provoqués par la finance ne font que s’aggraver. Attac exige l’instauration immédiate par l’Union européenne d’une taxe sur les transactions financières pour casser les reins à la spéculation qui menace de déclencher une nouvelle catastrophe financière. Une taxe de type "Tobin-Spahn", c’est-à-dire à double niveau : un niveau faible (0,1%) en temps ordinaires pour dégonfler le volume des transactions ; un taux élevé (de 10 à 50%) en période de folie spéculative, comme aujourd’hui.
Bernard Teper, président de l’Union des Familles laïques (UFAL Flash n° 104, 12 février) :
On nous avait prédit il y a quelques semaines la sortie de crise ! En fait, la crise s’approfondit. Les pays de la zone Euro les plus fragiles : Grèce, Espagne et Portugal subissent à leur tour la crise. Ces pays sont obligés d’augmenter leur taux d’intérêt pour financer leurs déficits, ce qui augmente leur fragilité. Lire la suite…
Jacques Sapir, directeur d’études à l’EHESS, le 12 Février, sur le site Marianne2 :
La crise grecque, un camouflet pour l'euro et la BCE
La Grèce n'est pas dans une situation très différente des autres pays de l'Union. Pour l'économiste Jacques Sapir, la solution est ailleurs. Il faut un contrôle des mouvements de capitaux et une réforme de la Banque Centrale Européenne.
L’Euro est en crise. Cela n’étonnera guère ceux qui me lisent. Cette crise était prévisible du fait même du fonctionnement de cette zone, ainsi que je l’ai établie il y a quelques années. L’hétérogénéité des niveaux de l’inflation structurelle dans les pays de la zone ne pouvait que mettre à mal une construction à laquelle manquaient des pans entiers pour en assurer la cohérence.
La crise grecque a donc constitué un avertissement et non un véritable test pour la zone Euro. La faiblesse de la réaction européenne, en revanche, pourrait bien laisser préjuger de ce que sera la capacité de résistance de cette zone quand la véritable crise arrivera : c’est-à-dire très faible. En effet, la situation de la Grèce sur le plan budgétaire est sérieuse, mais elle n’est pas la seule (…).
Editorial du quotidien Le Monde, 10 février : Spéculation
A peine un an après avoir sauvé les banques en y consacrant de chaque côté de l'Atlantique des sommes colossales - 25 % du PIB, selon la Banque centrale européenne -, voici les Etats endettés attaqués par ces mêmes établissements financiers. Telle est l'une des leçons - amères - de la crise grecque, la plus importante qu'ait connue l'euro depuis sa création (…).
Philippe Béchade, le 10 février, analyste financier (analyses des marchés, La Chronique Agora) :
Un parallèle entre un krach obligataire et la crise des subprime
(…) Si nous devions oser une analogie entre la crise des dettes souveraines et celle des subprime, nous dirions que le défaut temporaire de Dubaï (qui aurait pu très mal se terminer sans la "générosité" du voisin Abu Dhabi) correspond au dépôt de bilan de New Century Financial en février 2007...et la spirale baissière des emprunts grecs ressemble aux convulsions préfigurant la faillite de Bear Stearns (c'était en juillet 2007).
Les prochaines étapes pourraient être le déclenchement d'une attaque spéculative contre le Portugal en mars prochain (l'équivalent de la faillite de la banque britannique Northern Rock à la mi-septembre 2007) puis contre la dette espagnole. On changerait alors d'échelle avec l'Espagne... et il nous revient en mémoire le prêt d'urgence de 30 milliards de dollars accordé à J.P. Morgan à la mi-mars 2008.
Ce serait ensuite au tour de l'Angleterre de tétaniser les porteurs obligataires institutionnels sur l'ensemble de la planète. Ce serait l'équivalent de l'onde de choc IndyMac... mais aussi Royal Bank of Scotland ou Lloyds TSB, pour rester dans la tonalité locale.
Et vous devinez où commencera alors à vaciller le domino suivant : aux Etats-Unis... avec une succession de chocs de confiance équivalents à la dislocation de géants comme Fannie Mae, Lehman ou AIG (…).