Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

La politique d’immigration, l’Europe, la réforme du lycée
JP Chevènement lors de son intervention de clôture de l’université d’été du MRC, le 6 septembre 2009, à Toulouse (voir Rupture !)
Le sénateur du Territoire de Belfort, Jean-Pierre Chevènement, Vice-Président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, se signale par sa remarquable activité parlementaire. Je l’avais souligné dans un article paru sur ce blog (voir Chevènement, 70 ans, très actif au Sénat, en capacité d'être président - 19 septembre 2009).
J’y reviens, car ses interventions méritent notre attention par leur qualité sur le fond, à relier avec son expérience gouvernementale. Voici ce qu’on peut lire sur son blog ces derniers jours, dans l’ordre de parution.
Il y aurait pourtant beaucoup à dire sur la baisse constante du nombre d’étudiants inscrits dans les filières scientifiques de nos universités (…). Le handicap qui résulte de ce manque d’ambition pour le pays, du fait de la mauvaise orientation des élèves et des étudiants vers des filières sans débouchés, n’en sera pas corrigé.
2. Je relève une seconde contradiction dans les discours du Président de la République (…)
C’est le principe même de l’élitisme républicain que le Président de la République met en cause, un principe qui vise à la fois à la démocratisation des études et au maintien de l’exigence intellectuelle et de la qualité de l’enseignement.
3. Le Président de la République pointe à juste titre l’inégalité des chances selon l’origine sociale. Mais croyez-vous qu’on corrigera cette inégalité par un rabais de l’exigence ! (…). Il faut pour cela, et dans tous les domaines de l’action politique, une énergie républicaine que je ne discerne pas dans les choix fiscaux et autres du gouvernement.
4. On peut certes améliorer l’orientation des élèves mais je ne crois pas qu’on puisse instituer une orientation permanente et efficace avec des stages passerelles et des remises à niveau pendant les vacances (…).
5. Prélever deux heures sur les horaires de cours pour un soutien des élèves en difficulté alors que baisse le nombre de postes de professeur, c’est aller au-devant du lycée « light » (…).
6. Pour tenir compte de la diversité des élèves liée à la démocratisation des études longues, il faut évidemment diversifier les filières (…).
7. Le Président de la République dit souvent une chose et son contraire. Cela vous facilitera la tâche. Je vous souhaite très sincèrement, parce que c’est de l’avenir de notre jeunesse et du pays tout entier qu’il s’agit, de tenir bon les deux bouts de la chaîne : le souci de la démocratisation et le maintien de l’exigence de qualité (…).
Un mot pour conclure : la conquête de l’autonomie sera d’autant plus facilitée que seront maintenus des cadres solides. La conquête de l’autonomie passe par la conquête du Savoir. Et ce sont les enfants des classes les moins favorisées qui ont le plus besoin d’une école structurée et sûre de ses valeurs. La transmission des savoirs dont la parfaite maîtrise fonde l’autorité du maître passe par un bon encadrement. C’est la meilleure garantie d’un lycée qui marche à Clichy sous Bois comme à Neuilly. Ne vous laissez pas égarer, Monsieur le Ministre, par des comparaisons statistiques trompeuses sur le nombre d’heures de cours dispensées dans d’autres pays aux élèves de quinze ans. Chaque système éducatif a sa spécificité. Il n’est pas souhaitable de réduire le nombre des heures de cours au lycée car ce n’est pas en travaillant moins que nos lycéens apprendront mieux.
Cet article est le 9ème paru sur ce blog dans la catégorie Chevènement sénateur.