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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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Chevènement a le caractère d'un président compétent et rassembleur

Son parcours d’homme d’Etat est exceptionnel

 

Chevènement Le Mans 280111 004 TAyant connu et fréquenté Jean-Pierre Chevènement depuis 1973, en dehors de la période 1992-2001 (j’étais resté au PS alors qu’il l’avait quitté), je ne suis étonné, ni par le succès de son livre « La France est-elle finie ? » (Fayard, janvier 2011), ni par sa démarche de candidat possible à l’élection présidentielle.

Que sont devenus ses soutiens de 2002 ? C’est la question que se pose Elie Arié, qui était dans l’équipe du candidat à l’élection présidentielle il y a dix ans.

Que reste-t-il du chevènementisme en 2011 ? (Marianne2, tribune, 1er mai)
Au moment où le sénateur de Belfort annonce de nouveau son intention de se présenter en 2012, Elie Arié dresse l'inventaire de la chevènementie, et se demande si le « lion de Belfort », qui avait tenté de rassembler les républicains des deux rives, n'a pas eu raison avant les autres.

(…) Chevènement avait été le seul à comprendre (…) qu’ « au-delà de la gauche et de la droite », la construction de l’Union Européenne sur un modèle supra-national et technocratique qu’il avait toujours combattu menaçait l’essentiel : les valeurs républicaines sans lesquelles la France était appelée à se dissoudre dans un magma invertébré sans passé et sans avenir (…).

 

Il existe une évolution mais aussi une continuité dans la pensée de Chevènement. Je l’ai souligné dans cet article paru le 2 décembre 2010 sous le titre : Chevènement et le MRC analysent leur action depuis les années 1960  

Bastien Faudot, 1er Secrétaire fédéral MRC du Val-de-Marne, Secrétaire national chargé de la formation et des universités d'été, rappelle le cheminement historique du courant politique issu du CERES (voir Mouvement républicain et citoyen Val-de-Marne).

Au Mouvement Républicain et Citoyen, nous voulons oeuvrer à l'accomplissement de la République, faire vivre l'exigence progressiste et républicaine, promouvoir l'indépendance de la nation, la résistance à l'hégémonie libérale et oeuvrer pour un monde multipolaire. Pour nous, la souveraineté populaire est l'instrument de la liberté et la condition du plein exercice de la citoyenneté.

Nous voulons ancrer dans la réalité les principes républicains de liberté, de laïcité, d'égalité des droits et des chances, de justice sociale et de fraternité. Historiquement, les origines de notre parti remontent au Centre d'études, de recherches et d'éducation socialistes (CERES), courant qui constituait l'aile gauche de la SFIO, puis du Parti Socialiste, dont Jean-Pierre Chevènement a été l'un des fondateurs. Ce courant devient Socialisme et République en 1986, puis Mouvement des Citoyens à la fin du mois d'août 1992.

Le MDC s'oppose au traité sur l'Union européenne et appelle les Français à voter "non" au référendum du 20 septembre 1992 : "Pour une autre Europe, non à Maastricht". En 1993, le Mouvement des Citoyens se transforme en parti politique indépendant.

Candidat à l'élection présidentielle de 2002 où il a obtenu plus d'un million et demi de voix, Jean-Pierre Chevènement a réuni ses comités de soutien au sein du Pôle Républicain. Créé en janvier 2003, le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) est présidé par Jean-Luc Laurent, Maire du Kremlin-Bicêtre et Conseiller régional d'Ile-de-France. Jean-Pierre Chevènement, ancien Ministre et Sénateur du Territoire de Belfort est président d'honneur du MRC.

Chevènement Nantes 110411 023 TDepuis juin 2008 et le congrès du Mouvement Républicain et Citoyen au Kremlin-Bicêtre, je l’ai vu préparer l’élection présidentielle de 2012. C’est alors qu’il avait commencé à écrire son livre dans ce but. Il voulait peser sur cette élection, sans savoir s’il pourrait directement y jouer un rôle, en tant que candidat. Cet article paru dans Nord Eclair, le 7 mars 2011 (propos recueillis par Martin Leprince) illustre bien sa position.

Nord Eclair: Quel est le message principal que vous souhaitez adresser aux étudiants de l'Edhec ?

Jean-Pierre Chevènement : J'ai répondu à leur invitation pour présenter mon livre, La France est-elle finie ? (Fayard). Cet ouvrage est une réflexion sur quarante années de vie politique française ainsi qu'une plongée rétrospective dans le XXe siècle français, qui fut catastrophique et précipita notre pays dans une crise nationale de longue durée. Mais à travers une relecture de cette période, je souhaite avant tout « armer » nos concitoyens pour le XXIe siècle, afin de leur rendre la confiance sans laquelle aucune nation ne peut construire son avenir.

 

Vous vous montrez, comme toujours, très critique sur la politique européenne...

L'Union européenne s'est construite à partir d'un concept de marché et en acceptant, dans les années 1980 la dérégulation néo-libérale. Mon livre est une réflexion sur la manière de redresser l'Europe aujourd'hui, notamment en s'affranchissant de la dictature des marchés financiers, ou en modifiant les règles de fonctionnement de l'euro, ou encore en trouvant un moyen de s'en sortir à moindre frais en cas d'effondrement de la zone euro, que l'on ne peut pas exclure. L'Europe, pour devenir acteur de son propre destin, doit pouvoir résister à la domination conjointe des États-Unis et de la Chine. L'euro aujourd'hui est une variable d'ajustement entre le dollar et le yuan chinois.

 

Souhaitez-vous défendre vos idées lors de la prochaine élection présidentielle ?

Il faut qu'émerge une politique alternative par rapport à celle proposée par Nicolas Sarkozy ou prônée par les candidats socialistes potentiels également prisonniers de la logique des marchés financiers et d'un européisme à courte vue. L'élection présidentielle constitue la seule occasion dans notre système institutionnel de peser véritablement dans le débat politique. Reste à savoir si les Français attendent réellement une vision alternative et s'il existe un espace politique pour cela. Je ne suis pas obsédé par l'idée de devenir président de la République. Cette idée n'a pas gouverné ma vie. Mais il est des circonstances où le devoir doit parler.

 

Aujourd'hui, vous pensez donc très sérieusement être candidat ?

Oui, très sérieusement.

 

Qu'est-ce qui vous sépare des candidats potentiels du PS ?

La plupart des candidats ne sont pas encore déclarés. Martine Aubry est une femme sincère que je respecte. Mais j'entends dire qu'elle se retirera si Dominique Strauss-Kahn était candidat. Cela pose un vrai problème d'orientation politique.

 

DSK représente-t-il à vos yeux la défense du néolibéralisme ?

Je le connais bien, j'ai siégé dans le même gouvernement que lui. Je connais aussi les idées qu'il professe : il est pour l'État aux abonnés absents. J'ai lu également ses écrits, notamment son rapport de 2004 au président de la Commission européenne, Romano Prodi sur les perspectives de l'Europe. Vision totalement irréaliste. J'espère qu'il aura changé de point de vue en 2012. Je souhaite qu'il trouve son chemin de Damas !

 

Vous vous êtes singularisé à gauche par l'opposition à l'Europe et la défense du principe républicain. Aujourd'hui, la crise de l'euro et la reprise du thème républicain par l'ensemble des formations de gauche confèrent à vos positions une réelle actualité...

Je ne suis pas contre l'Europe, il faudrait dissiper cette idée. Je suis contre la manière dont elle a été faite avec la dérégulation de l'économie comme moteur. Je suis également très préoccupé par l'érosion de notre base industrielle, avec des conséquences directes sur notre modèle social. Je ne suis pas anti-européen, mais je refuse que toutes les directives de Bruxelles aient pour seuls soucis la concurrence, l'ouverture des marchés et la fin des services publics. L'euro est une monnaie surévaluée qui contribue à notre désindustrialisation. Je suis pour une Europe des nations, pas une Europe qui se fait sans elles, voire contre elles. Concernant le modèle républicain, je vois effectivement que les socialistes et les Verts parlent désormais d'« intérêt général » et de « République ». Mais il faudrait que ce discours se traduise de manière concrète, car la République comporte des exigences fortes en matière d'école, de sécurité, de civisme et donc de patriotisme. La réaffirmation de l'identité de la France est nécessaire au redressement de l'Europe, dans l'intérêt de l'Europe et de l'Allemagne elle-même, dont la politique rigoriste à courte vue nous conduit dans le mur.

 

Voir aussi Face au capitalisme financier, il faut un candidat vraiment républicain - 27 avril 2011.

Cet article est le 132ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT
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