Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Les causes de la crise bancaire et financière demeurent
Jean-Pierre Chevènement est intervenu lors du débat sur le projet de loi sur la régulation bancaire et financière, au Sénat, le 30 septembre 2010. Voici la 4ème (dernière) partie de son intervention, à consulter sur son blog (cliquer sur le titre) :
Régulation bancaire et financière : la montagne a accouché d’une souris.
IV - La source systémique des crises repose en fait sur les déséquilibres macro-économiques qui n’ont pas été corrigés : stagnation des salaires favorisant l’endettement, envol de la dette privée grâce à des politiques monétaires laxistes, gonflement des déficits et de la dette publics, creusement des déficits commerciaux américains, désordre monétaire international.
Les réponses esquissées ne sont pas à la hauteur des problèmes : les Etats-Unis cherchent à la fois à restaurer leur taux d’épargne et à diminuer leur déficit commercial, y compris en agitant la menace de mesures protectionnistes. La Chine déclare vouloir augmenter sa demande intérieure mais se refuse à toute réévaluation substantielle du yuan (cette réévaluation s’est bornée à un modeste 2% depuis l’annonce faite, en juin dernier, par les autorités chinoises).
L’Europe est incapable de mettre en œuvre une stratégie de croissance coordonnée et de prendre ainsi sa part de la résorption des déséquilibres mondiaux.
L’Allemagne, comme la Chine, exerce par ses excédents une pression déflationniste sur la conjoncture mondiale. A son instigation les institutions européennes, Commission, Banque centrale au premier chef, couvrent la mise en route de plans d’austérité dans tous les pays membres, au prétexte d’une dette publique qui, comparée à celle des autres (Etats-Unis, Japon), est loin d’être la plus lourde.
La crise de l’euro était prévisible étant donné l’hétérogénéité économique de la zone euro et l’absence d’un gouvernement économique harmonisant l’ensemble des politiques. Les marchés financiers jouent sur les écarts de taux et la crise qui affectait la Grèce au printemps se polarisera demain sur d’autres pays. Le mécanisme européen de stabilisation financière creusera, le moment venu de sa mise en œuvre, les écarts de taux entre pays emprunteurs, France et Allemagne y compris.
Tout montre que dans le grand désordre des monnaies, l’euro est la variable d’ajustement.
La Chine refuse de réévaluer son yuan. Les Etats-Unis laissent filer le dollar. C’est la politique du « benign neglect » : « le dollar est notre monnaie mais c’est votre problème ». Ainsi l’euro monte. Il a retrouvé, avec 1,36 dollar, sa parité d’avant la crise grecque. On nous assurait, il y a trois mois, que finalement la crise grecque avait eu du bon, en rapprochant le cours de l’euro de son cours initial. La réalité se présente aujourd’hui tout autrement : l’euro est poussé vers le haut par la faiblesse du dollar. Les difficultés de l’économie américaine, le gonflement du chômage outre Atlantique, et la partie de bras de fer engagée entre la Chine et les Etats-Unis, au sein du G2, partenariat de rivaux, ne laissent nullement augurer une amélioration à moyen et long terme.
Avec un euro à 1,50 dollar, voire davantage, c’est toute la zone euro qui sera asphyxiée, sauf peut-être, provisoirement, l’Allemagne. Mais c’est l’euro lui-même qui risque d’être emporté par l’exaspération des contradictions qui se manifestent en son sein. L’intérêt de la France est de ne pas se laisser asphyxier par un euro trop cher.
Ainsi, la crise rebondit-elle, constamment. Les certitudes se défont, à peine formulées. Hier on saluait l’action des Etats. La solution semble aujourd’hui devenue problème. Hier, on vantait les vertus protectrices de l’euro. Celui-ci, aujourd’hui, est devenu casse-tête (…).
Une seule chose est sûre : les mesurettes que nous proposent le G20, la BRI, le FMI, ou l’Europe à vingt-sept et que vise, partiellement et péniblement, à traduire ce projet de loi, ne nous permettront pas de dépasser l’horizon lourd de nuages d’un capitalisme financier qui se débat et se débattra encore comme un forcené, pour ne pas mourir.
Il est temps de le redire : les marchés financiers ne constituent pas l’horizon de l’humanité. Ce sont les peuples et les nations qui, en dernier ressort, écrivent l’histoire. On attend de la France qui présidera la G8 et le G20 cet automne qu’elle fasse des propositions qui, concertées avec l’Administration américaine, permettent aux Etats et donc à la démocratie de remettre au pas une finance aveugle. L’intervention des Etats, si nécessaire soit-elle, n’y suffira d’ailleurs pas si elle n’est pas éclairée par la vision d’un autre modèle de développement et pour tout dire d’un autre modèle de société.
Lu dans la presse
La longue marche de la régulation financière (Le Monde, 14 septembre)
Deux ans après la crise, "l'argent du contribuable a profité aux banques, pas à l'économie" (Le Monde, Marc Roche, 14-15 septembre)
Où sont partis les millions/milliards donnés par les différents gouvernements aux différentes banques ?
Les milliards donnés par le contribuable dans une multitude de pays aux banques ont permis de renforcer le bilan de ces banques. Bilan mis au plus mal par les activités spéculatives, en particulier sur les crédits hypothécaires "subprime".
En échange de ce renforcement du bilan, les gouvernements s'attendaient à une augmentation du crédit bancaire, en particulier aux petites et moyennes entreprises, pour sortir de la récession et appuyer la reprise. Cela ne s'est pas fait, puisque les banques ont gardé les deniers du contribuable pour se renforcer, payer les bonus, voire acquérir des concurrents affaiblis par la crise.
"Les politiques n'ont pas tiré les leçons de la crise" (Le Monde, 15 septembre)
"Les plans de rigueur sont aveugles et touchent une population déjà précarisée par la crise", estime Philippe Askenazy. Pour Philipe Askenazy, directeur de recherche au CNRS et enseignant à l'Ecole d'économie de Paris, les pouvoirs politiques n'ont pas tiré les bonnes leçons de la crise financière de 2008.
Coauteur d'un "manifeste des économistes atterrés", il affirme que les politiques ne font qu'appliquer de vieilles "théories qui ont montré leur incapacité à expliquer le monde actuel". Ils appellent à fonder une nouvelle politique économique.
Cet article est le 18ème paru sur ce blog dans la catégorie Chevènement sénateur