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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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Filière porcine : le système de fixation des prix est à revoir (F Laisné)

Des hommes et des femmes qui souffrent et se sentent mal aimés

 

Des cessations d’activité de plus en plus nombreuses, des suicides (près de 400 paysans en 2010), les agriculteurs se sentent mal aimés, les producteurs de porcs encore plus (mode d’élevage, problèmes d’environnement). Voir Marché du porc : les producteurs face à une crise majeure et durable - 19 septembre 2010.

 

Le 26 janvier 2011, plus d’un millier d’éleveurs venus de toute la France se sont rendus à Paris pour sensibiliser les parlementaires, l’opinion et les pouvoirs publics, aux graves difficultés qu’ils traversent.

Crise porcine : Un millier d'éleveurs sur la pelouse des Invalides (Agri44)

Conséquence de la flambée du prix des céréales, le coût de production s’établit actuellement à 1,55/1,60 €/kg de carcasse, pour un prix moyen du porc commercialisé de 1,25/1,30 €/kg de carcasse. Soit une perte de 25 à 30 € par porc, estime Jean-Michel Serres, le président de la Fédération nationale porcine. Et la situation risque de s’aggraver encore avec l’annonce de nouvelles augmentations de 30 à 40 €/t sur le prix de l’aliment.

Voir aussi Crise porcine : l'ultimatum des éleveurs de porcs prend fin (Ouest-France, 16 février).
Témoignage de Fabien Laisné, éleveur de porcs (transmis par Maryline Chesnel, Apli 50) :
Il n’est que temps de poser un autre regard sur la crise que traverse notre filière porcine.

Avant tout, s’écarter d’une approche économique implacable pour oser un regard humain. Oser sonder le regard d’une épouse, d’un enfant, d’un collègue, un regard qui au delà du ras-le-bol, de la lassitude, exprime trop souvent un désarroi qui dit l’incompréhension, le dégoût, la solitude coupable qui depuis des mois envahit peu à peu nos vies. Solitude coupable car si un paysan accepte les aléas du temps, il a besoin, comme tout homme, d’avoir une reconnaissance finale qui doit s’exprimer par un prix rémunérateur. Osons surtout briser les tabous sur les drames, les souffrances humaines qui se vivent en silence.

Comment un agriculteur peut-il réagir quand, bien au-delà de son patrimoine, c’est son histoire qui s’efface devant le dictat d’une économie qu’il ne maîtrise plus ; oublier l’histoire, c’est renier l’homme dans sa dignité.
Les grands argentiers et les puissants de ce monde veulent nous imposer une mondialisation dont nous subissons de plus en plus les conséquences sociales, économiques et humaines ; il est grand temps de bâtir l’économie autrement, en privilégiant l’Homme et non le fric.

Je n’occulte pas les difficultés subies par notre filière : manque de compétitivité, distorsion de concurrence par rapport à nos partenaires européens, manque de lisibilité sur l’origine des viandes, etc… ; bien d’autres ont argués de ces arguments recevables …
Il s’agit de décrier à travers ces mots un système de production qui est devenu pervers : produire à tout prix, sans prendre en compte nos coûts de production est une aberration. Le dire est une chose, le laisser faire est beaucoup plus grave, c’est honteux et abject, inacceptable dans une société dite démocratique.
Honteux de la part des responsables professionnels qui ne jurent que par un système de mise en marché dont chacun sait qu’il n’est pas transparent, et tronqué de la part de ses acteurs !
Abject surtout de la part d’hommes qui sacrifient les éleveurs pour préserver la rentabilité et les profits des banques, des abattoirs, des transformateurs et des distributeurs. Pour eux tous, seul le profit compte.
Entre les 1.30€ payés au producteur et les prix de vente affichés par les distributeurs, il y a largement de quoi rémunérer toute la filière sans léser les consommateurs.
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Osons avoir l’honnêteté de dire que si le rôle de l’Etat est de corriger les disparités économiques, sociales entre les pays membres et d’encadrer les systèmes de production afin de garantir la sécurité alimentaire, sanitaire et environnementale de l’ensemble des citoyens, son rôle n’est pas de fixer les prix.

Les éleveurs n’en peuvent plus d’être toujours les perdants et les otages d’une filière qui se fout de leur gueule ! Quand une équipe perd, on cherche généralement à créer un choc psychologique en changeant d’entraîneur ! Et bien dans la production porcine, il est temps que certains imposent des idées nouvelles.

Le système de fixation du prix du porc doit changer et les éleveurs l’imposeront ! Refusons les discours de ceux qui promettent des lendemains meilleurs alors que le moteur est grippé ; travaillons à la mise en place d’un système de fixation des prix qui intègre les coûts de production alimentaires, au minimum. Les instituts comme l’IFIP ont les moyens de proposer cela, et les pouvoirs publics doivent l’imposer aux responsables qui le refusent.

Indignons-nous, pour reprendre une expression d’actualité, afin de défendre les valeurs qui laissent les hommes debout, acteurs à part entière de leur avenir, fiers de leur travail.

Indignons nous quand les animaux ont plus de valeur que les hommes, je pense aux confiscations de cheptels qui s’effectuent sur ordre des préfets ou par décision arbitraire des dirigeants de coopératives afin de continuer à approvisionner l’abattoir du coin qui lui est essentiel à la pérennité de ce système devenu fou…

Indignons nous face au système bancaire qui, part ses systèmes de caution via les groupements de producteurs a confisqué l’autonomie de décision des éleveurs face à leur structure soit disant coopérative.
Indignons nous surtout face à la duplicité des acheteurs qui, par cette cotation de Plérin, maintiennent un prix le plus bas possible pour les producteurs, juste insuffisant pour nous permettre de produire en attendant des jours meilleurs qui n’arrivent pas…

Les événements graves qui secouent le monde depuis quelques semaines nous rappellent que la dignité est fondamentale pour tout être humain. Débarrassons-nous de la suffisance arrogante de nos responsables de filière, tous ces seigneurs de l’autre siècle refusant d’imaginer une économie préservant les éleveurs de la paupérisation dans laquelle ils s’enfoncent.

Cet article est le 212ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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