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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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Gaz de schiste : après le Québec, des explorations ont lieu en France

Une pétition a été signée par 120 000 citoyens québécois

 

Mon ami québécois (Facebook), directement concerné par les explorations de gaz de schiste, me signalait depuis quelque temps le danger écologique de l’exploitation de cette forme d’énergie.

Le gaz de schiste, nouveau poison ? | zegreenweb (13 décembre 2010).

 

Les couches de schiste, de par leur composition feuilletée, renferment d’importantes quantités d’hydrocarbures. Celles-ci ne manquent pas d’intéresser les géants du secteur…

Pour leurs fournitures en hydrocarbures, de plus en plus de pays se tournent vers l’extraction des gaz dits de schiste, une catégorie particulière de gaz naturel. Une manne économiquement séduisante mais potentiellement dévastatrice sur le plan environnemental.

A travers des slides interactifs, nos confrères d’Owni se sont attachés à montrer comment l’exploitation des gaz de schiste, sous son apparente simplicité, dissimule de graves dangers sanitaires pour la population.

Le principe de cette technique est assez basique. On commence d’abord par forer un puits pour atteindre une couche de roche appelée schiste, laquelle se situe entre 2 300 et 3 000 mètres de profondeur. Ledit schiste est ensuite consolidé avec des coffres en béton et on y place une charge explosive pour fracturer cette couche où se trouve justement le gaz. Reste ensuite à le faire remonter. C’est le rôle du liquide de fracturation, propulsé à 600 bars de pression dans le puits et qui doit pousser le gaz vers la surface.

 

Une recette aussi secrète que celle du Coca-Cola

Ce liquide suscite bien des interrogations, à plus forte raison parce qu’il est mis au point par la société Halliburton – dont les négligences dans la marée noire du golfe du Mexique ont été pointées par les experts. Le groupe livre sur son site la composition supposée de ce liquide – « du sable, de l’eau et de la pression » - et, à destination des curieux qui se demandent ce qui se cache derrière cette formulation un tantinet absconse, l’entreprise livre une liste d’ingrédients pas franchement moins évasive.

Car c’est sur le chemin de la remontée des gaz que les dégâts peuvent survenir. A chaque fracturation de la couche de schiste, pas moins de 7 à 15 000 m3 d’eau sont nécessaires – dans la composition du liquide – (!). Or la moitié tout au plus remonte à la surface. Des fissures peuvent par ailleurs apparaitre dans le coffre de béton, d’où des échappements de gaz et de liquide de fracturation qui se retrouvent ensuite dans les nappes phréatiques et dans les robinets des habitations…

Chaque fracturation s’accompagne aussi d’une séparation des gaz et de l’eau remontée à la surface. Les gaz recueillis sont alors séparés des autres composants dans un condensateur, ce qui occasionne la fuite de vapeurs d’hydrocarbures – dioxyde de carbone, monoxyde et dioxyde d’azote et autres gaz à effet de serre (GES). La gabegie écologique nécessite enfin la mise en place d’un ballet de centaines de camions, ce qui n’arrange en rien l’état de l’atmosphère…

Malgré tous les secrets et accusations qui tournent autour de cette technique, celle-ci semble promise à un bel avenir. Elle n’est, pour l’heure, que l’apanage de l’Amérique du Nord, mais un projet de prospection géant a été lancé depuis le début du printemps dernier en France, dans une zone s’étendant de Montélimar (Drôme) à Montpellier (Hérault)… Trois permis exclusifs ont été signés par Jean-Louis Borloo en personne pour explorer 10 000 kilomètres carrés de terres. Une « fleur » aux groupes français Total et à l’entreprise américaine Texan Schuepbach.

 

Montée des doutes

De l’autre côté de l’Atlantique, l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a esquissé un début de révolte en demandant à un producteur de gaz de schiste, Range Resources, de fournir de l’eau potable à de nombreuses personnes dans le Texas, en raison de la pollution de la nappe aquifère dans cette région, une responsabilité sans surprise rejetée par l’intéressé. Le Colorado, autre Etat où la technique se développe, voit de son côté son sol criblé de points blancs, symbolisant tous les puits de gaz de schiste qui se développent – à peu près un tous les 200 mètres !

Le Canada, lui, s’interroge sur la viabilité économique et écologique de cette invraisemblable entreprise. Les terres de l’Alberta, déjà mises à très rude épreuve avec les gisements pétroliers des sables bitumineux, n’échappent cependant pas à son extension. Alors que la population québécoise semble pencher en faveur d’un moratoire sur ce type d’exploration, le président de l’Association pétrolière et gazière du Québec, André Caillé, y est farouchement opposé. « Quand on parle de moratoire, c’est comme un moratoire dans le but de ne pas savoir ou de ne pas connaître », soutient celui qui, face à la contestation naissante, passe pour un très vilain petit canard.

Si cette technique s’étend dans nos contrées, elle ne manquera pas de transgresser quelques règles, le Grenelle de l’environnement ayant fixé pour objectif de « garantir l’approvisionnement durable en eau de bonne qualité propre à satisfaire les besoins essentiels des citoyens ». Un point capital qui entre en contradiction avec les pratiques des acteurs du gaz de schiste, ce à trois niveaux : l’utilisation de quantités astronomiques d’eau pour les différentes fracturations, la pollution des nappes phréatiques en raison des fissures et, plus localement, la sécheresse endémique qui frappe la Drôme et l’Ardèche. Le ministère de l’Ecologie en a lui-même convenu,  estimant que « l’approvisionnement en eau nécessaire à l’exploitation des gaz de schiste se posera à un moment ou à un autre ».

Difficile, compte tenu de tous ces éléments, de faire confiance aux acteurs de cette industrie néanmoins vouée à un développement rapide. Elle pourrait remettre en cause le leadership sur le marché du gaz de la Russie et du Moyen-Orient, voire « redessiner la carte du monde des hydrocarbures », ainsi que le prédit OWNI. Face à de tels enjeux, l’écologie sera-t-elle une nouvelle fois la grande oubliée ?

 

Pétition : Exploration et exploitation du gaz de schiste

 

La plupart des puits ont des fuites | Charles Côté | Gaz de schiste (Cyberpresse, 5 janvier 2011)

 

Les gaz de schistes en Europe: un laborieux démarrage qui se fait discret (Le blog des énergies nouvelles, Raymond Bonnaterre, 5 janvier 2011) 

 

Gaz de schiste : seuls les intérêts des firmes exploitantes privées semblent prévaloir  (Jean-Louis Bianco, 5 janvier 2011)

 

Il y a actuellement dans le sud de la France le commencement d’explorations dont peu de personnes parlent. Dans le Gard, l’Hérault, la Lozère, l’Aveyron et l’Ardèche, trois permis exclusifs de recherche de gaz de schiste pour une future exploitation ont été accordés par le précédent ministre chargé de l’énergie, Jean-Louis Borloo.

Ces autorisations ont été attribuées au groupe Total et à la firme américaine Schuepbach avec la plus grande discrétion sans que les populations et les élus des territoires concernés en soient informés.

Suite à d’importants accidents aux États-Unis et au Canada, des moratoires sur ce type d’exploitations très dangereuses ont été décrétés pour protéger les réserves d’eau potable et l’environnement.

Si l’exploitation du gaz de schiste peut être créateur d’emplois et permettre une plus grande indépendance énergétique, encore faudrait-il au minimum garantir la protection de l’environnement par une législation très stricte, un contrôle étatique de premier ordre et une limitation du zonage d’exploration. Or, à ce jour, seuls les intérêts des firmes exploitantes privées semblent prévaloir.

J’ai pour ma part saisi le gouvernement pour connaître l’avancement des recherches en France, leur coût précis, la manière dont le gouvernement compte y associer les élus et la population et surtout, l’ensemble des mesures de sécurité prévues pour garantir la protection de l’environnement.

 

Cet article est le 57ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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