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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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Jumelage Ceuti-St-Berthevin : l'histoire, tourmentée, de Ceuti (Murcie)

Solidarité, ténacité, liberté, exercice de la souveraineté

 

Depuis 1998, Saint Berthevin (Mayenne) est jumelée avec Ceutí, au sud-est de l’Espagne. L’histoire de Saint-Berthevin a été relatée récemment sur ce blog (voir Journée du Patrimoine Saint-Berthevin 2010 : le site de la Fenardière - 21 septembre 2010).

 

Ceuti - environ 10 000 habitants - occupe 1034 hectares (10,3 km²) de la moyenne vallée de la Segura, à 17 kilomètres au nord de Murcie, ville principale (430 000 habitants) de la Région de Murcie.

La Communauté Autonome de la Région de Murcie est située dans le sud-est de la péninsule ibérique. Avec un climat méditerranéen semi-aride, un taux annuel de 3.000 heures de soleil et une température moyenne douce de 18 ºC, Murcie est une bonne destination touristique. Les Grecs et les phéniciens ont déjà fait des affaires sur sa côte pendant les temps antiques, soulignant le caractère naval et agricole de la région. Plus tard, Murcie fut le centre de la première colonie de Carthage, nova de Carthago, sur la péninsule, et pendant la domination arabe, des systèmes d'irrigation avancés furent mis en place qui fait la renommée internationale actuelle des produits d'horticulture de Murcie.

 

Les premières populations historiques de cette région furent les Ibères qui, venus du sud (Afrique), sont allés jusqu’aux Pyrénées et les ont traversées, pénétrant en Aquitaine et en Provence. Ensuite, les Ibères ont cohabité avec les Celtes (origine euro-indienne). Il y eut ensuite la domination arabe, à partir de 711, qui dura jusqu’à la reconquête, de 1276 à 1285, par Alfonso X le Sage de Murcie.

 

Voici l’histoire de Ceuti, selon la traduction effectuée par Marie-Bernadette Richard d'un texte rédigé par Manuel Hurtado Garcia, en 1997, au moment de nos premiers contacts avec Ceuti, en vue de préparer le jumelage (voir Jumelage Ceuti-Saint-Berthevin : Michel Sorin raconte les 1ers contacts - 25 octobre 2010).

 

Marie-Bernadette Richard, le 3 avril 2010, à Saint-Berthevin, au côté du maire actuel de Ceuti, Manuel Gonzalez Solano (en arrière-plan, Manuel Hurtado Garcia) 

 

Les premières nouvelles répertoriées que nous avons de Ceuti sont datées de l’année 1274. Elles correspondent à l’acte de donation que fit le roi Alphonse X le Sage à don Jordan Puig (…). C’est, sans doute, de cette période hispano-arabe que date le nom de Ceuti.

 

Nous retiendrons le 16ème siècle comme période historique pour Ceuti. Ses habitants, prenant conscience de leur condition de classe exploitée, commencent une lutte épique, parce qu’inégale, contre ceux qui se nommaient leurs seigneurs - membres de la plus haute aristocratie du royaume - leur disputant le droit de posséder la terre dans un très long procès devant la Chancellerie royale de Grenade, litige qui commença en 1589 et se termina au 19ème siècle, quand les seigneuries furent supprimées sur tout le territoire national. Le procès passa par différentes phases. A des périodes de décisions judiciaires contestées par les deux parties, succédaient des périodes de « pacification » par la répression qu’exerçaient les seigneurs en obligeant les habitants à signer des concordats, qui, pour eux, étaient des trêves. Périodiquement, les habitants de Ceuti réactivaient le vieux procès jusqu’à se libérer, décision après décision, de la majorité du respect des servitudes.

Dans cette lutte, s’est forgée la personnalité qui caractérise, actuellement, notre peuple et qui se manifeste par des qualités vantées par tous ceux qui nous connaissent : solidarité, ténacité et liberté.

 

Nous avons une preuve de ces qualités au cours du 18ème siècle, quand une épidémie dévastatrice de fièvres décima la population jusqu’à la quasi extermination - il resta six personnes (à cette tragédie, s’ajouta l’interdiction royale de planter du riz dans son champ, car on attribuait à cette culture la cause des terribles épidémies qui avaient dévasté la région), ce qui provoqua un tel effondrement que fut remise en question l’existence même de Ceuti en tant que localité.

Néanmoins, ce groupe réduit de survivants, liés aux quelques rares nouveaux habitants qui arrivèrent, fit resurgir le village en reconvertissant les cultures de ses champs dans un effort tenace et solidaire.

 

Au 19ème siècle, libérés des servitudes seigneuriales, notre peuple organisa encore un fait notoire de rébellion : l’auto-proclamation de Ceuti en Canton Indépendant. Les motifs qui conduisirent à réaliser cet acte furent divers ; nous en relaterons seulement deux. L’un fut le mécontentement des couches moyennes et basses déçues par les lois de désaliénation, qui avaient profité seulement aux notables, et l’autre fut la traditionnelle soif de liberté non assouvie depuis cette lointaine année de 1589.

Le Canton, utopie romantique, reflète fidèlement le sentiment latent chez notre peuple tout au long de son histoire : exercer librement sa souveraineté.

Ceuti, dans la période récente, a recouvré sa liberté d’élire ses représentants au Conseil municipal, en avril 1979, lors des premières élections municipales depuis la Seconde République. C’est par là que commence l’éditorial du maire, Manuel Hurtado Garcia, dans la publication intitulée « Ceuti 1979-1994 : quinze années en démocratie », où est présenté le bilan des réalisations de la municipalité pendant ces quinze années.

Manuel Hurtado Garcia, le 3 avril 2010 à Saint-Berthevin, au côté de Manuel Gonzalez Solano

 

Elu en 1979 maire (alcalde) de Ceuti (il avait 28 ans, fonctionnaire au ministère des finances), réélu six fois, Manuel Hurtado a accompli 28 ans à la tête de la Commune. Il est, aujourd'hui, sénateur. Depuis 2007, après quelques mois de flottement, les deux partis principaux, représentés à égalité au Conseil municipal, se sont mis d’accord pour se partager les quatre années de mandat. Après le Parti populaire (2008-2009), c’est le Parti socialiste (PSOE) qui dirige, depuis septembre 2009 jusqu’aux prochaines élections en 2011.

Manuel Gonzalez Solano, 42 ans, ancien fonctionnaire municipal (il dirigeait le service des sports et de la jeunesse), a été élu maire. Il était très proche de Manuel Hurtado et son but est de permettre à Ceuti d’absorber, dans les moins mauvaises conditions, les effets négatifs de la crise immobilière et de l’endettement (voir Espagne : la crise financière a remis en cause la politique du logement - 23 octobre 2010).

Cet article est le 66ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.

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