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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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La France dans l'UE et au G20 : intervention de Chevènement au Sénat

Les recommandations d’un républicain au président Sarkozy

 

Le sénateur du Territoire de Belfort, élu en septembre 2008, joue un rôle important au Sénat (voir www.senat.fr). Son intervention lors du débat préparatoire au Conseil européen des 28 et 29 octobre 2010 est à lire, dans son intégralité, sur son blog (cliquer sur le titre) :

Université d'été MRC 2010 003 TChangez les règles du jeu ou changez de jeu (Chevènement, Sénat, 26 octobre). Voici des extraits (introduction et conclusion).

Introduction

Je bornerai mon intervention à deux points essentiels qui seront examinés au Conseil européen : d’abord la politique économique de l’Union européenne et ensuite la préparation du G20 qui se tiendra à Séoul, les 11 et 12 novembre 2010, s’agissant des problèmes monétaires internationaux.

Sur ces deux points, aucune embellie n’est véritablement en vue :

- d’un côté, le renforcement de la rigueur réclamée par la Commission européenne soutenue par l’Allemagne,

 - de l’autre, la poursuite de la glissade du dollar sous l’impulsion de la FED faisant marcher la planche à billets et, en conséquence, le renchérissement de l’euro, étouffant notre économie.

 

L’Europe est menacée par un retour de la récession. Les plans d’austérité retireront un point à la croissance dans la zone euro, en 2011, et l’appréciation du dollar coûtera entre un demi et trois quarts de point de plus.
Ce serait se tromper lourdement de ne pas faire le lien entre ces perspectives peu réjouissantes et le mécontentement social qui s’exprime dans le pays et qui dépasse le problème des retraites : chacun voit bien qu’il ne suffit pas de reculer l’âge de la retraite ou d’allonger les annuités de cotisations pour procurer du travail à ceux qui n’en ont pas, jeunes, moins jeunes, et seniors à plus forte raison.

La langueur de l’économie surdétermine le reste. La zone euro est la lanterne rouge de la croissance à l’échelle mondiale. Et le choix de la monnaie unique fait, il y a plus de deux décennies, a mis la France sur une mauvaise route : l’euro, dans la guerre des monnaies, apparaît comme une simple variable d’ajustement entre le dollar et le yuan.

À l’échelle européenne, la monnaie unique creuse les différences entre les économies industrielles à haute intensité technologique comme l’Allemagne et celles qui, comme la nôtre, sont plus sensibles à la concurrence par les prix.

Cela, le pays le sent et parce que la France est une nation essentiellement politique, elle l’exprime, tout simplement parce qu’elle a le sentiment d’être engagée dans une impasse.
De cela je ne me réjouis pas, parce que cette impasse a quelque chose de tragique et que les initiatives du Président de la République au plan international, pour méritoires qu’elles apparaissent souvent, ne me semblent pas à la hauteur des problèmes posés (…).

 

II – Le Conseil européen aura également à son menu la préparation du G20 qui se tiendra à Séoul les 11 et 12 novembre prochains, s’agissant de ce qu’on a appelé « la guerre des monnaies ».


(…) Ce Conseil européen, Monsieur le Ministre, est crucial pour dégager un compromis acceptable entre l’Allemagne d’une part, la France et l’Europe méditerranéenne d’autre part. N’acceptez pas l’automaticité des sanctions vis-à-vis des pays qui ne peuvent réduire rapidement leurs déficits ! Préservez la place et le rôle du politique dans les institutions européennes ! Refusez la dérive technocratique et disciplinaire qui se pare du masque d’un pseudo « fédéralisme », en réalité anti-démocratique !

Essayez de convaincre l’Allemagne qu’elle a tout à gagner à défendre, au-delà de ses intérêts propres, les intérêts de l’Europe tout entière ! Encouragez la BCE à pratiquer une politique de détente monétaire plus forte pour éviter la déflation qui menace plusieurs pays de la zone euro. Ne donnez pas carte blanche à M. Axel Weber ! Introduisez quelques grains de sable dans le fonctionnement des marchés financiers. Défendez les intérêts de l’Europe face au G2, cette alliance conflictuelle des Etats-Unis et de la Chine qui sont comme le ying et le yang de ce début du XXIe siècle. Et surtout défendez les intérêts de la France dont personne ne se souciera, si vous les oubliez. Je mesure la difficulté de votre tâche.

« Il n’est pas besoin d’espérer pour entreprendre », disait Guillaume d’Orange. Il ajoutait « ni de réussir pour persévérer ». Il y a cependant des limites à l’échec d’une politique. Quand une politique échoue, depuis trop longtemps, comme c’est le cas du choix de la monnaie unique fait à Maastricht, le

courage, l’audace, le souci de la France et des générations futures, peuvent commander d’en changer ! Soit vous changez les règles du jeu, en accord avec nos partenaires mais dans le sens de la relance et pas de la déflation, Monsieur le Ministre, soit vous changez de jeu, en jouant, rudement s’il le faut, le seul jeu de la France !

 

Lu dans la presse

La zone euro, victime consentante de l’anarchie monétaire  (Laurent Pinsolle, Marianne2, 27 octobre)

Université d'été MRC 2010 012 TA la guerre monétaire internationale, les Etats Unis et la Chine se rendent coup pour coup, dévaluant leur monnaie à qui mieux mieux. D'autres pays leur emboîtent le pas mais le G20 n'y apporte aucune solution et l'Union Européenne semble rester sourde à ces enjeux alors même que son économie en est attaquée. Pour Laurent Pinsolle, des décisions radicales s'imposent.

Certaines personnes semblent découvrir, ou peut-être font mine de découvrir, qu’il y a une guerre monétaire. Pourtant, l’utilisation de la valeur de la monnaie pour stimuler son économie est une vieille pratique, que seule la zone euro refuse d’utiliser, pour notre plus grand malheur (…).

L’Allemagne exporte mais se désindustrialise (Jacques Sapir, Marianne2, 19 octobre)
Selon l'économiste Jacques Sapir, en misant sur ses exportations, l'Allemagne se trouve aujourd'hui confrontée à la concurrence chinoise au point de se rabattre sur ses petits voisins européens. Une stratégie infernale.

Le problème de la stratégie allemande au sein de l’Union Européenne est aujourd’hui posé. Cette stratégie  est aujourd’hui en train de déséquilibrer durablement les pays du « cœur historique » de l’Union et correspond à l’application d’une véritable stratégie d’exploitation de ses voisins (appelée en langage économique « stratégie du passager clandestin »). Ce pays a tout misé sur sa capacité à exporter, un choix dangereux qui désormais le met à la merci des fluctuations de l’économie mondiale.

Retrouvez cet article de Jacques Sapir sur le blog de Malakine  

 

Cet article est le 19ème paru sur ce blog dans la catégorie Chevènement sénateur

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