Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
L'avenir de l'énergie nucléaire conforté par les décisions prises ?
L'actualité de la semaine est riche en informations sur l'énergie nucléaire.
Lu dans la presse
L'Europe s'alarme de l'explosion du coût du réacteur à fusion nucléaire ITER (Le Monde, 28 juillet)
Iter : le conseil met la fusion thermonucléaire sur orbite (Les Echos, 27 juillet)
L'Europe donne le coup d'envoi à l'énergie du futur (Les Echos, 27 juillet)
La politique énergétique de la France à la loupe (Le Monde, 26 juillet)
L'Elysée chapeaute une alliance entre EDF et Areva (Nouvel Observateur, 28 juillet)
EDF contre Areva : la victoire de Proglio sur Lauvergeon (Rue89, 28 juillet)
François Roussely : "Il faut retrouver le sens de l'intérêt commun" (Les Echos, 29 juillet)
Ancien PDG d'EDF, aujourd'hui vice-président Europe de Credit Suisse, François Roussely connaît évidemment bien la filière nucléaire civile française sur laquelle il a remis un rapport à l'Elysée, rendu public mardi. Ce qui lui a valu de reprendre du service quand l'échec cinglant d'Abu Dhabi face aux Coréens a mis en évidence la nécessité de remettre de l'ordre dans la maison. Il explique aux Echos ses recommandations. Propos recueillis par DAVID BARROUX et ALAIN RUELLO, Les Echos
Comment la filière française du nucléaire civil a-t-elle perdu son excellence ?
Pour répondre, il faut se pencher sur les facteurs qui, il y a trente ou quarante ans, ont présidé à la constitution de cette filière. A l'époque, les entreprises concernées (CEA, Creusot Loire, et EDF) jouissaient d'un monopole, répondant à une demande uniquement nationale. Il en résultait une maîtrise du temps et d'importantes synergies, qui ont permis de construire jusqu'à 4 à 5 centrales par an, en respectant les délais et les budgets. Aujourd'hui, nous sommes dans un univers où plus personne n'a de monopole. De plus, la technologie a évolué, et permet d'allonger la durée de vie des centrales en France, comme aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. La renaissance du nucléaire est portée par l'international dans des pays allant de la Chine à l'Inde, du Vietnam à la Jordanie,…
... la France s'est endormie sur ses lauriers en résumé ?
La France n'a pas mesuré toutes les conséquences de la transition d'un marché où la demande est nationale à un marché où la demande est internationale et concurrentielle. Elle doit donc adapter ses structures, et son offre technologique.
Comment ?
L'Etat doit renforcer son rôle dans l'organisation de la filière nucléaire française, dans la nouvelle donne internationale. Pour l'Etat, l'énergie est toujours une priorité stratégique. Il lui faut donc une structure dédiée, regroupant l'ensemble des compétences nécessaires, pouvant être un ministère. Par ailleurs, le conseil de politique nucléaire instauré par le Président de la République pourrait se substituer à bien des conseils existants. Il faut ensuite disposer d'une structure qui recense et qualifie les besoins nucléaires dans le monde, sans préjuger de la suite, c'est à dire de savoir qui répondra et comment aux appels d'offres. Cette structure regrouperait tous les acteurs de la filière, privés ou publics.
Et du point de vue industriel ?
L'industrie nucléaire doit être regroupée autour de ses champions nationaux. Il faut confirmer EDF comme architecte-ensemblier de l'Equipe de France. La France jouit d'une position exceptionnelle : quand Areva vend un réacteur, elle vend sa technologie mais aussi l'expérience d'un électricien qui exploite 58 réacteurs, de même nature depuis des années. Cette expérience d'exploitant d'EDF est un élément dont on ne peut pas se priver. L'intégrateur de l'offre française ne peut donc être que celui qui apporte ce retour d'expérience.
Et pour Areva, dont certains voulait remettre en cause le modèle intégré : de l'extraction du combustible à son retraitement en passant, évidemment, par la construction des îlots nucléaires ?
Le modèle «intégré» constitue une référence que les concurrents entendent imiter. D'ailleurs, l'immense majorité des auditions ont confirmé les valeurs de ce modèle. L'ouverture du capital des actifs miniers d'Areva mérite néanmoins d'être étudiée avec attention (lire ci-contre). Cela ne dispense pas Areva de continuer à élargir sa gamme de réacteurs, comme elle le fait avec Mitsubishi pour l'Atmea (réacteur de moyenne puissance, NDLR).
Votre recommandation de créer un « partenariat stratégique » entre EDF et Areva suscite beaucoup de déception, par manque de concret. Comment l'imaginez vous ?
EDF est le premier client d'Areva qui est le premier fournisseur d'EDF. L'univers du nucléaire civil français doit être celui de la complémentarité forte entre ceux qui construisent l'îlot nucléaire, ceux qui fournissent les éléments conventionnels, ceux qui assurent le génie civil, ou encore ceux qui développent les systèmes électroniques de contrôle et de supervision. Les équipes des deux entreprises savent bien, que le succès réside dans leurs réalisations concrètes à travers le monde.
Ils ont eu tendance à l'oublier ?
Les liens entre les deux groupes se sont distendus au cours des dernières années. EDF a cherché à diversifier ses fournisseurs, Areva à développer ses ventes à l'étranger. Dans la situation passée de monopole, peut-être la vision partagée de l'intérêt général constituait-elle un ciment entre les industriels. Aujourd'hui, l'univers éclaté dans lequel nous évoluons a pu laisser croire à chacun qu'il avait une carte à jouer indépendamment des autres. L'appel d'offres d'Abou Dhabi a servi de révélateur tardif de cet état. Les acteurs qui ont besoin de se retrouver entre eux, en Chine par exemple.
Doit-on geler la construction du second EPR de Penly le temps de tirer toutes les conséquences des chantiers de Flamanville, Olkiluoto, et Taishan ?
Non, mais il faut porter une attention soutenue au retour d'expérience, même si tout ne peut pas être transposé d'un projet à l'autre. On a sans doute un peu tardé à tirer les enseignements des projets en cours. Le calendrier prévu des réacteurs de Penly et en Grande-Bretagne sont parfaitement compatibles avec un retour d'expérience mené conjointement par Areva et EDF.
Concrètement, comment faire en sorte que les deux entreprises réapprennent à travailler ensemble ? Faut-il aller jusqu'à faire d'EDF l'actionnaire industriel de référence d'Areva ?
Je propose d'approfondir la coopération sur tous les projets communs, comme à Flamanville, dans un souci de standardisation de l'EPR. Il faut retrouver le sens de l'intérêt commun et porter à l'optimum l'offre industrielle. C'est ce qui ressort des décisions du Président de la République, qui ouvrent notamment la question d'un renforcement d'EDF au capital d'Areva. Pour simplifier le fonctionnement de l'équipe de France du nucléaire, il faut en aligner les intérêts.
Voir aussi Le rapport Roussely et Le rapport Roussely contrarie les ambitions de GDF Suez
Cet article est le 54ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement