Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Refonder le système monétaire, contrôler la finance
Lors du congrès MRC, à Paris (voir Tout sur le Congrès du Mouvement Républicain et Citoyen des 26 et 27 juin 2010), nous avons voté à l’unanimité pour l’adoption d’un Programme de Salut public, en même temps que sur la motion d’orientation pour les deux ans à venir (voir Congrès MRC 2010 Paris : motion d'orientation adoptée à l'unanimité - 10 juillet 2010).
Le programme de Salut public qui est proposé vise à redonner à toutes les femmes et à tous les hommes épris de progrès un objectif concret, réaliste, fondé sur les valeurs républicaines.
Ces valeurs n’appartiennent pas qu’au passé : la nostalgie n’est pas de mise. Elles sont modernes et forment un socle efficace sur lequel prendre appui pour lutter contre l’atomisation et l’anonie de nos sociétés. Elles sont le carburant qui permet à notre pays de conserver une influence sur notre avenir commun. Elles sont universelles, c’est-à-dire qu’elles peuvent parler et parlent effectivement à tous les peuples.
Ce texte se décompose en deux :
- l’exposé des motifs (voir Congrès MRC 2010 à Paris : pourquoi un Programme de Salut public),
- 40 priorités réparties en 4 grandes parties :
- la première : voir Orientations du congrès MRC 2010 : un nouveau pacte pour l'Europe - 12 juillet 2010.
- la seconde, que voici :
PESER A L’INTERNATIONAL POUR CHANGER LA DONNE MONDIALE
La mondialisation sans règles, à partir du leadership américain, a vécu. Les issues n’en sont pas évidentes pour autant, dès lors que l’élection du nouveau président des Etats-Unis fonctionne comme une re-légitimation du leadership américain, dans un compromis évolutif avec la Chine, sans pour autant vraiment s’accompagner des changements indispensables. Il appartient à la France de faire des propositions sérieuses notamment pour réglementer la libre circulation des capitaux, qui favorise de nombreuses formes de spéculations financières au détriment du développement humain.
11 - La reconstruction du système monétaire international
La surévaluation de l’euro, qui est mortifère pour nos emplois, doit être combattue, en obtenant des changements dans la position de l’Allemagne. La piste la plus sérieuse consiste à refonder le SMI sur un dispositif de parités quasi-fixes mais adaptables entre le dollar, le yuan, l’euro, la livre et le yen, reposant sur un paquet de monnaies. Une profonde réforme du FMI est nécessaire. Les droits de tirage spéciaux doivent être utilisés à plus grande échelle pour des objectifs de résolution des conflits et de développement des pays pauvres.
12 - Un vrai contrôle public sur le système financier
L’éradication des paradis fiscaux (absolus ou relatifs) passe par la re-légitimation de l’impôt et du rôle des Etats. La réglementation des marchés financiers est à l’ordre du jour, le combat contre les spéculations sur les taux de change des monnaies, les cours des actions des sociétés cotées et le prix des matières premières est prioritaire. Cela signifie que les produits financiers doivent être encadrés par des règles prudentielles précises et sanctionnées. Un régime d’autorisation des nouveaux produits financiers est à mettre en place par les autorités monétaires régionales ou par le FMI de façon à protéger l’économie réelle des dérives financières. Comme la monnaie est un élément central de l’ordre social, les grandes banques, distributrices de crédits financés par la collecte des dépôts et exerçant donc des responsabilités monétaires, doivent être sous le contrôle permanent des Etats, garants de l’ordre monétaire. Nationalisées de fait par l’intervention des Etats à leur secours lors de la crise financière, elles doivent l’être de droit.
13 - Des protections contre le dumping monétaire, social et environnemental
La nécessaire protection du progrès social et de l’équilibre de l’environnement conduisent à organiser les échanges entre des zones géographiques relativement homogènes, avec des mesures efficaces de protection à l’intérieur de ces zones. Il faut renégocier en ce sens au sein de l’OMC.
14 - La rénovation de l’ONU
Nous préconisons un élargissement du Conseil de sécurité, où nous avons et devons conserver un siège permanent. Nous soutenons la légitimité de l’ONU à intervenir politiquement plus qu’à multiplier les forces d’interposition. C’est dans ce cadre que doit se concevoir une action politique concertée de lutte contre le terrorisme. C’est dans le système de l’ONU que doit être créée une véritable organisation internationale sur les questions de l’eau et de l’environnement.
15 - Une action collective internationale pour le développement durable
Il s’agit de sortir de la duperie des appels moralisants sommant chaque individu d’ « agir pour la planète ». Ce qui est primordial, c’est d’agir pour notre avenir commun, c’est d’organiser les transitions et de fixer des priorités, pour la sécurité alimentaire, pour l’énergie, pour l’eau et la lutte contre le réchauffement climatique, notamment avec les projets de captation de CO². Il s’agit de lancer un plan d’actions internationales et par grandes régions sur 30 ans, qui fassent porter les efforts sur les pays riches et sur les pays émergents. Les tentatives en cours doivent être soutenues, en recherchant de façon énergique tout d’abord l’implication des Etats-Unis puis en second lieu celle des pays émergents à forte croissance, notamment la Chine, en vue de l’obtention d’une convergence des émissions mondiales par habitant, tenant compte la légitimité du développement des pays du sud.
16 - Des unions d’Etats souverains par grandes zones géographiques
Elles sont un des éléments clés du monde multipolaire de demain, qu’il s’agisse d’organisations anciennes (Union européenne, Ligue arabe, Union africaine, ASEAN) ou nouvelles (groupe de Shanghai en Asie centrale qui s’affirme, Union pour la méditerranée). La France doit avoir une politique cohérente en ce sens.
17 - Un nouvel équilibre stratégique respectant l’indépendance de la France
La logique de l’extension indéfinie de l’OTAN doit être clairement combattue. Malgré le retour de la France dans le commandement intégré, qu’il sera possible de remettre en cause, il faut continuer à se battre pour sauvegarder les moyens d’une véritable autonomie stratégique de notre pays et refuser l’intégration dans le groupe des plans nucléaires de l’OTAN.. La France doit conserver une capacité stratégique autonome. C’est probablement dans une stratégie d’appui réciproque avec certains pays émergents que la France, sans négliger ses relations avec ses principaux partenaires européens traditionnels pourra ne pas se laisser enfermer dans l’étau sino-américain. Une coopération stratégique est nécessaire avec la avec la Russie, la Chine, le Japon, le Brésil et l’Inde.
18 - La paix par le dialogue entre toutes les nations
Il y a urgence à sortir de l’affrontement, ancré dans les têtes, entre l’occident et le monde musulman. La France, de par sa tradition historique, a un rôle à y jouer. L’affirmation politique et culturelle de la francophonie est un atout majeur. Pour cela, elle doit appeler à la recherche urgente d’une solution internationale au Proche-Orient fondée sur le respect des résolutions de l’ONU (avec un Etat Palestinien viable, un statut international pour Jérusalem et des garanties de sécurité réciproques pour Israël et ce nouvel Etat) et le désengagement occidental d’Irak et d’Afghanistan sont des objectifs prioritaires. Le principe d’interventions limitées dans les conflits, politiques toujours et militaires au besoin, mais si possible assurées par les seuls pays de la région du monde en cause, doit être défendu.
19 - Un plan mondial pour le développement humain en Afrique
Les objectifs du Millénaire pour le développement sont à prendre au sérieux, en s’appuyant sur des Etats légitimes, autant que possible de droit. A partir du NEPAD, les grandes puissances et la Banque mondiale doivent financer, éventuellement par l’utilisation de droits de tirage spéciaux (DTS), un vaste plan de développement agricole et des infrastructures énergétiques et de communication des pays les moins avancés dans le respect de la souveraineté des Etats.
20 - Des politiques migratoires négociées et organisées
Les techniques de contrôle de plus en plus sophistiquées doivent être mises au service de politiques claires d’ouverture à la circulation des personnes et de migrations concertées, sans démagogie et sans naïveté, entre le nord et le sud. Il est nécessaire de définir plus précisément comment peut se mettre en place un véritable co-développement entre les pays du Nord et ceux du Sud en tirant les enseignements de l’expérience passée, ses limites et ses échecs.
Cet article est le 65ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.