Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
La droite, en difficulté, divisée, menacée d’implosion
La décision prise par le procureur de la République de faire appel de la décision du tribunal de relaxer Dominique de Villepin dans le procès Clearstream, aura des conséquences redoutables pour la droite au pouvoir. Comme si les effets de la crise économique ne suffisaient pas, le président de la République, chef de la droite, n’a pas dissuadé le procureur Marin de prendre cette décision. Pour le moins, car il l’en a, peut-être, encouragé.
Villepin sortir libre du prétoire dans l’affaire Clearstream. Nous ne commenterons pas dans ce billet cette instrumentalisation, par les deux parties d’ailleurs, de la justice, pour nous concentrer sur les raisons et les conséquences « politico-politiciennes » de cette décision. emmerdeurs » ou des outils pour abattre l’adversaire. Après cette nécessaire parenthèse, revenons au cœur de notre sujet. ? Deux éléments ont, selon nous, pesé lourdement dans sa décision. : « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. » ligoter » politiquement jusqu’au prochain procès – compte tenu de cette épée de Damoclès, il ne peut pas représenter d’ici là une alternative crédible à Sarkozy pour les élus et électeurs de la droite - d’autre part l’espoir de le voir condamné, même à une peine légère. Pour Sarkozy, ce serait un soulagement inespéré. : la peur, génératrice de haine. Sarkozy craint Villepin, crainte irrépressible qui se traduit par une agressivité sans bornes (« Je le pendrai à un croc de boucher », disait-il de l’ancien Premier ministre) et par une haine pathologique. avril 2007, avant la Présidentielle. Tout y est dit, tout est vrai et tout reste d’actualité. : « Jamais un leader politique n’avait aussi systématiquement pris son pied à assassiner, les unes après les autres, les personnalités de son propre camp pour, après le carnage, rester seul entouré de ses chaouches. » C’est un expert qui l’affirme… : il a laissé tomber Fillon pour les régionales, créant par avance les conditions pour le clouer au pilori en cas de défaite sévère de la droite. Après avoir multiplié les rodomontades à l’occasion de ces élections, le prince-général se défile devant « l’ennemi » et se réfugie dans son palais. ? Sans doute la plus grave division que la droite ait connue depuis une trentaine d’années, quand giscardiens et chiraquiens s’étripaient au grand jour, n’hésitant pas à favoriser l’adversaire – Mitterrand en l’occurrence – plutôt que de voir gagner le rival de leur propre camp. : la situation sociale est catastrophique, les chiffres du chômage « bidonnés » à l’extrême pour faire apparaître des « embellies » aussi illusoires qu’éphémères. Ces mêmes députés et élus sont donc à la recherche d’une alternative à droite : Villepin ne fait bien sûr pas l’unanimité mais c’est une porte de plus qui est en train de se fermer. X était renversé, afin d’éviter que les « rouges » ne prennent le pouvoir. Ces « modérés » de droite vont donc de plus en plus s’opposer aux « ultras » pro-Sarko, prêts à suivre le prince dans tous ses excès et toutes ses folies. ? Difficile de répondre à une telle question. Elle peut espérer « cartonner » aux régionales mais, compte tenu de son précédent succès à ces élections, la barre est déjà placée très haut. Quant aux chances de réussir à la présidentielle, la réponse tient aujourd’hui de la divination… : en voulant achever Villepin, il va aggraver les divisions dans son propre camp et donner ainsi une chance à la gauche de revenir « aux affaires » en 2012. À elle de relire Cicéron afin de montrer l’intelligence politique nécessaire pour tirer le meilleur parti du faux-pas de Catilina.
Revue de presse :
Clearstream : "une victoire de la justice" pour Robert Badinter (Le Monde, 30 janvier 2010)
Après la relaxe de Dominique de Villepin, prononcée jeudi 28 janvier par le tribunal correctionnel de Paris et l'appel formé le lendemain par le parquet de Paris, l'ancien garde des sceaux et ancien président du Conseil constitutionnel, Robert Badinter, analyse les conséquences du jugement de l'affaire Clearstream. Pour le sénateur socialiste, la décision du président de la République de ne pas se constituer partie civile devant la cour d'appel de Paris lors du procès qui devrait se tenir fin 2010, début 2011, intervient trop tard. Elle laisse entière la question de la place du chef de l'Etat dans le procès pénal.
Affaire Clearstream : le gouvernement face au soupçon (Le Monde, 31 janvier)
Dossier : Clearstream, le match Villepin-Sarkozy (Marianne2, 31 janvier)
Carla Bruni attaque Villepin : les épouses à la rescousse (Rue89, 31 janvier)
Cet article est le 25ème paru sur ce blog dans la catégorie La droite en France .