Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Relancer l’Europe par la coopération entre les nations
Après avoir présenté l’ensemble du projet (voir 28 février 2010 - Le MRC prépare un programme de Salut public pour la présidentielle) qui fera l’objet d’un débat lors de la prochaine réunion du Conseil national du MRC le 28 mars, voici la 1ère partie du document proposé aux militants.
Ouvrir une phase radicalement nouvelle de l’histoire européenne
La capacité propulsive de l’Europe de Bruxelles a vécu. Elle s’est enlisée dans le double credo ultralibéral ravageur pour l’emploi de la « concurrence libre et non faussée » et du désarmement commercial. La crise financière a montré l’inexistence des institutions de Bruxelles et de Francfort. Et pourtant, jamais autant qu’aujourd’hui le besoin d’une action commune des nations européennes n’a paru plus indispensable. Il faut donc innover.
1 – Un vrai gouvernement économique de la zone euro
C’est davantage sur cet objectif de pilotage de la politique économique par les ministres de l’économie des pays de la zone euro qu’il faut appeler un changement européen, pour assurer un taux de change de l’euro stable par rapport au dollar et au yuan, et ainsi protéger les intérêts européens. De ce fait, l’indépendance de la BCE pourrait être concrètement remise en cause. La politique économique à mettre en œuvre doit utiliser tous les leviers existants et se fixer l’objectif explicite du plein emploi en n’excluant pas une inflation modérée*. A défaut, il serait inéluctable d’organiser l’éclatement de la zone, avec sortie de l’euro pour plusieurs pays**.
2 – Une Europe à géométrie variable par des coopérations renforcées plus faciles
Devant l’impossibilité de développer de nouvelles coopérations européennes dans le cadre trop strict du traité, il faut innover hors traité, à partir des Etats. Il doit être recherché des coopérations bilatérales, décidées à deux et destinées le cas échéant à s’ouvrir ensuite.
3 – Un vaste plan d’indépendance énergétique, d’équilibre écologique et de grands travaux
C’est notamment dans la production et le transport de formes d’énergies non émettrices de gaz à effet de serre que l’Europe doit développer des coopérations renforcées et ouvertes, dans le respect des impératifs de la sécurité nucléaire. L’indépendance énergétique est un des domaines où la coopération entre l’Europe et ses voisins est la plus nécessaire. Les grands travaux doivent promouvoir les objectifs de liaison par des transports économes en énergies rares entre grands pôles, d’aménagement et de développement des territoires et de mise en valeur de l’environnement et des sites remarquables en Europe.
4 – Rétablir un équilibre entre concurrence et coopération
La « concurrence libre et non faussée » peut être prise au mot. Des mécanismes compensatoires doivent permettre d’éviter les délocalisations vers les pays européens à bas coût de main-d’œuvre***, lorsqu’elles ne se traduisent par des progrès sensibles dans le niveau des salaires et de la protection sociale et dans la contribution à la réduction des gaz à effet de serre. Les politiques européennes doivent encourager la coopération, complémentaire de la concurrence.
5 – L’agriculture orientée vers la sécurité alimentaire
C’est une politique agricole offensive, autour d’une agriculture de producteurs, pour contribuer à la sécurité et à la qualité de l’alimentation, en Europe et dans le monde, qu’il faut rechercher. Elle s’appuie sur l’autosuffisance alimentaire, le soutien aux revenus des agriculteurs, une régulation tenant compte des prix internationaux et associant les producteurs, un allégement de la pression des distributeurs sur les agriculteurs.
6 – Un vrai statut des services publics
Les services publics ou les services économiques et sociaux d’intérêt général, faisant appel aux collectivités publiques et aux associations sans but lucratif, doivent bénéficier d’un régime propre échappant aux règles de la concurrence sous conditions établies par les Etats membres. Ils doivent être organisés dans l’intérêt des usagers que sont les citoyens, par une directive « services publics. A défaut, la France doit exiger de disposer d’une clause de sortie pour préserver et reconquérir ses services publics.
7 – Une politique commerciale qui protège notre modèle social
C’est à un réarmement commercial que l’Europe doit procéder et il nous faut dans ce domaine être plus européens que les européistes. Des montants compensateurs adaptés, des droits de douane si nécessaire, des normes de qualité vérifiables, des taxes ciblées, une véritable préférence communautaire, sont à mettre en place pour protéger nos emplois et l’environnement. La France doit porter cette exigence en Europe.
8 – Une alliance équilibrée entre les grands pays européens et l’Amérique
L’Europe n’étant pas elle-même une puissance et ne le devenant pas avant longtemps, ce sont les relations entre l’UE et ses grands Etats membres (dont la France) d’une part, et les Etats-Unis d’autre part, qu’il y a lieu d’organiser.
9 – L’ouverture et la coopération avec la Russie
Publiquement, c’est en France que cette proposition est émise. Mais l’Allemagne, sans le dire, la pratique sur le terrain énergétique. Il nous appartient de définir ensemble des objectifs réalistes de coopération « de grand voisinage » avec cette grande puissance européenne.
10 – Une politique méditerranéenne intégrant la question turque
La question de l’adhésion de la Turquie, qui se pose différemment dès lors que l’Union européenne a renoncé à être une puissance politique et qu’il nous faudra de toute façon initier des coopérations renforcées entre quelques pays européens, ne peut être tranchée en dehors de la mise en place d’une grande politique méditerranéenne, que l’UPM a fait espérer mais a ratée par sa précipitation.
* Sur cette question de l’inflation, voir deux articles récents :
- « Vive l'inflation ! » Le FMI ose toucher à un tabou économique (Pascal Riché, Rue89, 27 février)
- Fitoussi : «Le temps de la rigueur n'est pas arrivé» (H Nathan, Marianne2, 27 février)
** Sur cette question de l’euro et des marchés, voir
- L'accord secret des spéculateurs pour parier contre l'Euro (Slovar, Marianne2, 26 février)
- Face aux marchés revanchards, c'est l'épreuve de vérité pour l'Europe - 16 février.
*** Sur cette question de la concurrence mondiale, voir A Davos, l'Occident dépassé par le dynamisme des émergents, par Frédéric Lemaître (Le Monde, 1er février).
Lire la proposition de programme de salut public du MRC dans le dernier numéro de Citoyens Militants
Cet article est le 48ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.