Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Cesser de confondre l’Europe et le logiciel néolibéral
Certaines vérités concernant l’Allemagne ne sont pas bonnes à dire actuellement. Le PS se fait tancer pour avoir osé critiquer la politique de la chancelière. Le président de l’Assemblée nationale aussi, y compris par des membres du gouvernement. Gilbert Casasus, chroniqueur associé à Marianne, spécialiste des relations franco-allemandes, s’est étonné (Marianne, 29 avril 2013) : Critiquer l'Allemagne, le dernier tabou ?
Pourquoi faudrait-il admettre que Berlin dicte toujours aux autres sa façon de voir ? Si certains Allemands estiment avoir raison par définition, libre à eux de le croire. Sauf que les Français et les autres Européens peuvent être ici d’un un avis contraire. La France et son gouvernement sont parfaitement en droit de remettre en cause la politique d’Angela Merkel. Plus nationaliste qu’européenne, elle est certainement la chancelière la moins franco-allemande de l’histoire de la RFA.
Son approche de la relation entre l’Allemagne et la France se résume alors à un rapport de forces, dont elle détermine elle-même les termes, se sachant vainqueur de l’épreuve qu’elle impose à son principal voisin. Sarkozy en fut d’ailleurs la principale victime. Incapable de défendre ses positions face à Berlin, il se résigna au suivisme et laissa à l’Allemagne un rôle de leader incontesté en Europe.
En ce sens, la droite française devrait montrer plus de retenue qu’elle ne le fait ces derniers temps. Comparée à celle de François Hollande, la politique allemande de l’ancien Président de la République n’a pas plus contribué à préserver les intérêts de la France que ne le fait celle de son successeur à l’Élysée. Ce n’est pas en copiant Angela Merkel – ou Gerhard Schröder - que l’on approfondit les relations entre la France et l’Allemagne, voire au-delà, que l’on redonne à l’Europe ce qui lui fait aujourd’hui le plus cruellement défaut, à savoir une légitimité citoyenne (…).
Jean-Pierre Chevènement (à gauche sur cette photo, à Belfort, le 2 septembre 2008, lors de l'université d'été du MRC, au côté du député européen allemand, Andre Brie) a réagi en écrivant ceci sur son blog : Réouvrir le débat interdit pour réorienter l'Europe
La nécessaire réorientation de l’Europe, prônée pendant sa campagne par François Hollande, pose le problème des élites conservatrices en France. Elles s’appuient depuis trois décennies pour faire prévaloir leurs intérêts sur la complète superposition de l’idée européenne et du logiciel néolibéral mis en œuvre à partir de l’Acte Unique.
Pour rouvrir le débat européen, comme l’exige aujourd’hui la démocratie, il faut rompre avec cette confusion monstrueuse. N’en déplaise à Monsieur Juppé, parler de relance européenne quand le chômage bat tous les records, ce n’est pas faire de la germanophobie ! Parler de l’euro fort ou du rôle de la Banque Centrale européenne, ce n’est pas faire de la germanophobie ! Que dirait-on si j’incriminais M. Juppé de rechercher l’appui de l’Allemagne pour préserver, en France, l’ordre établi comme les élites françaises l’ont si souvent fait dans le passé ?
Seul un débat serein et argumenté sur l’Europe est digne de la France et, j’ajoute, de l’Allemagne. Evitons s’il vous plait, les noms d’oiseaux !
Voir aussi : Pour Chevènement, Hollande doit sortir des sentiers de Maastricht (Marianne, Philippe Cohen, 4 janvier 2012).
Chevènement va tenter d'ouvrir une alternative à la politique néolibérale - 16 mars 2011
Jean-Pierre Chevènement (2011) : la France malade de ses élites - 5 avril 2013
Cet article est le 120ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe