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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI : les marchés ont gagné

La capitulation des gouvernements face aux marchés

 

La déclaration de cette femme qui a accédé le 25 juin 2010 à la tête de la Confédération syndicale internationale* (voir Congrès de la CSI**), Sharan Burrow, est à lire attentivement. Elle traduit le sentiment du monde du travail dans tous les pays.

L’entretien réalisé à Cancun (Mexique) par Christian Losson a été publié sur le site de Libération (25 décembre) sous le titre : «Les Etats ont capitulé face aux marchés»

 

Sharan Burrow est secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale. Présente à Cancún à la conférence sur le climat, elle bataille pour de vrais plans de relance verte. Elle revient, pour Libération, sur les conséquences de la crise sur le monde du travail et fustige la «capitulation» des gouvernements «face aux marchés».

Il y a deux ans, on vantait l’économie verte telle une clé anticrise. C’est devenu un mirage…

Ces attentes n’ont pas disparu pour les syndicats. Investir dans l’économie verte est un levier de croissance indispensable. Mais on vit le manque de volonté des gouvernements comme une frustration incroyable. La crise a coûté 220 millions d’emplois dans le monde. Et 45 millions de jeunes vont intégrer le marché du travail chaque année dans les dix ans. C’est un problème politique, un enjeu économique, et aussi un désastre social. La solution passe par des vrais plans de relance, axés sur l’économie du futur, une vraie politique de l’emploi. Pas des coupes budgétaires radicales…

Les plans de rigueur se généralisent, mais les protestations restent très faibles dans le monde…

La colère et l’exaspération gonflent. Et on va en avoir la démonstration en 2011. Les gouvernements sont tétanisés par les marchés. Ils font trop peu, trop tard… L’activisme pousse, les mouvements étudiants au Royaume-Uni ou en Italie en attestent. Et les syndicats connaissent un regain d’adhésion réel.

Les appels à reformer le capitalisme sont-ils restés lettre morte ?

Et comment ! Les marchés demandent de réduire les déficits ? Les gouvernements s’y plient. Ils veulent des mesures d’austérité sur fond d’impunité totale des financiers qui ont déclenché la crise ? Les Etats en rajoutent. C’est un cercle vicieux. Sans marge de manœuvre, ils aggravent la crise et en obèrent la sortie. Tailler dans le secteur public, c’est pousser, comme en Grande-Bretagne, 500 000 personnes au chômage. Une blague ! C’est moins de consommation, moins de demande, moins de croissance. Donc, avec du décalage, plus d’austérité à la clé. On s’oriente vers un scénario de double dip[récession suivie d’une autre encore plus marquée après une reprise timide, ndlr].

On reviendrait donc aux mêmes remèdes classiques ?

C’est le retour de la vieille orthodoxie sous la houlette du Fonds monétaire international. Dominique Strauss-Kahn, son patron, peut dire des choses pleines de bon sens sur le partenariat social quand il discourt à l’Organisation internationale du travail, mais le FMI copilote des plans de rigueur, en Roumanie, en Grèce ou en Irlande, où il taille à la serpe les acquis sociaux.

Un paradoxe, vraiment ?

Non, c’est schizophrénique. DSK a beau avoir une vue claire et promouvoir un nouveau modèle, axé sur une nouvelle gouvernance, il accepte les potions infligées aux pays en pleine restructuration… L’OCDE ? Pareil. Elle peut fournir dans ses rapports un vrai travail sur les nouvelles taxations, les paradis fiscaux, les emplois verts et, de l’autre, faire l’apologie de la réforme du marché du travail, les coûts salariaux minimums, la nécessité d’assouplir les protections sociales… On est revenu à l’époque du consensus de Washington*** [pilier de la théorie libérale axé sur la privatisation, la rigueur budgétaire, etc.]. L’antithèse d’un développement économique et social durable !

Les Etats sont-ils impuissants ?

Les marchés financiers et les banques ont repris le gouvernail de l’économie. Ils dictent les politiques aux Etats, qui ont capitulé. Les spéculateurs ont cédé des miettes sur la régulation et les soi-disant contrôles des rémunérations. Mais à l’arrivée, les bonus battent des records. En dépit des belles paroles sur la réforme, de Sarkozy ou de Merkel, la régulation est si timorée qu’elle ne produit aucun effet, à part, peut-être, aux Etats-Unis. Le Conseil de stabilité financière, chargé de la surveillance des institutions financières ? Un conseil d’opacité, plutôt. Le contrôle sur la spéculation sur les matières premières ? On est plutôt sur le point de voir éclater une nouvelle bulle sur les prix alimentaires…

Que préconisez-vous donc ?

Les syndicats ne sont pas contre des ajustements fiscaux ou budgétaires. Mais il faut des contreparties sur l’emploi et les salaires, et des projets d’avenir. Or, on ne voit rien venir. Sauf la rigueur qui touche les plus faibles. A l’image des réformes des retraites. En Russie, elle vient de passer à 65 ans, quand l’espérance de vie est de 57 ans pour les hommes… Ayons un vrai dialogue social, pas comme ce qui s’est passé en France. Sinon, on court vers la faillite économique et sociale.

 

* La Confédération syndicale internationale est la plus importante organisation syndicale internationale. Elle représente 176 millions de travailleurs via 301 organisations affiliées dans 151 pays et territoires. La CSI a vu le jour à Vienne en novembre 2006.

 

** Le vendredi 25 juin, Sharan Burrow a été élue secrétaire générale de la CSI. Lors du cinquième et dernier jour du deuxième Congrès mondial de la Confédération syndicale internationale (CSI), organisé à Vancouver (Canada), Sharan Burrow a été élue pour succéder à Guy Ryder en tant que secrétaire générale de la CSI, la plus grande organisation syndicale internationale du monde, fondée à Vienne en 2006. Elle quittera son poste de présidente de l’Australian Council of Trade Unions (ACTU) qu’elle occupe depuis 2000 pour devenir la première femme à diriger la CSI.

 

*** Voir  Consensus de Washington

Paul De Grauwe met en cause la finance, qui ne cesse de se tromper - 14 mai 2010

Néo-libéralisme et Europe - Comité pour un NON républicain – mai 2005

 

 

Cet article est le 78ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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