Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Le clivage gauche-droite commence à opérer
Commençons par l’explication de vote de Jeanne Bourdillon, qui fait partie de l’équipe des Amis de ReSPUBLICA. Elle s’exprime à titre personnel, à côté de beaucoup d’autres qui expriment des opinions diverses, dans le dernier numéro 530 (20 avril) du journal en ligne www.gaucherepublicaine.org diffusé auprès de 25 000 abonnés . « La victoire de Ségolène Royal est nécessaire » « J’avoue que je ne comprends pas les réticences de certains de mes amis de Respublica contre Ségolène Royal. Les médias, aux ordres de Sarkozy, l’ont maltraitée, la faisant passer, avec un certain machisme, pour une Bécassine. Les éléphants du Parti socialiste lui ont savonné la planche, et travaillent à sa défaite. Eric Besson, en écrivant en catastrophe son livre, ne pouvait mieux contribuer à sa perte. L’extrême gauche passe son temps à lui taper dessus, pour le plus grand bonheur de Bayrou et de Sarkozy. Je trouve pourtant que Ségolène Royal a fait un parcours courageux. Quand elle a osé rompre avec le discours de la bobocratie de gauche, et proposer un encadrement militaire pour les délinquants multirécidivistes, j’étais d’accord avec elle, et pas avec Jean-Luc Mélenchon, qui voyait dans de tels propos la recherche du vote des petits blancs. Quand Jean-Pierre Chevènement l’a rejointe dans le staff de campagne, j’y ai plutôt vu un bon signe, et l’espoir que Ségolène Royal saurait prendre en compte le vote « non » des Français, le 29 mai dernier. Quand elle a parlé, à Villepinte, d’une sixième République, j’y ai vu l’influence positive d’Arnaud Montebourg. Quand elle a commencé à parler de la Nation, de la République, et du drapeau, j’y ai vu la patte de Jean-Pierre Chevènement, et je me suis réjoui que le principal parti de gauche adhère à ses valeurs. J’aime son discours sur la revalorisation de la valeur travail. Je pense vraiment que Ségolène Royal était la seule chance, pour le Parti socialiste, de figurer au deuxième tour, et je n’ai pas envie de vivre à nouveau un 21 avril 2002. Je ne suis pas pour autant une inconditionnelle ; des choses, que je préfère taire dans ce texte, me dérangent chez elle, et dans son parti, mais pour moi il faut choisir le moindre mal. Je la trouve nettement meilleure que Lionel Jospin, en 2002. Je ne souhaite pas avoir à choisir entre Sarkozy et Le Pen le 22 avril 2007, au soir. Je ne veux pas davantage avoir à choisir entre Sarkozy et Bayrou, dont je rappelle à mes amis que l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France) appelle discrètement à voter pour lui. Je n’ai jamais choisi la politique du pire, et je considère que la plus mauvaise gauche (ce qui n’est pas le cas de Ségolène Royal) vaut toujours mieux que la droite au pouvoir. J’ai toujours constaté que la gauche, malgré ses erreurs, amenait du progrès pour le monde du travail (40 heures et congés payés en 36, cinquième semaine en 1981, retraite à 60 ans, 35 heures en 1998, etc.). Jamais un gouvernement de droite n’a amené le moindre progrès social. Je ne prendrai donc aucun risque, n’égarerai pas mon vote sur des organisations d’extrême gauche souvent démagogues, et qui ne veulent pas exercer le pouvoir. Je ne crois pas davantage à la fable qui nous explique que Bayrou a des chances de battre Sarkozy, alors que la candidate socialiste n’en aurait aucune. Cela ne tient pas la route. Je voterai pour Ségolène Royal, sans aucune hésitation, dès le premier tour, pour battre la droite, et bien sûr au deuxième tour, pour éviter d’avoir Sarkozy président ». Pour sa part, Jean-Pierre Chevènement observe que l’électorat populaire a commencé de se mettre en mouvement. Voici ce qu’il écrivait hier sur www.chevenement.fr « Un vote de classe ? » Je sens depuis une dizaine de jours l'électorat populaire qui bouge en faveur de Ségolène Royal. Les réticences qui se manifestaient, moins sur sa personne d'ailleurs que sur le fond de ses propositions et sur les marges de manœuvre disponibles, tombent au fur et à mesure que l'évidence apparaît : Ségolène Royal est le seul vote utile pour le changement. Le dernier mot à Xavier Dumoulin qui, sur son « blog citoyen, socialiste et républicain pour 2007 » http://sr07.unblog.fr a conclu ainsi son article (18 avril) : « Pour la France Présidente, souveraine et libre » : « La dynamique du premier tour conditionne à l'évidence la capacité de la gauche à rassembler largement pour remporter cette élection présidentielle. Cette victoire est une nécessité pour écarter une politique de régression sociale qui frapperait encore plus rudement les couches populaires et tournerait le dos à la tradition d'indépendance de notre politique étrangère. Affirmant ceci, je ne dis rien d'autre que ce que nous ne cessons d'expliquer depuis des mois. En choisissant Ségolène Royal dès le premier tour, les citoyennes et les citoyens créeront les conditions d'une dynamique de succès au second tour au service d'un vrai changement en France et en Europe. Quel élan pour la France si notre Peuple choisissait de porter à sa tête une femme dont on connaît à présent tout le tempérament ! »
Cela est particulièrement vrai pour le redressement de la construction européenne. Le discours de Villepinte est assez clair sur ce sujet pour nourrir l'argumentation (réforme des statuts de la Banque Centrale et du pacte de stabilité budgétaire – gouvernement économique de la zone euro – harmonisation fiscale et sociale progressive à l'intérieur de l'Union – prise en compte des aspects sociaux et environnementaux dans les règles du commerce international définies à l'OMC – politique industrielle européenne, etc.).
On me fera valoir que l'électorat « bobo » pourrait en partie voter Bayrou mais je doute fort que l'appel de Michel Rocard à une alliance de premier tour avec lui vaille « permission de voter » en sa faveur. Tout cela fait très « politicien » et rime fort peu avec la « posture anti-système » revendiqué par le candidat UDF.
Ainsi, comme l'avait d'ailleurs bien vu Ségolène Royal, ce sont les couches populaires qui feront la décision. Ce ne sera pas un vote de classe mais ça y ressemblera.
Au soir du premier tour François Bayrou devra se déterminer entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, vers qui lorgnent les députés UDF. Une posture honorable pour François Bayrou serait alors qu'après avoir défini sa position personnelle, il laisse le choix à ses électeurs de se déterminer librement ».