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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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Un livre de Philippe Auclair sur le bilan de Blair, sous l'oeil avisé de ReSPUBLICA

 

La réalité britannique embellie par le talent de Blair 

 Dans la dernière publication n°550 du journal en ligne des Amis de ReSPUBLICA (http://www.gaucherepublicaine.org), l’éditorialiste Evariste présente un commentaire du livre écrit par Philippe Auclair (correspondant de Marianne en Grande-Bretagne) et intitulé « Le royaume enchanté de Tony Blair ». Le talent de communicateur de l’ancien premier ministre britannique est bien connu mais la réalité de sa politique l’est moins.

 Evariste nous aide à mieux la cerner, sans prétendre à l’objectivité (Lien permanent vers cet article)

 « La troisième voie de Tony Blair : surtout pas de cela chez nous ! » 

(…) « Je me suis donc plongé tout le week-end dans un livre qui m’a paru sérieux. Son auteur est Philippe Auclair, il est amoureux de la Grande-Bretagne, a épousé une Anglaise, et a découvert ce pays en 1976. Ce n’est pas un gauchiste, il est catholique, correspondant respecté de Marianne. On ne sent pas le laïcard de compétition, il est même plutôt compréhensif avec le modèle communautariste du pays dans lequel il vit, défend plutôt la discrimination positive et la politique du droit des minorités. On peut donc penser que la lecture de Respublica l’irriterait parfois.

 Pourtant, la lecture de son livre, « Le royaume enchanté de Tony Blair », sorti fin 2006, est une charge sans concession contre la mystification et l’imposture blairistes, et devrait ouvrir les yeux à tous ceux qui veulent que notre pays s’inspire de l’exemple venu d’outre-Manche.

 On nous dit donc que les Anglais n’ont officiellement que 1,5 million de sans-emplois, soit 5 % de la population, alors qu’en France, on plafonnait encore à 10 % il y a un an. Petit détail, le nombre de malades incapables de travailler était de 600.000 en 1981. Il est passé à 2,7 millions en 2006. Sur ce chiffre, 42,2 %, soit 1,3 million, pourrait travailler. Pourquoi ne le font-ils pas ? D’abord parce qu’on gagne d’avantage en étant invalide qu’en étant chômeur. Ensuite parce que cela arrange le gouvernement, qui voit ainsi son nombre officiel de chômeurs rester dans les plus faibles de l’Europe. Les vrais chiffres sont donc de 2,6 millions de chômeurs en Grande-Bretagne, soit 8,8 % de la population. Première imposture.

On nous accuse, en France, d’avoir une dette insupportable, et d’hypothéquer l’avenir des futures générations. Il est vrai qu’avec près de 1.200 milliards d’euros de dettes, que Sarkozy a largement contribué à alimenter lors de son passage à Bercy, sous Balladur, la France paie des intérêts énormes, qui nuisent à l’efficacité de notre économie.

Les chiffres officiels de la Grande-Bretagne sont de 644 milliards, soit la moitié de la nôtre. Mais si, en France, on a des experts pour manipuler les chiffres, nous sommes des petits garçons face à nos amis les Anglais (j’ai failli dire les rosbeefs, mais je me suis rattrapé à temps). En effet, dans leurs chiffres officiels, ils ont juste oublié de faire figurer le montant des retraites des fonctionnaires, soit la modeste somme de 1000 milliards d’euros, la participation de l’Etat pour ses conventions public/privé, soit 145 milliards d’euros, et le passif de Network Rail, soit 30 milliards d’euros.
Au total donc, la Grande-Bretagne a une dette de 1.819 milliards d’euros, 50 % de plus que la France. Deuxième imposture.

Le système de crédit étant illimité, les chiffres que nous donne l’auteur donnent le vertige. L’endettement total des sujets de sa Majesté se monte en effet à 1,6 trillon d’euros, ce qui ne dit rien à personne. Mais cela signifie que chaque citoyen anglais devrait verser une année et demi de son salaire pour rembourser un tel passif du pays, qui se monte à 66.000 euros par personne.
On est donc loin du modèle économiquement vertueux dont on devrait s’inspirer.

 Bien que les salariés français soient d’horribles profiteurs des 35 heures qui ont ruiné le pays, dixit le Medef et la droite, tandis que les Anglais passent beaucoup plus de temps dans leur entreprise, une heure d’un travailleur hexagonal est plus productive de 10 % que l’heure de son homologue anglais.

Sinon, Philippe Auclair nous décrit le cauchemar de l’hôpital, où les délais pour obtenir un rendez-vous sont incroyablement longs. Il nous explique que le personnel doit passer 40 % de son temps dans la paperasse, car nos amis ont hérité d’un système bureaucratique et technocratique digne de l’URSS.

 Il nous décrit le désastre des chemins de fer, les plus chers d’Europe, ceux qui arrivent le plus souvent en retard, et dans lesquels les malheureux voyageurs voyagent les uns sur les autres.

 Il n’y a plus de carte scolaire en Grande-Bretagne, il y a trois types d’écoles. Les écoles privées élitistes, dont les tarifs dissuadent les classes populaires d’y envoyer leurs enfants. Les écoles confessionnelles, plus accessibles, mais dont l’inscription dépend du bon vouloir de la direction, et quelques appuis opportuns. Et enfin, malheur pour les enfants de pauvres, il leur reste la troisième catégorie.

 Pour l’impôt sur le revenu, Sarkozy serait un affreux gauchiste, chez nos amis britanniques, puisque le bouclier fiscal s’arrête à 40 % chez eux, et que le New Labour du camarade Tony s’est opposé de toutes ses forces à la mise en place d’une tranche à 50 %. Le contrat public/privé, qui se substitue aux services publics, s’avère juteux pour le privé, et un gouffre pour l’Etat et les citoyens.

 Tout au long de l’ouvrage, l’auteur explique que Tony Blair avait une qualité hors pair : cela a été un communicant exceptionnel. Il insiste également sur la sous-culture politique de beaucoup d’électeurs anglais.

 Tony Blair a d’autre part un profond mépris pour le Parlement, à qui il donne quelques lois à discuter pour les occuper, et leur faire croire qu’il a de l’importance. Mais le vrai pouvoir se situe autour de lui, où quelques conseillers triés sur le volet lui conseillent la politique du pays.

 Il finit son mandat avec un record d’impopularité, alors que les médias du monde entier l’encensent. Il a rendu les riches encore plus riches, sans que cela ne profite aux plus défavorisés.

 Il a toujours eu besoin d’agiter l’épouvantail Thatcher pour justifier sa politique de « moindre mal ».
Un bon conseil, achetez ce livre. Quand vous entendrez un socialiste ou un UMP vous dire que la France devrait s’inspirer de l’héritage de Tony Blair, sortez votre arme secrète, et passez-lui l’ouvrage.
Cela lui fera peut-être apprécier un peu plus le modèle de son pays, et surtout le dissuadera de vouloir nous importer celui du camarade Tony ! ».

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