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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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Patrick Quinqueton appelle la gauche à approfondir sa pensée sur le social


Les inégalités sociales dans le travail et le logement

L'une des tables rondes de l'université d'été du MRC le 8 septembre à Dunkerque avait pour thème "Faire France pour vivre ensemble". Patrick Quinqueton a commencé son intervention par une explication de texte. Cette expression, qui signifie "prospérer, durer, vivre longtemps", a son origine entre Lyon et Le Puy. Le rapporteur, secrétaire national du MRC, conseiller d'Etat, démontre ainsi que le Mouvement Républicain et Citoyen est bien enraciné dans la France profonde...

Il a développé la question du lien social et de l'accès à la citoyenneté des nouveaux français. Je renvoie au site du MRC www.mrc-france.org pour lire l'ensemble de son rapport, me limitant ici à reprendre quelques points essentiels des propos de Patrick Quinqueton concernant la question sociale

Les difficultés de la gauche face au candidat Sarkozy et au nouveau président de la République s'expliquent par les non-dits de la gauche de gouvernement, qui n'a pas fait son bilan. 

Le slogan "travailler plus pour gagner plus" et sa traduction par le choix des heures supplémentaires répondent à l'erreur de la gauche d'avoir fait de la réduction du temps de travail une priorité trop exclusive, alors que la demande sociale portait sur le pouvoir d'achat et l'emploi

Dans le contexte actuel, l'idée d'un partage du travail est une illusion. Les 35 heures ont apporté des satisfactions aux salariés dans les secteurs à fortes rémunérations mais elles ont aussi été un facteur de stagnation, voire de réduction, des salaires réels dans les PME el la cause d'une désorganisation des services publics, notamment dans la police et les hôpitaux.

La gauche n'a pas pris la mesure de la réalité des "travailleurs pauvres", c'est la raison pour laquelle elle n'est pas en position de critiquer efficacement les discours illusionnistes de Sarkozy. 
Il est pourtant clair que les heures complémentaires sont à la disposition de l'employeur. Le nouveau dispositif ne fera que renforcer la précarité, en incitant les employeurs à conclure des contrats à temps partiel, notamment pour les femmes, complétés par des heures allégées de taxes et charges. 

En fait, le discours sur la valeur du travail, de la part de l'actuel gouvernement, a pour objet de cacher des mesures (droits de succession, bouclier fiscal) qui favorisent outrancièrement la rente au détriment du travail. Et il y parvient parce que la critique de gauche du capitalisme financier reste sommaire.

La gauche doit réinvestir la question du travail, en partant de s réalités dans le cadre de la mondialisation financière, et regarder en face les nouvelles fractures sociales et territoriales qui minent l'unité du pays. Car le risque est qu'elle se coupe durablement des couches populaires. Les politiques sociales sont à repenser pour qu'elles s'adressent à l'ensemble de la population, pas seulement aux "exclus" ou même aux "pauvres", comme c'est le cas depuis plus de vingt ans. 

La "politique de la ville", créée par Michel Delebarre dans une perspective volontariste, est à refonder. La création de deux agences, l'une chargée de l'urbanisme (ANRU), l'autre de l'action sociale, est un recul de la politique d'ensemble. 

La question du logement est centrale et doit être reliée avec le travail. Il faut mettre fin au dépérissement progressif et à la dérive du 1% logement, qui contribue parfois à la spéculation immobilière. Les aides au logement sont, de plus en plus, des exonérations fiscales tandis que les crédits destinés à la construction de nouveaux logements sociaux continuent de diminuer. La gauche doit renouer avec le volontarisme en repensant la question en profondeur, sans craindre de bousculer les institutions dans lesquelles elle est présente.

Sur ce point, je conseille la lecture sur ce blog (catégorie "logement") des propositions de François Martot, délégué national MRC.

Patrick Quinqueton a conclu son exposé en appelant la gauche à redevenir une force de proposition sur le terrain social, au moment où le nouveau président de la République profite des carences et contradictions de l'opposition pour mener une politique résolument libérale, différentialiste et atlantiste. C'est une gauche nouvelle qu'il faut inventer et, d'abord, il faut le vouloir.

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