Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Par SORIN Michel
La mobilisation citoyenne pour imposer un référendum
C’est fait : la direction du PS est tombée dans le piège de la division sur la question du traité de Lisbonne. Avant les élections municipales et au grand plaisir du président de la République, qui n’en demandait pas tant. Pour celui-ci, l’ouverture à la gauche et la question européenne (les deux sont liées) doivent lui permettre de gagner les élections des 9 et 16 mars 2008.
Lobjectif : diviser le PS et la gauche. C’est réussi. Pourquoi ? Parce que la majorité du PS s’est lâchée sous l’impulsion des plus européistes et libéraux de ses dirigeants, les proches de Jean-Pierre Jouyet et Dominique Strauss-Kahn notamment, qui n’acceptent plus les compromis avec les autres composantes de la gauche.
C’est un fait : les partis de gauche, paralysés par leurs divisions et leur attentisme avant les élections dans quatre mois, ne s’opposeront pas dans l’unité à la ratification par la voie parlementaire.
Il ne reste que la voie citoyenne pour obliger le pouvoir à organiser un référendum de ratification du traité de Lisbonne.
Ce traité n’est pas une question mineure. Le texte reprend effectivement la « substance », c’est-à-dire l’essentiel du projet de constitution européenne, comme l’a si bien rappelé Giscard, mais le fait d’avoir été passé à la moulinette des eurocrates bruxellois le rend beaucoup plus opérationnel que le traité constitutionnel.
Cette fois-ci, les moyens ont été pris pour que l’Union européenne devienne une véritable puissance publique, disposant des moyens d’un Etat sans en avoir les apparences formelles. Il ne sera plus possible de revenir en arrière. Nous serons discrètement empêchés de décider de notre avenir, car liés par des textes qui auront été adoptés (ratifiés) en notre nom par les parlementaires, réunis en congrès dans quelques mois.
C’est notre modèle social et républicain qui est menacé par ce traité.
A nous, citoyens, de prendre nos responsabilités. Nous accepterons le verdict démocratique, à condition que ce traité soit présenté pour ce qu’il est réellement et qu’il soit adopté par référendum après un débat honnête.
Les députés et sénateurs qui participeraient à un simulacre de ratification à Versailles feraient bien de se souvenir qu’ils sont les représentants du peuple français et que celui-ci s’est opposé majoritairement le 29 mai 2005 à la ratification du traité constitutionnel.
C’est plus qu’un problème de démocratie. C’est une mise en cause du principe républicain le plus fondamental, la souveraineté du peuple.
Pour info
« Michel Sorin demande un référendum pour la ratification du traité de Lisbonne »
Sous ce titre, l’hebdomadaire local, le Courrier de la Mayenne, a publié ce jour l’information suivante.
Président de l’association Civiq, ancien responsable départemental du Parti socialiste, Michel Sorin demande que le traité de Lisbonne sur l’Europe signé le 19 octobre par les chefs d’Etat soit ratifié par référendum. Il écrit notamment :
« Ce qui a été rejeté par le peuple français, le 29 mai 2005, par référendum ne peut être réexaminé que dans les mêmes conditions, c’est-à-dire par référendum. C’est cela qu’il faut obtenir et se battre pour l’obtenir…
Dans le cas, probable, où le pouvoir confirmerait son intention d’organiser une ratification par la voie parlementaire, il faut l’en dissuader en annonçant l’opposition massive des parlementaires de gauche, rendant ainsi l’opération plus incertaine pour le pouvoir.
S’il se faisait complice de la stratégie du pouvoir, le PS (et avec lui la gauche) anéantirait ses chances de présenter un projet alternatif, crédible, aux Français lors de la prochaine échéance électorale nationale. La gauche doit affirmer son unité en exigeant la ratification du traité par référendum ».
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